Archive | septembre 2018

Famille parfaite de Lisa Gardner

Famille Parfaite de Lisa Gardner Format Poche  Lisa Gardner est une auteure américaine de polars (Oregon 1956) ayant aussi publié sous le nom de plume « Alicia Scott ». A son actif plusieurs séries : la série FBI profiler (8 titres), la série du Détective D.D. Warren (12 titres) et la série avec le Détective Tessa Leoni dont Famille Parfaite (Touch & Go, 2013) est le deuxième opus  pour le moment (sur 3).

Ce thriller m’a été chaudement recommandé mais je dois avouer que je ne suis pas très emballée par cette lecture. J’ai trouvé que les personnages étaient très antipathiques, très « cliché », caricaturaux et dénoués de valeur morale. J’ai ressenti aussi quelques longueurs dans le texte qui m’ont un peu exaspéré. Puis j’ai trouvé que le tout était un peu gros, peu vraisemblable.

En revanche, par moments le récit devient palpitant, c’est à dire qu’il y a un savoir faire certain de la part de l’auteure. Il y a du rythme et quelques revirements de situation qui captivent l’attention du lecteur.

L’histoire tourne autour de la famille Denbe, une famille américaine modèle et en apparence parfaite : ils sont beaux, ils sont riches, ils donnent l’impression d’être heureux. Lui est un ponte des BTP, à la tête d’une entreprise importante héritée de son père; un homme qui travaille beaucoup et s’absente souvent. Elle est une belle femme qui a fait un excellent mariage qui crée des bijoux en argent et s’occupe beaucoup de sa famille et de sa maison. La fille est une adolescente bien dans sa peau, pas idiote du tout. A la suite d’un adultère commis par le père tout l’édifice va s’écrouler. Peu de temps après ils seront pris en otage par un commando et ce sera la descente aux enfers et le démarrage du thriller.

Les personnages autour de la Police sont peu fouillés, juste esquissés. Par contre la détective Tessa Leoni  et le sheriff Wyatt sont des personnages intéressants; en particulier le sheriff Wyatt qui est un homme du cru,  a du charme et connait sa place. On sent que Leoni et lui se sentent attirés l’un vers l’autre.

C’est intéressant de découvrir l’arrière du décor des grandes entreprises de BTP nord-américaines qui travaillent pour l’État, cela sent la magouille à petite et grande échelle.

Ce polar m’a paru assez longuet et j’ai eu envie d’arrêter la lecture par moments.

FAMILLE PARFAITE, Livre de Poche 34819 (LG 2013),  ISBN 978-2-253-23708-2

Llamadme Alejandra de Espido Freire

Résultat de recherche d'images pour "llamadme alejandra"Espido Freire es el nombre de pluma de María Laura Espido Freire, una escritora y columnista española (Bilbao 1974). La autora fue en 1999 el autor/a más joven (25 años) en obtener el Premio Planeta con su libro Melocotones helados.

Le he leído dos libros a esta autora : Melocotones helados (1999), Premio Planeta, un libro difícil de resumir porque es complejo y algo desordenado pasando de un personaje a otro y de una época a otra de manera un poco confusa; es la historia de tres generaciones, la de los abuelos que tuvieron 2 hijos y una hija que desapareció y cuyo destino se conocerá al final del relato. Los dos hijos se casaron y tuvieron a su vez 2 hijas ambas llamadas Elsa en recuerdo de la hermana desaparecida; para diferenciarlas las llamaban Elsa la grande y Elsa la chica. La grande es pintora y tranquila, la chica es inquieta e insegura y se meterá en una secta de donde le cuesta escapar.  Hay un retorno al pueblo del abuelo(la imagen mítica del pueblo español!) en busca de amparo…El otro libro leído es Soria Mora (2007) que relata una historia de la burguesía inglesa instalada en Tenerife a finales del siglo XIX; no le encontré ningún interés.

Llamadme Alejandra (2017) premiado con el Premio Azorín del mismo año es una lectura que me conmovió. Es la historia algo novelada de la última zarina de Rusia asesinada fríamente con toda su familia por los bolcheviques en julio 1918, en la localidad de Ekaterimburgo.

