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Falcó de Arturo Pérez-Reverte

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Arturo Pérez-Reverte (Murcia 1951), es un valor  de las letras hispánicas, es el autor español de más tirada. Es un escritor, periodista y reporter de guerra. Hace parte de la RAE desde 2003.

Su estupenda novela El maestro de esgrima (1988), la comenté en este blog en diciembre 2012 y El francotirador paciente (2013) en enero 2014, una novela que no me sedujo porque la encontré underground, algo decadente. Por supuesto que le he leído otros libros, pero como en aquella época no hacía fichas de lectura, no me siento autorizada para argumentarlos. Sobre mis cargados anaqueles espera lectura La Reina del Sur (2002).

Falcó (2016) es el primer tomo de una serie por venir involucrando al espía español Lorenzo Falcó ; ya está anunciado un segundo tomo para mañana (17/10/17) que se llamará Eva, un personaje equívoco que aparece en este primer tomo y que narrará nuevas aventuras con Falcó en Tánger.. Ya se han vendido más de 300 000 ejemplares en español de Falcó.

Pérez-Reverte inaugura otra serie ágil como fue aquella del capitán Alatriste.

Falcó es una novela corta ambientada en los principios de la guerra civil, cuando José Antonio Primo de Rivera, el caudillo y fundador de Falange española fue apresado en Madrid y luego trasladado a Salamanca donde fue ejecutado en noviembre 1936. Fue el principal mártir del régimen franquista y una teoría circula arguyendo que Franco habría hecho un sabotaje a la posibilidad de liberarlo porque la personalidad carismática de Primo de Rivera, en algún momento, hubiese entorpecido su caudillismo.

Como ficción de la novela, tenemos una tentativa de evasión de Primo de Rivera desde la prisión de Salamanca preparada por los servicios secretos, que eran numerosos y variados, en este caso preciso por el SNIO (Servicio Nacional de Informaciones y Operaciones) dirigido por el « Almirante » y supervisado por Nicolás Franco, hermano del Caudillo. El Almirante es el jefe directo de Lorenzo Falcó : un hombre de 37 años, ex-señorito jerezano que se buscaba la vida en el tráfico de armas y en el espionaje de los años 20-40, un cínico y un desalmado, un pistolero « chic », un sicario con aplomo y desenvoltura, que sufre de migrañas recurrentes y que está al servicio  del Almirante que lo define como un « hampón elegante ».

Su actitud cínica es interesante porque el personaje no se pronuncia por ninguno de los dos bandos, criticándolos separadamente. Es un hombre sans Dieu ni Maître, pero confiable a 100% en sus misiones. Tiene hábitos de lujo y cambia de mujeres como de camisa sin involucrarse nunca. Hete aquí como lo define Pérez-Reverte : para Falcó, palabras como patria, amor o futuro no tenían ningún sentido. Era un hombre del momento, entrenado para serlo. Un lobo en la sombra. Ávido y peligroso. Para Pérez-Reverte la Guerra Civil Española acabó con empate en hijos de puta. Qué bien dicho !

En este opus, el Almirante confiará a Falcó la dirección del comando que llegará a Salamanca por mar para liberar a Primo de Rivera de la cárcel. Todo ha sido calculado con minucia, hay mucha gente involucrada, muchos falangistas y simpatizantes, pero a última hora se anula el proyecto y Falcó comprende que todo el comando fue « entregado » a los rojos y que sólo él podrá salvar el pellejo junto con Eva, una cómplice del grupo y gracias a la intervención del Almirante.

Es un libro ágil que se lee bien porque la acción es trepidante y porque el tal Falcó es carismático a rabiar a pesar de ser un ser en apariencia inmoral, pero con códigos de honor nada despreciables.

Sigamos la aventura con Eva !

FALCÓ, Alfaguara 2016,  ISBN 978-84-2304-1968-8

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Je suis Pilgrim de Terry Hayes

Terry Hayes est un journaliste, scénariste, producteur et maintenant un écrivain très réussi anglo-australien (Angleterre 1951).

Je suis Pilgrim (I am Pilgrim, 2013) est son premier livre et quel succès international ! Livre publié en France en avril 2014 . Les droits ont déjà été vendus à la  MGM et à l’heure actuelle, on ne sait pas si nous aurons un film ou une série télévisée. Un deuxième thriller est déjà annoncé pour mai 2016 sous le titre de The year of the locust.

Je suis Pilgrim ce sont environ 650 pages d’un vrai page turner, un livre très réussi parce qu’il déborde largement du cadre du polar, étant aussi un roman d’aventures, un thriller haletant, un roman d’espionnage au suspens par moments insoutenable et parce que ce livre constitue un scénario possible d’apocalypse moderne. Les chapitres sont courts et s’articulent bien pour nous distiller peu à peu des informations qui vont reconstituer un puzzle géant à travers une partie de la planète .

