Archive | mars 2013

Los sordos de Rodrigo Rey Rosa

Cuando vi este libro en el presentador de la Biblioteca Cervantes tuve ganas de leerlo de inmediato porque son pocos los literatos guatemaltecos disponibles por estos lares. Rodrigo Rey Rosa nació en Guatemala en 1958, estudió Medicina en su país abandonando la carrera, luego Cine en Nueva York. Es escritor y traductor . Le concedieron el Premio Nacional de Literatura Miguel Ángel Asturias en el 2004.

Debo decir que su novela no me sedujo completamente porque la encontré un poco mal hilvanada, poco verosímil por momentos, un poco caótica, , con demasiadas historias paralelas que le quitan concentración  al argumento. Pero lo que me deslumbró, fue la descripción de su país que tuve el placer inmenso de descubrir en marzo del 2012. Esta parte descriptiva del país y de sus paisajes, es un viaje sinestésico fabuloso para los que han transitado por el precioso país de los volcanes, especialmente los parajes del lago Atitlán con sus tres volcanes majestuosos , uno de los lugares más bellos del mundo, de los que me ha tocado visitar. Pero se sabe que ese lugar de ensueño se está convirtiendo en una cloaca porque no tiene desagüe y las aguas, de una belleza prístina, tienen alto grado de contaminación.

Es una novela que nos plantea la corrupción en la bella Guatemala a todos los niveles, con un fondo de violencia urbana y el recurso  frecuente a matones armados para la gente importante. Con el narcotráfico en tela de fondo. Y la práctica ilegal de la Medicina con probable tráfico de órganos y experiencias ilícitas con raptos de niños. También se plantea la separación, cada vez más marcada entre el mundo de los blancos, que viven cada vez más aislados y desconectados del mundo indígena primigenio de Guatemala: el noble pueblo maya que lleva una idiosincracia completamente paralela al mundo de lo blanco, con su propia justicia milenaria, impartida por los « tatitas ».

Se podría decir que el libro es un thriller antropológico, un poco soft porque flojo en el desarrollo de la acción aunque hay material para tener al lector interesado y relativamente expectante. El título, Los sordos,  emana de un rapto de un niño de etnia kiché, sordo de nacimiento ( al parecer una tara que no es rara en Guatemala) al cual se le harán « experimentos » ilícitos en un Hospital extraño en algún lugar al borde del lago Atitlán, lo que me trajo a la memoria una novela de Jean-Christophe Grangé que sucede en los Alpes, con un paisaje muy similar…

El lenguaje es bastante descriptivo para los paisajes del país, como por ejemplo, página 66, se lee:…más allá del barranco de los Chocoyos, los pericos trogloditas, la niebla se disipó por encima de la joroba de los cerros, y el perfil de los volcanes surgió con toda su elegancia mineral. A muchos metros por debajo del borde abrupto del camino, espejeó la superficie lapizlázuli del lago, el paisaje se desplegó como una vasta fantasmagoría azul. El descenso final hacia el valle de Panajachel fue rápido y placentero….Evocación poética de paisajes de ensueño.

Evocación hipersinestésica también de un país rico en folclor. Página 112 se lee:…el autobús hizo sonar dos veces la bocina. Salió a tiempo de nuevo a la carretera secundaria que llevaba a Fraijanes para hacer señas al autobús. El autobús La Libertad iba lleno, pero le dejaron subir. Se hizo lugar entre los campesinos y se agarró del tubo sobre su cabeza, que estaba tibio y grasiento por el toqueteo de mil manos. El intenso olor de la vida campesina le llegó a las narices. Ser guatemalteco-pensó con desencanto-. Oler así-carbón, humo de leña, pedos-, tener guardaespaldas

Lago Atitlán- GUATEMALA

LOS  SORDOS, Alfaguara 2012,  ISBN  978-84-204-0318-2

La Déesse des petites victoires de Yannick Grannec

Yannick Grannec est un écrivain français, graphiste et illustratrice ayant fait l’ENSCI et obtenu un diplôme de designer industriel, elle est aussi passionnée de mathématiques et d’histoire des sciences, et ce qui me la rend très sympathique,  elle est lectrice compulsive.  Elle vit aujourd’hui à Saint Paul de Vence où elle se consacre à l’écriture exclusivement.

Ce livre est son premier roman qu’elle a travaillé pendant 4 ans. Le titre vient des petites victoires d’Adèle Gödel pour faire survivre son anorexique et savant de mari. Je suis arrivée à la lecture de ce livre par le  bouche à oreille, car les médias et les professionnels l’avaient ignoré jusqu’à la semaine dernière (18/03/13), sept mois après parution. Yannick Grannec a été enfin reconnue par le  Prix des Libraires 2013 qui est un bon  palmarès, jouissant d’ une bonne réputation (comme  le Prix des Lycéens), primant des livres excellents, hors de toute magouille éditoriale ou publicitaire.

C’est un livre très facile à lire, avec une bonne alternance des chapitres entre le présent et le passé qui n’induit jamais en difficulté pour la lecture, un livre bien écrit et fabuleusement documenté qui raconte la vie intime de Kurt Gödel, appelé Herr Warum lorsqu’il était enfant, mathématicien autrichien de génie affublé de maladie mentale sévère, interné plusieurs fois en milieu psychiatrique: psychose paranoïaque, monomanie, anorexie, angoisse maladive, phobies diverses; nous avons ici l’illustration  que génie peut rimer avec folie.

