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Match Ball de Antonio Skármeta

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Antonio Skármeta es un escritor chileno (Antofagasta 1940) con estudios de Filosofía. Ha ganado numerosos premios y el más reciente es el Nacional de Literatura 2014. Hace parte de los escritores de la Generación del 60Novísima Generación como se la llamó también que abarcó escritores nacidos entre 1936 y 1945  que comenzaron a publicar por los años 70.

Me gusta leerlo porque tiene una escritura sencilla y por momentos bastante divertida y le he leído varios libros : Desnudo en el tejado (1969) una compilación de 6 cuentos de los cuales 2 me gustaron, con ese talento de Skármeta para lo divertido y lo chileno y lo más divertido es que el cuento del título, no existe; este libro obtuvo el Premio Casa de las Américas; El baile de la Victoria (2003), Premio Planeta del mismo año donde la Victoria es Victoria Ponce, 17 años, una bailarina clásica y anoréxica; una historia poco moral de hampones que retrata bien el Santiago actual. La boda del poeta (1999) que narra la historia de un ancestro croata del autor, sin más precisiones; encontré que el libro es bastante caótico, un poco loco aunque con buen vocabulario y muchos chilenismos. Un padre de película (2010) un libro corto, pero denso y fuerte, lindo. No pasó nada (1980) otro pequeño libro de solo 120 páginas, muy divertido y muy chileno sobre las vivencias de una familia en el exilio en Alemania. Los días del arco iris (2011) encontré que es una historia caótica, mal hilvanada, con mucha política y con personajes mal definidos. Y Ardiente paciencia (1985) como se llamó originalmente El cartero de Neruda, su obra más conocida, llevada dos veces al cine, una joyita.

Match Ball (1989) es otro libro del autor en un registro completamente diferente, un juego literario que narra una historia tirada por los pelos, pero en un lenguaje de lo más divertido, pertinente, lleno de referencias de lo más cosmopolitas. (No confundir con la película Match Point de Woody Allen !) El libro fue el objeto de una tesis por María Teresa Guevara sobre Máscaras y soledad en la novela Match Ball (Universidad de Chile, Departamento de Literatura).

Match ball o la última pelota, aquella que marca el partido es la historia de Raymond Papst, un médico graduado en Harvard, exitoso y radicado en Berlin, casado con una abogada berlinesa rica y bella, o sea, que tiene una vida perfecta vista por los otros, pero al parecer el hombre porta una máscara. Porque sobreviene el encuentro fortuito con una quinceañera, futura campeona internacional de tenis y el buen doctor Papst deja caer su máscara y se empecina en conquistar a la tenista. Es la repetición del mito de Lolita con su mentor. El doctor de 52 años deja todo  por la quinceañera y muestra comportamientos estrambóticos, producto del enamoramiento y de la pasión tardía. La muchacha tiene un comportamiento versátil y lo manipula cual un títere,  el pobre cincuentón va a tejer su desdicha tan ridícula hasta el clímax final.

Bajo un aspecto frívolo, liviano y muy cómico por momentos hay una buena descripción del caso clínico del buen doctor auto-embriagado en su pasión imposible haciendo frente a la actitud soberbia y cruel de la ninfa.

MATCH BALL, EDITORIAL SUDAMERICANA 1989,  ISBN 950-07-0564-8

Interdit de Karine Tuil

Résultat de recherche d'images pour "interdit karine tuil" Karin Tuil est un écrivain français (Paris 1972) ayant fait des études de Droit et de Sciences Politiques. Elle a déjà publié pas mal de livres et je ne l’avais pas lu. Tout récemment on m’a beaucoup recommandé son dernier livre  Les choses humaines et étant inscrite à ma bibliothèque en troisième position, j’ai trouvé celui-ci en rayon afin de faire connaissance avec l’auteur.

Bien m’en prit car  le livre Interdit (2001) j’ai adoré, c’est le deuxième roman de l’auteur: nominé au Prix Goncourt des Lycéens et lauréat du Prix Wizo. Le livre fut adapté au théâtre avec succès par Salomé Lelouch en 2014 sous le titre Le mariage de Monsieur Weissmann.

