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Portrait de Balzac de Théophile Gautier

Théophile Gautier (Tarbes 1811-Neuilly s/Seine 1872) fut un poète, romancier, peintre et critique d’art français. Il a participé activement au mouvement romantique.  En 1836 il sera sollicité par Balzac pour donner des nouvelles au journal La Chronique de Paris. Il deviendra un chef d’école en poésie favorisant le travail de la forme.

Ce fut un témoin exceptionnel de la vie littéraire et artistique de son temps.

Portrait de Balzac a été publié en 1858, après une vingtaine d’années de fréquentation entre les deux hommes. C’est un portrait chaleureux et vivant  de l’homme et du créateur exceptionnel qui fut Balzac, un véritable forçat de travail. C’est aussi un portrait plein de douceur et d’admiration, tellement loin du portrait qu’ en a fait Arthur de Gobineau, un autre contemporain de Balzac où l’on sent un mépris mâtiné de jalousie.

J’ai déjà dit dans ce blog que Balzac est pour moi un géant littéraire.

De l’enfance de Balzac on saura sa scolarité médiocre tout en découvrant son immense avidité pour la lecture et le savoir en général, a tel point qu’il a été touché par une sorte de « surchauffe cérébrale » qui nécessitera le repos dans le giron familial. A cette époque Balzac était considéré comme plutôt stupide car paraissant hébété. En fait, il était surdoué car capable de lire 7 ou 8 lignes d’un coup en appréciant le sens et en ayant une mémoire prodigieuse pour les lieux, les noms, les mots, les choses, les figures.

Ce don, qu’il va conserver et approfondir, explique la teneur de son oeuvre. Il saura donner la vie à une terre, à une maison, à un héritage, à un capital, à des héros et héroïnes dont les aventures se dévorent avec avidité. Mais il a introduit dans le roman des éléments nouveaux, et ceci ne plut pas à tout le monde : ses analyses psychologiques, la peinture détaillée des caractères, les descriptions d’une minutie maniaque, étaient regardées comme des longueurs fâcheuses, et le plus souvent on les sautait pour revenir à la fable. Bien plus tard on reconnut que le but de l’auteur n’était pas de tisser des intrigues plus ou moins bien ourdies, mais de peindre la société dans son ensemble du sommet à la base, avec son personnel et son mobilier, et l’on admira enfin l’immense variété de ses types (plus de 2000 personnages parfaitement campés dans la Comédie humaine !). Dès 1836 (année de la rencontre avec Gautier), Balzac avait déjà un plan pour sa Comédie et avait conscience de son génie.

Balzac était un bourreau de travail et menait une vie quasi monacale dans des logements pas toujours confortables mais qu’il décorait avec un goût certain pour le luxe ostentatoire. Il ne soignait pas du tout son aspect extérieur sauf pour parader dans les salons pendant sa période dandy. En général,  il aimait travailler affublé d’un froc de franciscain avec une cordelette à la ceinture. Il se couchait vers 18 heures pour se lever vers minuit et écrire toute la nuit éclairé par un flambeau à 7 bougies en abusant du café. L’activité cérébrale était telle, qu’il dégageait de la vapeur au dessus de la tête et de son corps émanait un brouillard visible. Il raturait sans cesse ses feuilles. Parfois il passait la nuit à travailler une seule phrase qui était prise, reprise, tordue, pétrie, martelée, allongée, raccourcie, écrite de cent façons différentes et la forme parfaite ne se présentait qu’après l’épuisement des formes approximatives (bon exemple d’hypomanie) Le matin le retrouvait brisé mais vainqueur.

Le matin il fallait courir à l’imprimerie porter les feuilles de la nuit,  et c’était un tel grimoire d’apparence cabalistique que les typographes se le passaient de main en main, ne voulant pas faire chacun plus d’une heure de Balzac !

Malgré cette façon laborieuse de travailler, Balzac produisait énormément grâce à une volonté surhumaine servie par un tempérament d’athlète et une réclusion de moine. Pendant 2 à 3 mois de suite, lorsqu’il avait une oeuvre en train, il travaillait 16 à 18 heures par jour ne s’accordant que 6 heures d’un sommeil qui était lourd, fiévreux, convulsif.

Mais il ressortait toujours de ses cendres, tel le sphynx, en arborant un chef-d’oeuvre au dessus de sa tête, riant de son rire tonitruant, s’applaudissant avec naïveté et s’accordant des éloges sans se soucier le moins du monde des articles et des réclames à l’endroit de ses livres. Jamais il ne courtisa les journalistes. Il livrait sa copie, touchait l’argent et s’enfuyait pour le distribuer aux créanciers.

Toute sa vie Balzac eut des idées fantasques et romanesques. Jamais réalistes. Son imagination enfiévrée lui faisait toucher la fortune avant même la réalisation du projet. Déçu d’une chimère, Balzac inventait illico une autre et repartait pour un voyage avec une naïveté d’enfant qui s’alliait à la sagacité la plus profonde et à l’esprit le plus retors.

Théophile Gautier  insiste pour dire que personne en son temps ne comprit la modernité absolue du génie de Balzac car jusqu’à lui, personne n’a été moins classique, mais il a vu ses contemporains et les a peints avec ses mots en saisissant l’aspect, en comprenant les courants et y démêlant les individualités, dessinant les physionomies de tant d’êtres divers, montrant les motifs de leurs actions. A Honoré de Balzac, plaisait plus le caractère que le style et il préférait la physionomie à la beauté : dans ses portraits de femme, il ne manque jamais de mettre un signe, un pli, une ride, une plaque rose, un coin attendri et fatigué, une veine trop apparente, quelque détail indiquant les meurtrissures de la vie, trait qu’un poète eût à coup sûr supprimé.