Et le rôle d’Adèle Gödel, née Adèle Porkert,  est si important, que sans elle le mathématicien aurait vécu  moins longtemps et sombré dans la folie beaucoup plus tôt. Ils n’ont pas toujours baigné  dans le bonheur, en tant que couple, ô que nenni, surtout pour Adèle qui a souffert beaucoup. Page 19 on peut lire: Kurt et moi n’avions rien en commun, du moins si peu. J’avais sept ans de plus, je n’avais pas fait d’études; il préparait son doctorat. Mon père était photographe de quartier, le sien industriel prospère. Il était luthérien, j’étais catholique. Lorsqu’ils se sont connus à Vienne elle était danseuse de cabaret, elle avait déjà beaucoup vécu, mais elle était sagace et futée:  J’étais un spécimen d’étude singulier  il ne savait comment procéder avec moi. J’étais plus difficile d’accès que les étudiantes, car insensible à sa réussite universitaire. Il devait avancer pas à pas, validant chaque étape. Un hasard; une promenade; deux promenades; un thé. De quoi lui parler? La laisser parler. Comme il me l’avoua plus tard, sa technique de chalutage était bien différente. Il donnait rendez-vous à des jeunes femmes dans une salle de l’université où travaillait une autre étudiante qui était, elle, le réel objet de sa convoitise. Jalousie; compétition; billard par la bande: mathématiques appliquées.

Il est question ici de l’exil des Gödel depuis l’Autriche et après l’Anschluss vers les États Unis où Gödel avait été plusieurs fois invité à donner des conférences dès 1931 à Princeton.   Ils se sont installés définitivement à Princeton en 1941 et pris la nationalité américaine en 1947. Ils ont côtoyé au quotidien des figures comme Albert Einstein, Oppenheimer, Pauli, Russell, Dirac, Paul Joseph Cohen et tant d’autres génies dans ce Princeton, véritable creuset des cerveaux les plus admirables. Kurt Gödel est surtout connu pour son théorème d’incomplétude.

La fiction du livre est la suivante: l’Université de Princeton charge une jeune femme ayant de bonnes références (grâce à ses relations), afin de récupérer la succession ( Nachlass) laissée  par le mathématicien Gödel lors de sa mort et détenue jalousement par sa veuve, l’acariâtre Adèle. Et comment la jeune femme, prénommée Anna Roth, devra utiliser une approche de sioux pour toucher Adèle , laquelle est dotée d’un troisième œil pour détecter les faussetés et possède la langue vipérine la plus acérée de Princeton. Elle se meurt dans une Maison de Retraite, seule et clouée sur une chaise roulante, mais avec un cerveau qui fonctionne assez bien et surtout se souvient de tellement de choses. Adèle Gödel raconte sa vie à Anna Roth en chapitres entrecoupés avec le quotidien où Anna raconte sa vie de jeune femme, plutôt morne et pas tellement heureuse. On peut dire que Adèle Gödel a sacrifié sa vie entière à ce mari, tellement ingrat, égoïste, malade et pitoyable comme être humain. Elle, la femme de petite vertu, danseuse de  cabaret qui sut retenir l’attention de cet homme à l’intellect tellement supérieur. Malgré une bataille sans répit, Adèle ne réussira pas à se faire entendre par son mari, elle n’aura pas d’enfants, elle sera si seule à Princeton et sera tellement déçue même par sa propre famille; elle souffrira réellement de l’exil et de la solitude. Mais en même temps elle est si consciente de vivre une aventure extraordinaire , de côtoyer des gens si exceptionnels sur le plan intellectuel. Sur le plan humain, c’est autre chose; ces grands savants peuvent être de petits hommes (il y a très peu de femmes scientifiques dans cet univers) : si dérisoires et pitoyables par bien des côtés : egos sur-dimensionnés, égoïsmes exacerbés, jalousies impitoyables, anti-sémitisme, mensonges, diffamation,  vol d’idées, délations, infidélités, machisme ( le mot alors n’existait pas encore) , et bien d’autres tares bien humaines.

Le livre fourmille d’anecdotes savoureuses et vraies, comme lorsque Adèle se donne un mal de chien pour recevoir à dîner les collègues de son mari et qu’elle a la malencontreuse idée de leur préparer un soufflé au fromage qu’elle va rater comme on rate un soufflé, c’est à dire transformé en galette et que Einstein sortira la boutade suivante: le soufflé a été raté par l' »effet Pauli » car chaque fois que le physicien rentre dans un laboratoire, l’expérience en cours échoue.

Inviter Einstein avec Pauli n’était pas une  idée judicieuse. Ils se chicanaient beaucoup, relativité et physique quantique ne font pas bon ménage. Pauli si laid, mais charmant, si redoutablement intelligent que certains le surnommaient  » le fléau de Dieu ». Einstein si bonhomme, écoutant tout le monde de la même indifférence amusée: les grands de ce monde comme les femmes de ménage de l’université.

Adèle Gödel demande à Anna si elle connaît cette blague juive: « Qu’est-ce qu’un psychiatre? Un psychiatre, c’est un Juif qui aurait voulu être médecin pour faire plaisir à sa mère mais qui s’évanouit à la vue du sang. » (blague qui lui avait été racontée par Herr Einstein) .Ou cette autre blague racontée aussi par Albert Einstein : trois scientifiques ont été irradiés dans leur laboratoire nucléaire. Ils sont condamnés. On leur propose d’accomplir leurs dernières volontés. Le Français demande à dîner avec Marilyn Monroe. L’Anglais souhaite rencontrer la reine. Le Juif…à consulter un autre médecin.

