Archive | avril 2018

L’homme chauve-souris (1) de Jo Nesbø

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  Jo Nesbø est un écrivain et scénariste norvégien (Oslo 1960), auteur de polars et de livres pour la jeunesse. Son héros récurrent est l’inspecteur Harry Hole, un stéréotype d’inspecteur entre ours-alcoolo-tabagique et loup solitaire qui utilise des méthodes peu orthodoxes pour résoudre les cas, mais qui néanmoins est le meilleur dans sa branche. Les épisodes peuvent se dérouler en Norvège ou à l’étranger.

L’auteur Jo Nesbø a vendu plus de 34 millions d’exemplaires de par le monde et il a été traduit dans plus de 50 langues. C’est tout à fait impressionnant.

Un film est sorti en novembre 2017 sur son livre Le Bonhomme de neige (2007) avec Michael Fassbinder dans le rôle d’Harry Hole; c’est le septième opus avec ce détective.

J’ai commenté en mars 2018 mon premier Harry Hole: La Soif, qui correspond au dernier tome paru, soit le 11ème de la série. Je dois dire que j’en suis restée passablement impressionnée et que je souhaitais en lire d’autres…Voilà, c’est fait et cette fois en commençant par le premier de la série qui date de 1997. En règle générale j’évite de lire deux livres du même auteur de façon rapprochée afin d’éviter les redites.

L’homme chauve-souris m’a surpris par le changement de style, ce n’est pas du tout le même style que dans La soif, mais 20 années sont passées par là et Nesbø, naturellement, a dû affiner un style que j’ai trouvé affuté au scalpel dans le 11ème de la série.

Dans L’homme chauve-souris l’inspecteur Harry Hole doit partir en Australie aider des collègues australiens afin de résoudre le meurtre d’une jeune norvégienne sauvagement assassinée.

Nous saurons que Hole sort d’un sérieux problème d’alcoolisme:  sa hiérarchie ne peut l’ignorer car Hole, ayant été passablement imbibé le jour d’une poursuite en voiture, fût à l’origine d’un accident ayant occasionné plusieurs morts dont un collègue et ami…Voilà une casserole plus que lourde à porter…De plus ce cher inspecteur sort meurtri d’une histoire d’amour avec celle qui fut la compagne de son meilleur ami…Oh la la la, too much pour un même mec.

D’où l’empressement de la hiérarchie à l’envoyer aux antipodes résoudre un cas qui implique une jolie compatriote. Imaginez du peu, envoyer un homme du grand froid dans une contrée très chaude, cela ne manque pas de conséquences…

A partir du moment où Harry Hole débarque en Australie, le livre se transforme plus ou moins en guide touristique avec force descriptions de lieux, des us et des coutumes locaux, des comparaisons en tout genre. Ce n’est pas du tout inintéressant, mais le polar est oublié au profit des informations en tout genre, et l’enquête devient quelque peu mollassonne.

Pour ceux qui seraient intéressés par l’Australie, je conseille vivement l’ouvrage de l’américain Bill Bryson Nos voisins du dessous qui charrie des tonnes d’informations sur l’Australie dans un ton par moments désopilant !

On va apprendre plus sur la vie et les états d’âme de ce pauvre Harry Hole que sur cette affaire de meurtre qui est en fait bien plus compliquée qu’elle ne semblait au début. Déjà on perçoit le talent de Nesbø pour brouiller les pistes au lecteur…

Il y a aussi par moments pas mal d’humour ce qui m’a paru délectable. Par exemple, la scène avec le marsupial appelé diable de Tasmanie, une race assez coriace, l’équivalent chez nous du rottweiler ou quelque chose comme ça et dont le propriétaire l’avait transformé en végétarien quoique gardant son naturel agressif. Ou quand Harry Hole se fait inviter dans un bon restaurant par un collègue australien qui lui explique que « les serveurs, ici, sont à l’instar de Pluton. Ils gravitent aux confins de l’espace, n’apparaissent que tous les vingt ans et, même à ce moment là, ils sont invisibles à l’oeil nu« . Il y a comme cela plusieurs situations ou des commentaires pleins de drôlerie.

Quand Nesbø écrit sur la Norvège il fait parler Hole et il règle ses comptes…Harry parla des fjords, des montagnes et des gens qui s’étaient installés quelque part entre les deux. D’unions, d’oppressions, d’Ibsen, de Nansen et de Grieg. De ce pays si septentrional qui se considérait comme un peuple industrieux et visionnaire mais qui faisait davantage penser à une république bananière. Ce pays qui possédait des forêts et des ports quand les Hollandais et les Anglais avaient besoin de bois, qui avait des chutes d’eau quand on avait découvert l’électricité, et où, pour couronner le tout, on trouvait du pétrole en creusant au petit bonheur (page 212)

Une lecture intéressante, pas tant sur le cas policier que sur les débuts de cet auteur talentueux que je continuerai à découvrir. Cap sur le tome 2 !

L’HOMME CHAUVE-SOURIS, Folio Policier 366 (2017)(JN 1997),  ISBN 978-2-07-270807-7

Cuentos pendientes de Jorge Quiroz

Résultat de recherche d'images pour "jorge quiroz" Jorge Quiroz es un escritor y productor de cine chileno (Valparaiso 1962);  diplomado en Ingeniería Comercial con un doctorado en Economía de la Universidad de Duke en los EEUU.

Este libro de cuentos o de relatos consta de 15 unidades magníficamente ilustradas con  imágenes muy ad hoc al final de cada cuento, excepto del último; las ilustraciones interiores son de Marcelo Escobar, un reconocido y galardonado diseñador chileno de libros y periódicos.

