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Heather Mallander a disparu (1) de Robert Goddard

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Robert Goddard est un romancier anglais né en 1954 dans le Hampshire, auteur de romans policiers et de romans à énigmes. Il a étudié l’Histoire à Cambridge puis travaillé dans le journalisme, dans l’enseignement et dans l’administration scolaire avant de se consacrer exclusivement à l’écriture. Il possède une vaste bibliographie de plus de 28 romans parus depuis 1986, mais pour le moment seulement 10 ont été traduits en français et publiés par  Sonatine Éditions. Il a été redécouvert aux États Unis avec un grand succès. Actuellement l’écrivain vit en Cornouailles.

C’est un romancier qui se laisse lire, qui amuse et intéresse par ses intrigues pleines de rebondissements et souvent une conspiration longtemps gardée secrète dont la révélation va bouleverser une vie. C’est très délassant , il suffit de ne pas le lire les uns après les autres pour mieux les apprécier car son style se répète.

J’ai déjà commenté trois de ses romans dans le blog :  Par un matin d’automne ( In Pale Battalions, 1988) en juillet 2013, un roman  épais qui m’avait captivé par ses rebondissements incessants, un vrai page-turner, mon premier Goddard. Puis Le temps d’un autre (Borrowed Time, 1995) en janvier 2016 qui m’avait un peu moins séduite par un côté invraisemblable: cette espèce d’attraction maladive du protagoniste pour l’énigmatique Lady Paxton.  Les Mystères d’Avebury (Sight Seen, 2005) en juin 2017, un  « pur » Goddard et encore un page-turner construit autour de secrets avec un vrai tempo de thriller.

Heather Mallander a disparu (Into the Blue 1990) est le quatrième opus que je lis à R. Goddard. Il a reçu le Prix Smith Good Read Award et le Prix des Lecteurs 2013; ce livre forme partie d’une série chronologique de trois livres avec comme personnage principal Harry Barnett, suivi de Out of the Sun (1996) et de Never Go Back (2006), ces deux derniers non encore traduits en français. Heather Mallander a disparu a été porté à la TV anglaise en 1997  sous le  titre en anglais  par Jack Gold comme directeur.

Heather Mallander a disparu est une lecture de 700 pages très agréable, avec plein de personnages bien campés, des péripéties, des mystères et une trame si compliquée et riche en événements que la résumer c’est vous l’éventer.

Raconter l’intrigue ce serait spoiler le livre et c’est bien dommage parce que c’est tout l’attrait de cette lecture. Disons en gros que Heather Mallander est une belle anglaise de 27 ans venue soigner ses peines à Rhodes où Alan Dysart (député et sous secrétaire d’État) possède une belle maison gardée à l’année par Harold (Harry) Barnett. Ce Harry Barnett est un peu un anti-héros, falot à souhait, mais c’est lui qui mènera la danse. La belle Heather va disparaitre alors qu’elle se promenait avec Harry. Alors, tout accuse Harry qui mènera sa propre enquête à partir de photos laissées par Heather. Nous avons droit au déroulement de la dite enquête à la manière d’Agatha Christie où tous les personnages ont quelque chose à se reprocher; ici les personnages  sont assez bien campés et suffisamment différents pour que l’on s’intéresse à eux. Ils comportent tous une part de mystère avec parfois de la menace latente ce qui ajoute des petits frissons à la lecture.

Nous avons une histoire pleine de rebondissements qui se tient bien. Comme à son habitude Goddard apporte mystères et résolutions au fil des pages avec parfois un descriptif très long mais qui éclaire bien les lieux et les habitudes des habitants, même si par moments cette minutie descriptive lasse un peu.

J’ai été frappée par la médiocrité du personnage central, Harry Barnett, un profil si bas confronté à des situations hautes en couleurs et pleines de significations. Il y a une belle brochette de salauds en haut de l’échelle sociale, prêts à tout pour garder la mainmise sur les affaires. Et Heather Mallander dans ce récit? C’est une des figures féminines très énigmatiques jusqu’au dénouement final.

