Archive | juin 2013

Le pic du diable de Deon Meyer

Afrikaneer pure souche, né à Paarl en 1958, Deon Meyer est un  auteur à succès de romans policiers qui a ses adeptes inconditionnels. Il est vrai que ses livres vont au delà d’une intrigue policière et nous livrent des renseignements sur cette société sud africaine si particulière, qui se cherche encore, société où règne une violence urbaine inouïe.

J’ ai lu quelques uns de ses livres qui ont été commentés dans ce blog:  Jusqu’au dernier  en octobre 2012 et L’âme du chasseur   en décembre 2012. Je dois dire que ses livres sont d’un intérêt inégal pour moi, certains sont très réussis, d’autres comportent des longueurs et des explications sans fin, plus laborieux à lire. C’est mon amie Françoise P. qui m’a prêté toute une pile , composée de quelques  Deon Meyer et de quelques  Henning Mankell, pile dont je commence à voir le bout…il me reste, après celui ci, un Mankell à lire..et ouf ce sera terminé !

Disons que celui ci je l’ai bien, bien aimé, car il est palpitant , sans texte en trop pour vous expliquer ceci ou cela. Mais il faut savoir que la lecture est compliquée car il y a trois histoires en parallèle avec des paragraphes qui sautent du coq à l’âne ce qui ne facilite pas la lecture. En revanche, Deon Meyer possède un réel talent pour dépeindre ses personnages, pour nous livrer leurs démons intérieurs, leur introspection, leurs doutes et leurs faiblesses. Autrement dit, ses personnages sont nimbés d’une grande humanité.

Dans Le pic du diable il y a TROIS histoires emmêlées:

1) celle de Christine  van Rooyen , une call girl de luxe qui sera approchée par un baron de la drogue colombien (premier personnage sud américain que je rencontre chez Meyer);  elle raconte son histoire à un pasteur afin de se justifier et de trouver une certaine rédemption, mais aussi un alibi.

2) celle de l’inspecteur Benny Griessel qui touche le fond de l’abîme avec son alcoolisme et qui se pose des questions parce qu’il a tout raté: sa famille et le respect de ses collègues de la police, et s’il était un bon flic, c’était parce qu’il comprenait les autres à travers lui. Il savait utiliser ses propres faiblesses, ses instincts et ses peurs, parce qu’il les connaissait. Il pouvait les exagérer, les amplifier comme s’il tournait un bouton de volume imaginaire, jusqu’au point où ils poussaient les autres à commettre un meurtre ou un viol, à mentir ou à voler. Il va impliquer sa fille Carla de 18 ans dans ce tome ce qui va encore lui coûter quelques plumes…

3) celle de Thobela Mpayipheli, le Xhosa entraîné à tuer par le KGB qui vit un drame personnel affreux et qui décide de se faire justice lui même. Ce personnage jouait un rôle important dans L’âme du chasseur, avec une  histoire qui a une suite dans ce livre, raison pour laquelle il vaut mieux lire d’abord L’âme du chasseur, pour mieux comprendre l’ampleur du problème.

Il y a  dans ce livre un véritable cours magistral sur la sagaie qui est l’arme du crime, appelée ici assegai. Il n’y a pas de mot français pour assegai alors qu’il est reconnu en anglais. En français la traduction proposée est sagaie, ce qui est plus général. Il s’agit d’une lame qui sert pour la chasse en Afrique du Sud et qui va servir à Thobela pour appliquer sa justice d’une façon, disons traditionnelle, pour l’Afrique du Sud.

Le récit dans ce roman est trépidant, très réussi, même si parfois on a du mal à situer qui mène l’action. Un des meilleurs Deon que j’ai lu, à la hauteur de 13 heures, mon premier Deon , non resumé dans ce blog. A recommander.

