Archive | janvier 2020

Chanson douce de Leïla Slimani

Image associée Leïla Slimani est une journaliste et écrivaine franco-marocaine (Rabat 1981).

Chanson douce (2016) est son deuxième livre et il lui valut le Goncourt 2016 ; il a été porté au grand écran en novembre 2019 par Lucie Borleteau avec dans le rôle de la nounou l’excellente actrice Karin Viard.

Cette histoire terrifiante serait inspirée d’un fait réel ayant défrayé la chronique à New York il y a quelques années.

Chanson douce est un très bon bouquin pour ceux qui aiment être happés par la lecture; la façon de raconter cette histoire capte l’intérêt dès les premiers paragraphes. J’ai mis bien longtemps avant de me décider à le lire car je déteste les livres qui s’attaquent aux enfants, c’est un sujet qui me met réellement mal à l’aise. Mais pour ce roman je recevais régulièrement des incitations à le lire. Merci à ceux qui ont insisté.

Il y a deux thèmes très forts dans cette histoire : l’histoire de cette nounou au sein de cette famille et la personnalité étrange de cette nounou.

Oui, le grand sujet et qui reste obscur, est l’étrangeté de la personnalité de cette Louise, la « nounou idéale » pour ces jeunes parents qui ne peuvent pas, ou ne veulent pas assumer la charge d’élever deux enfants en bas âge. Le jeune père travaille dans le milieu de la musique et il est beaucoup trop pris (et c’est lui qui rempli la casserole). Elle, après un diplôme en Droit, fait deux enfants coup sur coup et essaye de les élever, mais très vite se sent piégée et tourne en rond à son domicile, elle se sent dévalorisée. Très vite elle aura la possibilité de travailler avec un ancien camarade de Fac et deviendra épanouie dans son métier.

Il leur faut une garde d’enfants à domicile. Et le parcours du combattant pour ce couple est clairement exposé. Ils voudraient une française pour la langue et pour les moeurs. Et ils vont trouver Louise qui leur fait très bonne impression. Elle a des antécédents honorables. Ils l’engagent.

Louise arrive dans cette famille et peu à peu s’immisce de tout. Elle s’occupe en premier des enfants, mais trop bien et on sent très vite que quelque chose sonne faux…Et ce n’est pas tout, Louise s’occupe à fond de leur ménage, de leur appartement qu’elle réaménage en mieux. Elle leur cuisine de bons plats. Bref c’est la perle rare. Mais la perle rare, existe-t-elle?

Sur Louise on saura un minimum de choses, et le peu que l’on apprendra est franchement inquiétant. Peu de choses sont dites sur la fille de Louise, Stéphanie, et sur le mari défunt, Jacques. J’ai un doute sérieux sur leur sort…Je sent que Louise est pour quelque chose dans leur disparition…

La fin de l’histoire est annoncée dès le début du livre et la fin est laissée à la libre imagination de chacun. Quant à moi, je crois que la personnalité psychotique de Louise va au-delà de cette affaire comme nounou: elle est trop renfermée et prépare ses coups avec une rage froide et implacable.

Une lecture envoûtante.

CHANSON DOUCE, Gallimard 2016,  ISBN 978-2-07-019667-8

Los nombres de las cosas que allí había de Antonio Skármeta

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Antonio Skármeta es un escritor chileno (Antofagasta 1940) con estudios de Filosofía. Ha ganado numerosos premios y el más reciente es el Nacional de Literatura 2014. Hace parte de los escritores de la Generación del 60Novísima Generación como se la llamó también y que abarcó escritores nacidos entre 1936 y 1945  que comenzaron a publicar por los años 70.

