Archive | décembre 2016

Les prépondérants d’Hédi Kaddour

Afficher l'image d'origine Hédi Kaddour est un poète et romancier d’origine tunisienne (1945), traducteur de l’anglais, de l’allemand et de l’arabe; il a été  reçu premier à l’Agreg de lettres modernes!

Le roman Les prépondérants a reçu trois prix :  le Prix Jean Freustié 2015 (créé en 1987 par Christiane Freustié, la seconde épouse  de l’écrivain et éditeur; ce prix récompense un écrivain français avec une oeuvre en prose);  le Grand Prix du roman de l’Académie Française 2015 (ex-aequo avec Boualem Sansal) et le Prix Valéry Larbaud 2016 (décerné chaque année à Vichy à un écrivain publiant une oeuvre  dont l’esprit, le sens et la pensée rejoignent celle de V.Larbaud).

Les prépondérants est un très bon roman, bien écrit et intéressant, même si j’ai trouvé quelques longueurs à partir de la deuxième moitié. C’est un roman d’apprentissage dans un contexte historique bien particulier. C’est aussi un roman des identités (française, maghrébine, nord-américaine).

Les prépondérants était un club très fermé où se retrouvait l’élite Européenne très hiérarchisée, un lobby réel, le plus réactionnaire et organisé d’Afrique du Nord composé de Français désirant un Protectorat permanent.

J’ai trouvé fascinante la première partie qui se déroule à Nahbès, une ville fictive du Maghreb entre le Maroc et la Tunisie, sous protectorat français. Parce que le roman se situant en 1920 au cours des années folles, dans une petite ville du Maghreb, nous avons de façon éblouissante le descriptif du choc de trois cultures: d’abord la culture locale arabe, riche en différences pour nous, parfois cocasses, parfois agaçantes car beaucoup trop éloignées de notre culture occidentale; puis la culture d’une certaine France engoncée dans ses privilèges, se croyant au dessus de tout et surtout ne désirant aucune évolution dans le cadre de la colonisation. Ce sont des Européens qui se croient plus civilisés que les indigènes mais qui ne voient pas venir les changements. Et puis un dernier pôle constitué par l’irruption dans ce Maghreb médiéval, d’un groupe de tournage d’Amérique du Nord, hommes et femmes délurés et passablement transgresseurs; ces individus arrivent au Maghreb et traitent les indigènes comme des égaux, ce qui dérange les autres parce que cela questionne tout le système. L’irruption des Américains indispose les milieux coloniaux car cela fait faire des comparaisons aux Maghrébins = elle trouble les mœurs locales, ils sentent la présence d’une nouvelle force économique et sociale.

La première partie qui se passe au Maghreb est très « couleur locale » avec des gens qui parlent de façon imagée une langue savoureuse truffée de dictons et proverbes à tout propos; on peut dire que pour chaque occasion ils ont un dicton. Je ne résiste pas au plaisir d’en citer quelques uns : « une poignée d’abeilles vaut toujours mieux qu’un sac de mouches« , « il essayait cependant de ne jamais aller trop loin sur le chemin des erreurs, qui n’est une pente que pour les âmes faibles et il ajoutait que le meilleur moyen de racheter ses fautes au regard du Miséricordieux, c’était de ramener vers le bien d’autres croyants plus fourvoyés que soi« , « quand la pierre a quitté la main, elle appartient au diable« ,  « le malheur de l’homme vient de sa langue », « elle a un grand râteau la rumeur publique, mais au moins elle n’épargne pas les coupables », « la meilleure poule c’est celle que le voisin a nourri », « la trop bonne couturière finit par coudre les yeux de son mari », « jette le tison, il emportera la fumée avec lui », « pour un qui rit, il en faut toujours un qui pleure », « celui qui pleure ne fait que voler son propre temps »,  « aucune saison n’est obligée de respecter la précédente », « quand on est sec, on se fait briser ».

