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Sur un mauvais adieu de Michael Connelly

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Michael Connelly est un très grand auteur de polars nord-américain (Philadelphie 1956) ; c’est le « père »  du  détective du LAPD Hyeronimus Bosch, alias Harry Bosch, que j’affectionne particulièrement parce que sa personnalité taciturne me plait. Connelly est un écrivain très prolifique avec une publication par an et parfois jusqu’à deux !  Je crois qu’à la date d’aujourd’hui il arrive à plus de 40 publications depuis 1992.

C’est le neuvième livre de Connelly commenté dans ce blog après : La lune était noire (2000) en juillet 2013, Le cinquième témoin (2011) en février 2015, Mariachi Plaza (2014) en août 2017, Le dernier Coyote (1995) en juillet 2018, Deuil Interdit (2005) en septembre 2018, Wonderland Avenue (2002) en novembre 2018, A genoux (2006) en janvier 2019, Les neuf dragons (2009) en février 2019 et Jusqu’à l’impensable en avril 2019. D’autres suivront, c’est sûr, car pour certains ce sont des relectures et c’est un plaisir renouvelé où je m’attarde sur des détails concernant la vie de Bosch plus que sur les cas policiers. (Je recommande vivement de les lire dans un ordre chronologique pour suivre la vie privée et professionnelle du détective qui est aussi mouvementée et intéressante que les cas policiers).

La série pour la TV Bosch (5 saisons) a été aussi une agréable découverte sur Amazon Prime avec des visages à mettre sur des personnages récurrents et un Harry Bosch plus vrai que nature dans la personne du comédien Titus Welliver que je ne connaissais pas et que maintenant je ne peux plus dissocier de mon imaginaire.

Sur un mauvais adieu (The Wrong side of Goodbye, 2016) je trouve que le titre est un peu ambigu pour un bon Connelly, 22èmè de la série !. Il a été classé meilleur polar/thriller 2016 par le Washington Post. C’est un opus avec son demi-frère, l’avocat de la défense Mickey Haller. C’est curieux de constater que les deux frères s’entendent bien (uniquement dans le cadre du travail car ils ne se fréquentent pas en dehors), alors qu’ils sont des deux côtés de la barrière: l’un est flic et l’autre est avocat de la défense; prêt à défendre n’importe quelle cause même contre la police.

Côté intrigue celle-ci est double.

Harry Bosch a été « mis à la retraite forcée » de LAPD suite au dernier cas évoqué dans Jusqu’à l’impensable. Il faut rappeler que Harry doit lutter chaque fois contre sa hiérarchie, il est souvent la tête-de-turc de quelqu’un, en général d’un supérieur. parce qu’il agit presque toujours en électron libre, en suivant ses intuitions et sans compter ni son temps ni sa peau. Il s’attire souvent la malveillance des collègues.

Dans ce tome, nous le retrouvons travaillant ad honorem pour San FernandoPD, une banlieue de la tentaculaire Los Angeles où il s’adonne, quelques jours par semaine, aux cas non résolus, ceci lui permet de récupérer la plaque de policier et de s’en servir dans son travail. De plus, et pour remplir sa marmite (et payer l’université de sa fille Maddy) il travaille comme détective privé.

C’est en tant que privé que nous avons la première énigme. Un milliardaire fait appel à lui pour rechercher d’éventuels héritiers et lui demande d’être d’une totale discrétion. Cette enquête va raviver les souvenirs vécus par Harry Bosch au Viet Nam où il était expert dans les tunnels; c’est très intéressant (par exemple quand il explique que pour pouvoir circuler dans ces tunnels, il était astreint de manger de la nourriture vietnamienne pour ne pas se faire repérer par l’odeur dégagée car il fallait sentir comme eux).

En même temps il se verra impliqué dans une enquête visant à retrouver un violeur en série qui s’attaque à un profil bien précis de femmes à San Fernando.

