Archive | août 2019

L’Odyssée du distingué Professeur Chandra de Rajeev Balasubramanyam

Résultat de recherche d'images pour "rajeev balasubramanyam author" Rajeev Balasubramanyan est un écrivain britannique (Lancashire 1974) auteur de plusieurs romans. Il a vécu aux USA et a fait des études à Oxford et Cambridge.

L’Odyssée du distingué Professeur Chandra (2019) est un titre bien long (effet mode?) pour un livre qui se lit  bien car sa teneur camouflée dans la veine du « feel good » nous livre un discours assez pertinent sur plusieurs sujets.

Le Professeur Chandra est le nom raccourci de P.R. Chandrasekhar le plus grand spécialiste mondial du commerce international, professeur d’Economie à Cambridge, connu universellement, auteur de publications par centaines et orateur recherché dans toutes les manifestations de qualité dans son domaine. De plus, ce professeur est cité depuis des années pour le Nobel d’Economie sans que cela se concrétise, il en est obsédé.

Il va sans dire que le professeur Chandra a oeuvré tout ce qu’il a pu pour décrocher cette reconnaissance universelle, mais ce Nobel lui échappe. Évidemment pour en arriver là, c’est une ambiance « à la Dallas », c’est à dire un univers impitoyable où les congénères guettent la moindre chute, la moindre défaillance (on ne lui fait pas de cadeaux, mais il ne fait non plus aucun cadeau !).

Page 73…il était à la tête du département depuis 1 an pile. Jugeant scandaleux qu’une université d’économie aussi illustre que la leur (Cambridge) se retrouve classée derrière HEC; il s’était donné pour mission de trouver tous les maillons faibles du département, toutes les personnes qui s’imaginaient qu’un poste de titulaire à Cambridge leur donnait le droit de rabâcher le même cours pendant 20 ans ou d’écrire dans un anglais si relâché qu’ils auraient tout aussi bien pu vivre à Paris.

Page 203…Il faut juste essayer. Mais Chandra ne croyait pas du tout à ce qu’il venait de dire. Il avait essayé toute sa vie. Toutes ces heures passées à la bibliothèque, toutes les cigarettes, les maladies dues à l’épuisement, les compliments qui n’avaient aucun effet sur lui, à l’inverse des critiques, la jalousie de ses collègues, le temps perdu à les envier, et le travail, toujours plus de travail, des heures et des heures passées à pousser son rocher en haut de la montagne pendant que les autres prenaient le téléphérique.

Alors, contrastant avec une vie académique ultra brillante et au sommet de la planète, ce pauvre professeur Chandra a une vie privée absolument calamiteuse: sa femme l’a quitté (et s’est remariée avec un psy !), ses trois enfants vont mal, très mal même.

Car on dirait que ce cher professeur possède un QI au top avec un ego surdimensionné, mais une intelligence émotionnelle  inexistante, qui l’a fait rater toute communication avec les siens. Au fil de l’histoire, l’homme se rendra compte du fossé émotionnel qui s’est creusé avec les siens, notamment avec ses enfants.

Cela donne lieu a des scènes cocasses, parfois violentes, parfois franchement drôles. Je pense notamment quand il se rend aux USA pour des conférences, là où réside son ex-femme remariée avec le psy,  et le psy tient à lui payer un stage à 2000 dollars le WE à The Esalen Institut à Big Sur, un centre où l’on travaille sur « le potentiel humain ». Évidemment le professeur est farouchement contre mais il se verra acculé et en ressortira transformé. C’est intéressant de réfléchir sur leurs méthodes de travail et cela va sans dire que c’est reservé strictement aux nantis.

Voilà une histoire qui se tient et qui se lit avec intérêt et amusement parce que les dialogues sont nombreux et savoureux, pertinents et parce que la situation est somme toute assez universelle. On ne peut pas classer ce roman dans la catégorie des « feel good » parce que c’est un vrai roman.

