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Ragdoll de Daniel Cole

Résultat de recherche d'images pour "daniel cole ragdoll" Daniel Cole est un écrivain britannique né en 1984 qui vit à Bournemouth. Ragdoll est son premier roman avec déjà une suite en librairie L’appât (Hangman, 2018).

Ragdoll est un thriller écrit comme un script de cinéma, trépidant et assez compliqué par moments. L’on ne s’ennuie pas mais on peut par moments se sentir agacé par une intrigue assez compliquée. Le titre resume le noeud gordien de ce polar : poupée de chiffon (ragdoll), le cadavre en 6 morceaux autour duquel s’emmanche l’action.

Nous sommes à Londres, au sein de la Police qui s’occupe des homicides. Une vedette de cette police c’est William-Oliver Layton-Fawkes, alias Wolf, qui a été suspendu de ses fonctions lorsque à la fin d’un procès retentissant, l’accusé (27 meurtres de 27 gamines en 27 jours) est déclaré innocent . Alors Wolf, persuadé de sa culpabilité lui saute à la gorge et essaye de le tuer ce qui lui vaudra 4 années de suspension et l’internement dans un hôpital psychiatrique…Et l’innocenté accusé va récidiver…Ce qui vaudra à Wolf d’être réintégré au sein de sa brigade.

Cette brigade de police londonienne est bien particulière car ils sont tous des anti-héros patentés, tous.

Déjà le pauvre Wolf n’est pas en odeur de sainteté. Sa co-équipière Emily Baxter non plus, avec son mauvais caractère, son penchant pour la divine bouteille et son amour non partagé pour Wolf…Les autres aussi  sont tous des personnages extrêmes : à la base, ils peinent au boulot et vers le haut de la hiérarchie, la seule chose qui compte est l’image que la police donne aux politiciens (contenter tout le monde coûte que coûte, ô démagogie des temps modernes). De plus, l’ex femme de Wolf, Andrea Hall, est une journaliste prête à tout pour grimper dans le métier, avide de scoops et tiraillée entre éthique personnelle et intérêt professionnel.

Puis, très rapidement surgit un nouveau cas (qui donnera le titre au polar): un cadavre grossièrement recousu comportant 6 morceaux différents en provenance de six personnes différentes. La tête émane du serial killer innocenté par la justice 4 années auparavant ( chic, il y a justice immanente, alors?). Ce qui est confondant c’est que le cadavre recomposé darde un doigt accusateur vers l’appartement de ce pauvre Wolf qui habite, comme par hasard, juste en face dans un quartier plutôt pourri.

Andrea Hall va recevoir une enveloppe contenant des photos macabres et aussi une liste de 6 personnages que le tueur en série condamne à mourir en précisant la date et l’heure. De la part des forces de police,il va s’engager une course contre la montre pour trouver le tueur et ce d’autant que la sixième personne sur la liste est Wolf ! (18 jours chrono pour résoudre le cas).

Le thriller n’est pas du tout gore et en général les scènes sont assez correctes et ne dégoûtent pas le lecteur. Tout au plus on lira qu’il y avait une « mare de sang », ce sera le maximum de l’évidence. En revanche, et c’est là que le thriller est sympathique, il y a beaucoup d’humour et le lecteur a l’occasion de se dilater la rate.

L’auteur, Cole, fera réfléchir le lecteur en essayant de le mener dans des sentiers tortueux et finalement les découvertes des crimes et du tueur seront révélées à la fin.

On ne s’ennuie pas dans ce roman mais il reste des énigmes non expliqués comme par exemple où son passés les 6 macchabées servant au montage de la poupée de chiffon? Tout de même, six corps disparus…Le serial killer à la fin du livre apparaît comme sorti de la cuisse de Jupiter, personne ne l’attendait celui-là…Le serial killer semblait trop bien informé sur les mouvements de la police; qui en était l’informateur ?

RAGDOLL, Pocket 17007(DC 2017),  ISBN 978-2-266-27657-3

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La soif de Jo Nesbø

Jo Nesbø  Jo Nesbø est un écrivain et scénariste norvégien (Oslo 1960) auteur de polars et de livres pour la jeunesse. Son héros récurrent est l’inspecteur Harry Hole, un stéréotype d’inspecteur entre ours-alcoolo-tabagique, loup solitaire qui utilise des méthodes peu orthodoxes pour résoudre les cas, mais qui néanmoins est le meilleur dans sa branche. Les épisodes peuvent se dérouler en Norvège ou à l’étranger.

