Archive | avril 2019

À l’encre russe de Tatiana de Rosnay

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Tatiana de Rosnay est une écrivaine franco-anglaise né en France en 1961. Elle a aujourd’hui une bibliographie  importante,  ses livres sont rarement épais (et c’est tant mieux!) et je les ai lus presque tous car ils me plaisent par le style fluide et direct. Deux thématiques se répètent chez l’écrivaine : les lieux clos et les secrets de famille.

Dans le blog j’ai déjà publié sept billets sur ses livres. La biographie de Daphné du Maurier (Manderley for ever, 2015), était éblouissante d’intelligence. Et le dernier billet dédié à cette auteure est sur Le dîner des ex (1996), rebaptisé Partition amoureuse parce que la protagoniste est une chef d’orchestre, livre que je n’ai pas trop apprécié, le trouvant nombriliste et par moments agaçant.

À l’encre russe (2013) m’a plu aussi très moyennement, surtout la première partie qui m’a paru une véritable collection de clichés avec, entre autres, cette énumération exasperante de marques de montres de prix. (Je pense que toutes y figurent…) Les personnages sont assez stéréotypés et peu approfondis autour d’un secret de famille sur l’origine russe du père du protagoniste dans une histoire familiale glauque qui ne sera jamais explicitée clairement; c’est au lecteur d’extraire les déductions, ce qui est en soi une manoeuvre habile de la part de l’écrivain.

L’histoire s’enroule autour de Nicolas Duhamel, un beau gars, professeur de philo de son état; il va écrire un premier roman qui sera un best seller international, roman qui narre la découverte fortuite de la vraie identité de son père et de ce fait, de sa filiation  inattendue. On peut imaginer le traumatisme que cela peut représenter pour quelqu’un. Le succès tonitruant a fait que Nicolas Duhamel a perdu pied avec une certaine réalité le rendant accro et compulsif aux réseaux sociaux. De plus, après ce premier roman à succès, c’est l’angoisse de la page blanche pour entamer l’écriture d’un deuxième livre.

Ce pauvre Nicolas Duhamel, sur 3 jours il va connaître bien de déboires. C’est un personnage assez futile, antipathique, ainsi que la plupart des autres personnages. Pendant les 3 jours de séjour dans un hôtel de luxe où Nicolas croit pouvoir retrouver l’inspiration, Tatiana de Rosnay va nous faire revivre la tragédie stupide du Concordia puisqu’elle le fait naufrager devant l’hôtel.

La seule partie qui m’a intéressé du roman, ce sont les pages 240 et 241 qui nous livrent une importante série d’écrivains avec leurs manies d’écriture. Je les cite ici :

Orhan Pamuk écrivait à la main, se conformant à un plan structuré dont il ne déviait pas d’un iota. Michael Ondaatje, découpait et collait des paragraphes entiers dans d’épais carnets. Kazuo Ishiguro se livrait à des corrections implacables, et supprimait parfois jusqu’à 100 pages. Jean d’Ormesson, lui aussi, n’avait gardé que 3 pages sur 300. Katherine Pancol, qui portait un stylo autour du cou pour noter ses idées en toutes circonstances, même dans la rue, mangeait du chocolat et buvait du thé en écrivant. Willian Faulkner préférait le whisky. F. Scott Fitzgerald, quant à lui, buvait trop. W.H. Auden avalait de la benzédrine. Charles Baudelaire soignait ses migraines d’écrivain dans des turbans imbibés d’eau et de laudanum. Émile Zola n’écrivait jamais aussi bien qu’à Médan, sa maison de campagne sur les bords de la Seine. Daphné du Maurier, elle, trouvait l’inspiration à Menabilly, sa propriété de Cornouailles, où elle travaillait dans une cabane de jardinier sous les arbres, pour échapper à ses enfants. Ernest Hemingway produisait 500 mots chaque jour. Ian McEwan, mille. Tom Wolfe, 1800. Stephen King 2000. Il fallait toute une journée à James Joyce pour ne rédiger que quelques rares phrases. Georges Simenon pondait un roman tous les 4 mois et dénichait les noms de ses personnages dans l’annuaire. Vladimir Nabokov écrivait sur des fiches. Virginia Woolf, Victor Hugo et Philip Roth se tenaient debout, devant un lutrin. Truman Capote devait au contraire s’allonger, avec un café et une cigarette. Roald Dahl se glissait dans un sac de couchage avant de s’assoir. Salman Rushdie se mettait dès le matin, encore en pyjama, à son bureau. Marcel Proust au lit, tard dans la nuit. Comme Mark Twain, Haruki Murakami commençait à travailler à l’aurore. Comme Amélie Nothomb, avec un stylo à bille bleu. Anthony Trollope de cinq heures trente à huit heures trente. Amos Oz partait faire un tour à pied pendant 45 minutes dès six heures du matin, puis se mettait au travail. Joyce Carol Oates préférait écrire avant le petit déjeuner. Toni Morrison privilégiait l’aube, pour voir le soleil se lever. John Steinbeck fumait la pipe. Guillaume Musso écoutait du jazz. Dorothy Parker tapait avec deux doigts. Serge Joncour mettait des bouchons d’oreille pour stimuler son imaginaire. Simone de Beauvoir écrivait 8 heures par jour, non sans une pause déjeuner. Paul Auster, six heures minimum. Emily Dickinson travaillait sur un bureau minuscule. Joanne Harris dans un abri de pierre que lui avait construit son mari. Marc Levy, sur une vieille porte posée sur des tréteaux. Les soeurs Brontë, dans leur salle à manger. Jane Austen, dans une pièce dont les gonds grinçaient à l’arrivée d’intrus. Gustave Flaubert réécrivait maintes fois ses phrases. Gabriel Garcia Marquez ne pouvait travailler que dans un environnement familier. Annie Proulx, commençait ses histoires par la fin. Delphine de Vigan avait besoin d’une longue pause entre deux livres. Maupassant avait besoin de femmes, Cocteau d’opium…