Magnifique récit de la vie d’un homme qui a tout donné à la construction d’une oeuvre monumentale, une véritable cathédrale comportant des personnages si vivants qu’ils font partie de l’imaginaire de nous tous.

Le portrait de Théophile Gautier en début de billet le montre tel qu’il était lors de la rencontre avec Balzac et celui de Balzac dans sa chère tenue de moine date aussi de la même époque (à 3 ans près). Ainsi nous pouvons imaginer un peu mieux la rencontre des deux hommes avec leur physique d’alors. Théophile Gautier nous livre un portrait physique très vivant du Balzac qu’il rencontra en 1835; et ce qui le frappa avant tout, ce furent les yeux et le regard de Balzac. Voici la description de Théophile Gautier : son col d’athlète ou de taureau, rond comme un tronçon de colonne, sans muscles apparents et d’une blancheur satinée qui contrastait avec le ton plus coloré de la face. Il présentait les signes d’une santé violente peu en harmonie avec les pâleurs et les verdeurs romantiques à la mode. Son pur sang tourangeau fouettait ses joues pleines d’une pourpre vivace et colorait chaudement ses bonnes lèvres épaisses et sinueuses, faciles au rire; de légères moustaches et une mouche en accentuaient les contours sans les cacher; le nez carré du bout, partagé en deux lobes, coupé de narines bien ouvertes; le front était beau, vaste, noble,  sensiblement plus blanc que le masque, sans autre pli qu’un sillon perpendiculaire à la racine du nez; les protubérances de la mémoire des lieux formaient une saillie très prononcée au-dessus des arcades sourcilières; les cheveux abondants, longs, durs et noirs, se rebroussaient en arrière comme une crinière léonine. Quant aux yeux, il n’en exista jamais de pareils. Ils avaient une vie, une lumière, un magnétisme inconcevables. Malgré les veilles de chaque nuit, la sclérotique en était pure, limpide, bleuâtre, comme celle d’un enfant ou d’une vierge, et enchâssait deux diamants noirs qu’éclairaient par instants de riches reflets d’or: c’étaient des yeux à faire baisser la prunelle aux aigles, à lire à travers les murs et les poitrines, à foudroyer une bête fauve furieuse, des yeux de souverain, de voyant, de dompteur (d’illuminé par la grâce?…)

Honoré de Balzac

 

PORTRAIT DE BALZAC, Éditions de l’Anabase 1994 (Th G 1858), ISBN 2-909535-08

Blanca Elena (memoria indiscreta de la Quinta Vergara) de Luz Larraín

BLANCA ELENA MEMORIA INDISCRETA DE LA QUINTA VERGARA by LARRAIN ... Luz Larraín Orrego es una escritora chilena nacida en Santiago, con una formación en talleres de escritura; es autora de novelas y de cuentos, ha ganado premios.

Blanca Elena o memoria indiscreta de la Quinta Vergara (1994) cuenta la dramática e increíble historia de Blanca Elena Errázuriz Vergara, nieta del fundador de Viña del Mar don José Francisco Vergara. Blanca Elena fue una de las hijas de la pareja formada por Guillermo Errázuriz y Blanca Vergara, herederos de l’inmensa propiedad que fue la Quinta Vergara, con un palacio destruido completamente por el terremoto de 1906, y cuya reconstrucción fue totalmente dirigida por Blanca Vergara de Errázuriz, hija de don José Francisco,  siguiendo un modelo de palacio neogótico veneciano/manuelino. Era gente tan rica (minas, latifundios), que vivía entre Europa y Viña del Mar por largas temporadas. Las fiestas que daba Blanca V. de Errázuriz eran legendarias y muy copiadas porque traía sus cánones directamente de Europa donde era recibida por la realeza.

En los terrenos de lo que fue la hacienda « Siete Hermanas » que se extendía desde el cerro Barón hasta El Salto y los terrenos de la hacienda « Viña del Mar » que abarcaba desde el estero Marga-Marga hasta Concón, se ubica la Quinta Vergara. El edificio actual del Palacio Quinta Vergara que necesitó 4 años de obra se debe a los arquitectos  Ettore Petri y Alejandro Petri Santini.

Es en ese lujo que se crió Blanca Elena quien además era de una belleza sobresaliente adornada por los mejores modales. La habían mandado a Suiza 8 meses para pulir los modales que necesitaba para desenvolverse en su previsible matrimonio con el mejor partido de Chile. Pero el destino quiso otra cosa,  porque en un baile de Embajada al que asistió con sus padres en Paris, conoció a un desenfadado heredero norteamericano, John Longer de Saulles,  quien prácticamente atropelló los buenos modales decidiendo que Blanca Elena sería solo para él.

Lo extraño fue que los padres de Blanca Elena aceptaran este partido y de buen talante cuando era evidente que el galán norteamericano era un prepotente que exigía una total sumisión, y se comportaba como un patán. Los Errázuriz Vergara eran casi tan o más ricos que los de Saulles, quienes trataban a los chilenos como indígenas arribistas. En materia de modales y de cultura era todo lo contrario, pero el Chile de 1900 no pesaba en la balanza de los norteamericanos.

Blanca Elena se casó en Chile en 1911 con todo el boato imaginable y la pareja partió a vivir a los EEUU donde la buena educación de Blanca Elena causó admiración, haciéndose de un círculo de amistades importante y de una vida social apabullante. Pronto nació un heredero que Blanca Elena adoraba, pero su matrimonio poco a poco se fue deteriorando con un marido tosco, propenso a la bebida y violento, pero sobre todo con unas faltas de respeto públicas hacia su joven esposa. El maltrato físico además hizo que Blanca Elena perdiera el fruto de su segundo embarazo. La idea de una ruptura ya rondaba en la cabeza de Blanca Elena que tenía apenas 20 años; pero John de Saulles le significó claramente que el heredero se quedaría con la familia norteamericana y que ella podía marcharse cuando quisiera. John de Saulles había regalado a su mujer una pistola para su defensa, porque ella navegaba sola entre las diferentes residencias que poseían; fue con esa pistola que ella lo mató un día en que la disputa fue particularmente violenta y cruel.

