Archive | août 2017

Mariachi Plaza de Michael Connelly

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Michael Connelly est un très grand auteur de polars nord-américain (Philadelphie 1956) ; c’est le « père »  du  detective de LAPD Hyeronimus Bosch, alias Harry Bosch, que j’affectionne particulièrement parce que sa personnalité taciturne me plait. Connelly est un écrivain très prolifique avec une publication par an et parfois jusqu’à deux.  Je crois qu’à la date d’aujourd’hui on arrive à plus de 28 publications depuis 1992.

Je les ai lus presque tous (surtout la série avec Harry Bosch) et j’en possède quelques uns. Mes préférences vont au Poète de 1996, La blonde en béton de 1994, Créance de sang de 1998, et bien d’autres.

Dans ce blog j’ai commenté La lune était noire ( 2000) en juillet 2015, polar qui m’avait bien plu, palpitant et original car les protagonistes sont des truands et aussi parce que le personnage principal est une femme malfrat, Carrie Black. Et Le Cinquième Témoin (2011) avec un billet en février 2015, qui m’avait paru par moments un peu longuet avec les digressions autour de la machine judiciaire « made in the US » et qui met en vedette l’avocat Mickey Haller, demi-frère de Harry Bosch, un avocat bien sympathique, choqué par certaines pratiques et prêt à rendre sa robe d’avocat.

Mariachi Plaza ( The Burning Room, 2014) est un très bon Connelly à mon goût. J’ai retrouvé avec plaisir ce Harry Bosch pour lequel j’ai un faible depuis toujours: j’adore sa détermination sous un aspect taciturne et assez sauvage, indomptable. Les deux titres, si différents de l’anglais (The Burning Room) au français (Mariachi Plaza) font allusion à deux affaires judiciaires bien distinctes mais ayant une connexion dans le récit, et nous saurons les tenants et les aboutissants à la fin de l’épisode.

Harry Bosch est à moins d’un an de sa retraite comme inspecteur de LAPD, il est assigné aux cold cases, c’est à dire, aux cas non résolus. C’est curieux comme cela peut être différent d’un pays à l’autre car au Danemark par exemple, on met un policier « sur la touche » sur les cas non résolus, c’est une sorte de mise au placard, c’est une quasi « sanction » (cf  février 2017, avec l’auteur de polars danois Adler-Olsen et son commissaire Carl Mørck). Aux USA ce serait tout le contraire, c’est  une consécration pour un policier chevronné, une reconnaissance du bon labeur engrangé  au fil d’une carrière. Et on va affecter un jeune policier au flic senior afin de former un binôme pour perpétuer le savoir faire du senior.

Dans cet épisode il y a peu d’hémoglobine, mais beaucoup de tension psychologique. Et ce qui m’a rendu le livre intéressant, c’est de voir par le détail, le mode de fonctionnement de LAPD avec les rapports parfois houleux entre les policiers mais aussi avec la hiérarchie. C’est très politisé, très verrouillé et pas mal vérolé… L’affaire qui m’a choqué le plus est celle qui consiste à suspendre, pour n’importe quel motif, de vieux policiers juste avant leur retraite afin d’économiser de l’argent car lorsqu’il y a suspension, ils ne touchent pas toute leur retraite. Cela me semble un manque d’éthique colossal envers des citoyens qu’ont mis leur vie en danger pour la communauté et ce, pendant des années ! Mais il y a aussi d’autres anomalies de taille et rien que pour cela, ce roman est très intéressant. J’imagine que Connelly doit avoir de bons contacts au sein de LAPD pour en être aussi bien informé.

Pour en revenir au livre, le titre fait référence à l’ assassinat d’un mariachi qui se trouvait ce jour là au mauvais endroit à cette Mariachi Plaza où des mariachis jouent afin de se faire engager. Le meurtre a eu lieu plus de 20 ans auparavant !

Harry Bosch vient de récupérer une jeune co-équipière, Lucia Soto, d’origine mexicaine. C’est incroyable la succession de noms hispaniques au sein de LAPD, à tel point que lorsque l’on croise un nom américain (surtout irlandais) le lecteur éprouve soudainement une surprise… Mais Lucia Soto n’est pas là par hasard; elle a du se faire probablement pistonner pour être à côté de Harry Bosch car elle veut résoudre une autre affaire judiciaire qui la concerne personnellement. C’est la partie de l’histoire que j’ai trouvé un peu trop « arrangée » et peu vraisemblable.

