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Necrópolis de Santiago Gamboa

Santiago Gamboa  Santiago Gamboa es un escritor, filólogo, diplomático y periodista colombiano (Bogotá 1965).

Necrópolis (2009) fue recompensado con el V Premio La Otra Orilla 2009 más otras nominaciones. Es un libro bastante impresionante por su estructura y su contenido, la calidad de la escritura es muy buena aunque no me interesaron ciertos tópicos, pero sí, la manera de tratarlos. El vocabulario es también de buen nivel. Un libro que impresiona y que muestra cierta originalidad en la armazón.

Un joven escritor colombiano residente en Roma, convalescente después de una larga enfermedad, es invitado a participar a un Congreso, el CIBM (Congreso Internacional de Biografías y de la Memoria) en la ciudad de Jerusalén, una ciudad aquí más bien metafórica  y en plena guerra (…el valle de Josefat, donde sonarán las Trompetas  del Juicio Final, pues esta ciudad, en el fondo, está hecha para la muerte. de todos por igual. Por eso es la gran necrópolis de Oriente y Occidente, página 369).

Los otros invitados al Congreso son heteróclitos : un anticuario, un bibliófilo Miret Supervielle, una star italiana del porno Sabina Vedovalli, un historiador bibliófilo y un ex pastor evangélico José Maturana, ex drogadicto y ex reo. Cada participante narra su vida, son vidas dispares y puntos de vista diferentes que acaparan la atención del escritor y le dan material para un libro futuro.

La construcción del libro es algo complicada con historias tan dispares y narradas por momentos en un estilo denso que se asemeja al flujo de consciencia, con varios narradores y unos egos sobredimensionados que se afrontarán en un lugar tan mítico y fuera del tiempo como es Jerusalén, la ciudad de todas las historias y de todas la guerras. Es una novela que rebosa de energía y que por momentos me hacía pensar en la obra de David Foster Wallace La infinita Comedia, con temas comunes como la droga, los universos cerrados y decadentes. Un tipo de novela total con una retahila de vidas locas y también una novela tan vasta y densa  que ambas son inclasables entre género policial, ensayo y temáticas específicas como la guerra, la pornografía, el ajedrez (el tennis en la novela del norteamericano), la droga, mucha droga y decadencia.

Es difícil resumir un tal libro (452 páginas) porque da para mucho y el resumen quedaría corto para tanto contenido, baste decir que son historias entrecruzadas y muy detalladas, muy fuertes, muy inhumanas. El capítulo dedicado a la actriz del porno reboza de situaciones escabrosas, pero era ineludible relatarlas porque más allá de su experiencia como actriz, es una mujer que le da cierta dignidad al oficio y tiene muy bien puesta la cabeza sobre los hombros; hasta va a proponer escribir un guión al escritor colombiano para escenificar la vida de su marido.

El personaje que sale menos retratado en el relato es el del escritor, pero probablemente que era necesario usarlo como eje para hilvanar las historias que podrían narrarse como cuentos separados porque no hay nexo entre ellas. Es una obra muy metaliteraria también con una importante citación de libros y autores, desde los clásicos hasta los más modernos y contemporáneos, reflejando la cultura literaria de Santiago Gamboa.

NECRÓPOLIS, La Otra Orilla 2009,  ISBN 978-84-92451-64-7

L’Infinie Comédie de David Foster Wallace

Résultat de recherche d'images pour "infinite jest david foster wallace"" David Foster Wallace (Foster par sa mère) est un écrivain nord-américain (N. York 1962-Californie 2008), professeur universitaire d’Anglais et d’écriture littéraire; un écrivain dépressif de longue date qui s’est donné la mort par pendaison à l’âge de 46 ans à son domicile . Pendant son adolescence il fut champion junior de tennis.

L’auteur Foster Wallace s’est intéressé à la solitude de l’homme moderne nord-américain (qu’il nomme état-unien) chez qui prime la suprématie du Divertissement, le goût du spectacle bling-bling sur fond de surconsommation de drogues et d’addictions en tout genre. C’est l’évocation d’un monde malade, violent, sans but réel dans l’existence. Le propre écrivain résumait le thème du livre dans une entrevue par le mot Divertissement.

L’infinie Comédie (Infinite Jest) a nécessité 5 années d’écriture et fut publié aux USA en 1996. En France, la traduction n’a pu paraître qu’en 2015 tenant compte des énormes difficultés de traduction de ce pavé de 1328 pages plus 380 pages de renvoi de texte en fin de livre et voulues par l’écrivain afin d’alléger un pavé qui était déjà très lourd. Une pensée admirative pour le travail réalisé par Francis Kerline pour la traduction du livre et Charles Recoursé pour les notes explicatives

A propos de lourdeur, je dois confesser que j’ai eu du mal physiquement avec ce livre qui a réveillé une vieille tendinite aux 2 bras contractée après lecture d’un autre pavé…j’ai du continuer la lecture avec un livre en position horizontale et moi assise afin d’éviter la contracture. Car la bête pèse 1 kilo 300 grammes et la lecture est longue…

Ce livre est une dystopie de littérature postmoderne, un livre fleuve dans un futur proche avec une Amérique du Nord unifiée (USA, Mexique, Canada) mais il est très peu question du Mexique dans le roman.

Le titre Infinite Jest ferait allusion à une tirade dans Hamlet de Shakespeare quand le dit Hamlet tient en main le crâne de Yorick, a fellow of infinite jest, une des scènes les plus connues du divin William.

Ai-je aimé le livre? Mon Dieu, NON ! à aucun moment. Mais je reste admirative devant la performance: d’abord, la structure du livre, à aucune autre pareille, sans une histoire linéaire, mais au fil de pages, dégageant une vraie force  avec une richesse de vocabulaire défiant toute concurrence, une rupture permanente du langage selon la personne qui parle. Le langage est d’une grande précision, avec de temps en temps des raptus d’une grande drôlerie un peu lourde et qui va jusqu’à la cruauté, assez originale.