Los relatos me han encantado porque son muy variopintos y extraordinariamente aterrizados : en pocos párrafos el autor le da carnalidad a sus personajes y cuando concluye el cuento al lector le cuesta salir de la trama para encarrilar con otra historia. Quiroz denota además un muy buen sentido de la observación, ya sea de los personajes o de las cosas y ambientes. Los personajes abarcan todos los estratos sociales y los lugares descriptos también. En las descripciones campesinas incluso alcanza cierto grado de lirismo lo que enriquece aún más su paleta de escritor.

Los ámbitos son muy chilenos y caseros, el tono es por momentos muy divertido con un tipo humor sutil. Los temas son los cerros de Valparaiso, el vecindario del cerro, el alcoholismo, el campo chileno, las « chanchullos » financieros, la dictadura en tela de fondo, los recuerdos del colegio con las rejuntas al cabo de los años, el tiempo que pasa, las parejas que se hacen y deshacen, la violencia que aflora fácil, el clasismo de los chilenos, el endeudamiento colectivo, los sentimientos en la adolescencia, los dramas intra-familiares, las consecuencias de las opciones políticas, etc.

El lenguaje es coloquial-chileno pero se deja leer bien fuera de la estrecha y larga faja de tierra que es Chile porque la prosa es muy clara.

Mis preferencias van a varios : Dry Martini en el Ritz que es a la vez tan triste, pero al mismo tiempo tan realista, tan detallista, tan desconsoladamente injusto…la historia de Isabel Margarita y de Antonio que se conocieron, se amaron y se casaron soñando que algún día harían un viaje a Europa con un recorrido bien pausado para impregnarse mejor de los sitios que visitarían y que culminarían en el Ritz de Paris saboreando él un Dry Martini y ella una copa de champaña. Y como les va a pasar la vida por encima sin que jamás abandonen ese  sueño.

También me gustó El Muerto, un relato que narra las juntas con antiguos camaradas de colegio, donde circulan los chismes que pueden ser hasta falsos ! Hay escenas muy divertidas y/o truculentas y otras patéticas. Esa mezcla de bueno y de malo que tiene la vida misma.

Pero creo que el relato que más me gustó es Final en Zapallar que yo tildaría de la Zapallar-Connection. Hay que explicar que Zapallar es el sumo del balneario chic chileno donde solo las rancias familias se reconocen. Hay códigos, maneras, situaciones, prácticas y mil detalles inherentes a un veraneo en Zapallar. Realmente me reí con ganas con el relato aunque el tema no sea nada de divertido humanamente hablando, pero todo lo que rodea este pequeño y trivial drama, recobra una importancia de culebrón para toda la fauna de Zapallar-on-the-beach.

Una muestra de la prosa …el campo que viene a mi mente, allí donde mis recuerdos se mezclan también con las trampas de la imaginación, es uno que estaba a orillas del Itata, pero no en la precordillera donde éste nace, como torrente franco, cual viril guerrero mostrando todos sus secretos, sino más abajo, donde el valle se abre y el río, aunque ancho y calmo en la superficie, esconde en lo profundo corrientes traicioneras (cf Los días de los cerezos) y este otro…el campo como él lo recordaba, mágico, violento y primitivo, donde a veces el agua mezquina hacía derramar lágrimas secas y ponía cenicientos los ojos, fatigados del infinito pedregal que amarillea, y cuando no, donde las lluvias torrenciales desbordaban los canales, hundían a los bueyes en la ciénaga y marchitaban sin remedio el cereal temprano (cf Su voz). 

Un libro que tiene historias que son como fotos de chilenidad con un estilo elegante y pertinente.

 

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Ilustración de Marcelo Escobar  del cuento Cita con la niebla .

CUENTOS PENDIENTES, Ceibo Ediciones 2015,  ISBN 978-956-359-032-6

Hitler et la France de Jean-Paul Cointet

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Jean-Paul Cointet est un historien français (Moulins, 1939), agrégé d’Histoire, spécialisé dans la France de Vichy.

Sigmaringen (2003) est un autre livre de Cointet que j’ai commenté il y a peu, en mars 2018, où il raconte l’installation du gouvernement de Vichy en Allemagne en 1944 à la fin de la guerre à Sigmaringen. Un livre intéressant à lire et à méditer.

Hitler et la France (2014) est un autre livre de l’historien avec un titre quelque peu racoleur car il est très peu question d’Hitler dans le livre si l’on tient compte que le Führer a visité la France seulement deux fois et court: la première pour visiter Paris à la sauvette dans une voiture décapotable le lendemain de la signature de l’armistice (moins d’une journée!), très tôt le matin et la deuxième à la fin de la guerre, le 17 juin 1944 à Margival au nord de Soissons.

Il faut un historien chevronné pour écrire ces pages difficiles, même à lire; j’ai eu le plus grand mal à venir à bout avec toutes ces dates et les incessants aller-retours sur les années 1940-43…Dans son introduction Jean-Paul Cointet signale que l’historiographie française a privilégié l’impact de la politique hitlérienne sur la France, alors que l’historiographie étrangère n’a accordé qu’une place marginale à la vision hitlérienne de la France.

