Archives

L’amour fou d’André Breton

Afficher l’image source André Breton fut un écrivain et poète français (Tinchebray(Orne) 1896-Paris 1966), le principal théoricien et fondateur du surréalisme.

Le surréalisme, ce mouvement artistique du XXè qui utilisa toutes les forces psychiques libérées du contrôle de la raison et qui luttent contre les valeurs reçues. André Breton fut le seul artiste avec Benjamin Péret à avoir appartenu toute sa vie au mouvement.

La littérature du surréalisme est particulière car c’est une écriture automatique qui cherche à échapper aux contraintes de la logique laissant s’exprimer la voix intérieure inconsciente. On écrit ce qui vient à l’esprit sans s’occuper du sens. L’objet est de déconnecter l’esprit, c’est une écriture sexualisée parce que l’acte sexuel libère nos pulsions. C’est en 1934 que se confirme l’audience internationale du surréalisme.

L’Amour fou  a été écrit entre 1934-36 et publié en 1937; tout de suite après sa rencontre avec Jacqueline Lamba le 29 mai 1934. Ce tome vient conclure une trilogie débutée avec Nadja (1928) puis Les vases communicants (1932). L’Amour fou relate des expériences vécues après sa rencontre avec Jacqueline Lamba, personnage principal et muse absolue du livre, sa deuxième épouse, qu’il épousa 3 mois après leur rencontre. Une femme très belle et talentueuse (peintre, décoratrice) surnommée « Quatorze-Juillet » par sa personnalité marquée.

L’Amour fou est un livre d’à peine 175 pages dans cette édition de poche, mais richement illustré avec des photos d’artistes de premier plan comme Man Ray, Brassaï, Dora Maar, etc. Ce fut une lecture ardue, difficile à suivre, mais à ressentir. Sauf le dernier chapitre du livre, celui dédié à la fille qu’il eut avec Jacqueline Lamba, née en 1935.

On ne peut pas résumer un tel ouvrage pour les raisons invoquées dans le troisième paragraphe. Cette lecture nécessite concentration, mais même ainsi il ne reste rien après lecture, rien que la logique cartésienne puisse analyser ni décortiquer.

Regardons de près le texte, chapitre III: C’est à la récréation de cet état particulier de l’esprit que le surréalisme a toujours aspiré, dédaignant en dernière analyse la proie et l’ombre pour ce qui n’est déjà plus l’ombre et n’est pas encore la proie: l’ombre et la proie fondues dans un éclair unique. Il s’agit de ne pas, derrière soi, laisser s’embroussailler les chemins du désir. Rien n’en garde moins, dans l’art, dans les sciences, que cette volonté d’applications, de butin, de récolte.

C’est sur le modèle de l’observation médicale que le surréalisme a toujours proposé que la relation en fût entreprise. Pas un incident ne peut être omis, pas même un nom ne peut être modifié sans que rentre aussitôt l’arbitraire. La mise en évidence de l’irrationalité immédiate, confondante, de certains événements nécessite la stricte authenticité du document humain qui les enregistre.

Seule l’adaptation plus ou moins résignée aux conditions sociales actuelles est de nature à faire admettre que la fantasmagorie de l’amour est uniquement fonction du manque de connaissance où l’on est de l’être aimé, je veux dire passe pour prendre fin de l’instant où cet être ne se dérobe plus. Cette croyance à la désertion rapide, en pareil cas, de l’esprit, en tout ce qui regarde l’exercice de ses facultés les plus exaltantes et les plus rares, ne peut naturellement être mise au compte que d’un reliquat le plus souvent atavique d’éducation religieuse, qui veille à ce que l’être humain soit toujours prêt à différer la possession de la vérité et du bonheur, à reporter toute velléité d’accomplissement intégral de ses désirs dans un « au-delà » fallacieux qui, à plus ample informé, s’avère, comme on l’a fort bien dit, n’être d’ailleurs qu’un « en-deçà ».

L’insolite est inséparable de l’amour, il préside à sa révélation aussi bien en ce qu’elle a d’individuel que de collectif. Le sexe de l’homme et celui de la femme ne sont aimantés l’un vers l’autre que moyennant l’introduction entre eux d’une trame d’incertitudes sans cesse renaissantes, vrai lâcher d’oiseaux-mouches qui seraient allés se faire lisser les plumes jusqu’en enfer.

Prose incandescente, assez absconse, née d’un intense prurit cérébral.

