Archive | septembre 2013

Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka

Écrivain américaine d’origine japonaise née à Palo Alto, Californie en 1962. Lauréate du Femina Étranger 2012  et du PEN/Faulkner Award for fiction 2012 pour ce livre qui est son deuxième livre ( The Buddha in the attic).  Elle est diplômée en Art à l’Université de Yale et de Columbia; c’est une ancienne artiste peintre qui vit actuellement à New York.

Son propre grand père a été arrêté par le FBI au lendemain de Pearl Harbor et sa famille internée 3 ans au camp Topaz dans l’Utah. C’est donc une histoire familiale douloureuse qu’elle nous relate dans ce court livre plein de retenue et de délicatesse, car , sans son talent, le livre aurait pu sombrer dans le pathétique.

C’est un épisode peu connu dans l’histoire de ce vaste pays d’immigrants que sont les États-Unis.  Au début du XXème siècle, des jeunes femmes japonaises furent demandées en mariage par correspondance,  par des compatriotes déjà installés aux USA. Ils utilisèrent des lettres, accompagnées de photographies pour appuyer leur demande; les jeunes filles étaient pauvres et parfois originaires des montagnes – elles n’avaient jamais vu la mer. C’était en fait une tromperie collective car les fiancés étaient vieux et misérables; les photos étaient de vieilles photos ou parfois les clichés correspondaient à d’autres gens physiquement plus présentables. Elles arrivèrent à San Francisco par bateau en rêvant de ce pays de cocagne où l’homme blanc était roi. Elles furent amèrement déçues, trompées, abusées, maltraitées, battues, incarcérées, réduites presque à l’esclavage par leur mari. Très peu d’entre elles furent heureuses et aisées. Elles ne s’intégrèrent jamais, sans parler anglais ni s’assimiler dans leur nouvelle culture.

Et lorsque l’attaque surprise par l’aéronavale japonaise sur la base américaine de Pearl Harbor eut lieu le 7 décembre 1941, ceci entraîna l’entrée  des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. Le sentiment anti-japonais aux USA rendit suspects tous les Japonais vivant sur le sol américain ainsi que les Américains d’origine japonaise, en les soupçonnant de constituer une cinquième colonne sur le sol américain. 11 000 Japonais et citoyens Américains furent rassemblés dans des camps d’internement isolés dans les états de Washington, Californie et Oregon. En 1988, le Congrès américain présenta officiellement des excuses en votant une loi qui indemnisait les victimes encore vivantes. Pearl Harbor peut expliquer aussi la détermination des USA à procéder aux bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki.

Julie Otsuka nous relate cet événement en 8 chapitres, chacun correspondant à une partie bien précise du drame pour ces jeunes filles japonaises. Le premier chapitre concerne le départ du Japon vers l’Amérique (souvent la fille aînée était vendue comme geisha afin de nourrir le reste de la famille), soulageant les parents de leur fardeau, mais sachant pertinemment que le retour en arrière était impossible car un japonais ne doit pas perdre la face vis-à-vis des voisins. Le deuxième chapitre relate leur installation précaire sur le sol américain et les brutalités qu’elles durent subir de la part de la plupart des maris. Elles se transformèrent en véritables  bêtes de somme, travaillant sans répit comme ouvrières agricoles, comme bonnes, comme cuisinières, comme lavandières, comme prostituées. Le travail du mari ne valait guère mieux. Puis vinrent les enfants, élevés à la va-comme-je-te-pousse, car il ne fallait surtout pas manquer au travail. Certains de ses enfants deviendront de vrais petits américains, apprenant la langue et les coutumes du pays d’accueil, mais avec le cruel corollaire du rejet et la honte envers ces parents non intégrés comme eux. Puis vint Pearl Harbor et la méfiance des américains qui vont les interner sans sommation dans des camps,  en perdant le peu que ces gens possédaient avant l’internement.

Page 39 nous lisons: ...Ils admiraient nos dos robustes et nos mains agiles. Notre endurance. Notre discipline. Nos dispositions dociles. Notre capacité peu commune à supporter la chaleur, qui l’été dans les champs de melons de Brawley pouvait frôler les cinquante degrés. Ils disaient que notre petite taille était idéale pour les travaux nécessitant de se courber jusqu’à terre. Où qu’ils nous assignent, ils étaient contents. Nous possédions toutes les vertus des Chinois-travailleurs, patients, d’une indéfectible politesse-, mais sans leurs vices-nous n’étions ni joueurs ni opiomanes, nous ne nous battions pas et ne crachions jamais. Nous étions plus rapides que les Philippins et moins arrogants que les hindous. Plus disciplinés que les Coréens. Moins tapageurs que les Mexicains. Nous revenions moins cher à nourrir que les migrants d’Oklahoma et d’Arkansas, qu’ils soient ou non de couleur. Nous étions la meilleure race de travailleurs qu’ils aient jamais employée au cours de leur vie.

Julie Otsuka narre ceci de façon polyphonique, comme un chœur antique qui pleure et débite les malheurs collectifs à la première personne du pluriel en utilisant des voix anonymes qui scandent leur destin misérable dans une sorte d’incantation qui fait mal. C’est un livre témoignage, efficace et intéressant.

L’écrivain ne nous éclaire pas sur la suite du drame vécu par ses grands parents. En tout cas, le cursus de Julie Otsuka montre bien qu’elle a pris la revanche des malheurs du passé en suivant une formation dans deux universités prestigieuses américaines faisant partie de l’Ivy League: Yale et Columbia.

CERTAINES N’AVAIENT JAMAIS VU LA MER, Phébus 2011,  ISBN 978-2-7529-0670-0

El héroe discreto de Mario Vargas Llosa

 

Mario Vargas Llosa firmará ejemplares de “El héroe discreto” este miércoles 18 en Ibero de Larcomar

Mario Vargas Llosa ( Arequipa 1936) Premio Nobel de literatura 2010 es un gran escritor peruano; con doble nacionalidad, peruana y española desde 1993. Ha recibido innumerables premios fuera del Nobel, entre los más prestigiosos : el Rómulo Gallegos en 1967 por La casa verde y el Cervantes 1994 por el conjunto de su obra.

Se hizo famoso en la década del 60, y es un representante del Boom latinoamericano, término que disgustaba tanto a Roberto Bolaño, término que reúne una nueva generación de escritores.  Mario Vargas Llosa también se inspiró y hace parte de  la generación del 50 de Lima, autores de gran realismo urbano.

Su modelo literario es la novela total que funde lo real con lo irracional y el mito. Sus escritores preferidos son Flaubert  y Faulkner por sus temáticas .