Albert Einstein était très lié à  Kurt Gödel, ils formaient un étrange couple: ils étaient Buster Keaton et Groucho Marx: le lunaire et le solaire; le taiseux et le charismatique. Leurs longues conversations ambulatoires étaient ponctuées tour à tour par le rire éruptif du physicien et par le couinement circonspect de Gödel. Einstein accordait à ce dernier une attention quasi paternelle, admiratif de son travail et heureux de trouver un compagnon peu impressionné par son aura de demi-dieu. Einstein disait que un des plaisirs qu’il avait à Princeton, c’était ces petites promenades digestives avec Gödel avec des discussions scientifiques et philosophiques à bâtons rompus; ce serait au cours d’une de ces promenades que Albert Einstein lui aurait dit que les États Unis sont un pays passé de la barbarie à la décadence sans jamais avoir connu la civilisation

Albert Einstein et Kurt Gödel en promenade « digestive »

Curieusement j’ai retrouvé le même  sujet dans un autre livre; il s’agit de  A la recherche de  Klingsor du brillant écrivain mexicain Jorge Volpi ( Plon 1999). Livre qui fait partie d’une trilogie et qui a demandé pas moins de sept années de recherche à Volpi qui a un faible pour la physique et la science en général . J’ai écrit un post sur ce livre dans le blog, en espagnol, en février 2012 sous le titre En busca de KlingsorA la recherche de Klingsor se passe aussi à Princeton , à la fin de la deuxième guerre mondiale et nous croisons les mêmes personnages, mais avec une approche  différente.

 Dans le livre de Madame Grannec, Princeton est abordé par la petite lorgnette de la vie intime des Gödel, ce qui rend le campus chaleureux et très humain. Dans le livre de Volpi l’approche est par la grande lorgnette, froide, scientifique, avec peu de détails chaleureux,  mais des tonnes d’information dans un langage accessible au profane et une fiction de thriller, ce qui rend le livre passionnant malgré le sérieux du sujet.

Voici quelques passages où il est question de Kurt Gödel: page 68 on lit, l’Institut des Hautes Études était un endroit humide, lugubre: on n’y voyait ni laboratoires ni étudiants bruyants et insolents. Les instruments de travail y étaient réduits aux tableaux noirs, aux craies et aux feuilles de papier…Pour quelqu’un qui désirait y réaliser des « expériences de pensée », c’était sans doute l’endroit idéal. Entre les murs gris de Fuld Hall s’agglutinaient les esprits les plus puissants de l’époque: les professeurs Veblen, Gödel, Alexander, von Neumann, des célébrités venaient y donner des conférences, et il y avait encore, bien entendu, le saint patron des physiciens, Einstein.

Le professeur Gödel était un petit homme taciturne, fin comme une perche, et dont l’allure faisait davantage penser à une sarigue( petit marsupial américain, ndlR) ou à un rat musqué qu’à un génie de la logique. Il y avait deux ans qu’il était entré à  Fuld Hall , huit ans après avoir ébranlé par un seul article, l’ensemble des mathématiques modernes ( pg 80).

En 1931 Gödel démontrait qu’il pouvait exister une proposition qui fût à la fois vraie et indémontable-c’est à dire indécidable- non seulement parmi celles des  Principia Matematica, mais aussi, et nécessairement  dans tout système axiomatique suffisamment fort pour développer l’arithmétique. Contrairement aux  prévisions de tous les spécialistes, les mathématiques étaient, indubitablement, incomplètes. Avec ce résultat, Gödel avait terrassé l’idée romantique que les mathématiques pouvaient donner une image complète de l’univers, libérée des contraintes de la philosophie. Le plus surprenant était la simplicité avec laquelle Gödel avait atteint son objectif. En reformulant l’ancien paradoxe d’Épimenide-substrat de tous les paradoxes mathématiques, en fait, il avait conçu un théorème qui prouvait ses hypothèses (pgs 83-84).

Gödel s’exprimait avec un léger accent, de rares gestes, et ses exemples n’étaient que de maladroites ébauches de métaphores brillantes. Ses explications étaient lestées de réflexions sombres, aussi ternes et pesantes que la personnalité du conférencier.( Dans ce livre assez misogyne, le peu que l’on peut lire sur cette pauvre Adèle Gödel est assez négatif et tourne autour de ragots sur ses origines obscures de danseuse ndlR).

 Pour finir en beauté je vous cite une phrase de von Neumann que l’on trouve au début du chapitre 18 du livre de Madame Grannec : « Si les gens ne croient pas que les mathématiques sont simples, c’est uniquement parce qu’ils ne réalisent pas à quel point la vie est compliquée »

La Déesse des…., Éditions Anne Carrière 2012,  ISBN 978-2-8433-7666-5

Mala índole de Javier Marías

Escritor, traductor y profesor madrileño, nacido en 1951 , miembro de la RAE desde 2006, con una  vastísima bibliografía y muchos premios a cuestas, por algunos de sus libros o por su obra en general. Comenté en junio 2012 su última novela Los enamoramientos publicada en 2012 y que no logró cautivarme. Por esta novela se le concedió el año pasado el Premio Nacional de Narrativa que él  rechazó por fidelidad a su propia palabra, aduciendo que otros grandes autores  nunca recibieron premio nacional, entre ellos su propio padre. Javier Marías sólo acepta un reconocimiento proveniente de sus lectores. Ha sido traducido en más de 42 lenguas y ha vendido más de 6 millones y medio de ejemplares. Lo han incorporado en 2011 al selecto club del sello inglés Penguin, aunado bajo el título de Modern Classics: es sólo el sexto escritor de lengua hispana con este reconocimiento, junto con Jorge Luis Borges, Federico García Lorca, Gabriel García Márquez, Pablo Neruda y Octavio Paz.

Este libro es un florilegio de 30 cuentos escritos en 40 años.  Con los cuentos se reconocen los verdaderos escritores porque para escribir buenos cuentos hay que aplicar el Arte de la Escritura con precisión de cirujano. El noble arte del relato, como  dice Javier Marías. Aquí él  reúne casi la totalidad de su producción de relatos cortos, y en el libro, que toma el título de uno de los cuentos, se presiente la muerte o se cierne sobre los personajes un « desasosiego  o peligro » que puede desembocar en una muerte , en un suicidio o en una aventura fatal. Es un mundo inquietante y cautivador con un estado permanente de zozobra.