Hitler écrivait dans Mein Kampf, (25 années avant la guerre), que la France demeure l’ennemi éternel du peuple allemand. Sa déliquescence et ses crises de nerfs ont pu nous porter à minimiser l’importance de ses gestes. Fût-elle toujours plus faible, ce qui est dans l’ordre des possibilités, cela ne doit rien changer à notre méfiance. A ce propos, Mein Kampf a été interdit de publication en France alors que partout ailleurs l’ouvrage a été édité. Un éditeur français a bravé l’interdit, probablement encouragé par le ministère des Affaires étrangères; il s’agit de Fernand Sorlot qui avait fondé en 1930 les Nouvelles Editions latines. L’ouvrage est sorti au printemps 1934 en un seul volume de 688 pages sous le titre Mon Combat. Et Hitler portera plainte invoquant une violation de son droit d’auteur; sa plainte a été entendue et l’éditeur a du arrêter l’impression et la vente du livre.

Il a écrit un deuxième livre en 1928, quatre années après le premier: le Deuxième Livre qui se veut un exposé plus systématique de ce que doit être la politique étrangère de l’Allemagne basée sur les conceptions fondamentales du national-socialisme. Ce livre ne fut pas publié du vivant d’Hitler; le manuscrit fut découvert en 1945 par les Américains. Publié en 1961 en allemand, il ne connut de traduction anglaise autorisée qu’en 1963.

Il faut dire que entre l’écriture du Deuxième Livre (1928) et l’avènement d’Hitler comme chancelier (30.11.1933), c’est à dire 4 ans plus tard, il est passé d’un échec (12 votes pour le parti nazi aux élections de 1928 !) à un succès éclatant avec 230 élus (14 millions de voix) représentant la première force au Reichstag, résultat aidé probablement par la crise économique et sociale allemande.

Hitler avait alors un statut très particulier, car jusqu’à sa prise du pouvoir, il est le Führer du parti nazi. Son autorité repose sur son charisme, sur ses dons oratoires exceptionnels et sur la conviction qu’il a su faire partager à ses compagnons, c’est à dire  la mission de restaurer la grandeur de l’Allemagne et de fonder une nouvelle communauté nationale. A la mort du président Hindenburg en 1934, Hitler hérita de la nouvelle fonction de « Führer et chancelier du Reich » et fit établir une loi  qui obligeait les fonctionnaires et les membres des forces armées à prêter un serment de fidélité et d’obéissance, non au chancelier, mais à Hitler personnellement comme « Führer du Reich et du peuple allemand ». Son autorité ne reposait pas sur un statut constitutionnel, mais sur sa relation personnelle avec la nation allemande.

Le projet d’Hitler reposait sur 3 piliers :1) l’anticommunisme qui est en fait un antibolchevisme dont il fera le fer de lance de la propagande nazie auprès des responsables européens comme auprès de leurs opinions; 2) l’antislavisme est le second pilier, il est le fondement de l’espace vital à conquérir car l’Allemagne s’accroît chaque année de 900 000 âmes et il faut du territoire, un territoire d’autant plus facile à conquérir qu’Hitler voit dans les Slaves des « sous-hommes » et dans leurs chefs des « judéo-bolcheviks »; 3) l’antisémitisme est le troisième pilier, le plus fondamental et le plus profond de l’idéologie nazie.

Il en ressort qu’Hitler n’aimait pas la France et qu’il tenait à avoir une vraie revanche depuis qu’il avait fait partie des troupes allemandes lors de la Première Guerre Mondiale et dont la clé était le traité de Versailles. La grande coupable de la défaite allemande en 14-18 était aux yeux d’Hitler la république de Weimar. Il a déclaré que la guerre avait été « l’expérience la plus forte de sa vie ». Il a tenu spécialement à faire la guerre à la France afin de la soumettre et de la faire payer le réarmement de l’Allemagne et de s’attaquer ensuite au reste de l’Europe en rêvant de s’allier aux anglais pour faire opposition aux bolcheviques…Il a écrit noir sur blanc qu’il fallait piller largement la France en toute impunité, pour lui la France est un fournisseur et pas un partenaire.

La stratégie d’Hitler vis-à-vis de la France est triple: rassurer son opinion publique, mettre à profit le pacifisme de sa population, empêcher ou perturber le regroupement de puissances autour d’elle. Il était patent qu’il y avait désaccord entre la France et la Grande Bretagne sur la question du désarmement de l’Allemagne. Et la technique d’intox de la part d’Hitler a residé dans la distillation de paroles apaisantes quant aux relations franco-allemandes. Elles prennent la forme tantôt de déclarations publiques, tantôt d’interviews accordées à des journalistes français, tout en laissant parfois le soin à ses séides de distiller la bonne parole. Une autre technique a été de « travailler » l’opinion française en mettant l’accent sur des secteurs ciblés de celle-ci: c’est une offensive d’action psychologique qui s’appuie sur des services parallèles à la  diplomatie, comme le bureau Ribbentrop (1934); il s’agit de convaincre l’opinion française des réussites de la nouvelle Allemagne et de sa bonne volonté dans le domaine de la paix. On agit auprès de groupes ciblés, sans lien apparent avec le parti nazi ou l’État, sans montrer le drapeau ce qui permet de dédouaner ou de déculpabiliser les sympathisants. La propagande nazie tendait avant tout à neutraliser les courants susceptibles d’être hostiles à l’Allemagne nazie et à fomenter la division entre Français.

Le juriste René Capitant, spécialisé dans l’interprétation du régime nazi, a écrit qu’une analyse de l’État institutionnel et de son fondement racial ne suffit pas à comprendre la nature profonde du régime et qu’il importe d’aller la rechercher au niveau de son organisation économique et sociale. Le but de l’État nazi n’est autre que la mobilisation totale et permanente du peuple allemand : la force de l’Allemagne a besoin de la vigueur, de la santé et de la contribution active des individus.