En gros, j’ai trouvé 4 pôles importants dans ce livre: 1) la famille nord-américaine Incandenza;  2) l’Académie de tennis élitiste de Boston;  3) le monde de la dépendance (drogues et alcool) au sein du Centre de Désintoxication et  4) les terroristes canadiens dissidents, ou le sujet politique du roman.

La famille Incandenza est un ramassis de tarés. Le père James Incandenza est un physicien et un cinéaste expérimental assez reconnu, c’est le fondateur de cette Académie de tennis, un personnage sans profondeur dans la narration, alcoolique au dernier degré et dément à la fin de sa vie. En lisant les titres de ses réalisations et en lisant la teneur de ses scénarios, on comprend qu’il est plus que perturbé;  il va se donner la mort de façon atroce et grotesque et le lecteur se demande quelles abominations il devait assumer pour en arriver là. Les choses sont suffisamment suggérées dans le roman pour que le lecteur se fasse une opinion, sinon précise, au moins proche. La mère appelée la Moms, mesure 2 mètres et à 50 ans est encore une femme séduisante, docteur ès lettres et sciences, d’origine québécoise, mais totalement toxique et cachottière, elle est directrice dans l’Académie. Le couple a 3 fils: l’aîné, Orin est un ancien de l’Académie de tennis, reconverti dans le football américain  car il avait compris qu’il n’atteindrait pas le plus haut niveau du tennis, appelé le Show, là où les rares élus atteignent une sorte de Nirvana absolu. Le deuxième fils est Mario, un être difforme, limité en parole mais non idiot, c’est le seul qui s’intéresse au métier du père. Et le dernier fils est Hal, interne au sein de l’Académie, un adolescent destiné à être parmi les meilleurs du tennis, qui vit pour plaire à sa mère et pour se droguer en cachette. Il n’y a aucun personnage normal dans cette famille.

L’Académie de tennis est un prétexte pour nous parler du milieu du tennis et de la compétition (ce mythe de la compétition et de l’excellence qu’on inculque aux joueurs, ce mythe, ils croient toujours que l’efficacité, c’est d’aller de l’avant, de foncer. Le principe selon lequel le plus court chemin d’un point à un autre, c’est la ligne droite). Il y a une description minutieuse de ce monde où chaque pas est programmé au prix d’un effort souvent surhumain et au prix de sacrifices importants sur la vie privée de chacun. C’est un univers impitoyable, d’une compétitivité folle où les élus sont peu nombreux. On a droit aussi à une description un peu moins fournie sur le football américain que pratique Orin, un autre monde différent et aussi dur, fermé et un peu plus bestial.

Le monde de la dépendance (alcool et drogues) est représenté par le Centre de Désintoxication connu comme Ennet House situé pas loin de l’Académie de tennis, où règne une ambiance surréaliste qui accueille des gens en perdition totale. J’ai trouvé intéressants les récits de ces gens pour qui la vie est un enfer et pour qui, dans la plupart des cas, en viennent à la dépendance après une enfance à problèmes. Il y a dans le lot, un rescapé de la drogue/alcool, Don Gately, reconverti en surveillant du centre qui a une histoire incroyable (comme tous les autres), mais qui se dévoue aux gens et va se voir impliqué dans une scène dantesque du livre, digne de Tarantino. C’est sur la vie de ce personnage que s’achève ce livre.

L’union de cette Amérique du Nord et dans son sein des canadiens dissidents et terroristes, est un thème assez mal approfondi. Ils sont tous estropiés, amputés des membres inférieurs car jeunes, ils jouaient à s’approcher d’un train le plus possible. Ils sont si nombreux qu’ils forment une petite armada contre les détestés états-uniens. Ils les détestent si fort qu’ils veulent s’approprier d’une cassette que James Incandenza aurait tourné, appelée Infinite Jest ou plaisir sans fin, qui rend les gens définitivement dépendants jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Page 118 l’écrivain Foster Wallace donne un aperçu sur l’Europe …le problème de Schtitt (coach de tennis d’origine autrichienne), comme maints européens de sa génération attachés depuis l’enfance à certaines valeurs permanentes qui peuvent être teintées d’un vague potentiel protofasciste mais sont néanmoins bien ancrées dans l’âme et le mode de vie, ces idées patriarcales du Vieux Monde, telles que l’honneur, la discipline et la fidélité à une entité plus grande. Ou page 535 … Que la CEE paie son propre système de défense à partir de maintenant. Qu’ils y aillent de leur propre budget et on verra s’ils peuvent encore subventionner leurs paysans. Qu’ils bouffent leur beurre avec leurs propres armes pour changer.

Il y a par ailleurs dans ce livre une information détaillée sur le tennis, les drogues dures et moins dures, les effets cliniques des dépendances, etc. J’avoue avoir sauté des pages de description technique qui ne m’intéressaient pas. Mais il y a aussi beaucoup d’autres choses à découvrir.

Ce fut une lecture épuisante (et c’est une des singularités du livre) avec un langage différent selon la personne qui parle; je n’ai pas supporté le langage de certains camés qui ramènent les échanges oraux au langage archaïque de l’âge de pierre. Une autre singularité est la surabondance d’abréviations, probablement une marotte de l’auteur.

Oui, une lecture épuisante qui d’après ce que j’ai lu, sépare les avis entre ceux qui crient au chef d’oeuvre et ceux qui proclament que c’est wholly unreadable. Je me situe entre les deux, considérant que c’est une lecture intéressante mais fatigante et profondément triste d’un monde assez ravagé, grotesque et névrosé, malsain aussi, obnubilé par la performance, gérant le mal être et le stress par une surconsommation de psychotropes.

