Archive | octobre 2015

jardín de Pablo Simonetti

Afficher l'image d'originePablo Simonetti ( Santiago 1961) es un escritor chileno. Se le conoce también por su rol activista en favor de los derechos de las minorías sexuales; siguió estudios de Ingeniería Civil en Chile con un ciclo en Standford; se dedica exclusivamente a la escritura desde 1996, con bastante éxito.  Fue ganador del Premio de cuentos de la Revista Paula en 1996 con su cuento más conocido: Santa Lucía;  su primera novela de 2004 fue un éxito de ventas: Madre que estás en los cielos, una novela tutelada por Memorias de Adriano de Marguerite Yourcenar. Es interesante destacar que Simonetti tiene referencias a novelas clásicas con cada uno de sus opus, excepto justamente jardín, que según el autor, ha surgido solita del arcón de sus recuerdos. (Ojo, que hay que escribir jardín con minúscula !)

Le he leído todos los libros a Simonetti, gustándome particularmente su primero Madre que estás en los cielos; la temática de Simonetti se repite con matices diferentes, siempre sensibles y acertados. Publiqué en diciembre 2014 en este blog un billete sobre su libro La soberbia juventud.

jardín, es su quinta novela, más bien une nouvelle o novela corta de apenas 116 páginas que ocupó el primer lugar en el ranking de ventas en Chile desde la segunda semana, destronando en el puesto a Logia de Francisco Ortega. Además de ser un libro estupendo, jardín es una preciosura de libro con una portada  de flores  en un tono gris que quiere simbolizar el duelo; hay flores en el mismo tono al interior del libro separando los capítulos que son nueve. Las ilustraciones son la obra de su pareja en la vida real, el pintor José Pedro Godoy, quien tiene un real talento para la pintura de flores.

jardín es un trabajo de revisión de la memoria del escritor. En la novela Simonetti narra el desarraigo que sufrió una madre de 76 años cuando hubo de salir de su casa porque toda la manzana debía ser demolida y sacrificada en pos de la especulación inmobiliaria. Esta madre había hecho de su jardín algo muy personal y logrado, un lugar donde se proyectaba su mundo interior,  algo que estaba ligado a todo el pasado de la familia entorno a una casa y a su jardín.

La protagonista de la novela es Luisa, una matriarca de 76 años, viuda con tres hijos, todos muy diferentes y que mantienen relaciones bastante desiguales con la madre. La madre se ve obligada a vender la casa a una empresa inmobiliaria y desea regalar su jardín antes que destruirlo. La imagen metafórica del arranque de las plantas, arbustos y árboles es muy fuerte porque tenemos en paralelo la imagen del atroz desarraigo de la madre. No es seguro que los vegetales se adapten a su nuevo habitat, como no es nada seguro que la madre a sus 76 años se adapte a un nuevo hogar. Cada hijo tiene una visión diferente de la situación, la vive de manera diferente, la interpreta de manera diferente. El diálogo entre hermanos es pésimo porque en realidad se arreglan cuentas y odios pendientes.

En el libro este desarraigo forzado de la madre se traducirá rápidamente por la aparición de una leucemia que  la llevará a la tumba. Los hijos interpretan este desenlace fatal cada uno a su manera, pero siempre con culpabilidad.

Aunque es verdad que no se puede achacar a la mudanza forzada este desenlace fatal, la ciencia ha probado que la depresión provoca una fuerte baja de las defensas del organismo y por ende, favorece la eclosión de enfermedades cancerosas.

Es un libro muy fuerte donde prevalece la emoción y cierto pudor, que suenan justos. Hay tristeza en sus páginas y también algo crudo descrito con cierto sigilo.

El libro  entronca con Madre que estás en los cielos del mismo autor, donde Julia es otra matriarca, pero a diferencia de Luisa, Julia aún aprendía de sus hijos mientras que Luisa soporta de sus hijos una situación alienante. Se podria decir que el relato de Luisa es el epílogo del relato de Julia.