Me gusta leerlo porque tiene una escritura sencilla aunque coloquial chilena y por momentos bastante divertida, le he leído varios libros : Desnudo en el tejado (1969) una compilación de 6 cuentos de los cuales 2 me gustaron, con ese talento de Skármeta para lo divertido y lo chileno y lo más divertido es que el cuento del título, no existe; este libro obtuvo el Premio Casa de las Américas. El baile de la Victoria (2003), Premio Planeta del mismo año donde la Victoria es Victoria Ponce, 17 años, una bailarina clásica y anoréxica; una historia poco moral de hampones que retrata bien el Santiago actual. La boda del poeta (1999) que narra la historia de un ancestro croata del autor, sin más precisiones; encontré que el libro es bastante caótico, un poco loco aunque con buen vocabulario y muchos chilenismos. Un padre de película (2010) un libro corto, pero denso y fuerte, lindo. No pasó nada (1980) otro pequeño libro de solo 120 páginas, muy divertido y muy chileno sobre las vivencias de una familia en el exilio en Alemania. Los días del arco iris (2011) encontré que es una historia caótica, mal hilvanada, con mucha política y con personajes mal definidos. Ardiente paciencia (1985) como se llamó originalmente El cartero de Neruda, su obra más conocida, llevada dos veces al cine, una joya y Match Ball (1989), otro libro del autor en un registro divertido entorno al tennis.

Los nombres de las cosas que allí había (2019) , sucumbe a la manía actual de poner nombres laaaaargos a los libros que el lector olvida casi de inmediato y a la moda en Europa de poner en las portadas fotos en blanco y negro (moda lanzada por el best seller de la francesa Agnès Martin Lugand). El título me recuerda otro título de libro El ruido de las cosas al caer (2011) del colombiano Juan Gabriel Vásquez, pero el tema no tiene nada que ver.

En este libro tenemos una recopilación de 13 cuentos al parecer por orden cronológico desde 1967 (sus mejores, leí por ahí) de Antonio Skármeta y un prólogo por el escritor mexicano Juan Villoro que encontré demasiado largo y donde además, habla mucho de él lo que me pareció excesivo.

Los 13 cuentos (son une résucée como se dice en francés) y se leen bien aunque ninguno me dejó una marca especial, cada uno es un mundo diferente, son todos distintos y no hay por así decir un hilo conductor. Casi todos los personajes son muy jóvenes y buscan reconciliarse con una vida que apenas inician. Hay cierto protagonismo del mar, ese mar nada de pacífico que conoció bien Skármeta que nació en la ciudad nortina de Antofagasta donde se sumergía con delicias en el mar y donde veía llegar a gente de otros horizontes que lo hacían soñar y probablemente almacenar materia para su futura creación literaria.

Estos cuentos abarcan todas las inquietudes de la juventud como los estudios, las relaciones con la familia, los primeros amores y tumultos del amor físico, la comezón de la escritura, las amistades y enemistades, el descubrimiento de la política (aún con ideales a estas alturas), los viajes, etc.

Hay mucha frescura en la prosa de Skármeta, mucha ternura también, se siente que brota una vida nueva, que todo es aún posible, que nada está esclerosado todavía, que hay energía vital. El lenguaje es muy coloquial chileno y cuando no es coloquial, es sencillo y directo, predominando lo cotidiano. Es probable que haya mucho de autobiográfico inyectado  en el texto porque retrata por momentos el cursus del escritor (su afán de escribir, su inspiración, su formación).

Ningún cuento lleva el título de la antología como se estila, pero en el primer relato (El joven con el cuento) encontré la frase del título en la página 40…en cuanto estuve en la roca, me paré sobre ella y dije todos los nombres de las cosas que allí había, en voz alta y cantarina, repitiendo los que más me gustaban…

LOS NOMBRES DE LAS COSAS, Alfaguara 2019,  ISBN 978-956-384-121-3

Les trois jours de Pompéi d’Alberto Angela

Résultat de recherche d'images pour "i tre giorni di pompei alberto angela" Alberto Angela est un paléontologue, écrivain, journaliste et présentateur d’émissions culturelles italien (Paris 1962).

