Archive | mars 2016

Guerra a la luz de las velas de Daniel Alarcón

Daniel AlarcónDaniel Alarcón es antropólogo y escritor con doble nacionalidad : peruana y estadounidense (Lima 1977); vive en EEUU y escribe en inglés. Fue destacado en 2010 como uno de los 20 mejores jóvenes novelistas latinoamericanos por la Revista Inglesa Granta y también entre los mejores literatos de menos de 39 años por la Revista « Semana » de Bogotá.

Guerra a la luz de las velas es su primer libro (War by Candlelight, 2004) que se llamó Guerra en la penumbra en su primera edición. La novela fue finalista del Premio de la Fundación Hemingway/PEN destacando el mejor debut literario del año 2004.

Guerra a la luz de las velas es una compilación de 11 relatos cortos; las historias son más relevantes por las atmósferas que por los personajes, todos seres marginales, sin futuro, víctimas de la guerra, de desastres naturales o de la pobreza.

Otro escritor peruano, nacido también en 1977, Carlos Yoshimito del Valle, señala que Alarcón aborda en el libro el tema de la emigración con una obra realista y urbana que recupera el contenido social de la Generación del 50.

Es curioso constatar que este autor que dejó el Perú a la edad de tres años, cuando sus padres emigraron a los EEUU, recupere temas e historias peruanas que intentan retratar diferentes versiones de la posible vida que él pudo tener en la década de los 80, desarrollando ambientes de caos urbano, de violencia, de desarraigo que Alarcón identifica con esa época, pero que no le pertenecen.

Laura Alzubide (periodista peruana) analiza este libro evocando la posibilidad de una búsqueda por parte del autor de su propia identidad ya que su familia emigró al comienzo del terrorismo infligido por el Sendero Luminoso.

A mi no me gustaron estos relatos, todos en general y ninguno en particular. Tuve la impresión que Alarcón contaba siempre la misma historia, nada sobresale en particular, sino una profunda sensación de desarraigo. Hay abundancia de perros y de payasos en sus historias. Y su estilo bastante lapidario por momentos me recordó a un joven escritor chileno, Alejandro Zambra, autor también destacado por Granta (¿es acaso un asunto generacional?). Hete aquí una frase de Alarcón…su madre murió. Lima aceptó su tristeza y le regaló un mes de días nublados...Y acá, una frase de Zambra….al final ella muere y él se queda solo. Emilia muere y Julio no muere. El resto es literatura…

Como Daniel Alarcón publica en inglés, encontré esta citación de una periodista norteamericana, Deborah Treisman… the fiction editor at The New Yorker, which has published several of his stories, said: “There is always a kind of dark, haunted quality to his writing, a kind of noir undercurrent in which he is playing on the conventions of pulp fiction and cleverly combining it with the Latin American political novel, which is something I had not seen before.”

GUERRA A LA LUZ DE LAS VELAS, Alfaguara 2006,  ISBN 9972-232-13-1

La constance du jardinier de John Le Carré

Afficher l'image d'origineJohn Le Carré est le nom de plume de l’écrivain britannique John Moore Cornwell (Poole 1931). John Le Carré a fait partie du Foreign Office pendant trois ans où il fut recruté par le MI6. Il est devenu très connu à partir de son troisième roman, L’espion qui venait du froid (1963) qui fut un best-seller international.

Ses romans d’espionnage se déroulent dans le contexte de la Guerre froide et ses héros sont à l’opposé d’un Agent 007, c’est à dire ce sont des héros plus complexes mais surtout plus discrets.

La constance du jardinier (The Constant Gardener, 2001) est un peu à part dans la thématique de l’auteur. Ce livre a été interdit au Kenya par peur des émeutes dans un climat de corruption, car le livre est un plaidoyer pour la cause africaine et contre le profit exorbitant des firmes pharmaceutiques.

John Le Carré a préfacé le livre de la journaliste canadienne Sonia Shah, Cobayes Humains, livre qui dévoile les conditions de certains essais cliniques dans le tiers-monde là où les firmes pharmaceutiques sont moins contrôlées faute de législations adéquates et où la cupidité des élites corrompues n’a pas de frein.

