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La maravillosa vida breve de Óscar Wao de Junot Díaz

Lin-Manuel Miranda Lent His Perfect Voice To Narrate 'The Brief ...

Junot Diaz es un escritor estadounidense-dominicano (Santo Domingo 1968), profesor de literatura creativa en el MIT. Su obra describe la realidad de los emigrantes hispanoamericanos en los EEUU. La maravillosa vida breve de Óscar Wao fue publicada originalmente en inglés (The Brief Wondrous Life of Oscar Wao, 2018) y traducida al español por Achy Obejas a quien se le debe felicitar por el logro con un texto lleno de lenguaje coloquial y de Spanglish. El libro le valió al autor nada menos que el Premio Pulitzer 2008 más 6 otros galardones ! Los derechos cinematográficos fueron comprados por Miramax Films, pero que yo sepa, la película aún no se ha filmado.

Este libro fue citado  por un autor argentino, gran lector y quise leerlo, además no tengo autores dominicanos en el blog y esta lectura me hace mejorar y variar la casuística.

Es un libro especial, diferente, es una novela histórica sobre los 31 años de dictadura de Trujillo en República Dominicana y es también una novela de iniciación o bildungsroman que necesitó unos 11 años de trabajo ; seguiremos la historia de Óscar Cabral alias Óscar Wao, un anti-héroe que hace pensar en otro anti-héroe obeso, Ignatius J. Reilly de John Kennedy Toole (A Confederacy of Dunes, 1980). Los dos jóvenes obesos son inefables, inolvidables, patológicos. La otra particularidad que tiene este libro es la abundancia de notas explicativas que constituyen una historia en la historia, en este caso Junot Díaz nos da explicaciones históricas sobre la monstruosidad de la dictadura del déspota y sanguinario Trujillo; este detalle de las notas explicativas me recuerda el libro de David Foster Wallace con 380 páginas de notas, pero aquí el objetivo era otro.  La dictadura de Trujillo está muy bien descrita también en el libro de Mario Vargas Llosa La fiesta del chivo (2000) así como en  Galíndez de Manuel Vázquez Montalbán (1990), ambos libros terroríficos fueron leídos.

Junot Díaz explica la verdadera « vaina de Óscar Wao », un obeso nerd, geek y un friki, de su verdadero nombre Óscar Cabral pero conocido como Óscar Wao desde un día de Halloween universitario en que se disfrazó de Doctor Who, pero que el narrador del libro encontró igualito al gordo Óscar Wilde, nombre que los compañeros presentes no conocían y que pronunciaron mal. Y así se quedó para siempre Óscar Wao.

El muchacho llegó a New Jersey con su madre y su hermana allá por los años 70 de la diáspora dominicana. La madre sufrió tantas desilusiones en Santo Domingo que tuvo que salir del país a buscar sustento, es una madre completamente histérica aunque responsable. La diáspora de dominicanos y otros centroamericanos vive en New Jersey y hablan espantosamente mal el español, con una jerga hecha de  Spanglish difícil de entender para un no caribeño. El problema de Óscar Wao  es su monstruosa obesidad y vive obsesionado con conocer una mujer, sin tener el comportamiento adecuado; además, para un dominicano esta situación es muy vergonzosa porque se estila mucha facilidad con las cosas del sexo. Óscar vive su virginidad en obeso reprimido y constituye casi una fuente de vergüenza colectiva. Su hermana Lola, algo mayor lo sobre-protege y lo confía al narrador para que lo ayude.  En tela de fondo tenemos en detalle la vida de gran parte de la familia Cabral : del abuelo que fue potentado, del padre que fue médico y de la madre que fue excelente enfermera, de la « abuela » que los recogió cuando se quedaron huérfanos, y de tantos otros personajes bastante truculentos.

Toda la idiosincracia dominicana está basada en lo que ellos llaman el fukú,  una especie de maldición, de fatalidad que recae sobre la familia de generación en generación y contra la cual casi no hay nada que hacer. Esta es una creencia que remontaría a los orígenes del colonialismo. El fukú no solo pesa sobre los dodos (dominicanos), sino también sobre los portorros (puertorriqueños) al que le llaman fufú,  los haitianos tienen otra bobería.