LE PIC DU DIABLE, Points N° P2015 2008 (Éditions du Seuil 2007),  ISBN 978-0-340-82265-4

Publicités

Alguien quiere ver muerto a Emilio Malbrán de Jorge Fernández Díaz

Escritor y periodista argentino, nacido en Buenos Aires, barrio de Palermo en 1960; cronista policial durante más de treinta años de donde ha sacado el material que nos presenta en este libro y que publicó en formato folletín allá por los años 80. Ha trabajado en los periódicos La Nación, El Cronista y Noticias, entre otros. Actualmente es Director del suplemento semanal adnCultura que fundó con otro periodista y amigo, Tomás Eloy Martínez, hoy fallecido.

Tiene un estilo muy personal, irónico y sentimental, lo que no es moneda corriente en el periodismo y que me lo hace muy agradable a la lectura, muy humano. Sus escritos están impecablemente redactados. Publiqué en este blog,  en enero del 2013 su compendio de relatos Las mujeres más solas del mundo, pero Ustedes ya saben que le he leído casi todos sus libros.

Este libro del 2011 consta de 6 historias policiales en el más puro estilo negro. El protagonista es el periodista Emilio Malbrán, que todos llaman cagatintas,  redactor de crónicas policiales que él rastrea en la calle, corriendo todos los riesgos y acumulando palizas monumentales y la imposibilidad de publicar todo lo que rastrea para poder seguir existiendo en lo « políticamente correcto ». Todas sus crónicas llevan tema muy argentino, muy idiosincrásicamente argentino: el fútbol con sus sus tifosi y sus mafias, los laberintos de la política, el sempiterno peronismo, la práctica del periodismo, la policía y su ética criolla, la mentira organizada, la corrupción a todos los niveles. El hombre Emilio Malbrán,  en lo personal, aprecia la música de Charlie Parker, lee poesía de Charles Baudelaire y aprecia los dibujos de Breccia (¿ cuál ? Alberto el padre que era uruguayo o Enrique el hijo, nacido en Argentina?  opto por Enrique,ndlR) .

Me gustó mucho el comentario que hizo de él su compatriota Martín Caparrós (también citado en este blog en marzo 2012 con Los living), razón por la cual lo cito in extenso:…Fernández Díaz sigue su tarea de construírse como gran personaje literario. En un país donde se escribe para ocultar lo que se es, él escribe para mostrarlo, en un realismo nada mágico,  bien descarnado, que es tan realista como ficcional. Sus libros constituyen uno de los pocos proyectos literarios actuales que atacan un punto débil de la narrativa argentina: la capacidad de dar cuenta del presente. En ellos está levantando un mapa cruel y piadoso, concienzudo y amplio de nuestros fracasos: una función que, por alguna razón misteriosa, la literatura parecía haber abandonado desde hacía un buen tiempo…

Los seis relatos son muy buenos aunque, como decía,  bastante argentinos, dificilmente exportables: tenemos secuestros empresariales especialmente a judíos, todo tipo de secuestros extorsivos, abundancia de matones, guita (=dinero) negra para las campañas en proveniencia de Bolivia y de la droga, chantajes, expropiaciones, autos afanados, etc. Todos protagonizados por el Marlowe criollo, el cagatintas Emilio Malbrán quien, al cabo de sus pesquisas, a veces no puede decir la verdad de lo indagado, so pena de muerte.

Una frase muy buena sobre el peronismo ( escuché o leí por ahí que con el peronismo comenzó la corrupción en Argentina) página 149:…el peronismo es una virgen que sueña ser virtuosa, teme ser frígida, trabaja de monja y termina de puta.

El relato más largo, El asesinato del wing izquierdo, 94 páginas, Fernández Díaz lo entregó como un folletín a un periódico, y luego corregido y aumentado lo publicó como libro. Y página 144, al final del relato La sangre en el ojo, Malbrán descubre la corrupción de un candidato político con pruebas escritas y fotos, pensando que para salvar el honor el tipo se suicidará…Claro que no lo hace y Fernández Díaz escribe la frase lapidaria : los canallas no se suicidan. [Universalmente válido Señor Fernández Díaz, universalmente. Sólo los honestos tipos se suicidan porque saben lo que es el honor, ndlR ].

