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Coule la Seine de Fred Vargas

Fred Vargas (auteur de Pars vite et reviens tard) - Babelio  Fred Vargas est le nom de plume de Frédérique Audoin-Rouzeau, écrivaine, archéo-zoologue et médieviste française (Paris 1957). Elle est connue pour ses polars mettant en scène le Commissaire Jean-Baptiste Adamsberg. Elle fait partie des 10 romanciers les plus vendus en France.

Cela faisait trop longtemps que je n’avais pas lu un Vargas et le dernier livre pour lequel j’ai écrit une fiche de lecture, c’est Sous les vents de Neptune (2004), le 4ème de la série avec le Commissaire Adamsberg, qui reçut le Trophée 813 francophone de la même année, adapté pour la TV en 2008 par Josée Dayan.  Dans ma fiche, j’ai donné une appréciation moyenne avec un polar un peu compliqué dont l’histoire se passe  entre Paris et Québec, peu crédible, mettant  en scène un meurtrier en série de toute une vie, traumatisé dans son enfance par une mère hautaine et un père souffreteux.

Coule la Seine (2002) c’est un recueil de 166 pages avec 3 nouvelles du Commissaire Adamsberg, histoires déjà publiées ailleurs : Salut et Liberté (1997), La nuit des brutes (1999) et Cinq francs pièce (2000). Les trois histoires mettent en valeur le Commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, un personnage atypique, flâneur, ayant une nette tendance réflexive et aux méthodes peu orthodoxes, flanqué de son deuxième (et anti-thèse), le Capitaine Danglard, un homme méthodique et scientifique adonné au vin blanc et à la bière.

Ce fût un régal de lecture avec des dialogues fantastiques, d’une fraîcheur et drôlerie avec un à-propos délicieux. Le cadre est très parisien et charmeur.

Je me suis régalée de ces trois histoires où les cas policiers n’étaient, en fait que des faire-valoir pour un langage fleuri, non dénué de profondeur, qui transpire l’amour envers l’humain. Je comprends l’engouement unanime du lectorat pour cette auteure.

COULE LA SEINE, Viviane Hamy 2002,  ISBN 978-2-087858-166-9

Heather Mallander a disparu (1) de Robert Goddard

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Robert Goddard est un romancier anglais né en 1954 dans le Hampshire, auteur de romans policiers et de romans à énigmes. Il a étudié l’Histoire à Cambridge puis travaillé dans le journalisme, dans l’enseignement et dans l’administration scolaire avant de se consacrer exclusivement à l’écriture. Il possède une vaste bibliographie de plus de 28 romans parus depuis 1986, mais pour le moment seulement 10 ont été traduits en français et publiés par  Sonatine Éditions. Il a été redécouvert aux États Unis avec un grand succès. Actuellement l’écrivain vit en Cornouailles.

C’est un romancier qui se laisse lire, qui amuse et intéresse par ses intrigues pleines de rebondissements et souvent une conspiration longtemps gardée secrète dont la révélation va bouleverser une vie. C’est très délassant , il suffit de ne pas le lire les uns après les autres pour mieux les apprécier car son style se répète.

J’ai déjà commenté trois de ses romans dans le blog :  Par un matin d’automne ( In Pale Battalions, 1988) en juillet 2013, un roman  épais qui m’avait captivé par ses rebondissements incessants, un vrai page-turner, mon premier Goddard. Puis Le temps d’un autre (Borrowed Time, 1995) en janvier 2016 qui m’avait un peu moins séduite par un côté invraisemblable: cette espèce d’attraction maladive du protagoniste pour l’énigmatique Lady Paxton.  Les Mystères d’Avebury (Sight Seen, 2005) en juin 2017, un  « pur » Goddard et encore un page-turner construit autour de secrets avec un vrai tempo de thriller.