El verdadero nombre de la zarina Alejandra Feodorovna era Alix de Hesse-Darmstadt nacida en 1872 del Gran Duque de Hesse y de la princesa  Alicia, una hija de la reina Victoria. Alix se casó a los 22 años con el hijo mayor del zar  de Rusia Alejandro III y tomó el nombre de su suegro y de Feodorovna como le correspondía como princesa extranjera. A la muerte del zar Alejandro III su marido accede al trono como Nicolás II y ella es la zarina de todas las Rusias, los esposos se comunicaban en inglés (el francés era aún el idioma de la corte, pero Alejandra no lo dominaba como no dominó nunca bien el ruso).

La zarina tenía un pasado trágico y una salud precaria. Sufría probablemente de problemas psicosomáticos graves con crisis de angustia y de espasmofilia. Tenía pánico ante la muchedumbre y solía vivir bastante reclusa y abocada a sus hijas y marido. Tuvo cuatro hijas sucesivamente, cuatro Grandes Duquesas (Olga, Tatiana, Maria y Anastasia) preciosas y llenas de vida, pero sufrió con no darle al zar un heredero al trono que solo vino con el quinto nacimiento. Al cabo de poco tiempo, cuando se supo que el zarévich estaba enfermo de hemofilia (heredada en los genes de la reina Victoria) la zarina se volvió aún más taciturna, celosa de su intimidad, arisca, enfermiza y alejada de la corte rusa que no se lo perdonaba. A tal punto llegó su desesperación que se volcó hacia una amistad férrea con el monje Rasputín lo que conmocionó a la corte y originó toda clase de especulaciones malévolas.

Con tanto morbo a su alrededor, la zarina no supo ver los cambios que se venían y aconsejar y rodear al zar con ciertas precauciones y prevenirlo de los complots que se tramaban. En enero de 1905, tras la matanza conocida como el Domingo Sangriento a las puertas del Palacio de Invierno, unos 200 000 obreros se reunieron mezclados con sus familias para pedir justicia al zar que no estaba presente. Fue uno de los tíos Romanov, Vladimir, quien dio la orden de tirar contra los manifestantes, matando a un millar de ellos. Esto fue el comienzo de la pérdida de la confianza hacia el zar. Después vinieron más y más traiciones.

Las cuatro preciosas duquesas vivieron casi en cautiverio sin salir jamás de la jaula dorada que se construyó poco a poco alrededor de ellas.

Espido Freire ha dicho que desde sus 8 años se sintió atraída por Alejandra Feodorovna, desde que vio una foto de ella que encontró tan triste. La escritora hace también un paralelismo con el destino también trágico de otra reina mal amada por los franceses : Maria Antonieta.

Encontré que este libro resalta muy bien el dolor moral permanente de la zarina con los sufrimientos que tuvo en su aislamiento y reclusión. El libro está armado como una confesión hacia sus adoradas hijas y esposo. Hay algunos capítulos sin interés donde las duquesas hablan de su vida diaria y de sus preocupaciones futiles y normales para su edad y rango.

El testigo invisible de Carmen Posadas (2013) evoca también el fin de los Romanov, en un estilo ameno e interesante, pero esta vez el relato lo lleva un deshollinador del palacio que acompañará a los zares durante una parte del cautiverio, por lo que los hechos tienen cierto distanciamiento. En el libro de Espido Freire los hechos suenan más dolorosos, más insoportables.

LLAMADME ALEJANDRA, Booket 2794 2018 (EF 2017),  ISBN 978-84-08-18150-7

Le lambeau de Philippe Lançon

Résultat de recherche d'images pour "le lambeau"Philippe Lançon est un journaliste et écrivain français (Vanves 1963). Il était présent à Charlie Hebdo lors de la conférence de rédaction du 7 janvier 2015 quand a eu lieu l’attentat terroriste; lors de l’attentat une balle lui a arraché la mâchoire inférieure ce qui a nécessité 10 mois d’hospitalisation et pas loin de 17 interventions pour lui redonner un menton. Ce massacre, perpetré par les frères Kouachi a fait 11 morts et 4 blessés.