ALGUIEN QUIERE VER…, Sudamericana 2011,  ISBN 978-950-07-3284-0

Les gens heureux lisent et boivent du café d’ Agnès Martin-Lugand

Écrivain français avec une formation de psychologue clinicienne; elle a délaissé la profession après six années d’exercice à Rouen dans le cadre de la protection de l’enfance pour se consacrer à l’écriture. Son parcours littéraire est intéressant et très moderne car son manuscrit avait été refusé par plusieurs éditeurs, ce qui l’avait fait s’auto-éditer en format numérique chez Amazon avec un livre vendu à 0.89 Euro ! Mais voilà, avec une campagne de marketing hors pair l’ebook  a été classé N° 2 des ventes dans le top des 100 meilleures ventes de la Boutique Kindle d’Amazon: l’ebook s’est vendu à plusieurs milliers d’exemplaires en quelques  mois.

En décembre 2012, l’éditeur Michel Lafon a fait un tirage papier à 25 000 exemplaires ce qui est exceptionnel pour un premier livre, lequel livre  s’est vendu déjà à plus de 10 000 exemplaires en France, sans compter que le livre a été acheté par 18 pays et qu’une adaptation cinématographique est en cours…

Son succès est dû en partie au talent de l’auteur pour définir des personnages auxquels les lecteurs peuvent facilement s’identifier et à un sujet douloureux universel que constitue un deuil pour un être humain. Les êtres humains réagissent de façon imprévisible et parfois incompréhensible à la douleur de la perte d’un être cher; il est très difficile de porter un jugement là dessus. Et je m’étonne que la psychologue n’ait pas mieux travaillé le sujet.    Aussi elle a réussi dans le choix d’un titre et d’ une première de couverture assez accrocheurs . Le titre et la première de  couverture me rappellent le best -seller de Delphine de Vigan,  Rien ne s’oppose à la nuit. Jugez vous mêmes:

 

Je trouve une petite similitude entre le titre à rallonge des deux livres et la photo en blanc et noir des deux jeunes femmes qui fument sur la première de couverture, mais l’analogie s’arrête là,  car les livres sont d’une teneur très différente.

J’ai acheté ce livre en suivant l’avis enthousiaste de Rocío A. en pensant que du fait du titre, Les gens heureux lisent et boivent du café, ce livre avait un rapport avec la littérature; mais non, le titre reflète le nom d’un Café littéraire que l’héroïne du roman, Diane,  tient avec son ami Félix.

Quel est le sujet du livre? C’est la perte, dans un accident de voiture du mari bien aimé de Diane et de sa fille de 5 ans, Clara. Le couple  vit l’acmé de leur amour et la perte est affreusement douloureuse, les mots sont vains pour l’exprimer et la dépression qui s’en suit est plus que compréhensible. Diane ne s’en sort pas dans son cadre de vie habituel et décide de se réfugier en Irlande car, Colin, son défunt mari avait évoqué autre fois, la possibilité de faire un voyage en Irlande.

 Ce livre se lit très facilement, mais j’ai trouvé que les personnages manquent d’épaisseur humaine, ils sont esquissés comme des figurants en carton pâte, leur physique est mal  défini; ainsi, vers la fin du livre j’ai appris que Diane est blonde…Étonnant de la part d’une psychologue de profession, rompue à l’exercice de l’observation des gens…

Tout à fait par hasard, je rentre d’une visite  d’Irlande assez complète,  avec un guide tout à fait exceptionnel, David, qui a des racines franco-irlandaises et qui travaille en free lance. Il nous aura appris beaucoup de choses intéressantes sur ce beau pays qu’est l’Irlande, aux paysages très beaux et verts(mais pas fluo…), au climat très tempéré, aux changements climatiques rapides ( les 4 saisons en une journée…), pays celtique particulier car il n’a pas connu l’invasion romaine, pays mal connu et qui est devenu République depuis si peu, en 1949. L’Irlande a souffert l’indicible avec l’occupation britannique, imposée par des colons qui ne représenteront que 10% de la population, et qui considéreront les Irlandais comme de rustres indigènes, auxquels on s’empressera d’enlever tous les droits et toutes les libertés.  La guerre meurtrière qui les a marqués pendant tant  d ‘années a été une guerre pour la conquête de leurs droits civiques et non une guerre de religion comme on a tendance à le dire, à tort, et comme le suggère le livre (page 62).