 

David Foster Wallace désabusé de son monde

L’Infinie Comédie, Éditions de l’Olivier 2015 (CFW 1996),  ISBN 978-2-87929-982-2

Fractura de Andrés Neuman

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Andrés Neuman nació en Buenos Aires en 1977; a los 14 años se radicó en Granada con sus padres donde cursó estudios secundarios y luego Filología hispánica, con un doctorado en esta materia. Es un escritor, poeta, cuentista, autor de aforismos; actualmente es columnista en la Revista Ñ del diario Clarín y también del suplemento cultural del diario ABC en España. Tiene un excelente blog en español, considerado como uno de los mejores blogs en este idioma que les invito a descubrir : Microrréplicas :http://andresneuman.blogspot.fr/

Fue destacado por la lista Bogotá-39 del año 2007 como uno de los mejores autores latinoamericanos de menos de 39 años. Ha sido también galardonado con el Premio Alfaguara 2009 y semi-finalista del Premio Rómulo Gallegos por El viajero del siglo (2009), una novela total elegida entre las 5 mejores del año en lengua española por los críticos del diario El País; fue también dos veces semi finalista del Herralde con Bariloche en 1999 y Una vez Argentina en 2003 y finalista del Nadal en 1999 con Levantar ciudades.

Es el séptimo libro de Andrés Neuman que reseño en este blog, casi todo lo leído me ha gustado y encuentro que tiene un estilo bien personal: ultra escueto, condensado. Será por eso que los aforismos se le dan muy bien.  Me queda por leer El viajero del siglo, detentor de dos premios, un libro muy elogiado.

Fractura (2017)  necesitó 7 años de escritura, ha sido Finalista del Premio San Clemente; podría ser una novela total a través del ciclo de vida completo del protagonista Yoshie Watanabe (un apellido muy común en Japón), un sobreviviente de la bomba de Hiroshima. El título y la portada ilustran muy bien el contenido del libro con una metáfora muy bonita con la palabra japonesa kintsugi que consiste en la reparación de un objeto en cerámica quebrado con un barniz de resina o de polvo de oro o de plata, dejando bien expuestas las « cicatrices » en vez de esconderlas, una manera de otorgarle una nueva belleza.

Andrés Neuman  se inspiró, entre otras cosas, en una historia real para escribir este libro, la historia del señor Tsutomu Yamaguchi que sobrevivió a las dos bombas atómicas : estaba el 6 de agosto en Hiroshima cuando explotó la bomba, cogió un tren a tiempo para estar en Nagasaki y contarle a su familia el horror que acababa de presenciar, le tocó contemplar la segunda bomba, sobrevivir a las dos y morir con casi 100 años ! Como dice el escritor Neuman, tuvo la mejor mala suerte del mundo o la peor mala suerte de la Historia.

El libro comienza y termina en Japón. Yoshie Watanabe es un crío cuando ve morir a su padre aplastado por un árbol en el momento de la deflagración atómica en Hiroshima. La madre y las dos hermanas mueren en Nagasaki con la otra bomba. Unos tíos se preocupan de criarlo. Queda dañado con cicatrices en los brazos y en la espalda. No habla del accidente, no lo saca a relucir como tantos otros damnificados que prefieren callar el episodio traumático.

Yoshie desea estudiar en Francia y con sacrificio, su tío lo envía a Paris a estudiar administración de empresas; en Paris vivirá su primer amor con Violet en los años 60. Tendrá buena situación económica en una empresa nipona de electrónica. Luego aceptará un traslado a Nueva York donde conocerá a la periodista Lorrie con quien convivirá durante los años 70 y será su primera pareja seria. En la década del 80 será trasladado a Buenos Aires donde vivirá los años difíciles de la post dictadura y de la crisis económica, tendrá pareja con Mariela una intérprete y traductora porteña con quien tendrá cierta vida familiar ya que Yoshie acepta de convivir con el pasado familiar de Mariela. Finalmente terminará su carrera en Madrid donde hará pareja con Carmen, una fisioterapeuta, será un amor otoñal quizás el más conmovedor.

Con todas sus mujeres Yoshie se lleva bien , cada una de ellas le ha enseñado a vivir, a crecer y a gozar con culturas diferentes. Cada mujer corresponde a edades diferentes y a fases diferentes en la manera de amar. Cada cambio en la vida del atribulado Yoshie será como una terapia del olvido, cada vez Watanabe se descompone en otro personaje ávido de integrarse, ávido de fundirse en el paisaje.

En Madrid y en los años 90 de la crisis española, la empresa japonesa de electrónica está de capa caída. Es el momento en que Yoshie se jubila, lo que para un japonés representa un abismo porque un japonés vive para el trabajo. Carmen no quiere seguirlo a Japón, no se siente capaz de cambiar de rumbo. Finalmente Yoshie Watanabe partirá solo y le costará ambientarse en su propio país, la gente casi no entiende su hablar…

El terremoto de marzo 2011 va a reactivar sus cicatrices que se abrirán, sobre todo después del tsunami y el accidente de Fukushima. Yoshie decide partir hacia la zona contaminada para compartir con la gente que no ha querido dejar sus casas porque quisiera redimirse de haber huído toda su vida de sus recuerdos, de lo indicible, de lo inénarrable. Fukushima despierta sus viejos fantasmas y resulta tan metafórico ver a Watanabe circular en coche por la zona contaminada sorteando baches, sorteando grietas, tratando de pasar por los lados, esquivando obstáculos, pero las grietas están siempre ahí haga lo que haga, como sus recuerdos (un terremoto fractura el presente, quiebra la perspectiva, remueve las placas de la memoria…página 19).

Es un libro curioso, diferente, interesante, misterioso, que conlleva tres fuerzas : la energía (aquí atómica), la economía (aquí la electrónica japonesa y los diversos problemas económicos en los países atravesados) y el amor. Son corrientes poderosas, profundas, como las corrientes marinas evocadas al final del libro. Y los viajes incesantes de Yoshie son instrumentos humanistas que permiten el acercamiento entre seres; así, el Japón aparece como un espejismo de lejanía que se va acercando a medida que transcurre la historia.

