Archive | juillet 2012

Intrigue à Venise de Adrien Goetz

Afficher l'image d'origineAdrien Goetz est né en 1966 à Caen; après une prépa littéraire à Louis -le-Grand, il intègre la rue d’ Ulm et sort agrégé d’ histoire ; puis il  prépare une thèse de doctorat en Histoire de l’ Art  sur la période romantique . Aujourd’hui il  enseigne, il est maître de conférence sur l’ Histoire de l’Art à Paris-Sorbonne.

C’est donc un écrivain atypique. Il a déjà reçu quelques prix dont le Prix de l’Académie Française pour l’ensemble de son oeuvre en 2007. Intrigue à Venise est le troisième volet des aventures de Pénélope Breuil, jeune trentenaire, pétillante et ambitieuse,  conservatrice de musée à Versailles. Ce troisième volet  suit Intrigue à l’ anglaise et Intrigue à Versailles. Pénélope  est assistée par son fiancé, le journaliste Wandrille, autre personnage stéreotypé, excentrique.

Ce livre je l’ai acheté alléchée par le nom de Venise afin d’enrichir ma  collection de livres sur la Sérénissime. Je n’ai pas été déçue par cet achat, mais plutôt comblée et ravie.  Le livre est un abrégé d’informations sur Venise. On croit tout connaitre sur cette ville , mais  elle nous réserve encore beaucoup de surprises et de découvertes. Dans ce livre réalité et fiction sont si savamment mêlées que je me suis surprise à chercher dans Wikipedia des informations sur des personnages fictifs fruits de l’imagination de l’auteur. Il y règne aussi une érudition joyeuse, une moquerie gentille, des sous-entendus tous azimuts. Cela donne deux niveaux de lecture: la lecture de un pol-Art ( nouveau genre ) et d’un bouquin à clefs :  à bon entendeur Salut !

L’intrigue policière m’a paru emberlificotée et peu vraisemblable, mais délicieusement assaisonnée d’Histoire, peinture, rites des vénitiens pure souche, de muséologie, de références au Bal du Siècle de Beistegui en 1951, de références au Club très fermé d’écrivains de Venise, de lieux touristiques, de références à d’autres écrivains et même, cerise sur le gâteau, de recettes comme celle du Spritz, apéritif très prisé par les vénitiens (pg 138 ).

Faire un résumé de l’intrigue ? Difficile car elle est trop riche et il faut laisser aux futurs lecteurs le plaisir de la découverte !,  grosso modo la sémillante Pénélope Breuil découvre par hasard que un probable tableau de Rembrandt méconnu du monde de l’Art, est à Venise. Il existe une véritable cabale pour s ‘approprier ce tableau et ses secrets, allant jusqu’aux meurtres. Ceci donne prétexte à moult aventures et péripéties dans Venise, mais aussi à Paris, Munich, Rome et autres lieux comme l’île de Stromboli. Le livre nous fait pénétrer dans les arcanes du Louvre, de l’ Académie Française, du monde de la peinture et du patrimoine, de la restauration de tableaux, de la Villa  Médicis, du Club très fermé d’ écrivains de Venise ( qui sent la Loge maçonnique à plein pot… ) et j’en passe. Ceci narré dans un style vif et enjoué, riche en calembours et clés pour les initiés ( et même pour les néophytes), plein d’ esprit et de morgue gentille et distinguée. Bref , de quoi passer un très bon moment en se marrant franchement à certains passages. Les personnages sont parfois peu crédibles, trop loufoques, mais ils ne servent que de faire valoir à d’autres choses bien plus intéressantes.