L’ODYSSÉE, La Belle Étoile 2019,  ISBN a/p

Que nadie duerma de Juan José Millás

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Juan José Millás es un escritor y periodista español (Valencia 1946), traducido a más de 23 idiomas y ganador de muchos premios literarios y periodísticos.

En su obra predomina la introspección psicológica donde cualquier detalle se puede transformar en un hecho fantástico. Ha creado un género literario muy personal : el articuento, en el que una historia cotidiana se transforma por obra de la fantasía en un punto de vista para mirar la realidad de forma crítica.

Le he leído varios libros : La soledad era esto (Nadal 1990), un relato bastante corto, angustioso y profundo sobre el mal vivir de una mujer que se descubre a ella misma al cabo del tiempo y los avatares de la vida; No mires debajo de la cama (1999) un texto sin igual para dar vida a objetos inanimados con designios funestos dando  la impresión de realizar un trip de drogadicto con un muy logrado desasosiego del lector; Dos mujeres en Praga (Premio Primavera 2002) es un libro original, interesante y con un argumento complicado: los personajes viven al lado de una realidad que trastocan por fantasmas personales; El mundo (Premio Planeta 2007 y Premio Nacional de Narrativa) un libro autobiográfico muy « a lo Millás« , es decir, un poco volado con límite extraño entre una realidad y la despersonalización total y que retoma algo del estilo en No mires debajo de la cama; Mi verdadera historia (2017) un libro con ilustraciones de Lucas Climent Baró es otra novela corta (107 páginas) y muy lograda porque terriblemente extraña.

Que nadie duerma (2018) lleva el título de un aria de la ópera Turandot de Puccini (Nessum dorma), aria que resuena  a lo largo del relato. (Una idea de  sinestesia podría ser leer esta historia extraña de Millás, escuchando la obra de Puccini…probablemente un efecto décuplo).

Se nota desde un comienzo la mano de un gran escritor porque el lector queda atrapado desde el primer párrafo con una historia que mezcla la realidad más pedestre, llana y lógica con un mundo de extrañeza y ficción. La dosificación es tan sabia que el lector duda y se estremece, existe una tensión magistral desde el comienzo.

Un poco a la manera de Haruki Murakami , me parece, pero con la diferencia que el autor nipón es más onírico-poético que Millás. Ambos me resultan sobresalientes, ambos saben manejar mundos paralelos a la perfección.

El personaje femenino es magnífico. Se llama Lucía y es un ente solitario y bastante inteligente, una informática que concibe la vida como un algoritmo y que se encontrará en paro brutalmente y que decidirá ser taxista. El taxi como un espacio cerrado, pero que lleva mucho de horizonte abierto con esa especie de intimidad a corto plazo entre el taxista y el pasajero, propicia a las confesiones de todo tipo.

Pero Lucía no es una persona banal. Es una chica que lleva un trauma desde sus 10 años con la muerte de su madre en circunstancias muy especiales. Lucía está obsesa con la idea de que es una falsa delgada con cara de pájaro, tal como su madre que tenía también una cara de pájaro con una interesante nariz aguileña. El personaje de la madre rezuma extrañeza, hasta quizás un desorden psiquiátrico no ahondado. Tenía dotes premonitorias con la muletilla « Algo va a suceder » que seguirá utilizando Lucía.

Lucía padece de TOC(=trastorno compulsivo obsesivo) porque desde que divisa a su vecino, un actor de segundo orden aficionado a la ópera, quedará definitivamente enamorada de un hombre que vio una sola vez. A partir de este encuentro, ella sufrirá como un desdoblamiento y vivirá como la princesa china Turandot de la ópera,  con el objetivo de impresionar al actor si algún día ella cruza su camino, totalmente auto-convencida de que esto ocurrirá. Ella vivirá paralelamente en un mundo de pura fantasía.

