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Historia secreta de Chile (3) de Jorge Baradit

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Jorge Baradit (Valparaiso 1969)  es un escritor chileno de novelas (ficción y no ficción), autor de la trilogía Historia secreta de Chile. El autor se dedica a la literatura desde 2005.

Se le ha integrado a un movimiento renovador de las letras chilenas llamado Freak Power, compuesto por narradores como Bisama, Ortega, Wilson, Amira, etc.

Historia secreta (1) y los que siguieron se han convertido en super-ventas nacionales desde el primer mes llegando a unas 200 000 publicaciones con los dos primeros tomos.

Estos libros me fueron muy recomendados por un librero de la ciudad chilena austral de Punta Arenas y compré dos; yo no los hubiese escogido sin saber. Y no me arrepiento porque se leen bien , son entretenidos y bastante transgresores. Desde ya la portada del primer tomo muestra al gran marino Arturo Prat, héroe de la Guerra del Pacífico, con un tercer ojo masónico y otros implementos.

Aunque mirar la Historia por el extremo equivocado del telescopio puede resultar tendencioso porque es enfocar en campo cerrado, ver solo un punto y hacer caso omiso del resto.

Este tercer tomo trae a la poetisa Gabriela Mistral en la portada en una caricatura con tatuajes y piercings. No se si a la ilustre señora le hubiese gustado la broma porque éste no es un libro para divertirse, creo, sino que es un libro para aprender que, imagino, ha necesitado bastante investigación.

En este nuevo tomo hay 9 historias de las cuales no todas me interesaron, pero algunas me fascinaron.

La primera historia me impactó, ella narra un terrible incendio en diciembre de 1863 en Santiago en la Iglesia de la Compañía de Jesús, muy cerca de la catedral de Santiago. Ignoraba el hecho y la magnitud del desastre. Murieron en el incendio unas 2000 personas, el equivalente del 1% de la población de Santiago en aquel entonces. La noticia recorrió el mundo.

Otra historia que encontré increíble es la del grupo de 28 chiflados expedicionarios que se lanzaron en una expedición a la Antártida con el irlandés Shackleton a la cabeza. Con los medios limitados que existían en 1914 y con una Europa en guerra que no les tiraba pelota a los expedicionarios. Cómo quedaron atrapados en los hielos durante un año y escaparon a la muerte! In-cre-í-ble de osadía temeraria.

El pasado de la Isla de Pascua que Baradit explica con una nueva teoría bastante creíble: la cuasi desaparición de ese pueblo tan diferente al chileno y que dejó muestras de un gran desarrollo con la escultura de los moais, es terrible. No tenía la menor idea de que los peruanos habían hecho prisioneros en la isla para llevárselos como esclavos para explotar el guano y que se habían llevado nada menos que a los líderes de ese pueblo.

La corta historia sobre Gabriela Mistral es triste como lo fue su vida. Es más que seguro de que esta brillante mujer sufrió de ostracismo.

La historia del cráneo de José Miguel Carrera es truculenta. No sabía que este hombre, prócer de la Patria en Chile, fue un revoltoso irredento, un insolente y un hombre extraordinariamente buenmozo como lo acabo de comprobar en unas litografías de la época (1830) que ví en el interesante Museo de Colchagua en  Santa Cruz.

Un libro que se deja leer como una historieta, pero que revela hechos relevantes en la Historia del largo y estrecho país llamado Chile.

HISTORIA SECRETA (3), Sudamericana 2017,  ISBN 978-956-262-495-4

Les trois jours de Pompéi d’Alberto Angela

Résultat de recherche d'images pour "i tre giorni di pompei alberto angela" Alberto Angela est un paléontologue, écrivain, journaliste et présentateur d’émissions culturelles italien (Paris 1962).