El drama personal de Óscar Wao es patético, pero el tono es muy jocoso por momentos, crudo a veces, transgresor, triste, terrible, espeluznante, etc, etc.  Es una lectura que remece, que cuestiona, que sidera. La prosa conlleva varios registros : la comedia, el drama, el realismo, lo sobrenatural, la profundidad y la crudeza con un relato de corte clásico o profusamente barroco, nutrido de Spanglish que hay que soportar.

Una lectura interesante, diferente, bastante aterradora, pero que logra pasar gracias al humor del autor.

LA MARAVILLOSA VIDA, Debolsillo 2018 (JD 2007),  ISBN 978-84-8346-609-4

Arcadie d’Emmanuelle Bayamack-Tam

Résultat de recherche d'images pour "arcadie emmanuelle bayamack-tam" Emmanuelle Bayamack-Tam est une écrivaine française (Marseille 1966), agrégée de Lettres Modernes; elle écrit aussi des romans noirs sous le pseudonyme de Rebecca Lighieri.

Arcadie (2018) a été couronné par le Prix Livre Inter 2019. C’est une lecture-aventure plaisante quoique dérangeante car le style de l’auteure est unique, fait d’un mélange d’érudition, d’humanité, d’humour et dérision avec une dose d’amoralité et une forte pincée de modernité. Par moments c’est cru mais jamais vulgaire. C’est un roman de moeurs assez décalé. C’est un livre sur la constitution d’une identité

C’est l’histoire de Farah entre ses 6 ans et ses 18 ans, une gamine étonnante, assez délurée mais néanmoins assez cérébrale, qui sera élevée dans un endroit édénique dans le Midi de la France (lieu non précisé) appelé Liberty House où réside un ramassis de personnages, tous plus éclopés les uns que les autres, tous originaux, à commencer par les parents de Farah (parents et grand mère), tous pratiquant l’amour libre et la vie naturelle et végétarienne, tous allergiques aux ondes électromagnétiques, aux phtalates, au glyphosate; aux pesticides, aux sels d’aluminium, aux perturbateurs endocriniens, aux réseaux sociaux, etc, etc. Et cette communauté est menée tambour battant par un gourou charismatique qui couche avec tout le monde, prénommé Arcady.

Farah depuis son enfance est éperdument amoureuse d’Arcady et attend avec patience (et sagesse) de se donner à lui.

Mais Farah, qui a une allure assez androgyne commencera a muer à l’adolescence pour émerger comme chrysalide atteinte du syndrome de Rokitansky, une maladie plutôt vilaine avec agénésie du vagin et de l’utérus. De plus, la gamine a une cyphose. Inutile de vous dire que ceci va conditionner beaucoup de choses chez cette jeune personne sans que cela la fasse péricliter en aucune façon.

Et Farah apprendra que son paradis qui prônait l’amour universel ne sera pas capable d’appliquer la règle pour tout le monde…Ce sera la fin de l’innocence pour Farah devenue adulte à la fin du livre.

Le langage employé par les jeunes dans ce livre est très bien rendu quoique difficile à digérer.

C’est un roman plein de fraicheur, original, assez docte par moments et qui situe bien les différents sujets abordés par cette histoire.

ARCADIE, P.O.L. 2018,  ISBN 978-2-8180-4600-5

La bible de néon de John Kennedy Toole

Résultat de recherche d'images pour "the neon bible john kennedy toole pdf" John Kennedy Toole fut un romancier américain (La Nouvelle Orleans 1937-1969); l’écrivain s’est donné la mort à 31 ans par asphyxie, après l’échec de publication de son livre La Conjuration des imbéciles qui lui valut le Prix Pulitzer à titre posthume.

La bible de néon, écrit vers 1953 à l’âge de 16 ans a été trouvé par sa mère dans les papiers de l’écrivain et publié en 1989, vingt ans après son suicide et après l’énorme succès de La Conjuration des imbéciles. C’est un roman de jeunesse, un roman de formation et un roman posthume, comportant des maladresses certaines mais un charme indéniable, beaucoup d’émotion et une maturité étonnante.