Le sujet de ce livre est intéressant et très porteur. J’avais lu sur ce thème dans le livre Le cerveau de Kennedy, un livre du suédois Henning Mankell qui se passe aussi en Afrique;  et aussi dans Ordinary Thunderstorms du britannique William Boyd, un thriller palpitant qui se passe à Londres autour d’essais cliniques truqués…

Un film a été tourné d’après The constant Gardener au Kenya en 2005-2006 par Fernando Meirelles avec Ralph Fiennes dans le rôle de Justin Quayle et Rachel Weisz dans le rôle de son épouse, un rôle qui valut un Oscar à Rachel Weisz et quelques 9 autres Prix…un succès colossal ! J’ai très envie de voir ce film car toutes les critiques que j’ai lu sont positives. Le film a été interdit au Kenya par peur des émeutes sur fond de régime corrompu.

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Je suis partagée après la lecture du livre. Autant le sujet me semblait intéressant,  autant je n’ai pas aimé l’écriture faite de constants flash-backs qui  déstabilisaient ma lecture. En revanche, j’ai apprécié l’humour moqueuse de l’écrivain vis-à-vis de ses compatriotes du Foreign Office, des expatriés qui se comportent comme des satrapes oisifs fortement alcoolisés ayant des femmes prêtes à tout pour survivre dans des huis clos étouffants et ennuyeux. La description de ce microcosme est assez pertinente, un mélange de drôlerie acide et de cynisme.

La constance du jardinier se déroule à Nairobi où Justin Quayle travaille au sein du haut commissariat britannique. Son emploi est cool ce que lui permet de s’adonner avec passion et virtuosité au jardinage; ceci explique le titre du livre, car la constance du jardinier, c’est Justin, constant quant à la foi qu’il a dans son épouse. Justin a épousé une avocate, une femme beaucoup plus jeune que lui et qui va se consacrer corps et âme à la cause africaine. Leur couple est très solide même si les apparences sont trompeuses, car Tessa a découvert des magouilles majeures autour d’ un nouveau anti-tuberculeux testé au Kenya, le Dypraxa, à l’origine de morts et de complications graves, complètement camouflées par les autorités. Les enjeux économiques sont tellement énormes, que les personnes et les  gouvernements impliqués peuvent aller jusqu’à adultérer les faits et recourir à des procédures criminelles.

Sandy Woodrow est un collègue de Justin,  il parle : Enfin, merde ! Ce n’est pas le boulot du Foreign Office d’évaluer la sécurité des médicaments de synthèse ! Il est censé graisser les rouages de l’industrie britannique implantée en Afrique, pas aller raconter partout qu’une compagnie britannique implantée en Afrique empoisonne ses clients. Vous connaissez la règle du jeu. On n’est pas payé pour faire du sentiment. Et ces gens qu’on tue seraient morts de toute façon. regardez donc le taux de mortalité qu’ils ont, ici – non que ça intéresse grand monde, d’ailleurs.

Tessa, la femme de Justin parle à Sandy Woodrow : tous les ans la presse de Nairobi publie le même palmarès de la honte, et tous les ans ce sont les mêmes politiciens kenyans qui y figurent. Aucun n’est viré, aucun n’est traîné en justice, mais ça ne vous gêne pas, hein? Vous êtes un homme de statu quo. C’est votre choix.

Justin Quayle est le falot mari de Tessa, mais à la mort de celle-ci, il reprendra le flambeau afin de faire éclater la vérité. Ce petit monde est composé de personnages assez caricaturaux comme celui de Sandy Woodrow le diplomate-menteur (un euphémisme !) ou celui de Tim Donohue, le flic-ripou.

Un roman qui dénonce les trafics de médicaments orchestrés par l’industrie pharmaceutique, prête à tout pour engranger un maximum de profits, même  au détriment de vies humaines.