Certains passages sont  drôles. J’ai retrouvé dans ce livre, au moins deux fois, l’allusion à Venise comme étant le soir un salon à ciel ouvert…(si j’avais le temps je réviserai mes livres sur Venise pour le retrouver, mais cela m’est difficile). Il y a aussi un passage délicieux où Goetz écrit que Venise est le calvaire des amoureux, car l’architecture de la ville est faite pour les disputes; seuls certains couples aveuglés par la passion, résistent à la topographie. La ville est une torture quand on s’y perd à deux. D’où l’ idée d’en faire la capitale des voyages de noces, seule manière de sauvegarder cet urbanisme absurde ( pg 21). Il écrit aussi que c’est la seule ville au monde où on a remplacé les rues par des égouts à ciel ouvert, et cela plaît ! ( pg 78 ). Adrien Goetz non seulement  règle son sort à pas mal de clichés sur Venise et les métiers de l’ Art, mais aussi il écrit sa pensée sur le sport :…alors que les vraies valeurs du sport, aujourd’hui, c’est l’amour de l’argent, la compétition mesquine, l’esprit de clocher, les hooligans, les dopés, les drogués, c’est l’école de la triche et du pas-vu-pas-pris, ça apprend la haine de l’autre et le narcissisme, les logos et les sponsors, l’idée que les plus forts piétinent les faibles. Se dépasser, aller plus haut, être plus rapide, plus grand ! L’ olympisme a conduit aux JO de Berlin, aux statues du stade de Rome de Mussolini, elles sont toujours là, le stade sert encore. Le sport cristallise tout ce qu’il y a de plus bas chez l’homme. ( Bah, du temps de l’Empire romain ce n’était guère mieux avec leur Panem et circenses ! de la plèbe ).

Voici un lien pour écouter le docte Goetz parler avec grâce de son livre dans l’ émission matinale de Stéphane Bern, datant de mai 2012 :

e.com/watch?v=PEokOMH0_hM

INTRIGUE A VENISE , Grasset & Fasquelle 2012,   ISBN  978-2-246-77971-1

Une année studieuse de Anne Wiazemsky

Anne Wiazemsky est née à Berlin, elle est la petite-fille de François Mauriac et la fille de Claire Mauriac et du prince russe Yvan Wiazemsky, haut fonctionnaire international; son frère Pierre est le connu dessinateur Wiaz. Elle a une double casquette d’actrice et d’écrivain. Sa carrière d’actrice débuta très tôt, à 18 ans avec Robert Bresson puis avec celui qui deviendra son mari, le cinéaste suisse Jean Luc Godard de 17 années son aîné, divorcé d’ Anna Karina. Ils se marieront clandestinement en Suisse en 1967. Bresson et Godard, deux phares de la Nouvelle Vague du cinéma français. Elle va tourner 6 films avec Godard.

Son travail littéraire a commencé a être reconnu en 1993 avec le Prix des lycéens pour Canines  et en 1998 avec le Grand Prix de l’Académie Française pour Une poignée de gens, adapté au cinéma sous le tître de Toutes ces belles promesses, dont elle a été scénariste. Aujourd’hui elle a publié plus de dix titres… A son grand père François Mauriac, elle avait emprunté une phrase qui deviendra sa devise : le bonheur est d’être cerné de mille désirs, d’entendre autour de soi craquer les branches…Cette phrase la décrit assez bien.

J’ai lu d’elle Mon enfant de Berlin, publié en 2009 et qui raconte l’histoire d’amour fulgurante à la fin de la deuxième guerre mondiale entre sa mère, conductrice d’ ambulance pour la Croix Rouge à Berlin, et du futur  père de Anne, Officier dans l’armée française. Belle histoire d’amour qui ne résistera pas au temps.

Une année studieuse va narrer une autre histoire d’amour et d’apprentissage ( j’aime les histoires d’amour, toujours si différentes, si intemporelles ! ): celle de la narratrice, jeune fille de bonne famille, âgée de 19 ans et du cinéaste suisse Jean Luc Godard de 17 ans son aîné. Le récit se borne à leur rencontre et au vécu difficile de leur première année d’amour presque clandestin. Lui, au faîte de sa carrière , elle timide débutante au cinéma, bachelière désabusée en quête de vocation. Comme ce livre fait bien revivre le Paris intellectuel de l’époque, le rythme trépidant d’une jeunesse qui veut dévorer le monde à pleines dents, qui veut lire tous les livres, voir tous les films, épouser toutes les idées nouvelles. Une vie tumultueuse et riche en rencontres pour certains d’entre eux. Comme on sent bien au fil des pages la fébrilité de ces gens,  des gens qui fument sans arrêt, qui ne tiennent pas en place et qui sentent peut-être les changements de société et de mœurs qui se préparent.

On ne peut que saluer la pugnacité de Anne Wiazemsky pour survivre à tant d’ interdits, à tant de préjugés, à tant de difficultés pour exister, pour vivre cet amour, pour s’affirmer, au milieu de son cercle familial sévère. Et aussi la pugnacité à exister devant cet être difficile, remuant et contestataire qui fut le Godard des années 66-67. On ne peut que admirer Anne Wiazemsky d’avoir eu des maîtres à penser de cette classe, qui l’ont formée, qui l’ont fait rencontrer des gens si intéressants, si ouverts, si instruits, si enrichissants, en somme. Ce n’est pas sur les bancs de la Fac qu’elle aurait pu apprendre autant des choses sur le cinéma, sur la vie, sur les lettres, sur la politique, sur les gens.

