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L’étrange bibliothèque d’Haruki Murakami

Résultat de recherche d'images pour "haruki murakami"Haruki Murakami est un écrivain japonais (Kyoto 1949), auteur de best sellers et pressenti pour le Nobel de Littérature depuis dix ans. Il a été traduit à plus de 50 langues et édité à des millions d’exemplaires. En dehors de la publication de romans, Murakami est traducteur de l’anglais au japonais et il publie aussi comme essayiste sur des sujets d’actualité. Au plan personnel c’est un passionné des chats et de la musique de jazz.

Son style se rapproche de la littérature post moderniste avec du réalisme magique et une touche picaresque teintée de romantisme ou de surréalisme. Ses enquêtes policières se teintent aussi de fantastique ou de science fiction.

Il évoque dans ses romans des thèmes existentiels tels que la solitude, l’incommunicabilité, l’aliénation au sein des sociétés capitalistes. Dans ses livres on retrouve les pensées d’êtres à la recherche de leur identité et abordant l’existence avec un certain malaise. L’attitude prévalente des personnages chez Murakami est le détachement, une indolence faite de désenchantement ou de désillusion : le fatalisme zen.

C’est un auteur déroutant qui sait allier le mélange du plus pur et précis réalisme avec une touche de fantaisie teintée d’onirisme. J’apprécie ses livres et il me surprend à chaque fois. Dans ce blog j’ai publié un billet en décembre 2015 sur L’incolore Tsukuru Tazaki et un autre billet en juin 2016 sur Saules aveugles, femme endormie; livres qui m’ont plu. Mon préféré reste Kafka sur le rivage probablement parce que ce fut LA découverte de Murakami avec sa « patte » si spéciale.

L’étrange bibliothèque est une nouvelle inédite ou une fable qui resume bien son style. Au delà de la nouvelle il y a un conte philosophique; il m’a semblé que c’est un récit d’initiation à la vie d’adulte avec une sortie fracassante du monde ouaté et surprotégé de l’enfance. Ce petit livre, en format poche est luxueusement illustré par une artiste allemande, Kat Menschik, qui a déjà travaillé trois fois avec Murakami et dont les dessins assez  inquiétants et oniriques collent bien avec la littérature de Mr Murakami.

En résumé, c’est l’histoire d’un jeune garçon (âge non précisé) qui s’arrête sur le chemin de retour de l’école pour rendre à la bibliothèque municipale deux livres empruntés, en temps et en heure. Cela nous donne quelques renseignements en passant sur le jeune garçon : il est poli (il frappe aux portes), il est ponctuel, il est soigné de sa personne (il porte des chaussures de prix), il est avide d’apprendre, il est respectueux et discipliné, il adore son étourneau apprivoisé.  Que de connotations positives.

Mais si on regarde de plus près, on s’étonne d’apprendre les titres des deux livres précédemment empruntés par le jeune garçon : Comment construire un sous- marin et Souvenirs d’un berger. Cela ne vous étonne pas? alors qu’il y a tellement de littérature plus apte à sa soi disant soif de savoir. Il me semble que derrière ceci il y a de sa part un certain désir transgresseur, celui d’aller trop vite en besogne, celui de vouloir pénétrer de façon fracassante dans le monde des adultes, celui d’épater son monde. Et quand, pris de court, il annonce le titre du livre qu’il souhaite lire par la suite, les bras m’en tombent : il veut lire sur la récollection des impôts dans l’Empire turc ottoman ! Non, mais il se paye la tête du monde ce gamin, il a du toupet ! Et de plus c’est un mensonge avec préméditation, c’est une idée qui lui était venue en marchant sur le chemin de l’école. A partir de ce moment, il devra assumer ses options et réaliser un parcours difficile semé d’embûches, non dénué de cruauté voire d’acte de cannibalisme !(l’absorption à la paille de sa masse encéphalique, mousseuse à souhait car riche en connaissances fraîches,  par son geôlier de la salle 107). Ce conte devrait faire les délices des enfants car ils aiment la cruauté et la frayeur dans les contes.