La ville de LA est décrite avec une précision d’entomologiste et ceux qui la connaissent vont se régaler.

A la fin du livre, et pour la première fois j’ai été émue jusqu’aux larmes, ce qui est plutôt rare. Je pense qu’il faut lire l’opus car il en vaut vraiment la peine pour toute l’information que Connelly nous livre autour de cette mythique LAPD et ses modus operandi.

MARIACHI PLAZA, Livre de Poche 2017 (N°34523)  (M.C. 2014),  ISBN 978-2-253-08637-6

Las últimas palabras de Carme Riera

Image associée  Carme Riera es una escritora española (Palma de Mallorca 1948) que escribe en catalán y en castellano. Es la octava mujer que ocupa desde 2012 un sillón de la RAE. Ha sido galardonada con numerosos premios.

Lei su libro cuatro veces premiado En el último azul (1994) que narra la expulsión de los judíos de Mallorca durante la Inquisición, pero no pude leer más de la mitad porque el tema no me interesó a pesar de ser un libro docto y bien escrito.

Las últimas palabras (2017) es una novela corta, interesante, que relata la vida secreta del archiduque Luis Salvador de Habsburgo-Lorena que llegó a Palma de Mallorca en 1867, a la edad de 20 años y quedó tan embelesado con el lugar, que decidió radicarse en la isla.

Luis Salvador de Austria nació en Florencia en 1847 y murió en Bohemia en 1915. Era el undécimo hijo de Leopoldo II, archiduque de Austria y Gran Duque de Toscana y de María Antonieta de Borbón Dos Sicilias (segunda esposa). Luis Salvador era primo de Elizabeth de Austria alias Sissi, esposa de Francisco José I.

El archiduque fue una persona muy excéntrica que quiso vivir libre, a su manera, pero fue también un gran erudito (botánico, zoólogo, geógrafo, antropólogo, explorador, entomólogo), además de políglota (14 idiomas !) y un mecenas. Lo apodaban « el sabio de la casa », era feo y padecía de una enfermedad rara llamada elefantiasis.

La escritora Riera se interesó siempre en el personaje porque siendo nativa de Mallorca, muchas veces cruzó su nombre; además, en 2015 Carme Riera fue nombrada comisaria de una exposición en Palma de Mallorca con motivo del centenario de la muerte del archiduque.

El personaje llegó de incógnito a Mallorca bajo un falso nombre : conde de Neudorf en 1867 y se quedó, comprando con el tiempo varias fincas y desarrollando la agricultura y el turismo.

El libro de Carme Riera parte con un recurso literario muy cervantino , aquel del manuscrito encontrado que nos revela secretos. También, la escritora juega con el lector, haciéndole un guiño cómplice al revelar que ha debido contraer un préstamo bancario para poder pagar y recuperar los papeles del archiduque y que espera tener buenas ventas con el libro para reembolsar sin problemas el dicho préstamo.

El archiduque en su lecho de muerte dicta sus memorias a un amanuense de confianza. Esas memorias conllevan secretos que desea divulgar al cabo de cierto tiempo.

El primer secreto es su rol de espía europeo, bogando por Europa en su buque « el Nixe »  y proporcionando información al Emperador Francisco José. También revela el asesinato camuflado en suicidio de los amantes de Mayerling, que fueron asesinados para evitar el desmembramiento del imperio austro-húngaro.

El segundo secreto concierne su vida sexual. Fue bisexual y tuvo amantes de ambos sexos. Se enamoró de una simple campesina mallorquina, Catalina Homar, a quien pulió hasta que pudo introducirla ante la corte de los Habsburgo. Sus amores con su secretario Wladislaw Vyborny, su relación con su factotum Antonio Vives y sobre todo con la esposa de éste Luisa Vives. Una vida extraña y un destino extraño.

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Luis Salvador de Habsburgo-Lorena.

 

LAS ÚLTIMAS PALABRAS, Alfaguara 2017,   ISBN 978-84-204-3027-0

Un cheval entre dans un bar de David Grossman

Résultat de recherche d'images pour "david grossman"  David Grossman est un écrivain israélien (Jérusalem 1954), auteur de romans, d’essais et de livres pour la jeunesse. C’est un auteur reconnu, détenteur de plusieurs prix.

Un cheval entre dans un bar (2014) a reçu le prestigieux prix britannique Man Booker International Prize 2017. C’est le premier roman de l’écrivain après la mort de son fils Uri, 20 ans, pendant son service militaire en 2006, lors de la deuxième guerre du Liban.