Los inicios literarios de MVL fueron en Piura, a los 16 años con una obra de teatro, hoy en día perdida. O sea, que con esta novela el gran escritor renueva con sus primeros amores literarios.

No les voy a citar todos los libros leídos a Vargas Llosa, porque sería muy fastidioso, pero citaré los últimos  leídos clasificándolos en dos grupos: los que me han gustado y los que me han desagradado y que no pude terminar. Los libros que no me gustaron son los menos por lo que empezaré por ellos.

La casa verde de 1965 y premiado por el prestigioso Premio Rómulo Gallegos fue abandonado por KO lecturil: imposible entrar en el meollo del asunto, imposible seguir a los personajes y entender lo que hacían. El sueño del celta del 2010, sencillamente se me cayó de las manos con estrépito y no pude seguir leyendo más allá de la página 100: la historia del belga que se fue al Congo a fines del siglo XVIII…pero qué mosca picó a Vargas Llosa para escribir semejante lata? Una impresión más mitigada me dejó El viaje a la ficción de 2008 donde Vargas Llosa habla de la vida y la obra del uruguayo Carlos Onetti ( cuyo verdadero nombre era O’Nety) en la Universidad de Georgetown,USA; la parte consagrada a la vida de Onetti me pareció fascinante, pero la parte consagrada al análisis de su obra me resultó agobiante.

Los libros gozados y apreciados son los más : La fiesta del chivo del 2000 me encantó y fue además objeto de análisis y comentarios en reunión literaria, es la historia narrada por lo menudo de los 31 años de dictadura de Trujillo en Santo Domingo, espeluznante. Construcción literaria interesante con 24 capítulos y  la muerte del dictador en el medio de la novela. Todo transcurre en 24 horas: las últimas 24 horas del dictador antes de su muerte y las 24 horas de estadía de Urania Cabral al cabo de 35 años de exilio en USA, ella es hija de Cerebrito Cabral, un adlátere de Trujillo a quien elle odia por ésto. La verdad de las mentiras de 1990 es un ensayo de crítica literaria con análisis interesantes de obras universales; este brillante ensayo deja ganas de releer estas obras bajo la luz esclarecedora de Mario Vargas Llosa, es un libro de referencia. El paraíso en la otra esquina del 2003 es una doble biografía interesante, la de la pasionaria francesa de origen peruano, Flora Tristan y la de su nieto, el atormentado y complejo pintor Paul Gauguin. Las travesuras de la niña mala del 2005 me cautivó del principio hasta el final, lectura que no se puede dejar de lado hasta saber cual es el final de la historia: una historia de amor-pasión  fantástica e insólita que va a durar más de 30 años entre un niño bueno que solo soñaba con vivir en Paris (¿el alter ego de Vargas Llosa? ndlR) y una mujer cameleón misteriosa y sin escrúpulos. Pantaleón y las visitadoras de 1973 es un libro divertidísimo que narra cómo el Ejército peruano enrola al recién ascendido Capitán Pantaleón Pantoja para que organice un burdel en Amazonía porque la tropa tiene tal apetito sexual que avasallan a las cholitas sin tregua y el Ejército tiene que casarlos por batallones enteros. La película peruana de este libro es de Francisco José Lombardi, del  año 2000, es divertidísima y recuerdo haberla visto en excelentes condiciones en Praga, rodeada de peruanos y haberme reído tanto que casi me luxé la mandíbula. También le leí Cartas a un joven novelista de 1997, otro ensayo sobre la escritura literaria, bastante interesante.

Y por fin llegamos a esta novela que acaba de salir en librería (gracias Alberto S !) y que me ha gustado muchísimo por lo entretenida. Me asombra que Vargas Llosa nos entregue una novela tan pedestre y fácil de leer. Esto demuestra el gran escritor que es, que no ha sido descarriado por el premio Nobel, sino que sigue siendo capaz de escribir cosas buenas y sencillas, al alcance de todos.

Es un relato muy bien urdido que comporta dos historias bien distintas y paralelas. Una en Lima dentro de un ámbito burgués, que involucra a personajes suyos ya conocidos como don Rigoberto, su esposa doña Lucrecia  y Fonchito, el hijo del primer matrimonio de don Rigoberto. La otra historia ocurre en Piura,  en el norte del Perú donde vamos a seguir el drama de don Felícito Yanaqué y a reencontrar al sargento Lituma y a los Inconquistables. Esta historia piurana acaece en un medio más pedestre. También se hará referencia en el libro a la Casa Verde, el prostíbulo piurano de la novela  de Vargas Llosa. Tengo la corazonada de  que el escritor nos entregará una futura novela con el personaje de Fonchito porque en este libro hay una historia con él  que queda sin solución y que podría ser el punto de partida de otra ficción. No doy más claves del libro para no revelar todas las acciones que suceden  y que constituyen la trama atrapante del libro.

La historia limeña evoluciona en un medio burgués e involucra al jefe de don Rigoberto, dueño opulento de una aseguradora quien decide casarse con su empleada doméstica saltándose las convenciones sociales de su clase. La historia piurana es más pedestre porque es una banal historia de adulterio, codicia y chantaje en la clase media. La genialidad resulta del enlace  racional entre ambas historias que son completamente separadas. Y en tela de fondo , un Perú emergente, próspero y sometido a la corrupción.

Don Rigoberto es muy culto y su mundo es la cultura y los museos; vive obsesionado con la vieja Europa y sus museos, y con la música clásica. Al final del libro hay una bella referencia a la música de Francisco de Salinas, genial músico ciego del siglo XVI a quien Fray Luis de León, también del siglo XVI,  dedicó su Oda III.  Aquí va un enlace  para leer el texto que es realmente bello ( corresponde al gusto personal de MVL?):

http://www.youtube.com/watch?v=1v2qqmN7pos

Y el personaje principal en Piura es un modesto camionero, don Felícito Yanaqué,  que se ha hecho solo a punta de trabajo y de esfuerzos. Este personaje es gran admirador de la cantante criolla  Cecilia Barraza, cantante de valsecitos y marineras con voz dulce y que él escucha todo el tiempo; así Vargas Llosa nos balancea dos mundos, cada uno con sus referencias culturales. Va un enlace con el lindo vals « Cuando habló el corazón »:

.http://www.youtube.com/watch?v=hhR_gt9A5Ns

Dos personajes, dos mundos opuestos, dos héroes discretos. Los dos personajes no son justicieros, pero están por encima de las mezquindades de su entorno para vivir según sus ideales y deseos.