Le lecteur aura une démonstration pas-à-pas du savoir faire en matière d’enquête par ce cher Harry Bosch. Sa constance, son souci du détail, sa recherche permanente du point de vue, sa patience et sa détermination. On assiste au déroulement détaillé d’une enquête policière avec les moyens modernes.

Il y a une belle confrontation entre le modus operandi des deux frères: le droit et incorruptible Harry Bosch et l’avocat retors, roué et prêt à tout pour gagner ses pépettes. Ils ont chacun besoin de l’autre mais sans pour autant abandonner leurs positions. Cela fait plaisir de voir qu’ils peuvent travailler ensemble pour le bien de la Société et se compléter à la perfection.

Côté vie privée de Bosch dans cet opus il y a très peu de chose. Harry Bosch s’occupe de temps en temps de sa fille et tremble pour elle chaque fois qu’il est immiscé dans une affaire. Cette fois il n’a pas tort car les forces du mal ont bien saisi qu’il a une fille. Sa fille Maddy étudie la Psychologie à Chapman University et elle n’est plus colocataire avec la fille de Mickey Haller; les deux filles n’ont pas tissé de liens solides ainsi que leurs pères l’avaient souhaité. Harry Bosch s’arrange pour voir sa fille chaque fois qu’il le peut et en général autour du campus.

Les deux enquêtes sont passionnantes dans ce livre, pleines de rebondissements avec des fins surprenantes. Et de la reconnaissance à la fin pour Harry Bosch.

SUR UN MAUVAIS ADIEU, Calmann- Lévy Noir 2018 (MC 2016),  ISBN 978-2-7021-5652-0

L’étoile du diable (5) de Jo Nesbø

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Jo Nesbø est un écrivain et scénariste norvégien (Oslo 1960), auteur de polars et de livres pour la jeunesse. Son héros récurrent est l’inspecteur Harry Hole un stéréotype d’inspecteur de Police entre ours-alcoolo-tabagique et loup solitaire qui utilise des méthodes peu orthodoxes pour résoudre les cas, mais qui néanmoins est le meilleur dans sa branche. Les épisodes peuvent se dérouler en Norvège ou à l’étranger.

L’auteur Jo Nesbø a vendu plus de 34 millions d’exemplaires de par le monde et il a été traduit dans plus de 50 langues. C’est tout à fait impressionnant.

Un film est sorti en novembre 2017 sur son livre Le Bonhomme de neige (2007) avec Michael Fassbinder dans le rôle d’Harry Hole: cela correspond au septième opus avec le détective.

J’ai commenté en mars 2018 mon premier Jo Nesbø: La Soif (2017),  le 11ème de la série et je suis restée pas mal impressionnée  souhaitant en lire d’autres mais dans l’ordre chronologique car les histoires tournent surtout autour du personnage et de la personnalité de Harry Hole. L’homme chauve-souris (1997) est le premier de la série, commenté en avril 2018, un livre qui m’a plu moyennement car j’ai trouvé qu’il faisait un peu catalogue touristique sur l’Australie, brodé autour de l’assassinat d’une jeune norvégienne; dans ce livre on comprend pourquoi l’inspecteur Hole est envoyé aux antipodes par sa hiérarchie: c’est pour se faire pardonner une bourde professionnelle énorme qui a valu la mort d’un collègue alors que l’inspecteur était passablement imbibé d’alcool. En juillet 2018 j’ai commenté le N°2 Les cafards (1998), qui se déroule en Thaïlande où Harry Hole doit résoudre un cas délicat de meurtre d’un diplomate norvégien dans des conditions plus que louches. Le N° 3 Rouge-Gorge (2004) m’a plu moyennement car ce fut une lecture un peu laborieuse quoique sur un sujet intéressant (les soldats norvégiens engagés dans la Wehrmacht lors de la DGM), laborieuse car comportant trop de personnages et un rythme trop lent. Le Harry Hole N°4 est Rue Sans-Souci (2005), un opus pas mal du tout autour de braquages de banques et de mafia au niveau de l’Europe.