L’homme Adolf Hitler avait, pour le moins, une personnalité complexe et assez sécrète. Il n’a pas laissé d’écrits personnels aidant à cerner sa personnalité profonde. Les témoignages (tardifs) sont contradictoires et chez Hitler les contrastes sont étonnants avec une multiplicité de visages laissant les interlocuteurs incertains sur ses intentions profondes. Il possédait comme personne, les ruptures de ton dans le cours des échanges: il passait d’un tempo calme à une brusque accélération, de la proposition raisonnable à la menace, voilée ou brutale. Il s’agissait probablement d’une technique, d’une mise en scène. Sa psychologie se laisse difficilement approcher : elle est celle d’un homme enfermé dans un isolement profond, muré en lui-même, n’aimant personne, sans amis. L’homme pour lui, est mauvais de naissance. La violence prend, chez lui, la forme de l’agression verbale. Il est à lui-même son propre interlocuteur et pratique l’art de la contradiction. Il manie le mensonge avec un art consommé, comme une arme décisive au service de sa grande politique. Sur fond de neurasthénie, il est irritable (car insomniaque), il est vindicatif et se venge avec raffinement de tout manquement supposé à sa personne. C’est un homme toujours pressé et qui craignait sa mort. On peut l’affubler du don de comédien car il s’était entraîné à la gestuelle du métier.  L’homme utilise par-dessus tout le mensonge jusqu’au cynisme: il a menti à son peuple sur la paix, à ses généraux sur ses projets, aux dirigeants étrangers sur sa volonté de résoudre pacifiquement les problèmes. Il est dépourvu de toute sensibilité et l’affection débordante qu’il porte aux animaux est le masque de la cruauté de fond  qui l’anime, reflet de l’indifférence aux hommes. Cet homme demeure un bon sujet pour psychologues, psychiatres et psychanalistes.

On rencontre chez Hitler un ego surdimensionné chez un homme complexé et avide de revanche sociale. Avec l’imagination et l’intuition, la volonté était la caractéristique première de sa personnalité (volontarisme et fatalisme). Le journaliste Richard Breiting écrivait en 1931…de toute évidence, son complexe de supériorité très prononcé l’empêche de se contrôler, de là ses répétitions impératives « je veux, je désire, j’exige » ! Mais cette volonté était le produit d’un dressage car il était indolent et instable de nature, désordonné dans ses façons de vivre et de travailler, selon ses proches. Il en résultait une tension prodigieuse, à l’origine du délabrement précoce de sa constitution.

Sur les femmes, il avait tôt fait de déclarer « les femmes ravissent au politicien sa vigueur et son jugement« . Il semble avoir succombé au charme de 3 femmes : la première, frau Berchstein était la femme d’un fabriquant de pianos, de 20 ans son aînée qu’il appelait « maman ». La deuxième était fräulein Hoffmann, la fille d’un photographe lequel détiendra l’exclusivité des photos du Führer devenant par là l’un des hommes les plus riches d’Allemagne. La dernière fut Angela Raubal, sa nièce par second mariage de son père, elle s’est probablement suicidée en 1931. Quant à Eva Braun, pour l’historien Cointet elle ne fut qu’un aimable jouet sexuel, docile et discrète qui ne fut admise dans le cénacle que tardivement.

Parmi les choses intéressantes, on lit qu’il possédait une bibliothèque personnelle de plus de 15 000 titres dont le tiers portait sur la guerre; les livres étaient dispersés sur 3 résidences : Berlin, l’Obersalzberg et Munich. Les deux autres tiers portaient sur les arts (architecture, sculpture, peinture) et le dernier tiers sur l’astrologie, le spiritisme, la nutrition et les régimes ! Il paraît que Hitler ne lisait pas pour se cultiver mais pour conforter des concepts et points de vue forgés une fois pour toutes. Ce qui retenait son attention était destiné à étayer une opinion déjà arrêtée.

On apprend aussi qu’il parlait le français qu’il avait appris au lycée mais qu’il n’aimait pas le parler et se faisait traduire, mais il avait conservé une connaissance suffisante pour reprendre à l’occasion l’interprète sur la traduction d’un terme ou d’une expression.

Mais comment l’occupant a t’il pu gérer la France durant ces 5 années d’occupation? Bien des choses que ce livre nous permet de découvrir et de comprendre…

Pages terribles sur des années terribles. Je pense que c’est un leurre que de vouloir mélanger les peuples européens, si différents culturellement, mais c’est une nécessité que d’aspirer a une Europe unie économiquement.

HITLER ET LA FRANCE, PERRIN Tempus 2017,  ISBN 978-2-262-06972-8

250 000

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250 000 entrées dans le blog ! Cela mérite quelques commentaires analytiques et les remerciements à tous mes lecteurs anonymes et assidus. J’ai comptabilisé 166 pays différents parmi les lecteurs, ce qui est un chiffre constant par rapport à la dernière analyse ( 200 000 entrées).

Ce modeste blog a démarré en décembre 2011 avec seulement deux livres publiés. Le blog a donc 6 ans et demi d’existence avec 642 livres commentés et une moyenne de 8 à 9,5 livres par mois. Ce n’est pas rien car cela implique un enchaînement constant dans la lecture qui reste pour le moment une « passion ».

Les livres les plus lus  émanent de la France (143), de l’Espagne (130) et du Chili (63) ce dernier presque ex-aequo avec l’Argentine et les USA.