Le livre se lit très bien, avec une écriture élégante et déliée et un ton juste qui laisse une certaine nostalgie aux gens qui ont traversé cette époque, déjà si lointaine. Et grand merci à ma chère Catherine S de m’avoir offert ce très bon livre !

Jean-Luc Godard et Anne Wiazemsky au Festival d'Avignon en 1967 © Heritage Images-Leemage

UNE ANNÉE STUDIEUSE,   Gallimard 2012,  ISBN 978-2-07-012670-5

Habitaciones cerradas de Care Santos

Care Santos es una catalana de Mataró, escritora, crítica literaria (en El Culturel ) y crítica teatral, profesora de talleres de narrativa, periodista. Cursó estudios de Derecho y Filología hispánica en la Universidad de Barcelona. Autora y fundadora desde 2006 de una página web de crítica literaria llamada de manera interesante, La tormenta en un vaso (http://latormentaenunvaso.blogspot.fr),  donde los autores son generalmente escritores y los premios se dan anualmente a los mejores libros reseñados en la página ; desde 2009 se concede también un premio al mejor debut literario en español. Care Santos escribe en español y en catalán . Acumula los premios en ambas lenguas.  Se rumoreaba que Habitaciones cerradas podía ser en España , el libro del año 2011. Existe otro blog bitácora de la escritora ( francament, ésta  es una escritora muy activa ):

http://silencioeslodemas.blogspot.fr/.

Este libro es muy ameno a la lectura, es el tipo de libro que atrapa desde la primera página porque está bien escrito, bien balanceado, con una trama interesante que reúne varios ingredientes : novela histórica, misterio, retrato costumbrista, saga familiar, relato epistolar, novela- tesis ( relación entre arte y memoria, reconstrucción del pasado desde el presente, etc). Se puede recomendar para una lectura-placer por la excelencia de lo que ofrece. Estoy expectante por leer La muerte de Venus a Care Santos.

¿ Cual es el tema de este libro ?  La historia tumultuosa de una familia patricia barcelonesa, los Lax,   fundadores de una dinastía que marcó los anales de Barcelona entre el siglo XIX y XX. La representante más contemporánea es Violeta Lax, crítica de arte , radicada en los EEUU y nieta del pintor barcelonés Amedeo Lax. Ella heredará la casona familiar y querrá hacer de ella un museo dedicado a la amplia obra de su abuelo. Durante la remodelación de esta casona se harán hallazgos insólitos que aportarán luces nuevas a la historia de la familia. Gracias a documentos y cartas de algunos protagonistas, se sabrá algo de los dramas y aventuras que quedaron atrapados en el olvido general.

La ascensión social de la familia Lax coincide con el desarrollo industrial considerable que conoció Cataluña , gracias a la neutralidad de España en el conflicto de la Primera Guerra Mundial, años que coinciden con la mudanza de la familia Lax desde el casco viejo de la ciudad hacia los nuevos terrenos colindantes con la Diagonal, allí la familia se hizo construír una casona con todos los adelantos de la época, entre ellos con la electrificación de la casa lo que era una modernidad que provocaba temor…( había quien se negaba a pasar bajo una lámpara encendida o- peor aún- quien ni siquiera entraba en una estancia conquistada por la luz eléctrica...) La burguesía de la época era también muy adepta al espiritismo que los ocupaba en las tertulias; los espiritistas eran gente culta, que profesaban una fe que no excluía al Dios católico sino que más bien lo reinventaba, en la vez que creían en la libertad de espíritu, la igualdad de todos los seres humanos y la capacidad del alma para elevarse por encima de los límites de lo corporal, incluída la línea que separa la vida y la muerte. Una pandilla de modernos, en suma, que escandalizaban a la gente de su tiempo. Los espiritistas europeos en sus buenos tiempos fueron bastante influyentes y contaron en sus filas a gente como Victor Hugo o Arthur Conan Doyle.

