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Les trois jours de Pompéi d’Alberto Angela

Résultat de recherche d'images pour "i tre giorni di pompei alberto angela" Alberto Angela est un paléontologue, écrivain, journaliste et présentateur d’émissions culturelles italien (Paris 1962).

Les trois jours de Pompéi (2017) s’est vendu a plus de 200 000 exemplaires en Italie, un énorme succès pour ce livre reconstituant la vie à Pompéi et alentours, quelques heures avant le cataclysme de l’année 79 de notre ère. Ce drame tellurique aurait eu lieu en octobre et non au mois d’août comme cela a été évoqué le plus souvent. Aussi, ce n’est pas le volcan Vesube qui serait à l’origine de l’éruption mais le volcan Somma qui était bien camouflé dans le relief. Autrement dit, les pompéiens ne savaient pas qu’ils étaient au pied d’un volcan mais ils le voyaient comme un simple mont, même si les signes avant coureurs d’une explosion étaient nombreux.

Déjà en l’an 62 de notre ère, un autre tremblement de terre avait touché cette région de la Campanie, à tel point que beaucoup d’habitants avaient déserté le lieu et vendu leur logement principalement aux nouveaux riches de l’époque, les affranchis.

Le livre reconstitue la vie de Pompéi et d’autres lieux proches avec une abondance de détails de tout genre, ce qui donne un aperçu très vivant de la vie avant le drame à travers divers personnages ayant existé et ayant appartenu a des différents couches sociales. Leur vie était déjà sophistiquée à cette époque avec, par exemple, l’interdiction de circuler la nuit pour les véhicules à roues, ils pouvaient circuler la nuit grâce à des rails le long de trottoirs pour ne pas gêner les piétons. La vie de tous les jours est remarquablement décrite, comme par exemple la production du pain sous forme de miches qui étaient épicées. Les blanchisseries utilisaient l’urine pour traiter le linge ce qui fait que les urines étaient ramassées gratuitement dans des amphores disponibles dans les rues avec l’inconvénient en ville de devoir supporter des odeurs fortes; c’est pour cette raison que l’empereur Vespasien a décidé de taxer l’urine utilisée par les fouleries (des esclaves foulent au pied des vêtements dans un mélange d’eau et de substances alcalines comme la soude et l’urine) et de cette époque émane la phrase célèbre de Vespasien à ceux qui rouspétaient pour la taxe « pecunia non olet » c’est à dire l’argent n’a pas d’odeur. A l’époque,  la principale source d’informations en tout genre se situait au Forum, ensuite les informations circulaient dans les bars qui existaient en très grand nombre.

C’est vraiment très intéressant et facile à lire, très documenté,  même si je dois avouer que le ton employé m’a quelque peu agacé car plus destiné à des élèves du secondaire qu’à des lecteurs aguerris.

Quelques informations sont précises comme par exemple la taille des gens à cette époque: les hommes mesuraient 1,66 et les femmes 1,50 avec une espérance de vie autour de 50 ans; il a fallu 2000 ans pour doubler cette espérance de vie…

La grande déflagration du 24 octobre 79 a été précédée de 43 séismes dont un fort tremblement de terre en 62, si fort que beaucoup d’habitants nantis avaient déjà abandonné les lieux, Pompéi et la campagne environnante où des somptueuses demeures existaient. Cela fait que la ville de Pompéi était partiellement en reconstruction.

Le volcan Somma a déversé en 20 heures suite à l’explosion 10 milliards de tonnes de magma sur 15 Km et sur une épaisseur de 3 mètres par endroits, avec un débit de magma de 70 000 tonnes par seconde! Cette catastrophe a fait plus de 20 000 morts, c’est inimaginable et c’était difficilement évitable. Il paraît que entre le moment de l’explosion et la fin, les gens n’avaient que très peu de temps pour échapper à la mort.

Les dégâts ont été très différents à Pompéi par rapport à Herculanum. Dans cette dernière petite ville les gens ont été tués de façon immédiate par l’onde de choc thermique qui a atteint quelques 500 degrés avec la vague silencieuse de magma qui s’est propagée en 6 couches à 100 Km/heure ! A cette température la boîte crânienne éclate et le corps est calciné de façon instantanée de telle façon que les gens ont gardé la posture qu’ils avaient à ce moment précis. Heureusement qu’ils n’ont pas eu le temps de souffrir.

