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Millésime 54 d’Antoine Laurain

Millésime 54, le roman événement d'Antoine Laurain - Actualité ...

Antoine Laurain est un écrivain français (Paris 1972); avec son livre Le Chapeau de Mitterrand (2012) il connut un grand succès et le roman a été adapté pour la TV en 2015 par Robin Davis. Il va falloir le lire…

Le Service des manuscrits (2020) est le premier roman que je lui lis,  c’est un roman qui avait tout pour me séduire et m’intéresser autour d’une histoire qui montre l’envers du décor du monde de l’édition, mais l’histoire policière autour de ce décor m’a laissé une impression  mitigée; j’ai commenté le livre le mois dernier. Par le plus grand des hasards récemment, je suis tombée sur Millésime 54 et j’en ai profité pour le lire, alors que par principe j’évite de commenter deux livres du même auteur de façon rapprochée (en raison des répétitions, redites et peut-être une lassitude qui méjuge de la teneur/style du livre).

Millésime 54 (2018) est d’un registre bien différent, c’est un conte fantastique dans un contexte du feel good dont la propriété est de nous faire sentir mieux. C’est une lecture facile et bienveillante.

L’année 1954, paraît-il, fût riche en signalements d’OVNIs, ce qui a inspiré l’écrivain. Et 60 ans après nous n’avons toujours pas d’explication pour certains phénomènes (cela me rappelle une histoire d’OVNI incroyable vécue par des gens proches dans les années 1960 et dans des latitudes d’une totale solitude, las Torres del Payne, dans la Patagonie chilienne…).

L’écrivain, sur fond d’histoire d’OVNI , nous raconte une autre belle histoire autour de 4 personnages qui vont voyager dans le temps en partant de 2017 pour atterrir en 1954, et ce, après avoir bu une bouteille de bordeaux Château St Antoine, millésime 1954. Ces 4 personnages sont intéressants, parfois truculents et très différents.

Le voyage dans le temps sert pour nous raconter un Paris et la province des années 50 avec beaucoup de nostalgie et de drôlerie. Nous allons croiser des personnages très connus de l’époque où les gens communiquaient très bien.

C’est bien décrit, bien détaillé et cela nous permet de faire quelques comparaisons désolantes avec le temps présent sans tomber dans le passéisme.

Une lecture délicieuse qui délasse.

MILLÉSIME 54, J’ai lu N° 12251 (AL 2018),  ISBN 978-2-290-16929-2

Coule la Seine de Fred Vargas

Fred Vargas (auteur de Pars vite et reviens tard) - Babelio  Fred Vargas est le nom de plume de Frédérique Audoin-Rouzeau, écrivaine, archéo-zoologue et médieviste française (Paris 1957). Elle est connue pour ses polars mettant en scène le Commissaire Jean-Baptiste Adamsberg. Elle fait partie des 10 romanciers les plus vendus en France.

Cela faisait trop longtemps que je n’avais pas lu un Vargas et le dernier livre pour lequel j’ai écrit une fiche de lecture, c’est Sous les vents de Neptune (2004), le 4ème de la série avec le Commissaire Adamsberg, qui reçut le Trophée 813 francophone de la même année, adapté pour la TV en 2008 par Josée Dayan.  Dans ma fiche, j’ai donné une appréciation moyenne avec un polar un peu compliqué dont l’histoire se passe  entre Paris et Québec, peu crédible, mettant  en scène un meurtrier en série de toute une vie, traumatisé dans son enfance par une mère hautaine et un père souffreteux.

Coule la Seine (2002) c’est un recueil de 166 pages avec 3 nouvelles du Commissaire Adamsberg, histoires déjà publiées ailleurs : Salut et Liberté (1997), La nuit des brutes (1999) et Cinq francs pièce (2000). Les trois histoires mettent en valeur le Commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, un personnage atypique, flâneur, ayant une nette tendance réflexive et aux méthodes peu orthodoxes, flanqué de son deuxième (et anti-thèse), le Capitaine Danglard, un homme méthodique et scientifique adonné au vin blanc et à la bière.

Ce fût un régal de lecture avec des dialogues fantastiques, d’une fraîcheur et drôlerie avec un à-propos délicieux. Le cadre est très parisien et charmeur.