Et puis, Diane, notre héroïne, part en Irlande vivre son deuil et s’installe dans le petit village de  Mulranny à une centaine de kilomètres de Dublin et devient parfaitement bilingue sans que l’on sache par quel miracle elle parle si bien l’anglais. Bizarre. On ne nous avait pas prévenus d’un éventuel bilinguisme.

Beaucoup trop de clichés sur l’Irlande dans ce livre qui donne une image plus que stéréotypée du vert pays.

Pour ceux qui voudraient visiter l’Irlande avec un guide extraordinaire et bilingue français-anglais, voici le mail de David qui est aussi guide dans la Drôme française. En dehors de ses vastes connaissances,  David a des dons de conteur hors pair. Voici son mail de contact: david@iglis.net

LES GENS HEUREUX…, Michel Lafon 2013,  ISBN 978-2-7499-1998-0

La reina sin espejo de Lorenzo Silva

Lorenzo Silva Amador nació en Madrid en 1966. Es muy conocido por la serie policial que protagonizan los entrañables guardias civiles Bevilacqua y Chamorro. Este tomo fue publicado en 2005 y es el quinto de la serie que ya lleva siete. Me han aconsejado leer este tomo para poder entender mejor La marca del meridiano que  valió a L. Silva  el  Premio Planeta 2012.

Es  un placer redondo seguir las aventuras de este par de guardias civiles que se aprecian mutuamente en el trabajo, se complementan y son inseparables aunque totalmente reservados en el plano personal.

Esta vez los mandarán a Zaragoza para investigar el asesinato a cuchilladas de una conocida animadora de televisión, la Señora Neus Barutell , casada con un no menos conocido escritor catalán. La situación no es simple porque irán descubriendo que la animadora llevaba doble vida así como su marido. El caso irá complicándose, de tal manera que será necesaria la intervención de los Mossos d’Esquadra ( policía autonómica de Cataluña), además de la intervención de la Policía Nacional y de la Guardia Civil. Todas estas entidades son altamente competitivas y rivales ; en general no se facilitan las cosas entre ellos, muy al contrario: abundan las pullas, aunque para esta investigación, Rubén Bevilacqua tiene contactos férreos con la Benemérita  de Barcelona porque trabajó en Cataluña unos 10 años atrás.

El caso judicial es delicado porque surgen ramificaciones sórdidas con el medio de la prostitución de menores en provenencia de Rumania. No es el caso desvelar la trama porque es el motor que motiva la lectura de un policial. Puedo decir que esta entrega me interesó aunque hay más explicaciones sobre los medios investigados y los investigadores que misterio y acción.

Nuestros dos guardias civiles analizan el caso: Bevilacqua con tesón y dedicación y Chamorro con su inteligencia y su sicología femenina. En este quinto tomo resalta la soledad de ambos guardias: Bevilacqua tiene 40 años y al parecer  arrastra una gran melancolía. A Virginia Chamorro también se la ve triste, desilusionada. Ambos evitan hablar sobre asuntos personales porque son reservados y púdicos; es tangible que ambos están muy solos y vuelcan en el trabajo toda su energía rindiéndose  totalmente disponibles. Rubén Bevilacqua parece que tuvo una historia sentimental con una mujer en los años de residencia en Cataluña, pero como es muy reservado,  se niega a la confidencia.