Inutile de signaler que le rôle de la femme dans ce contexte est consternant. Les femmes sont des créatures soumises à la Lune, autrement dit, lunatiques, changeantes. Il existe une règle générale qui consiste à ne pas saluer une femme  car c’est un signe réservé aux hommes. On va jusqu’à demander pardon à un interlocuteur chaque fois que le mot femme est prononcé dans la conversation…Toutes les histoires galantes passent par le hammam qui est, pour beaucoup, le lieu de la perversion des femmes…

Un des personnages principaux est Raouf, le jeune fils lycéen brillant d’un notable local, élevé entre les deux cultures arabe et française; le jeune homme hésite entre révolution et nationalisme. Il tombera amoureux de l’actrice Américaine principale  qui est mariée. Un autre personnage emblématique est Ganthier, un ex-officier de l’armée française, amoureux de la littérature; Ganthier incarne le grand mythe colonial, il est assimilationniste. Un autre personnage intéressant est Rania, une belle et jeune veuve maghrébine (son mari est mort au cours de la première Guerre Mondiale en Europe); Rania est une figure subversive avec son statut de veuve et de fille de notable, cultivée, dangereuse (elle pense que trop de science est la science des incroyants), amoureuse de Ganthier, mais c’est un amour impossible, inimaginable quoique si logique…

Raouf partira en Europe et fera son éducation sexuelle et culturelle tout en s’impliquant dans des mouvements subversifs qui vont conditionner son destin. Il résidera en Allemagne au moment de la montée du national socialisme. Cette partie européenne du roman m’a beaucoup moins intéressée, mais il fallait bien trouver une conclusion à ce livre qui comporte pas mal de clichés : le grand colon, la veuve éclairée, le lycéen brillant, la star américaine.

Pour l’auteur, ce livre est un roman des occasions ratées; ce sont les prépondérants qui font échouer le projet Taittinger de 1922 à l’égard des protectorats, signé par Barrès et torpillé par les prépondérants.

LES PRÉPONDÉRANTS, Gallimard 2015,  ISBN 978-2-07-014991-9

Humo hacia el sur de Marta Brunet

Afficher l'image d'origine  Marta Brunet fue una escritora, diplomática y periodista chilena (Chillán 1897-Montevideo 1967); fue la segunda mujer escritora en obtener el Premio Nacional de Literatura en 1961, después de Gabriela Mistral en 1951 (y el Nobel en 1945 !). Sintió su vocación de escritora muy temprano, en el seno de una familia burguesa,   y escribió para un auditorio de perros y de gatos, exactamente como la niñita (Solita) de esta novela. La escritora fue una pionera de la literatura femenina chilena y una excelente exponente del criollismo por el lenguaje campesino, la atmósfera de olores, sonidos y colores. Es interesante destacar que en 1931 Marta Brunet ingresó a una Compañía Teatral de Aficionados integrada entre otros, por María Luisa Bombal, otra autora chilena sobresaliente. El estilo de la escritora Brunet es costumbrista y al mismo tiempo realista, con temáticas campesinas, pero un manejo del lenguaje sobresaliente, extremadamente rico y con un énfasis notable en la psicología de sus personajes. El acento de la escritora siempre está en lo humano, un conocimiento de las almas con una capacidad para medir lo más recóndito del alma humana. La obra de Brunet  abarca cuentos y 7 novelas.

El criollismo y el neocriollismo surgieron en Chile entre 1935 y 1945 cuando se quiso representar al  mundo popular en su dimensión humana y social con un marcado acento regionalista. El panorama político chileno de esa época era turbulento por lo que el movimiento estuvo comprometido con las ideas de izquierda.

Humo hacia el sur (1946) recibió, el año de su publicación, el Premio al mejor libro del mes otorgado por el Pen Club de Chile y el Club del Libro de Buenos Aires. El libro presenta con maestría a través de diferentes personajes la vida de provincia, rutinaria y opaca y también una reflexión acertada sobre la violencia doméstica. Esta novela rompió con el estilo narrativo de Brunet volviendo al sur de Chile. Hoy en día, la novela constituye un clásico de la novela social chilena.