Un film a été adapté du livre en 1995 par le britannique Terence Davies avec Gena Rowlands dans le rôle de Tante Mae.

C’est l’histoire de David. Sa famille fait partie des ces blancs pauvres du Deep South américain, dans le Mississippi des années 50. Une terre âpre pour ces gens pauvres qui n’ont parfois pas de quoi manger. C’est la guerre en Europe et ils ont des tickets de rationnement (c’est la première fois que je tombe sur cette notion de ticket de rationnement dans l’opulente Amérique). Une soeur de la mère de David, tante Mae, vient vivre avec eux, c’est une femme autour de la soixantaine qui a bien roulé sa bosse, elle a été cabaretière. La morale du bourg est gérée par le pasteur et ses acolytes qui se mêlent de tout. La famille de David est si pauvre qu’ils ne peuvent pas payer les deniers de l’église et de ce fait le pasteur les harcèle. Tout mariage avec un étranger/étrangère est très mal vu et les couples mixtes sont chassés. Du fait de sa condition de pauvre David sera harcelé à l’école, ce qui l’empêchera de finir sa scolarité et devra se contenter de travailler à la supérette du coin.

Depuis une fenêtre de sa maison David aperçoit sur le toit du temple, une énorme bible de néon que lui rappelle la position précaire de sa famille.

C’est un récit bien triste que celui de cette famille américaine qui ne s’en sort pas. Les choses vont empirer avec le temps et les aléas qui vont se présenter jusqu’au climax final, surprenant et dévastateur.

Le ton du récit est assez primaire, par moments simpliste, mais tellement juste. Je ne pouvais pas imaginer que à cette date, les années 50, et parmi les blancs américains des gens puissent vivre aussi dénués.

Cette histoire me rappelle certains livres de Truman Capote et aussi un petit peu le chef d’oeuvre de Harper Lee, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur.

Un petit bijou qui nous montre une Amérique qui rejette la différence sans chercher à comprendre.Résultat de recherche d'images pour "affiche the neon bible film"

LA BIBLE DE NÉON, Pavillons Poche 2016 (JKT 1989),  ISBN 978-2-221-19571-0

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois

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Jean-Paul Dubois est un écrivain français (Toulouse 1950) ayant fait des études de Sociologie; il a travaillé aussi comme journaliste et grand reporter. Sa bibliographie est assez vaste: quelques 23 romans !

Son oeuvre pose un regard désabusé et distancé sur le monde et les rapports humains; ses héros ont souvent une vie névrosée, souvent ses personnages sont originaires de Toulouse comme lui même (tout en étant attiré par l’Amérique). Il y a des choses récurrentes dans les romans de Dubois : le prénom Paul pour le héros,  ou d’Anna pour l’épouse; le rugby apparaît souvent, mais aussi  des accidents et des morts brutales. La voiture peut être aussi un sujet important dans certains de ses livres.

On dit que cet écrivain est vraiment lui même quand il est drôle dans la tragédie et lorsqu’il rend cocasses des situations tristes.

J’ai lu avec plaisir quelques uns de ses romans: Une vie française (2004) un livre qui m’a plu énormément: la vie en parallèle de Paul Blick avec l’Histoire de la France entre 1950 et 2004; il y a une confrontation entre une vie chaotique-atypique et l’Histoire de la Vè République, ses grandeurs et ses bassesses. Le rythme du livre est soutenu, dévorant, avec une tension psychologique hors pair et une fin bouleversante; ce livre a été primé en 2004 par le Femina et le Prix FNAC. La succession (2016), sélectionné pour le Prix Goncourt m’a plu aussi beaucoup, reconnaissant aisément ce style si particulier à l’auteur avec son humour décalé et aiguisé. Vous plaisantez, monsieur Tanner (2006) est un court roman avec des chapitres ultra courts, facile à lire et hilarant en même temps que dramatique. Le cas Sneijder (2011), un autre de ses livres qui m’a plu, couronné du Prix Alexandre Vialatte 2012, tout à fait dans la veine de cet auteur excellent par le regard qu’il porte aux gens et aux choses. Tous les matins je me lève (1988), avec l’histoire d’un écrivain désabusé en manque d’inspiration avec une suite de gags désopilants. Kennedy et moi (1996) un livre assez court, drôle à la façon « duboisienne« , mais il m’a plu un peu moins car peu crédible par certains détails, quoique aussi avec des passages désopilants.