En este tomo Lorenzo Silva  introduce  la cultura general: primero, con el título de la novela que proviene del libro de Lewis Carroll, A través del espejo y lo que Alicia encontró allí.  Metafóricamente Alicia es la presentadora de televisión Neus Barutell, la mujer asesinada, que por haber transgredido y atravesado el espejo vió ciertas cosas,  lo que pagará con su vida. La otra sorpresa es el conocimiento y la apreciación de Rubén Bevilacqua por la música barroca, la música de Corelli ; poco a poco se perfila la rica personalidad de este guardia civil tan atípico, aspecto que lo hace cada vez más entrañable e interesante.

En resumen, un buen libro, complejo y ahondado.

LA REINA SIN ESPEJO, Destino 2007,  ISBN 978-84-233-42259

Sept histoires qui reviennent de loin de Jean-Christophe Rufin

Jean-Christophe Rufin est né à Bourges en 1952:  médecin spécialiste en Neurologie, historien, globe trotteur, Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, diplomate. Il fut élu en 2008 à l’Académie Française au fauteuil de Henri Troyat,  devenant ainsi, le plus jeune membre. Il détient plusieurs prix littéraires dont le Goncourt 2001 pour son roman Rouge Brésil. Il vient de sortir un livre chez l’éditeur Guérin, spécialiste des écrivains randonneurs et de la montagne: Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi qui caracole au top des ventes en ce moment, paraît-il.

Ce livre m’a été offert gentiment il y a quelque temps et je n’arrive pas à me rappeler qui me l’a offert, mais qu’il ou elle soit remercié car ceci m’a permis de  découvrir un auteur que je n’avais pas lu.

Comme le titre le dit clairement, nous sommes devant sept histoires qui ont pour cadre le vaste monde: Paris deux fois, l’Île Maurice (?), le Massif des Dolomites,  le Mozambique, le Sri Lanka, et un trajet dans un train Corail entre Paris et Luxembourg. Tous ces contes sont parfaitement agencés et racontent une histoire complète; le style est clair, élégant, sans fioritures ni détours, un peu sans âme ou dit différemment, sans grande chaleur humaine, quoique ces contes éveillent chaque fois l’intérêt du lecteur.

Mon préféré? Peut être mes deux préférés:  dans le premier, Passion francophone , le sujet m’a paru très original, frôlant le surréalisme: une jeune femme Khirgize, très pistonnée, débarque de sa steppe lointaine d’Asie Centrale à Paris  et découvre que son « professeur » particulier de français en Kirghizie lui a appris autre chose que le français, avec des conséquences dévastatrices pour elle.

L’autre conte pourrait être Les naufragés qui raconte si bien la fin du monde colonial pour des colons pure souche, mais en même temps narre très bien la véritable dépossession qui signifie pour ces gens l’abandon d’un territoire, et puis la conquête dudit territoire par d’autres peuplades qui ne respectent rien et raflent tout sur leur passage.

Lecture agréable, sans transcendance.

SEPT HISTOIRES…, Gallimard 2011,  ISBN 978-2-07-013412-0

Libro de mal amor de Fernando Iwasaki

Fernando Iwasaki Cauti (Lima 1961) es un hombre multifacético que tiene  raíces multiculturales : Perú, Japón, Ecuador e Italia y reformulando el frágil concepto de identidad Iwasaki dice con humor « mi poncho es un kimono flamenco » ; hoy en día es un  sevillano de adopción. Es Profesor de Historia, narrador, ensayista, crítico e historiador. Tiene dos doctorados : en Historia de América de la Universidad de Sevilla y en Literatura Española e Hispanoamericana de la Universidad de Salamanca. Además es columnista de varios periódicos.

Dice que sus únicas patrias son la memoria y el cuerpo de la mujer que ama. Se auto-profesa lector voraz lo que lo hace entrañable a mis ojos. A pesar de su formación, Iwasaki se siente más novelista que historiador y más escritor que novelista. Y como lector, se quedaría con La Cartuja de Parma de Stendhal ; en una entrevista dijo que la lectura es de un gran potencial perturbador ( ¿Anjá… ?!).