L’auteur Jo Nesbø a vendu plus de 30 millions d’exemplaires de par le monde. C’est impressionnant.

Un film sortira en novembre de cette année sur son livre Le Bonhomme de neige (2007) avec Michael Fassbinder dans le rôle d’Harry Hole.

La soif  est le 11ème épisode avec l’inspecteur Harry Hole et le premier polar que je lis de Nesbø. Je dois dire que je suis séduite; voici une lecture qui m’a rendu addicte, je ne pouvais pas arrêter de lire l’ouvrage de presque 600 pages que j’ai lu en trois fois…Ceci ne m’arrivait pas depuis la trilogie de Millenium du regretté Larson ou dans un degré moindre, avec Je ne suis pas Pilgrim de Terry Hayes. Mais franchement, en comparaison, Millenium me semble un manuel pour maternelle à côté de cette bombe d’horreur et d’efficacité.

Pour Nesbø, Harry Hole est un tissu de contradictions et c’est probablement ceci qui le rend si spécial, si humain.

Dans cet opus, Harry Hole est un homme marié et heureux avec sa femme Rakel, il a réussi (presque) à se sevrer de l’alcool et il est devenu maître de conférences à l’École Supérieure de Police. Mais des crimes sont ciblés sur des jeunes femmes qui utilisent une application pour un site de rencontres; ces crimes comportent des aberrations connues sous le nom de vampirisme : des individus aberrants qui boivent le sang des victimes suivant un rituel et qui éprouvent un assouvissement sexuel dans l’acte. A partir du deuxième cas, Harry Hole est prié de reprendre du service car le chef de la police d’Oslo a des prétentions politiques et il voudrait se servir de la résolution rapide de cette affaire pour obtenir le poste.

Très rapidement l’énigmatique Harry Hole va trouver quelques ressemblances avec l’unique enquête non résolue de sa carrière et cela va le booster terriblement dans la traque.

On apprend dans ce livre qu’il y aurait deux sortes de vampirismes : une première sorte où ils sont relativement inoffensifs, attirés par le mythe du demi-dieu buveur de sang et immortel sur lequel se bâtissent les récits de vampires modernes, une  sorte qui a été commentée par Freud. Mais il y a une deuxième sorte, appelée vampirisme clinique ou syndrome de Renfield caractérisé par l’obsession de boire du sang et en rapport avec des crimes d’une rare violence.

C’est le deuxième cas qui est exposé dans cet excellent polar qui vous maintient en haleine jusqu’à la fin avec un serial killer hors normes. J’ai découvert aussi la manipulation subtile et réussie de l’écrivain pour semer de fausses pistes et égarer le lecteur…L’hémoglobine dans ce polar se mesure au litre.

Ce serait de mauvais goût que de narrer la teneur du roman car les éventuels lecteurs n’auraient plus des découvertes à faire. Ce qui est sûr, c’est que je lirai d’autres tomes sur Harry Hole car plusieurs personnes m’ont dit que tous  étaient très bons.

LA SOIF, Gallimard 2017,  ISBN 978-2-070-14504-1

Cartel de Don Winslow

Résultat de recherche d'images pour "don winslow cartel" Don Winslow est un écrivain de romans policiers et metteur en scène américain (New York 1953); plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinema, les droits cinématographiques de Cartel ont été rachetés par Ridley Scott, et Leonardo Di Caprio pourrait tenir le rôle d’Art Keller de la DEA .

