Archive | avril 2016

Condor de Caryl Férey

Résultat de recherche d'images pour "caryl férey"Caryl Férey est un auteur français (Caen 1977) de polars,  je dirais de polars « musclés » aux titres accrocheurs et lapidaires comme Zulu, Mapuche, Utu et maintenant Condor. Ses polars ont aussi la particularité de se passer ailleurs, loin de l’hexagone, probable corollaire du profil de vrai baroudeur de Férey : l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zelande, l’Argentine, et maintenant le Chili. La qualité de sa documentation est excellente; je me suis aperçue de cela en lisant Zulu car après avoir lu des livres du sud-africain  pure souche (et motard patenté), qui est Deon Meyer, j’ai trouvé que Férey va plus loin dans le descriptif sans pitié d’un pays en voie de déliquescence accélérée. Puis j’ai lu Condor qui se passe  au Chili, un pays que je connais un peu;  je suis admirative par la capacité de Férey de capter une foule de détails ataviques aux chiliens.

C’est le plus grand des hasards qui m’a fait lire deux polars de Caryl Férey presque à la suite. Il se trouve que je souhaitais le lire afin de le découvrir après avoir lu quelques critiques plutôt élogieuses; je l’avais noté sur ma PAL, et  réservé Zulu dans une bibliothèque. Ma réservation a abouti la même semaine que la sélection pour une rencontre avec Caryl Férey et de son dernier livre, grâce à Babelio et à l’éditeur Gallimard. Qu’ils soient tous les deux chaleureusement remerciés ici.

C’est un polar plein de fureur et de violence autour de Camila et de son amie de coeur Gabriela dans un contexte de drogue, de violence urbaine, de corruption, en commençant par la police. Camila est une leader universitaire contestataire, très charismatique, très médiatisée. Gabriela étudie le cinema, elle est d’origine modeste et de surplus, indienne mapuche, ce qui, au Chili,  ajoute une connotation négative dans les strates sociaux qui sont assez fermés, avec leurs codes où prime le paraître avant l’être, la couleur de la peau , puis le code du langage, et le code vestimentaire, puis beaucoup d’autres codes uniquement repérables sur place. Caryl Férey a poussé l’humour dans le récit jusqu’à appeler l’un de ses principaux personnages Camila, prénom qui nous rappelle la Camila de chair et d’os, l’ex activiste universitaire, aujourd’hui sénatrice, Camila Vallejo, qui s’est illustrée récemment par un scandale national en se présentant au Sénat, lors des débats, avec son bébé de quelques mois: tout l’hémi-cycle l’a invectivée en lui signifiant que l’argent qu’elle touchait de l’État lui permettait largement de se payer une nounou…

Ce polar tourne autour des bas fonds (las « poblaciones »), de la drogue. La politique est aussi omniprésente car les chiliens sont loin d’avoir tourné la page avec la dictature, et les dissensions sautent et s’enveniment à la moindre occasion. Dans ce livre des enfants démunis et plus ou moins abandonnés s’adonnent ou dealent de la drogue. Il me semble que la situation n’est pas aussi noire et désespérée que Férey le dit. Au Chili les enfants ne sont pas facilement abandonnés et laissés pour compte. Cela tient au rôle de la femme, un rôle matriarcal assez fort, mais aussi le rôle important de la famille et de la religion catholique prépondérante , surtout au sein des classes défavorisées.

Ce sont deux livres de Caryl Férey, Zulu et Condor qui mettent des enfants en scène en situation de souffrance. Cela m’incommode (est-ce aussi le cas dans les autres polars de Férey?).