Heather Mallander a disparu (Into the Blue 1990) est le quatrième opus que je lis à R. Goddard. Il a reçu le Prix Smith Good Read Award et le Prix des Lecteurs 2013; ce livre forme partie d’une série chronologique de trois livres avec comme personnage principal Harry Barnett, suivi de Out of the Sun (1996) et de Never Go Back (2006), ces deux derniers non encore traduits en français. Heather Mallander a disparu a été porté à la TV anglaise en 1997  sous le  titre en anglais  par Jack Gold comme directeur.

Heather Mallander a disparu est une lecture de 700 pages très agréable, avec plein de personnages bien campés, des péripéties, des mystères et une trame si compliquée et riche en événements que la résumer c’est vous l’éventer.

Raconter l’intrigue ce serait spoiler le livre et c’est bien dommage parce que c’est tout l’attrait de cette lecture. Disons en gros que Heather Mallander est une belle anglaise de 27 ans venue soigner ses peines à Rhodes où Alan Dysart (député et sous secrétaire d’État) possède une belle maison gardée à l’année par Harold (Harry) Barnett. Ce Harry Barnett est un peu un anti-héros, falot à souhait, mais c’est lui qui mènera la danse. La belle Heather va disparaitre alors qu’elle se promenait avec Harry. Alors, tout accuse Harry qui mènera sa propre enquête à partir de photos laissées par Heather. Nous avons droit au déroulement de la dite enquête à la manière d’Agatha Christie où tous les personnages ont quelque chose à se reprocher; ici les personnages  sont assez bien campés et suffisamment différents pour que l’on s’intéresse à eux. Ils comportent tous une part de mystère avec parfois de la menace latente ce qui ajoute des petits frissons à la lecture.

Nous avons une histoire pleine de rebondissements qui se tient bien. Comme à son habitude Goddard apporte mystères et résolutions au fil des pages avec parfois un descriptif très long mais qui éclaire bien les lieux et les habitudes des habitants, même si par moments cette minutie descriptive lasse un peu.

J’ai été frappée par la médiocrité du personnage central, Harry Barnett, un profil si bas confronté à des situations hautes en couleurs et pleines de significations. Il y a une belle brochette de salauds en haut de l’échelle sociale, prêts à tout pour garder la mainmise sur les affaires. Et Heather Mallander dans ce récit? C’est une des figures féminines très énigmatiques jusqu’au dénouement final.

Une lecture épatante pour se distraire avec un argument complexe où l’auteur se fait plaisir pour nous égarer en conjectures. Mais toutes les astuces seront expliquées à la fin. Un autre aspect positif de ce roman, à mon goût, est le descriptif détaillé de l’entourage, que ce soit de l’Angleterre, de l’île de Rhodes ou de la Grèce. C’est très fouillé  et cela me rappelait le divin Balzac et ses descriptifs.

C’est un autre « pur » Goddard avec tous ses ingrédients favoris: mystères, secrets, sentiments variés, études de moeurs, bon ancrage géographique. Dans celui-ci il y une énigme assez prenante et insidieuse. J’ai trouvé la fin assez gore. Et par association d’idées, je n’ai pas cessé de penser à l’excellent film A couteaux tirés (2019) de Rian Johnson, un régal. Et dont on annonce une suite pour 2021.

Into the Blue Poster

 

 

HEATHER MALLANDER, Livre de Poche N°32874, 2013(RG 1990),  ISBN 978-2-253-16953-6

Le Service des manuscrits d’Antoine Laurain

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Antoine Laurain est un écrivain français (Paris 1972) dont Le Service des manuscrits est déjà sa 8ème publication.  Avec Le Chapeau de Mitterrand (2012) il connut un grand succès et le roman a été porté à la TV en 2015, adapté par Robin Davis.