Fascinante cette énumération. A la consulter quand on lit un ouvrage  afin de pénétrer d’un iota cette nébuleuse autour de l’inspiration d’un auteur.

À L’ENCRE RUSSE, Le Livre de Poche N°33301 (TdR 2013),  ISBN 978-2-253-17754-8

El juguete rabioso de Roberto Arlt

Résultat de recherche d'images pour "roberto arlt"Roberto Arlt fue un novelista, cuentista, dramaturgo, periodista e inventor argentino (Buenos Aires 1900-1942). Es el componente más destacado del grupo de escritores de Boedo.

La producción literaria argentina de los años 1920-30 estaba dividida en dos grupos llamados Florida y Boedo, nombre de las calles en que se situaban sus revistas respectivamente: el grupo Florida (Revista Martín Fierro) planteaba lo literario a partir de la estética, de lo formal y alrededor de las avanzadas de las vanguardias europeas. El grupo Boedo (Revista Claridad) pensaba lo literario desde lo social, enaltecía el contenido antes que la forma y creía en la revolución proletaria.

El juguete rabioso, publicado en 1926 fue la primera novela de Roberto Arlt, pero tenía otro título: La vida puerca, un título que su amigo Güiraldes (del grupo Florida) le aconsejó cambiar por El juguete rabioso, pensando que La vida puerca tenía una connotación demasiado violenta para los eventuales lectores. Se dice que este libro sería la más autobiográfica de las obras de Arlt, situada en los barrios pobres de inmigrantes de Buenos Aires, especialmente el barrio Flores, de donde provenía la familia de Arlt.

Curiosamente, la publicación de El juguete rabioso fue rechazada por Castelnuovo, el máximo representante del grupo Boedo, pero fue aceptada por el grupo Florida.

Es una novela importante, una novela de aprendizaje que marca el comienzo de la novela moderna en Argentina. Es una novela  donde los personajes están menos descritos que los lugares y los entornos de los lugares. Es una novela llena de diálogos coloquiales ricos en lunfardo (=jerga porteña del hampa) y en cocoliche (=jerga mezcla de español y de diversos dialectos italianos). Yo tenía cierta aprensión con la posible dificultad de lectura, pero muy al contrario, la novela se lee muy bien, es interesante y no ha envejecido ni un ápice.

El libro fue adaptado dos veces al cine : en 1984 por José María Paolantonio y Aníbal di Salvo y en 1998 por Javier Torre (aquí abajo el afiche de la película de 1984).Image associée

LA NOVELA :  Roberto Arlt, en 4 capítulos nos cuenta la vida de un adolescente que lucha por escapar a la miseria y a la ignorancia a la cuales está irremediablemente destinado por su origen social. El adolescente-narrador es un antihéroe, es Silvio Astier y su fracaso permanente por surgir de su condición. A los 16 años, su madre le significa que debe trabajar para ayudar a la manutención de la familia, a pesar de la sed de conocimientos, la inteligencia de Silvio y su aptitud innata para los estudios. La literatura es para Silvio el camino del aprendizaje, la supervivencia en el mundo del hampa.

Hay 4 capítulos  independientes en la obra:

  1.   Los ladrones: Silvio y dos amigos fundan el Club de los Caballeros de la Media Noche que se dedica al robo  en el barrio hasta que se les pilla en plena fechoría y deciden abandonar la experiencia. El ultimo robo planeado por el trío (robo de libros a una biblioteca) tiene alto valor simbólico porque es el acceso por la fuerza y la deshonestidad, al mundo de la  cultura al cual Silvio no tiene acceso por sus apremios económicos y familiares. Otro valor simbólico en la obra es la permanente alusión al bandido folletinesco Rocambole, el personaje de Ponson de Terrail, un criminal  que empezó sus fechorías muy temprano y que buscó la redención como justiciero social.
  2.  Los trabajos y los días : Silvio se ubica en una librería de viejo como factótum, donde sufre humillaciones y vejaciones, a tal punto que trata de prender fuego al cuchitril donde vive y trabaja, pero fracasa.
  3.   El juguete rabioso: Silvio se presenta como candidato en mecánica a la Escuela de Aviación, es enrolado porque les parece un joven muy despierto, pero será finalmente despedido sin ningún miramiento y con la frase lapidaria « no se necesitan mecánicos inteligentes, sino brutos para el trabajo ».  Silvio Astier tratará de enrolarse en un barco  que lo lleve a Europa y también va a fracasar. Enseguida vivirá una situación extraña con un travesti en un hotel de mala muerte. Desesperado, tratará de suicidarse, pero fracasará. Tanto fracaso y desesperanza harán de Silvio Astier un ente vil, maleado por la vida.
  4.  Judas Iscariote : Silvio trabaja como vendedor de papel, pero no es feliz, trabaja como bruto y gana poco. Conoce a El Rengo, un marginal cuidador de carros en la feria de Flores (barrio natal de Arlt) quien le propone un robo a gran escala, pero Silvio lo va a traicionar transformándose en un Judas Iscariote, un traidor. Con el éxito del delito, Silvio pudo alcanzar su sueño y salir de su miserable caos existencial, pero prefiere traicionar a un amigo, a su clase social y traicionarse a si mismo. El único momento  en que Silvio no fracasa es cuando delata al Rengo y comete un acto socialmente bueno, pero individualmente malo.