Una teleserie en dos episodios fue filmada por Diagonal TV y TV3, estrenada en noviembre 2015, dirigida por Lluis Maria Güell, y con la adaptación y dirección de Pere Riera. En los roles importantes tenemos a la deliciosa Adriana Ugarte (Teresa Brusès) y a Alex García (Amadeo Lax). Esta película fue premiada como la mejor en el Festival Latin Beat de Tokio en octubre 2015. El filme fue grabado en decorados naturales y diferentes localizaciones de Barcelona, todo suntuoso y precioso mostrándonos el modernismo y la riqueza de una familia de la alta burguesía barcelonesa. Care Santos piensa que el espíritu de su novela está intacto, que todo lo importante está en el filme, pero sintetizado.

Yo diría que la peli es muy buena, pero prefiero de lejos el libro que dejó rienda suelta a mi imaginación. Encontré mucho más morbo a la peli que al libro, probablemente por el hecho de que las cosas pasan directamente por la vista y en acción, sin el freno intelectual de la lectura. Gran calidad en general con las películas españolas; qué pena que lleguen tan pocas a Francia !

HABITACIONES CERRADAS,  Planeta 2012,  ISBN  978-84-08-00381-6

El hijo del futbolista de Coradino Vega

Llegué a la lectura de este libro escuchando una entrevista de Antonio Muñoz Molina para el Instituto Cervantes. Es tan raro escuchar alabanzas hacia un escritor contemporáneo, de la parte de otro escritor, que me llamó la atención y quise leerlo.

Coradino Vega, nacido en Minas de Riotinto, España, en 1976 es licenciado en Derecho, hoy es profesor de Literatura. Es éste su primer libro : una novela realista que tratará de la memoria histórica. Aquella memoria que quiere plasmar las vivencias de sus abuelos en estas minas de cobre en la localidad de Minas de Riotinto en la provincia de Huelva- la cuna del autor- explotadas por los ingleses entre 1873 y 1954. Estas minas son el sitio de extracción a tajo abierto más grande de Europa. Además, en Minas de Riotinto se encuentra la cuna del fútbol español, con la creación en 1873 de un club de fútbol. Coradino Vega es el puente que reúne dos generaciones: la de los abuelos que vivieron la experiencia y la de los padres, que prefieren no evocar el tema porque la generación de los padres es aquella que vivió la guerra civil y los años de dictadura franquista que siguieron : tema tabú y aún doloroso  para esa generación, que sufrió una especie de lobotomización nacional y que prefiere no evocar el tópico .

El personaje principal de la novela es Martino, el nieto, quien desea contar la historia sin juzgar, lo que aporta cierta nobleza al relato. Sus abuelos fueron explotados, pero al mismo tiempo ellos sienten un respeto casi religioso por lo que aportaron los ingleses : su orden, su método, su disciplina, su eficacia, su gobierno, todo ésto fué puesto como ejemplo por el abuelo. Pero la consecuencia basada en un acatamiento total a esta colonización inglesa, es la alienación en la que vivieron las generaciones posteriores.

Dice la novela que no hay borrón y cuenta nueva , sino que somos herederos de una historia y un mapa sentimental y moral con el que hay que lidiar . Lo que Coradino Vega retrata es toda una mentalidad, la de los nacidos en la posguerra, en un clima de miedo y desconfianza.

El título de la novela viene de la historia familiar : el padre de C. Vega fue un excelente futbolista a nivel local y nacional , pero debió abandonar el fútbol para volver a la mina y trabajar para criar a sus hijos. Y el nieto escribirá la historia, pero incomodará a todas las generaciones pretéritas.

Pueden leer la excelente entrevista que Amanda Gris hizo del autor y asi conocerlo mejor :

http://www.literaturas.com/v010/sec1005/entrevistas/entrevistas-02.html

En cuanto a mi, no encontré mayor interés en este libro,  poco literario , más bien de estilo periodístico, bien documentado y correctamente escrito y cuyo objetivo es dejar memoria de esta colonizacón inglesa que marcó varias generaciones.

EL HIJO DEL FUTBOLISTA, Caballo de Troya 2010,  ISBN 978-84-96594-38-8

Je reste roi d’Espagne de Carlos Salem

L ‘argentin Carlos Salem a déjà été cité dans ce blog, en espagnol, avec son premier livre , Aller simple ( Camino de ida ). Et Sylvie, de la Bibliothèque Cervantes de Paris , a bien tenu la promesse de me prêter un autre livre de Salem mais cette fois,  en français  (  con  título de Sigo siendo el rey en espagnol ).