Los cuentos están subdivididos en dos partes: los « cuentos aceptados » de los que no se avergüenza y los cuentos « aceptables » , de los que si se avergüenza, pero no demasiado. Y al autor de citar los 5 cuentos de los cuales se siente orgulloso: « Mientras ellas duermen« (del cual compró los derechos cinematográficos),« Todo mal vuelve« , »Cuando fui mortal« , »Lo que dijo el mayordomo » y « Mala índole« .

Javier Marías es un  representante importante de las letras hispánicas, pero no me avengo con su estilo. He leído por ahí, que sus lectores están divididos entre los que lo aprecian mucho y entre los que lo detestan. Quisiera analizar esta dicotomía, quisiera entender cómo un gran literato puede ser rechazado de manera tan drástica por algunos. Y yo creo que es con respecto a su estilo tan  sobrado, con esas frases largas que no terminan nunca . Y a pesar de que su prosa es elegante y su vocabulario exquisito, no logra cautivar. Y no se porqué ésto me hace pensar en el viejo debate en pintura entre los partidarios de la línea y los partidarios del color: la línea o el dibujo como en Raphaël y el color como en Rubens o Giorgione; es evidente que Marías se situaría para mi entre los coloristas con un sfumato vaporoso…

Hubo dos cuentos que no pude terminar, ambos hacen parte del grupo de los « cuentos aceptables »: Portento, maldición y El espejo del mártir. Ambos son un compendio de verborrea que lleva una historia demasiado enrevesada. Ni siquiera la elegancia de la narración logró que pudiera seguir el argumento. También hay dos cuentos exactamente iguales en su  molde, pero con personajes diferentes: No más amores y Serán nostalgias. Marías utiliza los mismos nombres para los personajes en muchos de sus cuentos como si no quisiera desbordarse en su ficción. Y el tema de todos estos cuentos es bastante tétrico con una neta propensión hacia lo morboso .

No tengo nada para citar, nada relevante que mostrar, pero en uno de los cuentos que más me gustó y del cual  Marías está orgulloso, Mientras ellas duermen, se puede leer:…es como pedirle a un padre longevo que soporte y adore la vejez de sus propios hijos. Los padres rechazan ver a sus hijos convertidos en viejos, ya no los ven, los detestan, se los saltan, ven sólo a sus nietos, cuando los tienen. El tiempo está siempre en contra de lo que ha originado. En contra de lo que hay.

Y vamos a terminar citando una reseña de El imparcial de diciembre del 2012 que decía:...como la vida es breve y el arte es largo, el lector interesado debe huír del vano cotilleo de entre las bambalinas literarias o en la cada vez más presente red virtual donde discuten sobre la arrogancia o no del circuspecto escritor. O esta otra reseña que decía: Mala índole es a la literatura lo que es el sexo para un ninfómano, a saber, una adicción como pocas o como todas porque una vez introducidos en el mundo de Marías sólo existen 2 opciones: o huyes o te aferras a él como uno de esos hierros candentes que te horadan la piel y te dejan un regustillo.

MALA ÍNDOLE, Alfaguara 2012,  ISBN 978-84-204-0280-2

Les étrangers de Sándor Márai

Je récidive avec l’un de mes écrivains préférés, le Grand Sándor Márai  et ce livre, le dernier  traduit par Catherine Fay, est paru ( bien sûr) chez Albin Michel fin 2012. Ce ne sera pas l’un de mes favoris : un peu lent à démarrer, un peu abscons, un peu pâteux, surtout la première partie, mais c’est un Márai, c’est à dire toujours intéressant et profond, compliqué, torturé et psychologique. En revanche je ne  recommanderais pas la lecture à quelqu’un qui veut lire un premier livre du génial hongrois;   dans ce cas je recommanderais de commencer par un de ses livres avec une confrontation à deux personnages, là où Márai excelle: Divorce à Buda, L’Héritage d’Esther ou mon préféré,  Les braises, son best seller ! Dans le blog, j’ai commenté  La soeur en mai 2012.

Sándor Márai est un  écrivain et journaliste hongrois né en 1900; il s’est donné la mort à San Diego, USA, en 1989 . Il vivait exilé aux États Unis depuis 1980 où il avait pris la nationalité américaine.

Pendant son exil et à partir de 1948, l’écrivain avait été oublié en Europe où il ne sera redécouvert que après sa mort vers 1990 grâce aux Éditions Albin Michel.

Aujourd’hui l’œuvre de Márai est considérée comme faisant partie du patrimoine européen avec une réputation à l’égal de Stefan Zweig, Joseph Roth, Arthur Schnitzler, Musil, Rilke, Kafka, Kundera,  etc. Ce sont des écrivains consacrés de la mittel-Europa.

Ce livre Les étrangers fut publié en 1931 ( écrit en 1930), alors que Márai vient de passer 5 années à Paris. Il s’agit d’une plongée dans le Paris d’Entre-deux- guerres, ville d’immigration, bien moins accueillante que ne le voudrait le mythe de « Paris est une fête » de Hemingway. Dans Les étrangers on aborde  l’éducation sentimentale du narrateur avec une saisie de l’air du temps, en même temps que il y a une critique frontale d’une certaine xénophobie à la française qu’il dépeint avec un réalisme par moments déprimant,  c’est le quotidien solitaire d’un jeune immigré hongrois, docteur en philosophie à Paris en 1926, au détour d’une année à Berlin; c’est  l’errance du héros qui est en soi un voyage, et d’abord un voyage intérieur. C’est la version magyar du Spleen de Paris où,   étranger à une langue,  étranger à une terre,  étranger aux autres et à lui même, un héros sans nom  rêvera d’être un « citoyen du monde », mais  restera victime des préjugés de son époque ( André Clavel dans Lire). Comme dans un long rêve éveillé, l’écrivain magyar examine ses gestes, examine ses mots, ses tropismes. Il nous brosse un vibrant portrait de la vie à Paris à la fin des années folles, chef-lieu d’une douce France qui peut être rugueuse aussi.