Los personajes de Arlt se acercan algo a la novela picaresca donde el pícaro (Silvio Astier) ocupa el centro del relato en condiciones que los amos y señores están relegados a planos secundarios.

La última frase del libro esclarece la situación moral de Silvio Astier con la frase final: « tropecé con una silla…y salí » queriendo decir que se equivocó, juzgó mal, traicionó y que su caso no tiene remedio.

EL JUGUETE RABIOSO, DEBOLSILLO (2019), (RA 1926),  ISBN 978-987-725-331-3

Jusqu’à l’impensable de Michael Connelly

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Michael Connelly est un très grand auteur de polars nord-américain (Philadelphie 1956) ; c’est le « père »  du  détective du LAPD Hieronymus Bosch, alias Harry Bosch, que j’affectionne particulièrement parce que sa personnalité taciturne me plait. Connelly est un écrivain très prolifique avec une publication par an et parfois jusqu’à deux !  Je crois qu’à la date d’aujourd’hui il arrive à plus de 40 publications depuis 1992.

C’est le neuvième livre de Connelly commenté dans ce blog après : La lune était noire (2000) en juillet 2013, Le cinquième témoin (2011) en février 2015, Mariachi Plaza (2014) en août 2017, Le dernier Coyote (1995) en juillet 2018, Deuil Interdit (2005) en septembre 2018, Wonderland Avenue (2002) en novembre 2018, A genoux (2006) en janvier 2019, Les neuf dragons (2009) en février 2019. D’autres suivront, c’est sûr, car pour certains ce sont des relectures et c’est un plaisir renouvelé où je m’attarde sur des détails concernant la vie de Bosch plus que sur les cas policiers. (Je recommande vivement de les lire dans un ordre chronologique pour suivre la vie privée et professionnelle du détective qui est aussi mouvementée que les cas policiers).

La série pour la TV Bosch (5 saisons) a été aussi une agréable découverte sur Amazon Prime avec des visages à mettre sur des personnages récurrents et un Harry Bosch plus vrai que nature dans la personne du comédien Titus Welliver que je ne connaissais pas et que maintenant je ne peux plus dissocier de mon imaginaire.

Jusqu’à l’impensable (The crossing  2015) est le numéro 21 de la saga avec la présence de son demi frère, l’avocat Mickey Haller.

En tout cas QUEL PLAISIR de retrouver Bosch et dans un excellent opus avec plein de morts (8) et un cas difficile à résoudre.

Ce pauvre Harry Bosch est à nouveau très malmené par la hiérarchie : depuis 6 mois il végète avec une mise à la retraite, une suspension de ses fonctions avec confiscation du badge, l’arrêt du versement de son salaire et…méchanceté suprême, dépossédé de points de retraite jusqu’au jugement de son cas. Tout cela parce que Harry avait crocheté la serrure du bureau de son chef afin de pouvoir consulter des archives concernant le cas sur lequel il travaillait  à ce moment là.

En revanche,  la hiérarchie est plus que tiède pour juger de vrais ripous au sein de la police de LAPD…

Alors qu’il vit sur un autre rythme (il repare une vieille moto), son demi frère, l’avocat vient lui demander de l’aide dans l’investigation d‘un cas. Haller est persuadé que l’homme que tout accuse dans un cas de meurtre dont il s’occupe, est innocent, même si l’irrefutable ADN est contre lui.

LE CAS: une femme, directrice adjointe des services municipaux, et véritable personnage public est sauvagement assassinée chez elle pendant son sommeil; elle est mariée avec le shérif adjoint de Malibu;  tout semble accuser un pauvre gars dont l’ADN a été prélevé sur la victime et de plus, l’alibi pour la nuit du crime ne tient pas très bien…Et l’investigation va partir d’un détail repéré par Harry Bosch: une montre de prix disparue de la scène du crime…

Ceci pose un énorme problème de conscience à Bosch, car cela implique passer de l’autre côté de la barrière, du côté de la défense. Mais quand Haller lui explique que l’on va condamner un innocent et que le seul capable de réunir les preuves de son innocence c’est lui, alors Bosch se dit que si après un tête-à-tête avec l’accusé, il a l’impression qu’il est innocent, alors il acceptera d’aider à la résolution du cas: il sent le besoin de passer par une réaction émotionnelle qui lui donne le désir de pas lâcher le dossier.

Nous aurons une belle démonstration de la méthode de travail de Bosch qui ne néglige aucun détail, qui visite chaque recoin de la  scène du crime, qui passe au crible le suivi chronologique de l’affaire, qui interroge ses témoins avec méthode, qui ne compte pas son temps.