Un livre saisissant qui décrit bien ce que fût l’apocalypse pour tant de gens.

Je suis toujours épatée par la facilité avec laquelle voyageaient certaines personnes dans l’Antiquité. Ils allaient d’un site à un autre avec une grande facilité essentiellement par voie de mer.

LES TROIS JOURS DE POMPÉI, Payot 2017 (AA 2014),  ISBN 9798-2-228-91863-3

Hasta que puedas quererte solo de Pablo Ramos

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Pablo Ramos es un escritor y poeta argentino (Avellaneda 1966), destacado por sus libros que reflejan su historia personal frente a la dependencia al alcohol y a la cocaína desde sus 18 años. El autor dijo en una entrevista que este libro es « una respuesta estética a un problema moral« . La frase me parece muy justa.

El libro me fue muy recomendado por una librera, junto con otros, por mi paso por Ushuaia. Le agradezco su consejo porque hasta ahora las opciones han resultado excelentes.

Su via crucis personal está descrito en este libro (2016) que es muy autorreferencial  y tiene un bonito título que encontramos en el prólogo del libro : cito…escribo estas palabras con las manos endurecidas. El cuerpo tiene sed y el alma se siente sola, pero me siento mejor al rememorar las palabras de mi anfitrión (el hombre que lo acogió en 1997 para la primera reunión de Adictos Anónimos), las palabras que me dijo el compañero cincuentón, ese que el azar quiso que yo nunca volviera a ver, ese del cual no recuerdo casi nada, excepto lo que me dijo « pase lo que pase vos vení, que acá te vamos a querer, hasta que puedas quererte solo ».

Son 12 capítulos que él llama « pasos » como los pasos que se deben seguir durante la rehabilitación con los Adictos Anónimos y los Alcohólicos Anónimos en Argentina.

Al principio de cada « paso » van las reflexiones del autor que luego ilustra con un caso real. Cada historia es diferente, conmovedora e hiperrealista. La prosa es perfecta, clara y sin patetismo en los relatos.

El autor dice sentir cierto alivio considerando que el cuadro de la adicción es una enfermedad, como si la medicalización aliviara el sentido de culpa. Pero en realidad, la enfermedad es la consecuencia del abuso de alcohol y drogas que destruyen poco a poco el cuerpo y la mente,  llevando a la gente a la abulia. Tiene suerte el escritor Ramos de haber podido conservar intacto su intelecto y así brindar un testimonio de vida tan bien escrito.

Un párrafo terrible y significativo (página 60): la vergüenza en la cara de los adictos: ese sentimiento metido en la carne, el sentimiento de ser deficientes morales, crea una extraña, una horrible distancia.

Sus invocaciones espirituales son muy personales y probablemente necesarias para hacer frente a tales desmanes físicos y mentales. Ese es un tópico personal al autor y que se debe respetar, pero me pareció el menos convincente aunque muy necesario.

Una obra que obliga al lector a bajar a los infiernos al mismo tiempo que rogar  por una mejoría.

HASTA QUE PUEDAS, Alfaguara 2016,  ISBN 978-987-738-225-9

Frantumaglia d’Elena Ferrante

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Elena Ferrante est le pseudonyme d’un écrivain italien qui cultive l’énigme depuis 25 ans . On pense qu’Elena Ferrante est originaire de Naples et qu’elle  serait née vers 1940. Le journaliste italien Claudio Gatti a soulevé l’hypothèse qu’il pourrait s’agir de la traductrice romaine Anita Raja de 64 ans aujourd’hui, hypothèse basée sur l’explosion des revenus de Mme Raja ainsi que ceux de la maison d’édition E/O qui publie Mme Ferrante. Il faut dire que depuis 20 ans cet écrivain se cache et qu’elle avait prévenu son éditeur avec ces mots… »de tous vos écrivains, je serai celle qui vous importunera le moins. Je vous épargnerai jusqu’à ma présence ».