Quels sont cette fois les livres en français les plus lus du blog ? Le plus lu est Celle qui fut et celle qui reste de l’italienne Elena Ferrante ( tome 3), suivi de Le poids des secrets de la japonaise-canadienne Aki Shimazaki qui publie directement en français et qui garde sa place et ensuite Les gens qui lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand. Mais le texte le plus lu du blog, et de loin, est le portail qui comporte les 5 dernières lectures, ce qui voudrait dire que les suiveurs vont plutôt voir ce qui a été lu plutôt que rechercher un livre en particulier. Il est vrai que je ne suis pas de près l’actualité littéraire, mais que je lis en suivant un parcours complètement chaotique et très personnel qui suit plusieurs pistes (bouche à oreille+++, achats, prêts, bibliothèques, cadeaux, réseaux de lecture, réunions littéraires, etc).

Mais si l’on regarde la totalité des livres lus, ceux en français n’arrivent qu’en 21 unième position, bien après les livres en espagnol. C’est intéressant de constater que parmi les 20 livres les plus lus en espagnol, 19 sont des classiques de la littérature hispano-américaine.

Quels sont les pays qui font le plus d’entrées ? Les USA, suivi du Mexique et de la France.

Pour clore, une belle phrase de De Rivarol…la lecture, charmant oubli de vous même et de la vie.

Et bonnes lectures à tous.

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250 000 entradas en el blog, 6 años y medio de existencia, 642 libros reseñados, con un promedio de 8 a 9 por mes. Es bastante tiempo consagrado y mucho placer de lectura.

Lo más consultado es el portal, de lejos, como si los lectores quisieran saber qué va apareciendo (aparecen los 5 últimos), más que una búsqueda sobre un libro en particular. Los tres libros más consultados del blog son en español : El laberinto de la soledad del mexicano Octavio Paz, Loreto del peruano Fernando Ampuero (esto es una sorpresa !) y Aura de Carlos Fuentes, otro mexicano. Y los 20 primeros libros más consultados son en español; el primer libro en francés aparece solamente en la 21ava posición. Entre los 20 libros más leídos, los 6 primeros son « clásicos » de la literatura hispano-americana, solo Loreto no lo es puesto que es un libro muy reciente (2014).

Hay 166 países diferentes que han consultado el blog; los 3 primeros son EEUU, seguido de Mexico y de Francia. Es probable que los lectores se repartan entre español y francés en el vasto continente norteamericano, con una neta predilección hacia el español.

Para terminar, les dejo una citación de Luisa May Alcott, la autora de mi libro preferido cuando fui joven, Mujercitas…es un buen libro aquel que se abre con expectación y se cierra con provecho.

Buenas y provechosas lecturas a todos.

 

 

Perro muerto de Boris Quercia

 

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  Boris Quercia es un actor, director, guionista, productor y escritor chileno (Santiago 1967). Es el autor de una película de mucho éxito « Sexo con amor » del 2003, ganadora del Premio Altazor 2004.

Santiago Quiñones, tira (2010)  su primera novela policial con el tira Quiñones (Les rues de Santiago en francés) fue comentada en este blog en febrero 2018 , una novela que me encantó a pesar de ser extremadamente negra porque hiperrealista.

Su segunda novela es ésta, Perro Muerto (2015, Tant de chiens en francés) que le valdrá nada menos que el Premio de la Mejor Novela Policial Extranjera 2016, un Premio muy seguido en Francia donde las novelas del género policial tienen  un vasto público. Se dice que Quercia trabaja en una tercera entrega con el tira Quiñones y que la trilogía será el objeto de una serie para la TV; ya tienen un actor para el rol estelar que también lleva el nombre de Santiago : se trata de Tiago Correa.

Es otra novela negra que me encantó, tanto como la primera y que me gustaría leer traducida al francés porque el original conlleva tantos modismos « en chileno » que estoy curiosa de saber cómo se han traducido; he leído por ahí que la traductora ha hecho un trabajo soberbio.

Perro muerto, el título, no tiene nada que ver con la expresión chilena de « hacer perro muerto », es decir, partir sin pagar de un lugar. En la novela de Quercia se parte y se termina con una historia de perro y los pobres perritos no la pasan nada de bien, especialmente el quiltro del final.

Tenemos dos protagonistas : el tira Quiñones y el centro de la ciudad de Santiago. La novela comienza con una balacera entre narcos y policías donde Jiménez, un colega y amigo de Quiñones será herido mortalmente y legará al tira una investigación personal y fuera de la jerarquía sobre corrupción involucrando a menores de edad.

El tira se verá involucrado en una investigación sobre abuso sexual en menores abandonados en centros especializados y asesorados por el Estado ! Es una red de prostitución que involucra a políticos, policías, jueces y delincuentes. Este tira Quiñones vive a salto de mata, cada día más cínico y amoral y paradójico, porque al mismo tiempo ambiciona una vida de lo más normal, pero se deja ir a sus instintos y le va mal por todos lados. No se porta nada de bien, pero nadie se porta bien en la novela, hasta Marina, la enfermera y pareja del tira hace sus tráficos con morfina que saca de la clínica !

La ciudad céntrica de Santiago aparece como una urbe asfixiante y saturada de smog, un antro de inseguridad y de violencia donde los maleantes parecen más protegidos que los policías.