Une lecture épatante pour se distraire avec un argument complexe où l’auteur se fait plaisir pour nous égarer en conjectures. Mais toutes les astuces seront expliquées à la fin. Un autre aspect positif de ce roman, à mon goût, est le descriptif détaillé de l’entourage, que ce soit de l’Angleterre, de l’île de Rhodes ou de la Grèce. C’est très fouillé  et cela me rappelait le divin Balzac et ses descriptifs.

C’est un autre « pur » Goddard avec tous ses ingrédients favoris: mystères, secrets, sentiments variés, études de moeurs, bon ancrage géographique. Dans celui-ci il y une énigme assez prenante et insidieuse. J’ai trouvé la fin assez gore. Et par association d’idées, je n’ai pas cessé de penser à l’excellent film A couteaux tirés (2019) de Rian Johnson, un régal. Et dont on annonce une suite pour 2021.

Into the Blue Poster

 

 

HEATHER MALLANDER, Livre de Poche N°32874, 2013(RG 1990),  ISBN 978-2-253-16953-6

Couleurs de l’incendie (2) de Pierre Lemaitre

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Pierre Lemaître est un scénariste et romancier français (Paris 1951) avec une formation de psychologue; il connait un grand succès depuis le Prix Goncourt  2013 avec un roman noir picaresque Au revoir là haut (2013) qui fera partie d’une trilogie avec Couleurs de l’incendie (2018) et Miroir de nos peines (2020) . En dehors du prestigieux Goncourt, ce livre a reçu une huitaine d’autres prix,  un beau et mérité succès. Les livres de Lemaitre sont en cours de traduction dans plus de trente langues.  Et ses polars ont été primés plusieurs fois . Il vit de sa plume depuis 2006.

Tous les livres de Pierre Lemaitre ont été commentés dans ce blog; aucun ne m’a déçu et j’aime son style assez particulier, entre ironie et drôlerie avec un sens inné de la trouvaille et des phrases qui font mouche.

Le premier tome de la trilogie Au revoir là haut (2013) fût d’une lecture éblouissante, et le livre commenté en septembre 2016 . Un très bon film est sorti en 2017 avec  Albert Dupontel comme réalisateur, film qui a reçu le César de la meilleure adaptation ainsi que d’autres nominations.

Couleurs de l’incendie est un vrai page-turner car la lecture vous happe dès la première page avec des personnages solidement bâtis. Cette fois nous suivrons les tribulations de Madeleine Péricourt la seule héritière du milliardaire Marcel Péricourt et dont le frère, Edouard, une « gueule-cassée » de la guerre 14-18 connaitra une fin dramatique à la fin du premier tome.

Dans le premier tome Madeleine avait épousé l’affreux Henri d’Aulnay-Pradelle, homme d’affaires véreux  avec lequel elle aura un fils, Paul. Au moment de la narration le corrompu Pradelle croupit en prison. Jusque là, Madeleine Péricourt avait été gâtée par la vie, ne s’intéressant à rien dans les affaires de son père ni s’occupant de son fils Paul non plus. Or, le petit Paul est laissé dans les mains d’un répétiteur qui l’instruit à domicile. À la mort du patriarche, son fondé de pouvoir, Gustave Joubert, centralien de formation aura des vues sur l’esseulée Madeleine, qui le voit toujours comme un subalterne.

Nous sommes dans la post guerre 14-18 et les magouilles vont bon train, que ce soit au niveau industriel ou au niveau politique (déjà). Les impôts accablent ceux qui en payent (déjà!). Puis le krach boursier de 1929 arrive et beaucoup de fortunes se défont. Mais il n’y a pas que Henri Pradelle comme ripou, car Charles Péricourt, frère de feu Marcel Péricourt, est un parlementaire retors et vénal, président d’une commission parlementaire chargée de la lutte contre l’évasion fiscale ! (Comment ne pas penser à des affaires plus récentes et vite enterrées).

Voilà Madeleine Péricourt dans la panade avec des déboires personnels (le fils) et « l’aspiration » de sa fortune par des délits d’initiés. Cette femme déclassée fera face d’une drôle de façon, pour le moins inattendue de la part d’une femme si veule jusque là et se fera aider par un ancien employé de son ex mari. La vengeance est un plat qui se mange froid… nous en avons ici un bel exemple.