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (2019) est sa dernière publication saluée par le Prix Goncourt 2019 et qui a succombé à cette mode de titres trop longs que le lecteur a du mal à mémoriser (Arf ! je trouve cette mode détestable). Je suis mitigée quant à mon appréciation globale et je m’explique : j’ai eu du mal à m’intéresser à l’histoire avant la moitié du livre et le début de la partie canadienne. Je m’ennuyais un peu, je trouvais le récit un peu lourd. En revanche il m’a paru plus intéressant, plus profond, plus original, dans la deuxième partie. Le livre est bien écrit, avec quelques passages comportant de l’humour « à la dubois » fait de dérision et d’ironie finement ciselée.

Dans l’histoire on retrouve  des thèmes récurrents de l’auteur: les prénoms Paul (le protagoniste) et Anne (la mère du protagoniste), Toulouse qui apparait comme cadre de la naissance de Paul, puis le thème des voitures qui est remplacé ici par de l’avionnerie; il y a une mort violente, et moult détails du trade mark de l’auteur.

C’est un vrai bildungsroman ou roman d’initiation avec la narration de la vie du protagoniste Paul Hansen. Paul Hansen est né à Toulouse, fils de père danois, pasteur, et de mère française. Il va grandir à l’ombre de ses parents, aussi fantasques l’un que l’autre et surtout la mère, pour devenir un jeune homme formé sur le tas aux métiers du bâtiment. J’ai trouvé que le personnage de Paul Hansen manque de profondeur et reste assez secret, comme en retrait tout au long de sa vie.

Suite aux déboires familiaux, il va émigrer au Canada francophone pour démarrer une nouvelle vie auprès de son pasteur de père exilé là bas. Il aura de la chance et deviendra le factotum d’un immeuble de luxe où, grâce à ses dons, il va gravir l’échelon et vivre sa vie  jusqu’à croiser Winona, celle qui deviendra sa compagne.

La première scène sensuelle avec sa future compagne est décrite de façon originale…les bruits de la forêt, le vol des oiseaux, le sentiment d’être au bon endroit, au moment adéquat, le regard de Winona qui dit que c’est maintenant, ses mains qui glissent dans mes poches, le contact de ses doigts, les miens qui s’accrochent au miracle, la friction des vêtements, le froissement des corps, le claquement des peaux, le monde qui devient tout petit

Mais le destin lui réserve des coups durs: Paul va se retrouver en prison et devra partager son étroite cellule avec un  détenu haut en couleur, personnage fort du récit, inoubliable.

Son expérience en tant que super-concierge de cet immeuble huppé est très drôle, intéressante, riche en expériences humaines en tout genre. A mon goût ce sont les meilleurs moments du roman.

Il y a des informations fascinantes sur les colibris ou oiseaux mouches: animaux de 5-6 cm avec un coeur qui bat en vol jusqu’à 1260 battements par minute et descend à 50 au repos, des poumons qui respirent 500 fois dans le même laps de temps, des ailes qui pivotent dans tous les sens; un vol aussi rapide en avant qu’en arrière, en haut et qu’en bas et qui peut atteindre 100 Km / heure dans toutes les positions. Des ailes qui battent 200 fois par seconde. Grand spécialiste du vol statique et qui peut se déplacer sur 800 Km devant manger 8 fois par jour. Une minuscule machine de la nature, prodigieuse.

Un livre un peu différent de ceux déjà lus, plus grave, plus réfléchi. Et quand je pense à tous les Dubois qu’il me reste à lire, et bien, cela me rend heureuse.