Cet opus m’a semblé un peu lourd au départ avec moult explications juridiques, mais très vite l’action et la succession de crimes vont rendre la lecture haletante.

Dans ce numéro, les deux frères se sont un peu rapprochés, mais uniquement au plan professionnel. En revanche, surgit un élément nouveau qui va probablement les rapprocher davantage : ils ont tous les deux des filles du même âge et qui, par un pur hasard, vont rentrer à la même université (Chapman) ; les pères ont décidé d’un commun accord qu’elles partageront une chambre au campus. Dans ce volume on ne saura rien sur la vie privée de Haller sinon qu’il travaille beaucoup.

Quant à la vie privée de Bosch dans cet épisode, elle est presque inexistante. Il essaye de s’occuper de sa fille, sa petite amie vient de le larguer, mais plusieurs femmes lui tournent autour car à plus de 60 ans, il reste très attractif physiquement.

JUSQU’À L’IMPENSABLE, Le Livre de Poche N°34920 (MC 2015),  ISBN    978-2-253-04476-5

El abanico de madame Czechowska de Marcelo Simonetti

Résultat de recherche d'images pour "el abanico de marcelo simonetti"Marcelo Simonetti es un periodista, redactor deportivo y escritor chileno (Valparaiso 1966), ganador del Premio Municipal de Santiago 2003 por el cuento que da el nombre a este libro: El abanico de madame Czechowska. Yo reparé su nombre gracias al crítico literario chileno Camilo Marks en su interesante libro Canon (Cenizas y diamantes de la narrativa chilena), lleno de referencias literarias.

El abanico de madame Czechowska (2002) es un compendio de 13 cuentos soberbios, bien escritos y donde la mayoría lleva alta dosis de extrañeza que solo el lector puede rebobinar a su manera. Hay varias referencias al fútbol y se sabe que Simonetti es un hincha de este deporte. Es un libro muy metaliterario con  referencias a la literatura y a conocidos literatos, lo que lo hizo más grato aún a la lectura.

El umbral es un cuento muy logrado con extrañeza e hiperrealismo. ¿Cuánto nos durará Auler Fingerfunkt? es un cuento con un final terrorífico y con un dejo cruel como de venganza. Pájaros es otro cuento terrorífico que me recordó Los Pájaros de Hitchcock. Urban Rie Stern es un cuento cruel anclado en un pasado doloroso y tenebroso. Hola, soy Belinda Tapote es extrañísimo y logra despistar al lector de manera increíble. Yu Min Lai es un cuento con un lado tan pedestre y al mismo tiempo se va sumergiendo en lo más extraño y recóndito del alma humana.¿Se acuerdan lo que pesaba esa mañana la pobre Helga? es un cuento original que tiene un lado cómico-morboso terrible. No los cito todos porque las listas resultan fastidiosas.

Dejé para el final El abanico de madame Czechowska porque sencillamente es deslumbrante y nos sumerge en un estado hipnótico de irrealidad absoluta.

Los cuentos son muy logrados, muy afinados y bien escritos. Se acercan un poco al estilo de la argentina Samanta Schweblin, pero son menos complicados y más llanos a la lectura. Ahora tengo muchas ganas de leer a Simonetti su novela La traición de Borges porque me gustó bastante su estilo.

EL ABANICO, Ediciones/de/la/lumbre 2013 (MS 2002),  ISBN978-956-8957-07-0

L’amant de Patagonie d’Isabelle Autissier

L'amant de PatagonieIsabelle Autissier est une navigatrice et écrivain française (Paris 1956), première femme a avoir accompli, en navigation, le tour du monde en compétition.

L’amant de Patagonie (2012) reçut le Prix Maurice Genevoix 2013. C’est un très joli livre, émouvant et très bien écrit et qui m’a fait revivre les fortes émotions ressenties courant mars dernier au cours d’une navigation dans ces contrées lointaines où la force de la houle, la solitude de la mer, la nature encore vierge balayée par des vents hurlants m’ont fait réaliser le peu de choses que nous sommes devant une Nature pareille (les quarantièmes rugissants, les cinquantièmes hurlants et les soixantièmes déconnants selon l’ami Jean Claude, du voyage).

Justement la Nature farouche de la Patagonie, du canal de Beagle et d’Ushuaia est décrite avec un grand réalisme et rend bien l’immense beauté des paysages et le chant des glaciers (en pleine capilotade).

L’histoire est belle, elle se situe vers 1880. Emily est une jeune écossaise d’à peine 16 ans avec déjà une âme de pionnière; elle est orpheline et sera envoyée au bout du monde pour assister la femme du pasteur d’Ushuaia qui s’en sort mal avec ses dures tâches ménagères et ses quatre enfants.

Ushuaia à cette époque, fin XIX, ce sont quatre ou cinq maisons et les huttes de quelques indiens yamanas. Autrement dit, rien.

Peu à peu, Emily va s’intéresser aux yamanas, leur mode de vie, leur langage. Elle fera la connaissance d’Aneki, un jeune yamana qui sert d’interprète au pasteur car il a appris des rudiments d’anglais. Au fil des années, naîtra un sentiment fort entre Emily et Aneki, devenu veuf, et la jeune écossaise envisagera même l’union officielle avec Aneki, union qui sera refusée vertement par les colons blancs d’Ushuaia.