Les personnages de Lemaitre sont parfaits et profondément esquissés, c’est un régal que de les suivre dans leurs péripéties. Mais vers la page 300 j’ai ressenti un certain relâchement, vite repris dans la partie finale du livre. J’ai trouvé aussi que la relation de Madeleine avec Léonce sonnait faux car comment faire confiance à une femme prête à tout pour avoir de l’argent sans aucun jugement moral sur ses actions ? Est-ce que la trame de l’histoire nécessitait des accointances solides entre ces deux femmes si distinctes ? Puis ce petit Paul, accablé de tous les maux devient presque normal, à la fin du livre…Malgré ces quelques points faibles, quel souffle romanesque, quel entrain. Une bonne et distrayante lecture, à quand le film ?

Le titre du roman se retrouve dans deux passages. Page 299 au déclenchement d’un incendie…parce que les lueurs de l’incendie se virent depuis la route au moment où ils reprenaient le chemin vers Paris…Aussi page 383, en pleine révolte nationale contre l’impôt (1933)… le gouvernement observait avec inquiétude les couleurs de cet incendie qui gagnait sans cesse du terrain…

COULEURS DE L’INCENDIE, Livre de Poche N° 35288 (PL 2018),  ISBN 978-2-253-10041-6

Historia secreta de Chile (3) de Jorge Baradit

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Jorge Baradit (Valparaiso 1969)  es un escritor chileno de novelas (ficción y no ficción), autor de la trilogía Historia secreta de Chile. El autor se dedica a la literatura desde 2005.

Se le ha integrado a un movimiento renovador de las letras chilenas llamado Freak Power, compuesto por narradores como Bisama, Ortega, Wilson, Amira, etc.

Historia secreta (1) y los que siguieron se han convertido en super-ventas nacionales desde el primer mes llegando a unas 200 000 publicaciones con los dos primeros tomos.

Estos libros me fueron muy recomendados por un librero de la ciudad chilena austral de Punta Arenas y compré dos; yo no los hubiese escogido sin saber. Y no me arrepiento porque se leen bien , son entretenidos y bastante transgresores. Desde ya la portada del primer tomo muestra al gran marino Arturo Prat, héroe de la Guerra del Pacífico, con un tercer ojo masónico y otros implementos.

Aunque mirar la Historia por el extremo equivocado del telescopio puede resultar tendencioso porque es enfocar en campo cerrado, ver solo un punto y hacer caso omiso del resto.

Este tercer tomo trae a la poetisa Gabriela Mistral en la portada en una caricatura con tatuajes y piercings. No se si a la ilustre señora le hubiese gustado la broma porque éste no es un libro para divertirse, creo, sino que es un libro para aprender que, imagino, ha necesitado bastante investigación.

En este nuevo tomo hay 9 historias de las cuales no todas me interesaron, pero algunas me fascinaron.

La primera historia me impactó, ella narra un terrible incendio en diciembre de 1863 en Santiago en la Iglesia de la Compañía de Jesús, muy cerca de la catedral de Santiago. Ignoraba el hecho y la magnitud del desastre. Murieron en el incendio unas 2000 personas, el equivalente del 1% de la población de Santiago en aquel entonces. La noticia recorrió el mundo.

Otra historia que encontré increíble es la del grupo de 28 chiflados expedicionarios que se lanzaron en una expedición a la Antártida con el irlandés Shackleton a la cabeza. Con los medios limitados que existían en 1914 y con una Europa en guerra que no les tiraba pelota a los expedicionarios. Cómo quedaron atrapados en los hielos durante un año y escaparon a la muerte! In-cre-í-ble de osadía temeraria.

El pasado de la Isla de Pascua que Baradit explica con una nueva teoría bastante creíble: la cuasi desaparición de ese pueblo tan diferente al chileno y que dejó muestras de un gran desarrollo con la escultura de los moais, es terrible. No tenía la menor idea de que los peruanos habían hecho prisioneros en la isla para llevárselos como esclavos para explotar el guano y que se habían llevado nada menos que a los líderes de ese pueblo.

La corta historia sobre Gabriela Mistral es triste como lo fue su vida. Es más que seguro de que esta brillante mujer sufrió de ostracismo.