TOUS LES HOMMES, Éditions de l’Olivier 2019,  ISBN 978-2-8236-1513-6

Fractura de Andrés Neuman

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Andrés Neuman nació en Buenos Aires en 1977; a los 14 años se radicó en Granada con sus padres donde cursó estudios secundarios y luego Filología hispánica, con un doctorado en esta materia. Es un escritor, poeta, cuentista, autor de aforismos; actualmente es columnista en la Revista Ñ del diario Clarín y también del suplemento cultural del diario ABC en España. Tiene un excelente blog en español, considerado como uno de los mejores blogs en este idioma que les invito a descubrir : Microrréplicas :http://andresneuman.blogspot.fr/

Fue destacado por la lista Bogotá-39 del año 2007 como uno de los mejores autores latinoamericanos de menos de 39 años. Ha sido también galardonado con el Premio Alfaguara 2009 y semi-finalista del Premio Rómulo Gallegos por El viajero del siglo (2009), una novela total elegida entre las 5 mejores del año en lengua española por los críticos del diario El País; fue también dos veces semi finalista del Herralde con Bariloche en 1999 y Una vez Argentina en 2003 y finalista del Nadal en 1999 con Levantar ciudades.

Es el séptimo libro de Andrés Neuman que reseño en este blog, casi todo lo leído me ha gustado y encuentro que tiene un estilo bien personal: ultra escueto, condensado. Será por eso que los aforismos se le dan muy bien.  Me queda por leer El viajero del siglo, detentor de dos premios, un libro muy elogiado.

Fractura (2017)  necesitó 7 años de escritura, ha sido Finalista del Premio San Clemente; podría ser una novela total a través del ciclo de vida completo del protagonista Yoshie Watanabe (un apellido muy común en Japón), un sobreviviente de la bomba de Hiroshima. El título y la portada ilustran muy bien el contenido del libro con una metáfora muy bonita con la palabra japonesa kintsugi que consiste en la reparación de un objeto en cerámica quebrado con un barniz de resina o de polvo de oro o de plata, dejando bien expuestas las « cicatrices » en vez de esconderlas, una manera de otorgarle una nueva belleza.

Andrés Neuman  se inspiró, entre otras cosas, en una historia real para escribir este libro, la historia del señor Tsutomu Yamaguchi que sobrevivió a las dos bombas atómicas : estaba el 6 de agosto en Hiroshima cuando explotó la bomba, cogió un tren a tiempo para estar en Nagasaki y contarle a su familia el horror que acababa de presenciar, le tocó contemplar la segunda bomba, sobrevivir a las dos y morir con casi 100 años ! Como dice el escritor Neuman, tuvo la mejor mala suerte del mundo o la peor mala suerte de la Historia.

El libro comienza y termina en Japón. Yoshie Watanabe es un crío cuando ve morir a su padre aplastado por un árbol en el momento de la deflagración atómica en Hiroshima. La madre y las dos hermanas mueren en Nagasaki con la otra bomba. Unos tíos se preocupan de criarlo. Queda dañado con cicatrices en los brazos y en la espalda. No habla del accidente, no lo saca a relucir como tantos otros damnificados que prefieren callar el episodio traumático.

Yoshie desea estudiar en Francia y con sacrificio, su tío lo envía a Paris a estudiar administración de empresas; en Paris vivirá su primer amor con Violet en los años 60. Tendrá buena situación económica en una empresa nipona de electrónica. Luego aceptará un traslado a Nueva York donde conocerá a la periodista Lorrie con quien convivirá durante los años 70 y será su primera pareja seria. En la década del 80 será trasladado a Buenos Aires donde vivirá los años difíciles de la post dictadura y de la crisis económica, tendrá pareja con Mariela una intérprete y traductora porteña con quien tendrá cierta vida familiar ya que Yoshie acepta de convivir con el pasado familiar de Mariela. Finalmente terminará su carrera en Madrid donde hará pareja con Carmen, una fisioterapeuta, será un amor otoñal quizás el más conmovedor.