Curioso como el único país que sufrió la bomba atómica haya invertido en una central nuclear, dominio en Japón supeditado a un poder arcaico de la sociedad japonesa que no tiene nada que ver con un medio científico especializado.

Dice el autor que quiso escribir, no sobre Japón o sobre Fukushima, sino narrar hasta donde llega la onda expansiva de algo lejano, pero que te persigue por todas partes. Y el dilema de la memoria es que no todo es recuerdo ni tampoco 100% olvido.

El final del libro es esperanzador porque Watanabe sale de su espacio de confort para afrontar su pasado. Es un verdadero sobreviviente.

Las escenas descritas en el libro sobre Hiroshima y Nagasaki son espeluznantes. Pero no son tan descriptivas como en el libro de Romain Slocombe Un été au Kansai que les recomiendo.

FRACTURA, Alfaguara 2018,  ISBN 978-84-204-3242-7

La sombra del eunuco de Jaume Cabré

Résultat de recherche d'images pour "la sombra del eunuco – jaume cabré"Jaume Cabré i Fabré es un filólogo, escenarista y escritor en catalán (Barcelona 1947), cuyas novelas son de gestación lenta. Los  grandes temas de su obra son el poder y la condición humana. Ha sido premiado con muchos premios catalanes y con cuatro  Premios de la Crítica española:  1985, 1992, 2005 y 2012 (éste último con Yo confieso). Recibió además el Premio Nacional de Literatura en 1992. Es un autor muy leído en Alemania donde  Las voces del Pamano  lleva más de 500 000 ejemplares vendidos (contra 50 000 en Francia.

Leí Yo confieso que sencillamente me deslumbró porque hacía años que no leía un libro de tal magnitud, complejo y completo. Abarca muchos temas y estoy segura de no haber leído bien ciertos capítulos con la concentración necesaria para ahondar esta verdadera joya literaria; esta obra le llevó 8 años de trabajo. Luego leí Las voces del Pamano, otra maravilla de libro, menos complejo y ambicioso que el primero, pero también de una riqueza y profundidad en los personajes fuera de serie, otros 7 años de trabajo.

Son novelas totales donde cada una es diferente a las demás, donde cada una es un universo propio y compuesta de varios relatos que pueden o no cruzarse o suceder en paralelo sin contacto directo entre ellos. Detrás de una novela total hay investigación con dosis de inteligencia y erudición (cf Ventana cultural de Carlos Eduardo Maldonado). Jaume Cabré continúa una reflexión en torno al mal.

La sombra del eunuco (1996) es otra novela total que evoca los últimos años del franquismo y de la transición democrática española del punto de vista del autor-protagonista Miquel Gensana alrededor de la cincuentena y en la ciudad de Feixes. Es una novela de reflexión sobre la creación musical con una estructura basada en el Concierto para violín y orquesta de Alban Berg. Este libro fue seleccionado por los editores entre los mejores 230 Libros del Año en la categoría ficcción en Polonia, con un voto de lectores.

Cuando ví el libro en la FNAC de Barcelona, se puede decir que me precipité para asirlo como si temiese quedar sin mi ejemplar y desde entonces (6 meses), de solo saber que el libro me esperaba para una lectura tranquila, ello me llenaba de regocijo.

Pues bien, me he llevado una pequeña desilusión.

La trama ultra sintética de la novela sería ésta : Júlia, una colega periodista y bella mujer da cita al protagonista de la novela, Miquel Gensana en un buen restaurante barcelonés para que éste le hable de su amigo del alma, Josep Maria Bolós. Pero Gensana hablará de todo y a raudales, excepto, o muy poco de su amigo del alma y el lector sabrá que tampoco sabe todo sobre él. Han convivido, han vivido, han compartido, pero no han hablado de todo. El buen restaurante corresponde a lo que fue otrora la casona familiar de los Gensana, lo que provoca en Miquel recuerdos y malestares ante la degradación del patrimonio y de la familia en general.

Es notable señalar que el protagonista de la novela nació exactamente en la misma fecha que el autor, de manera que cabe pensar que conllevan cosas en común.

No es una casualidad que este libro sea una novela total porque la palabra TODO abre y cierra la prosa de 445 páginas. El principio : mucho tiempo después de todo, sentado frente a los ojos negros de Júlia. Y el final : igual que las otras veces que huyó de can Gensana para siempre. Y sintió una profunda añoranza de todo.

En cambio, Miquel Gensana contará toda la saga de su ilustre familia que fue importante, pero hoy en día es una fin de race, el final de la estirpe. La familia Gensana tuvo miembros de todo pelaje. El más truculento e interesante es el tío Maurici, homosexual que nunca pudo asumir su tendencia y que fue cruelmente desposeído de la herencia familiar; el tío Maurici hará de Miquel su detentor de verdades y mentiras sobre la historia de la familia, lo iniciará también a la cultura y a la música. Miquel Gensana se plantea durante este almuerzo qué ha hecho de su vida, qué sentido tiene lo que ha hecho en su vida y cuando mira atrás el quiso haber sido el poeta, el novelista, el músico, el artista criticado, pero se siente insatisfecho porque mirando hacia atrás el crítico ve la sombra del eunuco (página 371).

Me resultó una lectura difícil con los cambios súbitos de narradores (primera y tercera personas en la misma oración) y la multiplicidad de historias familiares, a pesar de que el autor nos brinda por los menos tres genealogías de la familia para reubicar a los personajes. Me resultó difícil entender el período revolucionario de Miquel Gensana que me cayó como « un pelo en la sopa ».

Jaume Cabré tiene bastante humor cuando da a sus personajes unos apodos muy divertidos y en función del papel que juegan en ese momento, lo que aporta cierta relajación en la lectura. Por ejemplo Miquel II Gensana el Indeciso, el Intelectual, el Catecúmeno, etc.

Otro libro bueno de este autor, pero que me ha gustado menos que los dos otros.