La historia del cráneo de José Miguel Carrera es truculenta. No sabía que este hombre, prócer de la Patria en Chile, fue un revoltoso irredento, un insolente y un hombre extraordinariamente buenmozo como lo acabo de comprobar en unas litografías de la época (1830) que ví en el interesante Museo de Colchagua en  Santa Cruz.

Un libro que se deja leer como una historieta, pero que revela hechos relevantes en la Historia del largo y estrecho país llamado Chile.

HISTORIA SECRETA (3), Sudamericana 2017,  ISBN 978-956-262-495-4

Historia Secreta de Chile (1) de Jorge Baradit

Résultat de recherche d'images pour "historia secreta de chile jorge baradit"" Jorge Baradit (Valparaiso 1969)  es un escritor chileno de novelas (ficción y no ficción), autor de la trilogía Historia secreta de Chile. El autor se dedica a la literatura desde 2005.

Se le ha integrado a un movimiento renovador de las letras chilenas llamado Freak Power, compuesto por narradores como Bisama, Ortega, Wilson, Amira, etc.

Historia secreta (1) y los que siguieron se han convertido en super-ventas nacionales desde el primer mes llegando a unas 200 000 publicaciones.

Este libro me fue muy recomendado por un librero de la ciudad chilena austral de Punta Arenas; porque yo no lo hubiese escogido sin saber. Y no me arrepiento porque se lee bien , es entretenido y bastante transgresor. Desde ya la portada de este primer tomo muestra al gran marino Arturo Prat, héroe de la Guerra del Pacífico, con un tercer ojo masónico y otros implementos.

Mirar la Historia por el extremo equivocado del telescopio puede resultar tendencioso porque es enfocar en « close up », ver solo un punto y hacer caso omiso del resto. Cada pueblo tiene y vive su Historia una vez, no se puede hacer de nuevo.

Las 12 historias de Baradit son entretenidas y transgresoras, son anecdóticas, son especiales, son a veces paradójicas porque humanas.

La primera historia narra a un Arturo Prat espiritista, la historia es anecdótica y no le quita nada al personaje heroico, sino que le agrega humanidad.

La historia del terremoto de 1647 en Santiago de Chile, en aquel entonces ciudad pueblerina de 4 000 almas que quedó despoblado, es aterradora y recuerda que las posibilidades sísmicas son tan reales con esa geología hecha de una fina placa terrestre que es Chile entre una fosa marina y la inmensa cordillera, una placa destinada a desaparecer.

La extraña desaparición del cadáver del revoltoso Manuel Rodríguez es anecdótica y al parecer los descendientes quieren encontrar sus restos.

La masacre de los soldados chilenos en La Concepción, Perú, en el siglo XIX fue cruento, pero estaban en guerra y en la guerra no se salva nadie y cuando se cuentan los pobres muertos y se constata que son legión, entonces se dan cuenta que por lo general han muerto por casi nada.

La simbología de la estrella blanca de cinco puntas en la bandera chilena es interesante y probablemente de origen complejo. Hubo mucho esoterismo en aquellos tiempos, explicaciones poco claras y soterradas.

El capítulo sobre el medium Jaime Galté me resultó fascinante porque imposible de catalogar, de definir, de analizar. Pero los hechos están ahí, oscuros y ineludibles, extraordinarios. Siempre me ha llamado la atención el caso que hacen los políticos a este tipo de misterios y también la necesidad que siente la gente que sufre de reanudar con este tipo de contactos con el más allá como una reminiscencia arcaica del alma humana.

La historia del asesinato del general Silva Renard en Santiago en 1914, un general que comandó las tropas que arremetieron contra mineros en la oficina salitrera Chile en 1904 y en 1907 con la matanza en la escuela Santa María de Iquique, provocando miles de muertos. Este último fue narrado magníficamente por Hernán Rivera Letelier en su libro Santa María de las flores negras (2002).

La historieta sobre el emperador francés de Araucanía es una patraña ideada por gente ávida de oropeles y reconocimiento. Es ridícula y verídica.

La historia de Ingrid Olderock no la conocía y es pavorosa.

La conspiración de la Virgen de Peñablanca es otra patraña increíble para hacer diversión. Exactamente como « Al pueblo, pan y circo » de los romanos. Lo increíble resulta del nivel de implicación de algunos.