Les trois jours de Pompéi (2017) s’est vendu a plus de 200 000 exemplaires en Italie, un énorme succès pour ce livre reconstituant la vie à Pompéi et alentours, quelques heures avant le cataclysme de l’année 79 de notre ère. Ce drame tellurique aurait eu lieu en octobre et non au mois d’août comme cela a été évoqué le plus souvent. Aussi, ce n’est pas le volcan Vesube qui serait à l’origine de l’éruption mais le volcan Somma qui était bien camouflé dans le relief. Autrement dit, les pompéiens ne savaient pas qu’ils étaient au pied d’un volcan mais ils le voyaient comme un simple mont, même si les signes avant coureurs d’une explosion étaient nombreux.

Déjà en l’an 62 de notre ère, un autre tremblement de terre avait touché cette région de la Campanie, à tel point que beaucoup d’habitants avaient déserté le lieu et vendu leur logement principalement aux nouveaux riches de l’époque, les affranchis.

Le livre reconstitue la vie de Pompéi et d’autres lieux proches avec une abondance de détails de tout genre, ce qui donne un aperçu très vivant de la vie avant le drame à travers divers personnages ayant existé et ayant appartenu a des différents couches sociales. Leur vie était déjà sophistiquée à cette époque avec, par exemple, l’interdiction de circuler la nuit pour les véhicules à roues, ils pouvaient circuler la nuit grâce à des rails le long de trottoirs pour ne pas gêner les piétons. La vie de tous les jours est remarquablement décrite, comme par exemple la production du pain sous forme de miches qui étaient épicées. Les blanchisseries utilisaient l’urine pour traiter le linge ce qui fait que les urines étaient ramassées gratuitement dans des amphores disponibles dans les rues avec l’inconvénient en ville de devoir supporter des odeurs fortes; c’est pour cette raison que l’empereur Vespasien a décidé de taxer l’urine utilisée par les fouleries (des esclaves foulent au pied des vêtements dans un mélange d’eau et de substances alcalines comme la soude et l’urine) et de cette époque émane la phrase célèbre de Vespasien à ceux qui rouspétaient pour la taxe « pecunia non olet » c’est à dire l’argent n’a pas d’odeur. A l’époque,  la principale source d’informations en tout genre se situait au Forum, ensuite les informations circulaient dans les bars qui existaient en très grand nombre.

C’est vraiment très intéressant et facile à lire, très documenté,  même si je dois avouer que le ton employé m’a quelque peu agacé car plus destiné à des élèves du secondaire qu’à des lecteurs aguerris.

Quelques informations sont précises comme par exemple la taille des gens à cette époque: les hommes mesuraient 1,66 et les femmes 1,50 avec une espérance de vie autour de 50 ans; il a fallu 2000 ans pour doubler cette espérance de vie…

La grande déflagration du 24 octobre 79 a été précédée de 43 séismes dont un fort tremblement de terre en 62, si fort que beaucoup d’habitants nantis avaient déjà abandonné les lieux, Pompéi et la campagne environnante où des somptueuses demeures existaient. Cela fait que la ville de Pompéi était partiellement en reconstruction.

Le volcan Somma a déversé en 20 heures suite à l’explosion 10 milliards de tonnes de magma sur 15 Km et sur une épaisseur de 3 mètres par endroits, avec un débit de magma de 70 000 tonnes par seconde! Cette catastrophe a fait plus de 20 000 morts, c’est inimaginable et c’était difficilement évitable. Il paraît que entre le moment de l’explosion et la fin, les gens n’avaient que très peu de temps pour échapper à la mort.

Les dégâts ont été très différents à Pompéi par rapport à Herculanum. Dans cette dernière petite ville les gens ont été tués de façon immédiate par l’onde de choc thermique qui a atteint quelques 500 degrés avec la vague silencieuse de magma qui s’est propagée en 6 couches à 100 Km/heure ! A cette température la boîte crânienne éclate et le corps est calciné de façon instantanée de telle façon que les gens ont gardé la posture qu’ils avaient à ce moment précis. Heureusement qu’ils n’ont pas eu le temps de souffrir.

Un livre saisissant qui décrit bien ce que fût l’apocalypse pour tant de gens.

Je suis toujours épatée par la facilité avec laquelle voyageaient certaines personnes dans l’Antiquité. Ils allaient d’un site à un autre avec une grande facilité essentiellement par voie de mer.