C’est un livre très-très drôle sur la crise identitaire de Saül Weizmann qui voudrait se remarier à 70 ans avec un laideron de sa religion, âgée de 43 ans et très pratiquante. Le pauvre Saül Weizmann aura connu toutes les misères et souffrances liées à sa condition de juif alors qu’il se verra refuser le mariage par un jeune rabbin sous prétexte qu’il n’est pas juif !

Ceci est narré de façon si drôle, si pertinente et avec un à-propos, que c’est un régal de lecture. Par moments la lecture me rappelait certains sketches de Popeck ou certains dialogues « à la Woody Allen ».

Vraiment quel bon moment de lecture et quelle bonne plume ! Le seul détail du livre qui m’a intrigué concerne la décision de la jeune mère de ne pas s’occuper de l’enfant. Il me semble que c’est peu crédible dans ce contexte. Mais mon appréciation est-elle correcte?

INTERDIT, PLON 2001,  ISBN 2-259-19520-2

Échafaudage d’Hélène Bonafous-Murat

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Hélène Bonafous-Murat est normalienne, agrégée d’anglais et écrivain français (Lesneven 1968), experte en estampes anciennes et modernes. Ses livres précédents ont été plusieurs fois primés, il faudra les lire car l’écriture est excellente et les sujets intéressants et documentés.

Son livre avancez masqués (2018) me l’a fait connaître et j’ai apprécié une écriture émaillée de connaissances sur le milieu de l’Art; le livre a été commenté dans ce blog en décembre 2018. L’ombre au tableau (2009) a reçu le Prix François Mauriac de l’Académie Française en 2010 (médaille de bronze) et je l’ai commenté en avril 2019; c’est au sujet des frères Le Nain.

Échafaudage (2007) est un roman qui tourne autour d’un immeuble parisien où, un siècle plus tôt, la mort atroce d’une locataire va littéralement obséder les occupants actuels. C’est un roman choral avec 3 narrateurs, chacun apportant son grain de sable à l’intrigue.

L’immeuble fût construit vers la fin du XIXèmè siècle et appartient de nos jours toujours aux descendants de la même famille avec des locataires. Chaque appartement avec ses occupants seront impliqués d’une manière ou d’une autre dans l’énigme constitué par la mort atroce sur place de l’Hirondelle, une belle et talentueuse chanteuse de cabaret, très connue dans le Paris de la Belle Époque. Il se trouve que la concierge actuelle de l’immeuble est Cecilia Henríquez, une descendante directe du premier concierge, des gens d’origine espagnole qui ont connu tous les occupants successifs et Cecilia est en possession de documents d’époque qu’elle garde jalousement.

La jeune femme assassinée avait un physique très fin et on l’a surnommé l’Hirondelle car elle s’habillait de noir et tenait des poses  hiératiques sur scène.

Parmi les 3 narrateurs il y a Damien, un garçonnet atteint d’une maladie neurologique dégénérative qui l’a privé de l’usage de ses jambes; c’est un garçon très intelligent et perspicace qui va se passionner par l’histoire de l’Hirondelle qui serait d’ailleurs morte dans sa chambre. Puis il y a Laurent qui occupe une mansarde et qui essaie d’écrire un livre sur l’Hirondelle avec beaucoup de mal car il manque d’informations et Cecilia ne veut pas lui confier ce qu’elle possède. Et le dernier narrateur est Jules, un tailleur de pierre et restaurateur des sculptures qui ornent l’immeuble; pendant les travaux, Jules va côtoyer et connaitre tous les occupants de l’immeuble et va se passionner aussi pour cette histoire.

Le côté artistique du livre est porté par un personnage fictif appelé Marielle Tonnerre peintre et sculptrice. C’est elle qui aurait sculpté les figures en pierre de l’immeuble ainsi que peint l’Hirondelle dont on va retrouver dans les combles, un portrait grand format lacéré.

Cette Hirondelle m’a fait penser par moments à Edith Piaf: un physique menu et des chansons gouailleuses.