Blanca Elena fue encarcelada y después de un largo y costoso proceso fue liberada y pudo volver a Chile con su madre y su querido hijo. El proceso terminó casi al mismo tiempo que la PGM, en un ambiente de gozo popular y de positivismo humano y puede que esta benevolencia generalizada haya favorecido a Blanca Elena, además que su proceso suscitó una fuerte reivindicación feminista.

¿Cómo una niña de esta alcurnia pudo verse acorralada a un sórdido caso criminal ? Tuvo que ser demasiado el sufrimiento como madre y la total sensación de indefensión ante su potente familia norteamericana que decidió a Blanca Elena Errázuriz Vergara a sesgar su destino para siempre. El lado cruel y paradójico de esta historia es que el hijo  quiso volver a los EEUU para acercarse a la familia de su padre, después de los crueles sufrimientos y vejaciones que vivió su madre que luchó para recuperarlo y hasta le cambió el nombre llamándolo Jaime Errázuriz .

Lo que no está explicado en esta biografía novelada es que Blanca Elena volvió a casarse en 1921 con un señor Santa Cruz y que se suicidó con fármacos en 1940 a la edad de 45 años.

Palacio Vergara - Turismo Viña del Mar

Palacio Quinta Vergara hacia 1910

BLANCA ELENA, Editorial Sudamericana 1994,  ISBN 956-262030-7

La música para Clara de Elizabeth Subercaseaux

La música para Clara de Elizabeth Subercaseaux - YouTube

Elizabeth Subercaseaux es una escritora, periodista y columnista chilena (Santiago 1945); es bisnieta del compositor alemán romántico Robert Schumann y de Clara Wieck-Schumann. Actualmente vive en EEUU (Pennsylvania) con su segundo marido. Ha sido traducida a varios idiomas y su mayor éxito de ventas es en Alemania.

Le he leído varios libros porque me gusta su estilo divertido-chic y tan chileno. Por ejemplo la hilarante trilogía llamada Barrio Alto que comprende: 1) Vendo casa en el barrio alto (2009), un libro muy jocoso sobre un corredor de propiedades de la mejor alcurnia, que realiza compra-venta de casas porque el hombre está al tanto de absolutamente todo lo que sucede en la clase alta.  2) Compro lago Caburga (2011) narra la especulación inmobiliaria alrededor del lago Caburga armada por el mismo corredor de propiedades, con un amigo especulador y un chino, con las mil peripecias para adquirir los terrenos y también la entrada en política del amigo. El tercer tomo es Clínica Jardín del Este (2013) una sátira sobre la especulación en torno a la salud.  Otra obra leída es La Patria de cristal (2017), una novela histórica que abarca un siglo más o menos de la Historia de Chile y que no me gustó porque hace de la Historia de Chile una especie de culebrón con los próceres de la Patria; este libro tiene una secuela, La Patria estremecida (2019) que retrata la Historia de Chile del siglo XX. La última noche que soñé con Julia (2012) es una novela estupenda, entretenida, con algo de thriller y que describe muy bien la sociedad chilena de la clase media-alta. Una semana de octubre (1999) es otra novela buena, triste y lúcida, sobre la súbita llegada de la enfermedad a los 46 años, en plena posesión de la feminidad. Las 10 cosas que un hombre en Chile debe hacer de todas maneras es un libro del 2003, muy divertido, muy « directo al grano » con 10 capítulos dedicados a las « mañas » del homo sapiens chilensis. La rebelión de las nanas (2000) es también un libro entretenido y muy pertinente. Las « nanas » son para los chilenos las empleadas domésticas o las asistentas (en España) y son las personas gracias a las cuales una casa o un departamento de la clase alta funciona.

Me he llevado una  decepción con La música para Clara (2013), un libro cuyo contenido me inspiraba mucho porque quería saber más sobre la pianista virtuosa que fue Clara Wieck. Y no ha sido el contenido del libro que me decepcionó, sino la manera tan caótica de tratar el tema : los capítulos son cortos (lo que es agradable) y  pasan de Clara a Robert (su marido) , se avanza y retrocede en el tiempo con la aparición de personajes que el lector no sabe situar; es la armazón del libro que me desagradó y es el primer libro de la escritora Subercaseaux que me interpela. Imagino la inmensa ambición de la escritora Subercaseaux para plasmar esta historia de antepasados que fueron verdaderas lumbreras musicales en toda Europa. Elizabeth Subercaseaux es la tataranieta de la ilustre pareja (la madre de Elizabeth Subercaseaux era nieta de Elise Schumann casada con un Sr Sommerhoff de EEUU, hija de Clara).

Queda claro que la vida de Clara Wieck fue difícil. Fue un largo camino sembrado de espinas.

Su padre la educó como pianista desde muy temprano y fue muy severo con su formación. A los doce años , dando un recital en Paris acompañada de su padre, les tocó vivir en 1832 una epidemia de cólera de una rara violencia con pánico en la población que buscaba huir de Paris a como fuera. Los Wieck no quedaron muy impresionados con el público parisino que tildaron de vano e ignorante. Conoció a Robert Schumann muy temprano y se enamoró definitivamente del compositor pero con la total oposición paterna. Tuvo que luchar e ir hasta los tribunales para lograr casarse con Schumann que fue un gran compositor y músico, pero que tenía los nervios frágiles y una  personalidad muy introvertida, además que su música no fue bien comprendida. Durante el largo y penoso noviazgo Robert Schumann compuso esa maravilla que es el Romance en Fa sostenido mayor o « el llanto  de su corazón por ella » (aquí va un enlace):

La pareja se casó a pesar de todas las trabas y llevó una vida bastante errante. Ocho hijos nacieron, varios murieron. Clara Wieck-Schumann siguió practicando su piano por toda Europa, enseñando y dando recitales, dejando la casa en manos de los criados y de algunos amigos. Los Schumann conocieron también apremios económicos y cruzaron en su camino musical a los más grandes músicos europeos : Mendelssohn, Chopin, Brahms, Bellini, Berlioz, Liszt, Hiller, la diva Pauline Viardot; etc.