El autor opina de pasada sobre temas interesantes. Cito página 14…es un tipo largo, calvo, medio encorvado, como le pasa a la gente alta en Chile. Este es un país que castiga al que sobresale. La gente alta trata de pasar desapercibida, y los muy altos, como este tipo, se encorvan para sumarse al promedio…

La novela atrapa desde la primera página y no hay forma de soltarla hasta en desenlace final. Es una novela corta y ágil por lo que se lee de un tirón. Esperando el tomo tres, la voy a leer en francés para apreciar la traducción…

PS (avril 18,2018): lo leí en francés y aunque la traducción es muy buena, se pierde todo el lado « sabroso » de la prosa de Quercia. Cuando la frase es muy coloquial-chilena, desaparece de la traducción. Pero creo que es algo inevitable y que sólo leyendo la obra en el idioma vernáculo se pueden apreciar los matices y riquezas de una prosa. (Gracias a la amigota del alma, Fanfan, que me regaló el libro en francés).

PERRO MUERTO, Roja y Negra 2016 (BQ 2010),  ISBN 978-956-9659-26-3

Balzac (Le roman de sa vie) de Stefan Zweig

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Stefan Zweig ( Vienne 1881-Brésil 1942) est un immense écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien; il fait partie des grands littérateurs du XXème siècle, à la hauteur d’un Musil, un Márai, un Joseph Roth et d’autres. Il faisait partie de l’intelligentsia juive viennoise, mais il a dû fuir son pays en 1934, en raison des évènements politiques.  Avec son épouse Lotte, ils s’étaient exilés au Brésil où ils se donneront la mort en 1942 à l’aide d’une dose létale de barbituriques par désespoir et avec l’intuition profonde de la fin de leur monde culturel.

Son oeuvre est vaste, peu de romans mais beaucoup de nouvelles et quelques biographies qui sont devenues des références incontournables.

J’ai déjà commenté ici en février 2014 sa nouvelle Le voyage dans le passé qui date de 1929 et qui fait partie d’un lot de documents retrouvés à Londres. C’est une histoire d’amour assez tragique et romantique d’où Patrice Leconte tira le film Une promesse sorti en avril 2014, un beau film.

Stefan Zweig excelle dans la biographie, avec un travail très fouillé. Je garde un souvenir ébloui de la biographie de Marie Antoinette avec un portrait très humain de cette reine de France si mal aimée. La biographie sur Balzac, un de mes auteurs préférés, est un autre monument qui aurait coûté 10 années de travail à Zweig et qui ne fût publiée qu’en 1946, soit 4 années après le suicide de l’écrivain, un livre qui a été fini par l’éditeur londonien de Zweig, Richard Rosenthal, lequel s’explique dans la post-face du livre datant de 1945.

Dans Balzac, le roman de sa vie nous suivrons la vie de Balzac pas à pas. Son enfance malheureuse car privée de la présence et de l’affection de sa mère, ce qui va déterminer l’affect du romancier. Et le fait qu’à peine sorti de l’adolescence, il a dû gagner sa vie afin de ne rien coûter à ses parents qui n’approuvaient pas son inclinaison pour la littérature.

Cette pression économique sera telle que très vite, l’écrivain  a fait de « l’alimentaire » en littérature. Ce n’est qu’autour de sa trentième année que la production littéraire gagnera en qualité.

Honoré de Balzac a laissé une oeuvre immense, il a crée une cathédrale avec sa Comédie Humaine: en seulement 20 ans il nous a laissé 74 romans dont plusieurs chefs-d’oeuvre avec des centaines des paysages, de maisons, de rues et 3 000 personnages/études psychologiques dont une centaine sont inoubliables, représentant tous les types sociaux; c’est une oeuvre d’un grand réalisme, une « histoire complète de la société française au XIXè siècle » au dire de Balzac lui même. Le génie balzacien c’est celui d’une puissance créatrice hors normes.

Mais cette surproduction forcée a nécessité une force physique colossale avec un emploi du temps reglé et sévère et la consommation de litres de café fort qui ont fatigué et usé son système nerveux. On pense aujourd’hui que cette écriture forcée était l’oeuvre d’un monomaniaque et cette monomanie restera chez lui la condition de tout succès.

Son cadre de travail était sa petite table rectangulaire à quatre pieds qu’il a sauvé des ventes aux enchères et aux catastrophes, à gauche de sa table un tas de feuilles blanches bleutées et bien lisses pour ne pas trop fatiguer les yeux et ses plumes de corbeau affutées soigneusement par lui même. A droite de la table, un carnet où il note ses trouvailles et ses idées pour les chapitres à venir. Et le café, qu’il consommait sans modération et préparait lui même, était fait d’un mélange de trois espèces de grains. On a calculé qu’au bout de 20 ans, ce sont 55 000 tasses de café que Balzac a du ingurgiter pour se tenir éveillé et fournir cette production infernale afin de régler ses dettes.

Malgré une rapidité de production des publications, cet homme n’a jamais connu l’aisance économique, mais bien au contraire, il a tiré le diable par la queue sa vie durant. Son premier grand succès fut Le colonel Chabert et le second, Eugènie Grandet. Et c’est après la publication de son Médecin de campagne qu’il a eu l’idée de relier tous ses personnages pour en former une société complète.

La personnalité de Balzac était démesurée, tout en lui était surdimensionné. Il dépensait l’argent sans compter et avant même de l’avoir gagné. Il vivait en permanence dans des chimères qu’il montait lui même et toutes les entreprises qu’il mena, furent un échec cuisant : l’imprimerie, la fonderie de caractères, sa maison des Jardies à Ville d’Avray, etc.  C’est un homme de la perpétuelle démesure : quand il admire, il faut qu’il tombe en extase; quand il travaille, il peine comme un galérien; quand il s’épanche auprès de quelqu’un, il faut que ce soit une surabondance, une orgie de confessions. Balzac ne peut respirer que dans une atmosphère embrasée; la démesure reste l’unique mesure à sa taille. son tempérament sanguin est étrangement porté à oublier les désagréments, et les obligations, si elles ne sont pas pressantes, sont comme si elles n’étaient pas.