Lorsque le gamin aura compris qu’il est bel et bien englué dans une toile d’araignée, il va comprendre qu’il lui faudra ruser pour s’en sortir. Et il s’en sortira par ses propres moyens, aidé par les personnages qu’il aura appris à imaginer et à apprivoiser autour de lui , l’homme-mouton pourrait être le dédoublement de sa conscience.

Aïe, n’arrive pas à la connaissance qui veut, ni s’arrive à l’âge adulte sans égratignures.

Les illustrations sont assez somptueuses mais j’ai été surprise de voir l’illustration de l’homme-mouton par un homme-bélier. Aussi j’ai été épatée par les menus servis à l’enfant dans sa geôle, menus pas du tout japonisants mais occidentaux et traduisant la bonne culture gastronomique de Murakami qui a vécu longtemps à l’étranger.

Très bonne lecture, un condensé du monde murakamien (…l’homme-mouton est un personnage récurrent dans ses livres) avec une fin assez nostalgique et qui peut avoir deux niveaux de lecture.

L’ÉTRANGE BIBLIOTHÈQUE, 10/18 2016,   Belfond 2015 (HM 2005),  ISBN 978-2-264-06911-5

jardín de Pablo Simonetti

Afficher l'image d'originePablo Simonetti ( Santiago 1961) es un escritor chileno. Se le conoce también por su rol activista en favor de los derechos de las minorías sexuales; siguió estudios de Ingeniería Civil en Chile con un ciclo en Standford; se dedica exclusivamente a la escritura desde 1996, con bastante éxito.  Fue ganador del Premio de cuentos de la Revista Paula en 1996 con su cuento más conocido: Santa Lucía;  su primera novela de 2004 fue un éxito de ventas: Madre que estás en los cielos, una novela tutelada por Memorias de Adriano de Marguerite Yourcenar. Es interesante destacar que Simonetti tiene referencias a novelas clásicas con cada uno de sus opus, excepto justamente jardín, que según el autor, ha surgido solita del arcón de sus recuerdos. (Ojo, que hay que escribir jardín con minúscula !)

Le he leído todos los libros a Simonetti, gustándome particularmente su primero Madre que estás en los cielos; la temática de Simonetti se repite con matices diferentes, siempre sensibles y acertados. Publiqué en diciembre 2014 en este blog un billete sobre su libro La soberbia juventud.

jardín, es su quinta novela, más bien une nouvelle o novela corta de apenas 116 páginas que ocupó el primer lugar en el ranking de ventas en Chile desde la segunda semana, destronando en el puesto a Logia de Francisco Ortega. Además de ser un libro estupendo, jardín es una preciosura de libro con una portada  de flores  en un tono gris que quiere simbolizar el duelo; hay flores en el mismo tono al interior del libro separando los capítulos que son nueve. Las ilustraciones son la obra de su pareja en la vida real, el pintor José Pedro Godoy, quien tiene un real talento para la pintura de flores.

jardín es un trabajo de revisión de la memoria del escritor. En la novela Simonetti narra el desarraigo que sufrió una madre de 76 años cuando hubo de salir de su casa porque toda la manzana debía ser demolida y sacrificada en pos de la especulación inmobiliaria. Esta madre había hecho de su jardín algo muy personal y logrado, un lugar donde se proyectaba su mundo interior,  algo que estaba ligado a todo el pasado de la familia entorno a una casa y a su jardín.

La protagonista de la novela es Luisa, una matriarca de 76 años, viuda con tres hijos, todos muy diferentes y que mantienen relaciones bastante desiguales con la madre. La madre se ve obligada a vender la casa a una empresa inmobiliaria y desea regalar su jardín antes que destruirlo. La imagen metafórica del arranque de las plantas, arbustos y árboles es muy fuerte porque tenemos en paralelo la imagen del atroz desarraigo de la madre. No es seguro que los vegetales se adapten a su nuevo habitat, como no es nada seguro que la madre a sus 76 años se adapte a un nuevo hogar. Cada hijo tiene una visión diferente de la situación, la vive de manera diferente, la interpreta de manera diferente. El diálogo entre hermanos es pésimo porque en realidad se arreglan cuentas y odios pendientes.