Le lambeau est un livre qui a nécessité 2 ans de préparation avant de trouver le ton qui convenait. Je dois avouer que quand on me l’a proposé à lire, j’ai ressenti une énorme réticence, une incontournable répulsion à lire l’horreur de l’attentat et à le vivre une deuxième fois. Puis, c’est l’insistance de l’amie prêteuse qui m’a fait accepter le challenge. Je la remercie ici car c’est un livre remarquablement et intelligemment écrit sur une expérience atroce décrite avec des mots justes et une évidente distanciation. C’est un livre important qui véhicule beaucoup d’autres choses sur la vie, l’amitié, les amours, les livres, la musique.

Le titre du livre est bien trouvé : Le lambeau est le lambeau cutané prélevé sur un mollet qui a servi à recouvrir cette néo-mâchoire (elle même retaillée à partir de l’un de ses péronés !) qui a permis de le sortir du statut de « gueule cassée » auquel il aurait été destiné sans la dextérité et la prouesse de SA chirurgienne et son équipe, chirurgienne appelée Chloé dans le roman. Il est connu que le lien entre soignés et soignants est tissé de choses très personnelles, avec quelques transferts de part et d’autre, mais le soigné Lançon précise bien  qu’entre Chloé et lui le lien était d’ordre vital et non sentimental.

Les 10 mois d’hospitalisation ont été un calvaire vécu avec courage et entouré de rapports humains de qualité à tous les niveaux. C’est certain que cela aide à tenir, ainsi que la musique de Bach et certaines oeuvres littéraires utilisées par Lançon. La nécessité permanente de beaucoup d’antalgiques morphiniques donne un côté onirique aux digressions de Lançon par moments; ces moments entre deux sommeils forcés qu’il faut peupler avec de l’activité cérébrale pour ne pas sombrer.

Sa reconnaissance sincère au personnel soignant ressort de belle façon dans ce récit. Son attachement à SA chirurgienne, une professionnelle qui se livre peu car elle doit se protéger aussi. Elle qui a été l’artisane absolue de sa reconstruction, la « porte-action » du Service de chirurgie par qui le travail sera jugé, analysé.

Le livre est aussi une ode aux infirmières, toutes les infirmières qui l’ont approché, soigné, donné du réconfort chacune à leur manière, avec leur personnalités si diverses, avec bienveillance et générosité.

Philippe Lançon nous livre son expérience avec un certain détachement et cela passe très bien. Dans sa vie maintenant il va y avoir un avant et un après toute la souffrance qu’il a du surmonter (page 129…mas moi, je ne souffrais pas: j’étais la souffrance. Vivre à l’intérieur de la souffrance, entièrement, ne plus être déterminé que par elle, ce n’est pas souffrir : c’est autre chose, une modification complète de l’être. Je sentais que je me détachais de tout ce que je voyais et de moi même pour mieux le digérer).

Le 8 février, soit le lendemain de l’attentat, en rentrant dans sa chambre N°106 à La Pitié, le très meurtri et probablement « ensuqué » Philippe Lançon, pensait entre les tuyaux qu’il avait partout à une phrase de Pascal ! A une phrase de Pascal à ce moment précis ? Pardi, mais c’est un surhomme s’il arrive à avoir des pensées à un moment si dramatique.

Au début et à la fin du livre il est question de Michel Houellebecq  et de son livre Soumission. Les deux hommes vont se rencontrer bien après l’attentat et Houellebecq va lui citer des paroles de Matthieu…Et ce sont les violents qui l’emporteront (cf Matthieu 11.12 depuis les jours de Jean Baptiste, jusqu’à présent, le royaume des cieux est soumis à la violence, et ce sont les violents qui s’en emparent).

Et le livre se termine en novembre 2015 avec un nouvel attentat au Bataclan faisant 137 morts. Sans commentaire.

LE LAMBEAU, Gallimard 2018,  ISBN978-2-07-268907-9

El monarca de las sombras de Javier Cercas

Résultat de recherche d'images pour "el monarca de las sombras"Javier Cercas Mena es un columnista y escritor español (Ibahernando-Extremadura 1962), licenciado y doctorado en Filología Hispánica. Su obra tiene la particularidad de mezclar los géneros literarios (crónica/ensayo con ficción) y el resultado son novelas testimonio.