Je n’aime pas dire du mal des livres, mais si je dois rester sincère, je me dois de dire que je n’ai pas aimé cette lecture : intrigue trop loufoque tirée par les cheveux, écriture par moments un tantinet vulgaire, personnages superficiels, sans intérêt . Idée originale d’associer le roi d’Espagne au récit, de façon assez bon enfant d’ailleurs, mais, même le roi , dans un rôle plutôt sympathique, ne sort pas avantagé de l’incursion. Ou alors c’est le fait de le lire en français…l’histoire passe moins bien.

La trame est assez obscure : un détective, ancien policier, doit mener une enquête sur la disparition du roi d’Espagne juste avant les fêtes de Noël. Il paraît que le roi serait coutumier du fait de disparaître de courtes périodes, mais cette fois la disparition dure un peu trop et l’opinion publique risque de se déchainer. Prétexte pour plonger dans le milieu de la politique, du journalisme,du banditisme, des affaires, de divers milieux interlopes et sans intérêt. Toute référence à l’argentinité de l’auteur qui était si sympathique dans l’autre livre , a disparu .   Il est question d’un vague personnage argentin patron de bar ou de restaurant, au rôle peu clair et qui fait se poser la question de sa pertinence dans le déroulement du récit.

Un bon paragraphe sur les politiques :...l’honnêteté en politique est un état gazeux qui peut se disperser dans le vent de la nécessité, des intérêts du parti ou de la tendresse pour le fauteuil qui aura fini par prendre la forme de son cul ( sic !, page 52). ou un autre, bien pesé :…quand on est inquiet il n’y a pas plus relaxant que d’inquiéter quelqu’un d’autre…

Désolée Sylvie, j’ai l’impression d’avoir perdu mon temps avec ce gros livre de 392 pages !

JE RESTE ROI D’ ESPAGNE , Actes Sud ( Actes noirs ) 2009,  ISBN 978-2-7427-9750-9

Cómo viajar sin ver de Andrés Neuman

Andrés Neuman nació en Buenos Aires en 1977, hijo de músicos emigrados en Argentina. A los 14 años se radicó en Granada donde cursó estudios secundarios y luego Filología hispánica, con un doctorado en esta materia. Es un escritor, columnista, poeta, cuentista, autor de aforismos. Actualmente es columnista a la Revista Ñ del diario Clarín y también del suplemento cultural del diario ABC en España. Tiene un excelente blog en español, considerado como uno de los mejores blogs en este idioma que les invito a descubrir : Microrréplicas :http://andresneuman.blogspot.fr/

Ha sido destacado por la lista Bogotá-39 como uno de los mejores autores latinoamericanos de menos de 39 años. Ha sido también galardoneado con el Premio Alfaguara 2009 y semi-finalista del Premio Rómulo Gallegos por El viajero del siglo, elegida entre las 5 mejores novelas del año en lengua española por los críticos del diario El País. Dos veces semi finalista del Herralde con Bariloche en 1999 y Una vez Argentina en 2003. Finalista del Nadal en 1999 con Levantar ciudades.

Le leí Bariloche, un libro sobre la deseperanza, la soledad de las urbes, la despersonalización o la historia de un recogedor de basura originario de Bariloche ; también  Levantar ciudades, finalista del Nadal 1999, probable novela con auto-biografía puesto que relata los recuerdos de una niña de 7 años en la ciudad argentina de Rosario : el padre es un judío carismático, tolerante y maníaco-depresivo y la madre , una andaluza cargada de familia pintoresca. Las situaciones son descritas por la niña de 7 años como un verdadero tebeo. Otro libro interesante para mí fue Una vez Argentina de 2003, que relata la historia de la familia de Andrés Neuman, con muchísimos personajes medio-europeos truculentos que hacen a veces perder el hilo de la filiación entre ellos, y con un fondo de política argentina tan violenta y omnipresente.