La vida de Lucía mientras conduce su taxi se transformará en un campo diario de batalla porque ella quiere ayudar a todos, involucrándose sin contar en las vidas ajenas, lo que puede resultar algo peligroso…El libro conlleva también algunas escenas eróticas de una rara crudeza a las que el lector no estaba condicionado por la vida plana de la protagonista. La conexión entre los personajes de esta novela es muy buena, no queda ningún cabo suelto.

Y el final del libro es apoteósico (digno de una película de Quentin Tarantino) porque Lucía padece de TOC, pero no es tonta y va a arreglar cuentas. Hete aquí un libro brillantemente transgresor.

Un enlace para escuchar el aria de Puccini con el Gran Pavarotti.

QUE NADIE DUERMA, Alfaguara 2018,  ISBN 978-84-204-3295-3

Le suspendu de Conakry de Jean-Christophe Rufin

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Jean-Christophe Rufin est né à Bourges en 1952:  c’est un médecin spécialiste en Neurologie, historien, globe trotter, diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris, diplomate. Il fut élu en 2008 à l’Académie Française au fauteuil de Henri Troyat,  devenant ainsi, le plus jeune membre. Il détient plusieurs prix littéraires dont le Goncourt 2001 pour son roman Rouge Brésil

J’ai commenté ici en juin 2013 son livre Sept histoires qui reviennent de loin (2011), lesquelles, comme le nom l’indique ce sont des histoires émanant de contrées différentes et lointaines. C’est le premier livre que j’ai lu de cet auteur prolifique et très apprécié du public et j’ai trouvé que les contes étaient d’un intérêt inégal, certains excellents.

Le suspendu de Conakry (2018) ou Les énigmes d’Aurel le Consul (1) est le premier tome d’une série à venir dont le tome 2 est déjà annoncé pour octobre 2019 sous le titre de Les trois femmes du Consul (2) que je ne manquerai pas de lire sous aucun prétexte, tellement cette lecture m’a paru divertissante. Mais ce n’est pas la trame du roman qui m’a captivé, trame qui m’a paru par moments un peu poussive, mais c’est le personnage anachronique, original et haut en couleurs du Consul de France en Guinée, Aurel Timescu qui ne ressemble à personne de connu ou d’approchant.

Déjà il faut apprendre comment Aurel Timescu, d’origine roumaine, se trouve promu Consul de France en terre africaine et comment sa hiérarchie le traite, le confinant dans un cagibi et l’accablant  de ragots (sotto voce) malveillants. Il faut dire que le personnage est hors système, il n’en fait qu’à sa tête et ne respecte aucun code, ni social ni surtout vestimentaire même si l’on sait que l’habit ne fait pas le moine….

Mais sous le grotesque du personnage se cache un être hyper sensible, cultivé,  ayant plusieurs cordes à son arc, fin observateur et qui va nous électriser au fur et à mesure de l’intrigue.

L’histoire est bien ficelée, c’est une histoire somme toute bien morale (pour une fois). Un assassinat est perpétré chez un touriste français détenteur d’un voilier qui mouillait à Conakry. Pourquoi ? Que faisait-il à Conakry?

Nous saurons tout cela et bien plus en lisant ce court et drolatique petit roman. Nous retrouverons tous les poncifs collés aux milieux diplomatiques en poste sous n’importe quelle latitude : l’ingestion à toute heure et occasion d’incroyables quantités d’alcool, la compensation d’une certaine solitude, de l’ennui, de l’oisiveté, et surtout d’un bon training à l’intempérance…

LE SUSPENDU, Folio 6676, 2019 (J-C.R 2018),  ISBN 978-2-07-278531-3

El callejón de los silencios de Paula Izquierdo

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Paula Izquierdo es una escritora y traductora española (Madrid 1962) con una formación de psicóloga.

El callejón de los silencios (2017) ganó el X Premio Logroño de Novela. La novela más compleja, según la autora, que haya escrito y que necesitó casi 4 años de trabajo, una novela que lleva en la portada una preciosa fotografía de Paula Izquierdo; un libro escrito en cama tras 2 operaciones.