Le Service des manuscrits (2020) est le premier roman que je lui lis et  c’est un roman qui avait tout pour me séduire et m’intéresser autour d’une histoire qui montre l’envers du décor du monde de l’édition avec ses lectrices et lecteurs. Qué de détails intéressants sur des partenaires dont on fait peu allusion et dont le travail doit être, pour le moins, assez éreintant. On lit par exemple,  que 2 millions de français rêvent d’être publiés, alors que la plupart n’écriront jamais un livre: tous ces livres fantômes forment une sorte de matière gazeuse qui entoure la littérature comme la couche d’ozone la Terre (page 12). Et tout de même cinq cent mille refusés par an ! toutes maisons d’édition confondues et les trois quart des auteurs désirent récupérer le précieux exemplaire.

Je lis dans ce livre qu’il y a trois signes pour noter les manuscrits : un carré pour les refusés, un croissant de lune pour un texte qui retient l’attention et un soleil pour la pépite à publier.

Ici l’histoire bascule sur un cas policier certes, assez original, mais qui ne m’a pas convaincu surtout lors de la résolution du cas : une éditrice reconnue, Violaine Lepage,  reçoit un manuscrit sous le titre de Les fleurs de sucre qui décrit des meurtres qui vont se reproduire dans la réalité; ce manuscrit est sélectionné pour le Goncourt, mais on n’arrive pas à démasquer l’auteur…Ce roman Les fleurs de sucre est un livre porté en abîme (roman dans le roman) et l’axe même du livre d’Antoine Laurain.

Lecture légère, agréable avec une certaine originalité dans le montage mais qui m’a laissé une impression mitigée, en raison d’un certain flou autour de l’histoire policière.

LE SERVICE DES MANUSCRITS, Flammarion 2020,  ISBN 978-2-0814-8609-6

Le sauveur (6) de Jo Nesbø

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Jo Nesbø est un écrivain et scénariste norvégien (Oslo 1960), auteur de polars et de livres pour la jeunesse. Son héros récurrent est l’inspecteur Harry Hole un stéréotype d’inspecteur de Police entre ours-alcoolo-tabagique et électron libre qui utilise des méthodes peu orthodoxes pour résoudre les cas, mais qui néanmoins est le meilleur dans sa branche. Les épisodes peuvent se dérouler en Norvège ou à l’étranger.

L’auteur Jo Nesbø a vendu plus de 34 millions d’exemplaires de par le monde et il a été traduit dans plus de 50 langues. C’est tout à fait impressionnant.

Un film est sorti en novembre 2017 sur son livre Le Bonhomme de neige (2007) avec Michael Fassbinder dans le rôle d’Harry Hole: cela correspond au septième opus avec le détective, non encore lu.

J’ai commenté en mars 2018 mon premier Jo Nesbø: La Soif (2017),  qui correspond au 11ème de la série et je suis restée impressionnée,  souhaitant en lire d’autres mais de préférence dans l’ordre chronologique car les histoires tournent surtout autour du personnage et de la personnalité de Harry Hole.

L’homme chauve-souris (1997) est le premier de la série, commenté en avril 2018, un livre qui m’a plu moyennement car j’ai trouvé qu’il faisait un peu catalogue touristique sur l’Australie (pauvre Australie ces jours-ci), brodé autour de l’assassinat d’une jeune norvégienne; dans ce livre on comprend pourquoi l’inspecteur Hole est envoyé aux antipodes par sa hiérarchie: c’est pour se faire pardonner une bourde professionnelle énorme avec la mort d’un collègue alors que l’inspecteur Hole était passablement imbibé d’alcool. En juillet 2018 j’ai commenté le N°2 Les cafards (1998), qui se déroule en Thaïlande où Harry Hole doit résoudre un cas délicat du meurtre d’un diplomate norvégien dans des conditions plus que louches. Le N° 3 Rouge-Gorge (2000) m’a plu moyennement car ce fut une lecture laborieuse quoique sur un sujet intéressant: les soldats norvégiens engagés dans la Wehrmacht lors de la DGM; lecture  laborieuse car comportant trop de personnages et un rythme trop lent. Le Harry Hole N°4 est Rue Sans-Souci (2002), un opus pas mal du tout autour de braquages de banques et de mafia au niveau de l’Europe. L’étoile du diable (2003) n’est pas mal non plus avec quelques réserves: la trame est un peu surchargée mais le suspense intense.