C’est un livre bien étrange où le narrateur n’a pas de nom et où physiquement on a beaucoup de mal à le cerner, mais il y a une réelle violence des sentiments et une beauté des métaphores. Ce livre est avant tout sur l’étrangeté d’être un étranger à Paris car une ville ne s’appréhende pas seulement avec les yeux et les oreilles. Non, c’est d’abord avec le nez, ensuite avec l’estomac, et finalement avec les nerfs. Les plus fortes sensations sont olfactives. L’intelligence est à la traîne derrière l’odorat , l’estomac et les yeux. Elle nous aide à saisir le sens de la chose étrangère que lorsque l’odorat, le goût, le toucher et la vue sont saturés et ont digéré tout ce qu’ils ont perçu. On n’arrive pas à Paris quand on descend du train à la gare, ni quand on se tord le cou au Louvre et que s’installe cette nausée mortifiante causée par un trop- plein de musées, l’un des signes les plus détestables de la civilisation. On arrive quand on allume sa première cigarette. Quand on fait quelques pas  derrière une femme. Quand le garçon nous tend le menu pour la première fois dans un restaurant ( pg 45).

Bien étrange aussi le rapport que le narrateur a avec les femmes. Il les observe comme un poisson dans un bocal, sans véritablement communier avec elles. Ainsi, cette aventure qu’il aura avec Eva qui sera plus qu’une aventure puisqu’il la suivra dans sa Bretagne natale, est très étrange parce que on a l’impression que les deux amants s’observent sans se compénétrer. Lui est heureux d’avoir son archetype de française sous la main qu’il hume et observe à longueur de journée. Elle, fera l’apprentissage de « l’étrangitude » avec cet hongrois qu’elle rejettera à la fin avec un laconique mais définitif  « sale étranger ».

Il est tellement perdu le jeune hongrois dans ce Paris (déjà) « infesté » d’étrangers, qu’il arrive à douter de sa race caucasienne et demande à son ancien voisin de chambre d’hôtel, qui est sénégalais, s’il est vraiment blanc de peau. C’est un des moments forts du roman.

Il est plus difficile pour un étranger de pénétrer dans une salle  à manger française que chez le  dalaï-lama à Lhassa. Il en est pour prétendre qu’en France, il est plus facile à un étranger de rentrer dans une chambre à coucher que dans la salle à manger. En général l’étranger ne rentre nulle part, au mieux dans le salon, cinq minutes, où l’on règle son sort rapidement, et que l’on aère après son départ ( pg 182).

Le jeune hongrois avait acquis de l’expérience en ce qui concerne la variété des apéritifs français, leur incidence sur la santé et un peu sur le caractère des gens. On apprend beaucoup de choses . En général, ceux qui sont de grands buveurs donnent la préférence à la Suze citron avant le repas, avec très peu de sirop de citron et d’eau. Leur estomac ne supporte rien d’autre que ce poison amer à la saveur singulière. Ce sont des personnes irritables et querelleuses. Les tenants du Pernod sont indolents, somnolents, avec une propension à l’embonpoint. On a vite sommeil avec ce succédané allégé de l’absinthe, son goût anisé et sucré reste pendant des heures dans la bouche et on a beau la rincer, ce goût écœurant et tenace persiste. Celui qui en a bu deux verres s’endort . A côté de ces deux grands types de buveurs d’apéritif, on rencontre le troisième groupe, les consommateurs de vermouth, divisé en deux sous-groupes, les adeptes de Cinzano rouge et les autres, consommateurs de la qualité « export », blanche, un peu plus amère, sans sirop de framboise. Tout cela il faut le savoir. Les employeurs commandent en général une boisson nommée Byrrh ou du Cinzano rouge, quand les employés sont plutôt amateurs de l’export avec beaucoup de cassis ou de grenadine ( pg 223).

Eric de Bellefroid, chroniqueur,  a trouvé une formule magnifique: « Sandor, exilé de lui même« , comme si Márai  avait pressenti qu’il passerait plus de la moitié de sa vie loin de son pays et de sa langue. Sándor Márai écrit ici sur le thème du déracinement, de l’impossibilité  de s’installer quelque part. On a l’impression que son personnage flotte, qu’il ne s’accroche à rien, qu’il erre dans sa propre vie, qu’il se cherche.

Une anecdote savoureuse et sympathique sur la vie de Márai : l’un des desserts le plus connus de la cuisine hongroise, ce sont les crêpes GUNDEL( Gundel palacsinta) . Ce dessert a été inventé par Ilona Metzner, l’épouse de Márai, s’inspirant d’une vieille recette familiale que voici au complet: crêpe avec une garniture faite de noix pilées grossièrement, de gros raisins secs, des zestes d’orange confits, de rhum, le tout nappé de  sauce au chocolat noir tiède et le tout flambé au rhum. Cette crêpe avait été baptisée en Hongrie comme  » crêpe Márai » par le restaurateur Kàroly Gundel, mais à la suite des persécutions en contre de Márai par les communistes vers 1948, elle a été rebaptisée  crêpe Gundel. Alors, en 1948 Sándor Márai choisira l’exil et il deviendra à jamais un étranger.Crêpe Márai flambée au rhum

LES ÉTRANGERS, Albin Michel 2012,  ISBN 978-2-226-24429-1

El país de la canela de William Ospina

William Ospina nació en Padua, Colima (Colombia) en 1954; es un poeta, ensayista, traductor, periodista y novelista colombiano.

Este libro es el segundo de una trilogía sobre la colonización española, cuyo primer tomo fue Ursúa publicado en 2005 y que necesitó 5 años de búsqueda; éste tomo, El país de la canela,  fue publicado en el 2008 , recibiendo el XVI avo Premio Rómulo Gallegos (2009), premio prestigioso que se concede cada dos años. El tercer tomo se editó en noviembre del 2012 bajo el título de La serpiente sin ojos.