L’étoile du diable (2003) n’est pas mal non plus avec quelques réserves: la trame est un peu surchargée, la première partie un peu lente, mais cela vaut la peine d’attendre la fin…. Harry Hole se remet très mal de la mort de sa collègue Ellen Gjelten assassinée en pleine rue (la tête éclatée, il y a trois ans) alors qu’ils traquaient des bandits. Harry a des problèmes plus que sérieux avec l’alcool et c’est très étonnant que la hiérarchie supporte des débordements pareils. De plus Harry Hole est persuadé que son collègue Tom Waaler est un ripou et il passera une bonne partie du roman à la recherche de preuves. Le chef de la Police d’Oslo nommera ce Waaler chargé de l’enquête et Harry se verra proposer assez rapidement des affaires louches (dans le dessein de le compromettre ?).

Ce tome concerne des crimes perpétrés avec un rituel diabolique par un assassin en série lors d’un été torride à Oslo quand la police criminelle manque d’effectifs pour les filatures et autres actions. C’est en raison de ce manque d’effectifs que Hole est toléré dans le Service (Solitaire. poivrot. L’enfant terrible de la section. Mais- à côté de Tom Waaler- le meilleur enquêteur du cinquième étage).

La vie privée de Hole est un chaos perpétuel et les beuveries se succèdent. Sa compagne Rakel l’a largué malgré l’attachement que Harry profère au jeune enfant de sa compagne, le petit Oleg.

Le suspense et l’action sont débridés. Par moments cela sonne peu crédible, par moments l’action s’étire un peu trop avec moult explications. Les titres des chapitres m’ont paru superflus et difficiles à interpréter, déjà qu’avec tous les noms propres norvégiens c’est très difficile pour le lecteur.

J’ai trouvé que la scène finale  dans l’ascenseur (grandiose !)  avec la présence du petit Oleg est surréaliste: voici un enfant qui est présent à l’occasion d’un acte de violence inouï et les choses se passent comme s’il n’avait rien vu, sans explications ni aide psychologique.

Le côté intéressant est l’information fournie au sujet des assassins en série, ce qu’on appelle « le profilage » des tueurs : le tueur en série est un homme blanc, âgé de 24 à 40 ans. Il agit en général seul, mais il peut aussi s’entourer d’autres personnes, pour fonctionner en binôme. La mutilation des victimes est le signe qu’il est seul. Les victimes peuvent être n’importe qui mais elles sont en principe issues du même groupe ethnique que lui, et ce n’est qu’exceptionnellement qu’il les connaissait déjà. Il trouve généralement la première victime dans une zone qu’il connait bien. Quand on est en présence de rituels, il est souvent question de meurtres en série. On distingue deux types de tueurs en série : le psychopathe et le sociopathe. Seul le tueur en série psychopathe ne sait pas ce qu’il fait au moment du drame, il est souvent une personne inadaptée, sans travail, sans éducation, avec un casier judiciaire et toute une tapée de problèmes sociaux. Au contraire du sociopathe, qui est intelligent, apparemment adapté et qui mène une vie normale. Le psychopathe se distingue et devient rapidement un suspect potentiel, tandis que le sociopathe se fond dans la masse. C’est souvent un choc pour les voisins et les proches quand un sociopathe est démasqué. Pour un « profiler », connaitre l’heure du crime est important car si le crime est commis le WE ou les vacances, cela indique que le meurtrier est dans la vie active et cela augmente la probabilité qu’il soit un sociopathe, une catégorie souvent très sûrs d’eux, ils suivent l’enquête policière de près et profitent des occasions pour être physiquement proches de l’endroit où l’enquête a lieu.

Jo Nesbø sait créer le suspense et garde une dose d’humour noir tout le long du récit, ce qui est déjà une originalité dans la cohorte d’inspecteurs imbibés et anti-héros (Wallander, Bosch, Rebus, Heredia…).