LA SOMBRA DEL EUNUCO,  Destino 2015,  ISBN 978-84-233-4995-1

L’enfant perdue (Tome 4) d’Elena Ferrante

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Elena Ferrante est le pseudonyme d’un écrivain italien qui cultive l’énigme depuis 25 ans . On pense qu’Elena Ferrante est originaire de Naples et qu’elle  serait née vers 1940. Le journaliste italien Claudio Gatti a soulevé l’hypothèse qu’il pourrait s’agir de la traductrice romaine Anita Raja de 64 ans, hypothèse basée sur l’explosion des revenus de Mme Raja ainsi que ceux de la maison d’édition E/O qui publie Mme Ferrante. Il faut dire que depuis 20 ans cet écrivain se cache et qu’elle avait prévenu son éditeur avec ces mots… »de tous vos écrivains, je serai celle qui vous importunera le moins. Je vous épargnerai jusqu’à ma présence ».

Le nom d’Elena Ferrante serait inspiré d’Elsa Morante, l’écrivaine préférée d’Elena Ferrante (le jeu des boîtes chinoises en plus…). Cet auteur mystérieux est plébiscité dans le monde entier avec 10 millions (2 millions en France pour les 3 premiers volumes) d’exemplaires vendus et des traductions dans 42 pays… L’auteur reconnaît dans des interviews données par écrit la part importante de l’autobiographie dans son oeuvre. Derrière ses livres on sent une grande sincérité, un ton viscéral, un regard sur la condition des femmes et une approche très psychologique des personnages et des situations.

J’ai publié en août 2016 un billet sur un roman de 2002 qui m’avait pas mal remuée et beaucoup plu: Les jours de mon abandon, l’histoire d’une séparation narrée de façon si crue qu’elle devient surréaliste: un très bon et fort bouquin. Puis vint la tetralogie, avec  L’amie prodigieuse (Tome 1) commentée en octobre 2016, Le nouveau nom (Tome 2) en mars 2017, et Celle qui fuit et celle qui reste (Tome 3) en avril 2017.

Je conseille de lire la saga en faisant suivre les tomes car l’espacement  dans la lecture nuit beaucoup à la compréhension de la trame. J’ai été terriblement gênée avec la filiation et les noms des nombreux personnages et ce, malgré l’index en début d’ouvrage.

C’est une tétralogie napolitaine qui connait un succès mondial dont ce roman est le dernier volet. Il s’agit d’une saga d’environ 1700 pages autour de l’amitié  entre deux filles d’origine modeste dans le Naples de 1958. Une adaptation pour la télévision est en cours à Naples dans le quartier du Rione Lizatti qui aurait servi de cadre à cette saga. Il y aura 4 saisons de 8 épisodes; la France aurait acquis déjà des droits via Canal +.

Si le premier tome évoque l’enfance de Raffaella Cerullo (Lila, Lina) et d’Elena Greco jusqu’à leur adolescence, le deuxième tome évoque leurs vies entre l’adolescence et le mariage de Lila à l’âge de 16 ans, un mariage qui va tourner à la catastrophe. Le troisième tome narre le départ d’Elena Greco pour suivre des études à Pise (c’est celle qui fuit) alors que Lila reste à Naples où le mariage opulent avec l’épicier Stefano va sombrer corps et biens (celle qui reste).

Le quatrième tome va couvrir les 30 dernières années de l’amitié des deux femmes et les épreuves seront terribles pour les deux amies.

Lila est restée à Naples et a connu la misère après la séparation d’avec Stefano, elle a été souvent agressée, vilipendée, mal comprise, mais elle s’est battue jusqu’à ses dernières forces et a réussi à monter une affaire d’informatique qui marche bien avec Enzo, un homme qui lui est dévoué mais qu’elle n’aime pas (elle n’aime personne au sens conventionnel, même pas Elena je crois !). Quant à Elena, après avoir fait un mariage bourgeois et fréquenté un milieu intellectuel digne de son niveau d’études, elle va tout plaquer pour un amour de jeunesse (Nino Sarratore) et revenir à Naples où elle renouera avec la conflictuelle Lila. Les deux femmes, à 36 ans, vont retrouver le chemin de l’affection, elles si différentes en tout et pourtant si proches. Ce qui va les rapprocher est la maternité car elles auront un enfant à quelques semaines d’intervalle, Lila avec Enzo et Elena avec Nino, l’érudit devenu politicien, tellement inconstant.

La narratrice de leur histoire est Elena, nous ne connaitrons jamais le fond de la pensée de Lila qui cache bien son jeu et agit en conséquence, c’est au lecteur de se faire une opinion…

Ce qui rend cette saga prenante, je trouve, c’est que cette amitié est fort complexe. Comme le lecteur arrive à connaitre les deux femmes d’assez près et pendant des années, on a l’impression d’incursionner au plus profond d’elles mêmes et là, nous découvrons des personnalités qui baignent dans une humaine contradiction; c’est là la richesse de cette saga, je trouve. Ce sont des personnalités assez fortes, et Lila bien plus forte qu’Elena : car elle la domine (et Elena la craint), elle commande tout le monde, elle surveille chaque personnage du quartier avec ses yeux réduits à des fentes (comme un reptilien).

Et au-delà de l’amitié entre Lila et Elena il y a dans cette tetralogie beaucoup d’autres choses, comme le rôle que joue  l’éducation, le fond politique de l’inestable Italie, le tremblement de terre de 1980, les effets de la drogue sur le quartier et leur famille, la Camorra omniprésente, la violence dans les rapports entre les gens, les positionnements sur la condition des femmes et de la féminité venant de l’instruite Elena (…j’avais observé chez ma mère et chez les autres femmes les aspects les plus humiliants de la vie familiale, de la maternité et de l’asservissement aux mâles. Je dis que, par amour d’un homme, on pouvait être poussée à commettre n’importe quelle infamie envers les autres femmes et envers ses enfants, page 56).