Vargas Llosa vuelve a sus primeros amores piuranos con esta novela ya que escribió,  durante su adolescencia  en Piura, una obra de teatro hoy día perdida. Piura parece ser una ciudad llena de encanto donde la gente habla con una muletilla, el « che guá » que le ponen a cada frase y donde se come una especialidad culinaria varias veces citada: el seco de chabelo que debe de ser exquisito ( guiso de carne y plátano verde ). Vargas Llosa aprovecha seguramente para reanudar con sus recuerdos. Así  nos cita a los viejos chismosos sentados en las bancas de la plaza central de Piura, fundadores del CIVA (Centro de Investigación de la Vida Ajena). ¿Cuántos datos personales llevará esta novela ? Por ejemplo página 351 MVL escribe :[…] Abrió su maletín y sacó su antiguo ejemplar, comprado en un bouquiniste de orillas del Sena, del ensayo de André Malraux sobre Goya: Saturne. Desde hacía muchos años elegía con cuidado lo que leería en el avión. La experiencia le había demostrado que, durante un vuelo, no podía leer cualquier cosa. debía ser una lectura apasionante, que concentrara su atención de tal modo que anulara por completo aquella subliminal preocupación que asomaba en él siempre que volaba [preocupación del autor? ndlR].

Lectura ágil y super agradable. Altamente recomendable. El escritor nos está edificando con su obra una catedral con sus personajes recurrentes, al puro estilo de un Honoré de Balzac.

EL HÉROE DISCRETO, Alfaguara 2013,  ISBN 978-84-2041-486-8

Préméditation de Chi Li

CRésultat de recherche d'images pour "Chi Li Préméditation"hi Li est née à Wuhan, province de Hubei (Chine),  en 1957; Wuhan est l’un des trois centres urbains de Chine avec 10 millions d’habitants. Son père était un paysan pauvre et sa mère venait d’une famille aisée de propriétaires terriens. Elle a exercé la médecine pendant 5 années avant de se consacrer à l’écriture ; elle est diplômée de la Faculté de langue et littérature chinoises de l’Université de Wuhan. Actuellement  une huitaine de ses romans ont été traduits au français. Elle est considérée comme la fondatrice et l’élément le plus représentatif  du courant néoréaliste chinois. Elle a publié ses premiers livres sur la communauté chinoise à la fin des années 80.

Son écriture est délicate et ironique, mêlant humour et lucidité, mettant en scène le quotidien, la concision ( ses romans sont courts et précis),  privilégiant l’onirisme poétique plutôt que le discours moralisateur.

Préméditation (2002) est l’un des rares romans « non urbains » qui se déroule au milieu de paysans et de soldats avant la création de la République Populaire de Chine.

Il y a des éléments historiques importants dans le roman: la guerre civile entre communistes et nationalistes, la guerre sino-japonaise, la prise de pouvoir des communistes en 1949, la révolution de Mao et la réforme agraire. Le sujet est la haine farouche qui voue un ancien nanti au parvenu, ancien paysan élevé au rang des nantis par l’effort, mais surtout l’éducation.

Wang Liegou voue une haine meurtrière à Ding  Zongwang car autrefois sa famille était riche et puissante, mais elle dilapida le patrimoine dans les fumeries d’opium. En revanche les Ding, gens instruits, s’enrichirent grâce au commerce des cigarettes. Les deux garçons s’élevèrent ensemble et apprirent les arts martiaux. Ding Zongwang fera un beau mariage alors que Wang Liegou devra se contenter d’une épouse laide au visage grêlé ce qui attisera  sa haine encore plus .  Puis Wang s’enrôlera dans l’armée à la seule fin de tuer Ding à la première occasion. Tout le roman est la vaine tentative de Wang pour tuer Ding avec les avatars historiques comme toile de fond.

J’ai éprouvé une certaine difficulté avec tous ses noms chinois et ce fond historique assez mal connu par moi; fort heureusement il y a les textes en bas de page pour se remettre dans le contexte historique. C’est nécessaire.

L’écriture de Chi Li est par moments poétique et page 28 nous lisons: […]ce fut par un après-midi du début de l’automne. Les nuages crépusculaires étaient dorés. Des éclats de lumière multicolores brillaient au loin, sur la rivière Xiang, et aussi tout près, sur les étangs. Les hautes herbes jaunissantes s’étendaient à perte de vue, se courbant bruyamment sous le vent  les unes après les autres dans un mouvement ondulatoire qui se propageait jusqu’à l’horizon.

C’est un récit tonique et rythmé, jalonné de surprises et teinté d’humour naïf avec une narration à la façon d’ une fable où la grande Histoire se trouve réécrite dans le langage des passions individuelles et nous délivre un message moderne un peu manichéen: le propriétaire foncier, riche et cultivé s’oppose au paysan pauvre, méchant et  borné. Il se dégage une morale de la lecture de ce roman, même si Chi Li ne se veut pas moralisatrice: le savoir est un bien précieux et peut aider à s’en sortir.

Ceci, traduit en langage bouddhique pourrait se lire : rien ne vaut la Connaissance.

PRÉMÉDITATION, Actes Sud 2002( Chi Li 1995),  ISBN 2-7427-4094-5

Si viviéramos en un lugar normal de Juan Pablo Villalobos

Juan Pablo Villalobos nació en Mexico en 1973, estudió marketing y literatura hispánica con un doctorado en Teoría literaria y literatura comparada. Vivió unos 8 años en Barcelona, hoy en día está radicado en Brasil.

Tiene en mente escribir una trilogía crítica sobre Mexico que inició en 2010 con Fiesta en la madriguera,  una mirada sobre la infancia , cuya versión inglesa Down the rabbit hole, fue finalista du First Book Award 2011 del periódico The Guardian y en Francia, finalista del Premio de los Liceanos de excelente reputación ( mucho más valioso y serio que los premios de las casas de edición). La trilogía tendrá en común de ser narrada a la primera persona con una perspectiva humorística.

El humor es habitual en sus libros porque él piensa que el humor es un arma contra el poder, una manera de entender la realidad y no sólo una cuestión de entretenimiento. Quiere rendir un homenaje al hoy un poco olvidado Jorge Ibargüengoitía, otro escritor mexicano con gran sentido del humor.