Les trois jours de Pompéi (2017) s’est vendu a plus de 200 000 exemplaires en Italie, un énorme succès pour ce livre reconstituant la vie à Pompéi et alentours, quelques heures avant le cataclysme de l’année 79 de notre ère. Ce drame tellurique aurait eu lieu en octobre et non au mois d’août comme cela a été évoqué le plus souvent. Aussi, ce n’est pas le volcan Vesube qui serait à l’origine de l’éruption mais le volcan Somma qui était bien camouflé dans le relief. Autrement dit, les pompéiens ne savaient pas qu’ils étaient au pied d’un volcan mais ils le voyaient comme un simple mont, même si les signes avant coureurs d’une explosion étaient nombreux.

Déjà en l’an 62 de notre ère, un autre tremblement de terre avait touché cette région de la Campanie, à tel point que beaucoup d’habitants avaient déserté le lieu et vendu leur logement principalement aux nouveaux riches de l’époque, les affranchis.

Le livre reconstitue la vie de Pompéi et d’autres lieux proches avec une abondance de détails de tout genre, ce qui donne un aperçu très vivant de la vie avant le drame à travers divers personnages ayant existé et ayant appartenu a des différents couches sociales. Leur vie était déjà sophistiquée à cette époque avec, par exemple, l’interdiction de circuler la nuit pour les véhicules à roues, ils pouvaient circuler la nuit grâce à des rails le long de trottoirs pour ne pas gêner les piétons. La vie de tous les jours est remarquablement décrite, comme par exemple la production du pain sous forme de miches qui étaient épicées. Les blanchisseries utilisaient l’urine pour traiter le linge ce qui fait que les urines étaient ramassées gratuitement dans des amphores disponibles dans les rues avec l’inconvénient en ville de devoir supporter des odeurs fortes; c’est pour cette raison que l’empereur Vespasien a décidé de taxer l’urine utilisée par les fouleries (des esclaves foulent au pied des vêtements dans un mélange d’eau et de substances alcalines comme la soude et l’urine) et de cette époque émane la phrase célèbre de Vespasien à ceux qui rouspétaient pour la taxe « pecunia non olet » c’est à dire l’argent n’a pas d’odeur. A l’époque,  la principale source d’informations en tout genre se situait au Forum, ensuite les informations circulaient dans les bars qui existaient en très grand nombre.

C’est vraiment très intéressant et facile à lire, très documenté,  même si je dois avouer que le ton employé m’a quelque peu agacé car plus destiné à des élèves du secondaire qu’à des lecteurs aguerris.

Quelques informations sont précises comme par exemple la taille des gens à cette époque: les hommes mesuraient 1,66 et les femmes 1,50 avec une espérance de vie autour de 50 ans; il a fallu 2000 ans pour doubler cette espérance de vie…

La grande déflagration du 24 octobre 79 a été précédée de 43 séismes dont un fort tremblement de terre en 62, si fort que beaucoup d’habitants nantis avaient déjà abandonné les lieux, Pompéi et la campagne environnante où des somptueuses demeures existaient. Cela fait que la ville de Pompéi était partiellement en reconstruction.

Le volcan Somma a déversé en 20 heures suite à l’explosion 10 milliards de tonnes de magma sur 15 Km et sur une épaisseur de 3 mètres par endroits, avec un débit de magma de 70 000 tonnes par seconde! Cette catastrophe a fait plus de 20 000 morts, c’est inimaginable et c’était difficilement évitable. Il paraît que entre le moment de l’explosion et la fin, les gens n’avaient que très peu de temps pour échapper à la mort.

Les dégâts ont été très différents à Pompéi par rapport à Herculanum. Dans cette dernière petite ville les gens ont été tués de façon immédiate par l’onde de choc thermique qui a atteint quelques 500 degrés avec la vague silencieuse de magma qui s’est propagée en 6 couches à 100 Km/heure ! A cette température la boîte crânienne éclate et le corps est calciné de façon instantanée de telle façon que les gens ont gardé la posture qu’ils avaient à ce moment précis. Heureusement qu’ils n’ont pas eu le temps de souffrir.

Un livre saisissant qui décrit bien ce que fût l’apocalypse pour tant de gens.

Je suis toujours épatée par la facilité avec laquelle voyageaient certaines personnes dans l’Antiquité. Ils allaient d’un site à un autre avec une grande facilité essentiellement par voie de mer.