L’ÉTOILE DU DIABLE, Folio Policier2009 (JN 2003),  ISBN 978-2-07-035872-4

Nunca es tarde de Jerónimo Tristante

Résultat de recherche d'images pour "nunca es tarde jeronimo tristante"  Jerónimo Salmerón Tristante es un escritor español (Murcia 1969) de novelas de misterio y aventuras, muy documentadas históricamente. Es el creador del personaje de Victor Ros, un detective de fines del siglo XIX con varios tomos y una adaptación para la TVE; miré la serie (2 temporadas) y me gustó bastante con unos decorados suntuosos y unos actores de primera.

Nunca es tarde (2017) le valió el Premio Ateneo de Sevilla de novela del mismo año. Es un libro que me resultó grato y ameno de leer, incluso si la trama era bastante evidente hacia el final. Pero no importa porque el libro está escrito en un estilo diáfano, con capítulos orquestados a la perfección y personajes perfectamente presentados al lector.

Se trata de una novela policial,bastante terrorífica y que lleva dos historias : asesinatos de 3 chicas perpetrados 41 años ha, nunca resueltos y la repetición de otros tres asesinatos a la manera de copycat. Todo acaece en el mismo pueblito de los Pirineos aragoneses, un verdadero lugar edénico donde todos se conocen y también se espían. El autor llama al pueblo El Valle y me parece que es un nombre inventado para situar la acción en cualquiera de aquellos numerosos valles que contiene la región que es muy turística en invierno gracias a la abundante nieve y en verano con la posibilidad de excursiones fantásticas.

Los personajes de la novela son entrañables, comenzando por la protagonista, Isabel, una cuarentona despechada y amarga porque el marido la engaña a todas luces y desde hace tiempo y los tres hijos han salido del nido. Isabel se encuentra gorda y se aborrece por ello; su gordura es la resultante de su tedio profundo y falta de centros de interés. De manera totalmente inesperada, Isabel se informará sobre los asesinatos acaecidos hace tiempo atrás y quedará asombrada porque en su casa nunca se habló del terrible suceso. La disponibilidad de Isabel y su curiosidad nata harán que investigue de una manera temeraria arriesgando el pellejo sin complejos ni miramientos.

Conocerá a un noruego que vive aislado en eremita en el monte y con él harán un duo espectacular para  la pesquisa.

Los diálogos son a veces muy divertidos, especialmente los de Isabel. Aunque la acción no tiene nada de divertida porque los muertos van en ristra. Hay una buena definición página 143 (profiler) de lo que es un asesino en serie :suele ser un varón de raza blanca, que vive en un país industrializado, que se declara heterosexual y que sabe simular una vida absolutamente normal, aunque carece de empatía. Ve a los demás como piezas de un tablero de ajedrez con las que puede jugar. Su inteligencia emocional es cero, pero ojo, sabe simular, ser amable cuando es necesario e incluso tener amistades. Muchos mantienen matrimonios aparentemente normales, tienen hijos y están integrados en su comunidad. Fingen muy bien.

Una lectura ágil, de lo más simpática, con buena escritura, un pasatiempo delectable. Qué premio tan merecido !

Uno de los numerosos valles pirenaicos.

NUNCA ES TARDE, Algaida 2017,  ISBN 978-84-9067-853-4

Méchant loup de Nele Neuhaus

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Cornelia « Nele » Neuhaus est une écrivaine allemande (Münster 1967) de polars et de livres pour la jeunesse. Elle est la créatrice du duo d’enquêteurs formé par le distingué commissaire Oliver von Bodenstein et de sa co-équipière,  Pia Kirchhoff, aujourd’hui aussi commissaire.

Il en existe 9 épisodes avec ce duo, dont Flétrissures serait le N°3 et le premier à avoir été traduit en français. Je l’ai commenté en mars 2019 : c’est un polar brûlant qui parle de l’insertion dans la haute société allemande d’anciens nazis.