Al parecer esta novela, que ofrece una mirada sobre la adolescencia,  que el narrador define como etapa suprema del egoísmo, es la segunda entrega de la trilogía y Villalobos la escribió 7 veces ! La había comenzado desde 2009, o sea, antes del tomo 1. Es una novela « fracasada » porque su intención era de escribir sobre Carlos Salinas de Gortain que presidió México entre 1988-94, pero al final Salinas sólo sale en un párrafo aunque la novela está impregnada de él , que podría ser visto como un Ubu rey que en lugar de decapitar, privatiza. Y es una novela política para explorar los grandes problemas de México desde el interior de una familia numerosa que va a ser desahuciada. La sintaxis en esta novela es más trabajada y responde a la forma de hablar de los políticos mexicanos.

También la novela puede tener una lectura sobre el crecimiento y la madurez en una ciudad como Lagos de Moreno, una de las zonas más conservadoras de México, cuna de la revolucón conservadora de los cristeros. Villalobos describe muchos detalles y anécdotas robadas a su historia familiar.

No es una novela que me haya subyugado, ni por el tema ni por el estilo. Es verdad que el estilo de Villalobos es bastante jocoso por momentos, pero es una diversión para hacernos pasar un mensaje bastante negativo, es un lenguaje vector  de denuncias graves hacia la sociedad mexicana.

El padre del narrador es un profesor en total desacuerdo con lo que pasa a su alrededor. Utiliza un lenguaje soez para « aliviarse el alma » donde la conjugación del verbo ch….r se hace en  todos los tiempos y en todos los modos. Es como una muletilla que se acomoda con cada frase. El padre es un descendiente de campesinos de ejido, pequeños ganaderos, profesores, acompañados siempre por una corte fiel de beatas de diverso pelaje. Se hacían llamar sinarquistas y su misión  era repetir las derrotas de sus abuelos, de sus padres, quienes habían hecho la guerra allá por los años 20 del siglo pasado, cuando el gobierno decidió que las cosas del cielo eran del cielo y las de la tierra del gobierno. Según su padre, las familias que vivían en el centro habían involucionado al cuatropatismo, se movían en sus casas gateando, comían acostadas y dormían debajo de las camas.(pg 22)

La madre es un ama de casa que pelea a diario para alimentar a sus 6 hijos. Viven en un terreno, en una loma que se han tomado ilegalmente y que les permite vivir (mal) hasta que los desalojan porque la loma se ha convertido en  terreno de especulación inmobiliaria. Suceden cosas raras en esta familia como por ejemplo, extravían a los hijos y se lo toman con parsimonia, con demasiada fatalidad. Sufren de hambre y racionamiento. Hay un párrafo muy tragi-cómico sobre la repartición de las quesadillas ( son tortillas con queso) entre los miembros de esta familia numerosa:[…]Entramos en una fase de racionamiento de quesadillas que terminó por radicalizar las posturas políticas de todos los miembros de la familia. Nosotros conocíamos muy bien la montaña rusa de la economía nacional a partir del grosor de las quesadillas que nos servía mi madre en casa. Incluso habíamos creado categorías: quesadillas inflacionarias, quesadillas normales, quesadillas devaluación y quesadillas de pobre-citadas en orden de mayor opulencia a mayor mezquindad. Las quesadillas inflacionarias eran gordas para evitar que se pudriera el queso que mi madre había comprado en estado de pánico, ante el anuncio de una nueva subida en los precios de los alimentos y el peligro tangible de que la cuenta del súper pasara de los billones a los trillones de pesos. Las quesadillas normales eran las que comeríamos todos los días si viviéramos en un país normal, pero si fuéramos un país normal no comeríamos quesadillas, por lo cual también las llamábamos quesadillas imposibles. Las quesadillas devaluación perdían sustancia por razones psicológicas, más que económicas, eran las quesadillas de la depresión crónica nacional- y eran las más comunes en casa de mis padres. Finalmente teníamos las quesadillas de pobre, en las que la presencia del queso era literaria: abrías la tortilla y en lugar del queso derretido mi madre había escrito la palabra queso en la superficie de la tortilla. (pg 18)

Novela que se lee rápido, pero que se olvida pronto.

SI VIVIÉRAMOS EN…, Anagrama 2012,  ISBN 978-84-339-9753-1

Dans l’ombre de la lumière de Claude Pujade-Renaud

Claude Pujade-Renaud (France 1932), écrivain français « tardive » puisque tournée vers la littérature après l’âge de 40 ans. Elle a étudié la danse moderne à Paris, Londres et New York. Elle a reçu plusieurs prix pour ses   livres .

Dans ses romans et nouvelles on retrouve les thèmes de la création, notamment à travers la danse, la relation au corps, le deuil,  la mémoire et la présence des femmes; ces femmes qui ont vécu à l’ombre des grands hommes.

J’ai fait la connaissance de son oeuvre avec  La nuit la neige de 1996, livre que j’avais adoré, retrouvant un style nouveau , très sensuel et poétique, un rythme un peu incantatoire, telle une scansion métrique. Trop de temps s’est écoulé depuis cette lecture et je ne suis pas en mesure de vous résumer le livre, mais il est dans ma bibliothèque et je pourrais le relire…

J’ai lu aussi d’elle  Au lecteur précoce de 2001, un ensemble de nouvelles qui m’avaient paru remarquablement bien écrites sur les relations humaines, la puissance des mots, la communication; nouvelles très ancrées dans le réel.

Ce livre, Dans l’ombre de la lumière de 2013  ne m’a pas conquis, malgré un sujet passionnant: l’histoire de celle qui fut la concubine d’Augustinus, un manichéen, converti au christianisme et devenu Saint Augustin, l’un des 4 pères de l’Église latine, tellement connu de nous et cité souvent. Saint Augustin nous a laissé un écrit de toute beauté et actualité avec Les Confessions. Ce que je retiens surtout de cet homme, c’est qu’il a aimé de toutes ses forces et il sait le formuler. De lui j’aime citer : Aime et fais ce que tu veux, ou cette autre  : La mesure de l’amour c’est d’aimer sans mesure. Car avant d’être un saint, Augustinus était un homme, un père, un amant.

Claude Pujade-Renaud  a inventé cette histoire de toutes pièces, qu’elle situe  dans  Carthage en 371, car sur cette femme prénommée Elissa nous ne savons pas grand chose: elle fut la concubine d’Augustinus à partir de l’âge de 18 ans et pendant environ 15 années, elle lui donna un fils, Adeodatus qui est mort adulte en Italie. Dans l’Antiquité romaine, le statut de concubine n’était pas dévalorisé ni méprisé, mais les enfants appartenaient au père. Elissa a aimé son grand homme jusqu’à son dernier souffle, se remémorant leur amour et leur entente charnelle si parfaite; plus de 40 années plus tard elle ne l’a pas oublié et  elle se donnera la mort en se précipitant dans la mer du haut d’une falaise. Le récit est dans le style si particulier à l’écrivain et que j’apprécie, c’est à dire, incantatoire et poétique ce qui fait que le phrasé court s’incruste et tourbillonne dans notre cerveau. Nous apprenons des détails sur la vie quotidienne de l’Antiquité en Afrique du nord au moment de la chute de l’Empire romain, période trouble et violente avec l’arrivée des hordes barbares. Il parait que la situation dans la Rome assiégée était si dramatique que la populace  a pratiqué le cannibalisme pour survivre; ce détail je ne l’avais pas relevé auparavant.