Ha estado varias veces en Chile como se puede apreciar en la cortas reseñas de su blog y fue muy apreciado por el chico Bolaño, lo que no es poco decir. Bolaño se mostró ditirámbico con su joven colega : « autor tocado por la gracia, autor de algo que es dable en la alta literatura, aquella que escriben los poetas verdaderos« 

Este libro me lo prestó Sylvie, ella es hincha de este joven, brillante y prometedor  literato ( 35 años hoy en día); incluso Sylvie ha asistido a alguna conferencia del escritor en Paris. Lo pueden escuchar  en una entrevista para el Instituto Cervantes y admirar  la calidad de su dicción y lo interesante de su discurso:

http://cervantestv.es/2012/06/18/entrevista-a-andres-neuman/

Me gustó Cómo viajar sin ver, libro original , que él califica como un diario de viaje. Lo escribió durante una larga  gira emprendida por varios países latinoamericanos en  2009 cuando ganó el Premio Alfaguara con El viajero del siglo , escribiendo nótulas entre el aforismo y el reportaje, con buen punto de vista, maduro y reflexivo y bastantes ideas. Resulta una lectura interesante, con reseñas breves y concisas como las que ofrece en su blog.

En la introducción él nos presenta el libro :… »más que el propio argumento, antes de escribir un libro procuro pensar su tono, escuchar su posible lenguaje. Imaginé entonces un diario saltarín, narrado desde un punto de observación reducido, hecho de entradas sintéticas Una situación, una nota. Una nota, un párrafo. Jamás habría puntos y aparte en el interior de las entradas. Jamás habría pausas intermedias. Lejos del reportaje de fondo, me interesaba buscar un cruce entre la micronarrativa, el aforismo y la crónica relámpago. Renunciaría entonces al afán de recrear totalidades, dar la impresión de un conjunto. Admitiría que viajar se compone sobre todo de no ver. Que la vida es un fragmento, y ni siquiera ella conforma una unidad »…

Me gustó mucho leer sobre los países que conozco y encontrar ideas que me recuerdan algo concreto … Por ejemplo, página 42 Neuman dice a propósito de los montevideanos que son porteños sin histeria. Yo había escuchado  decir  también que los uruguayos se consideraban como los » hermanos chicos « de los argentinos… Sobre Chile no le leí nada de especial, sólo un párrafo sobre Bolaño de quién se decía que parecía un miserable cuando iba a Santiago, ésto se rumoreaba en el ámbito literario local- tan propenso a la maledicencia-y la sensación rara para Neuman de que Roberto Bolaño en Chile era poco leído y muy hablado. Como si, ya muerto, él siguiera interponiéndose entre sus obras maestras y los lectores de su tierra natal (51)…  Dice algo muy gracioso sobre La Paz, con sus 4000 metros de altitud, donde la sabiduría popular reza que en La Paz hay tres grandes itos ( sin hache ) : a saber, comer poquito, caminar despacito y dormir solito. Fué una sorpresa grata encontrar una referencia  del peruano Ribeyro y sus Prosas apátridas ya citadas en este blog y que Neuman califica de libro magistral citando un párrafo completo sobre la acumulación de libros en las bibliotecas personales… Cita también al autor vasco  Kirmen Uribe en una entrevista para el diario El País, y es una gran casualidad para mi porque pronto comenzaré un libro de este autor que no había leido y que encontré esta semana sobre el mostrador de la Biblioteca Cervantes.

COMO VIAJAR SIN VER,  Alfaguara 2010,   ISBN 978-84-204-0608-4 :

La mort s’invite à Pemberley de P.D. James

Phyllis Dorothy James, plus connue comme P.D. James est un écrivain anglais, auteur-culte de romans policiers. Elle est née à Oxford en 1920. Elle n’a pas eu une vie facile, mais elle s’est formée avec ténacité,  grâce à quoi elle a fait une carrière brillante. Aujourd’hui elle est membre de la Chambre des Lords. Elle a été anoblie baronne par la Reine en 1990.  Congratulations  Mrs.  James !

Son premier essai en 1962 fut un coup de maître : A visage découvert (Cover her face );   puis ce sera Meurtres en blouse blanche ( Shroud for a Nightingale ) en 1971 qui établira définitivement sa réputation.

Elle reçut en France le prix de littérature policière étrangère en 1988 avec Un certain goût pour la mort  (A taste for death ).

 J’ai lu beaucoup de ses livres et avec plaisir car ils constituent une vraie détente sans angoisse excessive et ils sont toujours bien construits.

 Ce livre a attiré mon attention et ma curiosité par l’idée originale qui en était le sujet: écrire une suite au livre de Jane Austen Orgueil et préjugés. Jane Austen est une référence incontournable pour tout écrivain de langue anglaise et  je dois dire que chaque fois que j’entame la lecture d’un auteur anglo-saxon, je me pose la question de savoir à quel moment de la lecture va surgir la référence à J. Austen et cette référence, on la retrouve presque toujours  dans le texte. Je conseillerais de lire les livres de Jane Austen les uns après les autres en respectant un certain délai entr’eux car ils se ressemblent tous.  Il vaut mieux distiller et faire durer son plaisir de lire d’autant que la romancière a laissé peu  d’oeuvres.