LES TROIS JOURS DE POMPÉI, Payot 2017 (AA 2014),  ISBN 9798-2-228-91863-3

El fuego invisible de Javier Sierra

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Javier Sierra es un escritor y periodista español (Teruel 1971). Con su libro La Cena Secreta (2006) consiguió ser el segundo español más traducido del año según The New York Times.

El fuego invisible es su octava novela que necesitó cuatro años de trabajo, ganadora del Planeta 2017. Una novela que me enganchó rápidamente porque está bien escrita y atañe temas interesantes como la presencia del Grial en España, específicamente en la región de los Pirineos. El libro es ágil, ameno y despierta la curiosidad.

El postulado no es tirado por los pelos : en el peor momento de la persecución de los cristianos, se habría sacado desde Roma el Vaso Sagrado (con el cual Cristo habría celebrado su última cena) para esconderlo en tierras ibéricas en los frondosos montes pirineicos…

La ocultación de tamaña joya para los cristianos no es un asunto menor. Se concibe el revuelo y la emoción si aquello sucedió realmente así.

En todo caso esta región española tiene muchas iglesias con frescos y símbolos esotéricos que nuestra novela rastrea.

La historia transcurre en un lapso de 7 días y la finalidad es la búsqueda de lo oculto. David Salas es un joven lingüista, recién titulado en el Trinity College de Dublin, nieto de un escritor bastante reconocido y emigrado a Dublin. El abuelo tenía trato con Victoria Goodman, una reconocida escritora española de misterio, gran amiga de la mamá de David Salas. Al término de su cursus universitario, David será enviado a Madrid bajo un pretexto falaz, el pretexto de buscar un libro raro, pero en realidad es ponerlo en contacto con la Sra Goodman e incorporarlo a una asociación secreta llamada La Montaña Mágica que busca el Santo Grial partiendo del cuento de Chretien de Troyes de 1180 que lo menciona. Pero hay datos que remontan el descubrimiento a mucho antes.

La escritora Goodman anima también una Escuela de Literatura Experimental que busca el fuego iniciador del acto literario. Una especie de soplo vital que vendría de mundos ocultos, subterráneos, esotéricos. En uno de los primeros contactos que tiene con David la escritora le plantea lo siguiente…Parménides fue el primer pensador de la historia que se preocupó por averiguar de dónde vienen las grandes ideas. Ya sabes: el invisible manantial del que beben literatos, matemáticos, filósofos: la luz que saca de nosotros todo arte verdadero; el fuego invisible que es capaz de alumbrar mundos nuevos.

David se verá involucrado en una lucha sin piedad y tendrá como pareja a Paula Esteve, una historiadora del arte hacia la cual se sentirá atraído desde un comienzo. La historia sentimental de esta pareja me pareció una pieza agregada sin ninguna credibilidad con el relato.

Según Javier Sierra, la idea de este libro surgió en un encuentro con el escritor Fernando Sánchez Dragó en Soria en 2014 y también del libro de Valle Inclán « La lámpara maravillosa » donde se habla de visiones secretas. Y la vinculación entre Chretien de Troyes y el Grial parte de una conferencia de la medievista Victoria Cirlot.

Un libro entretenido, pero algo confuso. La trama de la novela me resultó algo descabellada con personajes que se involucran demasiado o demasiado poco y al final del libro no me quedó todo claro.

EL FUEGO INVISIBLE, Planeta 2017,  ISBN 978-84-08-17894-1

La louve blanche de Theresa Révay

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Theresa Révay est une écrivaine et traductrice française (Paris 1965) spécialisée dans les romans historiques.

La louve blanche (2008) est son cinquième roman avec une suite en 2009: Tous les rêves du monde. Le livre La louve blanche a nécessité un an de documentation et un an d’écriture.