EL TEMA : Estamos en el sur de Chile en el seno de una familia rica e influyente con tres personajes : Don Ernesto Pérez, casado con María Soledad, y la hija de ambos, la traviesa Solita (derivado de Soledad, la manía chilena de perpetuar los nombres de pila). El matrimonio lleva una vida bien monótona en apariencia con las obligaciones sociales correspondientes a su rango dentro del círculo de gentes que ellos  frecuentan. La pequeña Solita tiene una institutriz francesa (en realidad es suiza franco-parlante) que la educa en casa porque los padres no quieren que acuda a la escuela pública.  María Soledad Pérez organiza su vida entre amigas, lecturas y tejidos; es un modelo de elegancia y refinamiento en el pueblo, todas la copian.   Solita se entretiene con sus animalitos (el fox terrier Togo, el gato don Genaro  y el caballo Mampato, que son los tres seres que ella quiere más en el mundo y no las tres personas que son, en el orden la mamá, la Mademoiselle y el papá); es una niña bastante precoz que lee a escondidas libros que saca a hurtadillas de la biblioteca del padre (un alter ego?); adora a su institutriz y vive en un mundo lleno de aventuras al mismo tiempo que se da cuenta de muchas cosas « raras » en el mundo de los grandes. El padre, lleva  una doble vida lejos del pueblo.

Este pueblo sureño( ficticio) fue fundado en las tierras de otra familia aún más rica, la familia de Don Juan Manuel de la Riestra con su horrenda esposa, Doña Batilde, una mujer avara que compensa ciertas carencias afectivas con la manía de enriquecerse cada vez más. Todo el pueblo le pertenece y Doña Batilde se opone tajantemente a que se construya un puente que traería un enorme apogeo al pueblo y por ende el inicio de una cierta decadencia económica y de su  potestad en estas tierras. Don Juan Manuel cumplió otrora altos cargos políticos (ministro, diputado, varias veces senador) por lo que conoce y manipula a todos, pero él se deja manipular por la temible Doña Batilde, una verdadera Crisanta (en Chile, mujer gruñona y mandona que tiraniza a su marido).

Ahora que tenemos individualizados a los personajes principales de la novela, cabe decir que existen muchos otros personajes perfectamente definidos y pintorescos, descriptos con una psicología maravillosa. Alrededor de estos entrañables personajes ocurren acontecimientos hasta el clímax final de la novela que es pavoroso.

La palabra humo vuelve varias veces en la novela como un leitmotiv, siempre evocadora del ambiente sureño : …ser es tener y todo lo demás humo, humo que se lleva el viento…el ser el tener, también pueden convertirse en humo…lo demás era tiempo de humo, tiempo de neblina, tiempo de porfiada lluvia…era el agobiador tiempo del humo. María Soledad lo abominaba. En cambio, no temía a esa ensoñada hermana del humo que es la niebla, le placía ver al pueblo, convertido en recuerdo, desmaterializado en su fino gris. Le era grato perderse ella misma en su incertidumbre…el viento había cambiado. Llevaba el humo hacia el sur, y una de sus guedejas parecía prolongar el puente eternidad adentro.

La descripción del sur chileno con sus lluvias interminables es muy acertada : …tanto como el humo odiaba a la lluvia, al caer del agua lineal en su interminable rayadura que insistía en tachar el paisaje, el sordo gorgoteo de las canaletas ahítas, los chicotazos del viento, su lenguaje fantasmal colándose por el oído de las ventanas, ululando por las chimeneas, el goterón cayéndose para evaporarse instantáneo sobre los carbones. Cuando no había roces, transigía con el viento, el del sur, arriero de nubes, manadas dispersas e inofensivas; el de la cordillera, que soplaba desde el fondo de los siglos con insistencia indígena, puelche afilado sobre los glaciares; el que venía desde la otra cordillera, a saltos de pastor de cabras, por las cimas, los collados, los calveros, los tajos y la enmarañada arboleda, obstinado en su búsqueda del olor salobre del mar, del rítmico asalto de las olas pegando en los roquedales o desvaneciéndose en la insuficiente desnudez de las playas…

Una autora que acabo de descubrir y que encuentro deslumbrante por la calidad de su prosa, por su rico vocabulario y por la profundidad del análisis psicológico de sus personajes. Una novela que se inscribe a la altura (todas proporciones guardadas) de una inmensa novela como La Regenta de Leopoldo Alas con el descriptivo en esta ultima de la agobiante ciudad de Oviedo y en la novela de Brunet en un pueblo en el sur de Chile que no tiene nombre. La religión en la novela de Brunet está presente pero no tiene el impacto que tiene en la obra maestra del español.

