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Educar a los topos de Guillermo Fadanelli

Guillermo Fadanelli - Inicio | Facebook Guillermo Fadanelli es un escritor mexicano (Mexico DF 1960) con una obra en buena parte autobiográfica y en un estilo que han calificado de satírico-belicoso. Es autor de aforismos, cuentos, novelas y ensayos. En su obra, los temas recurrentes son el pesimismo, la ciudad, la ironía y el escepticismo.

Educar a los topos (2006) es una novela de aprendizaje donde el autor narra la traumatizante experiencia de haber sido inmatriculado a los 11 años en una escuela militarizada donde primaba la bestialidad más primitiva. Su padre tomó esta decisión de manera arbitraria con un niño que no presentaba ningún tipo de dificultad en su desarrollo. Y Guillermo Fadanelli saca la conclusión de que en vez de corregirse (de qué?), se hizo más cínico (el precio que se paga por la sobrevivencia ?). ¿Y la inocencia mancillada de esos niños? Hete aquí lo que piensa el escritor…los niños conocen tan bien o mejor que sus padres el negocio de humillar a los otros: la inocencia infantil es un cuento de hadas que los adultos se cuentan a sí mismos para tranquilizarse, un eufemismo.

No es una lectura que me gustó porque el contenido no logró despertar mi interés. El libro está muy bien escrito en un español lejos de todo coloquialismo mexicano. Estoy de acuerdo que tomar una decisión así con un crío es casi criminal, ya se han visto otras atrocidades y/o aberraciones cometidas con los niños en este valle de lágrimas.

A los 11 años Guillermo Fadanelli ingresa a una escuela militarizada donde sufrirá humillaciones y vejaciones diarias que hacen parte « de la normalidad » en un mundo de brutos ignorantes a lo que le llaman « educación a la dura »  y que, in fine, produce una distorsión del alma.

El libro está escrito con una originalidad temporal que consiste en narrar la triste aventura del joven Fadanelli y súbitamente pasar al entierro de su madre (el padre ya ha muerto). Él es el hijo mayor lo que conlleva cierta responsabilidad en el acto, pero el lector siente ese resquemor, ese velado resentimiento hacia la actitud de los padres, que por lo demás (y por suerte), no duró más de 2 años en razón de un grave incidente acaecido en la insigne academia…

¿Y los topos del título ? La palabra topos aparece varias veces en el relato cuando los padres salen definitivamente de la casa de la abuela paterna que los había hospedado durante años, para instalarse en una casa construida con mucho esfuerzo en un barrio nuevo, todavía rural (Cuemanco, al sur de la capital)  donde los campos colindantes estaban asolados por manadas de topos y donde los dichos topos asomaban la cara para mirar al niño mientras leía y otras veces, cuando los padres tenían violentas disputas, los hijos se hubiesen guarecido dentro de los agujeros que los topos cavaban en el jardín, hendiduras enormes que el padre no había logrado hacer desaparecer. La última frase del libro conlleva un pensamiento hacia su madre, qué algo luchó para defenderlo y sacarlo de la escuela militar y que le había pedido un favor que él no cumplió…siento angustiosos deseos de volver a poner las cosas en su lugar, pero es demasiado tarde porque sé que no lo haré, que las horas que han pasado después de cubrir el catafalco de tierra son ya intransitables, puentes caídos, túneles de topos sin salida.

EDUCAR A LOS TOPOS, Anagrama 2006,  ISBN 968-867-311-0

L’Adversaire d’Emmanuel Carrère

L'adversaire, Emmanuel Carrère - Réseau Canopé

Emmanuel Carrère est un écrivain, scénariste et réalisateur français (Paris 1957), diplômé de l’Institut d’Études Politiques. C’est le fils de la distinguée russologue française et académicienne Hélène Carrère d’Encausse qui a des origines russes,  ce qui explique en partie son engouement pour la Russie.

J’ai lu son livre Limonov (2011) qui a reçu plusieurs prix dont le Renaudot 2011, c’est  une biographie romancée du polyfacétique personnage russe réel Édouard Savenko, un livre très intéressant à lire.

L’Adversaire (2000) m’a été chaudement recommandé et je suis d’accord car c’est une lecture qui apporte un point de vue intéressant sur une affaire criminelle qui a commotionné la France en 1993, l’affaire Jean-Claude Romand, le quintuple assassin. C’est un livre-récit de non-fiction, considéré comme un rapport par l’auteur et aussi comme un livre jumeau de son autre livre La classe de neige (1995), qui a été écrit après l’abandon d’une première écriture de L’adversaire où Emmanuel Carrère intègre l’image de l’enfance de Jean-Claude Romand pour essayer de comprendre ce qui avait fait naître la personnalité du futur criminel et où il va éprouver une certaine empathie pour un enfant a qui l’on a enseigné le mensonge vis-à-vis d’une mère malade. L’adversaire est le résultat d’une enquête journalistique de plusieurs années et qui se veut fidèle à la réalité.

