Archives de tags | littérature canadienne

Dans la cage de Kevin Hardcastle

Résultat de recherche d'images pour "dans la cage kevin"

Kevin Hardcastle est un écrivain canadien (Ontario 1980).

Dans la cage (In the Cage, 2017) est un roman de terroir, noir, très noir. Le terroir est le comté de Simcoe dans l’Ontario, la province centre-est du Canada en bordure des Grands Lacs et des USA, d’où est originaire l’écrivain. Quant au titre, la cage fait allusion à cet espace enfermé dans lequel se retrouve le protagoniste, Daniel : l’homme est dans une impasse, il est poursuivi par un chômage à répétition, enserré par sa collaboration avec la pègre locale, piégé par une vie domestique à laquelle il ne peut plus faire face, borné par le  ring (cage) de ses combats et entrainements de boxe thaï…

Voici une lecture que j’ai désiré ardemment arrêter après quelques 20 pages (en général, je me donne l’obligation d’en lire +/- 50 avant d’émettre une lueur de critique et d’arrêter). Le sujet ne me convenait pas, l’écriture non plus, la violence gratuite et permanente encore moins: c’est brut de décoffrage…Mais j’ai été jusqu’au bout en raison d’une parole donnée. Et au bout de tant de « souffrances », la rédemption ne vint pas, au contraire, elle a été renforcée par une fin atroce, d’une violence inouïe.

Les faits : Daniel est un ancien boxeur de MMA (Mixed Martial Arts), boxe thaï pour être précise. Il est très amoché physiquement;  l’accident le plus grave a été un décollement de rétine qui aurait pu le laisser aveugle, accident qui l’a obligé d’arrêter de boxer en professionnel. Depuis qu’il ne boxe plus, il vivote avec des emplois précaires qui le laissent au chômage du jour au lendemain (à la façon nord-américaine).

Daniel est marié avec Sarah, une infirmière qui travaille de nuit dans une maison de retraite et il a une fille adolescente, Madelyn qui sait déjà cogner comme le papa (la seule scène drôle du livre c’est quand Madelyn s’attaque avec ses poings à une bande de jeunes voyous qui molestaient un gosse plus jeune).

La précarité de sa vie économique fait que Daniel se frotte à la pègre locale. La pègre locale est constituée par des gens qu’il connait de toute sa vie car ce sont des pèquenauds locaux organisés en mafia : drogue, vols, recels et … assassinats. La police est absente ou quasiment absente; aucune réplique pour ces actions criminelles.

Dans ce livre les gens se cognent sans arrêt et sans raison. Ils se tuent aussi et de la façon la plus sauvage et impitoyable. Le tout baignant dans l’alcool sans modération : les bières se succèdent, sortent à la moindre occasion et quand ce n’est pas de la bière c’est du whisky ou du vin.

Daniel et sa famille ont du mal à joindre les deux bouts, mais les parents boivent du matin au soir. Daniel a beaucoup d’occasions pour boire : avant l’entrainement, après l’entrainement, les visites au bar, chez les rares amis; mais Sarah qui est infirmière, boit aussi de la bière au boulot !

Ils sont dans une situation si désespérée que Daniel sera obligé de passer par le caïd local pour essayer de se renflouer.

La fin est atroce. Triste à pleurer.

L’écriture de Kevin Hardcastle est d’une grande précision, mais il y a une notable carence lexicale. C’est peut-être voulu, tenant compte de la teneur et de l’ambiance du livre.

 Presque  une lecture-épreuve.

DANS LA CAGE, Albin Michel 2018,  ISBN (épreuve non  corrigée)(KH 2017)

Le couple d’à côté de Shari Lapena

Résultat de recherche d'images pour "shari lapena"

Shari Lapena est un écrivain canadien avec une formation d’avocate, ayant exercé aussi comme professeur d’anglais.

Le couple d’à côté est son troisième livre et son premier thriller; ce fut un tabac, en France il figure parmi les 17 meilleurs livres de l’année 2017 ! Beau palmarès; son quatrième roman est déjà paru au Canada en juillet 2017: A Stranger in the House.