Je ne sais pas où Madame Neuhaus trouve des sujets aussi difficiles, mais en voilà un autre avec le thème de la pédophilie dans les hautes sphères avec des gens prêts à tout, y compris le meurtre commandité, afin de préserver leurs pratiques anormales et perverses. Pour ma part, j’éprouve de l’épouvante lorsque l’on s’attaque aux enfants et cette fois je n’ai pas échappé à une sensation de nausée en lisant le livre, dont la mise en tension est savamment orchestrée.

Cela me rappelle les efforts des suédois Henning Mankell et Stieg Larsson pour dénoncer une certaine décadence de la société suédoise en ce qui concerne la corruption et les compromissions à tous les niveaux. Il faut croire que cette lèpre se répand…

Méchant Loup (2012) est le sixième tome de la saga avec von Bodenstein et Pia Kirchhoff, deux personnages assez attachants et avec  Pia devenue commissaire à la Krimi de Francfort; elle joue dans cet épisode un rôle plus affirmé que son chef, l’exquis von Bodenstein, lequel traverse une période de turbulences personnelles.

Cette fois il est question de pédophilie à grande échelle; ce sont des pervers des hautes sphères de la société avec des ramifications à l’international (et moult sbires dans les classes populaires). L’intrigue démarre avec la découverte du cadavre d’une jeune fille repêchée dans le Main; par la suite les affaires vont s’enchaîner, chaque fois un peu plus glauques. Heureusement que la sensibilité du lecteur est épargnée car la description n’est pas trop gore.

Pia sera rudement malmenée y compris sur le plan personnel parce qu’elle va fourrer son nez là où il ne faut pas.

J’ai été gênée par les incessants changements de narrateur au fil des paragraphes. Parfois je devais recommencer à le lire pour situer le personnage. L’action est rondement menée et le lecteur est maintenu en haleine, surtout vers la fin.

J’ai trouvé que compte-tenu de l’ampleur du sujet, la fin était un peu floue : par exemple le rôle de Nicole Engel, la chef de la criminelle,  impliquée dans l’affaire sans que l’on en connaisse la suite; ce réseau international de pédophilie qui va jusqu’à passer des contrats de meurtre sur des personnes, etc. Il me semblait que l’affaire était suffisamment grave pour qu’il y ait des sanctions et des recherches exceptionnelles…mais rien. Ce qui est sûr c’est que le réseau fonctionne bien puisque l’un des principaux coupables s’en tire avec un passeport diplomatique argentin et il est accueilli comme un VIP à Stockholm…

Lecture crispante d’une intrigue haletante; quel talent.

MÉCHANT LOUP, Babel Noir 148 (NN 2012),  ISBN 978-2-330-05874-6

Rue Sans-Souci (4) de Jo Nesbø

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Jo Nesbø est un écrivain et scénariste norvégien (Oslo 1960), auteur de polars et de livres pour la jeunesse. Son héros récurrent est l’inspecteur Harry Hole, un stéréotype d’inspecteur entre ours-alcoolo-tabagique et loup solitaire qui utilise des méthodes peu orthodoxes pour résoudre les cas, mais qui néanmoins est le meilleur dans sa branche. Les épisodes peuvent se dérouler en Norvège ou à l’étranger.

L’auteur Jo Nesbø a vendu plus de 34 millions d’exemplaires de par le monde et il a été traduit dans plus de 50 langues. C’est tout à fait impressionnant.

Un film est sorti en novembre 2017 sur son livre Le Bonhomme de neige (2007) avec Michael Fassbinder dans le rôle d’Harry Hole: cela correspond au septième opus avec ce détective.