Le Sauveur (2005) est un polar qui m’a intéressé moyennement, mais je sais que mon opinion va à contre courant du sentiment général. Et puis, j’ai laissé passer trop de temps avant de reprendre un Harry Hole: 64 livres exactement, j’ai quelque peu perdu le fil.

Dans ce tome très noir et au coeur du rude hiver norvégien, je retrouve un Harry Hole assez solitaire, avec un nouveau chef, Gunnar Hagen, et un coéquipier, Halvorsen,  qui va se faire sérieusement amocher. L’intrigue m’a paru assez compliquée entre l’Armée du Salut norvégienne et un tueur venu de Croatie dont je n’ai pas compris clairement les motivations. Hole va prendre l’initiative de se rendre en Croatie à ses frais et sans en parler à la hiérarchie!

Si j’ai compris quelque chose, cette Armée du Salut est toute puissante et riche en capital immobilier. Il y a de la spéculation immobilière même pas camouflée et des assassinats louches au sein même de l’organisation (dans le roman).

Je n’ai rien compris au problème des serbes et des croates sur fond de vieille guerre et de vendetta. Les voyages à Zagreb m’ont paru extravagants.

Au sujet de la vie privée de Harry, il a rompu avec Rakel, mais il continue de voir le fils de Rakel, Oleg, qui l’adore. Il va vivre une courte liaison avec Martine Eckhoff, la fille du plus haut gradé de l’Armée du Salut. Harry Hole se bat toujours avec l’alcool et continue de fréquenter les AA. On sent une grande détresse dans ce policier mais en même temps il est d’une témérité hors normes et bien toléré par son nouveau supérieur.

Page 240 il y a une description physique de l’inspecteur Hole : un grand type aux cheveux courts, la peau pâle et le nez rouge, les traits durs et marqués et contredits par une bouche sensuelle.

Un tome avec beaucoup trop de personnages et une intrigue peu claire, même si les meurtres sont assez spectaculaires. Et constamment des changements de narrateurs, ce qui rend le suivi plus difficile. J’ai aimé moyennement.

LE SAUVEUR, Folio Policier 552 2018(JN 2005),  ISBN 978-2-07-270812-1

Le braconnier du lac perdu (3) de Peter May

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Peter May est un romancier et scénariste pour la TV de nationalité écossaise (Glasgow 1951) résidant en France et naturalisé français depuis 2016.

Il a écrit une trilogie écossaise qui a connu un énorme succès: le premier tome est L’île des chasseurs d’oiseaux (The Blackhouse 2009) un livre trois fois primé: le Prix Les Ancres noirs 2010, le Cezam Prix 2011 et le Prix Barry 2013, c’est un livre qui m’a beaucoup plu par la force des éléments naturels mis en relief et l’histoire qui va avec; j’ai commenté ce livre en octobre 2019. Le deuxième tome est L’Homme de Lewis (The Lewis Man, 2012) aussi très impressionnant par cette nature impérieuse autour des Iles Hybrides, quoique l’intrigue m’ait moins envoûté que dans le premier tome; j’ai commenté ce deuxième tome en novembre 2019.

Le braconnier du lac perdu (The Chessmen 2013) est le troisième et dernier volet, il a reçu le Prix polar international de Cognac 2012. On retrouve MacLeod, ancien policier, revenu sur l’ile de Lewis pour se ressourcer; il reprend et retape la maison délabrée de ses parents et renoue des relations avec Marsaili quoique la passion n’y est plus.

En tout cas, à l’occasion d’un phénomène local naturel absolument inouï, et de plus, auquel il a assisté, un cas d’assassinat datant d’il y a 18 ans va refaire surface.