Cuando la salud mental del gran compositor se deterioró alrededor de la cuarentena, hubo que internarlo en un asilo para enfermos mentales y ya no pudo volver a la normalidad y a su familia. Clara Schumann se encontró viuda, con varios hijos a cargo y si no hubiese sido por la ayuda de Johannes Brahms, la gran pianista no hubiese podido salir adelante. Más que nunca Clara Schumann interpretó música por toda Europa para ganar el sustento de la familia a cargo. Con el paso del tiempo conoció muchos sufrimientos con los decesos de hijos por mala salud o abuso de morfina.

La interpretación pianística de Clara Schumann es reconocida como la de una verdadera virtuosa, excepcional. Y fue una mujer muy moderna porque no quiso renunciar a su carrera de intérprete, carrera artística que puso por sobre su vida familiar y su vida de esposa.

A pesar de sus ausencias y viajes incesantes en pos del dinero necesario, Clara Wieck supo crear un ambiente cariñoso para sus hijos y nietos. Murió de un derrame cerebral a los 76 años.

 

More about Clara Schumann A Timeline for Clara and Robert Schumann Photos Historiques, Musique Classique, Compositeurs, Visage, Musiciens, Xixe Siècle, Histoire, Compositeurs De Musique Classique, Piano Man

Clara Wieck-Schumann y Robert Schumann

MÚSICA PARA CLARA, Sudamericana 2013,  ISBN 978-956-262-415-2

La panthère de Stéphanie des Horts

Stéphanie des Horts — Wikipédia

Stéphanie des Horts est une romancière française (Tours 1965), journaliste et critique littéraire, spécialisée en littérature anglo-saxonne et auteure de quelques 8 livres, essentiellement des biographies.

J’ai lu Pamela (2017),  une très bonne biographie romancée de Pamela Harriman qui a eu une vie exceptionnelle pour finir Ambassadrice des EEUU à Paris; j’ai commenté le livre en septembre 2019.

La panthère (2010) est le deuxième livre que je lis d’elle et cette fois c’est une biographie romancée de Jeanne Toussaint, une personne que je ne connaissais pas jusqu’à la lecture de cet ouvrage. Voici un destin exceptionnel travaillé pas à pas par une femme assez exceptionnelle de par son talent inné et qui a su faire de sa vie une réussite même si le parcours est constellé de choses douloureuses.

Jeanne Toussaint est né à Bruxelles en 1887 au sein d’une famille modeste; sa mère était une dentellière reconnue qui n’a pas su la protéger. Jeanne Toussaint a fui le domicile parental alors qu’elle était mineure pour échapper à son beau-père qui abusait d’elle. Elle s’est installé à Paris grâce aux largesses d’un amant riche et titré dont la famille l’a obligé à rompre. Par la suite Jeanne Toussaint a fréquenté le monde des demi-mondaines où elle a connu un certain succès dans le Paris de la Belle Époque. Elle a croisé un jour Louis Cartier lequel très vite a reconnu en elle des dons innés pour la bijouterie avec un sens très poussé du bon goût. Au fil des ans il va lui confier la direction de la boutique prestigieuse de la Place Vendôme et Jeanne Toussaint deviendra l’alma mater de ce temple du luxe en devenant créatrice de bijoux et directrice de la Maison. Louis Cartier la surnommait « la panthère » en raison de ses allures félines et racées. Après beaucoup de recherches pour l’équipe de Cartier, elle a su donner naissance à ce qui fut l’icône de la maison Cartier : la panthère constellée de diamants et reproduite en broches, bagues, boucles d’oreilles, bracelets. Un succès total auprès d’une riche clientèle cosmopolite.

Au plan de sa vie privée ce fut très émouvant car elle va épouser à 68 ans son ancien amant, Pierre Hély d’Oissel, ancien patron de Saint Gobin,  devenant ainsi baronne. Malheureusement ce couple merveilleux ne va pas durer longtemps, il sera fauché par un infarctus du myocarde.

Ce livre se lit facilement et recréée avec moult détails le Paris de la Belle Époque puis des Années Folles, donnant vie au monde des demi-mondaines qui rivalisaient d’élégance en même temps qu’elles étaient littéralement couvertes de bijoux par leurs amants. On retrouve beaucoup de personnages célèbres et notamment Coco Chanel, une vraie amie  de Jeanne Toussaint et qui parait très désinvolte voire un peu canaille dans ce livre.

Ci-après un sublime spot de Cartier réalisé par Bruno Aveillan retraçant l’odyssée de la maison Cartier.

LA PANTHÈRE, Le Livre de Poche N° 32352 (SdH 2010),  ISBN 978-2-253-15801-1

Vizcarra de Rafaella León

Rafaella León: “Martín Vizcarra se hizo político pescando ... Rafaella León es una periodista, reportera y escritora peruana (Lima 1977), licenciada en Periodismo y Comunicación. Dicta también talleres de escritura en el rubro del periodismo. Cuando el Presidente Pedro Pablo Kuczynsky (PPK) ganó las elecciones de 2016 la periodista quiso escribir sobre el gran desconocido político que era en aquel entonces uno de los dos vicepresidentes (junto con Mercedes Aráoz). El libro narra la asunción de Vizcarra a la presidencia del Perú en un ámbito de gran desorden político y social.