Ce livre touche à des thèmes douloureux qui sont ancrés dans notre quotidien et inconscient collectif et aussi notre passé historique: le terrorisme, la possibilité d’une guerre bactériologique, l’islamisme radical, les mafias de tout poil, la fuite des nazis vers l’Amérique du Sud,  l’invasion d’Afghanistan, le 11 septembre, etc.

Il y a tellement de matériel dans le livre que l’on verrait mieux une série pour la télévision qu’un film d’action: une série par exemple dans le style de Homeland, la série télévisée américaine diffusée par Canal +. Ce serait gâcher le riche descriptif des personnages du livre et la foultitude de détails que de se contenter d’un film, probablement plus tourné vers l’action musclée que vers l’analyse des personnages, sujet qui est très bien traité dans le livre.

Je suis Pilgrim a un narrateur omniscient qui est un espion de haut vol, un espion ultra secret (excusez le pléonasme) qui appartient à « la Division » une division ultra-secrète du FBI pour laquelle il a travaillé pendant presque dix années et dont seule une poignée de gens connaissaient l’existence ; c’est un personnage en clair obscur qui a renoncé à une identité normale, qui a vécu sous couvert de plusieurs identités; ce polar est construit autour de la traque d’un assassin solitaire appelé le Sarrasin et l’agent ultra secret prendra le nom de code de Pilgrim avec une mission planétaire  connue d’une dizaine de personnes aux USA. L’écrivain pousse le bouchon jusqu’à ne jamais bien le décrire physiquement: on arrive à comprendre qu’il a plus de trente ans, qu’il est physiquement assez bien de sa personne, qu’il fut l’enfant choyé et adoptif d’un couple de richissimes américains, qu’il reste un personnage profondément solitaire dans le privé, mais non dans le métier. Nous le connaitrons plutôt par ses actions que par ses pensées et jamais par ses sentiments qu’il se refuse presque d’ avoir. J’ai éprouvé de la surprise quand enfin il s’approche du couple de Ben Bradley (un collègue) et  de Marcie sa femme.

Le livre démarre sur les chapeaux de roue avec un crime particulièrement  odieux, perpétré dans un hôtel glauque de New York le jour de l’attentat du 11 septembre 2001; et alors que notre narrateur omniscient est « à la retraite », il se voit impliqué dans le cas où l’assassin a utilisé SA méthode pour commettre le crime parfait. L’agent secret avait écrit  sous le nom fictif de Jude Garrett, un livre-référence sur la criminologie et la médecine légale, un livre que l’agent secret avait écrit pour mettre un point final à son passé et aussi pour que d’autres enquêteurs tirent profit de  de ses techniques dont certaines étaient très novatrices ( mais comme l’espion le dit avec justesse, on peut démissionner du métier d’espion, mais on ne le quitte jamais)

A partir de ce crime, des infimes détails vont le relier à un plan beaucoup plus vaste et maléfique qui vont entraîner notre narrateur à reprendre du service sous le nom de code de Pilgrim. Pilgrim est un homme qui n’existe pas parce que les services secrets américains ont grillé toutes les pistes menant vers Scott Murdoch qui était le nom de l’enfant adoptif qu’il fut un jour. Il y a dans ce livre, plusieurs histoires imbriquées et celle qui m’a le plus terrifié est celle du personnage appelé Ingrid Kohl,  elle va s’évaporer dans la nature de façon floue, exactement comme Hannibal Lecter à la fin du Silence des agneaux,  de Thomas  Harris. Va-t-elle réapparaître aussi?

Pilgrim est le personnage principal et Sarrasin est le nom du personnage qu’il doit abattre, un islamiste fanatisé,  aussi un personnage de l’ombre tout comme Pilgrim car il a aussi brouillé toutes les pistes derrière lui. Le credo de Sarrasin? finir avec la dynastie corrompue saoudienne qui a décapité son père et frapper  « l’ami  » de l’Arabie Saoudite, c’est à dire les États Unis d’Amérique.

Tous les personnages du roman portent en eux une douleur, y compris l’assassin implacable qui est le Sarrasin, et ceci est dangereux parce que cela déclenche malgré nous un sentiment d’humanité et de compassion.

Pilgrim va nous entrainer des EEUU au Moyen Orient et en Europe à la traque d’un assassin impitoyable qui se meut aussi dans l’ombre comme lui même. La grande différence est que le Sarrasin est un assassin strictement isolé (d’autant plus dangereux) alors que Pilgrim a la CIA, le FBI et le Président des EEUU suspendus à ses basques.

Un énorme polar qui se lit avec délices malgré quelques faiblesses comme par exemple la vision un peu manichéenne des choses, comme le fait que Leyla Cumali ait pu devenir inspectrice de la police en Turquie, mais c’est pardonnable vu le plaisir et l’addiction que procure cette lecture. Un plaisir que je n’avais pas ressenti depuis la lecture fébrile de la trilogie Millenium.