En la vida real, la casa de la familia Simonetti fue diseñada por un tío , el arquitecto modernista Horacio Borgheresi. La mamá de Pablo Simonetti fue doña Eliana Borgheresi, una paisajista chilena que escribió libros de jardinería. La calle que se llama Las Salvias en el libro, corresponde a la calle Los Maticos de Vitacura, hoy totalmente transformada por la urbanización acelerada de Santiago. Y la causa del deceso de Luisa en la nouvelle es una leucemia en condiciones que a la madre de Pablo Simonetti se la llevó un cáncer del páncreas (el más mortífero y rápido de los cánceres). Este libro es una obra de autoficción por donde se la analice.

Un libro realmente precioso que plantea problemas prácticos en las familias con repercusiones  violentas. Un libro escrito con mucha sensibilidad. Gracias Loreto por el préstamo; entiendo porqué el libro te gustó tanto.

JARDIN, Alfaguara 2014,  ISBN 978-956-347-802-0

« Raoul Ruiz – le magicien » de Benoît Peeters et Guy Scarpetta

Afficher l'image d'origine Photo de Benoît Peeters

Cet essai sur le grand cinéaste que fut Raoul Ruiz, a été écrit par un tandem de choc : Benoît Peeters (Paris 1956), écrivain français, scénariste (et spécialiste de l’univers de Tintin !) qui fut l’ami de Raoul Ruiz, et Guy Scarpetta (1946) qui est un romancier français, essayiste et maître de Conférences à l’Université de Reims; ce dernier analyse dans ce livre neuf films du maestro Ruiz.

C’est un livre très intéressant sur le cinéaste chilien (aujourd’hui décédé), richement illustré; il comporte trois parties: tout d’abord en première partie une longue conversation menée à bâtons rompus entre Benoît Peeters et Raoul Ruiz où le cinéaste se raconte (peu),  toujours avec modestie et pudeur; il raconte surtout la genèse et le rodage de ses films; en deuxième partie, l’analyse des neuf films; et en troisième partie, la liste succincte de sa filmographie.

Pour qui n’est pas  familier avec l’oeuvre de ce cinéaste, il y a peu de renseignements sur sa biographie. J’ai retenu qu’il est né à Puerto Montt, une ville du sud du Chili, un lieu de passage entre l’archipel de Chiloé et la Patagonie chilienne, une ville où il pleut sans coup férir toute l’année, mais où les variations de température sont faibles. J’imagine que ce climat qui est propice à l’enfermement, lui a donné le goût prononcé du cinéma avec son ambiance confinée, un refuge chaleureux en somme.

De cette longue  conversation on peut retenir des informations intéressantes sur la technique cinématographique de Raoul Ruiz, totalement innovante. Par exemple cette liberté d’improvisation que le cinéaste avait vis-à-vis du scénario, l’axe sacrosaint autour duquel tourne chaque film, la structure rigide, presque un rituel autour duquel on raconte chaque film. Ainsi, très tôt Raoul Ruiz eut l’impression qu’il était le seul à refuser la technique du conflit central (page 76). En revanche, il était un fervent adepte de la technique française « du plan incliné« , ce système dans lequel toutes les données sont présentes dès le départ. On sait d’avance si l’histoire va finir bien ou mal et on s’amuse à voir comment cette fin va être amenée. On suit l’ensemble comme une cérémonie et l’avantage du système c’est qu’il donne une certaine liberté de mise en images. Et à Ruiz d’expliquer que ce qui le passionne c’est de tirer parti de tous les éléments constituant un film, et de faire la matière même de ce qui sera  montré, de façon à ce qu’un accident devienne brusquement l’essentiel et qu’un détail puisse momentanément prendre le pas sur le système narratif (page 94).

La deuxième partie du livre est consacrée à l’analyse de quelques films par Guy Scarpetta; cette analyse est à l’image des films de Raoul Ruiz, c’est à dire assez compliquée. Le cinéma de Raoul Ruiz est un cinéma d’auteur, assez hermétique pour qui n’est pas averti ni initié à son monde intérieur. Raoul Ruiz était un homme très cultivé et sa culture débordait largement le terrain cinématographique. Cela se sent dans ses films où les références littéraires, historiques, politiques, psychologiques, voire psychanalytiques sont nombreuses. Ainsi, à propos du film La ville des pirates, Scarpetta écrit : ce film de Ruiz suscite un plaisir flottant, comme on parle en psychanalyse d’attention flottante, celui de la dérive incessante des énergies, des affects, des projections imaginaires, des intensités libidinales.