Vizcarra. Retrato de un poder en construcción (2019)  es su primer libro. Es un libro que me han regalado, por las mismas razones que en su día me regalaron (otra persona) Largo pétalo de mar de Isabel Allende comentado en este blog en agosto 2019. Esto es un acertijo para curiosos.

Es la curiosidad que me impulsó a leer un libro que tenía en mi posesión. Ojo, no conozco nada en política peruana, no puedo juzgar, no conozco muchos nombres. Pero me puedo informar: esta es la historia de un ciudadano que llegó a ser Presidente del Perú en unas circunstancias especiales.

Poco aprendí sobre la personalidad de Martín Vizcarra, me parece una persona bastante normal, franca, inteligente (con, además, inteligencia « emocional » que es otro rubro), discreto, no es complicado, aunque por momentos podía ser un enigma. Parecía siempre con un aire de parsimonia, pero en verdad era vehemente, obstinado, impaciente. Su personalidad de ingeniero lo hacía parecer previsible y frío. Siempre elegía la seguridad de lo que era blanco y lo que era negro (página 179). Es un ingeniero civil de provincias que se hizo conocer como Gobernador de la Región Moquegua ( a 1100 Km al sur de Lima)  por su buena y sana gestión, especialmente en educación y lejos de les esferas agitadas de la gran capital. Con una vida familiar sin historias, casado con una profesora con los pies bien aterrizados y las ideas claras; le gusta jugar a la paleta de frontón. Martín Vizcarra aplica el método y la lógica que le enseñaron en su Escuela de Ingenieros, él hace « ingeniería política » según sus propios términos : si hay un problema, busca el origen, no la consecuencia. Si hay un escollo en el camino, lo pone de lado hasta encontrar la respuesta. Se hizo político en provincia, donde fue adquiriendo las habilidades que se consiguen gobernando con más cercanía a la gente (página 135).

Llegó a la Presidencia de la República con la destitución por sospecha de corrupción del Presidente electo PPK, en ese momento Vizcarra cumplía funciones diplomáticas en Ottawa, Canadá; se le opusieron mil vallas para que no tomara el cargo que le correspondía constitucionalmente po y ser vicepresidente, pero no se dejó intimidar. Y lo primero que hizo  fue desenmascarar la corrupción en la clase política.  También ha tratado de dar sus letras de nobleza a las provincias, frente a un centralismo clasista limeño.

Un Presidente así,  sin partido politico en que apoyarse, ni amigotes o « compadres », tuvo que organizar una guardia pretoriana que lo informara de manera fidedigna y lo protegiera de toda la contaminación y malevosía del ámbito (era de los que pensaba que en los antiguos amigos y en quienes no lo vieran como presidente estaba su cable a tierra, página 43). Martín Vizcarra tenía más bien la franca oposición del partido fujimorista. Todo lo que tiene el presidente es la opinión pública, dice la periodista R. León en una entrevista para el diario La República. Según la periodista, Martín Vizcarra se hizo político pescando oportunidades y mostrándose como alguien que veía la crisis peruana desde lejos (desde su puesto diplomático en Canadá), esperando su momento en silencio, volviendo a su país para asumir un cargo que le correspondía, mostrándose inicialmente dócil ante el fujimorismo para luego voltearse y colocarse a la orilla opuesta y del lado de una ciudadanía hastiada y para darle un sentido a su presidencia como abanderado anti corrupción tras la aparición de audios de jueces y blindaje de políticos, usando con efecto político las cuestiones de confianza y dejando que la oposición mostrara su torpeza en todo su esplendor.

Este libro fue publicado en julio 2019 (mes de la Fiesta Nacional de los peruanos) y el Presidente cerró el Congreso en septiembre porque el pueblo lo pedía y porque a lo único que se dedicaba el Congreso era a torpillarle las acciones y a desprestigiarlo a como fuese. Con esto cortó a la base un fujimorismo apolillado y comprometido que pasó de 78 a 14 congresistas después de nuevas elecciones (y los apristas de 4 a cero).

Un libro interesante que demuestra lo difícil que es gobernar. El nivel de las luchas internas, el tráfico de influencias, la falsa información, el ansia de los políticos por conservar el poder, etc, etc. Rafaella León ya ha dicho que le gustaría escribir otro libro sobre Martín Vizcarra cuando deje el poder; esperemos que el poder no lo corrompa.

Al Presidente Vizcarra le gusta jugar a la paleta de frontón, dice que es un deporte que le marcó el carácter. Nadie tendría que decirle cómo dominar el juego y la política se parece al frontón: no se gana siempre, pero se pueden devolver con potencia los ataques.

VIZCARRA, Debate 2019, ISBN 978-612-4272-48-6

Marie Laurencin, la féerie d’Isaure de Saint Pierre

Afficher l’image source Isaure de Grosourdy de Saint Pierre est une écrivaine et journaliste française (Paris 1944), auteure de plus de 60 romans…

Marie Laurencin, la féerie (2019) est le premier ouvrage que je lui lis, attirée par cette nouvelle biographie d’une artiste que j’apprécie.

J’avais déjà lu l’intéressante et intimiste biographie écrite par sa filleule, Benoîte Groult, intitulée simplement Marie Laurencin (1987) enrichie de nombreuses illustrations. Puis je possède aussi la biographie de Bertrand Meyer-Stabley , intitulée aussi Marie Laurencin (2011), illustrée de nombreuses photos de l’artiste et fourmillant de détails sur sa vie:

(https://pasiondelalectura.wordpress.com/2014/06/29/marie-laurencin-de-bertrand-meyer-stabley/).