Le livre a été l’objet de 2 adaptations cinématographiques, la première par Laurent Contet en 2001  sous le titre L’emploi du temps  et la deuxième en 2002 par Nicole Garcia sous un titre  éponyme. Il y a eu aussi une adaptation pour le théâtre en 2016 conduite par Fréderic Cherbœuf.

L’écrivain E. Carrère a voulu travailler sur la part d’imposture qui existe en tout être humain mais qui prend rarement des proportions aussi monstrueuses, mais ce livre n’explique rien car l’auteur n’est pas arrivé à démêler la personnalité du criminel.

L’AFFAIRE CRIMINELLE: Jean-Claude Romand, natif du Jura, va assassiner épouse, enfants (2) et ses parents le 9 janvier 1993 et va rater son suicide. L’investigation va révéler très vite que Romand vivait dans le mensonge depuis 18 années! Jusqu’au dérapage il a pu mener une double vie dans une relative opulence. Il se disait médecin chercheur mais il n’avait pas fini ses études de Médecine abandonnées en deuxième année. Il s’installera à la frontière Suisse pour justifier d’un faux emploi à l’OMS. L’argent pour toute cette frime émanait de diverses escroqueries qu’il a perpétrées et froidement calculées au fil des années auprès des proches et de moins proches. Il a poussé le vice jusqu’à escroquer des gens dans le domaine de la santé!

Personne, pendant 18 années ne va le soupçonner de quoique ce soit et la Faculté de Médecine où il est resté inscrit pendant 12 années en deuxième année ne se montrera pas étonnée devant une telle bizarrerie…

L’explication du titre émane du nom donné au diable dans la Bible : l’adversaire, le menteur.

Ce quintuple meurtre prémédité est appelé « crime altruiste » par les psychiatres car Romand a tué les personnes qu’il aimait le plus au monde afin « de les protéger » de la vérité accablante sur lui. Nous sommes devant une pathologie narcissique grave avec mythomanie, froideur affective et investissement massif des apparences au détriment de la profondeur.

L’assassin a mené une double vie pendant 18 années. Côté face il était un bon mari et un père aimant, il avait des amis, certains très proches; il se déplaçait, il voyageait, il s’occupait de ses vieux parents. Côté pile, il n’était rien, il errait, il se terrait, il disparaissait pendant les heures de travail. Et il montait des escroqueries avec ses proches et non proches, sans l’ombre d’un remords. Un mensonge entraînait le suivant. En 1993 sa femme, pharmacienne de formation, a commencé à douter sur certains détails, ce qui a déclenché le drame.

Le livre est intéressant parce que Carrère est l’écrivain-narrateur de l’histoire de Jean-Claude Romand et aussi de la sienne, de celui qui doit colliger des informations; nous sentons les doutes qui l’assaillent, la terreur qu’il éprouve et la pitié aussi. Au fil du récit l’écrivain semble se détacher de l’histoire qu’il nous raconte et l’on sent très bien les hésitations dans le récit de la honte qui’il  ressent en tant qu’écrivain, en approchant un tel monstre.

Emmanuel Carrère mettra 7 années pour écrire ce livre;  il avait écrit une première lettre à l’assassin 6 mois après les faits, lettre restée sans réponse pendant 2 ans. Finalement le livre paraîtra 7 ans après les faits et 4 ans après le procès.

Jean-Claude Romand sera condamné à perpétuité (assortie de 22 années de réclusion) et sera détenu à Chateauroux,  il sera libéré après 23 années de réclusion. Actuellement il vit en liberté conditionnelle dans l’Indre depuis juillet 2019, il doit porter un bracelet électronique pendant une période probatoire de 2 ans et sera soumis à des contrôles pendant 10 ans.

Il paraît que ce « père aimant », « fils modèle », « ami intachable » et « détenu modèle » tombé en religion avait obtenu un 16/20 à l’épreuve philo du Bac 1976 sur le thème « La vérité existe-t-elle?

Peut-on croire dans la rédemption d’un tel personnage, calculateur froid et mythomane récidiviste ? Sincèrement je ne le pense pas. Pour moi c’est la vive incarnation d’un monstre sans rédemption possible.

 

L'Emploi du temps (2001), un film de Laurent Cantet | Premiere.fr ...          Affiche du film L'Adversaire - Affiche 1 sur 1 - AlloCiné

 

L’ADVERSAIRE, Folio N° 3520 (E.C. 2000),  ISBN 978-2-07-041621-9

Ma mère de Richard Ford

TOP 25 QUOTES BY RICHARD FORD (of 105) | A-Z Quotes

Richard Ford est un écrivain nord-américain (Jackson 1944) détenteur de plusieurs prix dont le Pulitzer en 1996 et le Femina Étranger en 2013 pour Canada. Il est considéré actuellement comme le boss du roman américain après le décès en 2018 de Philip Roth. Selon le journaliste français Benjamin Chapon, Richard Ford occupe une place décalée et centrale à la fois, dans le paysage du roman nord-américain. C’est en lisant récemment un roman du chilien Gonzalo Contreras que j’ai croisé le nom de R. Ford, réalisant que je n’avais rien lu de cet auteur qui semblait si important aux yeux d’un autre écrivain qui lit beaucoup (cas rare!).