 C’est le premier livre que je lis de cet auteur et je salue ici la prouesse du traducteur français, Nicolas Weill, qui a su donner toutes les nuances à ce récit qui est en fait un spectacle en direct appelé « stand-up » ou « one man show » avec un langage très spontané et qui change tout le temps.

Tout le livre tourne autour d’un spectacle offert un soir par un comique, assez sardonique et de deuxième zone, G. Dovalé  dans la petite ville de Netanya à quelques Kms de Jérusalem. Mais ce soir là précisément Dovalé a invité le juge Avishaï Lazar,  à la retraite depuis 3 ans, mais qui 43 ans auparavant, était le compagnon de Dovalé dans un camp d’entraînement pour jeunes de la Gadna, à Beer Ora.

Et 43 ans auparavant ce bon juge avait été sans aucune humanité pour Dovalé, âgé alors de 13 ans à qui on venait d’annoncer la mort d’un parent sans lui préciser lequel des deux parents il s’agissait…

Peut-on imaginer ce qu’une telle nouvelle peut provoquer chez un jeune adolescent qui se demande s’il préfère l’une ou l’autre mort… mais il n’y a pas de réponse valable pour un tel dilemme…

L’assistance, dans ce cabaret miteux, est venue pour rigoler  des blagues du comique Dovalé, mais cette assistance sera médusée par le déballage que va faire ce clown triste qui est devenu Dovalé; bien entendu presque tout le public va décamper indigné car on l’a volé sur la marchandise; à l’exception d’une poignée de spectateurs qui restera jusqu’au bout, saisis par le récit de la vie de cet homme qui a colporté ses souffrances toute une vie. Quant au juge, il est tenté de prendre la poudre d’escampette, bien sûr, comme tout lâche qu’il fût, mais il restera jusqu’au bout de ce véritable règlement de comptes.

Ce n’est pas un cheval qui entre dans un bar, mais un éléphant dans un magasin de porcelaine, tellement Dovalé est lourdingue et sans aucun tact avec ses blagues, beaucoup en dessous de la ceinture, mais il est aussi cruel et sans tact vis-à-vis des personnes qu’il connaît, comme cette pauvre femme naine qu’il invective publiquement.

Le scénario est génial, brillant, mais la teneur est au vitriol. J’ai eu du mal avec le texte au début car il m’insupportait par sa lourdeur frôlant le sans gêne et la logorrhée, mais peu à peu j’ai compris que il y avait autre chose sous ce langage excessif et ordurier. Par moments, je ne savais pas lequel des deux personnages pérorait: Dovalé ou le juge, car leurs discours s’entremêlent dans le récit.

Au delà du scénario du livre, c’est un portrait de la société israélienne qui vit entourée de violence et menacée de terrorisme de façon permanente. Ce roman donne une deuxième chance à « l’amitié » que ces deux adolescents ont eu 43 ans auparavant.

Ce livre rend compte de façon intéressante de la complexité dans laquelle vit l’État d’Israël.

UN CHEVAL…, Seuil 2015,  ISBN 978-2-02-122480-1

El comensal de Gabriela Ybarra

Résultat de recherche d'images pour "el comensal gabriela ybarra"  Gabriela Ybarra es una escritora española (Bilbao 1983) con diploma en Administración y Dirección de Empresas y  un master en Marketing cursado en Nueva York.

El comensal es su primer libro (2015) que va en la sexta edición;  el libro fue galardonado con  el Premio Euskadi de Literatura 2016.

El título El comensal alude al puesto vacío en la mesa de los Ybarra que cada día la familia deja para recordar a los ausentes.

Es un libro sin pretensiones literarias, escrito en un estilo sencillo y directo, periodístico, evitando el morbo para dejar un testimonio y mantener la memoria frente a dos desapariciones en la familia : la del abuelo paterno y la de la madre. Dice la autora que esta escritura es una terapia que da sentido a la historia de la familia Ybarra y que « es importante acomodar la herencia emocional para construir su propia identidad ».

La parte más  » literaria » del libro hace referencia a la obra del suizo Robert Walser « El paseo« , un libro que la autora leía cuando su madre llegó a Nueva York para tratar su cáncer. Y la otra es un verso de Machado (cf Las encinas) en el epígrafe del libro : Quién no ha visto sin temblar / un hayedo en un pinar?