Con todas sus mujeres Yoshie se lleva bien , cada una de ellas le ha enseñado a vivir, a crecer y a gozar con culturas diferentes. Cada mujer corresponde a edades diferentes y a fases diferentes en la manera de amar. Cada cambio en la vida del atribulado Yoshie será como una terapia del olvido, cada vez Watanabe se descompone en otro personaje ávido de integrarse, ávido de fundirse en el paisaje.

En Madrid y en los años 90 de la crisis española, la empresa japonesa de electrónica está de capa caída. Es el momento en que Yoshie se jubila, lo que para un japonés representa un abismo porque un japonés vive para el trabajo. Carmen no quiere seguirlo a Japón, no se siente capaz de cambiar de rumbo. Finalmente Yoshie Watanabe partirá solo y le costará ambientarse en su propio país, la gente casi no entiende su hablar…

El terremoto de marzo 2011 va a reactivar sus cicatrices que se abrirán, sobre todo después del tsunami y el accidente de Fukushima. Yoshie decide partir hacia la zona contaminada para compartir con la gente que no ha querido dejar sus casas porque quisiera redimirse de haber huído toda su vida de sus recuerdos, de lo indicible, de lo inénarrable. Fukushima despierta sus viejos fantasmas y resulta tan metafórico ver a Watanabe circular en coche por la zona contaminada sorteando baches, sorteando grietas, tratando de pasar por los lados, esquivando obstáculos, pero las grietas están siempre ahí haga lo que haga, como sus recuerdos (un terremoto fractura el presente, quiebra la perspectiva, remueve las placas de la memoria…página 19).

Es un libro curioso, diferente, interesante, misterioso, que conlleva tres fuerzas : la energía (aquí atómica), la economía (aquí la electrónica japonesa y los diversos problemas económicos en los países atravesados) y el amor. Son corrientes poderosas, profundas, como las corrientes marinas evocadas al final del libro. Y los viajes incesantes de Yoshie son instrumentos humanistas que permiten el acercamiento entre seres; así, el Japón aparece como un espejismo de lejanía que se va acercando a medida que transcurre la historia.

Curioso como el único país que sufrió la bomba atómica haya invertido en una central nuclear, dominio en Japón supeditado a un poder arcaico de la sociedad japonesa que no tiene nada que ver con un medio científico especializado.

Dice el autor que quiso escribir, no sobre Japón o sobre Fukushima, sino narrar hasta donde llega la onda expansiva de algo lejano, pero que te persigue por todas partes. Y el dilema de la memoria es que no todo es recuerdo ni tampoco 100% olvido.

El final del libro es esperanzador porque Watanabe sale de su espacio de confort para afrontar su pasado. Es un verdadero sobreviviente.

Las escenas descritas en el libro sobre Hiroshima y Nagasaki son espeluznantes. Pero no son tan descriptivas como en el libro de Romain Slocombe Un été au Kansai que les recomiendo.

FRACTURA, Alfaguara 2018,  ISBN 978-84-204-3242-7

La louve blanche de Theresa Révay

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Theresa Révay est une écrivaine et traductrice française (Paris 1965) spécialisée dans les romans historiques.

La louve blanche (2008) est son cinquième roman avec une suite en 2009: Tous les rêves du monde. Le livre La louve blanche a nécessité un an de documentation et un an d’écriture.

Ce titre « la louve blanche » nous situe la protagoniste du livre : la belle et courageuse Xénia Ossoline, une russe blanche qui fuit la Russie après la Révolution bolchévique et qui devient le pilier et la force de ce qui reste de sa famille. En matière de subconscient (rêves) une louve blanche symbolise l’instinct maternel, un instinct si fort, qu’il dépasse la notion d’espèce et d’individu. Page 464 l’oncle Sacha de Xénia s’exprime ainsi…c’est une louve, avait-il pensé, impressionné par sa détermination et son courage. Une louve blanche, souveraine, qui donnerait sa vie pour défendre les siens…

C’est un livre très romanesque sur un amour fou sur fond historique de l’Europe entre 1917 et 1945. C’est un roman choral avec plusieurs personnages définis avec profondeur et un fond historique et culturel très riche en détails.