Ce titre « la louve blanche » nous situe la protagoniste du livre : la belle et courageuse Xénia Ossoline, une russe blanche qui fuit la Russie après la Révolution bolchévique et qui devient le pilier et la force de ce qui reste de sa famille. En matière de subconscient (rêves) une louve blanche symbolise l’instinct maternel, un instinct si fort, qu’il dépasse la notion d’espèce et d’individu. Page 464 l’oncle Sacha de Xénia s’exprime ainsi…c’est une louve, avait-il pensé, impressionné par sa détermination et son courage. Une louve blanche, souveraine, qui donnerait sa vie pour défendre les siens…

C’est un livre très romanesque sur un amour fou sur fond historique de l’Europe entre 1917 et 1945. C’est un roman choral avec plusieurs personnages définis avec profondeur et un fond historique et culturel très riche en détails.

J’ai lu tellement de livres sur cette période, avec  des évènements qui se répètent, mais ici, dans ce récit, j’ai trouvé quelques éléments rarement exposés comme par exemple l’idée que le peuple allemand était parfaitement au courant des camps qui ont existé très tôt avant de devenir des camps d’extermination; aussi l’idée de la résistance au régime nazi y compris au sein même de l’armée et d’une fraction de la population civile; comme l’existence d’ateliers de couture au sein de certains camps (comme j’ai appris il y a peu de temps l’existence de bordels au niveau de ces camps).

Le descriptif de la chute de Berlin est hallucinant, dantesque, mais pas aussi cru que celui décrit dans le livre posthume Une femme à Berlin, d’auteure inconnue; en fait un journal de vie tenu par une femme jeune sur les derniers jours de Berlin avant l’entrée des russes. Un récit à vous dresser les cheveux sur la tête. Et une attitude des soldats russes pas aussi séraphique que dans le roman de Mme Révay.

Aussi, les pages qui décrivent l’Exode de Paris m’ont rappelé les pages d’Irène Nemirovsky sur le même sujet dans son livre remarquable Suite Française, encore plus crues car vécues par l’écrivaine.

Revenons au livre. C’est une histoire d’amour entre deux personnages fictifs crées par l’écrivaine.

ELLE : Xénia Ossoline, une russe blanche qui avait 15 ans le jour de la Révolution bolchevique; une jeune fille de la meilleure société puisque sa famille fréquente le tsar Alexandre III. Le père sera sauvagement assassiné devant ses yeux, sa famille dépossédée de tout. Elle fuira et s’établira en France avec une soeur, un frère et une vieille servante. Ils connaitront la misère la plus noire jusqu’à ce qu’elle soit remarquée par un grand couturier. C’est elle qui s’occupera de nourrir sa famille, de les défendre, de les porter en avant. Elle fera la connaissance dans une galerie à la mode de Max von Passau, un photographe allemand de renom.

LUI : Max von Passau appartient à une très bonne famille berlinoise, il a une soeur très délurée, fantasque qui épousera un pro-nazi. Il devient très apprécié par ses photographies et sans le vouloir, il sera proche du parti national-socialiste qui connait un essor croissant. Il sera très amoureux de Xénia mais n’arrivera pas à la convaincre de le suivre en Allemagne.

Les années passent, la guerre éclate avec son chapelet d’horreurs. En Allemagne d’abord avec le nazisme, une doctrine de plus en plus sanguinaire; en France ensuite, qui sera occupée, anéantie, humiliée et rendue exsangue. Avec le reste de l’Europe à feu et à sang.

Les éléments historiques dans ce roman sont nombreux et riches en détails et anecdotes, ce qui rend la lecture moins pesante : l’exil des russes blancs, la révolution bolchévique, les années folles à Paris et Berlin, la montée du nazisme, etc.

Il y a dans ce roman deux caractères féminins très forts et très bien campés : celui de l’héroïne Xénia Ossoline et celui de Sara Lindner: deux parangons de courage inouï et en même temps deux femmes avec des faiblesses bien humaines, ce qui les rend d’autant plus crédibles.

Un livre que j’ai lu avec émotion même si je suis réfractaire aux histoires trop romanesques.

LA LOUVE BLANCHE, Pocket 13891, 2009 (Belfond 2008),  ISBN 978-2-266-18956-9

 

Revenir à Vienne d’Ernst Lothar

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Ernst Lothar, de son vrai nom Lothar Ernst Müller fût un écrivain, directeur de théâtre et scénariste autrichien (Moldavie 1890-Vienne 1974). La famille Müller s’installe à Vienne en 1897 où Lothar suivra des études de Droit. Il va se consacrer exclusivement à l’écriture à partir de 1925 et fréquentera Stefan Zweig, Robert Musil, Joseph Roth.