Au passage, et sans vouloir m’ériger en critique du livre, j’ai relevé deux nuances de « gringo ». D’abord sur le sacrosaint dicton des chiliens chaque fois que la « chilénité »  est évoquée, leur cri de guerre, toutes classes confondues : « Viva Chile, Mierda ! » et non « Viva el Chile, mierda »(page 15), même si les chiliens ont la fâcheuse habitude de flanquer le partitif partout, aux objets et aux noms propres (comme les diminutifs et les superlatifs) : la Camila, la Gabriela, el « huevón » et ainsi de suite. Puis, vers la fin du livre, l’auteur parle des « animitas » qui est traduit par « petites âmes »; non, les « animitas » ce sont des revenants, des fantômes qui rôdent autour de l’endroit où il y a eu un accident, une tragédie avec mort/s (les gens ont la coutume de planter des croix à l’endroit du drame et de déposer des fleurs, le plus souvent en papier, In memoriam). La pampa chilienne, la vaste pampa du désert d’Atacama est littéralement semée d’animitas qui, sans forcément contenir les restes, portent seulement le souvenir du lieu où a eu lieu le malheur.

Voilà, deux livres de Férey lus coup par coup (j’avoue que ce n’est pas du tout l’idéal pour la publication dans un blog). Le style direct et agile de Caryl Férey aide à la lecture, surtout avec des chapitres  courts, presque cinématographiques. Mais une fois de plus le contenu du polar me paraît dur, très noir, voire désespéré et en ce qui concerne ce livre en particulier, je ne reconnais pas le Chili que je connais, même si je note la grande quantité de « chilénismes » qu’on a su insérer dans le texte.

CONDOR, Gallimard Série Noire 2016,  ISBN 978-2-07-014352-8

El equilibrista de Andrés Neuman

Afficher l'image d'origineAndrés Neuman es un escritor argentino (Buenos Aires 1977) afincado en Granada, España,  donde se licenció en Filología Hispánica. Su especialidad son los relatos breves y los aforismos que él maneja con maestría. Su bibliografía comienza a ser contundente ; he reseñado en este blog cuatro de sus publicaciones. Tengo muchas ganas de leer El viajero del siglo, libro que fue premiado y que pude leer en francés, pero prefiero, de lejos, leerlo en la lengua vernácula.

Este joven escritor ha sido destacado entre los 7 mejores escritores argentinos y entre los 22 mejores latinoamericanos por la Revista inglesa Granta. Felicitaciones.

El equilibrista es un precioso librito de apenas 140 páginas con aforismos, pensamientos y microensayos que se leen  bien y que hay que saborear. Yo cerraba los ojos y trataba de aplicar lo leído a mi experiencia. Me pregunté varias veces cuánto tiempo de reflexión por aforismo le costó al escritor; probablemente bastante tiempo hasta afinar el concepto, contrastando con la voracidad de lectura del lector …

Hice una pequeña selección de aforismos, totalmente subjetiva y personal. Aquí va…

Nos hacemos mayores cuando nos damos cuenta de lo fácil que resulta que las cosas salgan mal.

Toda sinceridad tiene su dosis de demagogia.

Amar es una obra de arte.

Hay más literatura en la vida de cualquier lector que en las lecturas de cualquier vida.

Corregir es el aprendizaje más terrible: ¿cómo es posible que, para escribir apenas un poco mejor, tengamos que entender que escribimos tan mal?

EL EQUILIBRISTA, El Acantilado III (2005),  ISBN 84-96489-07-8

Partition amoureuse de Tatiana de Rosnay

Tatiana de RosnayTatiana de Rosnay est une écrivaine franco-anglaise né en France en 1961. Elle a aujourd’hui une bibliographie  importante, et ses livres sont rarement épais (et c’est tant mieux!); je les ai lus presque tous car ils me plaisent par le style fluide et direct. Dans ce blog j’ai déjà publié six commentaires sur ses publications. Son dernier livre, la biographie de Daphné du Maurier (Manderley for ever) parue en 2015, était éblouissant d’intelligence.