Résultat de recherche d'images pour "jacqueline lamba"

Jacqueline Lamba la muse de l’Amour fou

L’AMOUR FOU, Folio N° 723, 1997 (AB 1937),  ISBN 2-07-036723-1

La otra aventura de Adolfo Bioy Casares

Résultat de recherche d'images pour "adolfo bioy casares la otra aventura" Adolfo Bioy Casares fue un escritor argentino (Buenos Aires 1914-1999), gran amigo de Borges con quien colaboró bajo el nombre de pluma de H. Bustos Domecq y Suárez Lynch. Casado con la también escritora Silvina Ocampo.

Fue distinguido con el Premio Cervantes 1990.

Le he leído varios libros y he de confesar que es de lectura compleja, algo enredada, pero con una escritura de gran calidad. Le leí La trama celeste (1948), 6 relatos complejos donde la frontera entre realidad y ficción es impalpable y donde mis preferencias van a En memoria de Paulina que me recordó a La amortajada de la chilena María Luisa Bombal. Historias de amor (1972) es una antología de 18 historias en las cuales el Amor es el protagonista; las encontré de desigual interés, dispares y complejas sin que ninguna descuelle en particular.  El héroe de las mujeres (1978) son 8 relatos a los cuales me costó adherir excepto al primero; son una mezcla de realismo mágico al borde de la ciencia ficción, muy bien escritos aunque herméticos. Un campeón desparejo (1993) es un relato corto, preciso, bien escrito, muy porteño, pero con una historia que me resultó poco relevante, la de un taxista bonaerense que recorre la capital en busca de un antiguo amor.

Su obra más conocida, y calificada por algunos como la mejor, es La invención de Morel (1940) que leí hace tanto tiempo que no me siento calificada para opinar sobre ella en este momento.

La otra aventura (1968) es un ensayo sobre lecturas y opiniones en literatura de parte de un gran literato que decía que los libros son la otra gran aventura después de las mujeres y de la vida. Es una colección de prólogos y de artículos bastante útiles para entender su pensamiento  en materia de literatura.

El primer ensayo habla de La Celestina, esa obra universal que apareció allá por 1499 en Burgos y amparada por el anonimato.  Bioy Casares emite la opinión interesante de que en La Celestina hay demasiadas reminiscencias hacia obras de la Antigüedad de autores como Terencio, Davo, Geta, etc, lo que no le quita un ápice al valor de  La Celestina, al contrario, el autor anónimo quiso plasmar en esta obra maravillosa todo lo mejor de la antigüedad y aunque las fuentes no sean españolas, pues bien, La Celestina ES una obra muy española por el peso del idioma, por el deleite que el autor pone a demorarse entre palabras y locuciones.

Hay también mucho material sobre ensayistas ingleses que revisten gran interés para Bioy Casares y de los cuales poco conozco de sus obras:  Nicholas Breton, Richard Bentley, John Dryden (« padre » de la prosa inglesa),Thomas De Quincey, Samuel Johnson, Jonathan Swift, Thomas Carlyle, etc, etc y paro aquí la enumeración porque va a resultar muy larga y fastidiosa.

Hay páginas muy bonitas sobre la larga y fructuosa amistad que lo unió a Borges por más de 50 años y aunque eran diferentes, los unía esa insensata pasión hacia los libros.

Un ensayo interesante aunque arduo y algo hermético, más propicio para iniciados que dotado de virtudes pedagógicas.

Un par de citaciones atribuídas al maestro:

« ¿No es lo mismo que suceda lo que deseamos, que desear lo que suceda? lo que importa es que nuestra voluntad y los sucesos estén de acuerdo« .

« Creo que parte de mi amor a la vida se lo debo a mi amor a los libros ».

LA OTRA AVENTURA, Booket 2014,(ABC 1968),  ISBN978-987-580-657-3

Frantumaglia d’Elena Ferrante

Résultat de recherche d'images pour "frantumaglia"

Elena Ferrante est le pseudonyme d’un écrivain italien qui cultive l’énigme depuis 25 ans . On pense qu’Elena Ferrante est originaire de Naples et qu’elle  serait née vers 1940. Le journaliste italien Claudio Gatti a soulevé l’hypothèse qu’il pourrait s’agir de la traductrice romaine Anita Raja de 64 ans aujourd’hui, hypothèse basée sur l’explosion des revenus de Mme Raja ainsi que ceux de la maison d’édition E/O qui publie Mme Ferrante. Il faut dire que depuis 20 ans cet écrivain se cache et qu’elle avait prévenu son éditeur avec ces mots… »de tous vos écrivains, je serai celle qui vous importunera le moins. Je vous épargnerai jusqu’à ma présence ».