En el libro este desarraigo forzado de la madre se traducirá rápidamente por la aparición de una leucemia que  la llevará a la tumba. Los hijos interpretan este desenlace fatal cada uno a su manera, pero siempre con culpabilidad.

Aunque es verdad que no se puede achacar a la mudanza forzada este desenlace fatal, la ciencia ha probado que la depresión provoca una fuerte baja de las defensas del organismo y por ende, favorece la eclosión de enfermedades cancerosas.

Es un libro muy fuerte donde prevalece la emoción y cierto pudor, que suenan justos. Hay tristeza en sus páginas y también algo crudo descrito con cierto sigilo.

El libro  entronca con Madre que estás en los cielos del mismo autor, donde Julia es otra matriarca, pero a diferencia de Luisa, Julia aún aprendía de sus hijos mientras que Luisa soporta de sus hijos una situación alienante. Se podria decir que el relato de Luisa es el epílogo del relato de Julia.

En la vida real, la casa de la familia Simonetti fue diseñada por un tío , el arquitecto modernista Horacio Borgheresi. La mamá de Pablo Simonetti fue doña Eliana Borgheresi, una paisajista chilena que escribió libros de jardinería. La calle que se llama Las Salvias en el libro, corresponde a la calle Los Maticos de Vitacura, hoy totalmente transformada por la urbanización acelerada de Santiago. Y la causa del deceso de Luisa en la nouvelle es una leucemia en condiciones que a la madre de Pablo Simonetti se la llevó un cáncer del páncreas (el más mortífero y rápido de los cánceres). Este libro es una obra de autoficción por donde se la analice.

Un libro realmente precioso que plantea problemas prácticos en las familias con repercusiones  violentas. Un libro escrito con mucha sensibilidad. Gracias Loreto por el préstamo; entiendo porqué el libro te gustó tanto.

JARDIN, Alfaguara 2014,  ISBN 978-956-347-802-0

Las manos pequeñas de Andrés Barba

Afficher l'image d'origineAndrés Barba es un escritor español (Madrid 1975), licenciado en Filología hispánica, con estudios de Filosofía, es también historiador, ensayista, guionista y fotógrafo. El escritor ha sido señalado  entre los 22 mejores de su generación por la revista británica Granta y por El Cultural.

Las manos pequeñas (2008) es el primer libro que le leo. Es una novela corta o nouvelle, un género que no es fácil porque el relato debe mantener la tensión que se le pide al cuento desde la primera línea y como dice E. Paz Soldán : se necesita lograr lo mejor del cuento y evitar lo peor de la novela.

Las manos pequeñas es un relato pulido como un diamante, afilado, cruel, angustioso que penetra insidiosamente en el lector y lo inquieta.

Es la historia de Marina, una criatura de 7 años que pierde padre y madre en un accidente. Marina, aunque lesionada, logra salvar la vida y se encuentra definitivamente sola en un mundo extraño y hostil. La niña  repite una frase como un leit motiv « mi padre murió en el acto, mi madre en el hospital« . A Marina la pondrán en un orfanato  rodeada de niñas que la escrutarán y la odiarán porque  tuvo un pasado feliz .

Es una inmersión en el mundo despiadado, secreto y complejo de la infancia donde para sobrevivir en un contexto de intrascendencia, las niñas y por ende Marina, se inventarán situaciones y juegos de una violencia inaudita al mismo tiempo que totalmente inocente.

Marina es diferente de las otras niñas y esta diferencia es generadora de admiración y al mismo tiempo de odio por parte del grupo, un grupo que va a formar una masa viscosa e inasible alrededor de Marina, siempre  al borde de la transgresión. La muerte acecha .