L’oeuvre de Raoul Ruiz est baroque, là où le baroque est inconstant, onirique et désinvolte; son écriture filmique intégre le hasard de façon automatique;  elle est aussi romantique avec une confusion rêveuse entre le sensuel et le sensible; bien sûr, il est relié au réalisme magique latino américain qui consiste à maintenir une tension dramatique, à la complexifier, à l’aviver, laissant le jeu ouvert. Le registre de Ruiz est fantastique  nous menant parfois au vertige intellectuel avec des mystères déroutants et des voluptés interdites. Ses histoires sont labyrinthiques avec des couloirs temporels parallèles et des apparitions, des mirages, des court-circuits, des rétroactions, des faux-raccords narratifs.

J’ai vu seulement deux de ses films et j’en suis restée éblouie : Le temps retrouvé, somptueux, grandiose, rendant si bien ce climat proustien fait de rêverie floue, d’élégance, de clés sur l’époque et sur les personnages contemporains de Marcel Proust. Je trouve que Ruiz a été courageux, sinon téméraire de se lancer dans un tel défi, de s’attaquer au monument sacré qu’est l’oeuvre de Marcel Proust, alors que tant d’autres n’ont pas osé ou ont abandonné le projet. Comme l’analyse si bien Guy Scarpetta, c’est l’oeuvre de Proust qui résiste le plus à l’univers du cinéma pour trois raisons : d’abord un style fondé sur la métaphore et peu apte à être transfiguré sans lourdeur dans le domaine des images; puis une capacité à court-circuiter ou condenser la temporalité qui va au-delà de ce qu’autorise le recours au flash back; et enfin un refus explicite du réalisme, qui bornerait le roman à l’examen de la réalité extérieure (page 156). Scarpetta consacre un chapitre, intitulé « Du côté de chez Ruiz« ,  à expliquer l’état d’esprit avec lequel le cinéaste aborda le rodage : « Ruiz, après avoir lu tous les livres de Proust, choisit comme support le dernier volume,  Le temps retrouvé, le moins narratif de tous, celui où l’action est raréfiée, où les spectacles représentés sont pensés autant que décrits; car c’est sans doute délibérément que Ruiz a privilegié le livre le plus discursif, le moins figuratif parce que par ce biais, il interdit la voie de l’adaptation réaliste ». Et justement Ruiz avait développé dans toute sa production antérieure une lanterne magique projetant des images fabuleuses sur le décor quotidien du script au point de transfigurer celui-ci. Une façon de Ruiz d’insérer sa propre esthétique en suggérant par là ce qu’il y avait de déjà proustien dans sa conception antérieure du cinéma  (page 158). Ruiz a adopté plus qu’adapté le monde proustien (G. Scarpetta)

L’autre film que j’ai vu et apprécié, c’est Les mystères de Lisbonne, de plus de six heures de durée et que j’ai vu au Quartier Latin en une seule fois avec juste un entr’acte. Une splendeur, un film riche et complexe, avec une qualité d’image fabuleuse, sans que jamais on ne s’ennuie (même si le fondement en souffre). Au départ de ce film il y avait une commande de feuilleton télévisuel pour une chaîne portugaise afin d’adapter le roman du XIXè siècle de Camillo Castelo Branco, avec le même titre . C’est un film fleuve où deux histoires s’entrecroisent : celle de Pedro Da Silva, fruit des amours illicites au sein d’une grande famille et celle du Père Dinis, qui éleva cet enfant.

Ces deux films mériteraient amplement d’être revus à la lumière éclairante et richement étayée de ce livre. Car les films de Ruiz ne sont pas faciles à regarder sans en posséder les clés .

Aussi, j’aurais encore très envie de voir son film posthume La nuit d’en face, lequel résume tout l’univers ruizien. Un coffret avec 10 films est disponible, mais malheureusement sans que La nuit d’en face en fasse partie.