LES TROIS JOURS DE POMPÉI, Payot 2017 (AA 2014),  ISBN 9798-2-228-91863-3

La lección de pintura de Adolfo Couve

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Adolfo Couve Rioseco fue un pintor y escritor chileno (Valparaiso 1940-Cartagena de Chile 1998). Después de un cursus en Bellas Artes en Santiago, Paris y Nueva York, alrededor de 1960 dejó la pintura y se dedicó por completo a la narrativa para luego en los años 80 hacer el camino inverso. Se le considera como un miembro de la Generación Literaria de 1960, junto con Antonio Skármeta, Carlos Cerda, Mauricio Wacquez, Ramiro Rivas etc. Se le concedió el Premio Municipal de Literatura de Santiago en 2001 por un libro de edición póstuma : Cuando pienso en mi falta de cabeza.

Adolfo Couve fue pintor y escritor, pero no fue las dos cosas al mismo tiempo. Sus cuadros son preciosos, especialmente aquellos que retratan el mar donde solo falta el ruido del oleaje para percibir la realidad.

La Generación del 60 o Novísima Generación como se la llamó también, abarcó escritores nacidos entre 1936 y 1945  que comenzaron a publicar por los años 70. El punto de convergencia de todos ellos fue, en el ámbito literario, la preocupación por el lenguaje y las técnicas textuales, lo que los unió en una discusión común. Distanciándose de los moldes anteriores, la verdadera renovación de este grupo estuvo en dicha área. Y tal como lo explicó Ramiro Rivas: « Estos narradores dan sepultura al seudo-lirismo, al seudo-filosofar, o la maraña metafísica, al constante falseamiento de la historia, a la adoración mitificada de la anécdota. En su gran mayoría dejaron atrás los caducos moldes del narrador omnisciente. Se dejó de narrar el exterior, desde esa atalaya que todo lo abarca. Se puede utilizar la temática urbano-social, por ejemplo, sin que el autor esté tomando partido o dictándonos cátedra insistentemente » (cf Memoria chilena).

Publiqué en avril 2017 un billete sobre su novela Balneario (1993), que reúne 4 relatos y 11 fragmentos de apenas una o dos páginas. Y en octubre 2019 un billete sobre su corta novela La Comedia del Arte (1995), novela interesante porque compleja y llena de mensajes subliminales.

La lección de pintura (1979) es una corta novela de 88 páginas, un ejercicio estético donde no hay ninguna lección de pintura, sino un relato del nacimiento de una vocación hacia la pintura en un niño pobre y superdotado en la comuna chilena de Llay-Llay (de la provincia de San Felipe en Valparaiso). Probablemente que a través de la experiencia de este niño, Couve hable de su propia experiencia.

Una película se filmó en 2011 con Pablo Perelman como director, con un título epónimo.

Adolfo Couve dijo sobre este libro en una entrevista…Mi libro no es la lección de pintura; es la lección de la vida. La novela muestra que nadie le arrebata a uno su talento, que surge en cualquier parte y al que colaboran los demás. Pero la persona que lo logra, debe saber que eso tiene un precio y ese precio es la soledad…

LA NOVELA : Elvira Medrano se dice viuda, y se instalará en Llay-Llay donde trabaja en la contabilidad del farmacéutico del pueblo. En realidad es madre soltera y esconde su estado porque no es bien visto por la sociedad chilena, sobre todo pueblerina. El niño, fruto de un desliz, se llama Augusto y rápidamente el farmacéutico nota sus dones extraordinarios hacia el dibujo y la pintura, sobre todo que el hombre se vanagloria de sus conocimientos en materia pictórica, esencialmente sobre los impresionistas franceses. Cuando Augusto se transforma en un adolescente, el farmacéutico lo lleva a Santiago a visitar el Museo de Bellas Artes y a los 13 lo mandará a Viña del Mar donde una pintora de renombre para que le de clases en el Palacio Vergara. El joven Augusto no pasará desapercibido.