J’ai lu tellement de livres sur cette période, avec  des évènements qui se répètent, mais ici, dans ce récit, j’ai trouvé quelques éléments rarement exposés comme par exemple l’idée que le peuple allemand était parfaitement au courant des camps qui ont existé très tôt avant de devenir des camps d’extermination; aussi l’idée de la résistance au régime nazi y compris au sein même de l’armée et d’une fraction de la population civile; comme l’existence d’ateliers de couture au sein de certains camps (comme j’ai appris il y a peu de temps l’existence de bordels au niveau de ces camps).

Le descriptif de la chute de Berlin est hallucinant, dantesque, mais pas aussi cru que celui décrit dans le livre posthume Une femme à Berlin, d’auteure inconnue; en fait un journal de vie tenu par une femme jeune sur les derniers jours de Berlin avant l’entrée des russes. Un récit à vous dresser les cheveux sur la tête. Et une attitude des soldats russes pas aussi séraphique que dans le roman de Mme Révay.

Aussi, les pages qui décrivent l’Exode de Paris m’ont rappelé les pages d’Irène Nemirovsky sur le même sujet dans son livre remarquable Suite Française, encore plus crues car vécues par l’écrivaine.

Revenons au livre. C’est une histoire d’amour entre deux personnages fictifs crées par l’écrivaine.

ELLE : Xénia Ossoline, une russe blanche qui avait 15 ans le jour de la Révolution bolchevique; une jeune fille de la meilleure société puisque sa famille fréquente le tsar Alexandre III. Le père sera sauvagement assassiné devant ses yeux, sa famille dépossédée de tout. Elle fuira et s’établira en France avec une soeur, un frère et une vieille servante. Ils connaitront la misère la plus noire jusqu’à ce qu’elle soit remarquée par un grand couturier. C’est elle qui s’occupera de nourrir sa famille, de les défendre, de les porter en avant. Elle fera la connaissance dans une galerie à la mode de Max von Passau, un photographe allemand de renom.

LUI : Max von Passau appartient à une très bonne famille berlinoise, il a une soeur très délurée, fantasque qui épousera un pro-nazi. Il devient très apprécié par ses photographies et sans le vouloir, il sera proche du parti national-socialiste qui connait un essor croissant. Il sera très amoureux de Xénia mais n’arrivera pas à la convaincre de le suivre en Allemagne.

Les années passent, la guerre éclate avec son chapelet d’horreurs. En Allemagne d’abord avec le nazisme, une doctrine de plus en plus sanguinaire; en France ensuite, qui sera occupée, anéantie, humiliée et rendue exsangue. Avec le reste de l’Europe à feu et à sang.

Les éléments historiques dans ce roman sont nombreux et riches en détails et anecdotes, ce qui rend la lecture moins pesante : l’exil des russes blancs, la révolution bolchévique, les années folles à Paris et Berlin, la montée du nazisme, etc.

Il y a dans ce roman deux caractères féminins très forts et très bien campés : celui de l’héroïne Xénia Ossoline et celui de Sara Lindner: deux parangons de courage inouï et en même temps deux femmes avec des faiblesses bien humaines, ce qui les rend d’autant plus crédibles.

Un livre que j’ai lu avec émotion même si je suis réfractaire aux histoires trop romanesques.

LA LOUVE BLANCHE, Pocket 13891, 2009 (Belfond 2008),  ISBN 978-2-266-18956-9

 

Mi verdadera historia de Juan José Millás

Résultat de recherche d'images pour "juan josé millas" Juan José Millás es un escritor y periodista español (Valencia 1946), traducido a más de 23 idiomas y ganador de muchos premios literarios y periodísticos.

En su obra predomina la introspección psicológica donde cualquier detalle se puede transformar en un hecho fantástico. Ha creado un género literario muy personal : el articuento, en el que una historia cotidiana se transforma por obra de la fantasía en un punto de vista para mirar la realidad de forma crítica.