Aussi, cette ambiance avec des lieux fermés imprégnés d’un passé dramatique, ces murs qui ont abrité des histoires truculentes et qui vibrent encore avec maléfice, me font penser à certains romans de Tatiana de Rosnay…Page 141  Laurent, l’écrivain, parle …notre immeuble au moins, même sans prestige, me semble voué d’une vie propre. Chacun de ses murs exsude des vapeurs anciennes, chaque placard secret recèle des souvenirs de la vie de l’Hirondelle. On dirait qu’il s’est édifié autour de la trace de son corps disparu, barricade de pierre contre le vide et l’absence qui nous hantent encore aujourd’hui, et s’insinuent dans nos crânes jusqu’à nous rendre fous, nous tant que nous sommes.

C’est un livre un peu difficile à digérer par la complexité des intervenants qui se croisent dans le temps. Nous avons des narrateurs du temps présent, bien individualisés, puis, des narrateurs qui surgissent du passé et là, la chose se complique et s’épaissit. Néanmoins, l’écriture est de belle facture avec des envolées poétiques, le tout signant une qualité certaine.

ÉCHAFAUDAGE, Le Passage 2007,  ISBN 978-2-84742-105-7

La Comedia del Arte de Adolfo Couve

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Adolfo Couve Rioseco fue un pintor y escritor chileno (Valparaiso 1940-Cartagena 1998). Después de un cursus en Bellas Artes en Santiago, Paris y Nueva York, se dedicó por completo a la narrativa hacia los años 70. Se le considera como un miembro de la Generación Literaria de 1960, junto con Antonio Skármeta, Carlos Cerda, Mauricio Wacquez, Ramiro Rivas etc. Se le concedió el Premio Municipal de Literatura de Santiago en 2001 por un libro de edición póstuma : Cuando pienso en mi falta de cabeza.

Adolfo Couve fue pintor y escritor, pero no fue las dos cosas al mismo tiempo. Sus cuadros son preciosos, especialmente aquellos que retratan el mar donde solo falta el ruido del oleaje para percibir la realidad.

La Generación del 60 o Novísima Generación como se la llamó también, abarcó escritores nacidos entre 1936 y 1945  que comenzaron a publicar por los años 70. El punto de convergencia de todos ellos fue, en el ámbito literario, la preocupación por el lenguaje y las técnicas textuales, lo que los unió en una discusión común. Distanciándose de los moldes anteriores, la verdadera renovación de este grupo estuvo en dicha área. Y tal como lo explicó Ramiro Rivas: « Estos narradores dan sepultura al seudo-lirismo, al seudo-filosofar, o la maraña metafísica, al constante falseamiento de la historia, a la adoración mitificada de la anécdota. En su gran mayoría dejaron atrás los caducos moldes del narrador omnisciente. Se dejó de narrar el exterior, desde esa atalaya que todo lo abarca. Se puede utilizar la temática urbano-social, por ejemplo, sin que el autor esté tomando partido o dictándonos cátedra insistentemente » (cf Memoria chilena).

Publiqué en avril 2017 un billete sobre su novela Balneario (1993), que reúne 4 relatos y 11 fragmentos de apenas una o dos páginas.

La Comedia del Arte (1995) es una novela corta de apenas 154 paginas, fácil de leer, pero difícil de ahondar porque tiene mensajes subliminales y alusiones diversas que necesitan cierta compenetración en la psiquis del autor. Porque el autor y  el personaje principal llamado Camondo se confunden un poco: ambos son pintores desencantados en búsqueda permanente de cierta perfección, siempre al acecho e hipersensibles como todo artista. Es una metanovela con pasarelas hacia varios derroteros y no siempre de alcance fácil.

Desde un comienzo Adolfo Couve interpela al lector anunciando que se trata de una novela fallida porque es la tercera tentativa de escritura. Y el resultado es ambiguo porque mezcla la ficción con probables retazos autobiográficos. El estilo es muy brillante: capítulos breves, precisión extrema en la descripción de los lugares (con una verdadera mirada de pintor detallista), un lugar cerrado (Cartagena, balneario donde vivió Couve hasta el final de su vida), historias delirantes con personajes esperpénticos.