Augustinus et Elissa étaient manichéens, cette religion fondée par le perse Mani au IIIè siècle, un syncrétisme de zoroastrisme, bouddhisme et christianisme et dont les principes fondamentaux étaient simples et stricts: réfuter le plaisir de la chair, ne pas tuer ni blasphémer . Cette religion s’introduisit dans l’Empire romain notamment en Egypte et en Afrique romaine et fut l’objet d’un décret de persécution en 297.

Elissa serait restée fidèle au manichéisme, probable raison de la répudiation de la part d’Augustinus; mais aussi répudiée parce que d’une classe sociale inférieure et victime des intrigues de la mère d’Augustinus, la redoutable Monnica, une chrétienne. Monnica a essayé de le marier ensuite avec une riche héritière, mais finalement le mariage n’aura pas  lieu.

Afin de vous montrer la sensualité du texte de Claude Pujade-Renaud, je vous cite un paragraphe où Elissa  se rappelle son amour avec Augustinus :…tu aimais la courbe de ma nuque, le parfum de mes cheveux. Ma passion des fleurs, des couleurs, la robe violette achetée à Rome, mes courgettes grillées sur la braise. Et ma patience, disais-tu. Tu aimais le terrier odorant de mes aisselles, mon rire, ma purée d’olives et d’anchois, le calme lisse de mon sommeil, ma discrétion tout au long du jour et mon impudeur dans la jouissance. Tu aimais m’entendre chantonner en me coiffant, rire et babiller avec notre fils. Tu aimais lorsque j’offrais mon visage à la pluie de septembre. Tu m’aimais. (page 225)

DANS L’OMBRE DE LA LUMIÉRE, Actes Sud 2013,  ISBN 978-2-330-01526-8

Tesis sobre un homicidio de Diego Paszkowski

Diego Paszkowski es un escritor argentino (Buenos Aires 1966), que anima hoy talleres literarios, es director de Nuevas Narrativas Argentinas, además de ser un jazzman  reconocido (toca el clarinete).

Hace quince años ganó con esta novela el premio literario La Nación, vendiendo más o menos unos 7000 ejemplares. Este año, con la llevada al cine de la novela, el libro ha vuelto a ser un best seller de librería y un éxito de taquilla en Argentina con más de un millón de espectadores. La película es de Hernán Golfrid con Ricardo Darín en el rol del profesor Roberto F. Bermúdez.

He aquí una entrevista del autor, hecha por una radio argentina, con calidad radiofónica  mediocre para la percepción, pero auténtica en cuanto al contenido: http://www.youtube.com/watch?v=Pogf_IqQEBc

La novela está estupenda, original en su planteamiento, aunque he de confesar que el estilo me resultó bastante pesado a la lectura, porque son soliloquios sin fin, sin puntuación, probablemente un estilo narrativo especialmente escogido por el autor para significarnos que estamos en el interior del cerebro de los dos protagonistas: el profesor y el alumno.

El sujeto es interesante y escabroso. Un brillante y joven abogado francés, Paul Besançon, recién egresado,  de 23 años,  « majeur » de su promoción en Paris, llega a Buenos Aires a efectuar un posgrado con el mejor catedrático argentino en la materia: el profesor Roberto F (de Filomeno!) Bermúdez. Este muchacho es hijo de diplomático francés quien estuvo en puesto en Buenos Aires donde conoció a Bermúdez y donde el chico se crió hasta los 8 años.

Este brillante muchacho favorecido por la vida, es un sicópata de la peor especie, irremediable. Y desde que entabla la relación con su profesor, solo piensa en organizar bajo sus narices , una especie de crimen perfecto que escape a la justicia porque en el fondo, quiere demostrar que la Justicia es ciega ( y es ciega no porque no haga diferencias entre las personas sino porque no es capaz de ver absolutamente nada-pg 16). El sicópata piensa que un crimen es ante todo una enseñanza, la enseñanza de que la justicia es estúpidamente ciega, y que, al mismo tiempo, la muerte es una cuestión de azar, dos motivos más que suficientes para matar a alguien (pg 16). El pobre  y desastroso chico escogió la carrera de Derecho justamente para demostrar que la vida no vale nada.

Página 30 sigue el proceso a la justicia: …el Derecho es un intento. Es eso, lo más lejano a la perfección, lo más lejano a la excelencia, a la Justicia, lo más lejano que se pueda pedir.

Bermúdez, desde que su mujer lo dejó, tres años atrás, se ha vuelto un cínico alcohólico; que ahoga su pena en el whisky JB. Y aunque sigue siendo el mejor en su rubro, no piensa menos de manera amarga: « ¿ Y qué hago yo acá, desperdiciando mi tiempo enseñándoles? No puedo hablar de lo  que estoy hablando y al mismo tiempo pensar que habría que prohibir la abogacía, que habría que dejar de una vez por todas que los pobres se rebelen y destruyan a todos que bien merecido lo tenemos en este sistema ridículo de opresión y ficciones. Y sin embargo la Justicia es lo único que nos queda, lo único que me queda.(pg 56)

Así rápidamente el alumno organizará en los más mínimos detalles este crimen perfecto escogiendo a una chica al azar, una pobre chica que se parece a una actriz de cine norteamericana, sobre la cual él ha fijado su obsesión afectiva.