Cartel (2015) est la suite de La griffe du chien (2005). Le premier tome couvre la période du trafic de drogue entre 1975-2000 et Cartel la période 2004-2014  quand les cartels mexicains de la drogue deviennent très puissants. Le livre aurait nécessité 6 ans de recherche et il a reçu le Prix « Mystère » de la Critique en 2017. Ce livre est dédié aux 130 journalistes mexicains tués pour s’être intéressés de trop près au monde de la drogue…

Dans Cartel, Adan Barrera est le personnage de fiction qui incarne le narco trafiquant Joaquin Guzman, alias El Chapo, chef du cartel de Sinaloa. C’est un volumineux roman de plus de 800 pages, un peu fouillis avec des personnages très nombreux au milieu desquels je me suis perdue par moments, mais qui fourmille d’informations sur ce triste trafic qui implique beaucoup de monde et qui remonte jusqu’au plus haut de l’Etat mexicain. Dans ce roman Don Winslow multiplie les points de vue, c’est un roman polyphonique avec plusieurs personnages et deux vedettes : le narco mexicain Adan Barrera et le fonctionnaire téméraire de la DEA  Art Keller. Ce roman traite du trafic de drogue entre les USA et le Mexique.

Certes, on écrit beaucoup sur la production, le transport et la diffusion de la drogue, mais on dit peu de choses sur la consommation ahurissante de drogue aux Etats Unis : pour qu’un tel trafic existe, c’est qu’il existe un marché florissant. Lequel est le plus corrompu ? Le vendeur ou l’acheteur? Et quel degré de corruption doit atteindre une société pour que sa population éprouve le besoin de se défoncer afin d’échapper à la réalité?

Keller sait ce qui c’est passé en 1985. Il y était. Il a intercepté les transports de cocaïne par avion, il a vu les camps d’entrainement, il sait que les USA ont utilisé les cartels mexicains pour financer les Contras au Nicaragua, mais il va réussir à mettre en prison le narco; mais Barrera va s’évader de la prison de Puente Grande en jouant des complicités et en crachant du fric à tous les niveaux. Ensuite ce sera une lutte à mort entre l’américain qui sert d’appât et le trafiquant dans un contexte de lutte sans merci entre les différents cartels mexicains et  les milices para-militaires. Les morts se chiffreraient autour de 100 000 en 10 ans avec beaucoup de victimes innocentes, ce qui aurait provoqué la révolte d’une partie du peuple.

Et pourtant Keller a sauvé la vie de Barrera avant que celui-ci se lance dans le trafic de drogue: il s’était retrouvé pris au coeur d’une opération militaire menée dans les champs de pavot du Sinaloa. Ils l’avaient tabassé, ils lui avaient versé de l’essence dans les narines, au point qu’il avait cru se noyer, puis ils avaient menacé de le balancer d’un hélicoptère en vol. Keller les en avait empêchés…Ce n’était que le début de la longue guerre de Keller contre les Barrera, un conflit de 30 ans qui allait lui coûter tout ce qu’il possédait, sa famille, son travail, ses croyances, son honneur, son âme…

Les différences de caractère entre Américains et Mexicains ressortent assez bien: si les Américains puissent leur force dans la victoire, celle des Mexicains réside dans leur capacité à supporter le malheur…les Américains sont habités par une croyance que tout problème a une solution, alors qu’un Mexicain sait que ce n’est pas forcément vrai…

Le transport de cette drogue se fait par camions, des dizaines de milliers traversent la frontière chaque jour, c’est la plus grande frontière commerciale du monde soit 85 milliards de US $ de marchandises par an. Si l’on fouillait chaque camion, cela paralyserait le commerce entre les deux pays.

Il faut avoir les nerfs solides pour lire ce livre car les scènes peuvent être gore : assassinats, décapitations, dépècements, victimes brûlées à l’essence, torturées, tout est décrit en détail. Les méthodes de traque aussi. La vie de ces narcos riches d’argent mais menant des vies misérables d’une planque à une autre, entourés de sbires, armés en permanence.

La série sur Netflix El Chapo (2017) a été tournée en 21 épisodes et 2 saisons sur la vie de Joaquin Guzman, alias Adan Barrera dans ce livre. La série est remarquable avec une approche plus intimiste du narco et une  image surréaliste de cette guerre impitoyable des gangs.

Une autre série très intéressante est Narcos (2015) avec 4 saisons et 40 épisodes pour nous narrer les cartels de la drogue colombiens et en particulier celui de Medellin avec Pablo Escobar, une autre machine à tuer…

CARTEL, Points Policier P4701(Seuil 2016, DW 2015),  ISBN 978-2-7578-6947-5

Eva de Arturo Pérez-Reverte

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Arturo Pérez-Reverte (Murcia 1951), es un valor  de las letras hispánicas, es el autor español de más tirada. Es un escritor, periodista y reporter de guerra. Hace parte de la RAE desde 2003.