En el 2001 su estupenda novela Los soldados de Salamina lo lanzó al estrellato; una novela que fue llevada al cine en 2002 por su amigo David Trueba. Es una novela que ha sido reconocida con muchos premios aunque ninguno emanando de las grandes editoriales que dejaron pasar una pepita de este tamaño, es un libro que funcionó de boca en boca. Es una novela escrita en primera persona, el propio Javier Cercas, y catalogada como novela-facción, un término que aúna facto(hecho) con ficción. La trama desarrolla entorno al fallido fusilamiento del ideólogo de Falange, Rafael Sánchez Mazas, el brazo derecho de José Antonio Primo de Rivera.  El narrador Javier Cercas se pregunta acerca de lo que estaría pensando el miliciano cuando no disparó sobre Sánchez Mazas. En el libro, es el chileno Roberto Bolaño quien procura al narrador algún índice para buscar al soldado republicano, refugiado en Francia.

Otros libros leídos al autor : El inquilino (1989) más bien cuento que novela,  un texto enigmático y muy bien armado entorno a la reencarnación de un profesor italiano que profesa en una universidad norteamericana, quien, después de una fea caída y de la lectura de un texto escrito por un alter ego, se desdobla y vive durante una semana la vida del alter ego hasta que se despierta y capta que lo ha soñado todo. Y también la novela La velocidad de la luz (2005) que encontré excelente y compleja, interesante y bastante original, con dos historias encajadas como las cajas chinas (una historia dentro de la otra historia): un español aspirante a escritor parte a los EEUU para hacer una ayudantía; allá conocerá mucha gente y entre ella, a un veterano del Viet Nam, medio loco, erudito, maleado por la guerra. Después de un trágico accidente el español pierde mujer e hijo y su culpabilidad le hace bajar a los infiernos. Quince años después volverá a los EEUU en pos de su amigo medio loco y sabrá que se suicidó hacen solo 4 meses…Escribe un libro sobre esto y está al paso de empezar una relación con la viuda de su amigo, pero ella lo rechaza.

El monarca de las sombras (2017) es un libro que me interesó a pesar de ser OTRO libro más sobre la funesta Guerra Civil Española. Ya no los soporto y entiendo que los españoles eludan el tema porque siguen divididos y no se han curado del mal. Pero el libro de Cercas tiene un enfoque original y se pone ameno cuando se trata de explicar los pasos que da el narrador en sus averiguaciones sobre su antepasado, el tío abuelo Manuel Mena, que sacrificó su vida a los 19 años por las huestes falangistas. El narrador Cercas investiga sobre este antepasado, pero le molesta el hecho que fuera un falangista. De a poco y con dificultad irá sabiendo cosas y comprendiendo al final que el muchacho de entonces muerto en el campo de batalla en septiembre 1938 (batalla del Ebro), murió por nada. Por haber escogido un bando, por haber puesto el pecho por la Patria y por haber impedido que otro hermano suyo fuera incorporado en su lugar.

El descriptivo de esta guerra fratricida me produjo desasosiego (y me lo salté casi todo) porque ya lo he leído y con una vez basta y sobra : es atroz y seguirá siendo atroz por donde se le mire porque el lado bélico no fue siempre puro. Página 88 se lee…entonces se mataba por cualquier cosa. Por rencillas. Por envidias. Porque uno tenía cuatro palabras con otro. Por cualquier cosa. Así fue la guerra. La gente dice ahora que era la política, pero no era la política. No sólo. Alguien decía que había que ir a por uno y se iba a por él. 

La búsqueda del narrador Cercas sobre su antepasado Manuel Mena culmina cuando Cercas descubre de manera tangible lo que fue Manuel Mena 80 años atrás en 1938. Página 223 el texto es muy bonito, se lee…sólo entonces sentí que Manuel Mena dejaba de ser para mí una figura borrosa y lejana, tan rígida, fría y abstracta como una estatua, una fúnebre leyenda de familia reducida a un retrato confinado en el silencio polvoriento de un desván polvoriento de la desierta casa familiar, el símbolo de todos los errores y las responsabilidades y la culpa y la vergüenza y la miseria y la muerte y las derrotas y el espanto y la suciedad y las lágrimas y el sacrificio y la pasión y el deshonor de mis antepasados, para convertirse en un hombre de carne y hueso, en un simple muchacho pundonoroso y desengañado de sus ideales y en un soldado perdido en una guerra ajena, que ya no sabía por qué luchaba…

Cuando el narrador entiende esto, acepta escribir sobre Manuel Mena. Y aquí tenemos este libro-testimonio con una impecable calidad de escritura.