L’ouvrage de Madame de Saint Pierre se lit avec plaisir car elle retrace sans parti pris ce que fut la vie mouvementée de cette artiste si originale et caractéristique. J’aime ses évocations de femmes évanescentes, aux yeux de biche, éthérées et toujours élégantes, attifées de perles et/ou de fleurs et ce « rose laurencin » si évocateur, si pastel. Souvent dans ses tableaux et lithographies, figure la petite guitare offerte par Guillaume Apollinaire, son compagnon durant 5 ans, qu’elle n’oublia jamais malgré leurs fréquentes et violentes disputes.

Marie Laurencin (1883-1956) était une fille naturelle dont le père, un notable, lui fit donner une bonne éducation. Sa mère était une femme plutôt distinguée, couturière et brodeuse reconnue. Depuis son jeune âge, Marie va se dédier à la peinture et subir une solide formation auprès d’artistes connus. Assez vite elle va trouver son chemin artistique au milieu d’une époque très riche en talents.

Elle se mariera une seule fois, en juin 1914, avec un peintre allemand, le baron Otto von Wätjen et deviendra automatiquement allemande, ce qui lui vaudra des ennuis sérieux lors de la Première Guerre Mondiale. Le couple devra se réfugier en Espagne afin de faire oublier le fait d’être allemands; Marie Laurencin voudra très vite divorcer pour cause d’incompatibilité de caractères, mais la formalité sera très longue et ne sera effective qu’en 1921.

Elle redeviendra la Parisienne en vogue et va s’entourer d’écrivains tels que André Gide, Max Jacob, Marcel Jouhandeau, Jean Paulhan, Lewis Carroll, Henri-Pierre Roché, Jean Cocteau et d’autres. La vie de Marie Laurencin fut riche et tumultueuse, elle connut le succès de son vivant, mais son style est devenu démodé après la DGM.

Pendant la DGM elle aura une attitude ambivalente se montrant égoïste et futile pour elle même, ne cachant pas son admiration pour l’occupant allemand mais ruant dans les brancards lorsqu’on touchait à ses amis juifs. Néanmoins, malgré ses contacts haut placés, son appartement fut réquisitionné et elle sera logée par des amis; vingt-huit de ses tableaux auraient pu être volés par Göring si elle n’avait pas été alertée à temps. Elle sera détenue par l’armée française de libération, parquée à Drancy puis libérée 11 jours plus tard.

Elle n’a pas eu de descendance mais a adopté Suzanne Moreau, sa dame de compagnie et a legué son oeuvre à la Fondation des orphelins d’Auteuil. A sa mort son ami Marcel Jouhandeau écrit « elle est morte, quelle féerie s’achève », ce qui a dû inspirer le titre du livre?  Elle a réalisé durant sa vie quelques 1 800 peintures, aquarelles, décors de théâtre et illustrations de livres.Résultat de recherche d'images pour "marie laurencin"

MARIE LAURENCIN, Albin Michel 2019,  ISBN 978-2-226-44096-9

La hermana menor(Un retrato de Silvina Ocampo) de Mariana Enríquez

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Mariana Enríquez es una periodista y escritora argentina (Buenos Aires 1973) que forma parte del grupo « nueva narrativa argentina » ( de los cuales he leído por el momento a Pedro Mairal, Samanta Schweblin, Oliveiro Coelho…)

El estilo de Enríquez es una mezcla de gótico, de terror, de ciencia ficción, de fantasy y de lo ultra siniestro en lo cotidiano. Es una buena escritora, bastante eficiente en la medida que sus relatos son impecables, bien construidos, sin ninguna falla ni en el léxico ni en los temas, ni en la caída final.

Le leí y publiqué un billete en julio 2017 sobre  Los peligros de fumar en la cama : 12 cuentos variopintos y muy bien escritos que no me produjeron tanto terror como asco porque nadan en lo morboso, en lo malsano, en lo under-ground.

A Silvina Ocampo le leí Los días de la noche (1970) que reseñé en marzo 2015, son 29 cuentos en el puro estilo extraño y ambiguo de la escritora. También leí Cuentos difíciles reseñado en febrero 2017, son otros 10 cuentos donde cinco de ellos están incluídos en el libro Los días difíciles.

La hermana menor (Un retrato de Silvina Ocampo), 2018, es un libro que me ha encantado, muy interesante y sobre un personaje realmente fascinante, la menor de las Ocampo, la numero seis o « el etcétera de la familia », como lo decía ella misma.

Encontré que fue una persona muy libre, muy original, muy osada, una mujer avanzada, excéntrica, con un potencial intelectual descollante que poseyó una maestría de la lengua; ella fue un personaje que no se pareció a nadie y que se escondió con juegos y máscaras para no revelar su fuero interno ni su alma. No le gustaba la sociabilidad. Había cierta perversidad en su juego. Se dice que cuando decía algo, ella pensaba lo contrario; se dice que lo horrible la fascinaba porque tenía la valentía y el placer de lo horrible.

Vivió intensamente aunque algunos digan que sufrió mucho.

Nada predestinaba a la mayor y a la menor de las Ocampo a ocupar un lugar tan preponderante en el ámbito intelectual/literario de Argentina. Victoria la mayor y Silvina la menor. Unas chicas que lo tenían todo, el apellido, la fortuna, la belleza, los dones intelectuales. Tenía Silvina una voz especial, temblorosa y quebrada, con ecos.

Se casó con Adolfo Bioy Casares once años menor, otro gran nombre de la literatura argentina. Ambos fueron íntimos amigos de Jorge Luis Borges que veían a diario y compartían sobre la literatura. Falleció en 1993 y vivió sus últimos 10 años en el olvido del Alzheimer.