Es un libro interesante, narrado a la tercera persona, lo que da más libertad al lector para interpretar los hechos; se trata de una intriga psicológica bastante fuerte que mantiene al lector en vilo. Son 34 capítulos donde cada uno lleva el nombre de un trastorno psicológico. El tiempo narrativo de la novela abarca un ciclo lectivo ya que transcurre en un medio universitario  hacia los años 90.

Tenemos un triángulo interesante formado por Mirna, como alumna, Esteban, otro alumno y Ernesto, el profesor guía. Mirna es una chica bella que trabajó un tiempo en Magisterio y que un día decidió  retomar sus estudios de Psicología y sacar un doctorado sobre el tema de las mujeres que en la primera mitad del siglo XX habían cedido el primer plano a los hombres (maridos, amantes o allegados); son renuncias por amor, por timidez o por falta de auto-estima.

Mirna vivió una pasión con Miguel que se apagó con el tiempo, pero siguen compartiendo, por comodidad, un piso y son los mejores amigos del mundo. A Mirna le tocará vivir un trauma físico que la dejará traumatizada bastante tiempo. Mientras en la universidad, su compañero Esteban se hará cada día más cargante y agresivo y su profesor cada día más amoroso e imprescindible. Por momentos el relato se vuelve escalofriante porque Esteban presenta varias anomalías psicológicas e investiga sobre psicópatas consumados. El lector se pregunta si todo no va a terminar en un baño de sangre…

Es un libro sobre la traición. El final es sorprendente y la pobre Mirna escribe…entonces es plenamente consciente de que sólo se puede amar de forma tan apasionada a una persona en la vida, aunque sea en un callejón de la Gran Vía (donde vive Mirna) y, acaso, en silencio. Sin esperar nada a cambio. Ni tan siquiera sobrevivir.

Por momentos encontré que la actitud de Mirna no correspondía con la actitud que se espera de un profesional de la Psicología porque no tenía el criterio adecuado para valorar las diferentes agresiones que va sufriendo su personaje. Hay como una paradoja extraña y floja, cierta falta de criterio moral, un exceso de mansedumbre. Y qué manera de ingerir alcohol aquella juventud de los años 90 !

EL CALLEJÓN, Algaida 2017,  ISBN 978-84-9067-761-2

Les trois saisons de la rage de Victor Cohen Hadria

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Victor Cohen Hadria est un écrivain français (Tunis 1949), réalisateur pour la TV d’émissions médicales et de fictions.

Les trois saisons de la rage (2010) a été 3 fois primé : Prix du Premier Roman 2010 et Prix des Libraires + Prix Littéraire de la ville de Caen 2011.

C’est un livre que j’ai lu avec plaisir et pas mal d’émotion. C’est une étude de moeurs dans la France de 1859, essentiellement en Normandie mais aussi à Paris à une époque charnière du développement industriel dont l’avènement du train et d’autres progrès.

Le livre est monté de façon originale.

La première partie ou La rage de vivre est épistolaire. Deux médecins vont correspondre afin de  permettre à  Brutus Délicieux de garder le contact avec sa famille. Brutus est un conscrit de 20 ans parti faire la guerre en Italie du temps de Napoleon III. Ce Brutus Délicieux avait  tiré un bon numéro de la conscription, mais il l’a vendu à un autre paysan plus riche afin d’apporter un pécule à sa famille en difficulté. Il laisse au pays une fiancée, une pauvre fille malmenée et exploitée par un père cabaretier. Les deux médecins sont le Dr Charles Rochambaud, médecin militaire et le Dr Jean Baptiste Le Coeur (le bien nommé !), médecin de campagne à Rapilly dans la vallée de l’Orne. Brutus, sa fiancée et les familles respectives sont illettrés, d’où la nécessité de passer par un  scribe. Il se trouve que Brutus est l’ordonnance de Rochambaud et qu’au début de son service, il va s’avérer un subordonné attentif et exemplaire mais au gré de la campagne militaire, il va se révéler un être abjecte.