Un talento especial del escritor Andrés Barba para describir el mundo ambivalente de la infancia donde reinan  inocencia y   crueldad, un miedo soterrado a lo desconocido, la ausencia de defensas. Un escritor interesante que merece ser explorado con otra lectura.

LAS MANOS PEQUEÑAS, Anagrama 2008,  ISBN 978-84-339-7176-0

Telón de boca de Juan Goytisolo

 

Escritor e intelectual español (Barcelona 1931), considerado como un gran narrador. Su obra es vasta y abarca novelas, libros de cuentos y de viajes, ensayos y poesía. Es conocido por su posición anti-franquista con un rechazo de la España tradicional y conservadora. Vivió años de auto-exilio entre Paris donde residió décadas y Marraquech donde reside actualmente. Es hermano de los también escritores  José Agustín (1928-1999) el poeta  y Luis (1935). Ha sido galardonado con varios premios, entre los que destaca el Premio Nacional de las Letras Españolas en 2008. Es un autor bastante controvertido.

Leí hace tiempo Paisajes después de la batalla de 1982, lectura que me desorientó, escrita un poco « a la manera » de Cortázar, con algo de original y de descabellado, con algo de probablemente autobiográfico: el protagonista erra en un Paris perfectamente delimitado alrededor del barrio del Sentier, que es un barrio multicultural, y pasea sus obsesiones que son un erotismo algo exagerado y malsano, el metro parisino,  etc. A mi gusto, lo único que salva el relato, es la calidad de la prosa.

Este libro de apenas 100 páginas es una nouvelle con un título interesante y justo, porque « telón de boca » se llama en el teatro  aquel telón que impide que el espectador vislumbre el escenario cuando hay cambio de decorado. El libro Telón de boca es una ficción  autobiográfica (su última obra de ficción según el autor),  extra lúcida que Goytisolo empezó a escribir en 1996, el año del fallecimiento de su esposa francesa, la escritora Monique Lange y que tardará 6 años en terminar. Con esta prosa Goytisolo trata de desprenderse y despedirse de su mujer, terminar con los relatos de ficción y despedirse de su propia vida, así lo escribe en su excelente estudio Linda Gould Levine (in Bulletin of Spanish Studies, 2006).

Es un trabajo de la memoria presente y pasada y un horror ante el olvido. Es un soliloquio donde mezcla un pasado lejano, su vida de pareja, literatura y música, geografía, planteamientos políticos y presente pedestre en Marraquech. El narrador, un hombre solo y misántropo-lúcido,  revive y rememora situaciones, vitupera con una prosa bella y escogida rayana en una poesía a veces pesarosa. Y la fuerza de convicción que exhibe Goytisolo, atrapa al lector porque proviene de un fondo de verdad íntima (Danubio Torres Fierro in Letras Libres).Es una reflexión sobre la condición humana (¿ o inhumana?).

Es un relato a tres voces: el narrador (=su alter ego), ella (=su difunta esposa) y un demiurgo que podría ser dios (J.G. lo escribe con minúscula) o un demonio.

  Es un libro testamentario e interesante donde el autor se enfrenta a la idea de la muerte, donde rememora a Monique Lange y donde la memoria funciona como un filtro circular, desde la vejez a la infancia y donde la cultura aparece como insuficiente para llenar el hueco vital, la palpitación de toda ausencia. Son este tipo de libros que solo los grandes literatos llegan a escribir, en el sentido que precisan de una claridad de ideas, de una búsqueda de la imagen esencial que no está al alcance de un escritor en plena plenitud, sino de alguien que se enfrenta al final, que ha logrado para si esa visión libre y despejada que da la ironía, los años, la cercanía de la enfermedad o la muerte (cf el excelente artículo de Miguel Angel Muñoz en elsindromechejov.blogspot.fr).