Me tocó escucharlo este año en dos reuniones dentro del marco del Instituto Cervantes de Paris: la primera con motivo del aniversario (50 años) de la publicación del libro de Mario Vargas Llosa, La ciudad y los perros (1963) y la segunda en abril 2013 con motivo de la Ruta Cervantes de Paris del escritor chileno Jorge Edwards, donde Fernando Iwasaki fue el autor de la ruta. Es un placer escucharlo hablar de literatura con esa buena dicción que tiene ( como muchos peruanos).

Su Libro de mal amor de solo 250 páginas se lee fácilmente. Cada uno de los diez capítulos, lleva el nombre de un amor, empezando a los nueve años y culminando a los 23 y cada capítulo pone de relieve una citación del verdadero Libro de buen amor de Juan Ruiz,  del siglo XIV, conocido también como Libro de los cantares, composición de nada menos que 1728 estrofas ! considerada como una de las cumbres literarias españolas de cualquier tiempo.

Por ejemplo, en el capítulo dedicado al amor que le inspiró Alejandra podemos leer en introducción el versículo 654 del Libro de buen amor , en  español macarrónico medieval:

Pero, tal lugar non era para fablar en amores;

a mi luego me venieron muchos miedos e tenblores:

los mis pies e las mis manos non eran de sí señores,

perdí seso, perdí fuerça, mudáronse mis colores.

(Acaso no corresponde exactamente a lo que se siente hoy en día en presencia del ser amado ? Todo es temblor y zozobra, no?).

El libro trata del justamente llamado  » ridiculum vitae amoroso » del protagonista que podría ser el autor; el opus está escrito con un humor muy especial que se puede tildar de autodérision en francés.  Fernando Iwasaki es muy conspicuo cuando nos dice que a falta de éxito amoroso bueno es el éxito humoroso, pues el mal amor es garantía de buen humor. Iwasaki realisa verdaderos malabarismos con la lengua española y su libro  es profuso en anotaciones aclarativas sobre las citaciones que hace, a veces necesarias para darle claridad a su texto.

En todo caso el libro me ha dejado un resabio de molestia con la sucesión de fracasos sentimentales de un chico peruano en los años 80, un chico que siempre quiso aparentar lo que no era para hacerse amar: deportista, patinador, político universitario, vegetariano, etc y que aparentemente nunca fue correspondido en los diez casos que quiso contarnos. Si bien los casos eran a veces francamente risibles, no logré creer en ellos al cien por ciento, encontrando que había un abismo entre este chico tan modosito y culto, frente a unas chicas francamente idiotas y que no lo merecían. Hay para mi gusto una fuerte dosis de autoflagelación, lo que hace que el relato me resulte un poco molesto.

Cómo no hacer un paralelismo con el libro de 600 páginas de Alfredo Bryce Echenique, otro peruano, intitulado No me esperen en abril del 1995 donde se narran las mismas aventuras sentimentales de los chicos de una generación entre 1953 y los años 80: pues bien,  muy poco ha cambiado en Lima el inicio sentimental de los jóvenes de buena familia…

LIBRO DE MAL AMOR 2000, Alfaguara (Serie Roja) 2006,  ISBN 9972-232-25-5

Comment Jésus est devenu Dieu de Frédéric Lenoir

Frédéric Lenoir est né à Madagascar en 1962. Il a plusieurs casquettes: philosophe, sociologue, journaliste, historien des religions, docteur et chercheur de l’École de Hautes Études en Sciences Sociales, Directeur du magazine Le monde des religions. Aussi, il aurait porté pendant trois ans l’habit gris des Frères de Saint-Jean sous le nom de Frère Nathanaël. C’est un être paradoxal qui aime se réveiller chaque matin avec les Variations Goldberg, alors que la plupart des gens les écoutent pour retrouver un sommeil…

J’ai voulu lire son livre afin de me cultiver et aussi parce que quelqu’un de mon entourage me l’a recommandé chaudement. Je dois avouer que je l’ai lu avec une certaine difficulté faite de lenteur de ma part car la masse d’informations divulguée est énorme et j’aurais voulu tout retenir. Impossible de tout retenir pour une personne qui ne pratique pas la théologie.