Le he leído varios libros : La soledad era esto (Nadal 1990), un relato bastante corto, angustioso y profundo sobre el mal vivir de una mujer que se descubre a ella misma al cabo del tiempo y los avatares de la vida; No mires debajo de la cama (1999) un texto sin igual para dar vida a objetos inanimados con designios funestos dando  la impresión de realizar un trip de drogadicto con un muy logrado desasosiego del lector; Dos mujeres en Praga ((Premio Primavera 2002) es un libro original, interesante y con un argumento complicado: los personajes viven al lado de una realidad que trastocan por fantasmas personales; El mundo (Planeta 2007) un libro autobiográfico muy « a lo Millás« , es decir, un poco volado con límite extraño entre una realidad y la despersonalización total y que retoma algo del estilo en No mires debajo de la cama.

Mi verdadera historia (2017) con ilustraciones de Lucas Climent Baró es otra novela corta (107 páginas) y muy bien escrita que bajo una historia muy sencilla, encierra tesoros de introspección, de ética, de psicología, de problemas sociales, familiares y de amores mal correspondidos y con mucho humor soterrado ! El tema ahonda muy bien esta época tan difícil e insegura de la adolescencia con esa tendencia patológica hacia el morbo. Según el autor, algo tiene de autobiográfico el libro aunque no corresponde en nada con la aventura del chico protagonista.

Juan José Millás la define como una novela insecto, es decir, una novela simple y compleja a la vez porque a él « le gustan las novelas complejamente sencillas o sencillamente complejas ».

Es una novela de aprendizaje donde un chico de 12 años inicia su adolescencia con un secreto terrible agregando sufrimiento en un momento de la vida en que se sufre tanto. El tema es universal con una narración a la primera persona que habla de sufrimiento, de culpa, de secreto guardado, de relaciones familiares difíciles, de rivalidad entre padres e hijos, de amor. El narrador interpela al lector en permanencia, de ahí que una vez cerrado el libro, el lector quedará meditabundo un buen momento. Porque desde la portada del libro Millás interpela a su lector con esta pregunta pertinente  Y tú…¿qué escondes?

El protagonista de 12 años (sin nombre) es infeliz porque no tiene diálogo con sus padres : la madre tiene sus propios pesares y lo encuentra « rarito » y el padre vive sumido en sus lecturas (es crítico literario) y no le presta ninguna atención. El chico decide suicidarse tirándose de un puente para ser aplastado como un insecto y así, quizás, lograr algo de atención por parte del padre.

Pero antes de pasar al acto, arrojará del puente una canica que ocasionará un accidente automovilístico mortal matando a los padres y a un niño, dejando como única sobreviviente a una chica de su edad, Irene, afeada por una cicatriz y lisiada para siempre.

El chico huye despavorido, oculta su secreto y vive una pesadilla durante años, absorto en su culpabilidad. El lector intuye lo atroz de la situación, sobre todo que la relación con los padres irá empeorando. Con el tiempo el chico está obsesionado con Irene y la busca, se cree enamorado como una expiación/reparación de la monstruosidad de su acto. Hasta que la madre los encuentra en situación evidente y comprometedora, pero la madre e Irene ya intuían el porqué del comportamiento del chico.

El joven adolescente (lo acompañaremos hasta los 18 años) acabará siendo escritor y ganará un premio lo que lo acercará por fin al padre porque de esta manera se ha transformado en un personaje que el padre aceptará de leer.

Todos los protagonistas de esta novela son anti-héroes, seres comunes y corrientes atrapados en sus secretos y tormentos.

¿De qué va en definitiva este libro? Pues en palabras del propio Millás: “Por de pronto toda mi última novela está basada en la ambivalencia, en un complejo sentimiento de culpa: un adolescente provoca de la manera más tonta un accidente de tráfico de gravísimas consecuencias, y eso desencadena una culpa que remodela toda su vida”.

Y muy justamente escribía una bloguera « Juan José Millás nuevamente ha logrado escribir una historia tan redonda como una canica ». Vaya comentario tan a propósito.

MI VERDADERA HISTORIA, Seix Barral 2017,  ISBN 978-84-322-3242-8