LA CONSTANCE DU JARDINIER, Seuil 2001,  ISBN 2-02-049575-9

Fatamorgana de amor con banda de música de Hernán Rivera Letelier

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Hernán Rivera Letelier es un novelista y poeta chileno (Talca 1950). Se le conoce por sus novelas ambientadas en la pampa salitrera chilena. El hombre sabe de lo que escribe porque vivió su infancia en oficinas salitreras y trabajó como adulto en varias de ellas. Empezó su carrera literaria como poeta, ganando varios premios. Poco a poco ha ido construyendo una obra inmensa, dedicada al norte chileno, ese norte que albergó las salitreras que hicieron la riqueza de Chile, pero también de muchos extranjeros. Esa pampa chilena que albergó más de 200 salitreras (entre Antofagasta y Tarapacá) y que Hernán Rivera Letelier conoció de cerca. ¿Quién mejor que él puede conocer este ambiente rico en mitos y leyendas? hoy en día es un mundo sumido en el olvido.

Fatamorgana de amor con banda de música (1998) es una relectura para mi con motivo del estreno esta semana en Paris (el 23/03/16), de la película basada en el libro. El título es precioso y muy adaptado, fatamorgana es un sinónimo de espejismo; en francés le pusieron Mirage d’amour avec fanfare lo que está estupendamente traducido.

Ya había olvidado el tema del libro y la relectura provocó el redescubrimiento delicioso de una obra que reúne la quintaesencia del arte del escritor Rivera Letelier : un vocabulario francamente exquisito, un título lleno de magia y además original, personajes inolvidables, entrañables, un sólido argumento, un acierto para escoger los nombres de los personajes, un humor coloquial chileno y probablemente una buena dosis de auto-ficción. Y como  decía hace poco mi hermano que terminaba otra novela del autor, hay siempre mucha tristeza. Claro, esta historia es también triste, pero la vida conlleva tristeza, especialmente en este lugar tan dejado de la mano de Dios como es el desierto de Atacama, que atrae personalidades extremas.

La película (Mirage d’amour, en francés) lleva un escenario del hoy fallecido actor francés Bernard Giraudeau, pero la filmó su socio, el belga Hubert Toint en 7 semanas en Chile, en la Oficina Humberstone del desierto de Atacama que es una oficina al borde de la carretera Panamericana norte y que está bastante bien conservada. La actriz principal en el rol de Golondrina del Rosario est la bella Marie Gillain. Vi la película y me gustó bastante aunque, como a menudo, el tema en el libro está muchísimo más desarrollado. Aún así, la película es preciosa. Me molestó que no hayan escogido a un galán colorín porque tiene su gracia que el hombre sea pelirrojo en un país como Chile donde los pelirrojos son raros; eso no quita nada a la belleza tenebrosa de Eduardo Paxeco, un chileno en el rol protagónico del trompetista. Lamenté no ver más paisajes de esa pampa chilena que es preciosa : siempre se divisa el mismo paisaje de la salitrera a lo lejos con sus chimeneas humeantes y sus cerros pelados. Me divirtió mucho lo siguiente y no me lo explico : se escucha hablar francés a los franco/belgas (?) lo que es natural, pero también se les escucha hablar « chileno » con un acento que ni les cuento. A los chilenos se les escucha hablar « chileno » con su sonsonete característico y también francés con otro acento que ni les cuento. Muy divertido y simpático.

La película solo la distribuyeron en dos salas, lo que es la nada misma. Una en los Campos Elíseos, donde fui y la otra en la periferia de Paris (el 91, o Essonne) ¿quién irá tan lejos? La sala tampoco estaba llena y la peli se proyecta en una sola función a las 19:40. La persona que me acompañaba no había leído el libro y encontró la peli tan bonita que quiere comprar el DVD cuando salga. Las críticas de la peli son negativas; leí una crítica de un periódico belga y otra en la revista que recibo cada semana y con la cual estoy raramente de acuerdo con las críticas cinematográficas. Creo que pasaron « al lado » de esta película que muestra algo genuino de la pampa chilena.

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Esta vez tenemos una historia de amor bastante tórrida entre la joven Golondrina del Rosario, profesora de piano y de recitación y el trompetista colorín Bello Sandalio allá por los años 29 (que marca el final de las salitreras). Es una historia de amor muy celada al comienzo porque Golondrina es una mujer muy recatada en cambio el colorín es un seductor patentado, borrachín y que vive en los tugurios que abundan en el pueblo. Justamente el pueblo es la salitrera Pampa Unión que se conoce negativamente porque no tiene iglesia ni Orfeón y el Presidente de la República, Don Carlos Ibáñez del Campo anuncia visita a Pampa Unión. Los mandamases de la salitrera se ponen de acuerdo para formar de toda urgencia un Orfeón que pueda recibir al señor presidente como Dios manda.