HUMO HACIA EL SUR, Colección Clásicos de la novela social chilena 1998 (1946),  ISBN 956-282-069-6

Celle que vous croyez de Camille Laurens

Afficher l'image d'origine Camille Laurens est le nom de plume de l’écrivain française Laurence  Ruel (Dijon 1957) agrégée de Lettres Modernes,  faisant partie du jury du Prix Femina. Son oeuvre est une réflexion constante entre le rapport de la fiction et de la réalité, l’illusion et la vérité.

J’avais lu d’elle il y a longtemps deux livres : L’amour (2003) que j’avais trouvé magnifique, avec beaucoup de références à La Rochefoucauld, un texte sur l’amour éternel, l’amour tout court si indissociable de nos vies. Et Le Grain des mots (2012), un recueil de chroniques brèves autour d’un mot, si pleines d’esprit, parfois savantes parfois cocasses.

Celle que vous croyez (2016) a reçu le prix du Roman-News , crée en 2011 et qui récompense un auteur francophone qui déplace vers la fiction un fait divers ou un personnage issu du réel. Celle que vous croyez est un roman d’autofiction, assez dérangeant pour le lecteur et qui met en abyme plusieurs versions de la même histoire avec plusieurs styles d’écriture; le lecteur en est tout déboussolé. Dans l’histoire de Madame Laurens se mêle l’imaginaire au réel et le lecteur se perd en conjectures, le lecteur perd pied par moments, c’est très réussi. On peut dire qu’il y a manipulation en permanence. Et d’ailleurs OÙ est la vérité dans ce roman. Il me faudra le lire une deuxième fois et cela en vaut la peine.

L’HISTOIRE : une femme vieillissante (48 ans…) voudrait retenir son amant (un vrai goujat); elle doute de son pouvoir de séduction. Pour mieux contrôler son amant elle va créer un personnage féminin sur Facebook, une fausse identité inventée de toutes pièces, un fake (jeune, belle, délurée, et disponible), qu’elle va affubler de tous les appâts possibles afin d’intéresser un pote très proche de son amant .

Cela va marcher mais elle va se prendre au jeu et cette relation virtuelle va l’obséder. Et lorsque son ami virtuel voudra la rencontrer, elle ne pourra pas se personnifier. Comment se tirer de l’impasse? De toute façon l’affaire est très mal engagée car elle repose sur des mensonges.

Ce livre relève deux sujets intéressants. Le premier est celui de la femme de 50 ans qui n’a plus ses atours physiques pour séduire. Le deuxième sujet est assez passionnant, c’est l’irruption de l’influence des réseaux sociaux dans la vie des gens , un pur bouillon de culture pour les mensonges, faux semblants, délires en tout genre et champ d’action incontrôlable pour une faune qui rôde dans cette vase. Ceci doit donner à réfléchir. Et j’ai une pensée attendrie pour toute cette jeunesse qui étale sans pudeur et sans arrière pensée toute son intimité. Les gens se croient soutenus par ce monde virtuel, mais jamais, sociologiquement parlant, les gens ont été aussi seuls et aussi mal communiqués.

Lecture intéressante qui interpelle le lecteur parce qu’elle pose de vrais problèmes de société. Et ce livre est diaboliquement bien articulé. Ce roman est une belle aporie. Bravo.

CELLE QUE VOUS CROYEZ, Gallimard 2016,  ISBN 978-2-07-014387-0

La Novena de Marcela Serrano

Marcela Serrano autora de La novena dice que la voz de la mujer es universal

Marcela Serrano es una escritora chilena nacida en 1951, muy exitosa y cuyos libros me gustan. Sus lectoras son casi exclusivamente femeninas y la obra de Serrano ahonda el mundo femenino como pocas otras escritoras lo han hecho, con dos polos principales: 1) reflexión sobre la condición femenina y la defensa de la mujer, con un retrato íntimo que nos desnuda y pone en el tapete todos nuestros temores, esperanzas, vacilaciones, desengaños y fracasos, pero también nuestros amores y nuestros éxitos; 2) la soledad, puesto que Marcela Serrano indaga en el terreno metafísico y nos muestra sus personajes femeninos como si hubiesen sido cortados por un escalpelo, para descubrir la inconmensurable soledad que suele rodear a la especie humana, independientemente de su extracción social, económica, política o religiosa, pero que se hace mucho más insoportable cuando se es mujer.