Un muestrario de la prosa de Goytisolo….]Cuando las pruebas a las que se sometió en un laboratorio del barrio dieron resultado negativo sintió alivio; no obstante, la lectura impregnadora de los místicos  acentuó aún su propensión al hermetismo y al alejamiento de toda vida social. Su misantropía ¿ era un revulsivo contra el mundo confortable y pasablemente satisfecho en el que moraban? Un dia ella le dijo: « vivir contigo es pasar por el aprendizaje de la soledad. No se si reprochártelo o darte las gracias »[…]Al niño que era se le encogió el corazón y sus ojos se humedecieron. Comprendió de pronto qué era la vida : un hoyo o agujero voraz por los que se sumía el recuerdo[..].La historia es el reino de la mentira. Desde que inventasteis el alfabeto y os adiestrasteis en el manejo de la escritura, descubristeis al punto la trapacería del palimpsesto, la redacción de códices justificativos de mitos y leyendas fundacionales, de mandamientos dictados por divinidades de las que sois a la vez sus creadores y víctimas[…]El mayor enemigo de la mentira no es la verdad: es otra mentira.

Muchas alusiones al escritor ruso Tolstói y a su mansión de Yasnaya Poliana, donde el escritor ruso se llevaba de las mechas con su esposa Sofia. Escribe Goytisolo que la literatura permitía a Tolstói de vivir par procuración; sus personajes plasmaban sus sueños de una vida más varia e intensa. Entonces descubrió que la libertad se hallaba sólo en los libros.También Juan Goytisolo trató de entender con su esposa Monique, la incidencia de la música de Beethoven con la sonata de Kreutzer sobre la creación literaria de Tolstói.[ Pienso que la sonata tiene mucho del alma eslava y por ello produjo el ímpetu creativo en Tolstói]. Aqui tienen una versión corta (4 min) con la maravillosa pianista argentina Martha Argerich y el violinista Gidon Kremer:https://www.youtube.com/watch?v=zsWdfh95urc

Para terminar cito el final del texto de Goytisolo: La cita (=la muerte) sería para otro día: cuando se alzara el telón de boca y se enfrentase al vértigo del vacío. Estaba, estaba todavía entre los espectadores en la platea del teatro.

 TELON DE BOCA, El Aleph Editores,  2003,  ISBN 84-7669-607-8

Le voyage dans le passé de Stefan Zweig

zweig_03_stefan zweig centre salzburg_frei - 4167x2959pxStefan Zweig ( Vienne 1881-Brésil 1942) est un immense écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien; il fait partie des grands littérateurs du XXème siècle, à la hauteur d’un Musil, un Márai, un Joseph Roth et d’autres. Il faisait partie de l’intelligentsia juive viennoise, mais il a dû fuir son pays en 1934, en raison des évènements politiques.  Il se donnera la mort au Brésil avec son épouse Lotte, avec une dose létale de barbituriques; pays où ils s’étaient exilés en   1942: par désespoir, par l’intuition profonde de la fin de son monde culturel .

Son oeuvre est vaste, peu de romans mais beaucoup de nouvelles et quelques biographies qui sont devenues des références incontournables.

Cette nouvelle, Le voyage dans le passé ( Reise in die Vergangenheit) est parue sous forme fragmentaire en 1929 dans un recueil collectif intitulé Résistance dans la réalité (Widerstand der Wirklichkeit). L’édition complète a été éditée seulement en 1976, après qu’on l’ait trouvé à Londres: c’était un texte de 41 pages achevées, écrit de la main de Zweig, avec un titre raturé et qui sera repris pour la publication; la traduction française date de 2008.