Le nom d’Elena Ferrante serait inspiré d’Elsa Morante, l’un des écrivains préférés d’Elena Ferrante (le jeu des boîtes chinoises en plus…). Cet auteur mystérieux est plébiscité dans le monde entier avec 10 millions (2 millions en France pour les 3 premiers volumes) d’exemplaires vendus et des traductions dans 42 pays… L’auteur reconnaît dans des entrevues données par écrit la part importante de l’autobiographie dans son oeuvre. Derrière ses livres on sent une grande sincérité, un ton viscéral, un regard sur la condition des femmes et une approche très psychologique des personnages et des situations.

Frantumaglia (2019) est une compilation d’entrevues et de courriers épistolaires choisis ou de mails, échangés entre Madame Ferrante et divers journalistes du monde entier ainsi que avec ses amis éditeurs  « E/O », gardiens de son anonymat, les époux Sandra Ozzola et Sandro Ferri.

Frantumaglia est une locution dialectale napolitaine trouvée par la mère de Ferrante pour décrire un état d’esprit lorsqu’on éprouve des impressions contradictoires qui tiraillent et déchirent, c’est à dire, un mal être inqualifiable autrement.

C’est probablement le sentiment ressenti par cette écrivaine littéralement harcelée sans relâche par les medias afin d’obtenir son vrai visage et son vrai nom, alors qu’elle proclame depuis des années son désir absolu d’anonymat pour que l’on puisse détacher son oeuvre de son image personnelle. Sa lutte fût longue et vaine puisque son identité a été dévoilée en 2016 par un journaliste italien de la façon la plus vile et indiscrète imaginable, tellement vile que je ne vais pas la raconter ici car cela m’écoeure. Que recherchaient ces journalistes après tout ? Le scoop médiatique coûte que coûte, l’appât du gain, le panem et circenses de la Roma antique?

Ce livre est donc assez répétitif, et Madame Ferrante répète sans cesse les mêmes choses afin de justifier son silence médiatique. Nous apprenons au passage quelques renseignements très intéressants sur son inspiration, son travail d’écriture, ses doutes, son vécu. J’ai été séduite par sa soif de lecture (vaste et éclectique) et sa connaissance en matière littéraire; c’est une vraie amoureuse de la littérature qui sait citer, par exemple quand elle cite Freud dans Totem et Tabou (1912-13) pour souligner le cas d’une patiente qui refusait de se servir de son nom, redoutant qu’on s’en empare pour lui dérober sa personnalité. Quelques interviews sont plus percutantes que d’autres, plus intelligentes; quelques unes frôlent l’insolence et d’autres la malveillance pure et dure.

Elena Ferrante a connu un grand succès avec sa tétralogie sur Naples et les trois ouvrages qui ont précédé la publication de cette tétralogie, bien qu’ayant connu un moindre succès, sont largement cités et expliqués dans ce livre. Des trois ouvrages j’ai seulement lu Les jours de mon abandon qui m’a semblé remarquable et que j’ai commenté en août 2016. Les autres ouvrages sont L’amour harcelant (1992)et Poupée volée (2006).

Quelques citations :

Et puis les véritables livres ne sont écrits que pour être lus. En revanche, l’activisme promotionnel des auteurs tend à effacer de plus en plus les ouvrages et la nécessité de les lire. Dans de nombreux cas, le nom de l’auteur, son image et ses opinions nous sont bien plus connus que ses textes, et cela vaut non seulement pour les contemporains, mais désormais aussi, hélas, pour les classiques….Je désire que mon espace d’écriture reste un lieu caché, sans surveillance ou urgence d’aucune sorte(page100).