Su estupenda novela El maestro de esgrima (1988), la comenté en este blog en diciembre 2012 y El francotirador paciente (2013) en enero 2014, una novela que no me sedujo porque la encontré underground, decadente. Por supuesto que le he leído otros libros, pero como en aquella época no hacía fichas de lectura, no me siento autorizada para argumentarlos. Sobre mis cargados anaqueles espera lectura La Reina del Sur (2002).

Falcó (2016) es el primer tomo de una serie por venir y me gustó mucho : el intento ficticio por parte del espía Falcó de liberar de la prisión a Primo de Rivera. Este ágil tomo permite de descubrir a Lorenzo Falcó que trabaja para los servicios secretos de los nacionales (SNIO), un personaje de buena factura, cínico, elegante y mujeriego, pero « un cuchillero » sin estados de ánimo como diría su creador. Es un libro que se ha vendido bien : más de 300 000 ejemplares…

Eva es la segunda entrega (2017) y me ha gustado algo menos. Es más grueso y me aburrí un poco hacia la mitad del tomo, encontrando demasiada explicación. Vamos conociendo mejor a Lorenzo Falcó el ex traficante de armas, hoy espía y por ende me va gustando menos : un macho sans toit ni loi, mujeriego y depredador, carente de sentimientos, cínico, adicto a las cafiaspirinas, al alcohol y el tabaco, a los hoteles de lujo y a la ropa de marca. Su imagen de seductor empedernido no cuadra con la imagen de seductor sentimental que da en este opus.

La trama sucede esencialmente en mayo 1937, en Tánger, ciudad sobre la cual leí hace muy poco el libro Niebla en Tánger y también vi la excelente película La vida perra de Juanita Narboni, todo esto contribuyendo a dar una buena idea de esa ciudad internacional de los años 37 cuando Falcó parte a ésa para recuperar un cargamento de oro de España que los republicanos quieren mandar a Rusia para ponerlo a salvo; en esa época la ciudad de Tánger era un nido de espías y de esbirros de todo pelaje, de negociaciones turbias…

Todo el libro tiende a mantener una tensión psicológica con el encuentro entre Falcó y la rusa Eva Neretva, alias Eva Rangel en el primer tomo y Luisa Gómez en este, una rusa endoctrinada fanática y cruel, una espía sanguinaria, tan sanguinaria y despiadada como el propio Falcó.

El oro de España son 30 toneladas en la sentina de un barco republicano, el Mount Castle anclado en Tánger al cual se le opone el Martín Álvarez a cargo de los franquistas que deben recuperar el oro y llevarlo a España. La confrontación de los dos capitanes, de bandos opuestos, es muy bonita porque es la única parte del relato sana y honorable, con unos marinos que conocen el código del honor, la responsabilidad con la tripulación y con la carga, cierta dignidad, el sentido de la palabra dada.

Para nuestro héroe y para la rusa, la crueldad es solo un instrumento de trabajo y en ese sentido Lorenzo Falcó reconoce en la antipática rusa, su alter ego, una guerrera como él aunque ella es más implacable porque tiene fe en el futuro de la Humanidad, en su propio sacrificio, es heroica. Falcó no lo es, es por momentos un personaje despreciable.

Los personajes de la novela están bien trabajados, entre ellos el personaje del jefe de Falcó, el Almirante que lo maltrata y le confía misiones imposibles y arriesgadas. Al parecer la próxima aventura ya está esbozada : sucederá en Biarritz.

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Tánger 1937

EVA, Alfaguara 2017,  ISBN 978-84-204-1957-2

Le couple d’à côté de Shari Lapena

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Shari Lapena est un écrivain canadien avec une formation d’avocate, ayant exercé aussi comme professeur d’anglais.

Le couple d’à côté est son troisième livre et son premier thriller; ce fut un tabac, en France il figure parmi les 17 meilleurs livres de l’année 2017 ! Beau palmarès; son quatrième roman est déjà paru au Canada en juillet 2017: A Stranger in the House.

Aurait-on une obsession avec les maisons, un peu à la manière d’une Paula Hawkins et sa fille du train ou de Gillian Flynn et sa Gone Girl. Tiens on aurait pu appeler ce livre Gone Baby !