J’ai commenté en mars 2018 mon premier Jo Nesbø: La Soif (2017),  le 11ème de la série et je suis restée pas mal impressionnée  souhaitant en lire d’autres mais dans l’ordre. L’homme chauve-souris (1997) est le premier de la série, commenté en avril 2018, un livre qui m’a plu moyennement car j’ai trouvé qu’il faisait un peu catalogue touristique sur l’Australie, brodé autour de l’assassinat d’une jeune norvégienne; dans ce livre on comprend pourquoi l’inspecteur Hole est envoyé aux antipodes par sa hiérarchie: c’est pour se faire pardonner une bourde professionnelle énorme qui a valu la mort d’un collègue alors que l’inspecteur était passablement imbibé d’alcool. En juillet 2018 j’ai commenté le N°2 Les cafards (1998), qui se déroule en Thaïlande où Harry Hole doit résoudre un cas délicat de meurtre d’un diplomate norvégien dans des conditions plus que louches. Le N° 3 Rouge-Gorge (2004) m’a plu moyennement car ce fut une lecture un peu laborieuse quoique sur un sujet intéressant (les soldats norvégiens engagés dans la Wehrmacht lors de la DGM), laborieuse car comportant trop de personnages.

Nous voici  sur le Harry Hole N°4 ou Rue Sans -Souci (2005), un opus pas mal du tout qui se déroule en Norvège mais encore une fois avec pléthore de personnages qui nécessitent une lecture alerte pour ne pas se perdre dans la trame. Dans ce tome le pôvre Harry Hole est dans un pétrin qui paraît inextricable. Il fréquente la belle Rakel dont on avait fait la connaissance au tome 3 et qui se trouve à Moscou en plein procès pour la garde de son fils. Alors que Harry est engagé sentimentalement vis-à-vis de Rakel, il va revoir une ancienne amante et à partir de cet instant cela devient très-très compliqué pour lui. En même temps l’inspecteur Hole devra s’occuper d’une affaire qui fait grand bruit à Oslo : les braquages successifs de succursales de banque, préparés à la perfection. Cela va le mettre en rapport avec un ancien braqueur qui purge une peine de prison très lourde mais qui néanmoins mène les ficelles et les contacts avec toute une pègre à niveau européen ! Cette partie du récit est intéressante parce que les ramifications sont arachnéennes et redoutables entre des gens au profil mafieux.

Un bon Harry Hole, un peu épais encore une fois, mais qui maintient l’intérêt jusqu’au bout. On va laisser passer un peu de temps avant  d’attaquer le N°5…

RUE SANS-SOUCI, Folio Policier N° 480 (JN 2002)  ,  ISBN 978-2-07-270810-7

avancez masqués d’Hélène Bonafous-Murat

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Hélène Bonafous-Murat est normalienne et écrivain français (Lesneven 1968), experte en estampes anciennes et modernes. Ses livres précédents ont été plusieurs fois primés,  il faudra les lire car l’écriture est excellente et les sujets intéressants et documentés.

avancez masqués, 2018 (en minuscule comme sur la couverture du livre) est un roman que j’ai failli lâcher dès le départ, pensant à tort qu’il s’agissait d’une version améliorée du brûlot de E.L. James Cinquante nuances de grey…, mais non, une fois les choses bien éclaircies et limitées, force est de reconnaitre qu’il s’agit d’un livre bien écrit, assez bien construit et docte,  mené tambour battant comme un thriller coquin.

Une journaliste d’Art contemporain, Olivia Lespert,  se verra impliquée dans l’investigation du meurtre de la ministre de la Culture française dans un club très privé dans le Marais, fréquenté par du beau monde avide de sensations fortes. Car la dite ministre de la Culture avait des pratiques fort coquines.

La journaliste se fera inviter dans le cadre de l’Année du handicap à un happening ultra sélect avec un dîner dans le noir pour évoquer le supplice des non voyants. Au cours de ce dîner très particulier elle aura à sa gauche un voisin de table qui abusera de l’obscurité pour la tripoter à sa guise. Par la suite, elle trouvera sa trace et échangera avec lui sur Internet sur un site coquin connu comme « avancez masqués » car tous les participants se cachent derrière des avatars. Son ex voisin de table se cache derrière le nom de Pygmalion et veut tout de suite s’ériger en maitre dominateur de la belle.