El grupo de músicos que va a componer este Orfeón, es extraordinariamente truculento. Cada personaje acarrea una historia y un pasado enjundiosos que contar. A este Orfeón le pondrán el mote de  la « Banda del Litro », tanto « chupan » estos hombres (¡ la costumbre chilena de poner mote a todo !).  Entre estos hombres está el seductor Bello Sandalio ante el cual la pobre Golondrina caerá fulminada por el amor.

Hay varias historias en la novela, todas divertidas, casi siempre tragicómicas,  y el escritor sabe contar de maravilla. Siempre hay en sus novelas un fondo importante de contenido social en esos arenales donde reinaba una injusticia tremenda; en esta novela resurge otra vez el nombre de Luis Emilio Recabarren del Partido Obrero Socialista, un anarquista que existió de verdad; el padre de Golondrina del Rosario es justamente otro anarquista que lucha por la defensa obrera quien urdirá un atentado contra el presidente Ibáñez. El padre de Golondrina del Rosario ejerce el oficio de barbero en Pampa Unión y se llama Sixto Pastor Alzamora, es viudo y lleva amores escondidos con la lechera del pueblo.

Los mineros tenían la vida muy dura, trabajando de sol a sol, de manera que los fines de semana se iban de parranda a los bares y casas de lenocinio que abundaban en Pampa Unión, lo que da lugar a la descripción de escenas altamente jocosas. Era tanta la sed de beber que hasta ingurgitaban el « huachucho », un licor falsificado, un letal brebaje elaborado criminalmente con alcohol industrial, agua salada y otras esencias extrañas. Y este licor adulterado, altamente tóxico – que en las pulperías se vendía por anisado – , además del terrible delirio alcohólico que causaba en los bebedores, era el culpable directo de muchas muertes entre los pampinos.

Hay mucho material en esta novela, hay material para escribir varios libros porque cada uno de los personajes tiene vida propia; también hay personajes recurrentes en la obra de Rivera Letelier, personajes que se cruzan en sus libros. Tiene este autor un especial talento de contador; también se le nota el talento de poeta porque hay muchos párrafos que rebosan poesía.

Uno de los mejores libros de este autor para mi gusto.

FATAMORGANA, Seix Barral Biblioteca Breve 1998,  ISBN 84-322-0793-4

L’inconnu du Grand Canal de Donna Leon

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Donna Leon est une écrivaine nord-américaine (New Jersey 1942) ayant exercé plusieurs métiers avant de conquérir une notoriété internationale avec les enquêtes du Commissaire Guido Brunetti.  Elle vit à Venise depuis 1969, dans le quartier du Cannaregio, c’est une raison pour laquelle elle a refusé jusqu’à maintenant que ses romans soient traduits à l’italien afin de garder son total anonymat à Venise…Ses plus fervents lecteurs se trouvent en Allemagne et en Autriche.

Elle fuit Venise lors du Carnaval en raison de l’agitation excessive autour de cet événement. Madame Leon est une férue de musique baroque, notamment de Haendel, participant  activement à des événements ayant un rapport avec la musique baroque.

Elle avoue lire peu de romans policiers tout en gardant une grande estime pour l’auteure de polars britannique Ruth Rendell.

Le premier opus avec le Commissaire Brunetti remonte à 1997, c’était Mort à La Fenice, mon préféré.  Madame Leon raconte que l’inspiration pour créer le personnage de Brunetti lui vint par défi et par jeu lors d’un entracte au théâtre La Fenice.

Actuellement elle  est à son 24è livre; l’écrivaine avoue nécessiter un an pour écrire un épisode, toujours comportant environ 360 pages et elle s’applique une discipline rigoureuse :  1 page par jour y compris dimanche en se nourrissant de l’atmosphère si particulière de Venise et en lisant soigneusement les faits divers dans les journaux locaux : Il Gazettino et La Nuova Venezia.