Lecture dans le cadre de Masse Critique de Babelio,  Babelio que je remercie ici ainsi que les Éditions Les Impressions Nouvelles.Kantor : un théâtre lié à « une vision intérieure », se substituant à la représentation. -img

 

 

Photo de Guy Scarpetta

 

 

 

RAOUL RUIZ, Les impressions nouvelles 2015,  ISBN 978-2-874-49304-1

 

100 000

En ESPAÑOL, à la suite en FRANÇAIS, then in ENGLISH.

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Queridos lectores hispano hablantes , este billete os lo dedico con toda mi simpatía; gracias por leer y por seguir mi blog, un blog que  fue iniciado en diciembre 2011 en San Francisco, USA con el libro de Jonathan Franzen « Freedom » ; la creación del blog fue un pedido de mi hija quien quería saber acerca de los libros que leo ya que la lectura es para mi una actividad apasionante. 

Esta idea me pareció difícil y complicada porque la lectura es solo un pasatiempo  y yo aún trabajo  con horarios bastante despiadados, pero mi hija no solo insistió sino que me instaló todo el sistema con WordPress . Y aquí estoy , fiel con la tarea.

Desde  diciembre 2011 sigo leyendo y publicando lo que leo, excepto cuando la lectura es tan mala que no vale la pena un comentario. No sería  elegante escribir solo diatribas contra tal o cual libro. Prefiero ignorarlos. Y aunque el libro sea muy malo, hay detrás un trabajo titanesco.

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¿Por qué un blog en español y en francés ? se preguntarán muchos.  Pertenezco a un grupo de lectura en español desde mucho antes de la eclosión del blog. Tenemos tres reuniones por año, siempre animadas de manera brillante e interesante por Sonia, una profesora que aporta método y luces sobre las lecturas. Hemos hecho lecturas fabulosas como por ejemplo El Quijote de Cervantes y  La Regenta de Clarín, verdaderos monumentos literarios. El grupo es muy elástico pues no siempre vienen las mismas, pero es muy interesante porque  están representadas muchas nacionalidades con algunas francesas hispano hablantes. Cada nacionalidad aporta cosas interesantes y diferentes.

Al principio yo publicaba en desorden lo que leía,  en francés o en español , pero desde agosto del 2012 decidí respetar matemáticamente la alternancia de cada idioma porque las hispano hablantes  decían  » es un blog en francés » y las francesas  » es un blog en español ». Quise ser salomónica y que nadie me tilde de tendenciosa; desde entonces me atengo a una alternancia invariable.

Los países hispano hablantes más proveedores de lectores son : Argentina (11 700) seguida de Colombia y de México casi en empate con poco más de 10 000 cada uno. En total hay lectores de 140 países diferentes.

¿Y cuales son los libros más consultados en la lengua de Cervantes ? ( lo más consultado en realidad es la portada con las últimas publicaciones )  pero mirando individualmente los libros, la palma es para « El país de la canela » del colombiano William Ospina con más de 6 000 entradas,  luego Afficher l'image d'origine« Aura » del mexicano Carlos Fuentes con 5 000 y « Betibú de la argentina Claudia Piñeiro con también 5 000. Todos estos libros fueron muy apreciados por mi y a los cuales, espero, haberles rendido el homenaje que se merecen. « Aura » fue también una lectura deslumbrante con el grupo de lectura.

¿ Y de qué nacionalidad son los autores más leídos por mi ? Son los españoles, seguidos por los franceses y luego los argentinos. Y aunque los autores españoles son los más leídos en el blog, España ocupa sólo la quinta posición por el número de lectores. ¿ Y de cuántos países son los autores de las  publicaciones en el blog ? De 31 países diferentes con 415 libros publicados.

 

Chers lecteurs de langue française, merci de votre constance dans le suivi de ce modeste blog. La France est de loin le pays qui a fait le plus d’entrées (27 400) , mais il y a 139 autres pays impliqués dans les consultations.

Le palmarès des livres les plus consultés en français revient à Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand  avec 3 300 consultations (juin 2013), suivi de la pentalogie Le poids des secrets d’Aki Shimazaki (1 350 lecteurs) en avril 2012 (écrivain japonaise qui écrit directement en français, résidente au Canada) et La cuisinière de Himmler de Franz-Olivier Giesbert (juin 2013) avec 1 100 . Les livres en français viennent en deuxième position parmi les livres lus, après les livres d’auteurs espagnols, suivis par les lectures d’auteurs argentins que je tiens en grande estime pour la qualité de l’écriture et la grande variété des sujets traités.