La literatura de Silvina Ocampo es especial, la prosa es soberbia, pero el contenido es « rarito » y los relatos retorcidos. Gran parte de su literatura se basa en la infancia, en el lado oscuro de la infancia donde los niños son crueles, asesinos o asesinados, suicidas, abusados, niños pirómanos, niños perversos, niños que no quieren crecer, niños que nacen viejos, niñas brujas, niñas videntes (página 14). Hay una continuidad de temas y obsesiones en su literatura : por ejemplo los monstruos como héroes.

Una de las constantes en la narrativa de Silvina Ocampo es la guerra entre adultos y niños, las casas -hay una verdadera obsesión por las casas en su obra, la casa como último refugio y también como el lugar que, cuando se vuelve enemigo, es el más peligroso de todos-; el gusto por el detalle y esa crueldad que solían señalarle con ensañada insistencia y que a ella le llamaba la atención, quizá porque no le parecía « crueldad », quizá porque le parecía juego, exageración.(página 54).

Un libro interesante que da luces para leer a la autora.

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La Gran Silvina Ocampo.

LA HERMANA MENOR, Anagrama 2018 (ME 2014),  ISBN 978-84-339-0806-3

Mi pecado de Javier Moro

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Javier Moro es un escritor español (Madrid 1955)  de madre francesa (Lapierre);  es un sobrino carnal del conocidísimo Dominique Lapierre. Cursó estudios de Historia y de Antropología en Paris entre 1973-78.

Le he leído varios libros, por lo general son biografías de personajes increíbles, vidas fuera de lo común y en un estilo muy ameno, muy documentado. La perfecta unión de lo interesante con lo entretenido.

Pasión india (2005) es la historia novelada de la española Anita Delgado Briones que se casó a los 16 años con el Rajah de Kapurthala tras haberla visto en una fotografía en un periódico; la española vivió 20 años en un cuento de hadas hasta que el Rajah la dejó por otra. Y publiqué en abril 2012 una reseña sobre El Imperio eres tú, Premio Planeta 2011, otro libro interesante que nos narra el exilio de la familia real portuguesa en Brasil en 1807, huyendo de las guerras napoleónicas. En septiembre 2016 reseñé A flor de piel (2015), la narración de una aventura española increíble : el aporte de la vacuna contra la variola por dos médicos y una enfermera a los confines del imperio español.

Mi pecado (2018) es un libro muy ameno sobre la vida de la actriz de cine española Concepción Andrés Picado cuyo nombre de artista fue Conchita Montenegro. Mi pecado, título del libro, no tiene nada que ver con  lo pecaminoso, sino que era el nombre del perfume de Lanvin que usaba Conchita en los años 30, un perfume lanzado en 1924 y que dejó de existir (en serie) en 1980.

Conchita Montenegro llegó a Hollywood en los años 30 y logró triunfar en este período de transición del final del cine mudo y la emergencia de un cine mucho más dúctil que requería buena prestancia y buen sonido. Llegó a la Meca del cine con su hermana mayor que le servía de chaperona. Aunque Conchita nunca la escuchaba porque era vivaracha y pizpireta, extraordinariamente frívola.

Tuvo amores y sinsabores. El más rimbombante de sus amores con el británico Leslie Howard que estaba casado y con hijos. Tenía al mismo tiempo un vasto grupo de amigos españoles con los cuales se veía a menudo para recordar la patria lejana. Cuando estalló el macarthysmo la mayoría del grupo tuvo que salir de EEUU porque la mayoría eran republicanos y considerados unos rojos.

Conchita Montenegro volvió a España en 1940 y jugó un rol importante acercando a Leslie Howard del Caudillo; Leslie Howard fue utilizado por Churchill como emisario para expresar el deseo de los ingleses de que España se declarara neutra hacia fines de la segunda guerra mundial porque ya se veía venir el descalabro de los alemanes. La persona que hizo el contacto final entre el Caudillo y los ingleses fue el prometido de Conchita, Ricardo Giménez-Arnau, un joven diplomático que Conchita terminará desposando y con el cual tendrá 27 años de felicidad ininterrumpida.

MI PECADO, Espasa 2018,  ISBN 978-84-670-5171-1

Pamela de Stéphanie des Horts

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Stéphanie des Horts est une romancière française, journaliste et critique littéraire (Tours 1965) auteure de quelques 8 livres et  elle serait spécialisée en littérature anglo-saxonne (Shakespeare, Jane Austen).

Pamela (2017) est une biographie romancée de Pamela Digby, fille du onzième baron Digby, une lignée de hobereaux désargentés du comté de Hampshire, au sud de l’Angleterre, une jeune fille de bonne famille devenue une courtisane de haut vol et qui a mené une vie trépidante et aventureuse à la « recherche du grand amour » si possible riche et glamoureux (pour employer un anglicisme). C’était une belle rousse intelligente avec un grain de peau magnifique et de bonnes manières, ayant le don des relations.

Pamela Digby se maria en premières noces avec le fils unique de Winston Churchill, Randolph Churchill, et ce fut un échec rapide et retentissant. De ce mariage très court naquit son seul enfant: Winston Jr. Randolph Churchill était alcoolique et joueur invétéré. En revanche, le beau père de Pamela, Winston Churchill, « dear papa« , l’appréciait beaucoup et recherchait sa compagnie. Cet homme politique a contribué à sa formation et ils sont restés en contact bien au delà du divorce.

Par la suite elle cumulera les amants aux noms prestigieux : Charles Fulke Greville, Ali Khan, Ed Murrow (son premier amant « pauvre »), Gianni Agnelli, Frank Sinatra, Maurice Druon, Stávros Niárchos, Porfirio Rubirosa, Élie de Rothschild, Leland Hayward qui l’a épousée, Averell Harriman (son dernier mari)…Elle a su garder le contact avec presque tous les hommes qu’elle a aimé car chaque fois elle croyait qu’elle tenait un vrai amour et se donnait entièrement avec chaque relation.