Mais Emily est une maitresse-femme;  aidée par un fils du pasteur, elle fuira avec Aneki et vivra les plus beaux moments de sa vie en pleine nature, même si les conditions sont insurmontables pour quelqu’un comme elle. On dit que les blancs ont apporté microbes et virus aux autochtones; mais d’un autre côté, les blancs n’avaient pas un iota de la résistance physique qu’il fallait pour résister aux conditions climatiques australes (on m’a dit qu’un non indigène plongeant dans cette mer froide n’a que 3 minutes de résistance jusqu’au fatal engourdissement).

En tout cas, cette Emily va résister quelque temps, mais devra être rapatriée dans des conditions difficiles sur la base d’Ushuaia où elle sera sommée par le pasteur de suivre son plan ou c’est l’exil définitif et l’opprobre en Europe.

Quel amour forcené d’Emily pour cette Patagonie où elle restera et fera racine, tiraillée entre sa culture européenne et la culture indigène qu’elle respecte même si elle n’approuve pas tout.

Le livre nous renseigne sur les us et coutumes de ces peuplades finalement si adaptées aux conditions climatiques et qui vivent leur vie assez difficile dans leurs parages, sans rien demander à personne.

Le descriptif de la géographie locale, des conditions atmosphériques (les cieux les plus rapidement changeants jamais observés), les vents, les bruits, la flore et la  faune sont tellement proches de ce que je viens de vivre, que ce livre m’a fait ressentir les sensations d’un voyage ensorcelant, il y a moins d’un mois.

Un paragraphe sur le paysage (page 21): au coeur de l’été austral, le panorama est éblouissant. Au nord, s’élancent de grandes forêts qui s’interrompent brutalement à une certaine altitude, comme si on avait donné un coup de ciseaux dans la couverture sombre, pour laisser place  à des faces rocheuses parsemées de plaques de neige. Au sud, des collines plus avenantes alternent bois et prairies. A l’ouest, le canal se perd dans un mystère de pics et de sommets couverts de glaces. Le soleil, presque chaud, irradie l’ensemble, soulignant chaque détail avec une absolue netteté. Le paysage paraît briller de l’intérieur, habité de quelque âme sécrète. Il m’est presque venu l’envie de pleurer devant tant de beauté.

L’amant de Patagonie est un titre un peu mièvre pour ce livre, car pour Emily, Aneki était son mari pendant le temps qu’ils vécurent ensemble. Ce bref mais intense et tragique amour va la laisser marquée pour toujours.

L’AMANT DE PATAGONIE, Livre de Poche N°33032 2013 (IA 2012),  ISBN 978-2-253-17352-6

La ciudad está triste (1) de Ramón Díaz Eterovic

Résultat de recherche d'images pour "ramon diaz eterovic"Ramon Díaz Eterovic es un escritor chileno (Punta Arenas 1956), creador del personaje del detective privado Heredia, protagonista de más de 20 títulos de novelas policiales. Una parte de la obra del autor fue adaptada para la TV chilena en 2005 bajo el título de Heredia & Asociados; se puede ver en Youtube aunque es una adaptación libre de los libros. Se ve con interés por el ambiente tan chileno-capitalino aunque va demasiado rápido, prefiero los libros.

Díaz Eterovic ha sido galardonado con numerosos premios y hasta tres veces con el Premio Municipal de Santiago género novela (1996, 2002 y 2007) y con el Premio del Consejo Nacional del Libro y de la Lectura (1995, 2008 y 2011).

El escritor utiliza la novela policial para hablar de temas sensibles en la sociedad chilena, como los detenidos desaparecidos, el narcotráfico, la carencia de una real democracia, las traiciones de todo tipo. Díaz Eterovic quisiera escribir una comedia humana chilena con temas e historias que reflejan diferentes aspectos de la sociedad.

La ciudad está triste (1987) es el primer tomo de la serie con Heredia, un libro de a penas 78 páginas intensas donde se va rápido en acción y en cúmulo de cadáveres. Encontré que el personaje de Heredia, el héroe, está poco profundizado, pero se le irá conociendo, imagino, a medida que se vayan leyendo sus aventuras y desventuras. Como tantos otros detectives privados, es un lobo solitario, mujeriego, alcoholo-tabáquico y muy propenso a las pullas orales con los colegas, amigos y rivales. No es un personaje que parezca simpático, ni siquiera empático, pero poco importa porque no es su rol. Su rol es de ser creíble y eficaz. En todo caso tiene un gatillo fantástico y se puede permitir matar a sangre fría como en el mejor western, sin que los rayos de Júpiter le caigan encima.

En este primer tomo tenemos la desaparición de una joven estudiante de medicina que se involucra con izquierdistas en la Universidad y que pronto desaparecerá. Su hermana, universitaria también, contacta a Heredia porque las autoridades judiciales no dan relevancia a la desaparición. Heredia se hará ayudar por un amigo de colegio, hoy tira en la Policía de Investigación, Solís. La ciudad donde ocurre la acción no está claramente descrita, pero se supone que es Santiago sin el rol protagónico (y agónico) que le dan otros autores de policiales como por ejemplo Boris Quercia.