Gracias Graciela B. por tu regalo.

EL MONARCA , Literatura Random House 2017,  ISBN 978-84-397-3257-0

Deuil interdit de Michael Connelly

 

Résultat de recherche d'images pour "deuil interdit"Michael Connelly est un très grand auteur de polars nord-américain (Philadelphie 1956) ; c’est le « père »  du  detective de LAPD Hyeronimus Bosch, alias Harry Bosch, que j’affectionne particulièrement parce que sa personnalité taciturne me plait. Connelly est un écrivain très prolifique avec une publication par an et parfois jusqu’à deux.  Je crois qu’à la date d’aujourd’hui il arrive à plus de 28 publications depuis 1992.

C’est le cinquième livre de Connelly publié dans ce blog après : La lune était noire (2000) en juillet 2013, Le cinquième témoin (2011) en février 2015, Mariachi Plaza (2014) en août 2017, et Le dernier Coyote (1995) en juillet 2018.

Deuil Interdit (The Closers 2005) est un excellent Connelly que je n’avais pas lu. Je l’ai trouvé excellent non tant par l’intrigue policière que par le traitement subi par Harry Bosch qui va reprendre du service à LAPD, trois ans après sa mise à la retraite. Le nouveau chef de la police Pratt fera appel à lui parce que son ancienne coéquipière, Kizmin Rider a demandé le retour de Bosch; ils seront affectés tous les deux aux Affaires non résolues.

Ainsi, 17 années après, ils vont s’atteler à élucider le crime de Rebecca Verloren, 16 ans, assassinée par balle tout près de sa maison. Ce crime non résolu marquera terriblement la famille Verloren. Le père était un restaurateur connu, Rebecca était une fille unique, choyée. Le père perdra le restaurant, les parents divorceront, le père tombera dans l’alcoolisme et deviendra SDF, la mère frôlera la folie…

Le tandem Bosch-Rider se mettra au travail et se fera aider par les nouvelles méthodes de la police en matière d’écoute, de fichiers, d’ADN.

Ce qui m’a paru intéressant et fort dans cet opus est l’arrière du décor.

D’abord, l’ancien chef de Bosch, Irvin Irving va littéralement le harceler, l’insulter, le mépriser méchamment lorsqu’il apprendra que Bosch a réintégré la police (sans témoins, of course). Il faut dire que Irving a été remercié et muté de son poste de chef de la police et que sa hiérarchie l’a mis à la tête du bureau de planification stratégique, autrement dit, dans une voie de garage…Et il a une dent féroce contre cet électron libre qu’ a toujours été Bosch.

Le premier jour de reprise de Bosch il s’arrange pour le coincer à la cafétéria et lui dit: »oui, c’est au bureau de planification que je suis, mais pas pour longtemps. Pas quand on fait revenir des types comme vous dans la police. Parce que vous savez ce que vous êtes, n’est-ce pas, Bosch? Vous êtes du rechapé. Le nouveau chef aime bien mettre des pneus rechapés à sa voiture. Sauf que vous savez ce qui arrive avec les pneus rechapés? Ils lâchent aux rainures. Alors vous voyez, Bosch? Vous êtes mon billet de retour. Parce que vous allez merder…si je peux m’exprimer ainsi. C’est votre passé qui le dit. C’est dans votre nature. C’est garanti. Et quand vous vous foutrez dedans, ce sera notre nouveau chef qui, aussi illustre qu’il soit, merdera lui aussi d’avoir collé un rechapé de quatre sous. Et quand ses actions plongeront, ce seront les miennes qui remonteront. Je suis patient moi? Ça fait 40 ans que j’attends. Je peux attendre encore un peu… »

Incroyable de méchanceté.

Mais il se trouve que cette affaire non résolue impliquant Rebecca Verloren va très vite dégager des relents de racisme, piste qui avait été soigneusement occultée par la police d’alors dont le chef était…Irving.