La nouvelle a inspiré un film à Patrice Leconte sous le titre Une promesse, bientôt en salle (16 avril 2014), le premier long-métrage en anglais de Leconte, tourné avec un trio d’acteurs  anglais , dans le château de Thieusie en Belgique, une demeure de 1905 qui correspond parfaitement au cadre du livre qui est censé se dérouler dans la Ruhr, zone industrielle rhénane avant, après et pendant la Grande Guerre. Dans le rôle de l’industriel nous retrouvons Alain Rickman, dans le rôle de la femme, Rebecca Hall et Richard Madden dans le rôle de Ludwig. Voici la bande annonce de ce film qui promet d’être très romanesque et tout en nuances:

http://www.youtube.com/watch?v=CpZSAQwF0cA

Dominique Bona, récemment élue à l’Académie Française a écrit des choses  admirables sur Zweig dans son livre Stefan Zweig, l’ami blesséde 1996 : … sur son personnage de grand bourgeois raffiné, sa politesse surannée, son goût pour les livres rares, sa répugnance pour exhiber son haïssable « moi ». …Il est l’objet d’une vénération alors que ses contemporains sont voués aux oubliettes: Romain Rolland, Verhaeren, Jules Romains, André Gide… Il nous a laissés une oeuvre en nuances et subtilités, habitée par la grâce… Il laisse le lecteur finir lui même ses nouvelles, comme s’il lui donnait  un marchepied pour le rêve… Il nous parle en secret cette douce langue natale qui est celle des espoirs tenaces d’un cœur toujours inassouvi. Il raconte des histoires simples qui ont une profondeur et une densité. Il sonde des vies ordinaires, saisies à tous les âges qui prennent sous sa plume des destinées tragiques… Il a passé sa vie au bord de la neurasthénie et dans la nostalgie du monde d’hier. Tout est gris et noir chez Zweig, tout est morosité, désespoir, illusions perdues…Son suicide est le plus beau témoignage de sa liberté, c’est son refus de pactiser avec le fanatisme. Son modèle, Erasme, lui avait inspiré cette maxime « savoir se préserver du fanatisme« .

Le voyage dans le passé raconte l’amour exalté qu’un jeune homme pauvre éprouvera pour la femme de son patron,  cet amour sera réciproque . Le jeune homme est très ambitieux et très doué et pourra se hisser dans l’échelle sociale sans problème, mais leur histoire sera contrariée par la survenue de la Grande Guerre qui va les séparer   pendant neuf ans;  ils se reverront pour constater les ravages que le temps et la distance auront fait à leur amour. Récit d’une violence souterraine entre raison et sentiments.

C’est une nouvelle élégante, ciselée, pessimiste et magnifique, avec une maîtrise particulière de la langue qui scande des sentiments, qui est riche en épithètes pour décrire les affres de la passion inassouvie, qui est d’un romantisme suranné mais avec  des sentiments fulgurants,  une passion violente et souterraine qui contraste avec un respect des convenances, et assez peu d’action. Dans cette nouvelle, le destin est encore omniprésent et transcende  la volonté des personnages; c’est une histoire d’amour inachevée, tronquée par le destin et érodée par la séparation . Une histoire d’amour, une variation autour de motifs empruntés au Rouge et le Noir et à L’Éducation sentimentale avec le thème de la liberté limitée par les conventions sociales en plus d’une analyse  psychologique profonde, le tout dans un style éblouissant.

ADDENDUM: aujourd’hui 20/04/14, je viens de voir le film de Patrice Leconte. C’est un film élegant, un peu lent, avec des acteurs remarquables et un décor parfait. Mais il lui a mis un « happy end » par rapport à la nouvelle de Zweig. Peut-être que cela rend le film « plus vendable » et que cela rend les gens plus heureux. Le film ignore aussi le fait que Friedrich s’est marié au Mexique…cela change la donne car Charlotte ne se serait probablement pas donnée à lui  dans le cadre d’un adultère. Le monde de Zweig est beaucoup plus désespéré que celui du film.

LE VOYAGE DANS LE PASSÉ, Audio livre 2009,  ISBN 978-2-35641-061-0

Acerca de Roderer de Guillermo Martínez

Guillermo Martínez es un matemático y escritor argentino (Bahía Blanca 1962)  licenciado en Matemática, doctorado en Lógica y con estudios posdoctorales en Oxford.