Une série de 21 épisodes de 90 minutes a été tournée par la TV allemande  et diffusée par France 3 en 2010 sous le titre de Commissaire Brunetti avec Joaquim Król dans le rôle du commissaire. Toutes les scènes extérieures ont été tournées à Venise; l’appartement des Brunetti a été situé sur le Grand Canal à l’embouchure du Rio di San Polo. J’ai beaucoup aimé cette série allemande, d’abord parce que les physiques des acteurs retenus m’ont semblé si adéquats par rapport à l’idée que je m’en faisais. Puis, de revoir Venise dans ses petits recoins m’a comblé de bonheur, même si les intrigues policières n’étaient pas particulièrement palpitantes.

J’ai lu presque tous les polars avec Brunetti; ils ne sont pas tous de la même teneur, mais ils ont tous le privilège de nous montrer une Venise de l’intérieur avec plein de petits détails pittoresques de la vie des vénitiens. Il y a toujours plus de psychologie que d’action dans les romans de Donna Leon.

Au fil des romans on peut sentir l’évolution qui s’est opérée entre les personnages. Par exemple les deux enfants de Paola et Guido Brunetti ont grandi et montrent un comportement différent au fil du temps. La relation entre le commissaire Brunetti et son adjoint Vianello a évolué vers une amitié profonde, vers une franche entente professionnelle entr’eux.

L’inconnu du Grand Canal (Beastly Things, 2011) est le 21è opus sur les 24 publiés à ce jour. L’intrigue est assez secondaire et l’affaire criminelle a un rapport avec un abattoir et, croyez moi, il va y avoir beaucoup de gens qui deviendront végétariens voire végétaliens après lecture du passage où les petites bêtes du bon Dieu passent de vie à trépas…C’est horrible.

Mais il y a toujours l’enchantement dans le suivi de Brunetti et ses petites manies entre la Questure et son foyer chaleureux. Entre deux missions, il siffle ses cafés avec patisseries ou tramezzini selon les jours ou la birra ou le petit blanc vénitien. A la maison il est presque toujours accueilli par son épouse avec un bon prosecco ou du vin; il lit les auteurs Anciens: dans cet opus, ce sont les pièces d’Eschyle (page 85…il arriva dans un appartement vide avant sept heures et demie, enleva sa veste et ses chaussures, gagna sa chambre et récupéra son exemplaire des pièces d’Eschyle – il ne savait pas ce qui l’avait poussé à s’y replonger – et s’affala sur le canapé dans le bureau de Paola, impatient de lire un livre dépourvu de tout risque de sensiblerie – juste la sombre vérité humaine). Sa femme Paola est toujours aussi charmante, elle enseigne la littérature anglaise, elle est fille de comte et mène ses propres enquêtes parfois de façon téméraire.

Le Questeur Patta, le chef de Brunetti, est toujours aussi imbu de lui même, adorant pavaner et se hisser dans l’échelle sociale. La signorina Elettra, la sécretaire de Patta, est une vraie « hacker » en Informatique et elle est capable de fournir à Brunetti des données précieuses pour les enquêtes même à la limite de la légalité. Dans L’inconnu du Grand Canal Guido Brunetti va s’initier aux arcanes de l’Informatique, aidé par la signorina Elettra.

Bref, une nouvelle enquête du Commissaire Brunetti avec cette fois un cas de corruption au sein d’une société qui s’occupe de l’abattage des animaux pour la chaîne alimentaire. Quel primum movens ? La cupidité humaine.

L’INCONNU DU GRAND CANAL, Points Policier 4225 (Calmann Lévy 2014),  ISBN 978-2-7578-4912.5

Desmoronamiento de Horacio Castellanos Moya

Afficher l'image d'origineHoracio Castellanos Moya es un escritor y periodista salvadoreño ( Tegucigalpa, 1957)  que vive hoy en día en Pittsburgh, USA después de haber vivido en países como Canadá, Costa Rica, España, México y Alemania. Su bibliografía comprende unas quince novelas y se le ha comparado con el francés Louis Ferdinand Céline por la « negrura » de sus temas. La temática de sus libros, en un comienzo, se manifestó por la facción revolucionaria en El Salvador. Actualmente el escritor narra lo cotidiano de gentes ordinarias que enfrentan una realidad cruda y violenta.