Rochambaud et Le Coeur se connaissent car le père de Charles Rochambaud avait fréquenté Jean Baptiste Le Coeur qui avait eu une aventure avec sa femme avant son mariage. Et si le Dr Rochambaud était en fait son fils? C’est tout dans l’air du temps jadis.

La deuxième partie du livre ou La rage d’aimer est le journal que tient le Dr Le Coeur, entre janvier et juin 1859. Ici nous avons le détail minutieux de l’exercice de son art, avec des patients appartenant à toutes les classes sociales, les histoires incroyables des villageois, et l’importance du facteur humain dans ce milieu rural lors d’un exercice qui va bien plus loin que la pratique de la seule médecine; les rapports de force  avec les autres acteurs sont très forts comme avec le guérisseur, le curé, la sage-femme.  Cet exercice d’une médecine balbutiante est très intéressant, une médecine qui n’a rien de scientifique mais qui commence à se poser des questions sur l’hygiène; c’est un un monde en pleine mutation où l’on se sert du « stéthoscope de Mr Laënnec » (1816) et des « préservatifs de Mr Hutchinson »(1853). Dans ces notes le Dr Le Coeur fait état de sa pratique quotidienne (éreintante) mais aussi de sa sexualité. Après un mariage heureux, il perd sa femme de maladie et quatre années après, il est taraudé par le démon de midi. Le lecteur  connaitra toutes ses turpitudes malgré une condamnation sans appel de la sexualité par la religion. En outre le bon Dr Le Coeur écrit avec ses moyens de bord un traité sur la rage ce qui donne le titre du roman.

La fin du livre est surprenante et quelque peu abrupte. Elle m’a laissé perplexe.

L’écriture est élégante, pertinente, avec quelques longueurs dans la deuxième partie, le langage est quelque peu anachronique ce qui ajoute du charme au livre.

LES TROIS SAISONS, Albin Michel 2010,  ISBN 978-2-226-21515-4

Nunca enamores a un forastero(4) de Ramón Díaz Eterovic

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Ramon Díaz Eterovic es un escritor chileno (Punta Arenas 1956), creador del personaje del detective privado Heredia, protagonista de más de 20 títulos de novelas negras.

Díaz Eterovic ha sido galardonado con numerosos premios y hasta tres veces con el Premio Municipal de Santiago género novela (1996, 2002 y 2007) y con el Premio del Consejo Nacional del Libro y de la Lectura (1995, 2008 y 2011).

Una parte de la obra del autor fue adaptada para la TV chilena en 2005 bajo el título de Heredia & Asociados; se puede ver en Youtube aunque es una adaptación libre de los libros. Se ve con interés por el ambiente tan chileno-capitalino aunque va demasiado rápido, prefiero los libros.

El escritor utiliza la novela policial para hablar de temas sensibles en la sociedad chilena, como los detenidos desaparecidos, el narcotráfico, el tráfico de armas, la carencia de una real democracia, las traiciones de todo tipo. Díaz Eterovic quiere escribir una comedia humana chilena con temas e historias que reflejan diferentes aspectos de la sociedad.

El autor ha sido objeto de estudios y publicaciones por el catedrático chileno Guillermo García-Corales, quien escribió « las novelas de Díaz Eterovic son novelas de consciencia y estética urbana y representan la mejor expresión del relato detectivesco en el Chile de la nueva narrativa de los años 90″. (cf « Poder y crimen en la narrativa chilena contemporánea: las novelas de Heredia » y « Ramón Díaz Eterovic, reflexiones sobre la narrativa chilena de los años 90″).