Ma mère (My mother 1988) est un court récit de 73 pages, écrit avec une élégance et une sobriété exemplaires, très loin de tout pathos et laissant transparaître l’amour envers cette mère si proche et si lointaine en même temps, si pareille à lui selon ses propres dires, surtout au plan physique et sa façon de rire…c’est déjà beaucoup. Cette façon délicate qu’il a eu de reconstituer la vie de sa mère tout en respectant les distances et les interprétations.

L’histoire de sa mère figure aussi dans le livre Entre Eux publié en 2017 (Between Them: Remembering My Parents) où nous avons l’histoire de son père aussi, mort précocement de crise cardiaque alors qu’il était adolescent. Sa mère va lui survivre une vingtaine d’années et elle devra travailler dur pour l’aider dans ses études.

Par le plus grand des hasards, j’enchaîne ce livre avec le dernier opus de l’écrivain espagnol Manuel Vilas qui avait remporté un succès important avec son précédant roman Ordesa, salué avec le Prix Femina Étranger 2018 ; c’est un autre ouvrage qui parle de la disparition des parents sur un ton si plaintif et obsessionnel que cela dérange, même si l’on reconnait beaucoup d’universalité dans ces sentiments exprimés si douloureusement, l’écrivain n’arrivant pas à faire son travail de deuil. Mais dans Ordesa le point crucial se trouve dans la psyché de l’écrivain et ce qui m’avait interpelé dans ce livre était les mots  et les phrases crus pour étaler cette douleur de l’âme.

La fin du livre Ma mère  est si belle que je vous la cite en entier…ma mère me permit néanmoins d’exprimer mes sentiments les plus véridiques, tout comme une oeuvre littéraire s’offre à ses lecteurs passionnés. J’ai vécu avec elle ce moment auquel nous aspirons tous, ce moment où l’on peut dire : « Oui. Les choses sont ainsi. » Cet acte de connaissance qui est la preuve de l’amour. Je l’ai vécu. J’ai connu avec elle un grand nombre de ces moments, et je les reconnaissais à l’instant même où ils se produisaient. Maintenant encore, je les reconnais. Et je crois que je les connaîtrait toujours.

Un petit bijou.

MA MÈRE, Éditions de l’Olivier 1994 (R.F. 1988),  ISBN 2-879-2906-5

Les trois jours de Pompéi d’Alberto Angela

Résultat de recherche d'images pour "i tre giorni di pompei alberto angela" Alberto Angela est un paléontologue, écrivain, journaliste et présentateur d’émissions culturelles italien (Paris 1962).

Les trois jours de Pompéi (2017) s’est vendu a plus de 200 000 exemplaires en Italie, un énorme succès pour ce livre reconstituant la vie à Pompéi et alentours, quelques heures avant le cataclysme de l’année 79 de notre ère. Ce drame tellurique aurait eu lieu en octobre et non au mois d’août comme cela a été évoqué le plus souvent. Aussi, ce n’est pas le volcan Vesube qui serait à l’origine de l’éruption mais le volcan Somma qui était bien camouflé dans le relief. Autrement dit, les pompéiens ne savaient pas qu’ils étaient au pied d’un volcan mais ils le voyaient comme un simple mont, même si les signes avant coureurs d’une explosion étaient nombreux.

Déjà en l’an 62 de notre ère, un autre tremblement de terre avait touché cette région de la Campanie, à tel point que beaucoup d’habitants avaient déserté le lieu et vendu leur logement principalement aux nouveaux riches de l’époque, les affranchis.

Le livre reconstitue la vie de Pompéi et d’autres lieux proches avec une abondance de détails de tout genre, ce qui donne un aperçu très vivant de la vie avant le drame à travers divers personnages ayant existé et ayant appartenu a des différents couches sociales. Leur vie était déjà sophistiquée à cette époque avec, par exemple, l’interdiction de circuler la nuit pour les véhicules à roues, ils pouvaient circuler la nuit grâce à des rails le long de trottoirs pour ne pas gêner les piétons. La vie de tous les jours est remarquablement décrite, comme par exemple la production du pain sous forme de miches qui étaient épicées. Les blanchisseries utilisaient l’urine pour traiter le linge ce qui fait que les urines étaient ramassées gratuitement dans des amphores disponibles dans les rues avec l’inconvénient en ville de devoir supporter des odeurs fortes; c’est pour cette raison que l’empereur Vespasien a décidé de taxer l’urine utilisée par les fouleries (des esclaves foulent au pied des vêtements dans un mélange d’eau et de substances alcalines comme la soude et l’urine) et de cette époque émane la phrase célèbre de Vespasien à ceux qui rouspétaient pour la taxe « pecunia non olet » c’est à dire l’argent n’a pas d’odeur. A l’époque,  la principale source d’informations en tout genre se situait au Forum, ensuite les informations circulaient dans les bars qui existaient en très grand nombre.