Le dîner des ex, paru en 1996 a été rebaptisé Partition amoureuse (quelle est cette manœuvre éditoriale pour rebaptiser les livres ?), un court roman d’à peine 200 pages, écrit comme à l’accoutumée, c’est à dire dans un style concis, sans fioritures pour nous narrer la vie de Margaux, une chef d’orchestre de 40 ans qui fait le point sur sa vie amoureuse sous la forme d’une lettre  adressée à Max, un ex mari décédé, chef d’orchestre comme elle et qui l’a rendue heureuse malgré leur énorme différence d’âge ( 20 années). En faisant le point sur sa vie amoureuse elle a l’idée saugrenue de réunir les hommes qui ont compté dans sa vie dans un dîner où elle trônerait telle la reine mère…

C’est la première fois que je ne suis pas emballée par un livre de cette auteure. Son style me plaît toujours autant et je trouve qu’il est reconnaissable entre tous, mais cette fois je n’ai pas adhéré au personnage de la chef d’orchestre que j’ai trouvé faite en carton pâte, imbue d’elle même, décidant et tenant peu compte des gens autour d’elle. Un roman assez nombriliste, peu intéressant à mon goût; car en dehors de Margaux, les personnages sont peu approfondis, humainement peu intéressants, seule parmi eux, brille  Margaux, la reine de la ruche.

PARTITION AMOUREUSE, Livre de Poche 34017 (2015),  ISBN 978-2-253-06610-1

EL WHISKY de los POETAS de Jorge Edwards

Afficher l'image d'origineJorge Edwards Valdés es un gran escritor chileno (Santiago 1931) que estudió leyes, siguiendo después la carrera diplomática que culminó con el puesto de Embajador de Chile en Paris. Ha recibido numerosos premios siendo el Cervantes 1999 el más prestigioso. Actualmente reside en Madrid.

Son once libros que he reseñado de este autor en el blog (pronto le habré leído la bibliografía completa…), no haré la enumeración porque puede resultar majadero. Es un autor que me gusta muchísimo : el estilo elegante, el humor irónico, su atavismo chilensis. El ultimo libro reseñado fue Fantasmas de carne y hueso en marzo 2016.

En este libro tenemos un compendio de crónicas que datan de 1968- 1996; la crónica es una veta conocida y apreciada del escritor. Las crónicas fueron escritas para periódicos como La Tercera o El Mercurio de Chile o La Vanguardia de Barcelona u otros. La crónica no tiene por qué ser tributaria de los acontecimientos del día. La crónica es un género literario más : un género conciso y digresivo, burlón y poético, situado a mitad de camino entre el ensayo, el epigrama, el reportaje, dice Jorge Edwards.

La temática de estas crónicas es muy variada con la preponderancia de temas políticos y literarios, también los viajes. Prefiero de lejos leer lo que Edwards escribe sobre literatura porque conoce bien el tópico y es un lector avezado. Las otras crónicas no me interesaron, más bien me aburrieron. Es el primer libro del escritor que me atrae tan poco.

En el prólogo de la edición de 1997, revisado en 1996, Jorge Edwards arregla cuentas con el lector chileno : …el lector chileno, que no es capaz de elogiar sin añadir su dosis de pesadez o de ponzoña, como para quedar en paz con su conciencia inquisidora, suele decirme : « Tus crónicas me gustan más que tus obras de ficción, las que en verdad, para serte franco, no me gustan nada ». Es el sistema del elogio compensado y debidamente neutralizadoEn Chile tenemos el prurito provinciano de las comparaciones. Nuestros novelistas no están a la altura de los del Perú o de Colombia. La admiración histérica de todo lo que tiene consagración internacional y el menosprecio à priori de lo que se crea en Chile son dos caras de una misma medalla, de una misma incapacidad de crítica.

Aprecié particularmente la citación (una oración) de Gesualdo Bufalino, el escritor siciliano en Argos el ciego : »¡Odiable, amable vida! Cruel, misericordiosa. Que caminas, caminas. Y estás ahora entre mis manos : una espada, una naranja, una rosa. Estás, no estás : una nube, un viento, un perfume…Vida, cuanto más languidece tu fuego más lo amo. Gota de miel, no te caigas. Minuto de oro, no te vayas! ».