Le phénomène local dont je fais allusion est la disparition d’un loch de 1 Km et demi de long, 800 mètres de large et entre 15-20 mètres de profondeur. Ils appellent cela « une poussée de tourbière », c’est à dire que après une longue période sans pluie, la tourbe en surface sèche et se craquelle, devenant  imperméable. La plupart des lochs reposent sur de la tourbe qui elle repose sur le gneiss de Lewis; ils sont souvent séparés par des crêtes constituées d’un matériau moins stable. Et si la période de sécheresse est suivie de fortes pluies, l’eau s’engouffre dans les craquelures de la tourbe et crée un lit de boue sur le soubassement rocheux. Ainsi dans ce roman, on explique que la tourbe située entre les lochs a glissé sur de la boue et le poids de l’eau contenue dans le loch supérieur a pulvérisé l’amphibolite et tout s’est déversé dans la vallée inférieure.

Du coup, dans le roman, on va découvrir un corps à intérieur d’un petit avion qui était au fond du loch.

Macleod n’est plus policier mais travaille pour la sécurité d’un riche propriétaire terrien qui se fait braconner sans vergogne et à grande échelle (parce que à petite échelle et pour la consommation personnelle il existe une certaine tolérance). Il sera mêlé à l’histoire qu’il le veuille ou non parce que dans cette île tout le monde connaît tout le monde.

Que les relations sont compliquées entre les îliens, difficiles, ardues, parfois violentes. Ils se connaissent tous et connaissent tout sur chacun.

Petit à petit on va progresser pour élucider le cas, mais il y aura autour une infinité de situations très compliquées. Il y a dans ce troisième volet des situations qui découlent du tome précédent, voire du premier. Il est préférable de les lire dans l’ordre.

Le théâtre naturel de la trilogie est toujours aussi fascinant. Et c’est tellement bien décrit que l’on entend presque souffler le vent par bourrasques et marteler la pluie dehors. Toutes les cheminées fonctionnent avec de la tourbe séchée et l’âtre dégage, paraît-il, une odeur tout à fait particulière. Il y aurait sur les Hébrides de gros morceaux de gneiss vieux de 4 milliards d’années, depuis la dernière ère glaciaire.

Peter May sait décrire ce monde et en tirer de la poésie :…le temps que Fin Macleod rejoigne Uig, le lendemain de sa confrontation avec Whistler dans le bar, le vent était monté à force six ou sept. Mais il était encore anormalement chaud et des vents atmosphériques encore plus violents avaient aminci les nuages en d’étranges mèches et toupets, comme des plis de gaze voilant le soleil…

J’ai trouvé que la fin du livre était poussive, épaisse et j’avais hâte d’en finir avec l’histoire malgré la beauté des lieux.

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Loch Ròg, Hébrides Extérieures.

 

LE BRACONNIER, A vue d’oeil 2013 (PM 2013),  ISBN 978-2-84666-752-4

L’Homme de Lewis (2) de Peter May

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Peter May est un romancier et scénariste pour la TV de nationalité écossaise (Glasgow 1951) résidant en France,  naturalisé français en 2016.

L’île des chasseurs d’oiseaux (The Blackhouse 2009) est le premier tome d’une trilogie écossaise, un livre primé par le Prix Les Ancres noirs 2010, le Cezam Prix 2011 et le Prix Barry 2013, c’est un livre qui m’a beaucoup plu par la force des éléments naturels mis en relief et l’histoire qui va avec; j’ai commenté le livre en octobre 2019.

L’Homme de Lewis (The Lewis Man, 2012) est le deuxième tome de la trilogie et je l’ai abordé avec grand intérêt. Il a reçu le Prix Les Ancres noires 2012. Le policier Finlay Macleod, originaire des Hébrides, revient sur l’île de Lewis un an environ après la fin de l’épisode précédent. Il a divorcé de sa femme et quitté la police car il a fini les études d’Informatique qu’il suivait en parallèle; il voudrait commencer une nouvelle vie.