El país de la canela es la épica historia de la invasión y destrucción del imperio incaico con la muerte de sus dioses y el viaje a ese lugar remoto que soñaron los españoles, escrito a la manera de los cronistas de las Indias Occidentales. Cuenta también la historia del descubrimiento del río Amazonas, o la zona peruana del Alto Amazonas , como se la conocía en nombre de la Corona española allá por el siglo XVI.

Es muy difícil escribir una reseña sobre un libro tan grandioso, importante, majestuoso, docto y además, escrito en un lenguaje barroco y elegante, poético- musical pero totalmente adaptado al lector actual. Como dice justamente Libardo Vargas Celemín ( catedrático,crítico literario colombiano), el libro se basa en la poeticidad del lenguaje. Jamás, a mi gusto, premio literario fue mejor merecido que éste. Cuando se cierra el libro y que pasan por el cerebro los párrafos leídos, viene un sentimiento de orfandad, de pérdida hacia lo maravillosamente espléndido del relato. Es la misma sensación que se tiene al terminar una película fabulosa cuando se prenden las luces y que la magia se evapora.

Ospina optó por un narrador omnisciente, que es un mestizo, hijo de español y de indígena ( aunque su origen indígena será escondido a las autoridades españolas para no perder el derecho patrimonial) y así ofrecernos la perspectiva de la conquista de América desde la sensibilidad de alguien que pertenece a los dos mundos. Su relato tiene el sabor de las viejas crónicas de Indias con 33 capítulos cortos, lo que le da agilidad a la lectura ya que no hay ningún diálogo. El relato es denso, profundo, untuoso y especiado, con un riquísimo vocabulario donde cada palabra y cada frase requiere una lectura reposada.

Son verdaderas puertas a otros cuentos y a otras vidas, compendio de la sabiduría clásica de la época, construyéndose así un libro claustrofóbico como la selva, pero cultísimo como el renacimiento, mezclando todo lo conocido desde el punto de vista intelectual y antropológico.

Los hermanos Pizarro (Francisco, Gonzalo, Juan y Hernando) son protagonistas en el relato. Era una caterva de cuatro hermanos de una grosera barbarie, sanguinarios, bestiales, ávidos de conquistas y de gloria. El más conocido es Francisco Pizarro, el implacable, el más brutal y ambicioso, quien no discutía con nadie, ni siquiera con su emperador Carlos V, quien logró el título de marqués y quien murió asesinado en Perú por los partidarios del hijo de Almagro ( Pizarro urdió el asesinato)y por sus felonías; con él convivían el toro y el cerdo, el romano y el vándalo. Francisco Pizarro fue  jefe militar del padre de nuestro narrador quien decía que los hombres valientes son demasiado confiados y los traidores son demasiado engañosos: el rey y el papa estaban muy lejos, y dedicados a sus propias rapiñas, para imponer en América la ley de Dios o de la Corona; la Conquista solo se abre paso con crímenes y muy tardíamente intenta redimirse con leyes y procesiones. Allí sólo triunfaban los peores. La Corona aceptaba que avanzaran con saqueos y masacres.

Gonzalo Pizarro, 24 años menor que Francisco,  emprende viaje con nuestro narrador hacia el mítico País de la Canela porque Gonzalo tuvo que inventar sus propias locuras: era apuesto, joven , era el mejor jinete de los reinos nuevos y como sus hermanos, nunca sintió otro amor que la pasión de mandar y la embriaguez de arriesgarlo siempre todo ; el destino no le deparó como al primero un marquesado sobre la sangre seca del Inca, ni le concedió el poder subalterno de Hernando, capaz de conducir sobre el océano barcos que por poco se hundían de oro. Buscaba un reino propio que estuviera a la altura de su ambición, y la noticia del País de la Canela le dibujó en el aire un destino más rico que la ciudad de pedernal de los muertos.

El libro no relata cosas maravillosas. Al contrario, son cosas terribles que esa conquista de América que pasó por la destrucción del imperio incaico por un puñado de hombres de Extremadura, empujados por la codicia, la avaricia, pero también aguijoneados por las leyendas que les aseguraban que en América se encontraban sirenas, centauros, gigantes y amazonas; estos hombres eran más salvajes e ignorantes que los propios indígenas, pero ellos llegaban del mundo occidental arborando la bandera de Jesucristo para perpetrar las atrocidades más grandes que se puede imaginar. Para entender a estos hombres, tenemos que pensar en la dureza de la vida en España cuando no se ha nacido en cuna de príncipes.