Le leí Crímenes imperceptibles, novela del 2003, Premio Planeta Argentina,  que fue llevado al cine en el 2008 por Alex de Iglesia bajo el título Los crímenes de Oxford, película destacada con 3 premios Goya, entre los cuales el premio de mejor música original.

 Vi la película y me pareció bastante entretenida y cautivante; fue muy mal acogida en EEUU, valorada como una de las peores películas españolas allí estrenadas. En cuanto al libro, me gustó muchísimo porque le encontré bastante suspenso, con una trama perfecta y un final un poquitín desbocado; se tiene la impresión de « leer inteligente ». El libro fue el tema de una de nuestras reuniones literarias. Aquí va un enlace para ver parte de la película (se puede lograr una segunada parte) gracias a la fabulosa videoteca de Youtube:

http://www.youtube.com/watch?v=TFei3-I5Zcw

También  leí  de este autor La mujer del maestro de 1998 que encontré poco interesante porque poco veraz, con poca acción aunque bien escrito: es la historia de la esposa de un autor conocido e importante que enamora a un escritor principiante. No se sabe si es un enamoramiento a primera vista o un deseo de lo imposible. Otro libro leído fue La muerte lenta de Luciana B del 2007, libro que encontré aún mejor que Crímenes imperceptibles,  con un encadenamiento diabólico, lógico, implacable.

Este pequeño libro de apenas 107 páginas es un libro condensado, que podría calificarse de nouvelle, fue el primer libro publicado por  Guillermo Martínez en 1992. Su lectura me produjo cierta inquietud porque bajo la apariencia de una historia sencilla y lineal, se esconde un mensaje bastante complejo.

 La historia ficcional relata el acercamiento de dos jóvenes argentinos en un pueblo perdido llamado Puente Viejo; los dos muchachos se conocerán durante un partido de ajedrez y luego se verán durante cierto tiempo en el colegio. El narrador no tiene nombre y el otro es Gustavo Roderer, personaje misterioso, complicado, que vive en otro mundo ( el mundo del saber) y que está visible e irremediablemente enfermo. Ambos jóvenes son de una inteligencia superior. Entre ellos no existirá nunca una amistad, sino una especie de emulación intelectual rayana en lo patológico. La temporalidad del relato está claramente marcada por la  alusión a la guerra de las islas Malvinas, o sea, estamos en 1982. La nouvelle terminará con la muerte de Gustavo Roderer aquejado de una grave enfermedad que podría ser un lupus hepático que le auto-fagocitará el hígado provocando atroces sufrimientos. Pero antes de morir, inculcará a su émulo, la idea de dedicarse a las matemáticas. Estos datos hacen pensar que este relato puede llevar mucho de autobiográfico: el lugar geográfico, la edad de los protagonistas, la iniciación en el mundo de las matemáticas, etc.

La  lectura no ficcional de esta  nouvelle , podría ser bastante compleja y  plantearnos la problemática del conocimiento absoluto. La parte ficcional podría representar una idea del mal. En un excelente y críptico trabajo para el no inciado, Alicia Inés Sarmiento, da ciertas claves de lectura de esta primera obra del escritor argentino. Ella plantea que Martínez reelabora uno de los temas tradicionales de la literatura universal: el misterio de la iniquidad o mysterium iniquitatis que es un concepto enigmático que aparece  en la carta de San Pablo a los Tesalonicenses. Gustavo Roderer, el chico enfermo y condenado busca el conocimiento total a través de una lectura y relectura obsesiva de textos variopintos, actividad que lo hace vivir en un estado de vigilia pensante permanente que lo tiene en estado de locura lúcida.

Lectura bastante enigmática, compleja y cerebral donde no hay ningún espacio para la sentimentalidad.

ACERCA DE RODERER,  Booket 2009,  ISBN 978-987-580-343-5