Sur l’attachement atavique de Ferrante avec Naples l’ensorcelante : …avec Naples, de toute façon, les comptes ne sont jamais réglés, pas même si l’on s’en éloigne. J’ai séjourné pendant des périodes assez longues dans d’autres endroits, mais cette ville n’est pas un endroit quelconque, c’est un prolongement du corps, c’est une matrice de la perception, c’est le terme de comparaison de toute expérience. Tout ce qui a revêtu pour moi un sens durable s’est déroulé à Naples et s’exprime dans son dialecte. La ville où j’ai grandi m’est longtemps apparue comme le lieu de tous les dangers. C’était une ville de querelles subites, de coups, de larmes faciles, de petits conflits qui s’achevaient en insultes, en obscénités indicibles et en fractures inguérissables, de sentiments exhibés au point de devenir insupportablement faux. Ma Naples est la Naples « vulgaire » de gens toujours habités par la crainte de devoir toujours recommencer à vivre au jour le jour, pompeusement honnêtes, mais prêts en réalité à se livrer à de petites infamies pour éviter de faire mauvaise figure, tapageurs, bruyants, fanfarons, glorieux, mais aussi, sous certains aspects, stalinistes, noyés dans le dialecte le plus anguleux, criards et sensuels, encore privés de la dignité bourgeoise, mais désireux de se doter au moins de ses signe superficiels, convenables et potentiellement criminels, prêts à se sacrifier à l’occasion, ou à la nécessité de ne pas avoir l’air plus bêtes que les autres (page 76).

Un livre adressé à ceux qui s’intéressent de très près au travail littéraire de Madame Ferrante.

FRANTUMAGLIA, Gallimard 2019 (EF 2016),  ISBN 978-2-07-273467-0

Facsímil de Alejandro Zambra

Résultat de recherche d'images pour "alejandro zambra facsimil"

Alejandro Zambra Infantas es un poeta y narrador chileno (Santiago 1975) que fue destacado como uno de los 39 mejores escritores latinoamericanos menores de 39 años en Bogotá en 2007 (sólo 2 chilenos) y también como uno de los 22 mejores escritores de lengua española de menos de 35 años, por la Revista británica Granta (Cambridge). Zambra es Licenciado en Literatura Hispánica con un Magister en España en filología . Hace parte  de la que llaman « generación Bogotá 39″.

Comenté en este blog tres libros suyos que me encantaron porque escribe bien sin ser  complicado, plantea claramente sus temas y puede ser muy « visual » y a veces divertido, siempre coloquial. En febrero 2015 publiqué un billete sobre Bonsái,  en julio 2015 sobre La vida privada de los árboles y en febrero 2017 sobre Mis documentos. Quisiera leerle todo lo publicado y ya hice un pedido para que me lo manden desde Chile, estoy curiosa por leerle el ensayo No Leer que  es una recopilación de artículos sobre lo que le gusta tanto y a mi también : la lectura.

Los temas de Zambra se repiten, pero se leen con empatía por la calidad de la escritura y por la dosis de sentimientos que acarrean y que provocan en el lectorado. Alejandro Zambra escribe sobre sus recuerdos, sobre literatura, sobre tecnologías hoy en desuso, sobre la clase media chilena, sobre la dificultad de establecer relaciones amorosas duraderas, etc.

Facsímil también me ha gustado aunque algo menos porque por momentos lo sentí como una « tomadura de pelo ».  Es un libro que hice venir desde Chile junto con otros dos de Zambra que ya aparecerán en el blog. Y el libro como de costumbre, es flaquito (100 páginas) y tiene una anécdota. Me lo mandaron  de regalo desde Chile, pero nunca  llegó…misterios del correo.

Tiene un formato muy original : el formato de PAA con ejercicios. PAA =Prueba de Aptitud Académica, el nombre del ex-Bachillerato en Chile que se practicó entre 1967 y 2002 donde se incluían 90 preguntas de selección múltiple distribuidas en las 5 secciones utilizadas por Zambra. Hoy en día a este examen pre universitario se le llama PSU y da puntaje para postular a las diversas carreras universitarias.

El libro se divide en 5 partes : « Términos excluidos« , « Plan de redacción« , « Uso de ilativos« , « Eliminación de oraciones » y « Comprensión de lectura« .

No hay narrador ni personajes principales, ni historia en este libro. Es un juego de ejercicios con el lector bajo la forma de elección múltiple, pero parodiando a la PAA. El texto requiere una participación activa, sin ninguna posibilidad de escapatoria. Pero no siempre le seguí la cuerda a Zambra, a veces lo mandé a paseo porque me interpelaba.