Elena est accaparée par son travail d’écrivain et néglige beaucoup ses filles. On dirait qu’elle se cache derrière ce travail afin de ne pas faire face à beaucoup d’autres choses. Lila est beaucoup plus frontale et rencontre aussi des situations bien plus dramatiques à vivre.

Il y a dans ce livre un évènement tellement dramatique que la situation pour Lila devient presque inénarrable et cette condition va déterminer la descente aux enfers de Lila qui sera, pour une fois, anéantie. Elle va s’éclipser de la narration et on se souvient que la saga débute avec la disparition de toute trace matérielle de Lila et qu’Elena se décide à écrire leur histoire…

Une fresque qui laisse KO d’émotions, avec des personnages desquels on a du mal à s’en séparer. Tout ceci est à rattacher au style d’écriture très direct de l’écrivaine avec des bouleversements permanents au sein de la narration. Une des publications récentes qui m’aura le plus interpellé.

L’ENFANT PERDUE, Gallimard 2018,  ISBN 978-2-07-269931-3

La región más transparente de Carlos Fuentes

Afficher l'image d'origineCarlos Fuentes Macías es un gran escritor mexicano (Panamá 1928-México DF 2012) con estudios de Derecho y de Economía. Obtuvo todos los grandes premios literarios, menos el Nobel, entre ellos: Premio Nacional de Literatura 1984, Premio Cervantes 1987. Fue  embajador de México en Paris entre 1975-77.

De su extensa bibliografía publiqué dos reseñas en este blog : el brillante ensayo La gran novela Latinoamericana en septiembre 2012 y Aura en noviembre 2012, una extraordinaria novelita gótica.

La región más transparente (que llamaré LRMT para no repetir este título tan largo), es la primera novela de Carlos Fuentes ; título traducido al francés como La plus limpide région  y que fue para la época, un suceso (1958) provocando una división de opiniones en el momento de la publicación porque fue una obra que rompió los moldes tradicionales de la narrativa y porque presentaba una visión crítica del pasado y del presente de la ciudad de México DF. Para algunos fue el primer estallido del boom latinoamericano. Entre varios valores intrínsecos a esta obra, destaca la exploración pionera de la lengua mestiza de México y una relación muy fuerte entre la historia y la literatura. Carlos Fuentes es la figura más controvertida del llamado « boom latinoamericano » que unió a una generación de novelistas de América Latina entorno a intereses comunes acerca de la novela, revitalizando el género literario y originando la producción de novelas importantes.

Juan Luis Cebrián, español y presidente del diario El País, dijo a propósito de este libro : es la Revolución, sus ideales y sus miserias, una constante en la narrativa de Carlos Fuentes quien mezcla la lengua cervantina con los modismos y extranjerismos y vocablos nahuátles.

Esta novela es muy diferente a lo que existía en México en aquel entonces y se opone a un realismo criollo con la utilización del monólogo interior,  la utilización libre de la unidad temporal y  la simultaneidad de las acciones.

No fue para mi una lectura fácil en absoluto, pero fue una lectura interesante que me enseñó lo que yo llamaría el « meollo » de la mexicanidad.

Porque la novela tratará de explicarnos lo que es la mexicanidad. ¿Explicarnos? No, no hay ninguna explicación, hay que creerlo, nada más.

México no se explica; en México se cree, con furia, con pasión, con desaliento. (página 202). Tarde o temprano una fuerza secreta y anónima inunda y transforma todo. Es una fuerza más vieja que todas las memorias, tan reducida y concentrada como un grano de pólvora: es el origen.  Todo lo demás son disfraces. Allá, en el origen, está todavía México, y lo que es, nunca lo que puede ser. México es algo fijado para siempre, incapaz de evolución. Una roca madre inconmovible que todo lo tolera. Todos los limos pueden crecer sobre esa roca,  pero la roca no cambia, es la misma, para siempre (página 263).

La novela La región más transparente es muchas cosas : es una novela total (= un panorama exhaustivo de un país y de la sociedad en un período determinado) que compagina a la perfección con el criterio polifónico y se articula con los problemas sobre la identidad individual y nacional (con una paleta de personajes que va de la burguesía surgente hasta adinerados venidos a menos y prostitutas). La ciudad, la historia mexicana y la mexicanidad, las clases sociales, todos los temas de la novela, tienen que ver con la totalidad y lo polifónico, es una novela de estructura compleja compuesta de tres partes desiguales entre si: es la historia de un ser colectivo con personajes que son meras partículas de la urbe mexicana; es una novela polifónica que da la palabra a numerosos representantes de la sociedad mexicana de los años 50 (2,9 millones de habitantes en la urbe en la década de los 50) y que recopila todas las hablas, vocablos, cantos, expresiones, gritos y silencios que existen en el país, en la ciudad de México, en la historia (en la oculta y en la oficial); es también una novela urbana donde la ciudad de México DF es la gran protagonista: es la primera novela que confiere a esta ciudad una voz propia y que la abarca en su conjunto; es una novela circular porque la escena inicial de la llegada de Junior y Pichi con Betina y Jaime a la fiesta de Bobó coincide con la escena final con otra fiesta, cerrando el ciclo que Fuentes nos quiso narrar; es también una novela precursora, allá por el final de los años 50 de la llamada nueva novela hispanoamericana; es una novela realista; es una novela social que enseña más de lo que se aprende en los tratados de historia y de sociología; es una novela histórica que mezcla la Historia de México con los últimos balazos de la Revolución mexicana (la acción se sitúa entre 1946-1952 unos 30 años después de la Revolución que hizo un millón de muertos);  es una novela de ideas;  es la primera novela mexicana a la que se le puede aplicar el término de cosmopolita; es una novela poética de gran lirismo por momentos; es una novela biográfica; es una novela satírica; es un elogio de la hibridez y de lo inconcluso. Tiene también mucho de realismo mágico porque la ciudad parece envuelta entre la niebla o la bruma lo que imprime un halo de misterio; es una novela de estereotipos y no de individuos. Es una novela donde hay bastante malinchismo, especialmente en las clases medias y altas donde lo extranjero reina ante lo criollo con una neta tendencia a negar los propios orígenes y a preferir « lo extranjero ». Es una novela donde hay mucho realismo simbólico (la cultura azteca y algunos de sus símbolos :el sol, el águila, la serpiente, el nopal); es una novela filosófica.