Reseñé de este autor en diciembre 2014, su  novela La sirvienta y el luchador del 2011.

Desmoronamiento  (2006) es una novela que ahonda en la ficcionalización- autobiográfica y que se lee muy bien porque está bien escrita con personajes  truculentos y con el tema de la guerra, esta vez entre Honduras y El Salvador, países limítrofes, pero no hermanos. La novela hace parte del ciclo de novelas del autor Castellanos Moya con Donde no estén Ustedes, Tirana memoria y que culmina con La sirvienta y el Luchador.

Desmoronamiento relata la lenta disgregación del núcleo familiar del abogado Erasmo Mira Bossa, Presidente del Partido Nacional hondureño. La novela está concebida como un tríptico con tres momentos históricos, escrita de tres formas diferentes y con tres voces narrativas. La lengua narrativa de la novela está marcada por dos constantes : 1) los dialectismos salvadoreños y 2) el voseo que aparentemente no se reduce al territorio argentino sino que se usa en una buena parte de centroamérica.

La primera parte nos introduce el patético matrimonio del abogado con Lena por los años sesenta. Lena, una mujer que quedó trastornada tras la  muerte de una hijita gemela y la hija gemela que quedará con vida, Esther alias Teti, será la cristalización de todos sus odios y fobias, porque doña Lena es una metáfora del autoritarismo y de la intolerancia. Esta parte de la novela es notable por la abundancia de diálogos entre don Erasmo y su esposa (aunque ya no es su mujer desde hace tiempo). Los diálogos son de una extrema violencia y las situaciones pueden resultar tragi-cómicas al exceso.

La segunda parte reviste un estilo epistolar entre el padre y la hija, sucede seis años más tarde durante el conflicto bélico de 1969 y el golpe de Estado en El Salvador en 1972.

Y la tercera parte transcurre en Tegucigalpa entre 1991 y 1992, narrada por Mateo, un sirviente de Lena, cuando ésta, sola, vieja y viuda, siempre a la espera de su hija y familia, muere en una casa  que nunca los acogió. La muerte de Lena precipita la disgregación de la familia con el acto simbólico de la quema de sus papeles privados por Mateo, su factotum, su hombre de confianza. Es el cierre definitivo del desmoronamiento de esta familia hondureña.

El golpe de Estado en El Salvador es protagonizado por dos bandos militares que pertenecen a grupos de alcohólicos anónimos (!) lo que evoca la importancia que pudiera tener en ese país el alcoholismo en la población masculina, especialmente en los uniformados de alto rango.

El escritor chileno Roberto Bolaño escribió a propósito de esta novela…su humor ácido amenaza la estabilidad hormonal de los imbéciles, quienes al leerlo sienten el deseo irrefrenable de colgar en la plaza pública al autor. La verdad, no concibo un honor más alto para un escritor de verdad.

Castellanos Moya dijo que la chispa que motiva el libro parte de una herida personal, puesto que de niño sufrió la guerra entre El Salvador y Honduras, viviendo en El Salvador aunque de madre hondureña.

Una novela que se lee muy bien, interesante porque detrás de una gran truculencia , nos enseña sobre conflictos que tuvieron relevancia en un pasado aún cercano.

 

DESMORONAMIENTO, Tusquets Colección Andanzas 2006,  84-8310-349-4

Henri Matisse de Marcelin Pleynet

Afficher l'image d'origine Marcelin Pleynet est un romancier, critique, essayiste et diariste français (Lyon 1933). Il a écrit de nombreux livres sur les peintres et notamment celui-ci. Marcelin Pleynet a été secrétaire de la revue Tel Quel, dirigée par son ami Philippe Sollers. La chaire d’esthétique de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts lui a été confiée lors de l’ouverture en 1987. Il est l’auteur du livre Système de la peinture publié en 1977.