En 1938, avec l’entrée de la Wehrmacht en Autriche il s’enfuit à New York via la France en raison de ses origines juives. Il revint en Autriche aussitôt après la fin de la guerre et participa à la dénazification du monde culturel autrichien.

Son livre, Mélodie de Vienne fut publié en Anglais en 1944 sous le titre L’ange à la trompette. Histoire d’une maison , c’est la saga de la famille Alt qui nous promène dans la Vienne de la fin du XIXème siècle jusqu’à la Deuxième Guerre Mondiale, un livre important et qui se dévore. Je l’ai commenté ici en juin 2018.

Revenir à Vienne vient de paraître en français, il fut publié à New York en 1945 sous le titre Die Rückkehr.

Ce livre doit comporter beaucoup d’éléments autobiographiques car le parcours du protagoniste Felix von Geldern ressemble en beaucoup de points à celui d’Ernst Lothar : la fuite en Amérique lors de la guerre, les origines juives, des études de Droit, une origine bourgeoise.

C’est un livre qui m’a beaucoup intéressé une fois que j’ai compris le message de l’auteur. C’est à dire que le début du roman m’a paru tellement trivial, léger et sans intérêt, mais le récit commence aux EEUU où la vie est si légère, dénuée de stress et tellement agréable sur le plan matériel…Alors que l’Europe et notamment l’Autriche étaient dévastées, anéanties et privées de tout…

Felix von Geldern a fui l’Autriche avec sa famille  et une grosse partie de la fortune familiale, ils ont tous adopté la nationalité américaine au bout de quelques années. Alors que la famille vit assez bien, notamment la grand-mère installée à demeure dans l’Hôtel Plaza à New York avec sa servante, Felix choisit de vivre chichement chez l’habitant et travaille comme vendeur de livres dans un grand magasin. Il fera la connaissance chez son logeur d’une jeune fille américaine, délurée et directe qu’il va courtiser.

A la fin de la guerre sa famille va le commissionner, en tant que juriste, pour qu’il revienne en Europe  récupérer les filiales des Banques que possédait la famille. Or l’Europe est sens-dessus-dessous et les choses ont bien changé; de plus, une ancienne fiancée qu’il croyait morte ressurgit et il se croit obligé de se rapprocher d’elle et de tenir ses engagements en souvenir d’un passé commun; il va la demander en mariage alors qu’il a déjà une fiancée en Amérique. Cette ancienne fiancée autrichienne, chanteuse lyrique renommée, a survécu grâce à la fréquentation de nazis haut gradés, elle qui n’avait jamais caché ses préférences politiques.

Ceci rend très bien le climat lourd en compromissions qui régnait en Autriche à cette époque. Et quand le moment arrive après la guerre de régler certains comptes, il y a des vérités qui sautent à la figure et sont insupportables. C’était le sentiment de Felix à ce moment là.  Felix arrive en Autriche rempli de ferveur patriotique, il se rend compte que les dés sont pipés et que la pureté de son sentiment patriotique est entachée par le rôle joué par l’Autriche lors de la Deuxième Guerre Mondiale.

Felix est bouleversé après ce retour en Europe, il sent clairement  qu’il se ressent viscéralement autrichien malgré tous les torts que l’on peut trouver à l’Autriche;  il décide alors de renoncer à sa nationalité américaine une fois de retour aux USA, mais cela n’est pas aussi simple dans le cadre de la législation américaine.

Un livre qui pose douloureusement bien la confrontation entre une Amérique conquérante et aisée et une Europe défaite et chargée de tribulations.

REVENIR À VIENNE, Liana Levi 2019,  ISBN 979-10-349-0149-4

Un été au Kansai de Romain Slocombe

Résultat de recherche d'images pour "romain slocombe" Romain Slocombe est un écrivain, réalisateur, traducteur, illustrateur (BD) et photographe français (Paris 1953). Il est très impliqué avec le Japon qu’il connaît bien.