Es una novela laberíntica con una escritura laberíntica : hay fragmentación y discontinuidad temporal en el relato. Y hay que ver la ciudad de México como un laberinto donde se pierden los personajes-estereotipos que están siempre a la búsqueda de algo

La novela está compuesta por 3 incipits destinados al lector para captar su atención : 1) el cuadro cronológico con la presentación de los personajes en el cuadro histórico de México entre 1900-1950;  2) el monólogo interior de tono lírico de Ixca Cienfuegos (voz nahuátl que quiere decir « poner bajo la ceniza » y que alude al tiempo mítico o del origen cuando los fuegos alumbraban el universo siguiendo los mitos aztecas sobre la reconstrucción periódica del mundo y del hombre) y 3) la apertura tradicional de la novela con Gladys García que va a cerrar el ciclo unas 700 páginas después…

Hay una combinación excesiva de elementos, hay un muestreo exorbitante de discursos diferentes en la novela, hay un desorden narrativo o un caos ordenado : poético, ensayístico, narrativo, polémico, o poligrafía típica de Fuentes; hay una complejidad de « coordenadas » de tiempo y de espacio, hay una mezcla de procedimientos de varios géneros; son los rasgos sobresalientes de LRMT que heredarán obras posteriores del autor. En LRMT se infiltran también el melodrama (la vida de Norma Larragoiti), la novela de la Revolución (las historias de los revolucionarios), la novela gótica (los elementos fantásticos como la ciudad nocturna, Ixca Cienfuegos, Teódula Moctezuma), las historias de amor (la de Norma y Rodrigo), etc…

Esta obra es un monumento escrito por Carlos Fuentes a los 28 años de edad… Fuentes no escribió con un vocabulario sino con todo el idioma, en un intento por encontrar una respuesta a qué es México, el extraño país abierto a dos océanos y cerrado sobre si mismo (dixit José Emilio Pacheco).

Carlos Fuentes anticipa con su novela a los problemas surgidos con la industrialización urbana y acota el acercamiento al horizonte filosófico occidental por los matices del existencialismo, sino también por la crítica posmarxista sustentada por el discurso crítico frente a la revolución así como la conciencia de clase. La calidad especial de las interrogantes que propone Fuentes, o sea, el origen, la cultura, la historia, el mestizaje, entre otras cosas, le confieren un matiz característico a lo que escribe : México, su destino y el de los mexicanos, la mitología prehispánica, la incorporación de la cultura mexicana, los modos de hablar, de comportarse, etc (más abajo, una foto de Carlos Fuentes a los 28 años).Afficher l'image d'origine

El código tipográfico de la escritura es diferente : es normal para las historias del presente y es en cursiva para las historias del pasado.

No hay orden cronológico en la novela; tenemos 3 planos de profundidad : 1) donde hablan los personajes individuales que poseen nombre y apellido en el marco de historias del presente o del pasado reciente ; 2) un narrador omnisciente cuenta la historia del presente o del pasado remoto y 3)  la voz de Ixca Cienfuegos que representa a los habitantes de la ciudad y del México profundo.

Al centro de la obra está la ciudad de México DF, un panel alegórico de México DF con calificativos metafóricos que aluden a su pasado mítico-histórico son interesantes :1) la ciudad de los tres ombligos, mezcla de cultura autóctona, colonial y moderna;  2) la ciudad presencia de todos nuestros olvidos;  3) la ciudad del sol detenido; 4) la ciudad de la derrota violada; 5) la cicatriz lunar; 6) la ciudad de los palacios barrocos y neoclásicos de fines de la época virreinal. La inclinación de Fuentes por la ciudad de México tiene que ver necesariamente con su interés por las clases sociales, debido a que, como él lo demuestra, en una nación centralista: en la capital se hacen y rehacen fortunas, se sube o baja socialmente. México DF es el punto de reunión, en el que convergen mexicanos desde todas las partes del país, el lugar en que se cruzan destinos y se decide la historia. En los años 50 la ciudad de México se bate entre el hollín producido por la industria, por los autos, por los cableados de electrificación y por los ríos de aguas contaminadas.

El título,  La Región Más Transparente es un epígrafe que provendría de una expresión forjada en 1917 por un literato que fue un pionero de  la « filosofía de lo mexicano » y un modelo para Fuentes, Alfonso Reyes, como una invitación al viaje al frente de su Visión de Anáhuac, un texto escrito en 1913. Al elegir la frase de Alfonso Reyes, Carlos Fuentes está trazando la tesis que habría de sostener su propuesta ideológica y narrativa : « viajero has llegado a la región más transparente del aire ». Pero hay otra teoría que dice que Fuentes extrae su título de una frase que habría aplicado Humboldt al referirse al valle de México donde lo caracterizaba desde el poniente como « la región más transparente del aire« . En la novela de Fuentes es el uso irónico de esta frase, es el tono predominante de la novela.

Es ésta la región más transparente del aire ? Qué habéis hecho, entonces, de mi alto valle metafísico? :Alfonso Reyes, « Palinodia del polvo ». Este ensayo de Reyes constituye también una rectificación a ciertas imágenes de otro texto : Visión de Anáhuac, en donde el autor inicia con una epígrafe inspirada en las palabras que Alexander von Humboldt expresa al llegar al valle de México: “Viajero, has llegado a la región más transparente del aire”. Si Reyes o Humboldt vivieran hoy, encontrarían que la otrora región más transparente se ha transformado en una de las ciudades más contaminadas del mundo.