Y me gustó algo menos porque toca temas recurrentes: la formación escolar o universitaria, las relaciones familiares, especialmente con los padres, con la pareja, con los hijos, el fantasma de la dictadura, la educación sexual. Se « siente » entre líneas que son temas sangrantes en el fuero interior del escritor y que vuelven, lancinantes…

Zambra sabe escribir y llega al fondo de las cosas, es por momentos bastante divertido y por otros, bastante crudo. Me sacó más de una sonrisa. Es pertinente. Le da en el clavo. Y es diferente a todos, es un escritor bastante sui generis.

Una mención especial al « ejercicio de redacción », página 27…223 eran el número de pecas de la amada. Relee los mensajes que le mandaba:  son hermosos, divertidos. Párrafos largos, frases vivas, complejas. Palabras cálidas. Elle escribe mejor que él. Recuerda cuando manejó cinco horas para verla cinco minutos. No fueron diez minutos, fue la tarde entera, pero le gusta pensar que fueron diez minutos. Recuerda las olas, las rocas. Nunca se acostumbró a estar con ella. Nunca se acostumbró a estar sin ella. Recuerda cuando decía, en un susurro, como para sí misma : todo está bien.

Lo mejor del libro para mi está al final, con el capítulo « Comprensión de lectura » que nos brinda 3 buenas historias que salvarán el conjunto. Ahí destaca el talento nato de Alejandro Zambra y sus dones primerizos de poeta.

Una lectura interesante en formato pequeño donde el lector siente por osmosis la parte autobiográfica que se repite en la obra de Alejandro Zambra. Los temas se repiten, pero la manera de contarlo le es única.

FACSÍMIL, Hueders 2014, ISBN 978-956-8935-43-6

El equilibrista de Andrés Neuman

Afficher l'image d'origineAndrés Neuman es un escritor argentino (Buenos Aires 1977) afincado en Granada, España,  donde se licenció en Filología Hispánica. Su especialidad son los relatos breves y los aforismos que él maneja con maestría. Su bibliografía comienza a ser contundente ; he reseñado en este blog cuatro de sus publicaciones. Tengo muchas ganas de leer El viajero del siglo, libro que fue premiado y que pude leer en francés, pero prefiero, de lejos, leerlo en la lengua vernácula.

Este joven escritor ha sido destacado entre los 7 mejores escritores argentinos y entre los 22 mejores latinoamericanos por la Revista inglesa Granta. Felicitaciones.

El equilibrista es un precioso librito de apenas 140 páginas con aforismos, pensamientos y microensayos que se leen  bien y que hay que saborear. Yo cerraba los ojos y trataba de aplicar lo leído a mi experiencia. Me pregunté varias veces cuánto tiempo de reflexión por aforismo le costó al escritor; probablemente bastante tiempo hasta afinar el concepto, contrastando con la voracidad de lectura del lector …

Hice una pequeña selección de aforismos, totalmente subjetiva y personal. Aquí va…

Nos hacemos mayores cuando nos damos cuenta de lo fácil que resulta que las cosas salgan mal.

Toda sinceridad tiene su dosis de demagogia.

Amar es una obra de arte.

Hay más literatura en la vida de cualquier lector que en las lecturas de cualquier vida.

Corregir es el aprendizaje más terrible: ¿cómo es posible que, para escribir apenas un poco mejor, tengamos que entender que escribimos tan mal?

EL EQUILIBRISTA, El Acantilado III (2005),  ISBN 84-96489-07-8

L’orthographe: 99 trucs pour en rire et la retenir de Bernard Fripiat

 

Bernard Fripiat est un expert en orthographe belge, agrégé d’histoire, chroniqueur radio, écrivain et auteur de comédies pour le théâtre et de très nombreux ouvrages sur le thème de l’orthographe. Il exerce comme coach en orthographe en animant des stages  selon sa méthode, mise au point en 1988, méthode  qui a reçu un prix en 1991.

C’est en l’écoutant sur le programme de radio « Les Experts » sur France Bleu 107.1 que j’ai eu très envie de lire son dernier ouvrage « Au commencement était le verbe, ensuite vint l’orthographe! », livre que j’ai commenté dans ce blog en mai 2015.

 J’ai acheté en même temps « L’orthographe 99 trucs pour en rire et la retenir !«  Oui,  l’idée de revoir l’orthographe de manière si décontractée m’a semblé alléchante. J’adore l’orthographe, elle m’amuse beaucoup, surtout le côté challenge .