Sur Marcelin Pleynet, en relation avec ce livre, on a écrit…de Cézanne à Picasso et à Matisse, voilà sa trajectoire; il y a dans la peinture de Cézanne des choses qui n’ont jamais été vues, que ce soit par Matisse ou Picasso. Matisse étant plus intéressé par la couleur et Picasso par la forme. La liberté, l’audace, la vérité des inventions formelles et chromatiques feront écrire à Guillaume Apollinaire que Matisse est « le fauve des Fauves », sa peinture avait  tellement scandalisé que la foule a brûlé en effigie Nu bleu, souvenir de Biskra (1906), lors de l’exposition itinérante de l’Armory Show à Chicago en 1913...(ci-après):

Le livre de Pleynet sur Henri Matisse fut publié dans les années 90 par Gallimard et en collection de poche vers 1993. C’est pour moi l’envie de savoir un peu plus sur l’approche de la peinture par Matisse qui a motivé ma curiosité. Cet homme, Henri Matisse, est venu assez tard à la peinture après des études de droit qu’il a abandonnées et une maladie grave du caecum qui l’immobilisa en 1890.

Les données bibliographiques sur Matisse son connues de tous: il est né en 1869 au Cateau-Cambrésis, commune du Nord-Pas-de-Calais-Picardie, une région riche grâce à la filature et au tissage; cette région le marquera, et on pourra dire de lui qu‘il avait le textile dans le sang et  il saura se montrer extrêmement attentif au choix des étoffes dont il se vêtait ; nul peintre moderne n’a consacré autant de soins à la garde-robe où il choisissait les vêtements de ces modèles.(P. Schneider) . Il est mort en 1954 à Nice à l’âge de 85 ans. Il a mis longtemps a percer en tant que peintre; il commença à être connu vers 1905-1906.

Il a été reçu au concours d’admission de l’École des beaux-arts en 1895 et il a fréquenté l’atelier de Gustave Moreau entre 1893 et 1898. Il a étudié ensuite ses maîtres au Louvre puis s’est intéressé à la palette claire des impressionnistes et néo-impressionnistes, de Cézanne aux Orientaux.

Il expose par la première fois en 1896 plusieurs tableaux au salon de la Société nationale des beaux-arts et au vu du succès rencontré, il est élu membre associé du salon. L’État achète une de ses toiles La Liseuse pour le Château de Rambouillet, alors résidence sporadique du Président Félix Faure, où il fut accroché; cet artiste, Matisse, a apporté un renouveau assez violent à la peinture telle qu’on la connaissait dans les années 1905-1906. Une anecdote est restée dans les annales, c’est le jour où Henri Matisse a montré ses oeuvres au grand Rodin, lequel lui aurait dit … « Pignochez, pignochez. Quand vous aurez encore pignoché cela quinze jours, vous viendrez me le montrer« . Matisse  commença à être reconnu vers 1898, mais il ne fut entièrement lui- même qu’à partir de 1905 : il avait alors 35 ans…

Mais que se passe-t-il donc alors dans l’art de Matisse et qu’en est-il de cette levée de boucliers à propos de  » la salle aux fauves », au Salon d’automne quand on déclare devant la sculpture du très académique Marque, exposée au milieu de la salle consacrée à Matisse et à ses amis :  » un Donatello parmi les fauves« . Le mot restera et fera école car il servira à désigner sous un même vocable des artistes fort dissemblables les uns des autres tels que Matisse, Manguin, Derain, Vlaminck, Rouault…Le scandale éclate, les uns crient à la fumisterie (« on a jeté un pot de peinture à la face du public« ), les autres au génie.

Je dois dire que je me suis profondément ennuyée à la lecture de ce livre; lecture que j’ai été plusieurs fois tentée d’arrêter, oui, d’arrêter car j’avais l’impression de ne pas progresser dans la compréhension que je recherchais et si j’ai été jusqu’au bout, ce fut par déférence pour ce peintre qui a tellement apporté à la peinture moderne. Je ne sais pas à qui la lecture de ce livre peut profiter, peut-être aux spécialistes, mais pas à la lectrice dilettante que je suis.