La escritora trata de redimir su pena por el duelo de dos seres queridos : primero, la de su abuelo paterno Javier de Ybarra y Bergé, un personaje importante del ámbito vasco, asesinado por los etarras en 1977 en nombre de una independencia del País Vasco. La autora en 1977 no había nacido y esta muerte atroz del abuelo, en condiciones infra humanas, le fueron reveladas sólo a los 7 años de edad.

Luego la muerte de su madre, Ernestina Pasch en 2011, agonía que Gabriela Ybarra vivió paso a paso hasta el final, acaecido a penas seis meses después que se le diagnosticara un cáncer del colon.

El asesinato del abuelo tuvo repercusiones en la familia porque tuvieron que dejar el País Vasco para radicarse en Madrid y el padre, Enrique Ybarra, periodista, necesitó escolta durante diez años. El estrés postraumático del padre fue tal, que 34 años después, con la enfermedad de su esposa, surgieron retazos del período de terror vivido en 1977, lo que determinará a Gabriela Ybarra a hacer búsquedas sobre la muerte de su abuelo para llegar al duelo completo de sus familiares.

Un testimonio personal y sobrio de dos muertes traumáticas en el seno de esta familia vasca.

EL COMENSAL, Caballo de Troya 2015,  ISBN 978-84-15451-55-6

Le Chardonneret de Donna Tartt

Résultat de recherche d'images pour "donna tartt le chardonneret"  Donna Tartt est une écrivaine nord-américaine (Greenwood/Mississippi 1963) dont le premier livre, Le maître des illusions (1992) fut un best seller planétaire: un livre qu’elle avait mis 8 ans à écrire: une campus novel et aussi un roman d’apprentissage que j’avais beaucoup apprécié lors de sa parution.

Le chardonneret (The Goldfinch 2013) est le troisième roman de Tartt, ce qui ramène sa production à un roman tous les dix ans, un peu comme cet autre auteur de best sellers nord- américain, Jeffrey Eugenides. Le chardonneret a reçu le Prix Malaparte 2014 (prix italien pour un auteur étranger) et le prestigieux Prix américain Pulitzer de fiction 2014.

C’est un pavé de plus de 1 000 pages dans cette édition, d’un poids certain que j’ai eu du mal à tenir longtemps en main. Aussi, il m’a fallu lire plus de 100 pages avant de trouver un intérêt et une suite cohérente à l’histoire, qui est devenue intéressante à lire mais comportant tellement des digressions que par moments le récit me paraissait trop long. Je suis allée jusqu’au bout et même si l’histoire ne m’a pas plu, je reconnais que c’est un sacré bouquin. Je vais développer.

Les droits cinématographiques ont été vendus assez rapidement à la Warner Bros et un film se profile avec John Crowley  comme réalisateur et Peter Straughan comme scénariste.

Le titre. Il émane d’un minuscule tableau de 34*23 cm peint en 1654, quelques mois avant son décès, par un jeune et talentueux maître flamand, le peintre Carel Fabritius, un élève de Rembrandt et un maître de Vermeer. Ce petit tableau est conservé au Mauritshuis à La Haye. Peu d’œuvres restent de Fabritius (moins de 10) qui périt lors d’une explosion d’une Poudrière à Delft, détruisant en même temps presque toute son oeuvre picturale. Le tableau du chardonneret est intéressant et emblématique dans ce livre car le petit oiseau est entravé au perchoir par une fine chaîne tout comme Théo sera enchaîné au tableau une partie de sa vie, comme il a été enchaîné d’abord à sa mère puis à l’alcool et aux drogues.

L’écrivaine dit s’être inspirée pour l’explosion du Met de la destruction par les talibans des bouddhas de Bâmiyân en Afghanistan, mais aussi de l’attentat à la bombe d’Oklahoma City en 1995.

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Le livre, à mon humble avis est plus une fresque hyperréaliste (impitoyable) sur l’Amérique contemporaine et ses codes qu’un roman tout court. Une fresque qui met en balance deux Amériques : celle des ploucs qui ne connaissent que la drogue, l’alcool et les rapines et celle des beaux quartiers qui ne valent guère mieux, même si ici, les gens ont des références culturelles.

Le livre narre la vie de Théo Decker entre ses 13 et ses 27 ans avec trois axes : New York, Las Vegas et Amsterdam.