La Novena (2016) es la décima novela de la autora que no había publicado desde 2013 con el libro de cuentos Dulce enemiga mía. Tiene en Chile muy buen ranking en las ventas. La Novena le tomó unos dos años de trabajo y lo escribió desde su tierra de Mallarauco donde posee una casa de campo; dice la escritora que quería « escribir el libro al ritmo del campo, con silencio, con lentitud, con esa falta de urgencia ». El título es el nombre de un fundo, la novena parte de lo que fue un latifundio, la parte que le correspondió a la protagonista femenina de la novela, Amelia, una viuda de edad madura que se ha retirado al campo para descubrir su « reino interior », lejos del mundanal ruido y de las vanidades. Es probable que el personaje de Amelia conlleve bastante de la escritora, pero también de la madre de la escritora, la escritora feminista Elisa Serrana quien en su tiempo acogió a un relegado  con el riesgo que ello involucraba. Al parecer Marcela Serrano encontró a su alter ego en la persona de Sibyll, la prima inglesa de Amalia porque la encuentra consecuente con sus actos y pensamientos. Aquí la escritora Serrano demuestra su talento en la descripción de los personajes femeninos con sus ristras de dudas y dilemas.

La novela se desarrolla en 1985 durante la dictadura del general Pinochet. El protagonista masculino (primer protagonista masculino en una novela de Marcela Serrano) es Miguel Flores un buen mozo estudiante de Sociología que será apresado en una manifestación y mandado en relegación al campo chileno. La relegación fue un castigo menos conocido que otras maneras más brutales, este castigo no se aplicaba a las mujeres y consistía en relegar al subversivo en un lugar inhóspito y poco conocido, sin dinero, sin posibilidad de trabajo y abandonado a la supervivencia y al destino.

Miguel llega como relegado a un valle perdido donde Amelia tiene un fundo. Amelia es de clase alta, viuda, refinada, culta. Se ha retirado y vive en sus tierras rodeada de parientes. Miguel es un chico de clase modesta (padre almacenero), huérfano de madre, nada culto. Amelia lo va a educar al mismo tiempo que le contará su vida. No se sabe muy bien en la novela hasta donde va la relación entre ambos : son solo amigos, es una relación de tipo filial, o son amantes? cada lectora hará su análisis. Yo pienso que fueron amantes, pero la transgresión es tan grande en todos los sentidos que la escritora no lo formula.

La narración cambia de ritmo cuando Miguel debe huir porque se sabe que su grupo de lucha armada ha escondido armas en el fundo de la inocente Amelia quien va a pagar injusta y cruelmente por esto.

¿Es un libro sobre una traición? Si y no, porque es también un libro sobre una tentativa de perdón que llega demasiado tarde, una maniobra de redención por parte de Miguel.

No me gustó el final con la historia de amor que comienza entre la hija de Amelia y Miguel. Me parece tan inverosímil y tan artificial, es como prolongar la traición hacia la memoria de Amelia.

No es La Novena una novela política, eso está claro; es una novela que tiene como cuadro político la dictadura de Pinochet en 1985. Hay una referencia metaliteraria recurrente en la novela : se trata de la escritora victoriana y decimonónica Elizabeth Gaskell, de gran contenido social, quien sabe liberar a sus personajes femeninos como en Mary Barton, su primera novela. Pero no es necesario ir a buscar referencias literarias a Europa, porque sin ir más lejos está la excelente escritora chilena Marta Brunet (1897-1967), poco conocida, pero de un contenido social apabullante, al nivel de La Regenta de Clarín. Acabo de terminar su novela Humo hacia el sur y estoy deslumbrada.