Vicente Quirarte, un miembro de la Academia Mexicana de la Lengua dijo « transparencia del aire que no garantiza la transparencia de sus pobladores, amantes del disfraz, urgidos por hacer de los suyos días enmascarados, por aparentar. Por buscarse sin encontrarse, por no dejar de luchar ni siquiera en el aparente estatismo y pesimismo (qué se le va a hacer !) de los personajes y situaciones.

Hay dos relatos distintos en esta novela : 1)  una crítica hacia la sociedad mexicana de los años 50;  y 2)  la historia del pueblo mexicano, de sus raíces hispánicas, de la supervivencia de sus ritos y fantasmas ancestrales. La novela demuestra que los pobres están fatalmente destinados a permanecer enclavados en la región más transparente del aire : dentro de la miseria, sin porvenir, fuera de la historia, sin nombre. Existe un fatalismo atávico inmanente con la repetición ad libitum de « aquí nos tocó, qué le vamos a hacer », esa filosofía pesimista.

Contexto histórico de la novela :  el libro se publicó en los años 50 tras cuatro décadas de pos revolución: en el país persistía la misma miseria y desigualdad social que había dado origen al movimiento armado. En 1958 se inicia el gobierno de Adolfo López, seguido del gobierno de Miguel Alemán; estos gobiernos operaron para favorecer la corrupción gubernamental, la invasión extranjera, la especulación con el suelo urbano y encumbraron la figura del caudillo político y ex revolucionario, el funcionario público de alto nivel, el banquero o empresario rico y poderoso que se aprovecharon con operaciones de iniciados. El mejor aporte de la revolución será la conciencia de la identidad nacional

Intertextualidad de la obra : en lo literario LRMT tiene intertextualidad con obras como Ulises de James Joyce, Manhattan Transfer de John Dos Passos, con William Faulkner, con El águila y la serpiente de Martin Luis Guzmán, con El luto humano de José Revueltas y con El laberinto de la soledad de Octavio Paz. Fuentes coincide en representar con los medios del lenguaje literario las características de la ciudad moderna.

El personaje de Ixca Cienfuegos es muy importante y no del todo claro, es ambiguo e inquietante, es el auténtico mestizo, inteligente y culto, pero nacionalista y cuyos valores están lejos de la codicia material.  Es un protagonista-narrador, es un espejo donde el lector ve asomarse Ixca Cienfuegos que a su vez encuentra en su reflejo el del alma mexicana. Este personaje ve en el regreso al México prehispánico la salvación del país, porque el personaje tiene nostalgia por el pasado, por el mundo perdido y un desencanto por lo moderno. Cienfuegos encarna la consciencia de México donde ha fracasado la Revolución y solo se han imitado los logros del desarrollo industrial europeo. Cienfuegos propone remediar la situación del país mediante un análisis de su pasado histórico y de las peculiaridades del pueblo mexicano. Cienfuegos desempeña el papel de un eslabón entre los personajes y es un medio para la exploración narrativa del pasado : él entra y sale de todas las escenas, conoce a todos los personajes, habla con cada uno y arma las condiciones para que terminen con sus vidas. Ixca Cienfuegos representa los sedimentos culturales sobre los que está asentada la realidad mexicana. Cienfuegos no es un personaje de carne y hueso, sino un arquetipo, un estado de consciencia superior, omnisciente y omnipresente, ancestral y moderno. Ixca Cienfuegos es el asesor financiero, es la « lucidez en la sombra », la memoria, la consciencia histórica y mestiza de todas las visiones del país y la encarnación pétrea de la ciudad de México. Ixca Cienfuegos es un personaje guardián junto con el de Teódula Moctezuma La voz de Ixca, sola y única, principia la novela que desplegará gradualmente los problemas filosóficos imbricados por el afán de totalidad. Todas las voces de los mexicanos, se sucederán en la novela integrando el todo polifónico, desdoblando el texto, proponiendo y desarrollando temas, cuestiones.  Ixca es el único destino sin pasado y sin futuro, regido por el ritmo del eterno retorno. Ixca ingresó o reingresó al tiempo mítico; al de las circularidades repetidas; al que expulsa la linealidad del tiempo occidental; al que reproduce infinitamente el ciclo de la vida.

Claves en el texto de Carlos Fuentes : cabe notar la iteración interesante en el texto de ciertos símbolos. Por ejemplo los espejos y las máscaras. En los momentos cruciales de sus vidas, muchos de los personajes del autor se reflejan o se contemplan en superficies reflectantes.  Fuentes presenta en sus personajes diferentes rasgos de  máscaras e identidades mexicanas y a veces ofrece un espejo deformado para mirarse. Los personajes llevan todos máscaras correspondientes a lo que los otros personajes esperan de ellos (el problema consiste en saber cómo se imagina uno su propia cara. Que la cara sea, en realidad, espantosa o bella, no importa. Todo es imaginarse la propia cara interesante, fuerte, definida, o bien imaginaria, ridícula, tonta y fea…Lo cierto es que los personajes no saben cual es su verdadera máscara (página 362). Las mil y una máscaras de cada personaje se bifurcan en el horizonte de la ciudad moderna.También están omnipresentes en el texto las metáforas entre las imágenes del águila y la serpiente; el águila ejerce la rapiña desde la altura desde donde localiza sus presas y calcula el ataque antes de precipitarse sobre las presas y victimarlas sin ser vista. De ahi que el personaje  nuevo rico de Federico Robles tenga sus oficinas en lo alto de un edificio desde donde calcula sus negocios y especula sobre sus estrategias financieras y políticas

Carlos Fuentes y La región más transparente

Gonzalo Celorio, miembro de la Academia Mexicana de la Lengua dijo a propósito del escritor Carlos Fuentes : hay escritores importantes para la literatura y hay escritores importantes para la historia de la literatura. Todo queda dicho.

Para terminar cito esta linda frase que se le puede aplicar a los mexicanos : quienes quiera que seamos, tenemos que aprender a vivir con ello.

LA REGIÓN MÁS TRANSPARENTE, Cátedra Letras Hispánicas (1991),  ISBN 84-376-0328-1