J’ai lu des critiques élogieuses sur Un été au Kansai et j’ai souhaité le lire. C’est une lecture intéressante , ne serait-ce que par l’originalité du point de vue. Je suis impressionnée mais non conquise.

C’est un roman épistolaire à sens unique, basé sur les lettres que Friedrich Kessler, citoyen du III Reich en poste diplomatique au Japon écrit à sa soeur Liese, journaliste, restée à Berlin. La période se situe entre 1941 et la débâcle de 1945. Si le frère travaillait à l’Ambassade d’Allemagne au Japon, il se devait d’être national-socialiste et pro-nazi comme tout fonctionnaire des Affaires Etrangères et l’on peut imaginer aisément que cela n’était pas « négociable » au sein de la Chancellerie allemande…Quant à la sœur elle travaillait dans les medias allemands.

Le livre commence quand le journaliste Roman Wojak part en Basse Silésie interviewer Mme Liese Würhmann née Kessler et soeur de Friedrich, qui vit dans la bourgade de Görlitz à la frontière polonaise. Madame Wührmann possède une liasse de lettres que lui a adressé son frère depuis le Japon et le journaliste Wojak voudrait comprendre le passé national-socialiste du Ministère des Affaires Étrangères du Reich, considéré par certains comme une « organisation criminelle ».

A travers ces lettres très affectueuses nous apprenons que Friedrich Kessler est un « planqué »; il a voulu éviter à tout prix d’aller sur le front et ainsi, âgé  d’à peine 24 ans il a pu partir comme attaché d’ambassade à Tokyo au Service de la Propagande où il a mené une joyeuse vie malgré l’étroitesse et les intrigues permanentes inhérentes au milieu diplomatique. De plus il va beaucoup voyager et s’enticher d’estampes japonaises d’Hiroshige qu’il va collectionner, surtout celles relatives à la route du Kisokai-dô; ce livre décrit de l’intérieur la découverte du Japon par un jeune diplomate en poste à Tokyo. Quant à la soeur Liese, elle est restée de son plein gré à Berlin parce qu’elle se sentait faire partie du peuple allemand et qu’elle jugeait normal de partager son destin même sous l’aspect de ce qui de plus en plus s’apparentait à une dictature. Friedrich Kessler sentait bien que Hitler était excessif puisqu’il l’appelait « le fureur ».

Ce roman laisse paraître la naïveté avec laquelle une fraction du peuple allemand a vécu cette guerre menée par le Führer aux ambitions démesurées et fanatiques. Slocombe fait un rapprochement entre le fanatisme du Japon et celui de l’Allemagne nazie, entre un Empereur et un Führer intouchables et entre leurs thèmes de pensée, bouddhisme zen d’une part et les sources païennes du national socialisme allemand d’autre part.

Ce qui est intéressant est de confronter la fin de la guerre avec la prise de Berlin par les russes et les bombardements de Tokyo par les américains. Kessler raconte à sa sœur comment le Japon était pris d’une frénésie paranoïaque en voyant dans chaque occidental un espion à la solde des américains. Tout cela a abouti à l’anéantissement d’un côté comme de l’autre:  la souffrance des tokyoïtes et des berlinois fut indescriptible. En outre, à la fin du roman le jeune Kessler veut fuir Tokyo et part vers le Kansai si bien dépeint par Hiroshige; au cours de cette pérégrination il sera à Hiroshima le 6 août 1945 lors du lancement de la bombe atomique. Le descriptif de ce que fût cette bombe sur Hiroshima, correspond à l’Apocalypse. C’est insoutenable, c’est dément. Rien que pour cela, ce livre nous donne un aperçu de ce qu’a pu être cette horreur.