 

Now about writing in English, I didn’t do it as I wrote it  time ago. Only two books in English, too poor : Ordinary thunderstorms from William Boyd (december 2012) and A Reliable wife from Robert Goolrick (september 2012). The point is  I can do it, but it takes me much longer since I’m not practising as I used to do it. Maybe one day, when retired I should try… . I thank you all. The US provided me 7 000 readers and the UK much less.

 

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María bonita de Ignacio Martínez de Pisón

Afficher l'image d'origineEscritor y guionista español, nacido en Zaragoza en 1960 y residente en Barcelona desde 1982; autor traducido en varios idiomas. Ignacio Martínez de Pisón es el gran especialista del período llamado la « transición democrática española », o sea, los años 1974-1982. La familia es la columna vertebral en la obra del escritor, así como la infancia y el final del franquismo; sus libros muestran un gran realismo social y político, dándonos un cuadro coherente de la vida sentimental y política de la España de la segunda mitad del siglo XX. En una entrevista Martínez de Pisón decía que la familia es el terreno de la tragedia y que buena parte de la buena literatura surge de las heridas ; es en la familia donde se producen muchas de las heridas. La familia es al tiempo un refugio y una cárcel. Es el lugar del que quieres escapar, pero al que siempre quieres volver. La familia nos transmite actitudes, gestos que luego reproducimos y transmitimos a nuestros hijos.

Es un escritor que me gusta mucho porque sus libros están muy bien escritos y sus intrigas muy bien armadas. La prueba fehaciente de lo que digo es que María bonita es el quinto libro que le reseño después de El tiempo de  las mujeres (mayo 2012), Carreteras secundarias (julio 2012), Foto de familia (julio 2014) y El fin de los buenos tiempos (agosto 2014). Todos me han gustado. Parece que la directora de cine Azucena Rodríguez dio a Ignacio Martínez de Pisón la idea de este libro a partir de una frase « todas las niñas sueñan con tener una madre diferente de la suya« .

Ignacio Martínez de Pisón escribió un ciclo de 4 novelas « familiares » que comienza con « La ternura del dragón« (1984), sigue con « Carreteras secundarias« (1996), « María bonita« (2000) y culmina con « El tiempo de las mujeres« (2003).

María bonita (2000) es típicamente un bildungsroman, una novela de aprendizaje con una línea de fuerza, el secreto de lo que se esconde detrás de cierta apariencia. La novela está ambientada en los años 60 y basada en la infancia y la entrada en adolescencia de una niña pobre, María. La narradora es la propia María, llamada bonita en referencia a la canción que Agustín Lara escribió para la bella y altiva María Felix. Es una niña de 7 años al principio de la narración y toda una mujercita al final. Es notable como un escritor varón ha encontrado las palabras para describir ese delicado pasaje hacia la feminidad.

María tiene el lenguaje espontáneo y crudo al mismo tiempo, inocente, propio de su edad. La madre de María, Encarna, es una mujer amargada y envejecida, fría con su hija;  Encarna tiene una hermanastra, Amalia, bella, refinada y con dinero. La tía Amalia constituye para María el « sueño » de lo que no tiene en su casa, y también el  afecto que su madre no le da. En el imaginario de la niña la madre es una bruja y la tía un hada madrina. Pero la niña no sabe leer lo que se esconde detrás de las cosas y de las personas. María carece de cánones para vislumbrar lo que puede ser felicidad y se vale del cine y de la televisión como referencias, específicamente de la película « Un rayo de luz » protagonizada por la mítica Marisol; en el argumento de la película Marisol es una chica pobre que conocerá a sus parientes ricos. Es evidente que María hará una proyección sobre su  triste vida y la vida de su tía.

María querrá acercarse a su tía Amalia y de a poco comprenderá lo que se oculta detrás de la holganza de su tía. Al final del libro habrá un encontronazo entre la realidad brutal y los sueños de la niña hecha mujer. La enseñanza del libro es que la vida no nos lleva a finales felices, sino a la imposibilidad del cumplimiento de ciertos sueños. Linda, triste y sabia novela.