Aurait-on une obsession avec les maisons, un peu à la manière d’une Paula Hawkins et sa fille du train ou de Gillian Flynn et sa Gone Girl. Tiens on aurait pu appeler ce livre Gone Baby !

C’est un thriller psychologique qui m’a captivé très fortement dès le départ. Et pourtant…je n’aime pas du tout les histoires impliquant des enfants, elles me rendent excessivement anxieuse. Or ici, dès le premier chapitre le scénario est posé avec le rapt d’un bébé de 6 mois sous la barbe des parents. Ce qui est intéressant c’est que l’écrivain à l’aide de chapitres assez courts et bien enchaînés, nous livre au compte gouttes des éléments nouveaux et inattendus qui nous ébranlent fortement. On peut dire que c’est mené de main de maître, oui.

Mais, j’ai trouvé qu’à partir de la moitié du livre (à peu près) lorsque l’on connaît le coupable, les choses vont se gâter, se compliquer et que la fin est catastrophique et hors contexte, elle gâche, à mon avis, toute la maîtrise développée si savamment jusque là.

Quelques remarques personnelles: je trouve que le detective Rasbach est  insuffisamment caractérisé, les méfaits graves commis par les voisins Stillwell sont passés sous silence, et la fin d’un complice n’est même pas expliquée. La cerise sur le gâteau est la fin que je ne détaillerai pas ici parce que cela vaut la peine de le découvrir par soi même et de se faire  son opinion.

Une lecture très prometteuse mais une fin qui m’a surprise.

LE COUPLE D’À CÔTÉ, Presses de la Cité 2017,  ISBN 978-2-258-13765-3

Le chemin des âmes de Joseph Boyden

Résultat de recherche d'images pour "joseph boyden"Joseph Boyden est un écrivain canadien (Toronto 1966), de langue anglaise et qui vit à La Nouvelle Orleans; il possède des origines crees, un des peuples autochtones de l’Amérique du Nord; ses ouvrages sont consacrés au destin des Premières Nations du Nord de l’Ontario.

J’ai publié en septembre 2016 un billet sur son roman bouleversant Dans le grand cercle du monde (2013) où il raconte la vie des indiens crees de l’Amérique du Nord dont cet auteur porte, avec fierté, un peu de leur sang ; cette lecture m’avait tellement remuée que tout en me disant que je devrais lire tous ses livres, je sentais la nécessité de mettre du temps entre les lectures car les livres sont trop forts.

Je récidive avec bonheur avec Le chemin des âmes (2006), en VO Three Day Road publié en 2004, en me rendant compte que je l’avais déjà lu…probablement peu après sa parution. Je ne regrette pas cette relecture, moins hâtive, plus raisonnée et permettant la comparaison. C’est un livre intéressant qui tourne toujours autour de la tribu nord américaine Cree.

C’est l’épopée de deux jeunes et profonds amis crees, élevés par la tante de l’un des deux : une femme chamane, dépositaire  du savoir de cette tribu en voie d’extinction, avalée par « la culture » occidentale dont le seul but apparent est le profit. Elle se bat pour garder les traditions et rendre tribut à leurs dieux, tous en rapport intime avec la nature qui les fait vivre. Car ces gens vivent immergés dans une nature hostile tout en la respectant profondément.

Les deux amis sont Xavier Bird (ou X ou Neveu) et Elijah Whiskeyjack. Xavier est le neveu de Niska, la femme chamane atteinte d’épilepsie qui va élever son neveu et aussi l’ami de celui-ci qui est orphelin, qui va les éduquer à vivre dans leur milieu naturel, à chasser pour survivre, etc.