Après le suicide de Hitler un collègue de Kessler pense que « un grand homme est mort, c’est la seule chose dont je puis être certain aujourd’hui. Sans doute était-il mal entouré, cependant sa passion était sincère. Il aura marqué son époque et redonné sa fierté et son courage à notre peuple. Son but principal était de bâtir une Allemagne forte et indépendante, une forteresse contre le communisme. La catastrophe à laquelle tout cela a abouti, je ne puis l’en rendre entièrement responsable. Ce n’est pas la faute du Führer, ni des Allemands, si nos ennemis se sont révélés plus nombreux et plus forts que nous...(page 251)

Lorsque l’annonce de la mort de Hitler arrive à l’ambassade du Japon, l’ambassadeur fait mettre le drapeau en berne et invite la communauté allemande, le gouvernement japonais et amis à une « heure de commémoration pour le Führer Adolf Hitler tombé au combat pour l’Allemagne ».

Loin du Japon, Liese Kessler vécut l’horreur de Berlin et fût maintes fois violée par les russes.

On comprend l’accueil mitigé que l’on a reservé à ce livre en Allemagne. Exactement comme pour Une femme à Berlin, (d’auteur anonyme), autorisé de publication après la mort de l’auteure et qui décrit sous la forme d’un journal ce qu’elle a vécu jusqu’à l’entrée des russes. C’est le meilleur livre jamais lu sur cette part de la II Guerre. Hallucinant.

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Estampe d’Hiroshige: les 53 étapes de la route du Tōkaidō.

UN ÉTÉ À KANSAI, Arthaud 2015,  ISBN  978-2-0813-0079-8

El fin de la historia de Luis Sepúlveda

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Luis Sepúlveda es un escritor, periodista y cineasta chileno (Ovalle 1949), autor de cuentos y novelas. El hombre fue un verdadero globe- trotter entre los años 1983 y 1988. Desde 1997, el escritor reside en Gijón, España.

Como escritor, saltó a la fama en 1992 con su precioso libro Un viejo que leía novelas de amor, una novela que fue el resultado de la convivencia durante 7 meses con los indios shuar o jíbaros en la selva ecuatoriana. Este libro fue llevado dos veces al cine : por el chileno Miguel Littin en el 2000 y por el australiano Rolf de Heer en el 2001, película que vi y que me gustó, con Richard Dreyfuss en el papel del viejo; el libro se vendió a más de 18 millones de ejemplares y  fue traducido a 14 idiomas.

Le he leído varios libros, aunque suelo encontrarlos algo desiguales en interés; en todo caso  me gusta su escritura sencilla, llena de anécdotas y aferrada a un realismo social y geográfico; la escritura de Sepúlveda  aparece como una evolución del neorrealismo hacia nuevas tendencias.

Comenté en octubre 2016 su compendio de 12 cuentos La Lámpara de Aladino (2008), varios de los cuentos me resultaron muy bonitos y en septiembre 2018 comenté su cuento-fábula Historia del caracol

El fin de la historia (2017) me gustó y no me gustó. Me explico. Me gustó por la manera tan personal que tiene Sepúlveda de escribir, sencilla y ágil, con toques de alta chilenidad y con pinceladas de humor muy al pasar que me hacen sonreír. O sea, una lectura entretenida.

Lo que no me gustó fue la trama de esta novela que encontré enrevesada, sobrecargada de personajes que salían como diablos de una caja, novela llena de rusos y de guerrilleros de todo pelaje. Y tres personajes chilenos que pudieron ser mejor esquizados pero que me resultaban como un cabello en una sopa chilena. Son tres esbirros formados a la dura, asesinos sicarios : Belmonte, Espinoza y Salamendi, con un curriculum vitæ digno de los servicios secretos israelíes y que se darán un gusto en escribir el fin a la historia (página 84). Lástima que sea poco claro el final e incluso la historia misma,  que por lo demás terminará bien terremoteada « a la chilena ».  Hay detalles al por mayor sobre guerras- guerrillas en los cuatro puntos cardinales con toneladas de datos balísticos y otras pesadeces.

Una curiosidad es que uno de los personajes, si no el principal es Juan Belmonte (con nombre de torero) que ya había surgido en la novela de Sepúlveda Nombre de torero (1994).

Una lectura en la cual tenía altas expectativas, pero que me dejó algo perpleja.

EL FIN DE LA HISTORIA, TusQuets-Andanzas 2017,  ISBN 978-84-9066-416-2