La trama tiene un par de puntos flacos a mi parecer porque el profesor descubre demasiado rápidamente  que su alumno es el culpable del atroz asesinato ocurrido debajo de la ventana del aula donde profesa. Es casi pura intuición porque lo descubre con una simple mirada. Se sabía que el profesor era excelente, pero no se sabía que tenía dones de pitoniso. Otra flaqueza constituye el plan que urde el profesor de Derecho Penal para confundir al asesino : me pareció un poco demasiado simplista. El doctor Bermúdez utilisa como cebo a la hermana menor de la asesinada, quien por el mayor de los azares, se parece físicamente a la actriz norteamericana,que obsesiona al sicópata.Cómo no pensar que este sicópata, con una inteligencia tan alta caería en la trampa. A menos que este asesinato tan requetebien urdido sea un « acto fallido » de la parte del asesino para que por fin, su triste y patética vida se termine lo antes posible. Pero ésto es materia para siquiatras…

Lectura entretenida y ganas de ver la película en el futuro. Si logro ver la peli, pondré un addendum en esta reseña. Aquí va el  cartel de la película:

Tesis sobre un homicidio

TESIS SOBRE UN HOMICIDIO, Sudamericana 2013,  ISBN 978-950-07-4098-2

Toute passion abolie de Vita Sackville-West

Romancière anglaise (1892-1962) dont le nom de plume est Vita Sackville-West et à la ville, celui de Lady Nicolson. Sa palette est large: romancière, essayiste, poétesse, biographe, traductrice et…jardinière. Son oeuvre est vaste.

C’est une vraie aristocrate anglaise, qui fit un solide mariage avec Lord Nicolson, diplomate avec qui elle eut deux fils. Elle eut une liaison orageuse durant une année (dans les années 20) avec la romancière Virginia Woolf, laquelle lui dédia un livre après leur rupture: Orlando, publié à titre posthume par le mari éditeur de Virginia Woolf. Un  livre qui parle très bien de cette affaire, est celui de Christine Orban, Virginia et Vita, livre intéressant et fort bien écrit , paru en 2012 et commenté dans ce blog en février 2012.

Voici la voix de l’auteur émanant du passé, figée à jamais  dans les sillons d’un 78 tours, lisant son poème The land:

http://www.youtube.com/watch?v=AjXvkRhoXXs

En janvier 2013 j’ai commenté le premier livre lu de Vita Sackville-West; je fus subjuguée par la finesse de sa perception, par les  descriptions élégantes , par la justesse des points de vue, par la modernité de son jugement; il s’agit du livre Au temps du Roi Edward de 1930 (The Edwardians). Un régal de bout en bout.

Celui-ci,  Toute passion abolie (All passion spent) de 1931 a été  recommandé par Jooh du réseau de lecteurs Babelio ( ce réseau est une mine inépuisable de renseignements, et il est interactif en plus !). Après lecture de ce livre, je suis pareillement conquise: quelle finesse, quel tact, quel sujet universel, quelle profondeur dans l’analyse des différents personnages, quelle critique sociale aiguë, quelle modernité dans la perception des choses. Ce roman est une réflexion sur la vie que l’on ne s’est pas choisie, sur la vieillesse, sans aucun pathos ni mièvrerie, par une plume acide et ironique.  La thématique et l’écriture est post victorienne: le chemin épineux des femmes au début du XXè, époque régie par des codes sociaux stricts et dans laquelle les femmes disposaient d’un droit infime par rapport à leurs maris.

Cette fois, Vita nous raconte  l’histoire de Deborah Lee, jeune fille qui fera un très bon mariage, devenant Lady Slane, admirée de tous, épouse dévouée mettant en valeur la vie publique et sociale de son mari, important personnage du royaume, elle le suivra dans ses déplacements professionnels à l’étranger où il occupera de hautes fonctions; le couple aura 6 enfants qu’elle aimera plus ou moins. Il est vrai qu’ils sont odieux, caricaturaux. Lady  Slane incarne la fin du monde colonial anglais.

Or, à l’âge de 88 ans , Lady Slane sera veuve. Ses enfants décideront, au cours d’une réunion de famille de la prendre chez eux à tour de rôle, car ils estiment que leur pauvre mère est incapable de se prendre en charge.

Mais Lady Slane étonnera tout le monde déclarant   qu’elle souhaite se retirer à Hampstead, un petit village paisible, avec sa vieille servante française, Genoux , mais sans la présence de ses enfants, et surtout sans la présence des plus petits qui la fatiguent  beaucoup trop. Dans sa nouvelle résidence, qu’elle loue, elle se liera d’amitié avec son bailleur, avec son  chef de chantier et avec un ami de son plus jeune fils; ce dernier, collectionneur d’art,   a connu Lady Slane lorsqu’elle était vice-reine des Indes et il en était tombé éperdument amoureux; il le lui dira 50 ans plus tard ce qui fera plaisir à cette vieille dame qui mourra peu de temps après avoir connu une courte période de calme et de volupté.

Page 86, nous lisons:..Qu’ils semblaient loin, ces jours autrefois vécus dans la violence des passions excessives et brûlantes, où le cœur semblait prêt à se briser sous l’assaut de désirs complexes et contradictoires ! Le paysage était désormais monochrome, les traits identiques, les couleurs effacées, les paroles toutes abolies.

Car Lady Slane a une revanche à prendre, dans sa jeunesse elle rêvait de se consacrer à la peinture, mais elle a consacré toute sa vie aux siens et aux convenances.

Bref roman de 220 pages où chaque page est un bijou de sensibilité.

TOUTE PASSION ABOLIE, Livre de Poche 31231 2009,  ISBN 978-2-253-12627-0

Acerca de Roderer de Guillermo Martínez

Guillermo Martínez es un matemático y escritor argentino (Bahía Blanca 1962)  licenciado en Matemática, doctorado en Lógica y con estudios posdoctorales en Oxford.

Le leí Crímenes imperceptibles, novela del 2003, Premio Planeta Argentina,  que fue llevado al cine en el 2008 por Alex de Iglesia bajo el título Los crímenes de Oxford, película destacada con 3 premios Goya, entre los cuales el premio de mejor música original.

 Vi la película y me pareció bastante entretenida y cautivante; fue muy mal acogida en EEUU, valorada como una de las peores películas españolas allí estrenadas. En cuanto al libro, me gustó muchísimo porque le encontré bastante suspenso, con una trama perfecta y un final un poquitín desbocado; se tiene la impresión de « leer inteligente ». El libro fue el tema de una de nuestras reuniones literarias. Aquí va un enlace para ver parte de la película (se puede lograr una segunada parte) gracias a la fabulosa videoteca de Youtube:

http://www.youtube.com/watch?v=TFei3-I5Zcw

También  leí  de este autor La mujer del maestro de 1998 que encontré poco interesante porque poco veraz, con poca acción aunque bien escrito: es la historia de la esposa de un autor conocido e importante que enamora a un escritor principiante. No se sabe si es un enamoramiento a primera vista o un deseo de lo imposible. Otro libro leído fue La muerte lenta de Luciana B del 2007, libro que encontré aún mejor que Crímenes imperceptibles,  con un encadenamiento diabólico, lógico, implacable.