JE SUIS PILGRIM, Le Livre de Poche N° 33697,  ISBN 978-2-253-00167-6

La vie aux aguets de William Boyd

William Boyd est un écrivain, scénariste et réalisateur britannique (Ghana 1952) qui, après avoir suivi des études à l’université de Glasgow,  a enseigné la littérature à Oxford. Actuellement il vit entre Londres et la France (Dordogne). C’est un écrivain que je suis depuis ses premiers livres et que j’apprécie toujours; ce sont ses premières publications qui m’ont surtout marquée (Un Anglais sous les tropiques, Comme neige au soleil…).

Dans ce blog, j’ai publié en anglais un billet sur son livre Orages ordinaires (Ordinary Thunderstorms, 2009) en décembre 2012; c’est un  un thriller captivant autour de la recherche « effrénée » de profits  de la part de l’industrie pharmaceutique même quand cela est au détriment des vies humaines, mais c’est aussi  un roman passionnant sur la dépossession d’identité, un thème récurrent chez Boyd : https://pasiondelalectura.wordpress.com/2012/12/22/ordinary-thunderstorms-by-william-boyd/

La vie aux aguets (Restless, 2006) est un roman d’espionnage construit autour du besoin qu’éprouvaient les Anglais à compromettre les Américains afin qu’ils rentrent dans le conflit armé Européen de 1939. Aujourd’hui les révélations sur cette « guerre de désinformation » et de propagande qu’ont mené les Services Secrets britanniques au sein même du sol américain, permettent d’accorder de la véracité à la fiction imaginée par William Boyd. Le roman m’a paru assez captivant, mais j’ai du attendre au moins 50 pages pour me sentir intéressée,  ensuite je n’ai pas pu lâcher le livre, bien que la fin m’ait paru un peu bâclée. À peine un paragraphe pour nous expliquer « l’énormité » commise par Lucas Romer, le boss d’Eva Delectorskaya: Lucas Romer avait dit à Eva un jour qu’il y avait trois raisons pour trahir son pays :l’argent, le chantage et la vengeance; mais en observant le comportement de Romer, Eva avait conclu que c’était plus naturel de haïr l’Angleterre que de l’aimer parce que Romer possédait tout (argent, position sociale, titre, pouvoir) et sa vengeance était d’en rire. C’est aussi un roman sur l’usurpation d’identité et le boulet que cela signifie de passer toute une vie d’usurpateur dans le mensonge.

C’est l’histoire d’Eva, une jeune femme mi-russe mi-anglaise qui est enrôlée par les services secrets britanniques afin d’infiltrer les Américains via la contre-propagande anti nazie. J’ai trouvé fascinante la formation que la jeune femme avait suivie à Manor Lyne en Écosse avec tous les petits détails qui ont conditionné à jamais les synapses de son cerveau, le dotant d’un esprit analytique, déductif, mnémotechnique et définitivement méfiant. C’est un enseignement que nous devrions avoir tous afin de déjouer beaucoup d’aléas malfaisants dans notre vie courante.

La trame du livre est assez bien balancée entre les souvenirs de l’espionne Eva Delectorskaya (1939-1942) et la vie actuelle de sa fille, Ruth Gilmartin à Oxford. Eva, alias Sally Gilmartin donne à sa fille un manuscrit lui révélant sa véritable identité parce que après toutes ces années de camouflage, elle sent à nouveau que sa vie est en danger. Et le lecteur, tout en apprenant la vérité sur le rôle qu’Eva a joué lors de la deuxième guerre mondiale, sera confronté au doute pour démêler le vrai du faux de la paranoia de persécution d’Eva, paranoia que ses maitres ont si bien su lui inculquer .

Une série pour la BBC en deux parties a été filmée et dirigée par Edward Hall avec parmi les acteurs Hayley Atwell, Rufus Sewell, Michael Gambon et Charlotte Rampling et  avec la participation de William Boyd dans le script. Ils ont changé beaucoup de choses dans le film: par exemple, rien n’est dit sur le gagne pain de la fille d’Eva alors que dans le livre, elle donne des cours d’anglais aux étrangers à Oxford. Aussi, je ne sais pas pourquoi, ils ont changé le nom du président de thèse de Ruth qui s’appelle Bobby von Arnim dans la série alors que c’est Bobbie York dans le livre  ; et encore c’est Sylvia, une collègue espionne de Ruth, qui fait passer Eva au Canada dans la série alors que dans le livre c’est un homme, et ensuite elle est tuée mais à un autre moment que dans le livre,  et en outre plein d’autres changements. Voici un lien pour voir la série de presque deux heures de durée et en langue anglaise, avec une première partie sous titrée en italien. Je préfère le livre, plus explicite.

https://www.youtube.com/watch?v=f-pLr7JD8Sw

 

LA VIE AUX AGUETS, Seuil 2007,  ISBN 978-2-02-087232-4