C’est vraiment très intéressant et facile à lire, très documenté,  même si je dois avouer que le ton employé m’a quelque peu agacé car plus destiné à des élèves du secondaire qu’à des lecteurs aguerris.

Quelques informations sont précises comme par exemple la taille des gens à cette époque: les hommes mesuraient 1,66 et les femmes 1,50 avec une espérance de vie autour de 50 ans; il a fallu 2000 ans pour doubler cette espérance de vie…

La grande déflagration du 24 octobre 79 a été précédée de 43 séismes dont un fort tremblement de terre en 62, si fort que beaucoup d’habitants nantis avaient déjà abandonné les lieux, Pompéi et la campagne environnante où des somptueuses demeures existaient. Cela fait que la ville de Pompéi était partiellement en reconstruction.

Le volcan Somma a déversé en 20 heures suite à l’explosion 10 milliards de tonnes de magma sur 15 Km et sur une épaisseur de 3 mètres par endroits, avec un débit de magma de 70 000 tonnes par seconde! Cette catastrophe a fait plus de 20 000 morts, c’est inimaginable et c’était difficilement évitable. Il paraît que entre le moment de l’explosion et la fin, les gens n’avaient que très peu de temps pour échapper à la mort.

Les dégâts ont été très différents à Pompéi par rapport à Herculanum. Dans cette dernière petite ville les gens ont été tués de façon immédiate par l’onde de choc thermique qui a atteint quelques 500 degrés avec la vague silencieuse de magma qui s’est propagée en 6 couches à 100 Km/heure ! A cette température la boîte crânienne éclate et le corps est calciné de façon instantanée de telle façon que les gens ont gardé la posture qu’ils avaient à ce moment précis. Heureusement qu’ils n’ont pas eu le temps de souffrir.

Un livre saisissant qui décrit bien ce que fût l’apocalypse pour tant de gens.

Je suis toujours épatée par la facilité avec laquelle voyageaient certaines personnes dans l’Antiquité. Ils allaient d’un site à un autre avec une grande facilité essentiellement par voie de mer.

LES TROIS JOURS DE POMPÉI, Payot 2017 (AA 2014),  ISBN 9798-2-228-91863-3

La nada cotidiana de Zoé Valdés

Afficher l’image source Zoé Valdés (La Habana 1956) es una escritora cubana de poesia, novela, ensayo y guiones cinematográficos. Su escritura es de calidad con un estilo que se podría tildar de caribeño, es decir, a fuerte potencial erótico.

Le he leído varios libros : El pie de mi padre (2002)  con un excelente don de narración, tenemos la historia de una chica vapuleada por la vida y que huye de Cuba en condiciones muy difíciles; el relato puede resultar muy jocoso por momentos y en otros momentos es altamente dramático.  A Querido primer novio (1999) no le encontré ningún interés, un libro latoso con una jerga muy cubana para narrar la historia de una mujer que huye de su hogar porque se da cuenta que ama a otra mujer  desde hace tiempo; no pude leer más allá del tercio del libro. El todo cotidiano (2010)  es  la secuela  de La nada cotidiana, un libro entretenido que narra la historia de una exiliada cubana, escritora (alter ego?) con personajes cubanos pintorescos hasta la caricatura y con esa situación moral del exiliado que navega entre añoranzas y recuerdos mezclados con una cotidianedad dura y cruel; abunda el vocabulario cubano.

La nada cotidiana (1995) es una novela realista e intimista escrita en Paris cuando tras unas charlas de la escritora sobre José Martí, decidió exiliarse. Después de su publicación, el régimen castrista prohibió toda publicación de la autora en la isla.

La novela narra la historia de Patria/Yocandra/(Zoé ?) oponente al  régimen totalitario cubano que controla TODO en las vidas ajenas; Patria encuentra en la cotidianedad una forma de resistencia, de supervivencia. La obra se escribió durante lo que llamaron el « período especial », es decir, entre los años 80-90 cuando caen el muro de Berlín y la Unión Soviética con una crisis económica cubana sin precedente: cortes de electricidad, carencias de alimentos, crisis de los balseros, etc. La novela está escrita a la tercera persona y con una prosa lírica (Zoé Valdés ha sido varias veces premiada por su poesía). Y el libro comienza y termina con esta frase evocadora « ella viene de una isla que quiso construir el paraíso ».

Este período especial va a traer formas diferentes de expresión en literatura cubana que se centran en un desencanto de la utopía, en un desarraigo, en cierto nihilismo para muchos : ya no hay NADA en qué creer, solo hay miedo.

En La nada cotidiana, la protagonista Patria/Yocandra/Zoé va a testimoniar sobre su vida y sus condiciones de vida, cuando las cubanas estaban confrontadas a esa trinidad socialista de « cuna, cocina y cola ».