Y el último relato concierne la Internet de Salvador Allende, es decir, que el ex presidente de Chile había pensado controlar el óptimo funcionamiento de los camiones distribuidores de mercancías  vía un sistema computacional en el Chile de 1972 con la ayuda de un cibernético británico Stafford  Beer. Se le vino abajo el sistema con la inyección de dólares que llegó desde USA para subvencionar a los camioneros.

Un libro que se lee bien, pero que no hace la Historia, más bien ahonda  la historieta de la Historia o las páginas amarillas de la Historia.

HISTORIA SECRETA, Sudamericana 2015,  ISBN 978-956-262-469-5

Le braconnier du lac perdu (3) de Peter May

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Peter May est un romancier et scénariste pour la TV de nationalité écossaise (Glasgow 1951) résidant en France et naturalisé français depuis 2016.

Il a écrit une trilogie écossaise qui a connu un énorme succès: le premier tome est L’île des chasseurs d’oiseaux (The Blackhouse 2009) un livre trois fois primé: le Prix Les Ancres noirs 2010, le Cezam Prix 2011 et le Prix Barry 2013, c’est un livre qui m’a beaucoup plu par la force des éléments naturels mis en relief et l’histoire qui va avec; j’ai commenté ce livre en octobre 2019. Le deuxième tome est L’Homme de Lewis (The Lewis Man, 2012) aussi très impressionnant par cette nature impérieuse autour des Iles Hybrides, quoique l’intrigue m’ait moins envoûté que dans le premier tome; j’ai commenté ce deuxième tome en novembre 2019.

Le braconnier du lac perdu (The Chessmen 2013) est le troisième et dernier volet, il a reçu le Prix polar international de Cognac 2012. On retrouve MacLeod, ancien policier, revenu sur l’ile de Lewis pour se ressourcer; il reprend et retape la maison délabrée de ses parents et renoue des relations avec Marsaili quoique la passion n’y est plus.

En tout cas, à l’occasion d’un phénomène local naturel absolument inouï, et de plus, auquel il a assisté, un cas d’assassinat datant d’il y a 18 ans va refaire surface.

Le phénomène local dont je fais allusion est la disparition d’un loch de 1 Km et demi de long, 800 mètres de large et entre 15-20 mètres de profondeur. Ils appellent cela « une poussée de tourbière », c’est à dire que après une longue période sans pluie, la tourbe en surface sèche et se craquelle, devenant  imperméable. La plupart des lochs reposent sur de la tourbe qui elle repose sur le gneiss de Lewis; ils sont souvent séparés par des crêtes constituées d’un matériau moins stable. Et si la période de sécheresse est suivie de fortes pluies, l’eau s’engouffre dans les craquelures de la tourbe et crée un lit de boue sur le soubassement rocheux. Ainsi dans ce roman, on explique que la tourbe située entre les lochs a glissé sur de la boue et le poids de l’eau contenue dans le loch supérieur a pulvérisé l’amphibolite et tout s’est déversé dans la vallée inférieure.

Du coup, dans le roman, on va découvrir un corps à intérieur d’un petit avion qui était au fond du loch.

Macleod n’est plus policier mais travaille pour la sécurité d’un riche propriétaire terrien qui se fait braconner sans vergogne et à grande échelle (parce que à petite échelle et pour la consommation personnelle il existe une certaine tolérance). Il sera mêlé à l’histoire qu’il le veuille ou non parce que dans cette île tout le monde connaît tout le monde.

Que les relations sont compliquées entre les îliens, difficiles, ardues, parfois violentes. Ils se connaissent tous et connaissent tout sur chacun.

Petit à petit on va progresser pour élucider le cas, mais il y aura autour une infinité de situations très compliquées. Il y a dans ce troisième volet des situations qui découlent du tome précédent, voire du premier. Il est préférable de les lire dans l’ordre.

Le théâtre naturel de la trilogie est toujours aussi fascinant. Et c’est tellement bien décrit que l’on entend presque souffler le vent par bourrasques et marteler la pluie dehors. Toutes les cheminées fonctionnent avec de la tourbe séchée et l’âtre dégage, paraît-il, une odeur tout à fait particulière. Il y aurait sur les Hébrides de gros morceaux de gneiss vieux de 4 milliards d’années, depuis la dernière ère glaciaire.