Un amigo francés me habló de este autor que había leído con gran placer en la lengua de Voltaire y desde entonces yo quería leerlo, si posible, en la lengua vernácula para no perder un ápice del lenguaje empleado. Seguirán otros tomos…se lee bien. El lenguaje de este primer tomo está lleno de humor y picardía.

LA CIUDAD ESTÁ TRISTE, LOM 1987,  ISBN 978-956-00-0431-4

L’ombre au tableau d’Hélène Bonafous-Murat

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Hélène Bonafous-Murat est normalienne, agrégée d’anglais et écrivain français (Lesneven 1968), experte en estampes anciennes et modernes. Ses livres précédents ont été plusieurs fois primés, il faudra les lire car l’écriture est excellente et les sujets intéressants et documentés.

Son livre avancez masqués (2018) me l’a fait connaître et j’ai apprécié une écriture émaillée de connaissances sur le milieu de l’Art; le livre a été commenté ici en décembre 2018.

L’ombre au tableau (2009) a reçu le Prix François Mauriac 2010 (médaille de bronze) de l’Académie Française à un jeune auteur.

Dans la trame, nous avons deux histoires entrelacées. Une moderne et très pédestre, celle des frères Rataud fâchés et que tout oppose : Gérard, l’obèse morbide, malade et dépressif, terré dans son appartement et Gilbert, l’expert en Histoire de l’Art, beau et collectionneur de conquêtes féminines, reconnu dans son milieu. Les deux frères ne se sont pas vus depuis douze ans, depuis que Gilbert attribue la mort de leur mère à la nonchalance de Gérard…

L’autre histoire s’insère au XVII ème siècle, les années qui ont vu à Paris la réussite picturale des trois frères Le Nain qui en réalité étaient cinq. Le quatrième se serait voué à l’administration des biens de la famille, mais le cinquième, Isaac, a disparu de l’entourage familial sans laisser de traces. Et l’expert en Histoire de l’Art qui est Gilbert, découvrira un jour que ce frère, Isaac Le Nain, figure sur les tableaux d’Antoine, Louis et Mathieu Le Nain, mais comme une figure fantomatique…Alors il fait des recherches pour en retrouver la trace et expliquer pourquoi il avait disparu. En fait, après 13 années d’absence il reviendra au sein de la famille.

Douze années sans se côtoyer pour les frères Rataud et treize années pour les frères Le Nain. Deux histoires familiales tristes. C’est le pivot du livre de Madame Bonafous-Murat.

Le côté intéressant du livre, c’est l’évocation de la peinture des frères Le Nain car il persiste un mystère non élucidé jusqu’à nos jours : ils ne signaient pas leurs oeuvres individuellement, alors que les talents des trois frères étaient bien discriminés : ils signaient simplement Le Nain et sont connus comme les peintres de la paysannerie. Jacques Thuillier, grand expert de leur peinture dit que la clef de cette triple création pourrait nous échapper à jamais. C’est Champfleury, écrivain du XIX ème siècle qui va les tirer de l’oubli et louer leur attachement à leur sol natal : Laon.

Je me suis quelque peu ennuyée avec la lecture de ce livre et quelque peu perdue en lisant les notes prises pendant sa recherche par Gilbert Rataud car parfois c’est lui qui parle, parfois c’est Isaac Le Nain. Les flash backs incessants rendent cette lecture confuse par moments.

Et ceci m’a donné envie de revoir sur Internet leur peinture. La production fût colossale : on calcule environ 2000 peintures laissées par le trio dont seulement 75 toiles seraient reconnues actuellement. C’est une peinture extrêmement minutieuse, qui joue du clair obscur et qui restitue de vrais visages de ces gens du XVII. Ci-après un tableau représentatif pour se les rappeler:

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L’OMBRE AU TABLEAU, Le Passage 2009,  ISBN 978-2-84742-139-2

Cuentos largos y cuentos cortos de Belisario Zadiú

Los datos biográficos sobre este escritor peruano no los pude indagar mejor y todo lo que escribo aquí está en la contratapa de este libro que me han regalado. Zadiú nació en Lima en 1924 y vivió sus primeros 10 años en Colombia. Luego cursó en Lima estudios de Medicina, sin jamás dejar de escribir. Tiene varias novelas publicadas y estos cuentos.  Leí que se caracterizó por un matiz de erotismo no exento de la mirada del voyeur cuya percepción poco frecuente devela el mundo del inconsciente en su solapada dimensión.

Los cuentos del libro son 10, están muy bien escritos y mejor armados, se leen con placer y además son variopintos, la mayoría tiene connotación  erótica liviana, sin jamás caer en el mal gusto.

El primero, Un retrato de cuerpo entero narra la historia de un pintor que se interesa más en gozar del cuerpo de sus modelos que de pintarlas; Itaparica 1983 es muy simpático, divertido y picaresco; Las vestales, Al otro lado de la loma y Llanto sobre el hielo tienen fuerte carácter etnográfico; 1Cómo será, pués !, La carta, El testamento impugnado, En el rincón de las Scheffleras e Inexperiencia son harto crueles, pero eficaces.

En resumen, una grata sorpresa leer estos cuentos de un autor talentoso y casi desconocido.

CUENTOS LARGOS, Narrativa (Perú) sin fecha ni ISBN.

Né d’aucune femme de Franck Bouysse

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Franck Bouysse est un écrivain français de romans noirs (Brive-la Gaillarde 1965); il se dédie à l’écriture de façon exclusive depuis 2014.