El libro relata la aventura de casi dos años que emprendió Orellana con Gonzalo Pizarro, partiendo desde Lima en pos de bosques de canela, especie proveniente de Arabia y con la cual  quisieron hacer fortuna. La canela: oro astillado en aroma, el túmulo de leños que hace siglos borraba en sus humaredas los palacios del Tíber, cuando, para despedir a su emperatriz muerta, Nerón hizo quemar sobre las plazas de Roma toda la cosecha que Arabia había producido en un año. Fue en las terrazas saqueadas de Cuzco donde Gonzalo Pizarro oyó por primera vez hablar del País de la Canela. Él tenía como todos la esperanza de que hubiera canela en el Nuevo Mundo, y cuando pudo dió a probar a los indios bebidas con canela, para ver si la reconocían. Un día, indios de la cordillera le contaron que al norte, más allá de los montes nevados de Quito, girando hacia el este por las montañas y descendiendo detrás de los riscos de hielo, había bosques que tenían canela en abundancia. Los indios no pudieron haberle descrito con exactitud, porque las dificultades de comunicación eran muchas, pero Pizarro adivinó las arboledas rojas de árboles leñosos y perfumados, un país entero con toda la canela del mundo, la comarca más rica que alguien pudiera imaginar. Buscando canela habían venido las tres pequeñas barcas del comienzo, como tres cascarones de nuez embanderados por un niño y arrojados sobre un azul sin bordes. Ya es una buena prueba del afán que tenía Europa por salir de si misma, buscando un cielo nuevo y una tierra nueva, esa fascinación por todas las substancias que llegan desde lejos: la pimienta, el jengibre, la menta, el cardamomo, la nuez moscada y el comino, el anís, la canela. Pero sobre todo la canela, el cinamomo de Ceylán, ese perfume de rocío y victoria, que según dijo Heródoto, crece en lugares inaccesibles protegido por dragones o duendes. Los sacerdotes de Egipto la utilizaron para embalsamar cadáveres y para agravar hechizos, pero las gentes ricas de España la usaron para aromar los alimentos que tienden a dañarse, cuando no para fabricar jabones y ungüentos, o pócimas que dan energía sexual. Cuando corrió la voz de que lo que nos esperaba tras las montañas no era un pequeño bosque sino todo un país de caneleros, el delirio dominó a los soldados. Todos creyeron a ciegas en el País de la Canela. Cada día Pizarro  repetía que fue buscando canela, y no oro, como llegó Colón al Nuevo Mundo.

Orellana y Gonzalo Pizarro  emprendieron viaje acompañados de 240 españoles ( 100 eran oficiales a caballo y 140 eran peones con mando sobre los indios), 4000 indios porteadores, 2000 llamas, 2000 perros de presa cebados y adiestrados para despedazar bestias y hombres y 2000 cerdos con argollas en el hocico para servir de alimentos, traídos en parte de España y en parte de Cuba y La Española. Diez meses demoraron en bajar desde Lima hasta el Amazonas y otros diez meses en atravesar el Amazonas, que descubrieron.   Nadie sale indemne del río y de la selva que lo ampara. Tantos hombres de España, tantos indios, tantas llamas, tantos perros, tantos cerdos subiendo por esas pendientes de viento helado, yendo a rendir tributo a unos dioses desconocidos, tanta gente dispuesta a morir por un cuento, por un rumor, ahora alarman, porque esa expedición sólo a medias era la búsqueda de un tesoro. Era sobre todo la prueba de una credulidad desmedida, una sonámbula procesión de creyentes yendo a buscar un bosque mágico, un ritual corroído por la codicia, espoleado por la impaciencia.

Las huestes fueron mermando en el viaje y pasaron tantas miserias, enfermedades, ataques, pero sobre todo hambre. Un hambre tan primogénito y animal que se comieron las pocas cosas en cuero que les quedaban: correas, trozos de alforjas y secciones de botas que hervían en el agua hasta que parecían ablandarse y las adobaban con hierbas desconocidas recuperando así su condición animal, improvisándose así como alimentos. Y recordaban que en los primeros meses de la selva les había causado malestar devorar a los buenos caballos y repulsión masticar trozos de carne de perro apenas asada con un poco de sal…

El arduo camino, sembrado de escollos no dejaba atrás descripciones de la orografía de una deslumbrante belleza:…las colinas frente a un valle infinito, pesado de ceibales y livianos de garzas, donde saltaban en las ramas altas los monos diminutos, donde se perfilaban palmeras contra el cielo radiante, donde se duplicaban en el agua los macizos de orquídeas, y una brisa corría al atardecer densa de perfumes, y la luna rojiza y enorme del verano brillaba suspendida sobre lagunas vegetales…(cercanías de la actual Cali, pg 175)

Pero también se describe el ambiente hostil e impenetrable de la selva amazónica:…el río Amazonas  es un camino inmenso y abierto, a veces bajo las lluvias y las tempestades, a veces bajo los temporales y sus temibles truenos y relámpagos; al amanecer entre espesos vapores, la selva era un fantasma lleno de gritos lúgubres, después una luz amarilla lo iba envolviendo todo. Desde el barco podíamos oír el bullicio de las arboledas, chillidos y silbos, crujidos y alborotos, saltos y caídas, el zumbar de los insectos, el chirriar de cigarras estruendosas, y a veces el rugido de un gato grande de la selva que se afirmaba en las ramas altas de un árbol. Después el calor se aquietaba como una capa de vapor sobre nosotros, el cielo se iba llenando de pequeñas nubes todas con la misma forma, pasaban volando pájaros enormes de plumas de colores, y hacíamos vanos intentos por pescar ya que la cacería estaba prácticamente vedada. La selva puede ser oscura, y enmarañada y laberíntica, pero el río es un camino inmenso y abierto, a veces bajo las lluvias y tempestades, a veces bajo los temporales y sus terribles truenos y relámpagos ( pg 246).

Un fiasco este viaje hacia un país que no existe donde nuestro narrador dejará su juventud y parte de su salud, volviendo a la vieja Europa pobre y desilusionado de la naturaleza humana.

EL PAÍS DE LA CANELA, La Otra Orilla (Grupo Editorial Norma) 2008,  ISBN  978-980-01-1715-6

Betty de Arnaldur Indridason

Indridason, ArnaldurArnaldur Indridason est un écrivain islandais né en 1961 à Reyjavik, diplomé en Histoire, journaliste, scénariste, critique de cinéma et aujourd’hui auteur de polars dont 7 ont été traduits au Français. C’est le créateur de l’inspecteur Erlendur, flic taciturne, adepte des surgelés et des costumes fripés.

C’est avec curiosité que j’ai abordé ce nouvel écrivain de polars, écrivain qui appartient au groupe scandinave. Ce livre, Betty est un roman écrit avant la série du commissaire Erlendur, c’est une œuvre de jeunesse avec une fiction inspirée du Facteur sonne toujours deux fois.