J’ adore tous les livres de J. Austen que je me promets de relire et chaque relecture apporte une vue nouvelle sur l’ensemble. Ils font preuve d’une grande finesse psychologique, de  modernité, de lucidité dans l’analyse du comportement humain, d’ ironie et d’un humour décalé. Chaque fois, je reste pantoise, épatée. Elle met en évidence la dépendance de la femme à l’égard du mariage pour obtenir un statut social. Et lorsque je pense que cette femme , morte si jeune, célibataire, fille de pasteur, d’un milieu modeste, et qui peut-être n’a pas connu l’amour… ( nous sommes au XVIIIème  siècle…), là, franchement, je suis très admirative de sa perspicacité.

 Le livre de Mme James ne donne pas dans la finesse de l’expression écrite de Mme Austen, loin de là , mais la façon d’ écrire est assez proche de celle employée pas Miss Austen et on ne s’ennuie pas, bien que le rythme soit un peu lent et que le récit soit alourdi par beaucoup de passages juridiques.

Il faut rappeler le sujet de Orgueil et préjugés, considéré comme le chef-d’oeuvre d’ Austen, roman drôle et romanesque, avec des personnages bien campés, avec une intrigue bien construite et prenante, avec des rebondissements nombreux et de l’humour : ce sont les aventures sentimentales des cinq filles Bennet, cinq filles à marier et qu’il convient de bien marier car des dispositions testamentaires font qu’elles perdront le domaine patrimonial qui doit aller à un héritier mâle.   J. Austen montre comme chacun apprend grâce à l’autre, à mieux se connaitre et à vaincre son orgueil et ses préjugés. La premiere phrase du roman est très connue : « c’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune est forcément en quête d’une épouse »… A travers ces personnages se profile la satire d’une société hypocrite et étriquée où le rang, la richesse, l’apparence ont plus d’importance que les vraies valeurs morales.

Après moult péripéties, la fille cadette, Elizabeth Bennet épousera Mr Darcy, un riche héritier et deviendra la maîtresse incontestée du domaine de Pemberley:  la soeur aînée fera aussi un très beau mariage. La troisième soeur sera la honte de la famille et les deux dernières soeurs seront encore trop jeunes pour convoler. Une caractéristique des romans de Miss Austen est le happy end.

Dans le livre de  P.D. James, on reprend la vie heureuse de Elizabeth Darcy, mariée depuis quelques années et mère de deux délicieux petits garçons. Dans son chateau aura lieu un assassinat, l’assassinat d’un proche de la famille , et ce sera un ami d’enfance de Mr Darcy qui sera accusé du meurtre.  Ceci est pretexte pour faire le procès de  personnages déjà connus et de découvrir des turpitudes insoupçonnées chez les uns et les autres. Peinture sociale d’un certain milieu, celui de la gentry campagnarde avec ses loisirs, ses rites , ses devoirs aussi. Et un procès retentissant qui occupe presque tout le roman, le rendant un peu lourd, un peu fastidieux et finalement un peu long.

Un pied de nez à l’égard des français à la page 258, lisez :…la paix et la sécurité de l’Angleterre dépendent de l’existence de gentlemen vivant dans leurs demeures en bon propiétaires fonciers et en bons maîtres, attentionnés à l’égard de leurs domestiques, faisant la charité aux pauvres, et prêts, en qualité de juges de paix, à jouer un rôle actif en assurant la paix et l’ordre au sein de leurs communautés. Si les aristocrates français avaient mené pareille existence, il n’y aurait jamais eu de révolution ( l’histoire du livre se déroule en 1803 avec la guerre de Napoléon contre l’Angleterre en toile de fond).

Livre dont la composition est bien en deçà  d’un récit émanant de Miss Jane Austen.

Je vous recommande l’excellente adaptation des romans d’ Austen réalisé pour la BBC par Simon Langton, double DVD de six chapitres qui vous procurera 5 heures de plaisir intense, à voir et à revoir ( KOBA films ).

LA MORT S’ INVITE À PEMBERLEY,  Fayard 2011,   ISBN  978-2-213-66883-3