Je suis  déçue par cette lecture qui ne m’a même pas fait rigoler ne serait-ce qu’un peu. Ne parlons pas des sketches sur l’orthographe visibles sur YouTube qui m’ont déplu (Orthogaffe.com). En revanche, j’ai adoré les petites dictées cruelles en fin de chapitre qui sont un résumé de toute la complexité de la langue française, un ramassis d’exceptions en tout genre, des accords mortifères, des racines grecques et latines, bref, tout ce magma qui fait que notre langue est unique, belle, compliquée, élégante, et pareille à nulle autre. Na !

Je disais quelque part que j’adore l’orthographe. J’adore me poser la question et décortiquer les mots et les phrases. Ceci m’amuse beaucoup à petite dose, au cas par cas, mais voir défiler page après page l’ensemble des difficultés, même si elles sont bien expliquées, bien analysées… Argh !Halte-là … aie, aie, aïe, non mais quel pataquès, quel pataquès phénoménal; de quoi se sentir accablée, assommée, dépitée, énervée, agacée, confuse par moments, et avec une envie folle de lâcher un bon juron, question de faire baisser la pression.

Sachez, afin de vous consoler, que même pour les cas les plus difficiles nos éminents référents en matière d’orthographe ne sont pas d’accord et se crêpent le chignon en défendant leurs points de vue. Alors nous, modestes usagers de cette belle langue, faisons en sorte d’ adopter un profil bas, sortons nos antennes en permanence et tâchons d’en faire le moins de fautes possibles.

Un exemple de petite dictée cruelle (voire sadique…) avec participe passé précédé d’être lui-même précédé d’un pronominal: Mon amour, nous nous sommes serré la main, plu, échangé nos coordonnées et séparés à regrets. Puis, rentrés chez nous, nous nous sommes rendu compte de notre attirance et téléphoné ou joints au téléphone si ta maman préfère. Nous nous sommes fixé un rendez-vous, munis de nos plus beaux habits, retrouvés, serrés très fort, embrassés goulûment et heurtés à nos familles respectives. Ta maman te disait: « Vous vous êtes attiré des ennuis ». La mienne me disait: »Vous vous êtes attirés dans un piège ». Nous nous sommes foutus de ces remarques. Le soir, nous nous sommes désaltérés, dit des gentillesses, juré fidélité ou garantis contre l’infidélité si ta maman préfère, dévêtus ou séparés de nos habits si ta maman préfère, étendus sur notre lit, regardés tendrement et…Nous ne nous sommes plus jamais revus !

Ou alors cette autre dictée cruelle sur les conjugaisons: Chère voisine, les résidents de notre immeuble dont certains sont des ayants droit particulièrement exigeants se réjouissent de vos succès masculins. Néanmoins, ils préféraient votre amant précédent. En effet, se fatiguant très vite, ce dernier respectait le silence de l’immeuble. La femme provocante que vous êtes devient fatigante depuis qu’elle fréquente ce nouvel amant particulièrement négligent.

Ou cette autre sur les accords « désaccordés »: Cher ami Japonais responsable du protocole, je vous explique. La dame située à côté de l’ambassadeur est Madame l’ambassadrice parce qu’ils sont mariés. Leur fille qui dirige une ambassade s’appelle Madame l’Ambassadeur. Son mari ne compte pas. En ce qui concerne les diplomates pacsés, aucune décision n’a été prise. Leur secrétaire qui peut être chauffeur ou conductrice sert parfois d’ambassadrice de l’Institution. Un jour, je vous expliquerai pourquoi votre sœur peut espérer devenir Reine alors que vous ne serez jamais Roi.

L’ORTHOGRAPHE, Éditions Gunten 2013,  ISBN 978-2-36682-044-7

Los senderos que se bifurcan de Ana María Navales

Ana María Navales Virueta fue una escritora, poeta y ensayista española (Zaragoza 1939-2009) con un doctorado en Filosofía y Letras para dedicarse luego a la enseñanza de la Literatura Hispanoamericana.  Fue influenciada por la escritura de autores como Delibes, Aldecoa, Sueiro, Umbral, Borges, éste último siendo para ella la quintaesencia de todos los otros . También se la ha relacionado con el grupo llamado Bloomsbury, en honor a la calle que alberga Howard Press y que fue la residencia de varios de sus miembros, grupo creado por Virginia y Leonardo Woolf y que involucra también a Katherine Mansfield, Dora Carrington,  Vita Sackville-West y otros.