 Ce fut une découverte, d’abord des décors somptueux d’un pays sombre et glaciaire où la glace se mêle au feu pour rendre les décors naturels et inquiétants. J’ai appris que c’est un pays où les gens se tutoient plus facilement que dans nos contrées, peut être que ainsi ils combattent mieux la glaciation ambiante. Nous sommes devant une machination diabolique et une intensité psychologique, parfaitement réussies. Il y a la force du détail, les indices révélés après coup, l’étoffe des personnages principaux, le poids de la culpabilité, le contexte ancré dans une réalité économique (marché de la pêche en Islande), ce sont des éléments qui donnent de l’envergure et de l’intensité au récit.

En bref, c’est l’histoire d’une colossale manipulation; la manipulatrice est Betty, femme vénéneuse et prête à tout pour obtenir ce qu’elle veut. Loin de moi de vous donner la clé de ce roman qui comporte un retournement de situation magistral, vers le milieu du roman, ce qui va constituer le meilleur du livre.  C’est un bon polar sans intrigue policière, mais abordant des aspects plus psychologiques. Et bien sûr, j’ai envie de lire quelques opus du commissaire Erlendur.

Voici un lien pour écouter une présentation du livre qui n’est pas inintéressante:

BETTY, Éditions Point 2011 ,  ISBN  978-2-7578-3044-4

La hora sin sombra de Osvaldo Soriano

Gran escritor, escenarista y periodista argentino, oriundo de Mar del Plata donde nació en 1943, falleciendo en Buenos Aires en 1997 de un cancer pulmonar. Fue un best seller argentino, el último best seller argentino. Pasó junto a su familia una infancia errante, deambulando por pueblos de provincia tras los destinos laborales de su padre. Posteriormente recaló en Tandil (ciudad natal de su madre). Esa eterna huida, ese nomadismo de su niñez, fue decisivo para esa especie de “novela de carretera” repleta de perdedores extraviados que recorre casi toda su obra. El Gordo Soriano, como lo llamaban muy cariñosamente sus amigos, escribía de noche hasta las 8 de la mañana, durmiendo hasta las 4 de la tarde; le fascinaba Internet y el mundo de la informática, el fútbol y los gatos.

 Dos libros suyos  han sido comentados en este blog, ambos en agosto del 2012, Cuarteles de invierno su tercera novela y No habrá más penas ni olvidos, su segunada novela.

Justamente este libro, su último libro, La hora sin sombra lo dedicó a su padre: es un road-book que ilustra muy bien esa parte autobiógráfica de su vida, esa errancia, ese desasosiego (que se siente en esta novela), y que según algunos, podría ser su mejor libro, su obra más reflexiva.

Confieso que me costó seguir la trama a pesar de ser un libro muy bien escrito, con un lenguaje llano, claro y directo ; es un libro un poco diferente de los dos otros  leídos, porque por momentos el relato se vuelve surrealista, absurdo, carnavalizado. Es un relato sólido , un apocalipsis hecho de humor ( ácido y corrosivo en Soriano), nostalgia y poesía(sic. Eduardo Gudiño).

Se trata de una novela de carretera donde el narrador  es un antihéroe que emprende viaje a lo largo de  Argentina en un Torino, que su padre  le ha preparado especialmente, con dedicación y amor. El narrador debe escribir una Guía de pasiones argentinas, que él nunca escribirá. En cambio se abocará a escribir la historia de su familia: es una familia dislocada, donde la madre lo abandonó en la infancia para irse a vivir con un bodeguero a Mendoza y donde el padre, otro ser errante, era distribuidor ambulante de las películas de Paramount.  Es un viaje que avanzará por 2 rumbos: uno de ellos es la búsqueda por el narrador de su padre enfermo terminal de cáncer. Y el otro, es pura interioridad subjetiva donde este narrador se busca a si mismo, buscando también el entorno afectivo de su infancia.

Este narrador errático pierde dos cosas: el borrador de su novela y a su padre, fugado permanente de los hospitales donde se le trata. Al mismo tiempo el narrador sufre de un zumbido en las orejas que no lo deja en paz y que será el hilo conductor a lo largo de toda la novela.

La oscuridad prevalece como un tema central en toda la novela, designando al espacio donde se oculta el padre- y donde se ubica el narrador amnésico- y al lugar ocupado por el zumbido, la desorientación y la ausencia. A la vez, es el espacio preferido para escribir la historia familiar. Al recobrar al padre y con ello su memoria, el protagonista saldrá por primera vez de la zona sombría. La aparición repentina del padre al final del texto sucede en la ciudad de Colonia Vela, el pueblo ficticio de las otras novelas de Soriano y página 218, Soriano nos da la clave del título de su novela: mi padre había salido de su selva para mostrarme la hora sin sombra.

Los otros personajes de la novela pasan fugazmente dejando un verdadero delirio onírico ; ese nomadismo y desarraigo le aportarán una galería de entrañables personajes, entre ellos los perdedores. Esta novela admite muchas lecturas: la política, con bastantes símbolos de la corrupción y de la decadencia en  Argentina. Otros podrán hacer una lectura freudiana y hasta lacaniana de la historia.

Es un paseo en  Argentina entre 1943 y la década del 90 del siglo XX.  Página 27 el narrador se describirá como rata de biblioteca, viajante de la palabra, casado dos veces, fracasado. Fracasado de vivir, porque un tipo que anda por ahí, sin familia, sin otra cosa que un puñado de historias dispersas. Un portador de enigmas, un asaltante de caminos por los que no pasa nadie.

Página 181 Soriano nos pasa un mensaje: una novela es como una tormenta en el océano, pasa y no deja huella. 

Es un viaje por la memoria, justamente así formulado en la interesante tésis de Amalia Ran para la Universidad de Nebraska en 2008. Con una frase preciosa de San Agustin en exergue: la memoria es el alma del alma.

LA HORA SIN SOMBRA, Grupo Editorial Norma 1995,  ISBN 958-04-3202-3