Lorsque Olivia Lespert saura que la ministre fréquente le club du Marais, elle se fera recommander de Pygmalion pour accéder au club et mener son enquête et nous irons de surprise en surprise.

Le roman est pretexte pour nous décrire plusieurs milieux assez frelatés : celui de l’art, particulièrement de l’art moderne, celui de la presse du dit art, celui de la politique, celui des pratiques patibulaires. Et le résultat est assez instructif.

A propos de l’art, page 50…vous cherchez un sens, quelque chose qui vous parle de vous. N’oubliez pas qu’il y a autant de lectures que de lecteurs. De tableaux que de spectateurs. Tout est question d’interprétation. Car au fond, qui dit vrai? Le tout est de trouver le bon angle. Celui qui vous ramène à vous même, à vos sensations et à votre corps.

Et à propos de l’État, si justement malmené ces jours-ci, page 212…était-ce vraiment là la vie du gouvernement, une ribambelle de petites magouilles individuelles, de tractations illicites, une course effrénée de chacun et chacune vers le profit personnel ? Mais où donc était passé le sens de l’État et du bien public?

Un livre aussi documenté donne envie d’explorer les autres romans de l’écrivaine.

avancez masqués, Éditions Le Passage 2018,  978-2-84742-378-5

Famille parfaite de Lisa Gardner

Famille Parfaite de Lisa Gardner Format Poche  Lisa Gardner est une auteure américaine de polars (Oregon 1956) ayant aussi publié sous le nom de plume « Alicia Scott ». A son actif plusieurs séries : la série FBI profiler (8 titres), la série du Détective D.D. Warren (12 titres) et la série avec le Détective Tessa Leoni dont Famille Parfaite (Touch & Go, 2013) est le deuxième opus  pour le moment (sur 3).

Ce thriller m’a été chaudement recommandé mais je dois avouer que je ne suis pas très emballée par cette lecture. J’ai trouvé que les personnages étaient très antipathiques, très « cliché », caricaturaux et dénoués de valeur morale. J’ai ressenti aussi quelques longueurs dans le texte qui m’ont un peu exaspéré. Puis j’ai trouvé que le tout était un peu gros, peu vraisemblable.

En revanche, par moments le récit devient palpitant, c’est à dire qu’il y a un savoir faire certain de la part de l’auteure. Il y a du rythme et quelques revirements de situation qui captivent l’attention du lecteur.

L’histoire tourne autour de la famille Denbe, une famille américaine modèle et en apparence parfaite : ils sont beaux, ils sont riches, ils donnent l’impression d’être heureux. Lui est un ponte des BTP, à la tête d’une entreprise importante héritée de son père; un homme qui travaille beaucoup et s’absente souvent. Elle est une belle femme qui a fait un excellent mariage qui crée des bijoux en argent et s’occupe beaucoup de sa famille et de sa maison. La fille est une adolescente bien dans sa peau, pas idiote du tout. A la suite d’un adultère commis par le père tout l’édifice va s’écrouler. Peu de temps après ils seront pris en otage par un commando et ce sera la descente aux enfers et le démarrage du thriller.

Les personnages autour de la Police sont peu fouillés, juste esquissés. Par contre la détective Tessa Leoni  et le sheriff Wyatt sont des personnages intéressants; en particulier le sheriff Wyatt qui est un homme du cru,  a du charme et connait sa place. On sent que Leoni et lui se sentent attirés l’un vers l’autre.

C’est intéressant de découvrir l’arrière du décor des grandes entreprises de BTP nord-américaines qui travaillent pour l’État, cela sent la magouille à petite et grande échelle.

Ce polar m’a paru assez longuet et j’ai eu envie d’arrêter la lecture par moments.

FAMILLE PARFAITE, Livre de Poche 34819 (LG 2013),  ISBN 978-2-253-23708-2