Peter May sait décrire ce monde et en tirer de la poésie :…le temps que Fin Macleod rejoigne Uig, le lendemain de sa confrontation avec Whistler dans le bar, le vent était monté à force six ou sept. Mais il était encore anormalement chaud et des vents atmosphériques encore plus violents avaient aminci les nuages en d’étranges mèches et toupets, comme des plis de gaze voilant le soleil…

J’ai trouvé que la fin du livre était poussive, épaisse et j’avais hâte d’en finir avec l’histoire malgré la beauté des lieux.

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Loch Ròg, Hébrides Extérieures.

 

LE BRACONNIER, A vue d’oeil 2013 (PM 2013),  ISBN 978-2-84666-752-4

Ainsi passe la gloire du monde de Robert Goolrick

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Écrivain américain (Virginie 1948) venu tardivement à la littérature pour devenir un grand dès le départ.

J’ai publié 3 billets en septembre 2012 sur 3 de ses livres : Féroces (2007) un roman autofictionnel dévastateur sur son enfance, A reliable wife (2009) un belle et forte histoire et Arrive un vagabond (2012) inspiré sur des faits réels survenus en Russie mais transposés en Virginie.

Ainsi passe la gloire du monde c’est le titre en français (cette manie des titres longs) de Prisoner, écrit et paru uniquement pour la France considérée comme « une terre d’asile littéraire ».

C’est un livre autofictionnel qui vient clore une trilogie autofictionnelle après Féroces et La Chute des Princes (non lu)  qui  reçut le Prix Fitzgerald 2015.

J’ai eu du mal à m’accrocher au début car il me semblait décousu, avec des souvenirs primesautiers, un peu à l’emporte pièce comme émanant d’un cerveau un peu sénile.

Nous n’avons pas ici une histoire linéaire mais bien une suite d’évènements sous la forme de souvenirs autour du personnage narrateur Rooney, un alter ego de l’écrivain; on a par moments l’impression qu’il veut brouiller les pistes car il ne va jamais jusqu’au fond des nombreuses histoires qui jalonnent sa vie.

Rooney a été un Golden Boy des années 80, puis il a été éjecté de La Firme et on ne saura pas pourquoi. Sa vie fut électrique et vaine. Il se retrouve complètement seul et malade avec pour seule compagnie celle de son chien fidèle Judge; c’est un ange déchu qui se remémore sa vie. Le choc ressenti dans Féroces ressort à nouveau dans ce tome, un traumatisme de l’enfance dont personne  ne peut se départir, comme une marque au fer rouge. Terrible.

Rooney s’en prend à Trump ouvertement, il le ridiculise à outrance, il l’accuse de mener son beau pays au suicide et aussi, de trahison nationale; il ne lui fait aucune concession et lui trouve des noms ravageurs : Despotrump, Dévastatrump, Ventripotrump, etc. Page 99…mais tout ce que touche Trump meurt, chaque jour, des Américains se suicident, à chaque heure, aux antalgiques et à l’alcool, ou dans des voitures qui roulent trop vite. Ils fabriquent de la meth dans leurs bouges de pèquenauds. Il n’y aura pas d’autre vie que celle-ci, avec le Gros Lard orange, un type qui ne sait même pas boutonner sa veste ou nouer sa cravate, avec son gros bide, ses tricheries au golf, ses mensonges sans fin, qu’il répète ad nauseam, un type qui ignore tout de l’histoire, du protocole, ou même de la décence la plus élémentaire.

Un livre sombre et désabusé et qui donne l’impression que ce grand pays est en ce moment un bateau ivre. On comprend que ce livre n’ait pas été publié aux EEUU.

AINSI PASSE LA GLOIRE, Éditions Anne Carrière 2019,  ISBN 978-2-8433-7961-1

L’amour fou d’André Breton

Afficher l’image source André Breton fut un écrivain et poète français (Tinchebray(Orne) 1896-Paris 1966), le principal théoricien et fondateur du surréalisme.

Le surréalisme, ce mouvement artistique du XXè qui utilisa toutes les forces psychiques libérées du contrôle de la raison et qui luttent contre les valeurs reçues. André Breton fut le seul artiste avec Benjamin Péret à avoir appartenu toute sa vie au mouvement.