El nacimiento de la protagonista tiene gran simbolismo. Su progenitora embarazada, Aída, recibió de manos del Che Guevara una bandera cubana con la cual le cubrió el vientre hinchado. Y el padre, un guajiro convencido de la revolución, la bautizó Patria.  Aída encarna la nueva mujer cubana revolucionaria y Patria va a encarnar la negación del proyecto revolucionario cubano. Aída es un personaje culto, formada al arte, pero que se casó con un guajiro con quien solo comparte los temas revolucionarios.

Patria se cambiará de nombre por amor al Traidor, su primer amor y adoptará el de Yocandra. El Traidor es un escritor comunista adepto al régimen castrista por oportunismo, pero en el fondo critica y desprecia la revolución. Se casará con Yocandra porque necesita una compañera para salir al extranjero con un puesto diplomático. Durante 4 años Yocandra será su mujer sumisa e infeliz. Gracias al Traidor ella obtendrá un título universitario « pagado » y con excelentes notas.

Luego tendremos la historia con el Nihilista, un artista que ya no cree en nada. Los amores con el Nihilista son tórridos y el erotismo desplegado por la escritora en sus escenas, muchos lo han catalogado como pornográfico. Aquí la práctica del sexo es liberadora; una de las pocas cosas que se logran practicar con cierta libertad.

Yocandra/Zoé pretende escribir una gran novela exitosa para mandársela a la Gusana, una amiga que pudo escapar de la isla gracias al matrimonio contraído con un viejo español.

En el libro el mar tiene un papel importante para la protagonista. A menudo ella lo contempla absorta desde su ventana; existe probablemente un simbolismo con el mar porque es el elemento que separa y acerca, que va desde la libertad hasta la prisión, que representa el furor o la paz.

Una novela conmovedora y sincera. Los temas de Zoé Valdés se repiten en torno al infierno del diario vivir en la isla, el exilio anhelado, los deslices del régimen, y el amor carnal como única consolación asequible.

LA NADA COTIDIANA, Emecé Editores 1998, ISBN 84-7888-448-3

Hasta que puedas quererte solo de Pablo Ramos

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Pablo Ramos es un escritor y poeta argentino (Avellaneda 1966), destacado por sus libros que reflejan su historia personal frente a la dependencia al alcohol y a la cocaína desde sus 18 años. El autor dijo en una entrevista que este libro es « una respuesta estética a un problema moral« . La frase me parece muy justa.

El libro me fue muy recomendado por una librera, junto con otros, por mi paso por Ushuaia. Le agradezco su consejo porque hasta ahora las opciones han resultado excelentes.

Su via crucis personal está descrito en este libro (2016) que es muy autorreferencial  y tiene un bonito título que encontramos en el prólogo del libro : cito…escribo estas palabras con las manos endurecidas. El cuerpo tiene sed y el alma se siente sola, pero me siento mejor al rememorar las palabras de mi anfitrión (el hombre que lo acogió en 1997 para la primera reunión de Adictos Anónimos), las palabras que me dijo el compañero cincuentón, ese que el azar quiso que yo nunca volviera a ver, ese del cual no recuerdo casi nada, excepto lo que me dijo « pase lo que pase vos vení, que acá te vamos a querer, hasta que puedas quererte solo ».

Son 12 capítulos que él llama « pasos » como los pasos que se deben seguir durante la rehabilitación con los Adictos Anónimos y los Alcohólicos Anónimos en Argentina.

Al principio de cada « paso » van las reflexiones del autor que luego ilustra con un caso real. Cada historia es diferente, conmovedora e hiperrealista. La prosa es perfecta, clara y sin patetismo en los relatos.

El autor dice sentir cierto alivio considerando que el cuadro de la adicción es una enfermedad, como si la medicalización aliviara el sentido de culpa. Pero en realidad, la enfermedad es la consecuencia del abuso de alcohol y drogas que destruyen poco a poco el cuerpo y la mente,  llevando a la gente a la abulia. Tiene suerte el escritor Ramos de haber podido conservar intacto su intelecto y así brindar un testimonio de vida tan bien escrito.

Un párrafo terrible y significativo (página 60): la vergüenza en la cara de los adictos: ese sentimiento metido en la carne, el sentimiento de ser deficientes morales, crea una extraña, una horrible distancia.

Sus invocaciones espirituales son muy personales y probablemente necesarias para hacer frente a tales desmanes físicos y mentales. Ese es un tópico personal al autor y que se debe respetar, pero me pareció el menos convincente aunque muy necesario.

Una obra que obliga al lector a bajar a los infiernos al mismo tiempo que rogar  por una mejoría.

HASTA QUE PUEDAS, Alfaguara 2016,  ISBN 978-987-738-225-9

Revenir à Vienne d’Ernst Lothar

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Ernst Lothar, de son vrai nom Lothar Ernst Müller fût un écrivain, directeur de théâtre et scénariste autrichien (Moldavie 1890-Vienne 1974). La famille Müller s’installe à Vienne en 1897 où Lothar suivra des études de Droit. Il va se consacrer exclusivement à l’écriture à partir de 1925 et fréquentera Stefan Zweig, Robert Musil, Joseph Roth.