Les deux garçons, arrivés à l’âge adulte, décident de s’engager dans les troupes canadiennes qui iront combattre en France lors de la Première Guerre Mondiale, cette guerre des tranchées si sale, si inhumaine (pardonnez le pléonasme, comme si la guerre pouvait être propre et humaine!). Et là, nous aurons un descriptif, déjà lu à l’infini, mais ici d’une intensité comme  on l’a rarement lu : l’horreur absolu. Par moments le descriptif me rappelait celui de Pierre Lemaitre dans son excellent opus Au revoir là haut. Ici, les deux garçons seront rapidement repérés comme d’excellents tireurs et meilleurs pisteurs-éclaireurs (produit direct de leur vie en forêt) et seront envoyés en première ligne. Ils vont très vite se déshumaniser, en voulant se distinguer comme celui qui abattait le plus d’ennemis, tombant dans la dépression mais surtout dans la dépendance de la drogue dure, c’est à dire de la morphine qu’on donnait facilement  aux poilus. Rarement il a été fait mention des ravages causés par la morphine dans cette guerre, ce qui rajoute une note dans la souffrance endurée par ces soldats…Sans oublier le rôle important des quantités d’alcool qu’on procurait aux braves soldats (du rhum pour les canadiens). De plus, Elijah va tomber dans la folie, dans la perte de l’estime de soi, dans la perte de toute valeur tout en ayant reçu les plus hautes distinctions militaires accessibles à son rang. Quant à Xavier, il va laisser une jambe dans les tranchées à la toute fin des combats et une surdité à force d’avoir été en première ligne, cruelle fin pour un brave entre les braves qui tombera à son tour dans la dépendance de la drogue.

Les bataillons canadiens ont fait partie de la première victoire des alliés dans les plaines de Douai sur la ligne Hindenburg, cette ligne de défense allemande construite au nord-est de la France durant l’hiver 1916-17.

C’est dans cette condition que la vieille et valeureuse Niska va récupérer son neveu pour le ramener dans la forêt, mais ce n’est plus le même homme, ce n’est pas « une gueule cassée », mais un homme brisé. La guerre l’a fait se perdre dans un chemin et ce chemin est joliment appelé dans le livre, le chemin des âmes, ce qui m’a fait penser au Chemin des Dames de notre mémoire collective, siège de plusieurs batailles meurtrières de la PGM. Lorsque Niska le ramène dans la forêt en barque et que Xavier délire sous l’emprise de la morphine, nous lisons page 260 ce beau paragraphe...tu m’as enseigné, Niska, que tôt ou tard, chacun de nous devra descendre, trois jours durant, le chemin des âmes; et j’en viens à me demander s’il existe des liens entre leur monde et le mien. Il faut que je découvre si nous avons quelque chose en commun, une certaine magie, peut-être. Cela pourrait m’aider à m’en sortir…Pour Xavier, quelque part, le chemin des âmes est une zone de flottaison entre rêve et réalité et ce chemin des âmes Elijah et lui vont l’éprouver en permanence sous l’emprise de la morphine qui les aide à supporter leur état présent.

Il y a dans cet ouvrage des points très forts qui m’ont marqué : par exemple le descriptif du tireur allemand solitaire et difficile à repérer, embusqué sous le cadavre d’un cheval en voie de décomposition…les scènes d’amour entre la jeune Niska et le Français chasseur de peaux…la solitude omniprésente, le climat toujours inclément …

Encore une fresque immense dans une prose riche et percutante. Une très bonne traduction par Hugues Leroy. Il me reste à lire encore un roman et un volume de nouvelles de Joseph Boyden et c’est du pur bonheur en perspective, mais pas pour tout de suite, maintenant vous savez pourquoi.

.LE CHEMIN DES ÂMES, Albin Michel 2006 (2004),  ISBN 2-226-17320-X

Dans le grand cercle du monde de Joseph Boyden

 Résultat de recherche d'images pour "joseph boyden"

Joseph Boyden est un écrivain canadien (Toronto 1966), de langue anglaise et qui vit à La Nouvelle Orleans; il possède des origines crees, un des peuples autochtones de l’Amérique du Nord; ses ouvrages sont consacrés au destin des Premières Nations du Nord de l’Ontario.

Dans le grand cercle du monde (The Orenda 2013) est un livre qui possède un énorme souffle épique: il raconte les guerres fratricides entre les indiens de l’Ontario et les colons européens du  XVII siècle, notamment des Français qui ont bâti La Nouvelle-France sur les berges du Saint Laurent où il existait un commerce prospère entre les Indiens et les colons Français, Hollandais et Anglais, essentiellement autour des peaux de bêtes. C’est aussi un roman historique sur ces Primitive Nations et la christianisation par les pères jésuites de cette partie de l’Amérique du Nord. De plus, on ressent dans ce livre l’attachement viscéral de l’auteur Boyden envers cette nature démesurée, grandiose mais très rude et cruelle; ce roman, l’écrivain « l’a porté » dans son coeur pendant plus de 20 ans….