Este pequeño libro de apenas 107 páginas es un libro condensado, que podría calificarse de nouvelle, fue el primer libro publicado por  Guillermo Martínez en 1992. Su lectura me produjo cierta inquietud porque bajo la apariencia de una historia sencilla y lineal, se esconde un mensaje bastante complejo.

 La historia ficcional relata el acercamiento de dos jóvenes argentinos en un pueblo perdido llamado Puente Viejo; los dos muchachos se conocerán durante un partido de ajedrez y luego se verán durante cierto tiempo en el colegio. El narrador no tiene nombre y el otro es Gustavo Roderer, personaje misterioso, complicado, que vive en otro mundo ( el mundo del saber) y que está visible e irremediablemente enfermo. Ambos jóvenes son de una inteligencia superior. Entre ellos no existirá nunca una amistad, sino una especie de emulación intelectual rayana en lo patológico. La temporalidad del relato está claramente marcada por la  alusión a la guerra de las islas Malvinas, o sea, estamos en 1982. La nouvelle terminará con la muerte de Gustavo Roderer aquejado de una grave enfermedad que podría ser un lupus hepático que le auto-fagocitará el hígado provocando atroces sufrimientos. Pero antes de morir, inculcará a su émulo, la idea de dedicarse a las matemáticas. Estos datos hacen pensar que este relato puede llevar mucho de autobiográfico: el lugar geográfico, la edad de los protagonistas, la iniciación en el mundo de las matemáticas, etc.

La  lectura no ficcional de esta  nouvelle , podría ser bastante compleja y  plantearnos la problemática del conocimiento absoluto. La parte ficcional podría representar una idea del mal. En un excelente y críptico trabajo para el no inciado, Alicia Inés Sarmiento, da ciertas claves de lectura de esta primera obra del escritor argentino. Ella plantea que Martínez reelabora uno de los temas tradicionales de la literatura universal: el misterio de la iniquidad o mysterium iniquitatis que es un concepto enigmático que aparece  en la carta de San Pablo a los Tesalonicenses. Gustavo Roderer, el chico enfermo y condenado busca el conocimiento total a través de una lectura y relectura obsesiva de textos variopintos, actividad que lo hace vivir en un estado de vigilia pensante permanente que lo tiene en estado de locura lúcida.

Lectura bastante enigmática, compleja y cerebral donde no hay ningún espacio para la sentimentalidad.

ACERCA DE RODERER,  Booket 2009,  ISBN 978-987-580-343-5

Charly 9 de Jean Teulé

Romancier français d’origine normande,  né à Saint- Lô en 1953, auteur connu de BD et qui pratique aussi le cinéma et la TV. Il fut un pilier de L’Echo des Savanes à partir de 1978, pendant 10 années. Il se consacre à l’écriture depuis 1990. C’est une personne calme et débonnaire qui roule ses cigarettes; il possède, paraît-t-il un rire splendide, contagieux. Un type sympa, en somme,  compagnon à la ville de la délicieuse actrice Miou-Miou. Pour l’anecdote, il fut camarade en classe primaire de Jean-Paul Gaultier à Arcueil, banlieue sud parisienne,  et dès la petite école, il prit goût au dessin ; il sera orienté dans cette voie par un des ses professeurs, ce qui aboutira des années plus tard à son succès dans la BD.

J’avais lu de lui Le Montespan, paru en 2008, livre détenteur d’ au moins trois prix littéraires et qui connut un grand succès. Livre qui porte déjà le signe de l’humeur décalé de Jean Teulé. J’avais énormément apprécié ce livre qui m’avait fait rire, bien que parfois j’étais choquée par la crudité du langage frôlant par moments la vulgarité, mais à ce qu’il paraît, c’était le langage vernaculaire du Paris de l’époque. Comment ne pas sourire avec les mésaventures du Premier Cocu de France, époux de la Montespan, favorite de Louis XIV pendant 24 ans ! Comme le marquis de Montespan  n’acceptait plus les prébendes du roi, il a été banni de la Cour dans ses terres des Pyrénées. Et quel humour dudit marquis  qui fit peindre son carrosse en noir et orner le toit du véhicule d’énormes ramures de cerf  afin que  tout le royaume puisse suivre ses déplacements de premier cocu de France.

Ce livre, Charly 9, est dans la même veine, humoristique et persifleuse de Jean Teulé et qui lui réussit si bien. Charly 9 est ce pauvre Charles IX, roi de France malgré lui, car il ne voulait par régner. Il était veule et taré, porteur de ce sang fin de race des Valois. Fils de la vipérine Catherine de Médicis qui l’avait sous influence, frère de la reine Margot  et frère du futur Henri III, personnage encore plus décadent et taré, mais que Catherine de Médicis couvait, l’appelant « mes chers yeux ».

Charles IX fut le roi qui déclencha le massacre de la Saint Barthélemy, de sinistre mémoire et qui entacha à jamais le prestige du Royaume de France. Ce fut un complot de bout en bout, orchestré par la Cour et la méphitique Reine mère. Il avait alors à peine 22 ans et il ne put jamais assumer cet acte. Il mourut un an et demi plus tard, saignant par tous ses pores, stigmatisé,  dans la folie et la déchéance les plus complètes, apparemment de tuberculose.

Les folies du jeune roi jusqu’à sa mort furent nombreuses malgré le peu de temps qui lui restait à vivre: s’ il faisait mauvais temps et qu’il ne pouvait pas partir à la chasse, il organisait la chasse à courre dans les couloirs du Louvre avec un cerf vivant et lui à cheval ; l’année commençait alors le 1er avril (d’où les facéties du 1er avril!), il changea pour le 1er janvier, il a offert le muguet le 1er mai  à ses pauvres sujets affamés, en disant qu’il était bon à manger alors que la plante est vénéneuse de la racine aux clochettes !, il fit battre de la fausse monnaie pour sauver la France en faillite (déjà !), etc.

Bon livre qui se laisse lire très bien; ce n’est pas à proprement parler un livre d’Histoire, mais il relate suffisamment de faits pour que 441 années plus tard nous prenions conscience de l’énormité de cet épisode noir de notre Histoire.

Du roi Charles IX nous reste ce vers impromptu:

                                         François premier prédit ce point,
                                         Que ceux de la Maison de Guise
                                         Mettraient ses enfants en pourpoint
                                         Et son pauvre peuple en chemise.

( Voyez vous, 441 années plus tard nous en sommes au même point: nous sommes en République Monarchique, pardi).