Je me suis régalée de ces trois histoires où les cas policiers n’étaient, en fait que des faire-valoir pour un langage fleuri, non dénué de profondeur, qui transpire l’amour envers l’humain. Je comprends l’engouement unanime du lectorat pour cette auteure.

COULE LA SEINE, Viviane Hamy 2002,  ISBN 978-2-087858-166-9

Entre mes mains le bonheur se faufile d’Agnès Martin-Lugand

Agnès Martin-Lugand - BabelioAgnès Martin-Lugand est une écrivaine française (Saint-Malo 1979) ayant une formation de psychologue clinicienne; elle a délaissé sa profession après six années d’exercice à Rouen dans le cadre de la protection de l’enfance, pour se consacrer à l’écriture. Son premier roman Les gens heureux lisent et boivent du café (2013) a connu un énorme succès (deux millions d’exemplaires vendus). Il est devenu un roman graphique en 2019. C’est une écrivaine très prolifique avec une publication par an; cela represente un travail considérable.

J’ai commenté dans ce blog Les gens heureux lisent et boivent du café en juin 2013, roman qui m’a laissé une impression de charme, une énorme admiration/épatement pour les circonstances de l’édition du bouquin et rien de plus. Le livre en 2013 inaugurait cette mode des photos en noir et blanc sur la couverture et aussi cette mode des titres looooongs dont on a du mal à mémoriser le tout (et la mode n’a pas complètement disparu je crois).

Entre mes mains le bonheur se faufile (2014) est son second roman. Je suis tombée par hasard sur le livre et j’en ai profité pour le lire car il faut toujours approfondir  l’impression sur un auteur afin de mériter d’en parler. C’est encore une lecture facile, dans la gamme littéraire du feel good, mais aussi un roman de formation où nous suivrons l’épanouissement  de l’héroïne, Iris, à travers le monde de la Haute Couture (trajectoire professionnelle et privée).

Ici l’écrivaine nous sert une histoire un peu comme un conte de fées, avec une écriture trop colloquiale et par moments carrément mièvre avec des personnages trop « stéreotypés » et une surabondance de clichés. Nous avons aussi un descriptif du monde de la Haute Couture et des salons parisiens avec la typologie des habitués (presque toujours les mêmes personnes qui se croisent).

Quelle est l’histoire ? C’est celle d’Iris, une petite Madame Bovary de province qui s’ennuie à mourir dans son rôle d’épouse d’un docteur très affairé professionnellement et sexuellement. La profession de docteur, cela est connu, connait un taux élevé de divorces (ou d’échecs) et l’on imagine parfaitement les raisons. De plus, Iris a été brimée dans sa vocation de styliste et de couturière (c’est la pire chose qui puisse arriver à une personne, je trouve) par ses parents d’abord puis par son mari. Bravant tout, Iris va partir seule à Paris pour se former et bien sûr, elle va connaitre le succès, car elle le mérite amplement. Iris est une ingénue et le prix à payer c’est qu’elle sera manipulée et trahie. Dans la souffrance elle va connaitre la rédemption et peut-être le bonheur.

Une lecture légère comme une bulle de champagne. C’est déjà pas mal, non?

ENTRE MES MAINS, Pocket 2014 (AML 2014),  ISBN 978-2-266-30280

Heather Mallander a disparu (1) de Robert Goddard

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Robert Goddard est un romancier anglais né en 1954 dans le Hampshire, auteur de romans policiers et de romans à énigmes. Il a étudié l’Histoire à Cambridge puis travaillé dans le journalisme, dans l’enseignement et dans l’administration scolaire avant de se consacrer exclusivement à l’écriture. Il possède une vaste bibliographie de plus de 28 romans parus depuis 1986, mais pour le moment seulement 10 ont été traduits en français et publiés par  Sonatine Éditions. Il a été redécouvert aux États Unis avec un grand succès. Actuellement l’écrivain vit en Cornouailles.

C’est un romancier qui se laisse lire, qui amuse et intéresse par ses intrigues pleines de rebondissements et souvent une conspiration longtemps gardée secrète dont la révélation va bouleverser une vie. C’est très délassant , il suffit de ne pas le lire les uns après les autres pour mieux les apprécier car son style se répète.