La littérature du surréalisme est particulière car c’est une écriture automatique qui cherche à échapper aux contraintes de la logique laissant s’exprimer la voix intérieure inconsciente. On écrit ce qui vient à l’esprit sans s’occuper du sens. L’objet est de déconnecter l’esprit, c’est une écriture sexualisée parce que l’acte sexuel libère nos pulsions. C’est en 1934 que se confirme l’audience internationale du surréalisme.

L’Amour fou  a été écrit entre 1934-36 et publié en 1937; tout de suite après sa rencontre avec Jacqueline Lamba le 29 mai 1934. Ce tome vient conclure une trilogie débutée avec Nadja (1928) puis Les vases communicants (1932). L’Amour fou relate des expériences vécues après sa rencontre avec Jacqueline Lamba, personnage principal et muse absolue du livre, sa deuxième épouse, qu’il épousa 3 mois après leur rencontre. Une femme très belle et talentueuse (peintre, décoratrice) surnommée « Quatorze-Juillet » par sa personnalité marquée.

L’Amour fou est un livre d’à peine 175 pages dans cette édition de poche, mais richement illustré avec des photos d’artistes de premier plan comme Man Ray, Brassaï, Dora Maar, etc. Ce fut une lecture ardue, difficile à suivre, mais à ressentir. Sauf le dernier chapitre du livre, celui dédié à la fille qu’il eut avec Jacqueline Lamba, née en 1935.

On ne peut pas résumer un tel ouvrage pour les raisons invoquées dans le troisième paragraphe. Cette lecture nécessite concentration, mais même ainsi il ne reste rien après lecture, rien que la logique cartésienne puisse analyser ni décortiquer.

Regardons de près le texte, chapitre III: C’est à la récréation de cet état particulier de l’esprit que le surréalisme a toujours aspiré, dédaignant en dernière analyse la proie et l’ombre pour ce qui n’est déjà plus l’ombre et n’est pas encore la proie: l’ombre et la proie fondues dans un éclair unique. Il s’agit de ne pas, derrière soi, laisser s’embroussailler les chemins du désir. Rien n’en garde moins, dans l’art, dans les sciences, que cette volonté d’applications, de butin, de récolte.

C’est sur le modèle de l’observation médicale que le surréalisme a toujours proposé que la relation en fût entreprise. Pas un incident ne peut être omis, pas même un nom ne peut être modifié sans que rentre aussitôt l’arbitraire. La mise en évidence de l’irrationalité immédiate, confondante, de certains événements nécessite la stricte authenticité du document humain qui les enregistre.

Seule l’adaptation plus ou moins résignée aux conditions sociales actuelles est de nature à faire admettre que la fantasmagorie de l’amour est uniquement fonction du manque de connaissance où l’on est de l’être aimé, je veux dire passe pour prendre fin de l’instant où cet être ne se dérobe plus. Cette croyance à la désertion rapide, en pareil cas, de l’esprit, en tout ce qui regarde l’exercice de ses facultés les plus exaltantes et les plus rares, ne peut naturellement être mise au compte que d’un reliquat le plus souvent atavique d’éducation religieuse, qui veille à ce que l’être humain soit toujours prêt à différer la possession de la vérité et du bonheur, à reporter toute velléité d’accomplissement intégral de ses désirs dans un « au-delà » fallacieux qui, à plus ample informé, s’avère, comme on l’a fort bien dit, n’être d’ailleurs qu’un « en-deçà ».

L’insolite est inséparable de l’amour, il préside à sa révélation aussi bien en ce qu’elle a d’individuel que de collectif. Le sexe de l’homme et celui de la femme ne sont aimantés l’un vers l’autre que moyennant l’introduction entre eux d’une trame d’incertitudes sans cesse renaissantes, vrai lâcher d’oiseaux-mouches qui seraient allés se faire lisser les plumes jusqu’en enfer.

Prose incandescente, assez absconse, née d’un intense prurit cérébral.

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Jacqueline Lamba la muse de l’Amour fou

L’AMOUR FOU, Folio N° 723, 1997 (AB 1937),  ISBN 2-07-036723-1