Le nom d’Elena Ferrante serait inspiré d’Elsa Morante, l’un des écrivains préférés d’Elena Ferrante (le jeu des boîtes chinoises en plus…). Cet auteur mystérieux est plébiscité dans le monde entier avec 10 millions (2 millions en France pour les 3 premiers volumes) d’exemplaires vendus et des traductions dans 42 pays… L’auteur reconnaît dans des entrevues données par écrit la part importante de l’autobiographie dans son oeuvre. Derrière ses livres on sent une grande sincérité, un ton viscéral, un regard sur la condition des femmes et une approche très psychologique des personnages et des situations.

Frantumaglia (2019) est une compilation d’entrevues et de courriers épistolaires choisis ou de mails, échangés entre Madame Ferrante et divers journalistes du monde entier ainsi que avec ses amis éditeurs  « E/O », gardiens de son anonymat, les époux Sandra Ozzola et Sandro Ferri.

Frantumaglia est une locution dialectale napolitaine trouvée par la mère de Ferrante pour décrire un état d’esprit lorsqu’on éprouve des impressions contradictoires qui tiraillent et déchirent, c’est à dire, un mal être inqualifiable autrement.

C’est probablement le sentiment ressenti par cette écrivaine littéralement harcelée sans relâche par les medias afin d’obtenir son vrai visage et son vrai nom, alors qu’elle proclame depuis des années son désir absolu d’anonymat pour que l’on puisse détacher son oeuvre de son image personnelle. Sa lutte fût longue et vaine puisque son identité a été dévoilée en 2016 par un journaliste italien de la façon la plus vile et indiscrète imaginable, tellement vile que je ne vais pas la raconter ici car cela m’écoeure. Que recherchaient ces journalistes après tout ? Le scoop médiatique coûte que coûte, l’appât du gain, le panem et circenses de la Roma antique?

Ce livre est donc assez répétitif, et Madame Ferrante répète sans cesse les mêmes choses afin de justifier son silence médiatique. Nous apprenons au passage quelques renseignements très intéressants sur son inspiration, son travail d’écriture, ses doutes, son vécu. J’ai été séduite par sa soif de lecture (vaste et éclectique) et sa connaissance en matière littéraire; c’est une vraie amoureuse de la littérature qui sait citer, par exemple quand elle cite Freud dans Totem et Tabou (1912-13) pour souligner le cas d’une patiente qui refusait de se servir de son nom, redoutant qu’on s’en empare pour lui dérober sa personnalité. Quelques interviews sont plus percutantes que d’autres, plus intelligentes; quelques unes frôlent l’insolence et d’autres la malveillance pure et dure.

Elena Ferrante a connu un grand succès avec sa tétralogie sur Naples et les trois ouvrages qui ont précédé la publication de cette tétralogie, bien qu’ayant connu un moindre succès, sont largement cités et expliqués dans ce livre. Des trois ouvrages j’ai seulement lu Les jours de mon abandon qui m’a semblé remarquable et que j’ai commenté en août 2016. Les autres ouvrages sont L’amour harcelant (1992)et Poupée volée (2006).

Quelques citations :

Et puis les véritables livres ne sont écrits que pour être lus. En revanche, l’activisme promotionnel des auteurs tend à effacer de plus en plus les ouvrages et la nécessité de les lire. Dans de nombreux cas, le nom de l’auteur, son image et ses opinions nous sont bien plus connus que ses textes, et cela vaut non seulement pour les contemporains, mais désormais aussi, hélas, pour les classiques….Je désire que mon espace d’écriture reste un lieu caché, sans surveillance ou urgence d’aucune sorte(page100).