Los personajes principales son dos: el pintor Camondo y su modelo Marieta instalados en el balneario chileno de Cartagena en la zona central. Camondo es un pintor realista y Marieta su modelo y amante desde hace tiempo. Camondo parte cada día con su caballete, mira el mar durante horas, pinta y transfigura sus obsesiones. Marieta, muy desmejorada lo va a traicionar malamente con un fotógrafo, personaje que representa el cambio y la modernidad.

Hay una excelente descripción de personajes secundarios como las veteranas que vegetan en la pensión donde se aloja la pareja y también de costumbres locales como por ejemplo la fabricación del dulce de membrillo. Y de pronto, en pleno relato pedestre saltamos con una invocación de los dioses del Olimpo, esto resulta de lo más anacrónico como resulta grotesco imaginar a Marieta pelando frijoles en el casco de Afrodita…

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Una hermosa pintura de Hugo Jorquera, pintor chileno que ilustra el balneario de Cartagena donde transcurre la acción de Comedia del Arte.

LA COMEDIA DEL ARTE, Planeta Biblioteca del Sur 1995,  ISBN 956-247-139-X

Kennedy et moi de Jean-Paul Dubois

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Jean-Paul Dubois est un écrivain français (Toulouse 1950) ayant fait des études de Sociologie; il a travaillé aussi comme journaliste et grand reporter. Sa bibliographie est assez vaste: quelques 23 romans.

Son oeuvre pose un regard désabusé et distancé sur le monde et les rapports humains; ses héros ont souvent une vie névrosée, souvent ses personnages sont originaires de Toulouse comme lui même (tout en étant attiré par l’Amérique). Il y a des choses récurrentes dans les romans de Dubois : le prénom Paul pour le héros,  ou d’Anna pour l’épouse; le rugby apparaît souvent, mais aussi  des accidents et des morts brutales. La voiture peut être aussi un sujet important dans certains de ses livres.

On dit que cet écrivain est vraiment lui même quand il est drôle dans la tragédie et lorsqu’il rend cocasses des situations tristes.

J’ai lu avec plaisir quelques uns de ses romans: Une vie française (2004) un livre qui m’a plu énormément: la vie en parallèle de Paul Blick avec l’Histoire de la France entre 1950 et 2004; il y a une confrontation entre une vie chaotique-atypique et l’Histoire de la Vè République, ses grandeurs et ses bassesses. Le rythme du livre est soutenu, dévorant, avec une tension psychologique hors pair et une fin bouleversante; ce livre a été primé en 2004 par le Femina et le Prix FNAC. La succession (2016), sélectionné pour le Prix Goncourt m’a plu aussi beaucoup, reconnaissant aisément ce style si particulier à l’auteur avec son humour décalé et aiguisé. Vous plaisantez, monsieur Tanner (2006) est un court roman avec des chapitres ultra courts, facile à lire et hilarant en même temps que dramatique. Le cas Sneijder (2011), un autre de ses livres qui m’a plu, couronné du Prix Alexandre Vialatte 2012, tout à fait dans la veine de cet auteur excellent par le regard qu’il porte aux gens et aux choses. Tous les matins je me lève (1988), avec l’histoire d’un écrivain désabusé en manque d’inspiration avec une suite de gags désopilants.

Kennedy et moi (1996) est le premier roman de Dubois que je lis et ne m’emballe pas à 100%, tout en trouvant que l’esprit de l’écrivain y est : une vision désenchantée sur les personnages avec pas mal de cynisme et de l’humour à revendre. Pourquoi ai-je moins aimé? J’ai l’impression que cette histoire de revolver au début et à la fin de la narration ainsi que cette histoire de la montre supposée de Kennedy étaient trop farfelues pour que je les intègre dans l’histoire, tout en comprenant  qu’il fallait bien trouver une astuce pour polariser l’attention de ce personnage en chute libre qui est Samuel Polaris.