CHARLY 9, Éditions Julliard 2011,  ISBN 978-2-286-07618-4

Cuentos de la generación del 50 (Chile) de Enrique Lafourcade

Este libro tiene para mi un doble valor. Primero un valor sentimental porque me viene de lejos y de parte de Francisco L. y enseguida un valor intelectual porque tenía muchas ganas de leer acerca de esta , hoy un poco olvidada Generación chilena del 50, llamada también « Generación del Parque Forestal » porque era un lugar común de reunión para todos estos literatos.

Enrique Lafourcade Valdenegro (Santiago 1927) es un escritor, crítico, periodista y animador TV chileno. Estudió Historia del Arte en Paris y fue agregado cultural en la Embajada chilena en España.  Ha recibido varios premios en el ámbito nacional.

Publicó TRES antologías del cuento chileno de su generación, de las cuales este libro sería la segunda publicación. Las otras son Antología del nuevo cuento chileno de 1954 y Antología de cuentistas chilenos de 1960. Su obra más conocida es Palomita blanca de 1971, llevada al cine bajo el mismo nombre por Raúl Ruiz y con una banda sonora de Los Jaivas. Es la novela más comprada por los chilenos; en 2012, en su 64-ava edición, alcanzó el millón de ejemplares vendidos.

Sobre la Generación del 50 Lafourcade escribió: » Queríamos explorar el mundo porque pensábamos que la vida estaba más allá de las rutinas familiares y domésticas. Bohemios de pan con queso y tacitas de té en El Bosco, pasábamos el día metidos en la Biblioteca Nacional y charlando en el Parque Forestal. Un grupo de jóvenes que soñó con ser artistas« .

Según otro miembro de esta generación , el escritor Alejandro Jodorowski, la cultura chilena de los años 50 se armó gracias al fuerte predominio homosexual de los artistas de la época (El Periodista, marzo 2003).

Jorge Edwards, otro escritor chileno, quien escribió un libro sobre el poeta chileno Enrique Lihn ( La casa de Dovstoiewski), ambos de la Generación del 50, señala que el problema de la generación del 50 chilena fue su incapacidad de asumir el compromiso en muchas cosas: en la política, en el amor.

Rolando Gabrielli (literato chileno) en julio 2008 escribe que en los 50, la narrativa chilena, salvo rarísimas excepciones no sonaba ni tronaba; sólo los poetas históricos que le « enmendarían la página generacional », hipopótamos en la charquita de Chile. También escribe que Lafourcade es un polémico escritor, conservador de primer orden, que se adjudica la creación de la Generación del 50 ó Generación « del Parque Forestal ».(Homines.com,2008).

Eva Valcárcel de la Universidad de Coruña escribió cosas interesantes sobre esta generación en el prólogo del libro de Jorge Edwards « Los convidados de piedra« : « La denominación va unida al nombre de Enrique Lafourcade, editor de la primera antología de 1954 que recogía el talento de 24 autores jóvenes chilenos. Según Ortega y Gasset (« La deshumanización del arte »), una generación literaria es siempre una unidad cultural, un nexo común dentro de un grupo humano. En los años de la publicación se discutió mucho sobre la pertinencia de la denominación e incluso se propuso otro nombre, el de « generación de 1957 » , menos adecuado.

El grupo abarca escritores que publicaron obras a partir de 1950 y que Lafourcade denominará oficialmente por primera vez en 1956, dos años después de la publicación de la Antología del nuevo cuento chileno, durante una conferencia en la Biblioteca Nacional de Santiago. Los miembros del grupo tienen en común su enfrentamiento con la literatura de la « generación del 38 », la generación del criollismo y del realismo social. Los creadores conciben la literatura como un hecho estético, separándola de una función social. Tienen una formación cultural más rica y son conocedores de la literatura y de la historia, son individualistas y herméticos, comprometidos con su vocación; se trata de una generación aristocrática y aislada que sabe que aunque constituyen un grupo, estarán siempre solos.

La explicación del escepticismo ante la existencia propia se encuentra en la decadencia del momento histórico en el que viven, de profundas transformaciones sociales y la experiencia traumática de la posguerra. Su escepticismo está originado por la asunción de la pérdida de valores de la aristocracia nacional como por la convulsión política mundial. Esta postura les llevará a ensayar nuevas técnicas formales, a veces de manera incipiente y eliminarán la anécdota de la ficción lo que sorprenderá a la crítica, acostumbrada a la descripción minuciosa de los novelistas de la generación del 38.

Para Fernando Alegria (crítico literario chileno) este grupo de escritores se caracteriza por destilar « una angustia indefinida que da origen a una rebeldía sin causa ni propósito, y que, en el fondo, no es sino el reflejo del sentimiento existencialista que aplasta a las nuevas generaciones en Europa y Norteamérica. Los integrantes del grupo negarán su filiación sartreana y dirán que su actitud se debe a un reflejo de la decadencia social del momento y que, ante la posibilidad de ignorar el lado oscuro de la misma, prefirieron encararla, utilizando la escritura como un instrumento de catarsis que puede servir para trasformar la sociedad por medio del arte ».

Este libro es una edición de 1959, libro amarillento y con olor a papel viejo,  con una dedicatoria de la mano de Enrique Lafourcade  que dice: Para « un hombre lleno de fe », con un cordial saludo de Enrique Lafourcade. Julio de 1959.

Son 17 cuentos de desigual duración y contenido, algunos de estilo criollista y otros de corte muy europeo. Del lote sólo destaco el largo cuento de José Donoso   La puerta cerrada, bien construido, bastante original y un poco angustioso, con los personajes bien ahondados y complicados. Es la historia increíble de un hombre que pasará toda su vida con el único afán de dormir porque está convencido que soñando hallará unas puertas abiertas que lo conducirán a una especie de nirvana que él asemeja a una felicidad total.

Todos los otros cuentos no  dejan un recuerdo muy neto. quizás el de Alejandro Jodorowski me pareció de corte bastante moderno: Zipelbrum.

Cada cuento lleva al principio una recopilación de buenas y malas críticas por gente de aquellos años que se dedicaba a las cosas de la literatura.

Los autores de cuentos de la Antología, por orden de aparición son: Margarita Aguirre, Guillermo Blanco, Armando Cassigoli, Jorge Edwards, Mario Espinosa, Pablo García, María Elena Gertner, Luis A. Heyremans, Enrique Lafourcade, Jaime Laso, Enrique Lihn, Enrique Moletto, Herbert Müller, Waldo Vila y José Zañartu.

CUENTOS DE LA GENERACIÓN DEL 50, Editorial del Nuevo Extremo 1959 (Santiago de Chile)