Sur l’attachement atavique de Ferrante avec Naples l’ensorcelante : …avec Naples, de toute façon, les comptes ne sont jamais réglés, pas même si l’on s’en éloigne. J’ai séjourné pendant des périodes assez longues dans d’autres endroits, mais cette ville n’est pas un endroit quelconque, c’est un prolongement du corps, c’est une matrice de la perception, c’est le terme de comparaison de toute expérience. Tout ce qui a revêtu pour moi un sens durable s’est déroulé à Naples et s’exprime dans son dialecte. La ville où j’ai grandi m’est longtemps apparue comme le lieu de tous les dangers. C’était une ville de querelles subites, de coups, de larmes faciles, de petits conflits qui s’achevaient en insultes, en obscénités indicibles et en fractures inguérissables, de sentiments exhibés au point de devenir insupportablement faux. Ma Naples est la Naples « vulgaire » de gens toujours habités par la crainte de devoir toujours recommencer à vivre au jour le jour, pompeusement honnêtes, mais prêts en réalité à se livrer à de petites infamies pour éviter de faire mauvaise figure, tapageurs, bruyants, fanfarons, glorieux, mais aussi, sous certains aspects, stalinistes, noyés dans le dialecte le plus anguleux, criards et sensuels, encore privés de la dignité bourgeoise, mais désireux de se doter au moins de ses signe superficiels, convenables et potentiellement criminels, prêts à se sacrifier à l’occasion, ou à la nécessité de ne pas avoir l’air plus bêtes que les autres (page 76).

Un livre adressé à ceux qui s’intéressent de très près au travail littéraire de Madame Ferrante.

FRANTUMAGLIA, Gallimard 2019 (EF 2016),  ISBN 978-2-07-273467-0

L’étrange univers du schizophrène de Sophie Chrizen

Résultat de recherche d'images pour "l'étrange univers du schizophrène" Sophie Chrizen est un nom d’emprunt, c’est un anagramme brillant avec le mot schizophrénie, un livre auto-biographique d’une auteure française (née à Cannes en 1977) dont la maladie mentale s’est révélée à 17 ans.

C’est un livre -témoignage fort intéressant- où l’auteure nous fait part de sa difficulté pour sortir du cadre stéréotypé de ce désordre psychique.

La schizophrénie, selon le psychiatre suisse Eugène Bleuler, évoque une séparation psychique entre pensées et émotions et la notion d’esprit divisé. C’est une maladie chronique multifactorielle et la plus répandue des psychoses de l’adulte; elle toucherait env. 1% de la population mondiale. Elle comporte des délires et des hallucinations (fausses croyances et perceptions), un repli affectif et social avec un comportement d’isolement.

Ce livre démontre à la perfection cette cassure de la personnalité aux limites insondables et peu clairs, ce qui rend l’appréciation difficile entre dérapage et normalité pour le non initié. Et il paraît évident que, pour le moment, les traitements chimiques proposés provoquent plus de perturbations que des moments de maitrise.

Puisque Sophie Chrizen a pu mener une vie normale jusqu’à l’âge de 17 ans, cela veut dire que le retour à la normalité du cerveau doit être possible. Il faut juste que la médecine avance  plus dans la connaissance de ce dérèglement. Pendant 20 années elle va lutter contre sa maladie, alternant les traitements et les internements.

Le récit du vécu vrai de Sophie alterne avec le vécu hallucinatoire, et par moments son compte-rendu est plein d’humour.

Un livre très intéressant et poignant à lire, instructif sur la maladie et doté de qualités humaines certaines.

L’ÉTRANGE UNIVERS, Les Chemins du Hasard 2018,  ISBN 979-10-97547-17-2

Le lambeau de Philippe Lançon

Résultat de recherche d'images pour "le lambeau"Philippe Lançon est un journaliste et écrivain français (Vanves 1963). Il était présent à Charlie Hebdo lors de la conférence de rédaction du 7 janvier 2015 quand a eu lieu l’attentat terroriste; lors de l’attentat une balle lui a arraché la mâchoire inférieure ce qui a nécessité 10 mois d’hospitalisation et pas loin de 17 interventions pour lui redonner un menton. Ce massacre, perpetré par les frères Kouachi a fait 11 morts et 4 blessés.

Le lambeau est un livre qui a nécessité 2 ans de préparation avant de trouver le ton qui convenait. Je dois avouer que quand on me l’a proposé à lire, j’ai ressenti une énorme réticence, une incontournable répulsion à lire l’horreur de l’attentat et à le vivre une deuxième fois. Puis, c’est l’insistance de l’amie prêteuse qui m’a fait accepter le challenge. Je la remercie ici car c’est un livre remarquablement et intelligemment écrit sur une expérience atroce décrite avec des mots justes et une évidente distanciation. C’est un livre important qui véhicule beaucoup d’autres choses sur la vie, l’amitié, les amours, les livres, la musique.