Un exemple de l’aridité du texte, page 132…en suivant cet ordre, somme toute chronologique, on constate que le détail (la ronde du Bonheur de vivre), passant par le volume cylindrique du relief sur bois de 1907, produit une oeuvre frontale, mais tridimensionnelle (le relief Nu de dos de 1909) et, en 1909 et 1910, les deux grandes versions peintes de La Danse (New York et Leningrad). Or, compte tenu du tempérament de Matisse, et des transformations que subit son art d’une année sur l’autre, on peut constater,  entre la première version de La Danse dite La Danse I de 1909 (aujourd’hui à New York) et la seconde version dite La Danse II (aujourd’hui à Leningrad), un même mode de rapport et de mise en place que celui que nous avons pu trouver entre les versions I et II du Jeune Marin de 1906 et les versions I et II du Luxe (1907).  Ah la la la, quel galimatias avec des pages et des pages comme ceci. Quel ennui.

Ci-après un document rare, Henri Matisse s’exprimant sur son art :

Et ici un video (en anglais de 5min55) où l’on peut apprécier la chapelle de Vence avec l’éclat des couleurs grâce à la luminosité du Midi. Il y a aussi une brève video où l’on peut apercevoir celle qui fut son infirmière Monique Bourgeois, déjà portant les habits comme la soeur dominicaine Jacques-Marie :

HENRI MATISSE, Folio Essais 215 (2002),  ISBN 2-07-032747-7

Fantasmas de carne y hueso de Jorge Edwards

Afficher l'image d'origineJorge Edwards Valdés es un gran escritor chileno (Santiago 1931) que estudió leyes, siguiendo después la carrera diplomática que culminó con el puesto de Embajador de Chile en Paris. Ha recibido numerosos premios siendo el Cervantes 1999 el más prestigioso. Actualmente reside en Madrid.

Son nueve libros que he reseñado de él en este blog y no haré la enumeración porque resulta fastidioso. Es un autor que me gusta mucho. El ultimo libro reseñado fue Los convidados de piedra en septiembre 2015.

Fantasmas de carne y hueso fue editado en 1992, recibió el Premio Ateneo de la Universidad de Concepción en 1994. La obra comprende ocho cuentos,  cada uno de los cuentos tiene una introducción explicativa de parte del autor. Los cuentos son el resultado de una acertada combinación entre los recuerdos del escritor y su destreza de cuentista. Y como dice muy justamente el mismo Jorge Edwards, todo en literatura es producto de la memoria creativa, todo es un fantasma de los recuerdos.

Son historias eróticas : evocaciones simuladas por el narrador, realistas para el lector desde el paisaje amoroso de la adolescencia hasta el umbral de los setenta. Muy lógicamente, con el transcurso del tiempo el paisaje y el hombre no son los mismos. El amor tampoco: el deseo aturdido de un niño, la pasión generosa de un adolescente, el desventurado camino erótico de un hombre maduro y el entorno tragicómico que asoma al filo de la vejez, son notables. Todo suena justo.

La crítica literaria argentina Vlady Kociancich escribió Edwards, con su prosa elegante, recorre con su memoria estos personajes y proyecta sobre el libro la madurez, el escepticismo, la inteligencia, la nostalgia, la experiencia del escritor. Un escritor que escribe con ternura y humor, sin ilusión, sobre los fantasmas de carne y hueso de una vida.

Todos los cuentos me gustaron, sin excepción. Quizás el primero, La sombra de Huelquiñur, me pareció algo enrevesado entre lo que el joven protagonista vivió realmente y lo que escribió para sus primas, la ficción y la realidad están mal delimitadas y es posible que sea algo deliberado por parte del escritor, para que el lector pierda pie entre lo ficcional y lo real.

El segundo cuento, El pie de Irene, lo encontré genial, ambientado por los años 40-50 cuando la educación sexual de los jóvenes de buena familia pasaba obligatoriamente por los amores ancilares  o los amores con tarifa.

Mucho humor tierno, poca picardía, una escritura elegante en una línea flexible, ambigua y trémula, moldeada por la costumbre de escribir, y en este límite impreciso que separa la realidad de la ficción, los seres vivos de los imaginarios, lo sucedido de lo meramente posible, todo en un estilo llano y sencillo con ese toque tan requete chileno.

FANTASMAS DE CARNE Y HUESO, Tusquets Colección Andanzas 1993,  ISBN 84-7223-659-5