Publiqué en avril 2019 un billete sobre La ciudad está triste (1987) el primer tomo de la serie al cual le encontré « gusto a poco », pero como una promesa por venir. El segundo tomo, Solo en la oscuridad (1992) me gustó muchísimo más porque se perfila mejor la personalidad de Heredia y la del mundo en el que se mueve. Nadie sabe más que los muertos (1993) es el tercer opus de la serie y me gustó medianamente porque lo encontré bastante enrevesado con plétora de personajes y algo tirado por los pelos. Ángeles y solitarios (1995) es el quinto de la saga y fue premiado; me gustó algo más porque hay buena acción, pero me equivoqué con la cronología, publicándolo en realidad bajo el N°4 y dándome cuenta tras la lectura de Nunca enamores a un forastero (1994) que éste es anterior puesto que Díaz Eterovic menciona al tira Solís, amigo de juventud de Heredia en condiciones que Solís desaparece en Ángeles y solitarios !

Nunca enamores a un forastero (2003 en esta edición) es el cuarto de la saga y sucede en Punta Arenas, la ciudad natal de Díaz Eterovic. El detective Heredia llega a la ciudad austral tras la solicitación de su amigo  Severino Caicheo, compañero de Universidad en Leyes. Caicheo defiende gente comunista y se siente en peligro. A poco de llegar a Punta Arenas comienzan los atropellos, las violencias y los asesinatos por lo que el lector no se aburre. Muy buena la descripción de la ciudad con su ambiente y sus gentes y el clima, oh ! el clima-inclemente que forja un estilo de vida bastante cerrado.

Heredia no le teme a nadie, es muy temerario y recibe cada paliza…Sigue bebiendo y visitando tugurios. Por el lado de los amoríos, esta vez se mete con la hija del dueño de la pensión, Yasna, con quien vive una corta pero tórrida pasión. Este romance destinado a durar poco da la pauta de lo difícil que debe ser para una mujer en edad de casarse, de buscar pareja en esas latitudes. De ahí viene el título Nunca enamores a un forastero porque por definición los forasteros están generalmente de paso…Allá son pocos los nativos de Punta Arenas, todos los otros son calificados de « nortinos »a pesar de que la larga y ancha faja de tierra que es Chile abarca unos 4 000 Km de largo…

Y desde la página 7 Heredia anunciaba…pocas cosas me desagradan tanto como arrastrar maletas y posar mis asentaderas en sitios extraños. Odio salir de Santiago. Me gusta su gente dándose codazos en las calles, los gritos de los vendedores, el esmog, los rostros desconocidos y, sobre todo, la posibilidad de beber a solas, sin que nadie contabilice los tragos que consumo. Me gusta observar el ajetreo de la ciudad desde el ventanal de mi oficina, ubicada en la calle Aillavilú, cerca de la Estación Mapocho.

Un Heredia definido como un detective solitario, cuarentón, aficionado a los tragos, al bolero, a las carreras de caballos y a las novelas de Onetti y Hemingway. Y the last but not the least, a las mujeres !(por el momento consume una, a veces dos por tomo).

El tema de las novelas negras de Díaz Eterovic es recurrente. Siempre involucra a matones o ex militares relacionados con el período de la dictadura como si los delincuentes de delito común se hubiesen esfumado del país. Se puede decir entonces que sus novelas reflejan un « parti pris« , son políticamente tendenciosas.

NUNCA ENAMORES, LOM (2003),  ISBN 978-956-00-0330-0

Petit manuel du parfait aventurier de Pierre Mac Orlan

Résultat de recherche d'images pour "pierre mac orlan" Pierre Mac Orlan est le nom de plume de Pierre Dumarchey, un écrivain, journaliste et reporter français (Péronne 1882-St Cyr s/Morin 1970) à l’origine d’une très vaste production littéraire. Ce fût un écrivain en marge des courants littéraires et qui sut employer une langue peu conformiste, vivante, sensuelle.

Petit manuel du parfait aventurier (1920) est un essai, un petit bréviaire de 76 pages plein d’humour et de paradoxes destiné aux sédentaires qui brûlent de vivre la « grande aventure » sans risquer un pied au dehors; à mettre entre les mains de tout baroudeur en herbe.

Il semblerait que Mac Orlan se soit inspiré pour ce petit livre de l’irlandais Jonathan Swift et de son  Instructions  aux Domestiques (1745).