Le titre du livre est bien trouvé : Le lambeau est le lambeau cutané prélevé sur un mollet qui a servi à recouvrir cette néo-mâchoire (elle même retaillée à partir de l’un de ses péronés !) qui a permis de le sortir du statut de « gueule cassée » auquel il aurait été destiné sans la dextérité et la prouesse de SA chirurgienne et son équipe, chirurgienne appelée Chloé dans le roman. Il est connu que le lien entre soignés et soignants est tissé de choses très personnelles, avec quelques transferts de part et d’autre, mais le soigné Lançon précise bien  qu’entre Chloé et lui le lien était d’ordre vital et non sentimental.

Les 10 mois d’hospitalisation ont été un calvaire vécu avec courage et entouré de rapports humains de qualité à tous les niveaux. C’est certain que cela aide à tenir, ainsi que la musique de Bach et certaines oeuvres littéraires utilisées par Lançon. La nécessité permanente de beaucoup d’antalgiques morphiniques donne un côté onirique aux digressions de Lançon par moments; ces moments entre deux sommeils forcés qu’il faut peupler avec de l’activité cérébrale pour ne pas sombrer.

Sa reconnaissance sincère au personnel soignant ressort de belle façon dans ce récit. Son attachement à SA chirurgienne, une professionnelle qui se livre peu car elle doit se protéger aussi. Elle qui a été l’artisane absolue de sa reconstruction, la « porte-action » du Service de chirurgie par qui le travail sera jugé, analysé.

Le livre est aussi une ode aux infirmières, toutes les infirmières qui l’ont approché, soigné, donné du réconfort chacune à leur manière, avec leur personnalités si diverses, avec bienveillance et générosité.

Philippe Lançon nous livre son expérience avec un certain détachement et cela passe très bien. Dans sa vie maintenant il va y avoir un avant et un après toute la souffrance qu’il a du surmonter (page 129…mas moi, je ne souffrais pas: j’étais la souffrance. Vivre à l’intérieur de la souffrance, entièrement, ne plus être déterminé que par elle, ce n’est pas souffrir : c’est autre chose, une modification complète de l’être. Je sentais que je me détachais de tout ce que je voyais et de moi même pour mieux le digérer).

Le 8 février, soit le lendemain de l’attentat, en rentrant dans sa chambre N°106 à La Pitié, le très meurtri et probablement « ensuqué » Philippe Lançon, pensait entre les tuyaux qu’il avait partout à une phrase de Pascal ! A une phrase de Pascal à ce moment précis ? Pardi, mais c’est un surhomme s’il arrive à avoir des pensées à un moment si dramatique.

Au début et à la fin du livre il est question de Michel Houellebecq  et de son livre Soumission. Les deux hommes vont se rencontrer bien après l’attentat et Houellebecq va lui citer des paroles de Matthieu…Et ce sont les violents qui l’emporteront (cf Matthieu 11.12 depuis les jours de Jean Baptiste, jusqu’à présent, le royaume des cieux est soumis à la violence, et ce sont les violents qui s’en emparent).

Et le livre se termine en novembre 2015 avec un nouvel attentat au Bataclan faisant 137 morts. Sans commentaire.

LE LAMBEAU, Gallimard 2018,  ISBN978-2-07-268907-9

El monarca de las sombras de Javier Cercas

Résultat de recherche d'images pour "el monarca de las sombras"Javier Cercas Mena es un columnista y escritor español (Ibahernando-Extremadura 1962), licenciado y doctorado en Filología Hispánica. Su obra tiene la particularidad de mezclar los géneros literarios (crónica/ensayo con ficción) y el resultado son novelas testimonio.