Fernando Durán en el diario El Mercurio anota sobre este libro…el pintor va, por lo tanto, haciéndose a través de otras pinturas, pero es ya pintor antes de efectuar esos descubrimientos, que son, en última instancia, corroboraciones o confirmaciones de una certeza interior que las precede y anticipa. De allí que « la lección » encuentre en él a un maestro y a un discípulo, tan indisolublemente unidos, que no podría separárseles sin destruirlos a los dos. La profundidad de la lección es subjetiva: consiste en la auto-revelación, en el auto-descubrimiento que en él se opera y que, silenciosamente, es el encuentro de un ente escondido, ignorado, con otro que siente al mundo como materia plástica, como forma y colorido, como tema pictórico esencial e insustituible.

Hay una gran economía en los recursos de esta narración aunque sobresale claramente un mensaje que resulta universal haciendo resaltar esa soledad del artista-creador.

LA LECCIÓN DE PINTURA, Planeta Chile 1991 (AC 1979),  ISBN 956-247-070-8

Le sauveur (6) de Jo Nesbø

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Jo Nesbø est un écrivain et scénariste norvégien (Oslo 1960), auteur de polars et de livres pour la jeunesse. Son héros récurrent est l’inspecteur Harry Hole un stéréotype d’inspecteur de Police entre ours-alcoolo-tabagique et électron libre qui utilise des méthodes peu orthodoxes pour résoudre les cas, mais qui néanmoins est le meilleur dans sa branche. Les épisodes peuvent se dérouler en Norvège ou à l’étranger.

L’auteur Jo Nesbø a vendu plus de 34 millions d’exemplaires de par le monde et il a été traduit dans plus de 50 langues. C’est tout à fait impressionnant.

Un film est sorti en novembre 2017 sur son livre Le Bonhomme de neige (2007) avec Michael Fassbinder dans le rôle d’Harry Hole: cela correspond au septième opus avec le détective, non encore lu.

J’ai commenté en mars 2018 mon premier Jo Nesbø: La Soif (2017),  qui correspond au 11ème de la série et je suis restée impressionnée,  souhaitant en lire d’autres mais de préférence dans l’ordre chronologique car les histoires tournent surtout autour du personnage et de la personnalité de Harry Hole.

L’homme chauve-souris (1997) est le premier de la série, commenté en avril 2018, un livre qui m’a plu moyennement car j’ai trouvé qu’il faisait un peu catalogue touristique sur l’Australie (pauvre Australie ces jours-ci), brodé autour de l’assassinat d’une jeune norvégienne; dans ce livre on comprend pourquoi l’inspecteur Hole est envoyé aux antipodes par sa hiérarchie: c’est pour se faire pardonner une bourde professionnelle énorme avec la mort d’un collègue alors que l’inspecteur Hole était passablement imbibé d’alcool. En juillet 2018 j’ai commenté le N°2 Les cafards (1998), qui se déroule en Thaïlande où Harry Hole doit résoudre un cas délicat du meurtre d’un diplomate norvégien dans des conditions plus que louches. Le N° 3 Rouge-Gorge (2000) m’a plu moyennement car ce fut une lecture laborieuse quoique sur un sujet intéressant: les soldats norvégiens engagés dans la Wehrmacht lors de la DGM; lecture  laborieuse car comportant trop de personnages et un rythme trop lent. Le Harry Hole N°4 est Rue Sans-Souci (2002), un opus pas mal du tout autour de braquages de banques et de mafia au niveau de l’Europe. L’étoile du diable (2003) n’est pas mal non plus avec quelques réserves: la trame est un peu surchargée mais le suspense intense.

Le Sauveur (2005) est un polar qui m’a intéressé moyennement, mais je sais que mon opinion va à contre courant du sentiment général. Et puis, j’ai laissé passer trop de temps avant de reprendre un Harry Hole: 64 livres exactement, j’ai quelque peu perdu le fil.