De fil en aiguille et après pas mal de souffrances le binôme Rider-Bosch va faire des étincelles et progresser. Tous les deux sont brillants et dévoués. Kiz Rider sait manipuler la loi et la paperasse. Bosch est un intuitif avec toujours cette fâcheuse tendance à faire bande à part sans jamais ménager sa peine ni ses risques.

L’attention est maintenue tout au long du roman jusqu’au dénouement final. Un régal.

Ayant regardé tout récemment l’excellente série Bosch (Titus Welliver inoubliable dans le titre-rôle), quelle n’a été ma surprise en découvrant que Irvin Irving était noir dans cette série. Ils ont rajouté dans le script américain tout un pathos personnel autour du chef de la police qui était à ce moment Irving, un pathos qui rajoute tout un pan d’histoire inédit et inventé. Pourquoi? Pour faire politiquement correct en enlevant le côté racial de l’affaire Verloren et blanchir ce côté délicat de LAPD?

DEUIL INTERDIT, Coll Points P1476 (2013), (MC 2005),  ISBN 978-2-7578-3709-2

Historia de un caracol que descubrió la importancia de la lentitud de Luis Sepúlveda

 

Résultat de recherche d'images pour "historia de un caracol que descubrio"Luis Sepúlveda es un escritor, periodista y cineasta chileno (Ovalle 1949-Oviedo 2020), autor de cuentos y novelas. El hombre fue un verdadero globe- trotter entre los años 1983 y 1988. Desde 1997, el escritor reside en Gijón, España.

Como escritor, saltó a la fama en 1992 con su precioso libro Un viejo que leía novelas de amor, una novela que fue el resultado de la convivencia durante 7 meses con los indios shuar o jíbaros en la selva ecuatoriana. Este libro fue llevado dos veces al cine : por el chileno Miguel Littin en el 2000 y por el australiano Rolf de Heer en el 2001, película que vi y que me gustó, con Richard Dreyfuss en el papel del viejo; el libro se vendió a más de 18 millones de ejemplares y  fue traducido a 14 idiomas.

Le he leído muchos libros, aunque puedo encontrarlos algo desiguales en interés; en todo caso  me gusta su escritura sencilla, llena de anécdotas y aferrada a un realismo social y geográfico; la escritura de Sepúlveda  aparece como una evolución del neorrealismo hacia nuevas tendencias.

Comenté en octubre 2016 su compendio de 12 cuentos La Lámpara de Aladino (2008), varios de los cuentos me resultaron muy bonitos.

Historia de un caracol (reduciremos el título) es un lindo cuento-fábula de menos de 100 páginas y con letra grande lo que facilita la lectura. Es una parábola que nos lleva a pensar que la curiosidad puede mover al mundo, que el orden establecido puede cambiar, que la memoria ayuda a comprender las cosas, que la reflexión necesita tomarse el tiempo de escuchar a los otros.

En un prado viven los caracoles bajo los acantos y se nutren de la planta « dientes de dragón », no tienen más mundo ni ambiciones. pero un día un joven caracol se va a preguntar por qué el no tiene nombre y para qué servirá su lentitud. Entonces emprenderá un « gran » viaje a través del prado donde encontrará a una tortuga que le parecerá muy rápida (todo es relativo en este mundo) y que se llama Memoria; la tortuga le pondrá de nombre Rebelde y lo llevará a cuestas hasta ubicar al búho que representa la sabiduría.

Este pequeño e insignificante viaje abrirá los ojos a Rebelde porque se dará cuenta que vendrán cambios radicales en su habitat : los humanos están asfaltando una carretera que va a terminar con el predio donde viven los caracoles. Rebelde los va a incitar a moverse lo que no será siempre bienvenido y habrá descontento en algunos.

Será entonces el viaje iniciático del intrépido y valiente Rebelde quien gracias a su curiosidad salvará a una parte de su comunidad de los raudos y estrepitosos humanos. Quod erat demonstrandum.

HISTORIA DE, Tusquets 2018,  ISBN 978-84-9066-540-4

Plateau de Franck Bouysse

 

Résultat de recherche d'images pour "plateau franck bouysse"Franck Bouysse est un écrivain français de romans noirs (Brive-la Gaillarde 1965); il se dédie à l’écriture de façon exclusive depuis 2004.