J’ai déjà commenté trois de ses romans dans le blog :  Par un matin d’automne ( In Pale Battalions, 1988) en juillet 2013, un roman  épais qui m’avait captivé par ses rebondissements incessants, un vrai page-turner, mon premier Goddard. Puis Le temps d’un autre (Borrowed Time, 1995) en janvier 2016 qui m’avait un peu moins séduite par un côté invraisemblable: cette espèce d’attraction maladive du protagoniste pour l’énigmatique Lady Paxton.  Les Mystères d’Avebury (Sight Seen, 2005) en juin 2017, un  « pur » Goddard et encore un page-turner construit autour de secrets avec un vrai tempo de thriller.

Heather Mallander a disparu (Into the Blue 1990) est le quatrième opus que je lis à R. Goddard. Il a reçu le Prix Smith Good Read Award et le Prix des Lecteurs 2013; ce livre forme partie d’une série chronologique de trois livres avec comme personnage principal Harry Barnett, suivi de Out of the Sun (1996) et de Never Go Back (2006), ces deux derniers non encore traduits en français. Heather Mallander a disparu a été porté à la TV anglaise en 1997  sous le  titre en anglais  par Jack Gold comme directeur.

Heather Mallander a disparu est une lecture de 700 pages très agréable, avec plein de personnages bien campés, des péripéties, des mystères et une trame si compliquée et riche en événements que la résumer c’est vous l’éventer.

Raconter l’intrigue ce serait spoiler le livre et c’est bien dommage parce que c’est tout l’attrait de cette lecture. Disons en gros que Heather Mallander est une belle anglaise de 27 ans venue soigner ses peines à Rhodes où Alan Dysart (député et sous secrétaire d’État) possède une belle maison gardée à l’année par Harold (Harry) Barnett. Ce Harry Barnett est un peu un anti-héros, falot à souhait, mais c’est lui qui mènera la danse. La belle Heather va disparaitre alors qu’elle se promenait avec Harry. Alors, tout accuse Harry qui mènera sa propre enquête à partir de photos laissées par Heather. Nous avons droit au déroulement de la dite enquête à la manière d’Agatha Christie où tous les personnages ont quelque chose à se reprocher; ici les personnages  sont assez bien campés et suffisamment différents pour que l’on s’intéresse à eux. Ils comportent tous une part de mystère avec parfois de la menace latente ce qui ajoute des petits frissons à la lecture.

Nous avons une histoire pleine de rebondissements qui se tient bien. Comme à son habitude Goddard apporte mystères et résolutions au fil des pages avec parfois un descriptif très long mais qui éclaire bien les lieux et les habitudes des habitants, même si par moments cette minutie descriptive lasse un peu.

J’ai été frappée par la médiocrité du personnage central, Harry Barnett, un profil si bas confronté à des situations hautes en couleurs et pleines de significations. Il y a une belle brochette de salauds en haut de l’échelle sociale, prêts à tout pour garder la mainmise sur les affaires. Et Heather Mallander dans ce récit? C’est une des figures féminines très énigmatiques jusqu’au dénouement final.

Une lecture épatante pour se distraire avec un argument complexe où l’auteur se fait plaisir pour nous égarer en conjectures. Mais toutes les astuces seront expliquées à la fin. Un autre aspect positif de ce roman, à mon goût, est le descriptif détaillé de l’entourage, que ce soit de l’Angleterre, de l’île de Rhodes ou de la Grèce. C’est très fouillé  et cela me rappelait le divin Balzac et ses descriptifs.

C’est un autre « pur » Goddard avec tous ses ingrédients favoris: mystères, secrets, sentiments variés, études de moeurs, bon ancrage géographique. Dans celui-ci il y une énigme assez prenante et insidieuse. J’ai trouvé la fin assez gore. Et par association d’idées, je n’ai pas cessé de penser à l’excellent film A couteaux tirés (2019) de Rian Johnson, un régal. Et dont on annonce une suite pour 2021.

Into the Blue Poster

 

 

HEATHER MALLANDER, Livre de Poche N°32874, 2013(RG 1990),  ISBN 978-2-253-16953-6

Transparence de Marc Dugain

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Marc Dugain est un scénariste et romancier français né au Senegal en 1957. Son oeuvre est vaste et variée.