En 1938, avec l’entrée de la Wehrmacht en Autriche il s’enfuit à New York via la France en raison de ses origines juives. Il revint en Autriche aussitôt après la fin de la guerre et participa à la dénazification du monde culturel autrichien.

Son livre, Mélodie de Vienne fut publié en Anglais en 1944 sous le titre L’ange à la trompette. Histoire d’une maison , c’est la saga de la famille Alt qui nous promène dans la Vienne de la fin du XIXème siècle jusqu’à la Deuxième Guerre Mondiale, un livre important et qui se dévore. Je l’ai commenté ici en juin 2018.

Revenir à Vienne vient de paraître en français, il fut publié à New York en 1945 sous le titre Die Rückkehr.

Ce livre doit comporter beaucoup d’éléments autobiographiques car le parcours du protagoniste Felix von Geldern ressemble en beaucoup de points à celui d’Ernst Lothar : la fuite en Amérique lors de la guerre, les origines juives, des études de Droit, une origine bourgeoise.

C’est un livre qui m’a beaucoup intéressé une fois que j’ai compris le message de l’auteur. C’est à dire que le début du roman m’a paru tellement trivial, léger et sans intérêt, mais le récit commence aux EEUU où la vie est si légère, dénuée de stress et tellement agréable sur le plan matériel…Alors que l’Europe et notamment l’Autriche étaient dévastées, anéanties et privées de tout…

Felix von Geldern a fui l’Autriche avec sa famille  et une grosse partie de la fortune familiale, ils ont tous adopté la nationalité américaine au bout de quelques années. Alors que la famille vit assez bien, notamment la grand-mère installée à demeure dans l’Hôtel Plaza à New York avec sa servante, Felix choisit de vivre chichement chez l’habitant et travaille comme vendeur de livres dans un grand magasin. Il fera la connaissance chez son logeur d’une jeune fille américaine, délurée et directe qu’il va courtiser.

A la fin de la guerre sa famille va le commissionner, en tant que juriste, pour qu’il revienne en Europe  récupérer les filiales des Banques que possédait la famille. Or l’Europe est sens-dessus-dessous et les choses ont bien changé; de plus, une ancienne fiancée qu’il croyait morte ressurgit et il se croit obligé de se rapprocher d’elle et de tenir ses engagements en souvenir d’un passé commun; il va la demander en mariage alors qu’il a déjà une fiancée en Amérique. Cette ancienne fiancée autrichienne, chanteuse lyrique renommée, a survécu grâce à la fréquentation de nazis haut gradés, elle qui n’avait jamais caché ses préférences politiques.

Ceci rend très bien le climat lourd en compromissions qui régnait en Autriche à cette époque. Et quand le moment arrive après la guerre de régler certains comptes, il y a des vérités qui sautent à la figure et sont insupportables. C’était le sentiment de Felix à ce moment là.  Felix arrive en Autriche rempli de ferveur patriotique, il se rend compte que les dés sont pipés et que la pureté de son sentiment patriotique est entachée par le rôle joué par l’Autriche lors de la Deuxième Guerre Mondiale.

Felix est bouleversé après ce retour en Europe, il sent clairement  qu’il se ressent viscéralement autrichien malgré tous les torts que l’on peut trouver à l’Autriche;  il décide alors de renoncer à sa nationalité américaine une fois de retour aux USA, mais cela n’est pas aussi simple dans le cadre de la législation américaine.

Un livre qui pose douloureusement bien la confrontation entre une Amérique conquérante et aisée et une Europe défaite et chargée de tribulations.

REVENIR À VIENNE, Liana Levi 2019,  ISBN 979-10-349-0149-4

L’étrange univers du schizophrène de Sophie Chrizen

Résultat de recherche d'images pour "l'étrange univers du schizophrène" Sophie Chrizen est un nom d’emprunt, c’est un anagramme brillant avec le mot schizophrénie, un livre auto-biographique d’une auteure française (née à Cannes en 1977) dont la maladie mentale s’est révélée à 17 ans.

C’est un livre -témoignage fort intéressant- où l’auteure nous fait part de sa difficulté pour sortir du cadre stéréotypé de ce désordre psychique.

La schizophrénie, selon le psychiatre suisse Eugène Bleuler, évoque une séparation psychique entre pensées et émotions et la notion d’esprit divisé. C’est une maladie chronique multifactorielle et la plus répandue des psychoses de l’adulte; elle toucherait env. 1% de la population mondiale. Elle comporte des délires et des hallucinations (fausses croyances et perceptions), un repli affectif et social avec un comportement d’isolement.

Ce livre démontre à la perfection cette cassure de la personnalité aux limites insondables et peu clairs, ce qui rend l’appréciation difficile entre dérapage et normalité pour le non initié. Et il paraît évident que, pour le moment, les traitements chimiques proposés provoquent plus de perturbations que des moments de maitrise.

Puisque Sophie Chrizen a pu mener une vie normale jusqu’à l’âge de 17 ans, cela veut dire que le retour à la normalité du cerveau doit être possible. Il faut juste que la médecine avance  plus dans la connaissance de ce dérèglement. Pendant 20 années elle va lutter contre sa maladie, alternant les traitements et les internements.