Dans ce tome très noir et au coeur du rude hiver norvégien, je retrouve un Harry Hole assez solitaire, avec un nouveau chef, Gunnar Hagen, et un coéquipier, Halvorsen,  qui va se faire sérieusement amocher. L’intrigue m’a paru assez compliquée entre l’Armée du Salut norvégienne et un tueur venu de Croatie dont je n’ai pas compris clairement les motivations. Hole va prendre l’initiative de se rendre en Croatie à ses frais et sans en parler à la hiérarchie!

Si j’ai compris quelque chose, cette Armée du Salut est toute puissante et riche en capital immobilier. Il y a de la spéculation immobilière même pas camouflée et des assassinats louches au sein même de l’organisation (dans le roman).

Je n’ai rien compris au problème des serbes et des croates sur fond de vieille guerre et de vendetta. Les voyages à Zagreb m’ont paru extravagants.

Au sujet de la vie privée de Harry, il a rompu avec Rakel, mais il continue de voir le fils de Rakel, Oleg, qui l’adore. Il va vivre une courte liaison avec Martine Eckhoff, la fille du plus haut gradé de l’Armée du Salut. Harry Hole se bat toujours avec l’alcool et continue de fréquenter les AA. On sent une grande détresse dans ce policier mais en même temps il est d’une témérité hors normes et bien toléré par son nouveau supérieur.

Page 240 il y a une description physique de l’inspecteur Hole : un grand type aux cheveux courts, la peau pâle et le nez rouge, les traits durs et marqués et contredits par une bouche sensuelle.

Un tome avec beaucoup trop de personnages et une intrigue peu claire, même si les meurtres sont assez spectaculaires. Et constamment des changements de narrateurs, ce qui rend le suivi plus difficile. J’ai aimé moyennement.

LE SAUVEUR, Folio Policier 552 2018(JN 2005),  ISBN 978-2-07-270812-1

Ser feliz era esto de Eduardo Sacheri

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Eduardo Sacheri es un escritor argentino de novelas y cuentos (Buenos Aires 1967), licenciado en Historia y muy conocido por su libro de 2005 La pregunta de sus ojos, libro llevado al cine por Juan José Campanella bajo el título de El secreto de sus ojos, película ganadora del Oscar 2009 a la mejor película extranjera.

Leí La pregunta de sus ojos (2005) y me encantó : la historia del amor que profesa durante 30 años un empleado fiscal por una mujer a la cual no se atreve a declararse. Por otro lado el hombre se verá obligado a huir de la capital durante 7 años por haberse manifestado contra un criminal. La película también es fantástica y bastante fiel al libro.

Ser feliz era esto (2014) es un libro que me gustó por el tema tan humano y descrito de manera tan accesible y realista, con emoción y delicadeza. Es la historia de Lucas, un hombre felizmente casado, sin hijos, autor de un solo libro ganador de un premio y que ve surgir en su vida, un día cualquiera, una chica adolescente que se dice su hija.

Una hija, Sofía, que habría tenido con una relación pasajera en Villa Gesell, un balneario del extremo este de la provincia de Buenos Aires. Y esta relación nunca le informó que quedó embarazada; Sofía creció sin padre, pero a sus 13 años la madre fallece y ella lo busca, lo encuentra y se impone poco a poco en su vida.

La irrupción en la vida, en apariencia idílica, de esta pareja sin hijos  de una Sofía adolescente y difícil va a causar estragos, pero un despertar del afecto insospechado de un padre por una hija que le cae del cielo.

Hay muchas escenas de una gran veracidad y emoción, muy psicológicas, muy humanamente impactantes. Una joyita de libro.

SER FELIZ ERA ESTO, Alfaguara 2014,  ISBN 978-987-04-3492-4

L’Infinie Comédie de David Foster Wallace

Résultat de recherche d'images pour "infinite jest david foster wallace"" David Foster Wallace (Foster par sa mère) est un écrivain nord-américain (N. York 1962-Californie 2008), professeur universitaire d’Anglais et d’écriture littéraire; un écrivain dépressif de longue date qui s’est donné la mort par pendaison à l’âge de 46 ans à son domicile . Pendant son adolescence il fut champion junior de tennis.