MARIA BONITA, Anagrama 2000, ISBN 84-339-2458-3

Concerto pour quatre mains de Paul Colize

Afficher l'image d'originePaul Colize est un auteur belge de polars (Bruxelles 1953) avec déjà une liste impressionnante de publications. L’amour du polar lui viendrait de sa grand mère qui en lisait un par jour…Sinon il a travaillé comme consultant en management et organisation.

Pour moi c’est une heureuse découverte grâce aux rencontres organisées par Babelio: une  rencontre avec un écrivain et son livre et la possibilité d’une dédicace. Je puis affirmer que Mr Colize est un homme charmant à l’humour fin.  Il travaille ses romans d’après une documentation très fouillée, il choisit une intrigue assez sophistiquée et il possède pas mal d’humour.

Pour fêter son arrivée dans la maison Fleuve noir, il a sorti ce très bon thriller psychologique d’un grand réalisme écrit avec un style au langage épuré, taillé à la serpe avec une fluidité du propos telle, que le livre constitue presque un script pour le cinéma. Les chapitres sont courts et efficaces , à « l’américaine », avec des changements brusques dans l’action, ce qui accroche le lecteur et rend la lecture très dynamique.

Concerto pour quatre mains (2015), Prix Arsène Lupin 2016, n’est pas un polar à proprement parler, comme d’autres l’ont déjà signalé, mais un roman de gangsters. C’est d’abord le SUPER gangster, Franck Jammet, beau et intelligent, pianiste (d’où le titre évocateur de grande musique), fils de bonne famille qui a mal tourné à cause d’un « argent trop facile » . Cet homme va organiser des casses avec un soin méticuleux, en choisissant des comparses  de choc, et avec l’intention de ne pas verser une goutte de sang.

Mais ceci est un vœu pieux, car dans le cadre du grand banditisme on n’hésite pas une seconde à tirer sur le premier malheureux qui gêne le bon déroulement du plan.

Le roman décrit par le dedans ce banditisme organisé de manière scientifique, avec la description du milieu de la pègre belge et leur système pénal bancal.  Le pendant au banditisme est donné par Maître Jean Villemont, un brillant avocat pénaliste vite atteint du syndrome de Stockholm avec ses clients et qui sera mêlé à une affaire très vicieuse.

Ces malfrats qui vont réussir des casses incroyables, ne vont pas cesser d’en organiser d’autres parce qu’ils voudront  récupérer  toujours plus d’argent. Leur appât du gain n’a pas de limites et ce qu’ils recherchent le plus, c’est la sensation enivrante de l’adrénaline coulant à flots; le butin devient presque secondaire.

Un polar haletant, écrit de façon efficace et avec une fin qui rachète  un peu de  moralité. La morale devrait être que les avocats pénaux ne restent pas trop longtemps sur les affaires, car cela est source de corruption. La jaquette du livre est très réussie avec le dessin d’un piano à partir des lettres. Bravo !

CONCERTO…, Fleuve noir 2015,  ISBN 978-2-265-09937-1

Las manos pequeñas de Andrés Barba

Afficher l'image d'origineAndrés Barba es un escritor español (Madrid 1975), licenciado en Filología hispánica, con estudios de Filosofía, es también historiador, ensayista, guionista y fotógrafo. El escritor ha sido señalado  entre los 22 mejores de su generación por la revista británica Granta y por El Cultural.

Las manos pequeñas (2008) es el primer libro que le leo. Es una novela corta o nouvelle, un género que no es fácil porque el relato debe mantener la tensión que se le pide al cuento desde la primera línea y como dice E. Paz Soldán : se necesita lograr lo mejor del cuento y evitar lo peor de la novela.

Las manos pequeñas es un relato pulido como un diamante, afilado, cruel, angustioso que penetra insidiosamente en el lector y lo inquieta.

Es la historia de Marina, una criatura de 7 años que pierde padre y madre en un accidente. Marina, aunque lesionada, logra salvar la vida y se encuentra definitivamente sola en un mundo extraño y hostil. La niña  repite una frase como un leit motiv « mi padre murió en el acto, mi madre en el hospital« . A Marina la pondrán en un orfanato  rodeada de niñas que la escrutarán y la odiarán porque  tuvo un pasado feliz .