D’après le roman, l’homme qu’elle aurait le plus aimé ce serait Gianni Agnelli qui n’a pas voulu l’épouser.

A la fin de sa vie elle a réussi à se faire épouser par Averell Harriman et, devenue veuve à Washington, elle s’est montrée sans égal pour orchestrer des diners afin de récolter des fonds pour le parti démocrate. Elle a contribué ainsi à l’élection de Bill Clinton qui l’a nommée Ambassadeur des EEUU à Paris, en remerciement des services rendus.

Et c’est à Paris qu’elle est morte d’un AVC, dans la piscine du Ritz où elle se rendait chaque matin pour y faire ses longueurs…

Quel tempérament cette femme ! Quelle vie elle a mené ! Quelle ambition démesurée !

Le roman est dans un style assez télégraphique avec des phrases courtes et percutantes, c’est efficace pour raconter le personnage de Pamela Harriman, son dernier patronyme. Et l’on retrouve presque les mêmes personnages que dans le livre de Melanie Benjamin, Les cygnes de la Cinquième Avenue (2016).

PAMELA, Livre de Poche N° 35295, (SdH 2017),  ISBN 978-2-253-23799-0

Des Éclairs de Jean Echenoz

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Jean Echenoz est un écrivain français (Orange 1947) qui a fait des études de Sociologie et de Génie civil. On vient de lui décerner le huitième Prix BnF (2016) pour l’ensemble de son oeuvre. Sa technique d’écriture est particulière car il alterne les figures de style, les jeux de mots, l’ambiguïté et use d’un symbolisme autour des noms propres de personnages. On dit aussi qu’il écrit des romans géographiques car on voyage beaucoup en le lisant. Il a su décaler son univers romanesque vers la sotie ou vers les récits excentriques à la façon d’un Sterne ou d’un Diderot, d’un Perec ou d’un Queneau. C’est un romancier inventif, un champion de la toponymie, un « nouveau romancier » mais pas  un romancier nouveau.

C’est le sixième livre d’Echenoz dans ce blog, la lecture a été toujours un plaisir renouvelé, car ses sujets varient beaucoup.

Je commence à lui trouver une petite ressemblance avec Jean-Paul Dubois, tous les deux très éclectiques et pince-sans-rire, avec une petite nuance il me semble : Dubois approfondit un peu plus la psychologie de ses personnages. Je les apprécie énormément tous les deux.

Des Éclairs (2010) est le dernier volet du cycle romanesque de 3 vies : une biographie basée sur la vie de l’ingénieur serbo-croate Nikola Tesla et le troisième après Ravel (2006) et Courir (2008) (sur le coureur tchèque Emil Zátopek). Je n’ai pas lu ni le premier ni le deuxième mais le troisième m’a intéressé à cause du nom Tesla porté par la voiture Tesla Model 3 que j’ai eu la chance d’essayer aux USA. Étonnante voiture. Et ce nom, qui a été invoqué par le propriétaire de la voiture a piqué ma curiosité, je ne savais rien sur lui.

Mais attention, le lecteur est prévenu par le romancier, il s’agit d’une « fiction sans scrupules biographiques » ! Et pour commencer, Jean Echenoz l’a prénommé Gregor tout court à la place de Nikola.

Nikola Tesla est né au sein de l’empire austro-hongrois, en terre croate bien que de famille serbe en 1856  et il est mort en 1943 à New York. Il a été très tôt brillant et a initié des études d’ingénieur, jamais achevées pour des raisons d’argent. Il n’empêche qu’il a été très tôt repéré et a pu partir aux USA directement dans le laboratoire de Thomas A Edison, patron de la General Electric qui l’a mal utilisé. Ensuite, il a atterri chez Georges Westinghouse, patron de la Western Union, éternel rival d’Edison et richissime homme d’affaires qui va le prendre sous son aile pour aussi l’exploiter et, notamment devenir encore plus riche grâce aux retombées de l’application du courant alternatif développé par Tesla. Les épisodes où Edison essaie de se venger de Tesla sont d’un comique supérieur notamment la supposée invention de la chaise électrique par un coup de marketing publicitaire absolument génial.

Mais ce Tesla était un homme hors du commun, au physique comme au mental. Au plan physique, il mesurait 2 mètres et il était très bel homme. Au mental, c’était une intelligence supérieure, polyglotte, ayant le don de l’éloquence voire du baratin, inventeur-né mais un peu fou en plus d’antipathique, maniaque, mauvais caractère, asexué et dépensier. Aujourd’hui on le qualifierait de sociopathe (mais c’est le sort inéluctable de tout vrai génie, non?).

Il fût un inventeur incroyable, un concepteur du courant alternatif, un précurseur du tout électrique mais un piètre homme d’affaires. Il a déposé quelques 300 brevets, mais mal défendus et il se les a fait voler. On l’a traité de génie mais aussi d’imposteur car il excellait à parader et montait des numéros pour l’épate, dignes d’un cirque et loin de la science pure.

Il était bourré de manies et de phobies comme l’aversion aux microbes. Mais il était fasciné par les oiseaux et notamment par les pigeons qu’il nourrissait, chérissait, soignait.

Le livre fourmille d’anecdotes, de nature scientifique ou tout à fait pédestres. Celle qui m’a fait le plus fait rire mais en même temps presque pleurer de compassion, c’était lorsqu’il tombe amoureux d’une pigeonne, assez racée mais pigeonne quand même. Cela jouxte le pathétique.

C’est un petit livre (175 p.) qui se lit très bien mais qui ne va pas en profondeur du personnage singulier que fut cet homme. En revanche c’est d’une grande drôlerie voire d’une cruauté certaine par moments. Un petit bijou.

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Le beau et ténébreux Nikola Tesla. Quel regard.

DES ÉCLAIRS, L’Éditions de Minuit 2010,  ISBN 978-2-7073-2126-8