Nous avons trois voix narratives : celle du père jésuite français Christophe, celle d’Oiseau, un chef Huron dont la femme et les deux filles ont été tuées par des Iroquois, puis la voix narrative d’une jeune iroquoise adoptée par Oiseau, qui est animée  et habitée par un désir farouche de vengeance.

Le personnage du père Christophe serait inspiré par Jean Brébeuf, un missionnaire originaire de Normandie, capturé par les Iroquois et brûlé vif en 1649; le père jésuite est allé prêcher le christianisme afin de sauver l’âme de ces peuples primitifs.

Le titre en anglais du livre, The Orenda, fait allusion à ce que ces peuplades assimilent l’âme des chrétiens à l’orenda, une espèce de force vitale. Mais ces peuplades croient que non seulement les êtres humains, mais aussi les animaux, les arbres, les étendues d’eau et jusqu’aux pierres possèdent une orenda. Pour eux, la moindre chose dans leur monde contient son propre esprit, sa propre force vitale.

C’est un livre d’une grande cruauté par moments, car ces nations se font la guerre pour les territoires, sans merci et en permanence; les captifs sont tués à tout petit feu, avec une rare minutie, sachant parfaitement comment les faire souffrir dans la durée. Les guerriers capturés se doivent de mourir en guerriers en chantant un chant rituel de la mort, sans demander de grâce. Certaines scènes sont à la limite du soutenable; souvent les femmes et les enfants sont gardés pour être adoptés et assimilés par la tribu des vainqueurs.

Le père Christophe du livre s’est tenu à écrire une sorte de journal où il y a un récit au jour le jour avec ses réflexions; on y trouve le recensement de ces tribus et de leurs coutumes, plus un dictionnaire de leur langue; puis, il y a ses dernières volontés et son testament. Le vécu de ces quelques missionnaires dépasse tout ce que l’on peut imaginer en souffrance physique; ces pères ont trouvé la rédemption des péchés de tout le continent avec leur bravoure et leur endurance. Il fallait qu’ils soient particulièrement sains de corps et d’esprit pour s’atteler à une telle tache dans des conditions pareilles.

Pour ces peuplades, fières et très robustes, adaptées aux conditions climatiques extrêmes, la parole du Christ est arrivée avec d’autres fléaux : les virus importés d’Europe et l’alcoolisme. Ces deux derniers ont été à l’origine de la quasi disparition des habitants de cette région.

Le chef de tribu Oiseau est un sage, un homme qui a souffert et qui vit en accord avec la nature, et ses coutumes ancestrales. Il va adopter une petite fille dont il aura trucidé la famille. Au fil des années, cette créature n’aura de cesse de se venger et de fuir, mais la sagesse et la protection d’Oiseau vaincront ses réticences.

Un très grand roman, raconté avec un luxe de détails ethnographiques qui rendent sa lecture très intéressante. Une belle découverte grâce aux amis P. qui m’en ont parlé.

DANS LE GRAND CERCLE, Livre de Poche 33923 (Éd. Albin Michel 2014),  ISBN 978-2-253-08740-3

Un bonheur si fragile :L’engagement de Michel David

MiMichel Davidchel David est un auteur québécois (Montréal 1944 -Drummond 2010), linguiste de formation et connu autrefois  pour ses manuels scolaires; il est devenu ensuite un romancier très prolifique, connu  pour ses sagas historiques qui dépeignent  l’histoire du Canada . Il est l’auteur de 5 sagas québécoises de 4 tomes chacune.  Michel David est l’auteur le plus lu de sa génération; ses livres se sont vendus à plus d’un million d’exemplaires et ce sont des livres qui se lisent bien car  il a un réel talent de conteur. En juin 2000 le gouvernement français lui a accordé la médaille du Rayonnement Culturel et de la Renaissance Française.