En el 2001 su estupenda novela Los soldados de Salamina lo lanzó al estrellato; una novela que fue llevada al cine en 2002 por su amigo David Trueba. Es una novela que ha sido reconocida con muchos premios aunque ninguno emanando de las grandes editoriales que dejaron pasar una pepita de este tamaño, es un libro que funcionó de boca en boca. Es una novela escrita en primera persona, el propio Javier Cercas, y catalogada como novela-facción, un término que aúna facto(hecho) con ficción. La trama desarrolla entorno al fallido fusilamiento del ideólogo de Falange, Rafael Sánchez Mazas, el brazo derecho de José Antonio Primo de Rivera.  El narrador Javier Cercas se pregunta acerca de lo que estaría pensando el miliciano cuando no disparó sobre Sánchez Mazas. En el libro, es el chileno Roberto Bolaño quien procura al narrador algún índice para buscar al soldado republicano, refugiado en Francia.

Otros libros leídos al autor : El inquilino (1989) más bien cuento que novela,  un texto enigmático y muy bien armado entorno a la reencarnación de un profesor italiano que profesa en una universidad norteamericana, quien, después de una fea caída y de la lectura de un texto escrito por un alter ego, se desdobla y vive durante una semana la vida del alter ego hasta que se despierta y capta que lo ha soñado todo. Y también la novela La velocidad de la luz (2005) que encontré excelente y compleja, interesante y bastante original, con dos historias encajadas como las cajas chinas (una historia dentro de la otra historia): un español aspirante a escritor parte a los EEUU para hacer una ayudantía; allá conocerá mucha gente y entre ella, a un veterano del Viet Nam, medio loco, erudito, maleado por la guerra. Después de un trágico accidente el español pierde mujer e hijo y su culpabilidad le hace bajar a los infiernos. Quince años después volverá a los EEUU en pos de su amigo medio loco y sabrá que se suicidó hacen solo 4 meses…Escribe un libro sobre esto y está al paso de empezar una relación con la viuda de su amigo, pero ella lo rechaza.

El monarca de las sombras (2017) es un libro que me interesó a pesar de ser OTRO libro más sobre la funesta Guerra Civil Española. Ya no los soporto y entiendo que los españoles eludan el tema porque siguen divididos y no se han curado del mal. Pero el libro de Cercas tiene un enfoque original y se pone ameno cuando se trata de explicar los pasos que da el narrador en sus averiguaciones sobre su antepasado, el tío abuelo Manuel Mena, que sacrificó su vida a los 19 años por las huestes falangistas. El narrador Cercas investiga sobre este antepasado, pero le molesta el hecho que fuera un falangista. De a poco y con dificultad irá sabiendo cosas y comprendiendo al final que el muchacho de entonces muerto en el campo de batalla en septiembre 1938 (batalla del Ebro), murió por nada. Por haber escogido un bando, por haber puesto el pecho por la Patria y por haber impedido que otro hermano suyo fuera incorporado en su lugar.

El descriptivo de esta guerra fratricida me produjo desasosiego (y me lo salté casi todo) porque ya lo he leído y con una vez basta y sobra : es atroz y seguirá siendo atroz por donde se le mire porque el lado bélico no fue siempre puro. Página 88 se lee…entonces se mataba por cualquier cosa. Por rencillas. Por envidias. Porque uno tenía cuatro palabras con otro. Por cualquier cosa. Así fue la guerra. La gente dice ahora que era la política, pero no era la política. No sólo. Alguien decía que había que ir a por uno y se iba a por él. 

La búsqueda del narrador Cercas sobre su antepasado Manuel Mena culmina cuando Cercas descubre de manera tangible lo que fue Manuel Mena 80 años atrás en 1938. Página 223 el texto es muy bonito, se lee…sólo entonces sentí que Manuel Mena dejaba de ser para mí una figura borrosa y lejana, tan rígida, fría y abstracta como una estatua, una fúnebre leyenda de familia reducida a un retrato confinado en el silencio polvoriento de un desván polvoriento de la desierta casa familiar, el símbolo de todos los errores y las responsabilidades y la culpa y la vergüenza y la miseria y la muerte y las derrotas y el espanto y la suciedad y las lágrimas y el sacrificio y la pasión y el deshonor de mis antepasados, para convertirse en un hombre de carne y hueso, en un simple muchacho pundonoroso y desengañado de sus ideales y en un soldado perdido en una guerra ajena, que ya no sabía por qué luchaba…

Cuando el narrador entiende esto, acepta escribir sobre Manuel Mena. Y aquí tenemos este libro-testimonio con una impecable calidad de escritura.