Existe un Certamen Literario Ana María Navales desde 2012 con un fallo el 31 de mayo (ayer !) de Erial Ediciones,  dedicado a la poesía y al relato breve.

En alguna parte supe de la existencia de este libro,  Los senderos que se bifurcan (Escritores hispanoamericanos del siglo XX, 2008)  y quise leerlo porque figuraban varios escritores que hacen parte de mis preferencias.

No estoy encantada con esta lectura porque los capítulos son demasiado sucintos, no pude ahondar nada sobre nadie. El lado bueno es que encontré muchos nombres de la literatura hispanoamericana  totalmente desconocidos para mi, lo que resultó útil finalmente.

Sobre Carlos Fuentes, el escritor mexicano detentor del Premio Cervantes 1987, Navales escribe algo interesante y pertinente que anoté: « cuando uno intenta quitar la máscara, aunque sea parcialmente a alguna novela de Fuentes, a esa desnaturalizada trivialidad de cada día que cabalga entre lo mágico y lo irrazonable, las interpretaciones de las claves literarias, las sugerencias, las ideas que se detectan o que pueden alumbrar la lectura reposada, no son todo lo claras y redondas que cabría esperar. Y Carlos Fuentes dice algo pertinente sobre literatura, « tanto Cervantes como García Márquez proponen otro problema: sus libros no han de ser creídos, sino leídos, su realidad es la lectura ».

Navales cita una buena versión sobre el origen del movimiento literario sudamericano del Boom, por parte del excelente escritor chileno que fue José Donoso cuya biografía acabo de terminar, escrita por su hija adoptiva Pilar Donoso (Correr el tupido velo, 2009), libro que recomiendo altamente; José Donoso dijo que el Boom empezó en 1965 en una fiesta en casa de Carlos Fuentes y terminó como entidad en la Nochevieja de 1970 en otra fiesta, esta vez de Luis Goytisolo. (Donoso escribió una Historia personal del Boom, 1972). Las primeras ondas se pusieron de manifiesto en 1962 cuando se concedió el Premio Biblioteca Breve a Mario Vargas Llosa por su novela La ciudad y los perros. Se sabe que en los primeros años de la década de los 60, las novelas de cada una de las repúblicas hispanoamericanas permanecían dentro de sus fronteras, emparedadas por los escritores criollistas y costumbristas que impedían, en cierto modo, la expansión de los más jóvenes con ideas y posturas diferentes en la narrativa (página 80). Fue necesario el enorme éxito de Cien años de soledad en 1967 para que las novelas latinoamericanas saltaran también la barrera del idioma y se multiplicaran las traducciones.

Hablando de otro escritor que me gusta mucho, el chileno Jorge Edwards, Navales especifica que su libro Persona non grata, pertenece con toda propiedad al género de las memorias y que es un généro menos frecuentado en la lengua española que en las literaturas anglosajonas o en la francesa. Las memorias suponen algo de impudor y revelación personal. Pues bien, alguien decía que los españoles e hispanoamericanos tienden a contar su vida a los pocos minutos de conocer a una persona, y al escribir, en cambio, adoptan un tono impersonal y distante, disimulando celosamente su intimidad. Los ingleses que no acostumbran a hablar sobre si mismos en la vida privada, se muestran, sin embargo, al desnudo cuando escriben memorias (página 91). [Y en este caso Jorge Edwards es un buen ejemplo de estilo anglosajón porque es capaz de « descorrer el tupido velo » a la manera de Pilar Donoso].

Y qué luchas internas debió afrontar el escritor y hasta hace poco diplomático, Jorge Edwards quien decía en una entrevista que hay una incompatibilidad fundamental entre la diplomacia y la literatura. El diplomático tiene el deber de guardar silencio y de someterse, incluso por encima de sus escrúpulos personales, a la razón de Estado. El escritor tiene el deber de la denuncia y de la crítica. La diplomacia se escuda en una retórica anticuada, que permite decirlo todo sin herir y con el mínimo de compromiso. El lenguaje del escritor, en cambio, es por naturaleza escandaloso. La palabra del escritor cumple, más allá de su sentido, una función autónoma; la del diplomático es, como la de todo burócrata, instrumental (página 91).

Un libro que se saborea bien, pero que hubiese ganado en desarrollar más los capítulos.

LOS SENDEROS QUE SE BIFURCAN, Calambur Ensayo 2, 2008,   ISBN 978-84-8359-050-8