« Un bonheur si fragile » est une saga publiée en 2009 comportant 4 volumes ; une BD a été aussi tirée de la saga et illustrée par Régis Loisel et Jean-Louis Tripp; la BD a servi pour orner la première de couverture de ce gros pavé de plus de 500 pages, je n’ai pas trop aimé la couverture, la trouvant un peu kitsch, trop colorée.

Ce billet concerne le premier tome de la saga intitulé « L’engagement ». L’histoire est construite autour de Corinne Joyal, une jeune fille d’à peine 18 ans au caractère bien trempé. Elle habite avec sa famille (très unie) un village où les parents exploitent une petite ferme; la famille est composé du père, de la mère (une maîtresse femme !) et de trois frères (deux soeurs sont mariées et ont quitté la ferme). Tout ce monde participe au travail et le lecteur peut se rendre compte combien cela est rude dans les conditions climatiques canadiennes où l’hiver est interminable.

Dans ce premier tome Corinne Joyal va se marier avec Laurent Boisvert, le fils d’une famille d’un autre bourg, famille représentée par un père odieux et radin et d’autres membres de la famille, tous plus désagréables les uns que les autres; le lecteur se rendra compte très vite que Corinne a fait une bêtise énorme en épousant ce garçon peu sérieux et qui boit déjà trop.

Le jeune couple va s’installer dans une petite propriété que Laurent achètera à son père, mais c’est Corinne qui tient le ménage. Dans ces contrées la belle saison sert à prévoir le long hiver en emmagasinant des denrées pour cette période; mais  le jeune couple démarre l’installation à la ferme et ils ne peuvent survivre que grâce à l’aide de la famille de Corinne ou à la bienveillance de certains voisins.

« Un bonheur si fragile » c’est de la littérature de terroir. C’est très bien écrit, de façon claire et didactique avec un langage qui met en valeur l’action qui est permanente. Le sujet ferait un très bon feuilleton télévisé. C’est riche en parler québécois, mais pas excessif.

C’est tellement bien écrit qu’en refermant le livre, on a envie de connaitre la suite parce que l’on s’attend à plein de rebondissements.

Cette lecture m’a été proposée dans le cadre de Masse Critique de Babelio que je remercie ici, ainsi que l’éditeur belge Kennes. Ce fut une lecture sympathique et une  découverte intéressante.

UN BONHEUR, Kennes Éditions 2015,  ISBN 287-580-0884

L’amour d’une honnête femme d’Alice Munro

Alice Munro

Alice Munro (nom de son premier mari), est un écrivain canadienne de langue anglaise, née  Alice Ann Laidlaw ( Wingham, Ontario 1931), spécialisée dans la nouvelle autour de personnages féminins,  dans son Ontario natal entre les années 1940 à nos jours. Elle vient d’être couronnée par le Prix Nobel de Littérature 2013, devenant ainsi le premier écrivain canadien  et la treizième femme de lettres couronnée par ce prix.

Ce recueil de 8 nouvelles L’amour d’une honnête femme (The love of a good woman) m’a été prêté par Christine L.  que je remercie ici, surtout pour sa patience pour récupérer ce prêt. C’est le premier livre lu à cet auteur et je dois dire que je partais pour une lecture-découverte très désirée . J’avoue que je ne suis pas du tout rentrée dans le livre, le trouvant d’un ennui monumental , je me suis astreinte à lire jusqu’à la dernière ligne des 8 nouvelles, qui sont toutes  formatées autour de 50 pages. Honnêtement, je n’ai pas trouvé d’intérêt à cette lecture.  Peut être que cela tient en partie à la traduction…je ne sais pas, mais la sensation que me laisse le livre est celle d’avoir quelque peu perdu mon temps et que le temps consacré à la lecture m’a paru trop long. Les sujets sont assez disparates, les personnages peu approfondis, les situations assez négatives, le langage parfois assez cru. Je reconnais que le récit fourmille de menus détails pour décrire le décor autour des nouvelles et que très souvent la fin est ouverte afin d’inviter le lecteur à faire une partie du chemin et de combler certains silences. Aucune nouvelle m’a inspiré la citation d’un passage ou d’une situation. Le néant vaste et noir.

L’AMOUR D’UNE HONNÊTE FEMME , Collection Points N° P2873 (Alice Munro 1998),  ISBN  978-2-7578-3018-5