Sa vie sentimentale ne fut pas très heureuse. Son premier amour fut une voisine de ses parents, Mme de Berny, la Dilecta, âgée de 45 ans alors que lui avait un peu plus de 20 ans; de toute évidence il a cherché cet amour maternel si  bienveillant et protecteur, tel qu’il lui fit défaut et cet amour lui valut une phrase devenue immortelle « il n’y a que le dernier amour d’une femme qui satisfasse le premier d’un homme ». Son dernier amour, Eva de Hanska, qu’il a épousé à Metz,  n’en voulait qu’à sa gloire d’ écrivain et lui, qu’à ses titres et ses millions.

Physiquement Balzac était un molosse de petite taille, trapu, lippu et édenté, mal fagoté, mais avec un regard d’une rare acuité. Ses manières laissaient à désirer et son goût vestimentaire était totalement kitsch. Il se voulait un dandy parfait, mais les gens se moquaient de lui par derrière sans que cela le perturbe car il avait trop de vitalité, de tempérament, il voyait les choses de trop haut et aux sourires railleurs il répondait par un gros rire rabelaisien.

Le docteur André Jeannot, psychiatre, a écrit une excellente monographie sous le titre Balzac, le forçat de la gloire (ce qui lui colle très bien) sur l’anomalie mentale bénigne de Balzac ou hypomanie, compatible avec le génie. Il explique la tachypsychie ou la « fuite des idées » de Balzac avec son débit cérébral accéléré qui entraine sa « pure pensée » dans une festivité verbale à laquelle participe la triomphale saturnale de tout son être, y compris « son sang et ses muscles ». Le docteur Jeannot cite amplement à Zweig dans son ouvrage.

Balzac avait l’habitude de ne pas tenir ses engagements. Dans ses opinions politiques comme dans ses opinions littéraires, dans ses amours, dans ses amitiés, il est toujours prêt à se renier, affiche un parfait manque de constance et de scrupule. L’écrivain qui sera toujours en imminence de planter l’oeuvre pour un emploi plus lucratif, qui a abandonné le roman populaire pour l’édition, l’édition pour l’imprimerie, l’imprimerie pour le roman, aurait abandonné le roman pour le théâtre, le journalisme, la politique, la prospection des mines, la concession des canaux, la plantation d’ananas à Ville d’Avray!, et dans les dernières années, n’ambitionne plus rien qu’une autre fonction, un autre métier: celui de prince consort d’une comtesse milliardaire !

Le docteur Jeannot remarque justement le caractère monomaniaque de la convoitise qui entraine les héros balzaciens : quelle passion les mène? Ils ne le savent pas eux-mêmes. Toujours plus de titres pour Rastignac, de faiblesses paternelles pour le père Goriot, de sensualité pour Hulot, d’or pour Grandet. Le désir du héros balzacien n’a pas de fin. La fin du roman dans lequel il s’incarne n’est, elle même, jamais que la fin d’un chapitre de La Comédie Humaine. Chez Balzac, toujours en projection au-delà de l’impossible présent, le mot « Fin » ne fait pas partie du vocabulaire.

L’homme qui, au long de sa vie, démontra son incapacité à ordonner le sens et le courant de son vécu,  a dirigé avec une sûreté rare l’existence de ses héros. L’homme a buriné des figures éternelles. L’homme qui n’obtint que la ruine dans ses activités commerciales, réussit magnifiquement son entreprise littéraire. L’homme qui ne fut fidèle à rien, fut d’une inflexible fidélité pour son oeuvre. La grandeur de Balzac est d’avoir vécu souverainement à l’intérieur de sa Comédie.

Page 249 le docteur Jeannot écrit que pour donner la mesure de la vie relationnelle de Balzac, il suffit de rappeler que nul de ses personnages n’est inventé, que tous, fût-ce le plus secondaire, furent examinés, écoutés, scrutés par lui. La démesure de son oeuvre n’est donc pas inversement mais directement proportionnelle à la démesure de son élan vers les gens et les choses. Toutes deux sont marquées du sceau de l’avidité intrinsèque.

Aussi, le psychiatre remarque la logorrhée extrême de l’écrivain et une fantaisie ludique des rapports qui lient le monde au moi balzacien. Le véritable niveau en est celui d’une rêverie parlée et mimée, par sa redondance, son clinquant, son enflure ambitieuse, expansive, exubérante, nourrie d’idées de richesses, de puissance, de confiance, de certitude immédiate de bonheur et de satisfaction, les chimères balzaciennes ressortissent d’un délire verbal. Chez Balzac tout ce qui est pensé est parlé et c’est par la parole qu’il assure le contact avec les autres.  Balzac, le plus logorrhéique de tous les écrivains, a les idées délirantes de sa logorrhée. Et quand chez cet écrivain les lèvres cessent de discourir, c’est à la plume de courir et l’oeuvre, dont l’ampleur, la profusion des thèmes, des images et des personnages, le style capricieux et empressé, la longueur des développements, évoquent  cette incontinence logorrhéique.

Le docteur Jeannot cite une excellente phrase d’André  Maurois sur l’oeuvre de Balzac…ces hommes et ces femmes sortis de son imagination vivent pour nous autant et plus que les vivants.