C’est un auteur qui m’a fait grande impression avec Grossir le ciel (2014),  le premier livre de lui que je lisais mais déjà son neuvième roman et qui  se déroule dans les Cévennes, livre commenté en juillet 2018; après cette expérience j’ai eu très envie de lire d’autres ouvrages et ce fut Plateau (2015) qui se déroule en Haute Corrèze, commenté en septembre 2018, que j’ai trouvé beau et fort, mais dont la prose m’a paru un peu touffue. Glaise (2017) se déroule dans le Cantal et je l’ai commenté en octobre 2018, un autre livre très fort écrit dans un langage fulgurant, très bouyssien.

J’ai lu quelque part que l’auteur aurait terminé la trilogie des Marches (?) après Grossir le ciel, Plateau et Glaise.

Né d’aucune femme (2019) m’a laissé KO après lecture. C’est une très belle et sauvage, très forte et terrifiante histoire, cette fois dans les Landes, à une date non précisée mais que l’on peut situer au début de l’ère industrielle. La prose de Bouysse cette fois paraît encore plus fulgurante, avec des mots choisis avec précision pour nous livrer un drame humain si fort et animal, que l’on pourrait dire qu’il touche au sublime de notre for intérieur.

Quel talent de la part de Bouysse, un conteur-né, pour s’approprier le discours de plusieurs personnages avec le parler de chacun, notamment le parler de Rose, la protagoniste, qui n’a ni son âge ni son sexe: une jeune fille simple qui passera au cours de la narration de l’état de nymphe à l’état de femme responsable et droite. La langue de Bouysse est d’une vibrante oralité pour chaque personnage, il imprime au texte un sens du rythme assez étonnant en même temps qu’il lui donne sensualité et précision visuelle sans tomber dans le pathos.

Né d’aucune femme est un titre superbe pour ce roman choral qui narre le destin de Rose, vendue à 14 ans par son père à un hobereau landais afin de tirer sa famille de la misère noire. Rose est l’ainée de 4 filles, il n’y a pas d’enfant mâle pour les aider avec la terre. L’histoire de Rose est racontée par Gabriel, un vieux prêtre dépositaire des cahiers-aveux de Rose.

Rose sera littéralement séquestrée par cet hobereau et sa mère; elle sera la bonne à tout faire et la souffre-douleur du couple, mais les desseins vont bien au delà du travail physique. Et Rose sera prise en pitié par le palefrenier du domaine, Edmond, qui la mettra en garde et lui soufflera de fuir. Mais pour aller où?

Le drame de cet hobereau détenteur d’une forge est qu’il est ruiné, que sa forge ne travaille plus comme avant. Que l’argent de la dot apportée par sa femme a déjà été englouti et qu’il n’a pas d’héritier pour continuer le domaine.

L’idée est de faire un enfant à Rose, le lui ravir et le faire passer pour l’héritier légitime.

Quand Rose accouche (seule) elle est déjà internée dans un asile de fous et 6 jours après on la sépare de son enfant. Pendant ces 6 jours Rose connaitra le bonheur de la maternité qui prendra fin de la manière la plus abjecte et brutale . Cet asile est sous la férule d’un docteur, lequel a des attaches bien étranges et non expliquées dans le livre avec le hobereau et sa mère. Il est leur larbin.

Rose trouvera un moyen de ne pas sombrer dans la folie : écrire son histoire, écrire son calvaire, le faire savoir, se venger. Et elle le fera sur 2 cahiers qu’elle cachera pendant longtemps: ce sera SA résistance par les mots.

Or dans cet asile il y a une autre Rose, une pauvre folle assassine qui va mourir. Et dans sa dépouille on va cacher les cahiers afin de les faire sortir de l’asile. Le prêtre chargé de l’inhumation est Gabriel et il sera averti par une infirmière de récupérer et de lire les cahiers.

A partir de la lecture par le prêtre de ces cahiers nous aurons le dénuement de cette terrible histoire. Un dénuement pour le moins inespéré et juste. Cette histoire aura trouvé une rédemption par une certaine justice que je vous laisse découvrir.

Les personnages de ce roman sont détenteurs d’une force incroyable, ils sont bien campés, chacun pétri dans sa propre vilénie, dans son insondable noirceur. Que dire du père qui vend son enfant? de la vieille vicieuse qui est prête à tout pour garder la lignée, du maitre des forges abject et brutal, du docteur et d’Edmond qui vont se montrer d’une lâcheté sans nom? Et au milieu de tant de souffrance et de noirceur surgit un geste sensuel, une pensée poétique, une nature très belle, une lueur d’espoir…par exemple Rose montant Artemis, un cheval pur sang qui transcende son imaginaire, image qui la hantera longtemps.

Voici la lecture d’un livre qui laisse des traces et dont je ne révèle pas tout dans cet humble billet car il faut garder le plaisir du dénuement.

La couverture est très belle avec cette jeune femme forte qui tient son enfant et qui présente sur l’image une fracture, la fracture de son moi par le traumatisme vécu (même si l’enfant fait plus de 6 jours d’âge, les 6 jours accordés à Rose pour aimer cet enfant).