Un film à succès et éponyme du livre a été tourné en 1999 par Sam Karmann avec Jean-Pierre Bacri et Nicole Garcia dans les rôles principaux. En effet, on ne pouvait pas trouver meilleur interprète que Bacri pour le rôle de Samuel Polaris. (J’en souris rien qu’à l’évocation de la figure d’un Bacri désabusé).J’ai très envie de voir ce film.Résultat de recherche d'images pour "kennedy et moi affiche"

C’est l’histoire de Samuel Polaris (tiens !  pas de Paul cette fois), un écrivain prolixe qui a cessé d’écrire depuis 2 ans et qui vit aux crochets de sa femme orthophoniste. Il passe ses journées à se morfondre et à évaluer de loin ses trois enfants : Sarah, l’ainée, carriériste effrénée en fin d’études de Dentaire et les deux jumeaux qu’il considère comme des extra-terrestres. Il aime encore sa femme, mais celle-ci a trouvé consolation ailleurs et il le sait. Voici comme il se voit…j’ai 45 ans et je ressens cette pénible impression de n’avoir plus aucune prise sur la vie. J’ai fait fausse route, je me suis trompé quelque part. En fondant une famille. En écrivant. En m’habillant n’importe comment. En arrêtant de fumer.

Mine de rien, Samuel commence à déraper, à concocter des coups risqués comme de rencontrer à son dépens l’amant de sa femme, acheter un revolver (pouvait-on le faire si facilement en 1996?) sans dessein particulier, s’approprier la montre supposée de JF Kennedy, etc.

L’histoire rappelle celle narrée dans Tous les matins je me lève où le personnage était aussi un écrivain en panne sèche et vivait la nuit à contre-temps de la vie familiale. Dans le roman Le cas Sneijder il y avait des jumeaux, fils  du personnage principal et aussi odieux que ceux de ce roman, sinon davantage car plus âgés et puissants.

Dans ce roman, Samuel Polaris n’a pas le cycle nycthéméral perturbé, mais il est en panne d’inspiration. Et il a deux jumeaux qu’il déteste cordialement et une fille aînée qu’il ne supporte pas. Cette fille aînée lui sert d’exutoire pour régler les comptes  avec le monde de la dentisterie et j’avoue que c’est infiniment drôle.

Côté sexe dans ce livre, il y va un peu fort l’ami Dubois, sans fioritures ni ellipses: à la bonne franquette et avec les mots qu’il faut. C’est une surprise car après six livres que je lis de lui, c’est la première fois que je trouve qu’il n’y va pas avec le dos de la cuillère.

KENNEDY ET MOI, Seuil 1996,  ISBN 2-02-028539-8

Karma de Carlos Tromben

Résultat de recherche d'images pour "carlos tromben"  Carlos Tromben es un escritor y periodista chileno (Valparaiso 1966).

Karma (2006) es una novela bastante compleja que fue en su tiempo muy valorada por el crítico literario chileno Camilo Marks. En 2017, Carlos Tromben tuvo la originalidad de escribir un remake de Karma intitulado La Señora del dolor que él considera como una novela aparte aunque utiliza los mismos personajes en un universo paralelo, parecido, pero no igual (sic).

La palabra karma viene del sánscrito y define una energía trascendente que se genera a partir de los actos de las personas.

Entonces en el libro tenemos tres capítulos correspondientes a tres karmas de seres de distinto origen que se van a cruzar generando acciones.

Un capítulo está consagrado al origen japonés (tercera generación) del juez Borja Kusanagi con toda la histórica de su familia cuyo abuelo, un marino mercante, hizo raíces en Chile. Este capítulo no me pareció muy interesante, lo encontré algo extraño, como « desenchufado » del resto y la personalidad del juez, poco desarrollada, casi invisible, demasiado insípida, transparente.