J’ai découvert cet auteur avec son livre La Malédiction d’Edgar (2005) qui narre de façon brillante l’hégémonie de John Edgar Hoover au sein du FBI pendant 48 années, un livre très documenté qui se lit comme un thriller et qui laisse pantois. J’ai tellement apprécié le livre, que j’ai eu envie de lire d’autres livres de Dugain. Ainsi, j’ai lu dans la foulée : le très primé La chambre des officiers (1999) qui raconte l’histoire de son grand père « gueule cassée », défiguré par un obus le premier jour des combats ! ; Campagne anglaise (2000), un roman assez original; Heureux comme Dieu en France (2002) que j’ai trouvé admirable, sur la Résistance, dans le style si limpide de Dugain; Une exécution ordinaire (2007) autre livre assez intéressant qui narre encore un sujet difficile, celui de la pérestroïka et du monde des sous-mariniers (une élite) avec l’accident du sous-marin Oskar en mer des Barents avec 123 morts, sur fond de corruption; Ils vont tuer Robert Kennedy (2017)  intéressant aussi et très documenté que revisite l’histoire des années 60 et que reprend cette presque obsession de Dugain pour la famille Kennedy.

Transparence (2019) m’a laissé un relent de tristesse, c’est une dystopie avec une teneur assez proche d’une réalité actuelle.

Dans cette dystopie le texte est écrit par une femme condamnée par une maladie grave et qui choisira de disparaitre sans laisser de traces vers les années 2068. Cette femme est une folle illuminée, une sorte de Cassandre sans ses ébats, et diaboliquement intelligente,  manipulatrice, qui a fait fortune en montant une société appelée Transparence qui permettait de choisir un partenaire en se servant d’un logiciel riche de données très personnelles (QI, psychologie, goûts, profil ADN, sexualité, etc); le cross-match de ces données permettait de profiler les gens  et les apparier dans les meilleures perspectives de réussite. Riche de cette expérience très lucrative elle va se revêtir de dons messianiques pour fonder avec autre 12 partenaires très choisis, une autre société appelée Endless, un programme qui permet l’immortalité sans la possibilité de se reproduire à condition d’être « choisi » par ce programme. A partir de cette idée fumeuse, elle et ses acolytes vont monter une  escroquerie à l’échelle planétaire grâce à leur collection de millions de données…

À l’ère de la globalisation  sauvage, toute la planète tomberait dans le panier y compris la toute puissante Google qui travaille sur l’IA et le concept d’immortalité. Ainsi, pour cette folle illuminée, la planète Terre pourrait être dominée par LA Révolution Numérique et ses effets pas toujours profitables pour le commun des mortels.

Le scénario fait froid dans le dos car les humains apparaissent plutôt comme des inhumains mus exclusivement par l’appât du gain et rien d’autre avec notre planète transformée dans une vaste poubelle destinée à une inéluctable disparition. On lit aussi une critique acerbe envers l’actuel Président des EEUU car l’année 2020 est très souvent citée en référence; dans ce texte, Donald Trump est appelé « le Peau-Rouge des Blancs suprémacistes » qui flatte les instincts les plus vils d’une partie considérable de ses concitoyens, un Trump, un  escroc de l’immobilier devenu présentateur de télé-réalité.

Un livre assez cérébral, totalement dénué de sentimentalité où émerge le spectre terrifiant du réchauffement climatique.

TRANSPARENCE, Gallimard 2019,  ISBN 978-2-07-279703-3

Le Service des manuscrits d’Antoine Laurain

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Antoine Laurain est un écrivain français (Paris 1972) dont Le Service des manuscrits est déjà sa 8ème publication.  Avec Le Chapeau de Mitterrand (2012) il connut un grand succès et le roman a été porté à la TV en 2015, adapté par Robin Davis.

Le Service des manuscrits (2020) est le premier roman que je lui lis et  c’est un roman qui avait tout pour me séduire et m’intéresser autour d’une histoire qui montre l’envers du décor du monde de l’édition avec ses lectrices et lecteurs. Qué de détails intéressants sur des partenaires dont on fait peu allusion et dont le travail doit être, pour le moins, assez éreintant. On lit par exemple,  que 2 millions de français rêvent d’être publiés, alors que la plupart n’écriront jamais un livre: tous ces livres fantômes forment une sorte de matière gazeuse qui entoure la littérature comme la couche d’ozone la Terre (page 12). Et tout de même cinq cent mille refusés par an ! toutes maisons d’édition confondues et les trois quart des auteurs désirent récupérer le précieux exemplaire.