Le récit du vécu vrai de Sophie alterne avec le vécu hallucinatoire, et par moments son compte-rendu est plein d’humour.

Un livre très intéressant et poignant à lire, instructif sur la maladie et doté de qualités humaines certaines.

L’ÉTRANGE UNIVERS, Les Chemins du Hasard 2018,  ISBN 979-10-97547-17-2

Le lambeau de Philippe Lançon

Résultat de recherche d'images pour "le lambeau"Philippe Lançon est un journaliste et écrivain français (Vanves 1963). Il était présent à Charlie Hebdo lors de la conférence de rédaction du 7 janvier 2015 quand a eu lieu l’attentat terroriste; lors de l’attentat une balle lui a arraché la mâchoire inférieure ce qui a nécessité 10 mois d’hospitalisation et pas loin de 17 interventions pour lui redonner un menton. Ce massacre, perpetré par les frères Kouachi a fait 11 morts et 4 blessés.

Le lambeau est un livre qui a nécessité 2 ans de préparation avant de trouver le ton qui convenait. Je dois avouer que quand on me l’a proposé à lire, j’ai ressenti une énorme réticence, une incontournable répulsion à lire l’horreur de l’attentat et à le vivre une deuxième fois. Puis, c’est l’insistance de l’amie prêteuse qui m’a fait accepter le challenge. Je la remercie ici car c’est un livre remarquablement et intelligemment écrit sur une expérience atroce décrite avec des mots justes et une évidente distanciation. C’est un livre important qui véhicule beaucoup d’autres choses sur la vie, l’amitié, les amours, les livres, la musique.

Le titre du livre est bien trouvé : Le lambeau est le lambeau cutané prélevé sur un mollet qui a servi à recouvrir cette néo-mâchoire (elle même retaillée à partir de l’un de ses péronés !) qui a permis de le sortir du statut de « gueule cassée » auquel il aurait été destiné sans la dextérité et la prouesse de SA chirurgienne et son équipe, chirurgienne appelée Chloé dans le roman. Il est connu que le lien entre soignés et soignants est tissé de choses très personnelles, avec quelques transferts de part et d’autre, mais le soigné Lançon précise bien  qu’entre Chloé et lui le lien était d’ordre vital et non sentimental.

Les 10 mois d’hospitalisation ont été un calvaire vécu avec courage et entouré de rapports humains de qualité à tous les niveaux. C’est certain que cela aide à tenir, ainsi que la musique de Bach et certaines oeuvres littéraires utilisées par Lançon. La nécessité permanente de beaucoup d’antalgiques morphiniques donne un côté onirique aux digressions de Lançon par moments; ces moments entre deux sommeils forcés qu’il faut peupler avec de l’activité cérébrale pour ne pas sombrer.

Sa reconnaissance sincère au personnel soignant ressort de belle façon dans ce récit. Son attachement à SA chirurgienne, une professionnelle qui se livre peu car elle doit se protéger aussi. Elle qui a été l’artisane absolue de sa reconstruction, la « porte-action » du Service de chirurgie par qui le travail sera jugé, analysé.

Le livre est aussi une ode aux infirmières, toutes les infirmières qui l’ont approché, soigné, donné du réconfort chacune à leur manière, avec leur personnalités si diverses, avec bienveillance et générosité.

Philippe Lançon nous livre son expérience avec un certain détachement et cela passe très bien. Dans sa vie maintenant il va y avoir un avant et un après toute la souffrance qu’il a du surmonter (page 129…mas moi, je ne souffrais pas: j’étais la souffrance. Vivre à l’intérieur de la souffrance, entièrement, ne plus être déterminé que par elle, ce n’est pas souffrir : c’est autre chose, une modification complète de l’être. Je sentais que je me détachais de tout ce que je voyais et de moi même pour mieux le digérer).

Le 8 février, soit le lendemain de l’attentat, en rentrant dans sa chambre N°106 à La Pitié, le très meurtri et probablement « ensuqué » Philippe Lançon, pensait entre les tuyaux qu’il avait partout à une phrase de Pascal ! A une phrase de Pascal à ce moment précis ? Pardi, mais c’est un surhomme s’il arrive à avoir des pensées à un moment si dramatique.

Au début et à la fin du livre il est question de Michel Houellebecq  et de son livre Soumission. Les deux hommes vont se rencontrer bien après l’attentat et Houellebecq va lui citer des paroles de Matthieu…Et ce sont les violents qui l’emporteront (cf Matthieu 11.12 depuis les jours de Jean Baptiste, jusqu’à présent, le royaume des cieux est soumis à la violence, et ce sont les violents qui s’en emparent).

Et le livre se termine en novembre 2015 avec un nouvel attentat au Bataclan faisant 137 morts. Sans commentaire.