LA NOVENA, Alfaguara 2016,  ISBN 978-84-204-1962-6

L’année des volcans de François-Guillaume Lorrain

Afficher l'image d'origine François-Guillaume Lorrain est un journaliste, écrivain et traducteur français né en 1970. Il est normalien de formation et il s’est spécialisé en histoire et critique du cinéma. En 2011, à l’occasion de la sortie en salle de deux versions de La Guerre des boutons, François-Guillaume Lorrain voulut évoquer un autre duel de films jumeaux Stromboli et Vulcano, tournés en 1949 en même temps sur les îles éoliennes et contre le temps.

L’année des volcans (2014)  narre la liaison tumultueuse du cinéaste italien Roberto Rossellini avec l’actrice suédoise Ingrid Bergman dans des conditions d’une totale transgression.

L’actrice Ingrid Bergman dans les années de post-guerre  était une vedette américaine que l’on s’arrachait depuis le film Casablanca de 1942; elle avait détrôné La Divine,  Greta Garbo ! Après avoir visionné à New York un film de Rossellini, Ingrid Bergman en a été bouleversée et lui a écrit une lettre lui proposant de tourner dans un de ses films : « Dear Mr. Rossellini, I saw your films « Open City » and « Paisan, » and I enjoyed them very much. If you need a Swedish actress who speaks English very well, who has not forgotten her German, who is not very understandable in French, and who in Italian knows only ‘ti amo,’ I am ready to come and make a film with you. —Ingrid Bergman).  Le cinéaste ignorait tout de cette actrice mais fut touché par son audace.

L’actrice avait quitté mari et fille pour se rendre en Italie, rencontrer Rossellini et entamer par la suite une liaison qui fit scandale à l’époque. On imagine mal Ingrid Bergman dans le rôle de la sulfureuse qui fait des ravages, mais ce fut le cas. Roberto Rossellini était le compagnon d’Anna Magnani, une actrice italienne avec un tempérament de feu; elle prit très mal cette liaison et n’eut de cesse que de se venger, d’autant plus que Bergman lui avait ravi son film et son homme. Les trois monstres sacrés trainaient des casseroles à l’époque : Rossellini n’était pas remis de la mort de son fils ni du suicide de son père, il sautait d’un projet à l’autre, d’une femme à l’autre; Anna Magnani avait commencé son déclin, elle avait un fils handicapé par la polio et qui vivait en Suisse; quant à Ingrid Bergman, elle s’ennuyait à Hollywood mais aussi dans son mariage avec le neuro-chirurgien suédois Petter Lindstrōm.

La vengeance de la part de  la Magnani a consisté à tourner en même temps que Rossellini-Bergman, un film autour d’un autre volcan :Vulcano par l’allemand William Dieterle et avec elle dans le rôle principal. Il va sans dire que les conditions de tournage furent éprouvantes et que les équipes rivales tenaient à finir le film en premier. En réalité, malgré tout ce qu’on peut imaginer, les deux films furent des flops.

Le livre de F-G Lorrain raconte tout cela avec luxe de détails : le milieu du cinéma et ses magouilles, les pontes des studios qui font comme ils veulent et quand ils veulent, la société de l’époque : la prude et riche Amérique de la post guerre et l’Italie ruinée et appauvrie, le vedettariat, les guéguerres entre les actrices, etc.

Cette histoire sera cher payée par l’actrice Bergman : elle y perdra sa réputation, sa carrière, la garde de sa fille, son argent.

Mais j’ai trouvé que les trois monstres sacrés du livre (Rossellini, Bergman, Magnani) ne sont pas assez approfondis, ils restent comme des personnages en carton pâte. Le mariage entre Rossellini et Bergman est peu traité, la naissance des jumelles est à peine évoquée. C’est surtout le tournage des deux films qui est évoqué dans ce livre et c’est vrai que c’est un fait incroyablement pittoresque. On a du mal à comprendre cette énorme transgression de la part de cette actrice si discrète. Et si ce fut une amour dévastatrice, cela n’est pas expliqué non plus. C’est somme toute une lecture agréable et documentée sur des faits mais non sur des personnes.

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L’ANNÉE DES VOLCANS, J’ai lu 10971(2016), Flammarion 2014,  ISBN 978-2-290-10051-6