Théo Decker est le narrateur, il a 13 ans au début du roman lorsqu’un attentat à la bombe au Met de New York tue sa mère  et lui en réchappe. Cette mère solaire était la seule chose qui le rattachait à une vie « normale ». Il va subir lors de ce deuil un stress post traumatique duquel il ne s’en sortira jamais mais il ne se fera pas soigner non plus. Le personnage de Théo à 13 ans tient un discours qui ne correspond pas du tout à celui d’un personnage de son acabit. C’est un discours beaucoup trop mûr ce qui confère au récit un côté anachronique et décalé.

Au décours de l’explosion et dans le chaos général, il approchera sous les décombres un vieil homme agonisant qui va lui confier une bague et va l’inciter à voler le tableau de Fabritius exposé au Met. Le vieil homme est un antiquaire de New York qui travaille avec Hobbie, un personnage assez secret qui va s’attacher à Théo. Le tableau du chardonneret est l’axe du livre autour duquel tournent des personnages tous atypiques et franchement inquiétants.

Lorsqu’il perd sa mère dans l’attentat, l’adolescent sera accueilli par une riche famille des beaux quartiers, les Barbour, car Théo est l’ami d’Andy Barbour, un gosse pas tout à fait « normal », la tête de turc à l’école et que Théo défendra farouchement. La famille Barbour est composée de la mère , du père et de quatre enfants; ils sont tous très bizarres, très bourgeois dégénérés; ils habitent un superbe appartement à Big Apple. Le descriptif de New York est assez saisissant et juste. Comme est juste et excellent le descriptif de Las Vegas avec ce quartier tout neuf et abandonné après la crise du sub prime; c’est le quartier qu’habitent Théo et son père, quartier qui fait contraste avec le Las Vegas des néons et du clinquant à outrance.

Mais Théo a un père, divorcé de sa mère depuis un an et ce père va se manifester pour le récupérer, pas par amour, mais par intérêt et calcul car il veut mettre le grappin sur l’argent que la mère de Théo avait mis de côté pour son éducation future. Le père va l’emmener de force à Las Vegas où il vit aux dépens de sa compagne, une serveuse de bar droguée et dealer. Le père ne vaut pas mieux, c’est un alcoolique invétéré et un ludopathe qui vit autour du jeu  et qui a contracté des dettes énormes. Et Théo part avec le tableau qu’il va cacher dans sa chambre.

A Las Vegas Théo fera la connaissance de Boris, un adolescent ukrainien, sans mère,  ayant un père alcoolique qui va l’abandonner à son sort. Boris est déjà « alcoolo » a treize ans et camé, il va initier Théo aux drogues et à la rapine. Il va s’établir entre les deux ados paumés et délaissés une forte amitié assez trouble et retorse où le sordide côtoie le sublime. Car tout « dégénéré » qu’il est, Boris apporte à Théo une ouverture sur le monde et sur la culture européenne, mais c’est un être sans aucune morale ni aucune éthique. Il est préoccupé seulement par sa survie.

Et lorsque le père de Théo se tue dans un étrange accident de voiture, Théo devra fuir Las Vegas pour ne pas tomber dans les mains des services sociaux. Il se réfugiera à New York auprès de son ami antiquaire Hobbie où finalement il va s’enraciner et apprendre sur le milieu des antiquités. Cette partie  du livre sur le marché de l’art et ses aspects cachés est intéressante.

Le tableau du chardonneret est recherché par les autorités et même par Interpol et Théo prend peur et le cache dans un dépôt de meubles.

Boris va voler le tableau à Théo sans que Théo le sache mais ne va  pas en soutirer beaucoup d’argent  car, étant fiché par Interpol comme une oeuvre d’art volée, il est invendable. Il ne sert que comme monnaie d’échange ou comme gage dans un milieu de trafiquants d’objets d’art et de camés, franchement sordide.

La fin du roman est celle d’un thriller et d’une expiation.

Lecture intéressante avec cette confrontation entre les deux Amériques, le milieu frelaté des antiquités, la description de Big Apple et de Las Vegas. Mais le personnage de Théo m’a paru veule et sans personnalité, celui de Boris franchement odieux, insupportable. Il n’y a aucun personnage positif dans cette histoire, en revanche une abondance descriptive du milieu des drogues et de l’alcool, souvent indissociables. Une histoire d’excès en tout genre, pure décadence.

Voulez- vous regarder le bain d’un vrai chardonneret ?

 http://www.chonday.com/Videos/peacwatchju3

LE CHARDONNERET, Pocket 16041 (2014),  ISBN 978-2-266-25076-4