LE LAMBEAU, Gallimard 2018,  ISBN978-2-07-268907-9

El monarca de las sombras de Javier Cercas

Résultat de recherche d'images pour "el monarca de las sombras"Javier Cercas Mena es un columnista y escritor español (Ibahernando-Extremadura 1962), licenciado y doctorado en Filología Hispánica. Su obra tiene la particularidad de mezclar los géneros literarios (crónica/ensayo con ficción) y el resultado son novelas testimonio.

En el 2001 su estupenda novela Los soldados de Salamina lo lanzó al estrellato; una novela que fue llevada al cine en 2002 por su amigo David Trueba. Es una novela que ha sido reconocida con muchos premios aunque ninguno emanando de las grandes editoriales que dejaron pasar una pepita de este tamaño, es un libro que funcionó de boca en boca. Es una novela escrita en primera persona, el propio Javier Cercas, y catalogada como novela-facción, un término que aúna facto(hecho) con ficción. La trama desarrolla entorno al fallido fusilamiento del ideólogo de Falange, Rafael Sánchez Mazas, el brazo derecho de José Antonio Primo de Rivera.  El narrador Javier Cercas se pregunta acerca de lo que estaría pensando el miliciano cuando no disparó sobre Sánchez Mazas. En el libro, es el chileno Roberto Bolaño quien procura al narrador algún índice para buscar al soldado republicano, refugiado en Francia.

Otros libros leídos al autor : El inquilino (1989) más bien cuento que novela,  un texto enigmático y muy bien armado entorno a la reencarnación de un profesor italiano que profesa en una universidad norteamericana, quien, después de una fea caída y de la lectura de un texto escrito por un alter ego, se desdobla y vive durante una semana la vida del alter ego hasta que se despierta y capta que lo ha soñado todo. Y también la novela La velocidad de la luz (2005) que encontré excelente y compleja, interesante y bastante original, con dos historias encajadas como las cajas chinas (una historia dentro de la otra historia): un español aspirante a escritor parte a los EEUU para hacer una ayudantía; allá conocerá mucha gente y entre ella, a un veterano del Viet Nam, medio loco, erudito, maleado por la guerra. Después de un trágico accidente el español pierde mujer e hijo y su culpabilidad le hace bajar a los infiernos. Quince años después volverá a los EEUU en pos de su amigo medio loco y sabrá que se suicidó hacen solo 4 meses…Escribe un libro sobre esto y está al paso de empezar una relación con la viuda de su amigo, pero ella lo rechaza.

El monarca de las sombras (2017) es un libro que me interesó a pesar de ser OTRO libro más sobre la funesta Guerra Civil Española. Ya no los soporto y entiendo que los españoles eludan el tema porque siguen divididos y no se han curado del mal. Pero el libro de Cercas tiene un enfoque original y se pone ameno cuando se trata de explicar los pasos que da el narrador en sus averiguaciones sobre su antepasado, el tío abuelo Manuel Mena, que sacrificó su vida a los 19 años por las huestes falangistas. El narrador Cercas investiga sobre este antepasado, pero le molesta el hecho que fuera un falangista. De a poco y con dificultad irá sabiendo cosas y comprendiendo al final que el muchacho de entonces muerto en el campo de batalla en septiembre 1938 (batalla del Ebro), murió por nada. Por haber escogido un bando, por haber puesto el pecho por la Patria y por haber impedido que otro hermano suyo fuera incorporado en su lugar.

El descriptivo de esta guerra fratricida me produjo desasosiego (y me lo salté casi todo) porque ya lo he leído y con una vez basta y sobra : es atroz y seguirá siendo atroz por donde se le mire porque el lado bélico no fue siempre puro. Página 88 se lee…entonces se mataba por cualquier cosa. Por rencillas. Por envidias. Porque uno tenía cuatro palabras con otro. Por cualquier cosa. Así fue la guerra. La gente dice ahora que era la política, pero no era la política. No sólo. Alguien decía que había que ir a por uno y se iba a por él. 

La búsqueda del narrador Cercas sobre su antepasado Manuel Mena culmina cuando Cercas descubre de manera tangible lo que fue Manuel Mena 80 años atrás en 1938. Página 223 el texto es muy bonito, se lee…sólo entonces sentí que Manuel Mena dejaba de ser para mí una figura borrosa y lejana, tan rígida, fría y abstracta como una estatua, una fúnebre leyenda de familia reducida a un retrato confinado en el silencio polvoriento de un desván polvoriento de la desierta casa familiar, el símbolo de todos los errores y las responsabilidades y la culpa y la vergüenza y la miseria y la muerte y las derrotas y el espanto y la suciedad y las lágrimas y el sacrificio y la pasión y el deshonor de mis antepasados, para convertirse en un hombre de carne y hueso, en un simple muchacho pundonoroso y desengañado de sus ideales y en un soldado perdido en una guerra ajena, que ya no sabía por qué luchaba…

Cuando el narrador entiende esto, acepta escribir sobre Manuel Mena. Y aquí tenemos este libro-testimonio con una impecable calidad de escritura.

Gracias Graciela B. por tu regalo.

EL MONARCA , Literatura Random House 2017,  ISBN 978-84-397-3257-0