BALZAC, Livre de Poche 13925 (SZ 1946),  ISBN 978-2-253-13925-6

El enigma del convento de Jorge Eduardo Benavides

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  Jorge Eduardo Benavides es un escritor peruano (Arequipa 1964). Su primera novela Los años difíciles (2002) fue reseñada en este blog en septiembre 2012 : una novela política sobre los últimos años de la primera presidencia de Alan García, hace parte de una trilogía de novelas políticas junto con El año que rompí contigo (2003) y Un millón de soles (2008), estas dos últimas no han sido leídas. Reseñé en enero 2018 su entretenida novela Un asunto sentimental (2012), una obra muy buena para ilustrar un relato metaliterario y un verdadero ejemplo en lo que se refiere a mezclar realidad y ficción con maestría.

El enigma del convento (2014) es el tercer libro del escritor peruano que reseño y esta vez se trata de una novela histórica entre España y Arequipa. ¿Quién mejor que otro arequipeño para hablar de esta hermosa ciudad? El libro ha sido galardonado con el XXV Premio Torrente Ballester de Narrativa histórica 2014.

La novela acaece entre la España post napoleónica y el convento de Santa Catalina a principios del siglo XIX en la ciudad de Arequipa.

El convento de Santa Catalina existe y fue inaugurado en 1579, perteneciendo a la Orden de Catalina de Siena; fue construido sobre un terreno de unos 20 mil metros cuadrados con objeto de albergar a las hijas de las familias más distinguidas de Arequipa. El convento está dividido en 4 barrios y su estilo mezcla lo español con lo indígena por lo cual es muy interesante y diferente de las otras construcciones coloniales. En su interior existe un museo que reúne una de las muestras más importantes del arte religioso del continente (foto del convento).Image illustrative de l'article Couvent Santa Catalina

La novela de Benavides tiene tres protagonistas : una novicia, Anita Moscoso, que ingresa al convento después de un desengaño amoroso, un general peruano y arequipeño (personaje histórico) Don José Manuel Goyeneche fiel al servicio del rey de España Fernando VII y, el convento de Santa Catalina.

La historia tiene 2 relatos que irán aproximándose en el transcurso del libro para terminar en un tronco común: el primero es el relato ubicado en el convento a principios del siglo XIX cuando una monja cuenta una historia llena de aventuras a Anita Moscoso, inconsolable con su historia de amor fallido, la historia versa sobre papeles comprometedores dejados en custodia a una pariente en el convento por el general Goyeneche. La otra historia se sitúa en el Madrid de 1814 cuando el rey Fernando VII abolió la Constitución de Cádiz y se comportó como un tirano absolutista volviendo de su exilio francés. Los liberales, que no estaban de acuerdo tramaron el complot conocido como « la conspiración del triángulo ».

El marco histórico de la novela  es el conflicto en España entre los partidarios de Fernando VII y los liberales que defienden la constitución de Cádiz, en una España de principios del siglo XIX cuando aún era un imperio a punto de desmoronarse en manos de Fernando VII. Por otro lado existe la pugna de las colonias americanas por lograr la independencia de la corona española y Arequipa es un escenario de luchas sangrientas entre los partidarios del rey y los que luchaban por una independencia. La lucha era despiadada porque separaba hijos de padres, hermanos entre si.

LA TRAMA DE LA NOVELA :El general Goyeneche ha vuelto a España tras haber combatido durante 5 años en los ejércitos del rey para sofocar los movimientos de independencia americanos. El ha dejado custodiados en el convento unos documentos altamente comprometedores y para rescatarlos enviará desde Madrid a una sobrina acompañada por una mujer aventurera. Tras un viaje de 4 meses las dos mujeres llegan a duras penas a una Arequipa convulsa por la guerra de independencia y con un convento invadido por la población local que busca cobijo y amparo dentro del santo lugar. En esta parte del relato, la novela se convierte en una historia de suspense.

El talento de Benavides nuevamente se mide en la facilidad que tiene para entregar una novela dentro de otra novela como en Un asunto sentimental y también para mezclar ficción y realidad. Hay varios géneros en el libro, fuera de la novela histórica, tenemos un thriller, un par de historias sentimentales, una novela de aventuras y algo de misterio…

Habiendo leído hace poco una novela francesa (La nuit des béguines de Aline Kiner) donde se habla de los beguinajes, he encontrado en el convento de Santa Catalina la posibilidad de que también hayan aceptado en el claustro a mujeres que no eran monjas, pero que vivían fuera de toda tutela masculina y haciendo el bien para la comunidad. Página 89 se lee…y finalmente se añadían las legas, aquellas mujeres que sin tomar los hábitos habían alquilado o comprado una celda para vivir alejadas de la ciudad, de su bullicio y malicia, y que formaban como una comunidad aparte, periférica pero no del todo ajena.

Los nombres de las monjitas del convento son increíbles de imaginación. Hete aquí algunos y son todas por el estilo :sor Grimanesa del Rosario, sor Flor de María de Nuestro Señor, sor Ramira de la Concepción, sor Josefa de la Crucifixión, etc.

Es una novela grata de leer aunque la encontré algo repetitiva, como en cámara lenta hasta el desenlace final, pero escrita en un castellano de excelente factura con palabras exquisitas.

Para terminar muestro el retrato del personaje histórico de la novela, el general José Manuel Goyeneche, conde de Guaqui, después de su rol decisivo en la batalla de Huaqui que originó el título que le concedió el rey de España : conde de Guaqui y Grande de España:

Teniente General Jose Manuel de Goyeneche.jpg

EL ENIGMA DEL CONVENTO, Alfaguara 2014,  ISBN 978-84-204-1763-0