Una lectura accesoria dentro de la bibliografía del literato Edwards.

EL WHISKY DE LOS POETAS, Alfaguara Bolsillo 1997 (Jorge Edwards 1994),  ISBN 84-204-2891-4

Zulu de Caryl Férey

Afficher l'image d'origineCaryl Férey est un écrivain et scénariste français (Caen 1967), spécialisé dans le roman policier. Sa carrière littéraire a démarré en 1994 avec Un ange sur les yeux.Zulu

Zulu a obtenu le Grand prix de littérature policière 2008 ainsi  que au moins 7 autres prix. Le livre s’est vendu à plus de 200 000 exemplaires et il a été adapté au cinéma en 2013 par Jerôme Salle.

J’avais noté sur ma PAL q’il fallait lire Caryl Férey, ayant croisé son nom plusieurs fois, ce qui avait déclenché une certaine curiosité pour le lire, afin de me faire une opinion bien à moi. Le hasard des choses a fait que finalement j’ai lu deux livres de Férey presque à la queue leu-leu : celui-ci et Condor, tout récemment paru. Ce n’est pas l’idéal pour un blog car la répétition conditionne quelque part l’intensité de la critique, les défauts semblent plus apparents.

Zulu est un polar très noir (au propre comme au figuré), très inhumain, violent, gore par moments, désespéré et qui nous donne un reflet de la société sud-africaine actuelle, une société sans repères, telle qu’elle a été appréhendée  par Caryl Férey, dans le pays le plus dangereux au monde;  l’écrivain a dû se documenter à fond car il traite beaucoup de sujets : l’appartheid,  la politique, les problèmes socio-économiques, la criminalité effarante, les problèmes d’éducation, la surpopulation endémique, le taux catastrophique de SIDA, etc.

On ressort de cette lecture comme tatouée, marquée au fer rouge écrivait avec justesse Mac Oliver…car la réalité du terrain dépasse les bornes de l’acceptable : haine, vengeances, pouvoir, corruption à tous les niveaux, drogue, pauvreté, sida (20% de la population serait porteuse du virus), ghettos noirs mais aussi blancs, gangs d’une férocité sauvage, prostitution, injustice, bidonvilles qui sont des no-man lands, essais cliniques sans contrôle et sans limite pour des drogues ou des virus sélectionnés. L’enquête sordide menée par une police sud-africaine atone et inefficace est aussi riche en hémoglobine qu’un film de Tarentino. C’est une Afrique du Sud rongée de l’intérieur, pas cicatrisée du tout et bouffée par mille misères, avec un taux de criminalité qui donne le vertige. C’est une virée en enfer et une radiographie d’un pays en état de décomposition dans tous les strates.

Aucune envie d’aller faire du tourisme dans un tel contexte qui agit comme un répulsif pour les touristes éventuels, même si les lieux géographiques sont très beaux et intéressants. Les romans de Deon Meyer, lui sud-africain de pure souche, paraissent édulcorés à côté de celui-ci (trois romans de Deon Meyer commentés dans ce blog).

Sans vouloir déflorer le sujet de ce polar intense, je note que l’écrivain s’aide de quelques personnages centraux assez pittoresques;  il va nous entraîner dans la résolution de plusieurs cas criminels avec le même profil : l’assassinat sauvage de jeunes blanches sur fond de drogue. Le chef de la police criminelle, Ali Neuman, est un avocat d’origine zouloue qui a subi avec sa famille des exactions d’une sauvagerie inouïe. Les collègues de Neuman sont aussi des êtres éprouvés par le destin, avec de véritables histoires à l’intérieur de l’histoire principale. C’est palpitant et complexe, c’est dévastateur.