L’auteur Foster Wallace s’est intéressé à la solitude de l’homme moderne nord-américain (qu’il nomme état-unien) chez qui prime la suprématie du Divertissement, le goût du spectacle bling-bling sur fond de surconsommation de drogues et d’addictions en tout genre. C’est l’évocation d’un monde malade, violent, sans but réel dans l’existence. Le propre écrivain résumait le thème du livre dans une entrevue par le mot Divertissement.

L’infinie Comédie (Infinite Jest) a nécessité 5 années d’écriture et fut publié aux USA en 1996. En France, la traduction n’a pu paraître qu’en 2015 tenant compte des énormes difficultés de traduction de ce pavé de 1328 pages plus 380 pages de renvoi de texte en fin de livre et voulues par l’écrivain afin d’alléger un pavé qui était déjà très lourd. Une pensée admirative pour le travail réalisé par Francis Kerline pour la traduction du livre et Charles Recoursé pour les notes explicatives

A propos de lourdeur, je dois confesser que j’ai eu du mal physiquement avec ce livre qui a réveillé une vieille tendinite aux 2 bras contractée après lecture d’un autre pavé…j’ai du continuer la lecture avec un livre en position horizontale et moi assise afin d’éviter la contracture. Car la bête pèse 1 kilo 300 grammes et la lecture est longue…

Ce livre est une dystopie de littérature postmoderne, un livre fleuve dans un futur proche avec une Amérique du Nord unifiée (USA, Mexique, Canada) mais il est très peu question du Mexique dans le roman.

Le titre Infinite Jest ferait allusion à une tirade dans Hamlet de Shakespeare quand le dit Hamlet tient en main le crâne de Yorick, a fellow of infinite jest, une des scènes les plus connues du divin William.

Ai-je aimé le livre? Mon Dieu, NON ! à aucun moment. Mais je reste admirative devant la performance: d’abord, la structure du livre, à aucune autre pareille, sans une histoire linéaire, mais au fil de pages, dégageant une vraie force  avec une richesse de vocabulaire défiant toute concurrence, une rupture permanente du langage selon la personne qui parle. Le langage est d’une grande précision, avec de temps en temps des raptus d’une grande drôlerie un peu lourde et qui va jusqu’à la cruauté, assez originale.

En gros, j’ai trouvé 4 pôles importants dans ce livre: 1) la famille nord-américaine Incandenza;  2) l’Académie de tennis élitiste de Boston;  3) le monde de la dépendance (drogues et alcool) au sein du Centre de Désintoxication et  4) les terroristes canadiens dissidents, ou le sujet politique du roman.

La famille Incandenza est un ramassis de tarés. Le père James Incandenza est un physicien et un cinéaste expérimental assez reconnu, c’est le fondateur de cette Académie de tennis, un personnage sans profondeur dans la narration, alcoolique au dernier degré et dément à la fin de sa vie. En lisant les titres de ses réalisations et en lisant la teneur de ses scénarios, on comprend qu’il est plus que perturbé;  il va se donner la mort de façon atroce et grotesque et le lecteur se demande quelles abominations il devait assumer pour en arriver là. Les choses sont suffisamment suggérées dans le roman pour que le lecteur se fasse une opinion, sinon précise, au moins proche. La mère appelée la Moms, mesure 2 mètres et à 50 ans est encore une femme séduisante, docteur ès lettres et sciences, d’origine québécoise, mais totalement toxique et cachottière, elle est directrice dans l’Académie. Le couple a 3 fils: l’aîné, Orin est un ancien de l’Académie de tennis, reconverti dans le football américain  car il avait compris qu’il n’atteindrait pas le plus haut niveau du tennis, appelé le Show, là où les rares élus atteignent une sorte de Nirvana absolu. Le deuxième fils est Mario, un être difforme, limité en parole mais non idiot, c’est le seul qui s’intéresse au métier du père. Et le dernier fils est Hal, interne au sein de l’Académie, un adolescent destiné à être parmi les meilleurs du tennis, qui vit pour plaire à sa mère et pour se droguer en cachette. Il n’y a aucun personnage normal dans cette famille.