Otro capítulo está consagrado al ejecutivo Martín Concha de 55 años que decide de un día para otro abandonar su puesto de dirigente bien pagado y cambiar de rumbo: se dedica a explotar un taxi en condiciones que el gremio está aparentemente regido como una mafia donde impera la violencia. Me pareció el capítulo más interesante y conmovedor. De imaginar cómo un hombre a quien todo le sonreía, decide de cambiar radicalmente de rumbo y adentrarse en una zona peligrosa a sabiendas del riesgo. Es como un suicidio preparado. Me extrañó la dureza y la inocuidad de la vida que llevaba. Fuera de que se drogaba como algo de lo más natural, llevaba una vida bastante perra, aburrida, poco interesante, plana. Solo en su rol de taxista va a lograr cierta realización como persona abriéndose a los otros, viviendo vidas paralelas, aunque arriesgando su pellejo sobre todo con las salidas nocturnas.

La tercera historia concierne Soffia Ström, hija de chilenos con el padre asesinado tras el golpe militar y la madre comunista y exiliada en Suecia donde se casará con un tipo simpático que le dará el nombre a Soffia. Es una chica especial, de físico importante y que se interesa en la guerra de Bosnia en donde será lisiada. Llegará a Chile en pos de su pasado y trabajará como enfermera cuidando de una anciana que fue casada con un general. Ahí su karma se cruza con Martín porque lo utiliza como taxi y también con el juez Kusanagi que anda rastreando desaparecidos del putsch militar…

Me pareció que los contactos entre los tres personajes no eran muy claros y las situaciones poco definidas. Los tres personajes fuertes de la novela no están suficientemente esbozados, en condiciones que acarrean unos karmas tremendos. Esto le quitó interés a mi lectura y no tengo ganas de leer el remake porque se perdió la oportunidad de explotar la trama tal como la teníamos.

KARMA, Seix Barral 2006,  ISBN 956-247-403-8

La fenêtre panoramique de Richard Yates

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Richard Yates fût un romancier et nouvelliste américain (New York 1926-Alabama 1992) connu pour sa description des classes moyennes américaines de la deuxième moitié du XX siècle. Sa fiction serait aussi en grande partie autobiographique, l’auteur ayant connu une enfance difficile, une maladie bipolaire et  des relations ardues avec la gente féminine. C’est un grand écrivain tombé dans l’oubli et que le film de Sam Mendes va relancer en 2009. C’est un auteur salué par ses pairs: T. Williams, Raymond Carver, J.C. Oates, Richard Ford, etc.

La fenêtre panoramique (Revolutionary Road, 1961) est son premier roman; un livre finaliste pour le National Book Award 1962 et considéré dans la liste The American Scholar de juillet 2014 comme faisant partie des 100 meilleurs romans américains. J’ai lu quelque part que ce livre aurait changé la vie de l’auteur contemporain Douglas Kennedy.

Le film éponyme tiré du roman en 2009 par Sam Mendes, et projeté en France sous le nom Les noces rebelles, interprété par Leonardo DiCaprio et Kate Winslett dans les rôles principaux; le rôle valut a Winslett le Golden Globe de la meilleure actrice. C’est un film excellent, dévastateur, très proche du livre mais quasi exclusivement axé sur les confrontations du couple protagoniste, ce qui le rend assez négatif; ce film peut devenir déprimant pour des personnes en détresse émotionnelle au moment du visionnage.

Quant au  livre, il est excellent, ravageur, dérangeant, violent, et d’un réalisme qui résulte presque douloureux. Sa lecture laisse KO. Mais quelle force et quelle pertinence du texte qui démolit littéralement le conformisme américain des années 50 et dresse un portrait peu flatteur de l’american way of life à travers l’histoire d’un couple banal confronté à leurs problèmes existentiels.

L’histoire narre le délitement du mariage de Frank et April Wheeler, l’histoire de leur mariage raté et de leur chronique conjugale. Ils ont tout juste 30 ans et « l’air » d’être le couple parfait, deux enfants et une vie tracée au cordeau par l’ennui. Elle voulait devenir comédienne, mais elle est tombée enceinte et s’est mariée. Lui, il ne sait pas trop ce qu’il voudrait devenir, il n’a pas poursuivi des études parce qu’il a manqué d’assiduité et il a tout délaissé. Tous les deux couvent des déceptions car dès le premier enfant ils vont faire une croix sur leurs rêves.