Il va retrouver les personnages du premier tome; il va commencer à retaper la vieille maison de ses parents qui tombait en ruine, mais il sera rapidement entraîné dans la résolution d’un crime: on va découvrir le cadavre bien conservé dans la tourbe d’un jeune homme sauvagement poignardé.

Cet épisode est l’occasion de nous livrer des informations fort intéressantes sur la propriété de conservation des corps par la tourbe selon les conditions climatiques du lieu: l’acidité de l’eau, les températures basses et le manque d’oxygène font que la peau et les organes se conservent très bien.

Très vite et grâce à la datation par le carbone on va savoir que le cadavre date des années 50. L’autopsie du cadavre va jusqu’à révéler les aliments ingérés par la victime!

Finlay Macleod va donc s’impliquer dans la recherche de l’assassin d’autant plus que dans le tome précédent la population mâle de l’île avait fait l’objet d’une recherche d’ADN  que l’on pourra comparer avec l’ADN de la victime et établir ainsi une filiation.

Cette enquête criminelle m’a paru un peu poussive, un peu lente et prévisible. Et la fin un peu exagérée. Mais une nouvelle fois les éléments naturels sur ces Îles m’ont paru d’une force incroyable, comportant des changements rapides et violents. Des paysages que j’arrive à imaginer d’une beauté à couper le souffle.

A la fin du livre, la vie de Finlay Macleod commence à prendre un nouveau départ; je trouve que l’on sait peu sur lui, il reste comme en retrait. Je vais voir ce que le tome 3 va apporter comme intérêt.

Sur la beauté des lieux: Bien qu’on les appelle île de Lewis et île de Harris, il s’agit en fait d’une seule et même île, séparée en deux par une chaîne de montagnes et une étroite bande de terre. Une sacrée vue pour l’éternité. Le bleu ardoise et ombré des montagnes, par delà le jaune des plages de Scarista; les lumières sans cesse changeantes d’un ciel qui ne connait pas le repos; le murmure permanent du vent, comme les voix des croyants s’élevant pour célébrer le Seigneur.

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Plage de Scarista- Hébrides

L’HOMME DE LEWIS, Babel Noir 2014 (PM 2012),  ISBN 978-2-330-01441-4

L’île des chasseurs d’oiseaux (1) de Peter May

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Peter May est un romancier et scénariste pour la TV de nationalité écossaise (Glasgow 1951) résidant en France,  naturalisé français en 2016.

L’île des chasseurs d’oiseaux (The Blackhouse 2009) est le premier tome de la trilogie écossaise, un livre primé par le Prix Les Ancres 2010, le Cezam Prix 2011 et le Prix Barry 2013. Les deux tomes suivants sont L’Homme de Lewis (2012) et Le Braconnier du lac perdu (2013).

L’île aux chasseurs d’oiseaux est classé roman noir, policier, mais ce livre est infiniment plus que cela. Il y a une histoire policière avec un crime à élucider, un crime assez sauvage d’ailleurs, mais il y a aussi l’histoire personnelle très forte du policier envoyé de Glasgow pour résoudre ce crime et puis il y a surtout un descriptif magnifique de cette partie reculée du monde, les îles Hébrides extérieures au nord ouest de l’Ecosse.

Le policier en charge (partielle) de l’enquête est originaire de l’île de Lewis faisant partie de l’archipel et il s’est battu pour quitter  cette île. Cela fait 18 années que Finlay (Fionnlagh) Macleod alias Fin, est parti de Lewis et son retour lui fait revivre un passé difficile, semé de faits douloureux qu’il préférerait oublier, enterrer au plus profond de sa mémoire. Mais l’enquête policière fera qu’il devra raviver beaucoup de souvenirs anciens et côtoyer des gens resurgis d’un passé lointain.