Gracias Graciela B. por tu regalo.

EL MONARCA , Literatura Random House 2017,  ISBN 978-84-397-3257-0

Adiós, poeta…de Jorge Edwards

Résultat de recherche d'images pour "adios poeta jorge edwards"Jorge Edwards Valdés es un gran escritor chileno (Santiago 1931) con estudios de leyes y de Filosofía en Princeton, siguiendo después la carrera diplomática que culminó con el puesto de Embajador de Chile en Paris. Ha recibido numerosos premios siendo el Cervantes 1999 el más prestigioso. Hace parte de la Generación del 50 chilena, aunque él se considera algo marginal a este movimiento. Actualmente reside en Madrid

He comentado en este blog gran parte de su bibliografía (14 libros, quince con éste) porque es un escritor que me gusta como escribe y cómo enfoca los temas, con esa ironía siempre presente y fina aunque bastante socarrona. Otra cosa que me gusta de este escritor-lector son las pasarelas que da hacia otros autores porque ha leído  mucho. Gracias a él descubrí un autor brasileño que me ha deslumbrado por su modernidad : Joaquim Machado de Assis.

Adiós, Poeta… (1990) es un libro de memorias muy interesante en dos sentidos : tenemos una biografía de primerísima mano,   personal e íntima del gran vate chileno Pablo Neruda en su cotidianidad quien fue amigo de Jorge Edwards por más de 20 años ! (años 52-72) y tenemos entre líneas la autobiografía de Don Jorge Edwards, sin tapujos ni concesiones como es su costumbre en un estilo  muy ameno. Jorge Edwards es un cronista de primera.

Adiós, Poeta…le valió el III Premio Comillas, un premio creado en Madrid en 1987 para destacar autores que escriben sobre temas o personajes de interés histórico, político o cultural.

La visión del Neruda que nos brinda, es rica y compleja porque fue un personaje con matices y mucha presencia. Fue un comunista de tomo y lomo, pero no fue dogmático, lo que denota inteligencia y que Edwards califica de « cardinal ateo de la iglesia suya« . Pablo Neruda tuvo una trayectoria fuera de serie, un ciudadano del mundo que terminó su periplo en París como Embajador. Cuántas cosas le tocó vivir ! En lo personal, en lo poético, en lo político, en sus peregrinaciones en pos de sus queridos « cachureos », en su vida social, en sus amistades, en sus viajes, en su mundo creativo, en sus amores…

En cuanto al estimado escritor y autor de estas memorias, el cita su trayectoria paralela a la del vate y da luces sobre lo que fue también una vida muy rica en acontecimientos de todo tipo. Tenemos hasta datos sobre su vida personal como otro ciudadano del mundo con vueltas incesantes a Chile, pero que son solo permanencias temporales.

Entre los dos hombres hubo primero un gran respeto de parte del escritor allá por los años 52 (21 años tenía solamente Edwards) hacia el hombre ya establecido como poeta. Con el tiempo esta diferencia de edad se fue borrando para llegar a ser una verdadera amistad. Por supuesto que fue una amistad con turbulencias, porque no puede ser de otro modo cuando la política está de por medio.

En una introducción que Jorge Edwards escribió para una edición de bolsillo de este libro, se puede leer algo muy bonito :…en medio del descalabro de la sociedad, de la política, de su propio cuerpo, el poeta se refugiaba en la naturaleza, el primero y el último de sus refugios, su resorte esencial, su punto de partida y de llegada. Y la naturaleza le daba una respuesta muda, enigmática…él que había escrito que prefería una poesía como absorción física del mundo, y después de muchos avatares, circunstancias y fortunas, en el fondo, a pesar de las apariencias, había cambiado muy poco…

ADIÓS, POETA, Tusquets 1990,   ISBN 84-7223-191-7