C’est un thriller psychologique qui m’a captivé très fortement dès le départ. Et pourtant…je n’aime pas du tout les histoires impliquant des enfants, elles me rendent excessivement anxieuse. Or ici, dès le premier chapitre le scénario est posé avec le rapt d’un bébé de 6 mois sous la barbe des parents. Ce qui est intéressant c’est que l’écrivain à l’aide de chapitres assez courts et bien enchaînés, nous livre au compte gouttes des éléments nouveaux et inattendus qui nous ébranlent fortement. On peut dire que c’est mené de main de maître, oui.

Mais, j’ai trouvé qu’à partir de la moitié du livre (à peu près) lorsque l’on connaît le coupable, les choses vont se gâter, se compliquer et que la fin est catastrophique et hors contexte, elle gâche, à mon avis, toute la maîtrise développée si savamment jusque là.

Quelques remarques personnelles: je trouve que le detective Rasbach est  insuffisamment caractérisé, les méfaits graves commis par les voisins Stillwell sont passés sous silence, et la fin d’un complice n’est même pas expliquée. La cerise sur le gâteau est la fin que je ne détaillerai pas ici parce que cela vaut la peine de le découvrir par soi même et de se faire  son opinion.

Une lecture très prometteuse mais une fin qui m’a surprise.

LE COUPLE D’À CÔTÉ, Presses de la Cité 2017,  ISBN 978-2-258-13765-3

La descente de Pégase de James Lee Burke

Résultat de recherche d'images pour "james lee burke"   James Lee Burke est un écrivain nord-américain (Houston 1936) connu par ses romans policiers, surtout pour la série avec le shérif David Robicheaux. L’écrivain est détenteur de nombreux prix et au moins deux adaptations pour le cinéma.

La descente de Pégase 2010 (Pegasus Descending 2006) est le premier roman que je lis de lui et je dois dire que j’ai été séduite par l’épaisseur humaine du shérif Robicheaux. C’est encore un policier très désabusé, ancien alcoolique, bagarreur et très solide. Il est marié en deuxième noces avec Molly, une ancienne religieuse, ceci pour la note originale, mais pas tant que cela dans une région comme La Louisiane, anciennement française où la plupart des gens ont encore des noms à consonance française et sont catholiques.

La descente de Pégase a une trame assez  complexe. Il y a trois meurtres à élucider et Robicheaux est persuadé qu’ils ont un point commun. Tout le livre va se passer à la recherche d’indices et il sera opposé à sa supérieure ou à un juge véreux qui ne pense qu’à sa prochaine candidature politique et qui met tous les bâtons dans les roues possibles à Robicheaux.

Les trois meurtres servent à mettre en valeur les anomalies locales en matière de collusion, prévarication et surtout blanchiment d’argent. Aussi, Robicheaux nous explique combien cet État s’est corrompu depuis l’irruption de la drogue et les casinos à profusion avec la mainmise de la pègre. Le tableau dressé est assez consternant: la violence règne et atteint des sommets, les gens sont armés et les armes circulent avec une aisance ahurissante, les conflits raciaux sont permanents.

D’autre part le shérif Robicheaux ne cesse de culpabiliser après l’assassinat d’un ancien camarade du Vietnam qui fut abattu devant son nez et qu’il n’a pas pu défendre parce qu’il était sous l’emprise de l’alcool…ce meurtre le hantera et il ne cessera de penser à se venger car des ramifications vont surgir avec les nouveaux cas à résoudre.

Le descriptif de la nature de La Louisiane est somptueux, on s’y croirait dans les bayous avec les citations de la flore et de la faune locales. Il y a aussi pas mal de réflexions sur la politique et les moeurs locales ou nationales qui sont intéressantes. En voici un exemple (page 196)…la légalisation des jeux d’argent sur la majeure partie du territoire des États-Unis était un rêve érotique devenu réalité. L’argent qu’ils ramassaient grâce au traffic juteux des jeux d’argent, et qu’ils avaient toujours du mal à blanchir, n’était rien comparé aux sommes que rapportaient les casinos, les champs de courses et les loteries qu’ils géraient avec la bénédiction des services d’attribution des licences de jeux, à l’échelon fédéral comme à celui de l’État. En fait, non seulement le gouvernement avait offert à la pègre un cadeau royal qui allait bien au-delà de ses rêves les plus fous, mais les mafieux étaient en outre parvenus à subordonner le financement des services éducatifs aux taxes perçues sur les jeux d’argent sur le territoire des États-Unis, faisant ainsi des professeurs de la nation tout entière leurs supporters les plus fidèles…

Un polar à découvrir !