Es una inmersión en el mundo despiadado, secreto y complejo de la infancia donde para sobrevivir en un contexto de intrascendencia, las niñas y por ende Marina, se inventarán situaciones y juegos de una violencia inaudita al mismo tiempo que totalmente inocente.

Marina es diferente de las otras niñas y esta diferencia es generadora de admiración y al mismo tiempo de odio por parte del grupo, un grupo que va a formar una masa viscosa e inasible alrededor de Marina, siempre  al borde de la transgresión. La muerte acecha .

Un talento especial del escritor Andrés Barba para describir el mundo ambivalente de la infancia donde reinan  inocencia y   crueldad, un miedo soterrado a lo desconocido, la ausencia de defensas. Un escritor interesante que merece ser explorado con otra lectura.

LAS MANOS PEQUEÑAS, Anagrama 2008,  ISBN 978-84-339-7176-0

Un hiver avec Schubert d’Olivier Bellamy

Afficher l'image d'origineOlivier Bellamy (Marseille 1961) est un journaliste, grand reporter, éditorialiste (au Huffington Post), animateur radio et écrivain français. Il a écrit plusieurs livres qui ont connu un franc succès, dont une très belle biographie de Martha Argerich.

Son Dictionnaire amoureux du Piano fut commenté dans ce blog en janvier 2015, un livre plein d’anecdotes et de connaissances autour du piano (que Bellamy pratique !); le livre  a été récompensé par le Prix Pelléas 2015 (prix littéraire annuel qui récompense un ouvrage sur la musique aux plus belles qualités littéraires).

Un hiver avec Schubert (2015) est un livre très chaleureux sur le grand musicien que fut Franz Schubert (l’un des favoris de Bellamy avec Mozart et Chopin). Il paraît que l’idée d’écrire ce livre lui est venue en voyant la collection  Un été avec…(Éditions des Équateurs),  et il a du être  inspiré aussi par le Voyage en hiver de Franz Schubert (24 lieder). J’ajoute qu’il aurait pu s’inspirer aussi d’Un Hiver à Majorque de George Sand, écrit l’hiver 1838, et qui relate le voyage catastrophique à Majorque des deux amants avec un Chopinet (c’est ainsi qu’elle l’appellait) très malade; ce voyage de quelques mois  a été le chant de cygne de leur amour.

Un hiver avec Schubert n’est pas une autre biographie sur Franz Schubert, bien que des faits sur sa courte vie (31 ans) soient esquissés dans l’essai. C’est un livre sur la musique de Schubert, sur l’oeuvre immense du musicien, un livre destiné aux gens qui connaissent techniquement la musique et qui ont une connaissance assez approfondie de l’oeuvre du musicien, lequel nous a legué plus d’un millier d’oeuvres écrites en seulement 19 années! Il composait entre 6 et 13 heures par jour…  Monsieur Bellamy slalome très à l’aise entre les croches, sait lire la musique et donne son avis éclairé. Ce n’est pas un ouvrage pour le profane bien qu’il se laisse lire très bien parce que bien écrit et chaleureux.

Franz Schubert est bien décrit dans le livre : il mesure un mètre cinquante-sept, le front et le menton sont proéminents, les yeux très doux et expressifs, le nez petit et les lèvres pleines. Le visage est mobile. Il est myope et porte des lunettes. Son teint est pâle. Sa démarche vive et vigoureuse. Il a un corps solide, arrondi, trapu, avec une forte ossature et des muscles énergiques. Ses doigts sont courts et gros. Il s’entend bien avec tout le monde. Il est confiant, franc et incapable de ruse. D’humeur égale.

Selon Bellamy, Schubert est le compositeur de la douleur, c’est sa vieille compagne, sa soeur, son double (un romantique pur teint :  des sentiments qui  baignent dans ce spleen de l’âme, le bien nommé sehnsucht des allemands…). Il connait toutes les nuances nobles et mystiques de cette douleur. Vivre pour lui c’est endurer et subir et le courage il l’exprime dans son acceptation et sa transmutation. La musique, fruit de cette métamorphose, n’est pas du bruit ordonné, c’est l’expression de ce silence, la réalisation sublime d’une blessure muette.