Je lis dans ce livre qu’il y a trois signes pour noter les manuscrits : un carré pour les refusés, un croissant de lune pour un texte qui retient l’attention et un soleil pour la pépite à publier.

Ici l’histoire bascule sur un cas policier certes, assez original, mais qui ne m’a pas convaincu surtout lors de la résolution du cas : une éditrice reconnue, Violaine Lepage,  reçoit un manuscrit sous le titre de Les fleurs de sucre qui décrit des meurtres qui vont se reproduire dans la réalité; ce manuscrit est sélectionné pour le Goncourt, mais on n’arrive pas à démasquer l’auteur…Ce roman Les fleurs de sucre est un livre porté en abîme (roman dans le roman) et l’axe même du livre d’Antoine Laurain.

Lecture légère, agréable avec une certaine originalité dans le montage mais qui m’a laissé une impression mitigée, en raison d’un certain flou autour de l’histoire policière.

LE SERVICE DES MANUSCRITS, Flammarion 2020,  ISBN 978-2-0814-8609-6

Vie de Gérard Fulmard de Jean Echenoz

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Jean Echenoz est un écrivain français (Orange 1947) qui a fait des études de Sociologie et de Génie civil. On lui a décerné le huitième Prix BnF (2016) pour l’ensemble de son oeuvre. Sa technique d’écriture est particulière car il alterne les figures de style, les jeux de mots, l’ambiguïté et use d’un symbolisme autour des noms propres de personnages. On dit aussi qu’il écrit des romans géographiques car on voyage beaucoup en le lisant. Il a su décaler son univers romanesque vers la sotie ou vers les récits excentriques à la façon d’un Sterne ou d’un Diderot, d’un Perec ou d’un Queneau. C’est un romancier inventif, un champion de la toponymie, un « nouveau romancier » mais pas  un romancier nouveau.

C’est le septième livre d’Echenoz dans ce blog et sa lecture a été toujours un plaisir renouvelé, car ses sujets varient beaucoup. Le dernier lu fût Des Éclairs (2010), dernier d’une trilogie  avec Ravel (2006) et Courir (2008); j’ai trouvé Des Éclairs très bon.

Je commence à lui trouver une petite ressemblance avec Jean-Paul Dubois, tous les deux très éclectiques et pince-sans-rire, avec une petite nuance il me semble : Dubois approfondit un peu plus la psychologie de ses personnages. Je suis fan de tous les deux.

J’ai trouvé que Vie de Gérard Fulmard est un bon Echenoz, un bon exemple de sotie à la sauce moderne,  c’est un plongeon en Echenozie qu’il faut lire au deuxième degré. Le personnage de Gérard Fulmard, un super anti-héros, m’a paru un peu évanescent (Fulmard= fumiste?), assez insaisissable et inapte à monter une telle affaire.

C’est l’histoire d’un steward assez nullard qui est banni de sa compagnie aérienne et nous ne saurons jamais le pourquoi du bannissement. Se retrouvant au chômage forcé, il se démène pour monter un business lucratif avec ses pauvres moyens de bord.

Le bonhomme va tomber dans un complot où il va jouer le rôle du justicier pour des gens qui n’ont absolument aucun scrupule. Dans quel milieu se trouvent ces gens ? Dans la politique, étant tous inscrits à un petit parti qui ne fait que du 2% d’électorat, mais qui néanmoins agit comme une vraie mafia avec ses sbires, ses caisses noires, et même ses assassins (Oh là là là).

La teneur du livre m’a paru assez floue, mais le récit est mené de main de maître par quelqu’un qui sait manier la langue française avec panache et beaucoup d’humour. Sapristi quelle écriture.

Et sous ces décors en carton pâte sentant les bons ripoux, il en suinte quelques vérités et malheureuses évidences sociétales qui ne sont pas toujours agréables à entendre.

VIE DE GÉRARD FULMARD, Les Éditions de Minuit 2020,  ISBN 978-2-7073-4587-5