Le livre fait état de la différence entre un aventurier « actif » qui vit ses aventures et mésaventures et l’aventurier « passif » qui se gave des compte-rendus de l’actif, vivant l’aventure par procuration.

Je dois dire que je n’ai pas « mordu » à cette lecture, même au deuxième degré. J’ai trouvé qu’elle frôle l’absurde par moments, presque le surréalisme bien que Mac Orlan ne se soit pas du tout affilié au mouvement, mais c’était dans l’air du temps. Je suis passée à côté.

Bernard Baritaud a publié un livre référence sur Mac Orlan. Il s’agit de Pierre Mac Orlan. Sa vie, son temps (1992). Dans cet ouvrage on peut lire que Pierre Mac Orlan fût connu pour son goût du paradoxe et sa manière de l’exprimer. Et qu’il préférait la peinture à la poésie, parce que un tableau peut servir à « cacher un tour de poêle » alors qu’un sonnet ne se vend jamais. Il assurait que les perdreaux devraient être plus hauts sur pattes parce qu’il pleuvait depuis 6 mois; que tout cultivateur rêve de converser longuement et sérieusement avec un de ses navets, etc…

AUTRES CITATIONS:

Les livres d’aventures sont dangereux. Je fais exception pour les livres de Jules Verne, qui, totalement dépourvus d’art et de sensibilité, ne peuvent séduire que des apprentis botanistes.

L’aventure n’existe pas. Elle est dans l’esprit de celui qui la poursuit, et dès qu’il peut la toucher du doigt, elle s’évanouit pour renaître bien plus loin, sous une autre forme, aux limites de l’imagination.

Un homme quel qu’il soit, ayant toujours suivi l’impulsion de ses instincts, ne peut connaître les remords. Le cannibale ne peut concevoir un doute sur le régime alimentaire qu’il a suivi toute son existence.

PETIT MANUEL, Éditions Sillage 2009, (PMcO 1920),  ISBN 978-2-916-266-50-3

La soledad de Natalio Grueso

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Natalio Grueso es un escritor español originario de Oviedo que ocupó cargos en el medio del teatro y de la cultura. La soledad (2014) es su primera novela.

Para una primera novela, el escrito tiene algo de original en su trama y también en el estilo que es ameno, suave, en la vena de esta moda literaria que florece, la moda del « feeling good« . Debe ser que a la gente le hace bien leer libros que hacen sentirse mejor.

Otra originalidad consiste en entregarnos la vida de Bruno Labastide, un simpático aventurero, irresistible con su sonrisa con hoyuelos y sus historias falsas o verdaderas y no siempre bien hilvanadas.

Al principio del relato Bruno Labastide ya es un hombre maduro y lleva viviendo un año en Venecia, en el barrio del Dorsoduro cuando apercibe, sentado en un café, a  una bella japonesa de ojos color miel, queda impresionado y sueña con conquistarla. Pero la bella japonesa que se llama Keiko, solo cedería ante una bella historia o un bello poema y sólo en ese caso, concedería al vencedor, una única noche de amor.

Entonces Bruno Labastide desarrolla para el lector, una historia tras otra historia, cada cual más original y bonita. Como si fuera poco, cada historia nos pasea por un lugar del mundo diferente y reconocible con personajes que conocen la soledad.

A mi me gustó muchísimo la historia del « recetador » de libros porque la encontré original y deliciosa : el « recetador » procede como un médico, citando a la persona, haciéndola hablar para captar sus gustos y vivencias para, al final, recetarle un libro a su medida y esperanza.

También me encantó la historia ambientada en Guatemala, ese país tan hermoso.

Un libro que se lee rápido, pero que se olvida también rápido porque se avanza a salto de mata y el lector por momentos se despista.

LA SOLEDAD, Planeta (AE&I) 2014,  ISBN 978-84-08-12783-3

L’Esprit des Vents de François Simon

Résultat de recherche d'images pour "françois simon"François Simon est un critique gastronomique, animateur de TV et écrivain français (Saint Nazaire 1953). François Simon est un personnage polyfacétique touchant à beaucoup de sujets et très connu par ses critiques gastronomiques.