L’Académie de tennis est un prétexte pour nous parler du milieu du tennis et de la compétition (ce mythe de la compétition et de l’excellence qu’on inculque aux joueurs, ce mythe, ils croient toujours que l’efficacité, c’est d’aller de l’avant, de foncer. Le principe selon lequel le plus court chemin d’un point à un autre, c’est la ligne droite). Il y a une description minutieuse de ce monde où chaque pas est programmé au prix d’un effort souvent surhumain et au prix de sacrifices importants sur la vie privée de chacun. C’est un univers impitoyable, d’une compétitivité folle où les élus sont peu nombreux. On a droit aussi à une description un peu moins fournie sur le football américain que pratique Orin, un autre monde différent et aussi dur, fermé et un peu plus bestial.

Le monde de la dépendance (alcool et drogues) est représenté par le Centre de Désintoxication connu comme Ennet House situé pas loin de l’Académie de tennis, où règne une ambiance surréaliste qui accueille des gens en perdition totale. J’ai trouvé intéressants les récits de ces gens pour qui la vie est un enfer et pour qui, dans la plupart des cas, en viennent à la dépendance après une enfance à problèmes. Il y a dans le lot, un rescapé de la drogue/alcool, Don Gately, reconverti en surveillant du centre qui a une histoire incroyable (comme tous les autres), mais qui se dévoue aux gens et va se voir impliqué dans une scène dantesque du livre, digne de Tarantino. C’est sur la vie de ce personnage que s’achève ce livre.

L’union de cette Amérique du Nord et dans son sein des canadiens dissidents et terroristes, est un thème assez mal approfondi. Ils sont tous estropiés, amputés des membres inférieurs car jeunes, ils jouaient à s’approcher d’un train le plus possible. Ils sont si nombreux qu’ils forment une petite armada contre les détestés états-uniens. Ils les détestent si fort qu’ils veulent s’approprier d’une cassette que James Incandenza aurait tourné, appelée Infinite Jest ou plaisir sans fin, qui rend les gens définitivement dépendants jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Page 118 l’écrivain Foster Wallace donne un aperçu sur l’Europe …le problème de Schtitt (coach de tennis d’origine autrichienne), comme maints européens de sa génération attachés depuis l’enfance à certaines valeurs permanentes qui peuvent être teintées d’un vague potentiel protofasciste mais sont néanmoins bien ancrées dans l’âme et le mode de vie, ces idées patriarcales du Vieux Monde, telles que l’honneur, la discipline et la fidélité à une entité plus grande. Ou page 535 … Que la CEE paie son propre système de défense à partir de maintenant. Qu’ils y aillent de leur propre budget et on verra s’ils peuvent encore subventionner leurs paysans. Qu’ils bouffent leur beurre avec leurs propres armes pour changer.

Il y a par ailleurs dans ce livre une information détaillée sur le tennis, les drogues dures et moins dures, les effets cliniques des dépendances, etc. J’avoue avoir sauté des pages de description technique qui ne m’intéressaient pas. Mais il y a aussi beaucoup d’autres choses à découvrir.

Ce fut une lecture épuisante (et c’est une des singularités du livre) avec un langage différent selon la personne qui parle; je n’ai pas supporté le langage de certains camés qui ramènent les échanges oraux au langage archaïque de l’âge de pierre. Une autre singularité est la surabondance d’abréviations, probablement une marotte de l’auteur.

Oui, une lecture épuisante qui d’après ce que j’ai lu, sépare les avis entre ceux qui crient au chef d’oeuvre et ceux qui proclament que c’est wholly unreadable. Je me situe entre les deux, considérant que c’est une lecture intéressante mais fatigante et profondément triste d’un monde assez ravagé, grotesque et névrosé, malsain aussi, obnubilé par la performance, gérant le mal être et le stress par une surconsommation de psychotropes.

 

David Foster Wallace désabusé de son monde

L’Infinie Comédie, Éditions de l’Olivier 2015 (CFW 1996),  ISBN 978-2-87929-982-2