Car c’est bien d’un essai d’historien sur l’évolution de la pensée théologique qu’il s’agit, essai écrit dans un style clair et accessible, communément appelé de vulgarisation, ce qui n’enlève rien à la qualité de la teneur générale, comportant tout de même beaucoup de vocabulaire érudit , ce qui m’a rendu le livre très intéressant.

La question centrale est simple: QUI EST JÉSUS? 

Le livre tente d’expliquer comment Jésus de Nazareth est devenu Dieu. Le récit de Monsieur Lenoir est étayé par des connaissances historiques et religieuses   qui vont nous permettre de comprendre la naissance du christianisme. L’Église a fixé ses premiers dogmes au fil des 4 premiers conciles œcuméniques;  c’est le thème qui fera l’essentiel du livre, avec les querelles œcuméniques qui en résultaient à chaque fois. Et c’est au mérite de F. Lenoir de nous rendre accessibles, passionnants et compréhensibles ces épisodes de l’histoire de l’Église au cours des 5 premiers siècles de notre ère:  ces conciles ont été généralement convoqués par la volonté politique des empereurs romains afin de réduire les querelles religieuses plutôt  que par une préoccupation essentiellement théologique. Le livre explique, entre autres choses, comment à l’issue de débats passionnés, furent élaborés les dogmes de la sainte trinité et de l’incarnation. Il y a une très belle écriture page 308 lorsque F. Lenoir nous dit:…la théologie trinitaire m’apparaît comme une passionnante tentative d’explication rationnelle du mystère du Christ…comme une vaine tentative de rationaliser l’impensable, de dire l’indicible…

De nos jours le christianisme et la seule religion monothéiste qui affirme que son fondateur est à la fois homme et Dieu.

C’est la « substance » du Fils qui, en cette fin du IVè siècle, puis au Vè siècle, fait l’objet de toutes ces querelles aiguës: comment expliquer la double nature, humaine de Jésus, divine du Verbe? Sont-elles  à égalité dans le Fils, ou bien l’une l’emporte-t-elle sur l’autre? Et comment ces deux natures se concilient-elles avec l’unité de la personne du Christ? Le vieux débat sur la divinité du Fils resurgit: : le Fils est-il vraiment de la même substance que le Père? Est-il son égal? Les déchirures se font aussi autour du statut de l’Esprit: est-il pleinement Dieu? Dans ce cas, comment expliquer, comment comprendre le mystère de la Trinité, des trois personnes qui n’en font qu’une seule? (pg 274).

Querelles, querelles, querelles, luttes de pouvoir parfois sordides autour des conciles, on n’entend que cela à l’aube du christianisme. Je suis tout simplement effarée par la violence et la source de débats sans fin que la naissance de ce monothéisme a déclenché à l’aube de notre ère ( cf le sort réservé à Arius) et cela me fait comprendre pourquoi les conflits au Moyen Orient sont en fait sans solution pacifique (qui a raison?).

J’ai lu un article intéressant à propos de ce livre, écrit par le père jésuite P. Sesboüé paru dans Jésuites , qui n’est pas d’accord avec le contenu de ce livre.

Lecture  intéressante, utile, souhaitable dans ces temps de déliquescence généralisée. Il y a des années,  j’avais lu de lui La promesse de l’ange thriller médiéval autour du mythique Mont Saint Michel, ce qui m’avait intéressé, surtout la partie archéologique, mais je crois me souvenir que j’avais trouvé beaucoup de longueurs dans le roman…

COMMENT JÉSUS EST DEVENU DIEU, Poche N° 32522 (Arthème Fayard 2010),  ISBN 978-2-253-15797-7