L’Esprit des vents (2019) est un livre qui se lit bien, à la teneur assez exotique puisqu’il nous mène au Japon dévasté des années 45 du siècle passé pour nous narrer l’amitié de deux garçons Tateru (=construire en japonais) et Ryu (=le courant) qui vont se connaître vers leurs 7 ans: Tateru est le fils du gardien du phare de Qingdao, territoire chinois occupé par les japonais. Quant à Ryu, c’est le fils du photographe local, il a perdu sa mère dans des circonstances obscures.

Puis viendra l’évacuation japonaise des territoires occupés, dans le désordre et les difficultés imaginables pour retourner dans un Japon pire que dévasté, surtout Tokyo, ville victime de bombardements sans pitié (1 700 tonnes de bombes lancées par 334 avions). Au moment chaotique de l’évacuation Ryu perdra son père ce qui fera que les parents de Tateru prendront soin du garçon comme d’un autre fils. La famille s’installera à la montagne dans le ravissant village de Kariuzawa, où le père de Tateru a encore sa mère et la famille connaitra une nouvelle vie. Mais Ryu est taraudé par l’idée de retrouver son père, puis il  s’ennuiera de cette vie trop paisible et migrera à Tokyo où il aura une vie marginale et aventureuse avec de mauvaises fréquentations pour finir à la solde des yakuzas.

 

Tateru quant à lui devra aussi se rendre à Tokyo à la suite d’un grave accident, pour y être soigné. Il va s’y plaire, surtout qu’il sera accueilli par sa charmante tante Minako, soeur de son père. De fil en aiguille il va trouver un emploi stable dans la restauration où il se fera remarquer et assez bien noter, ce qui sera à l’origine d’un drame.

Tateru est un garçon spécial qui donne une personnification aux vents. Depuis son jeûne âge il hume, il ausculte les vents, il les flaire, les identifie et leur donne un nom. C’est étrangement poétique (…Tateru découvre, stupéfait, que le drapeau flotte mal dans l’air. Les vents tournent à l’aigre. Ils sentent le bois brûlé, l’iode sursalé. Ils deviennent fous, cherchent un axe de la terre, s’appuient gauchement, se chamaillent entre eux. Ils perdent la tête, veulent être aussi forts que la lune, que le soleil. Tateru ne les reconnait plus. Il s’agace de leurs humeurs absurdes. Il les sent ailleurs, bousculés, ivres d’eux-mêmes. Parfois, la nuit devient un immense gribouillis de zéphyrs. Au petit matin, le nez de Tateru est irrité...(p.43)…Tateru écoutait, allongé comme un bout de bois; dans un garde-à-vous martial. Ce récit allait nervurer son existence. Esprit des vents et guerrier de l’ultime. Il y avait là, comme dans son prénom, l’axe de sa présence sur terre (p.55).

Le récit de cette amitié forte entre deux garçons si différents sert de trame pour nous narrer des aspects de la civilisation japonaise, comme leur nourriture, la rudesse de la vie au Japon vers les années 1945, leur adoration et soumission à l’Empereur, la vie des bas fonds et le milieu des yakuzas, la préparation et la vie d’une geisha, etc. Par petites touches on retrouve des faits déjà décrits dans d’autres sources. C’est intéressant et par moments dit de manière assez poétique, cette expression poétique qui sied si bien au Japon, c’est assez différent. Cela me rappelle un  peu, entre autres livres, Soie d’Alessandro Baricco, Le Bureau des Jardins et des Étangs de Didier Decoin, livres qui ont aussi une forte connotation poétique.

Mais tout n’est pas clairement expliqué dans ce livre, notamment le vrai devenir du père de Ryu.

L’ESPRIT DES VENTS, PLON 2019,  ISBN 978-2-259-27854-6