De plus Macleod vient de vivre, un mois avant les faits, un deuil très proche et son mariage sombre pour de bon.

La vie sur l’île est assez confinée, ce qui est inéluctable. Les gens se  côtoient trop longtemps, ils vivent en circuit fermé et se connaissent trop bien pour pouvoir prendre de la distance par rapport aux évènements. Ce qui rend les rapports humains difficiles, abrupts, avec un climat infernal, des pluies violentes, des vents quasi permanents. Tout ceci favorise le fait que certains noient dans l’alcool leur spleen, leur désespoir, leur ennui. La consommation des pintes de bière ou whisky n’arrangent pas les échanges entr’eux (page 52:…rien à faire sur l’île, ou pas grand chose. Le poids de la religion, une économie en déroute, un chômage élevé. Un alcoolisme très répandu et un taux de suicide bien au-delà de la moyenne nationale).

Macleod aura du mal à progresser dans l’enquête mais il va y arriver, aidé par d’autres îliens et bien que desservi par son supérieur. En même temps il devra faire face à quelques vérités qu’il ignorait du fait de cet éloignement prolongé.

Les coutumes sont rudes par cette latitude, notamment la coutume ancestrale de la chasse aux oiseaux sur le rocher de An Sgeir dont le début remonte à la nuit des temps; c’est une véritable initiation pour tout mâle de l’île et un honneur d’y participer, même si le plus souvent c’est au péril de sa vie. Chaque année 12 heureux élus partent par voie de mer (presque une journée de voyage) sur le rocher afin de chasser environ 2000 bébés « guga », comme ils appellent en gaélique les bébés des fous de Bassan; cette expédition dure 15 jours et chaque étape est rituelle et bien codifiée. Le groupe revient avec les volatiles dépecés et conservés dans de la saumure pour le régal des villageois. Mais le danger  physique est bien réel puisque An Sgeir est un rocher calcaire, très glissant, battu par les vents, entouré de falaises, colonisé par des milliers d’oiseaux assez agressifs envers ces chasseurs.

Cette coutume ancestrale,  Macleod dût la subir autrefois et ce fut à l’origine d’un changement radical dans sa vie ainsi que dans celle de son ami d’enfance Artair.

Ce livre est envoûtant par la découverte du monde gaélique, avec des noms imprononçables qui nécessitent presque une traduction à l’anglais pour être compris. Il est envoûtant par la description extraordinaire de la nature environnante, farouche mais d’une beauté du début du monde, à couper le souffle, que ce soit le ciel, la mer ou la terre. Les habitants de cette contrée portent en eux une telle force, une telle présence, une telle aura de sincérité que le lecteur se sent petit et recroquevillé devant leur vécu.

Le titre original en anglais (Blackhouse) fait état de quelque chose d’important dans le récit, car c’est le nom qu’ils donnent aux maisons locales datant apparemment des années 20: des maisons aux murs en pierre chaulés de blanc ou en béton et des toits en ardoise, tôle ondulée ou de feutre bitumé; ces maisons sont venues remplacer les anciennes avec des murs en pierres sèches avec un toit de chaume où cohabitaient hommes et bêtes.

Difficile d’écrire un billet à la hauteur du livre sans tomber dans le spoiler car il se passe des choses assez terribles dans la narration. C’est un roman magnifique, fort, bien écrit (Bravo au traducteur Jean-René Dastugue qui a su lui donner tout ce climax sublime), aux rebondissements subtilement dosés jusqu’à une fin que j’ai adoré car c’est une porte ouverte vers autre chose. Il faut continuer avec L’homme de Lewis dès que possible.

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Le rocher d’An Sgeir, temps fort dans ce roman.

L’ÎLE DES CHASSEURS D’OISEAUX, Babel Noir 2011 (PM 2009),  ISBN 978-2-330-00133-9