Il me faudra lire d’autres livres de Lee Burke pour consolider cette bonne impression.

LA DESCENTE ,Rivages/Thriller 2010 (JLB 2006),  ISBN 978-2-7436-2104-9

Las maldiciones de Claudia Piñeiro

Résultat de recherche d'images pour "claudia piñeiro las maldiciones" Claudia Piñeiro es una escritora, dramaturga y guionista argentina (Buenos Aires 1960 ) con formación de contadora. Tiene amplia bibliografía con varios premios y libros llevados al cine. Le he leído casi todo lo publicado porque me gustan sus libros, que encuentro ahondados en lo humano y bien aterrizados. Esta es la cuarta reseña en el blog de un libro de Claudia Piñeiro después de Betibú (avril 2012) con más de 7 000 consultas, Un comunista en calzoncillos (mayo 2014) y Una suerte pequeña (enero 2016).

Las maldiciones (2017) es un libro que me gustó a medias, es decir, que la parte intrínsecamente política argentina no logró interesarme con tanta referencia que desconozco, pero la parte ficcional con un político dispuesto a todo (hasta comanditar un asesinato si necesario para llegar a sus propósitos), con la descripción vívida y sin concesiones de la « nueva política », me parecieron de un realismo aterrador y completamente universal. Francamente me parece que en las condiciones actuales, lo que llamamos aún eufemísticamente « democracia », ha llegado a cierta caducidad. Hay abusos y desusos por doquier.

Las maldiciones es un thriller político (de la llamada « nueva política » basada en el pragmatismo y en el marketing) y una novela coral con varios personajes protagónicos, pero también con el protagonismo de la ciudad de La Plata en Argentina.

Uno de los protagonistas es Román Sabaté, un muchacho que comenzará a trabajar para el político Fernando Rovira, líder del partido Pragma que él ha fundado. Rovira se presenta como candidato a gobernador de la provincia de Buenos Aires y defiende el proyecto de escindir esta provincia en dos, quedándose él con el mejor pedazo, y sobre todo sin La Plata, porque quiere presentarse a la candidatura suprema y existe una maldición con la gobernación de La Plata.

Es la maldición de Alsina o maldición de los gobernadores; está relacionada con la ciudad de La Plata donde una bruja llamada « la Tolosana », echó una maldición durante la inauguración de la ciudad (1882) para que ningún gobernador llegara a ser presidente de la República. (La escritora Piñeiro cuenta que esta ciudad de La Plata es una entidad muy literaria porque estaría fundada según un mapa de un libro de Julio Verne; se la conoce también como la ciudad de las Diagonales).

Román Sabaté trabaja para Rovira como personal trainer y de esta manera tiene acceso a la intimidad del líder político. Dentro de poco conocerá las razones por las cuales Rovira lo contrató y este es el meollo de la novela. Aquí el lector va a entender que la política no está hecha de propósitos para mejorar la vida del demos (del pueblo), sino que está hecha de bajos instintos hacia logros personales a lo que venga y como venga…

Hay un personaje probo en el libro, es el tío de Román: el tío Alfredo, adorador de Alfonsín(el primer presidente después de la dictadura, un radical), porque incarna al político de antaño con ideales y principios morales, al « caballero ».

Se toca en el libro un tema interesante: es la relación entre política y brujería y/o supersticiones. Como si la soledad a la que sume el poder y la incertidumbre que reina a menudo, favorecieran la eclosión de una necesidad por lo sobrenatural, por el esoterismo que atañe a menudo a los políticos y que resulta patética.

La escritora Claudia Piñeiro está casada en segundas nupcias con Ricardo Gil Lavedra, abogado y hombre político radical quien tiene que haberla aconsejado en algún momento con la maraña política.

LAS MALDICIONES, Alfaguara 2017,  ISBN 978-978-738-333-1