Voilà pourquoi tant de thèmes schubertiens donnent l’impression de pleurer et de rire en même temps. Voilà pourquoi ses mélodies dans le mode majeur possèdent déjà, avant toute modulation, ce fond de sehnsucht (mélancolie) : on pressent le passage en mineur, on l’attend…on l’entend déjà dans son majeur (page 56).

Schubert a composé beaucoup de lieder, et le lied est à Schubert ce que la mazurka est à Chopin : le coeur battant de son oeuvre poétique parce qu’il y met des poèmes en musique, mais parce qu’il se comporte en poète lui- même. Il est d’une grande  fidélité au texte. Dans ses choix rythmiques, tonals et mélodiques, il campe immédiatement un climat, un caractère, un style qui sont le reflet direct d’une vision d’artiste sur le sujet. Il ne se trompe jamais sur le sens du poème. Mieux, il en extrait le sens caché. Schubert revient au lied tout au long de sa courte vie, avec un pic en 1815 et 1816; c’est Schubert qui a crée le lied allemand : il en a écrit 650…inventant une forme poétique forte et ouvrant la voie à Schumann, Brahms, Wolf, Berg.

Pour Olivier Bellamy Schubert est difficile à interpréter et cette difficulté proviendrait du son :  dès que un pianiste pose ses mains sur le clavier l’on sait s’il a ou pas le bon toucher, parce que Schubert serait essentiellement vocal, d’un chant intérieur, simple et immémorial. Pour jouer Schubert il faut accepter d’être seul dans la multitude, c’est la musique la plus proche du silence.

L’écrivain soulève l’hypothèse suivante : si Franz Schubert n’est pas aussi connu c’est parce qu’il n’a pas quitté Vienne, il ne s’est pas formé en Italie, il n’était pas assez connu pour qu’un directeur misait sur lui, il n’était pas assez manoeuvrier pour se faire des relations utiles, pas assez malin pour mettre en musique une pièce à la mode, pas assez désireux d’obtenir le succès à tout prix.

Vers la fin de sa vie (1827) Schubert entendit les poèmes Voyage en hiver (Winterreise) de Muller, un poète qui l’avait beaucoup inspiré et alors qu’il traversait une période de grande dépression et d’épuisement physique, il composa en quelques jours douze lieder dont le seul incipit musical contient toute l’oeuvre et l’âme de la musique. Après la mort de Beethoven en mars 1827, il se lance dans la composition de la deuxième partie de Voyage en hiver : encore 12 lieder, mélange de lucidité et de tendresse, de désespoir et de beauté, d’oubli de soi, d’oubli du chant sans cesser d’être de la musique.

Dans son Dictionnaire amoureux du piano, Olivier Bellamy signalait Ständchen de Schubert-Lizt comme le disque qu’il ferait écouter à des extra terrestres s’il les rencontrait. Dans Un hiver avec Schubert, il affine un peu sa position par rapport au musicien et il cite le Quintette de « La truite » dans plusieurs interprétations  et la Sonate arpegionne comme étant les musts qu’il emporterait sur une île déserte.

Qu’est-ce que la musique ? (ce paragraphe est très beau, je vous le cite en entier) : C’est une pensée, dit le compositeur. C’est une construction, dit un autre compositeur. C’est une suite d’équations, dit le mathématicien. C’est l’art de combiner des sons, dit le musicologue. C’est une émotion, dit timidement l’amateur. C’est une révélation, dit le poète. C’est le langage de l’âme, dit l’écrivain. C’est une friponne, peste le philosophe, agacé d’être distancé avec plus de force et de charme. C’est un miracle divin, dit le prêtre. C’est ma vie, dit le musicien. C’est mon gagne-pain, dit un autre musicien. C’est…commence l’indécis. C’est ! tranche l’homme d’esprit. C’EST QUOI ? demande le sourd. 

Tous s’accordent sur le fait qu’il s’agit d’un mystère.

Très joli livre plein d’esprit et de bienveillance, une lecture dans le cadre de Masse Critique avec un grand merci à Babelio  et aux Éditions Buchet-Chastel.

UN HIVER AVEC SCHUBERT, Bouchet-Chastel 2015,  ISBN 978-2-283-02796-7