Nous sommes en Amérique en 1955 dans le Connecticut de l’Ouest à une époque où les banlieues se développent. C’est l’époque bénie de l’Amérique conquérante, l’Amérique florissante de la post guerre, avec l‘american dream de l’aisance matérielle, le consumérisme à tout va.  Richard Yates va gratter le vernis et cela crisse.

April et Frank vont acheter une charmante maison dans une morne banlieue de New York, grâce au travail de bureau de Frank et construiront ainsi leur propre prison. La maison à une baie vitrée sur le devant, ce qui donne le titre à la version française du livre, car c’est à travers cette large fenêtre que les Wheeler perçoivent leur quartier, leur entourage et même s’épient entre eux. Le titre en anglais est plus subtil, c’est le nom de la rue qu’ils habitent: Revolutionary Road. Tous les couples qu’ils côtoient ont des secrets non dévoilés car leur vie à tous est comme un spectacle dans lequel il faut faire bonne figure, il faut paraitre et ce n’est pas par hasard que ce livre commence par une représentation de théâtre d’amateurs.

Mais Frank hait son travail, déteste ses collègues, déteste sa maison et les transports en train AR pour se rendre chaque matin au travail à Manhattan. April n’aime pas non plus être femme au foyer avec des tâches répétitives; elle n’apprécie pas non plus ses amies, d’autres mères au foyer. En fait les Wheeler méprisent un peu tout le monde.

Les Wheeler sont seuls, très seuls, esseulés dans leur cocon et sans aucun intérêt dans leur vie. Ils sont assez égotistes car ils ont deux enfants et jamais ils ne s’intéressent à eux, à leur devenir. Leur frustration mutuelle ne les motive pas pour construire leur vie de famille et se donner un peu de stabilité.

Voici Frank qui réfléchit…et pour prouver encore, il avait épousé une femme qui s’était plus ou moins arrangée pour le maintenir constamment sur la défensive, qui l’aimait quand il était gentil, qui vivait selon ce qu’elle avait envie de faire, et qui pouvait à n’importe quel moment (c’était bien le comble !) à n’importe quel moment du jour ou de la nuit avoir envie de partir et de le quitter. C’était aussi grotesque, et aussi simple que cela.

Deux détails sont surreprésentés dans le livre : la consommation d’alcool et de tabac.  Frank en boit même pendant le travail et dès qu’il arrive chez lui, April l’accueille selon cette tradition de préparer un cocktail au mari qui rentre le soir. Ce n’est pas propre aux Wheeler, c’est assez général et plusieurs personnages dans le livre ont un problème avec l’alcool. Il y a aussi la consommation concomitante de tabac: on fume au travail, on fume dans les transports, on fume à la maison, on fume partout.

Et April va décider vers la trentaine, de partir à l’étranger, de tout plaquer pour entamer une nouvelle vie à Paris. Elle s’imagine travaillant comme secrétaire et pourvoyant aux nécessités de la famille pendant que son mari chercherait sa voie.

Mais le sort décide autre chose : April retombe enceinte et Frank obtient une promotion de façon tout à fait inattendue.

La construction de ce roman est intéressante avec ces divers couples qui alternent les points de vue et qui se croient supérieurs les uns des autres, cette succession de rituels quotidiens immuables, cette vie basée sur des apparences et, in fine, une autopsie féroce du rêve américain. Il y a un personnage clé dans le roman, c’est John le fils schizophrène de l’agent immobilier qui leur a trouvé la maison, car cet homme nous signifie clairement que la folie ne réside pas forcément là où nous le pensons.

Il y a une finesse dans l’analyse psychologique qui est rare, les scènes du livre sont aussi bien cadrées que dans un tableau de Edward Hopper. Et cet auteur me fait penser beaucoup à des écrivains désenchantés comme Robert Goolrick,  Evan S. Connell, Joyce Carol Oates. Un excellent auteur. Ce livre est une pépite.

LA FENÊTRE PANORAMIQUE, Robert Laffont 1962, (RY 1961),  ISBN 978-2-221-10208-4