Grossir le ciel (2014) est  son neuvième roman, livre qui m’a permis de découvrir cet auteur dont j’ai beaucoup apprécié la lecture.  J’en ai écrit un billet en juillet 2018 et c’est le livre qui m’a fait approcher le style poétique et si personnel de Bouysse, avec dans Grossir le ciel un terroir cévenol terriblement prenant, avec des personnages forts et un contenu plutôt âpre.

Plateau (2015) a reçu le Prix Chapel 2016 en Belgique et le Prix de la ville de Brive 2016, c’est un autre thriller psychologique très fort, un peu dans la veine de Grossir le ciel mais dans un autre décor rural : cette fois il s’agit du Plateau de Millevaches en Haute Corrèze dans le hameau de Toy avec 32 âmes à tout casser.

Dans Plateau nous avons  plus de personnages, encore une fois des taiseux, des ruraux endurcis à la tâche et attachés à leur sol, les derniers survivants d’une espèce bientôt disparue. Des gens entiers, détenteurs de secrets, des gens rudes et néanmoins très attachants. Des gens vrais décrits avec le souci du détail dans leur vie quotidienne.

Les personnages sont Virgile et Judith, des paysans âgés sans enfant qui vont affronter leur fin de vie avec courage et sans se dérober. Ils ont élevé Georges, le neveu de Virgile qui a perdu ses parents dans un accident de la route lorsqu’il avait 4 ans, Georges qui voulait sortir de l’état de paysan mais qui devra s’installer sur la ferme de ses parents sans occuper la maison, sur une caravane calée sur des parpaings. Corine, une nièce de Judith, malmenée par un mari qui la bat demandera asile à sa tante pendant quelque temps. Karl, un ancien boxeur assez mystique dont on ne sait rien et qui sera leur voisin le plus proche et le seul « ami » de Virgile. Et enfin, un mystérieux chasseur cagoulé qui rôde dans le hameau. C’est évident, l’arrivée de Corine va semer le trouble dans cet enclos, elle est à l’origine de changements irréversibles.

Tout ceci baigne dans un huis clos étouffant peuplé de non-dits et de secrets qui seront dévoilés au fil de la lecture.

La prose de Bouysse est toujours aussi riche, métaphorique, ornée de mots rares en accord avec l’habitat, c’est une orgie lexicale peut-être un peu trop surabondante et qui noie par moments le récit. Mais quel feu d’artifice ! Quelle psychologie aussi pour définir ses personnages et les lieux.

Un échantillon de la prose de l’auteur (il décrit le Plateau)…la roche affleure bien souvent, distançant ajoncs, callunes et toutes sortes d’herbes faméliques. Les arbres, quand il y en a, on ne sait dans quelle matière ni jusqu’où ils vont puiser le sens de leur vie, dans quelle terre ruissellent leurs racines, sur quel magma la graine a bien pu germer et enfanter, avec l’unique projet de subir le vent, le froid, la neige et parfois la brûlure. Là où la mort modèle la vie jusqu’à la déraison. Là où des rochers se dressent vers le ciel, desquels dévalent des ombres impénitentes et se retirent en terre sainte. Là où le vent se laisse aller à parfaire les sons pour rien d’humain. Là où des peureuses sirènes viennent et repartent, leurs voix atones disparaissant dans la canopée torturée par la brise. Où de pauvres graals emplis de sève et de sang sont attirés par un même coeur enfoui dans le tréfonds de la terre. Où l’alternance des saisons bride les espoirs de ce monde. Où la seule obsession de la fleur visitée par l’abeille est de faire face à l’hiver glacé. Là. Où la pluie ruisselle sur des tuiles d’écorce pour s’en aller rejoindre de profondes citernes…

Franck Bouysse est un auteur de textes envoûtants, ensorcelants quelque peu hypnotiques et qu’il faudrait déguster avec parcimonie et sûrement relire. Comme il faut doser son plaisir, j’attendrai un peu avant d’entamer Glaise qui attend sagement sur mes étageres (et qui se passe en Auvergne, terre chère à mon coeur).

PLATEAU, Le Livre de Poche 34455, 2017 (FB 2016),  ISBN 978-2-253-16417-3