NÉ D’AUCUNE FEMME, La manufacture de livres 2019,  ISBN 978-2-35887-271-3

Los crímenes de Alicia de Guillermo Martínez

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Guillermo Martinez es un matemático y hoy escritor a tiempo completo, de nacionalidad argentina (Bahía Blanca 1962), hijo del también escritor Julio G. Martínez y que escribe desde los 13 años. Sus escritores referentes son Borges (of course!), Gombrowicz, Henry James, Italo Calvino.

Le he leído varios libros. Su best seller Crímenes imperceptibles más conocido como Los crímenes de Oxford (2003), y ganador del Planeta Argentina en 2004, es un policial excelente que sucede en Oxford, con fondo de matemáticas y una trama perfecta aunque un final algo desbocado y que deja la impresión de leer « inteligente ». La peli de 2008, dirigida por Álex de la Iglesia fue también excelente y en el rol estelar Elijah Wood (=Martin, el estudiante argentino, alter ego?). Otro libro leído, La muerte lenta de Luciana B (2013) que también me gustó, casi más que Crímenes imperceptibles con un encadenamiento lógico implacable: Luciana es la secretaria de Kloster a quien acusa de acoso sexual (acusa de acoso, qué feo suena, bueno…); empieza entonces un calvario para ambos y el final algo explica, pero no todo. La mujer del maestro (1998) es una publicación más antigua que volveré a leer, es un libro sobre la literatura : un autor conocido tiene una bella esposa que enamora a un autor en ciernes; lleva poca acción y me pareció poco veraz aunque está bien escrito.

En septiembre 2013 reseñé  el muy  cerebral Acerca de Roderer (1992), el primer y corto libro (107 páginas) de Martínez, una historia compleja e interesante, que necesita reflexión. Y en febrero 2014 reseñé Una felicidad repulsiva, una recopilación de cuentos (10) bastante buenos y extraños.

Los crímenes de Alicia (2019), ganador del 75avo Premio Nadal 2019 podría ser una secuela, 15 años después,  de Crímenes imperceptibles porque retoma algunos personajes de la otra novela :el estudiante argentino, el Profesor de Lógica Seldom, el inspector Petersen. Pero la verdad es que el libro se puede perfectamente leer por separado. Las dos historias no tienen ninguna relación aunque la segunda ocurre solo un par de años después de la primera.

El tema es interesante.

Alicia hace referencia a Alicia en el País de las Maravillas de Lewis Carroll publicado en 1865.

Este libro universal fue escrito por un matemático, lógico, escritor y fotógrafo inglés cuyo verdadero nombre era Charles Lutwidge Dodgson quien en su época se interesaba en fotografiar a niñas púberes de menos de 12 años en poses ambiguas lo que no produjo gran revuelo en la victoriana Londres, pero hoy en día hubiese constituido un buen escándalo. Entre todas las niñitas fotografiadas estuvo Alice Liddell, hija de amigos y que inspiró a Dodgson (Carroll) con el personaje de Alicia.

El libro de Guillermo Martínez parte del hallazgo por una becaria de un papel muy interesante dentro de uno de los cuadernos que dejó Carroll y que explicaría ciertas cosas. Describe en Oxford la Hermandad Lewis Carroll *(que no existe) abocada a perpetuar la memoria de Carroll.  Y entonces comienzan los atentados y los asesinatos en el seno de la Hermandad y no es la lógica que regula estos asesinatos sino el mundo disparatado y onírico de Lewis Carroll. Y las muertes continúan con el envío de fotos antiguas de niñitas retratadas y que fascinaban a Carroll.

  • hoy existe una Sociedad Lewis Carroll que publicó los diarios de Dodgson/Carroll. La escritora británica Karoline Leach encontró en Guilford, donde murió a los 66 años y está enterrado Carroll,  las páginas arrancadas del diario; Leach publicó en 1999 un libro sobre Lewis Carroll bajo el título de In the Shadow of the Dreamchild, muy polémico, donde trata de desmontar el mito de Lewis Carroll arguyendo que su naturaleza era mucho más sombría y compleja de lo que sabemos.

La importancia de las páginas arrancadas está muy bien explicada en la página 28 : …espero que comprenda ahora por qué esta página arrancada se convirtió en el imán más poderoso y la piedra de toque para los biógrafos. Quizás allí y solamente allí aparecía por escrito la prueba decisiva, el hecho fatídico, el reconocimiento explícito de la acción infame. Desde los años 60, cuando se hicieron públicos los cuadernos, el fantasma de esa página no dejó de murmurarnos posibilidades. Como diría el poeta:no hay fuente más rumorosa que la palabra no dicha, ni libro más extenso que el que perdió una página.

El libro me gustó pero la lectura me resultó pesada, hay personajes que no aportan nada y pesan sobre la trama que de por si es bastante enrevesada. En resumen, se nos brinda un cocktail que repite una jugada anterior con un clima 100% british, una trama policial de lo más clásica-deductiva (a la Conan Doyle o Agatha Christie)+ razonamientos matemáticos que sobrecargan el texto. Esta vez se toca el tema ultra interesante alrededor de Lewis Carroll con una historia de amor algo triste entre la becaria y el argentino.

En cuanto al fellow-estudiante argentino que vuelve a Oxford, se le ve investigar mucho, pero nada con respecto a lo que fue a Oxford : Lógica y Matemática.

LOS CRÍMENES, Destino 2019,  ISBN 978-950-732-460-4