Un avant goût du niveau de la prose…(page 197) une porte menait au sous-sol ; Epkeen se pencha sur les marches et porta aussitôt la main à son visage. L’odeur venait de là : une odeur de merde. Une odeur de merde humaine, épouvantable…Il poussa l’interrupteur et retint son souffle. Un essaim de mouches bourdonnait dans la cave, des milliers de mouches. Il descendit les marches, le doigt crispé sur la détente. Le sous-sol couvrait l’étendue du bâtiment, une pièce aux ouvertures calfeutrées où régnait une atmosphère de fin du monde. Il frémit, les yeux glacés, compta trois cadavres sous la nuée : deux mâles et une femelle. Leur état affreux rappelait les cobayes de Tembo. Scalpés, les membres arrachés, ils baignaient dans une mare de sang coagulé, noyés de mouches. Des corps difformes, éventrés, sans dents, le visage lacéré, méconnaissable. Un champ de bataille en vase clos…

Ai-je aimé ce polar ? Non, trop gore, trop inquiétant, trop désespéré. Même si je reconnais à l’auteur un bon travail de documentation et une écriture « musclée » assez cinématographique. Aucune envie de voir le film.

ZULU, Série Noire Gallimard 2008,  ISBN 978-2-07-012092-5

Nuevo plano de la ciudad secreta de Ignacio Martínez de Pisón

Afficher l'image d'origineEscritor y guionista español, nacido en Zaragoza en 1960 y residente en Barcelona desde 1982. Autor traducido en varios idiomas y cuya escritura me encanta porque es diáfana, pulcra y el escritor sabe contar. Nuevo plano de la ciudad secreta obtuvo el Premio Gonzalo Ballester 1992; es el sexto libro que reseño de este autor y nunca su lectura me ha defraudado ; esta es una novela de aprendizaje en todo su esplendor donde seguiremos los pasos de Martin Salazar desde su adolescencia hasta la madurez,  enamorado toda su vida de su venenosa prima Alicia que lo manipulará durante años.

Existe una frase  que dice  « todo se paga en la vida » y algo de cierto tiene porque en esta novela después de tantos tumbos en la vida de Martin, tendremos un estoque final magistral. Sale a relucir en esta novela el papel importante que juegan los primos y allegados en la educación sentimental y hasta sexual de los adolescentes en general.

La primera parte funciona como un libro de relatos con capítulos autónomos, capítulos que serán luego subordinados al conjunto. Martínez de Pisón permite que se explore situaciones y vivencias relativas al paso de los umbrales infancia /adolescencia/ madurez y su prosa de 1992 conlleva innovación y modernidad, intensidad psicológica, ambigüedad, perversión mental.

El narrador, Martin Salazar, llega a la ciudad a buscar un nuevo territorio para asumirse fuera del círculo familiar; el personaje se nos muestra encerrado en si mismo, inquisitivo y casi masoquista. Siempre enamorado de la prima Alicia que sólo explota su belleza para avanzar en la vida, pero que terminará en víctima de sus propios devaneos (justicia inmanente?). Porque tras su belleza sólo existe convencionalismo, apariencias, mentiras, falso individualismo, falsa libertad, falsa rebeldía. Alicia provoca amor/ desamor en Martin y esto es el hilo argumental de la novela. Martin alcanzará la madurez y una identidad cuando descubrirá y será consciente que ha sido manipulado por Alicia.

Los personajes secundarios de la novela son interesantes. Están sobrecargados en sus rasgos, son casi todos anómalos como Javier Salazar, el hermano paralítico de Martin, las perversas gemelas Cerón, el mago Petroff, el tío Luis, etc.

La literatura de Martínez de Pisón es una literatura de imágenes que muestra al escritor como un mirón que ve, observa y cuenta. La mirada es el elemento mayor en la narrativa de este autor, él sabe la importancia de la mirada en el proceso de comunicación humana por su intensidad y penetración en lo más hondo de la realidad. El autor nos habla de lo atraídos que nos sentimos por lo inalcanzable y el valor que le damos a ésto.

Y hay mucho humor, sobre todo al final, para quitar solemnidad a lo narrado.

Un gran autor español.

NUEVO PLANO, Anagrama 1992,  ISBN 84-339-0936-3

Miniaturiste de Jessie Burton

Afficher l'image d'origineJessie Burton est une comédienne et écrivaine anglaise (Londres 1982) diplômée d’Oxford; ses auteurs de prédilection sont Jane Austen et Margaret Atwood. Jessie Burton prépare déjà la publication d’un deuxième roman pour juin 2016 sous le titre probable de The Muse, un roman portant sur 30 années qui vont de la guerre civile espagnole à Londres 1967, avec 4 héroïnes articulées autour de tableaux égarés (…comme quoi l’art est vecteur de fiction).

Miniaturiste (The Miniaturist, 2014) est le premier livre de Jessie Burton et un vrai coup de maître : il fut best-seller en Angleterre, tiré à 400 000 exemplaires,  ayant été traduit dans plus de 34 langues, et ayant obtenu plusieurs prix. Les droits ont été déjà achetés par Company Pictures de Londres pour en faire une adaptation pour la télévision.

C’est une lecture très agréable,  avec une histoire atypique et assez originale, qui nous promène dans la ville d’Amsterdam au XVII siècle. Il faut savoir que ce roman historique a nécessité plus de 4 ans de travail de documentation de la part de l’écrivaine. L’originalité de l’histoire réside dans le choix d’un sujet historique (la ville d’Amsterdam vers 1686 à l’apogée de sa puissance marchande) avec un point de vue transgresseur et moderne:  d’une part l’homosexualité et d’autre part le choix de sa propre destinée par une jeune fille de 18 ans au sein d’une société très peu tolérante. C’est à mon avis la balance de ces deux pôles qui rendent ce livre accrocheur.

L’écrivaine a imaginé cette histoire en regardant une maison de poupée conservée au Rijksmuseum d’Amsterdam (voir photo jointe) ayant appartenu à Dame Petronella Oortman, une maison miniature évaluée une véritable fortune à son époque (10 000 florins), bien plus qu’une vraie maison de ville de petite taille meublée qui se payait  alors 900 florins…Cela donne la grandeur de cette véritable folie réservée à una classe ayant un pouvoir d’achat considérable.

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Ce roman me rappelle un autre roman, celui de Tracy Chevalier publié en 1999, La jeune fille à la perle d’après le tableau de Johannes Vermeer, peint vers 1665, où Tracy Chevalier a inventé toute une histoire à partir du reflet sur la perle de la pièce où se trouve la jeune fille. Le film tiré de ce livre par Peter Webber en 2003 était tout simplement somptueux, chaque image étant un véritable tableau flamand avec des clairs/obscurs épatants.

Miniaturiste est un livre assez épais : 500 pages pour nous narrer la vie de la jeune Petronella Oortman d’à peine 18 ans arrivée à Amsterdam pour épouser un riche marchand de la guilde, de 20 ans son aîné. Cette ville au XVII siècle est très fermée sur elle même; la religion protestante régit de façon austère la vie des marchands groupés en guildes;  ces marchands constituaient une bourgeoisie qui vivait de façon opulente avec beaucoup de serviteurs et qui avait, grâce à leur commerce, toutes les marchandises luxueuses de l’époque : bois précieux, soieries, porcelaines, orfèvrerie, tableaux, tapis, etc . Cet aspect extérieur des choses contraste avec un aspect intérieur plein de secrets, d’imagination et de créativité. Il y a aussi un côté polar dans ce livre dû au personnage qui fabrique les miniatures qu’on envoie à Petronella pour orner et équiper sa maison miniature, personnage  sur lequel nous ne saurons pas tout.

Il ne faut pas dévoiler les secrets de cette famille amstellodamoise car elle constitue la surprise et la tension dramatique du récit; l’ histoire  est très bien menée; elle maintient le lecteur en haleine jusqu’à la fin…

Ci-après un lien de youtube pour ceux qui voudront en savoir un peu plus sur ce succès de librairie:

MINIATURISTE, Gallimard (Le monde entier 2015),  ISBN 978-2-07-014422-8