Historia de una mujer que caminó por la vida con zapatos de diseñador de Margo Glantz

Margo Glantz, la gran intelectual mexicana, conversó con EL TIEMPO ... Margo Glantz es una escritora, ensayista, crítica literaria y académica mexicana (México DF 1930). Su obra refleja una implicación con temas como el erotismo, la sexualidad, la migración y la memoria. Ha recibido innumerables premios.

Historia de una mujer que caminó por la vida con zapatos de diseñador (2005), vaya título embaucador, es un libro que me interesó mucho al comienzo por la calidad de la escritura y la importancia de los conocimientos (yo diría la probable obsesión de ella por los zapatos). Francamente, leyendo el primer capítulo me dije que el contenido era inteligente y además bien escrito por lo que debía leerme más obras de esta conspicua escritora. Pero a partir del segundo capítulo cambia el rumbo del libro y ahonda sobre los perros, sobre sus numerosos perros. Hay mucho humor y anécdotas francamente simpáticas, otra truculentas. Luego viene un capítulo sobre sus andanzas europeas con sus experiencias de viajes y sus amistades. Aunque el estilo es jocoso y bastante desenfadado, por momentos demasiado íntimo, el interés y la curiosidad literaria comenzaron a bajar.

Cerrando el libro, quedé un poco sorprendida y perpleja. Lectura simpática sin trascendencia, pero con un buen fondo de erudición (lo que es lógico con una académica de esta envergadura).

HISTORIA DE UNA MUJER, Anagrama 2005,  ISBN 84-339-6876-9

Maria est morte de Jean-Paul Dubois

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Jean-Paul Dubois est un écrivain français (Toulouse 1950) ayant fait des études de Sociologie; il a travaillé aussi comme journaliste et grand reporter. Sa bibliographie est assez vaste: quelques 23 romans !

Son oeuvre pose un regard désabusé et distancé sur le monde et les rapports humains; ses héros ont souvent une vie névrosée, souvent ses personnages sont originaires de Toulouse comme lui même (tout en étant attiré par l’Amérique du Nord). Il y a des choses récurrentes dans les romans de Dubois : le prénom Paul pour le héros,  ou d’Anna pour l’épouse; le rugby apparaît souvent, mais aussi  des accidents et des morts brutales. La voiture peut être aussi un sujet important dans certains de ses livres.

On dit que cet écrivain est vraiment lui même quand il est drôle dans la tragédie et lorsqu’il rend cocasses des situations tristes.

Depuis que je l’ai découvert avec son livre Une vie française, j’ai souhaité lire tous ses livres (sur 23 ouvrages, je n’en suis qu’à la moitié…): Une vie française (2004) un livre qui m’a plu énormément: la vie en parallèle de Paul Blick et de l’Histoire de la France entre 1950 et 2004; il y a une confrontation entre une vie chaotique-atypique et l’Histoire de la Vè République, ses grandeurs et ses bassesses. Le rythme du livre est soutenu, dévorant, avec une tension psychologique hors pair et une fin bouleversante; ce livre a été primé en 2004 par le Prix Femina et le Prix FNAC. La succession (2016), sélectionné pour le Prix Goncourt m’a plu aussi beaucoup, reconnaissant aisément ce style si particulier à l’auteur avec son humour décalé et aiguisé. Vous plaisantez, monsieur Tanner (2006) est un court roman avec des chapitres ultra courts, facile à lire et hilarant en même temps que dramatique. Le cas Sneijder (2011), un autre de ses livres qui m’a plu, couronné du Prix Alexandre Vialatte 2012, tout à fait dans la veine de cet auteur excellent par le regard qu’il porte aux gens et aux choses. Tous les matins je me lève (1988), avec l’histoire d’un écrivain désabusé en manque d’inspiration qui comporte une suite de gags désopilants. Kennedy et moi (1996) un livre assez court, drôle à la façon « duboisienne« , mais il m’a plu un peu moins car peu crédible par certains détails, quoique comportant aussi  des passages désopilants. Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (2019) qui a obtenu le Prix Goncourt 2019, un très bon roman dont j’ai bien apprécié la partie canadienne. Les accommodements raisonnables (2008) est un très bon Dubois, corrosif à souhait. Cette lecture vient un peu trop vite après celle du Prix Goncourt, mais comme on dit familièrement « l’occasion fait le larron », j’ai eu l’occasion de le lire et j’ai sauté dessus. Si ce livre pouvait m’approcher de toi (1999) est un très ancien Dubois mais déjà nous reconnaissons « la patte » de l’auteur; ce livre a inspiré le réalisateur Philippe Loiret pour son film Le fils de Jean (2016),  mais Loiret  a choisi de se détourner quelque peu du texte et a pris une autre direction pour son film (film non vu). Vous aurez de mes nouvelles (1991) a reçu le Grand Prix de l’humour noir Xavier-Forneret de la même année, c’est un recueil de nouvelles que j’ai trouvé peu intéressant.

Maria est morte (1989) est un livre qui ne restera pas parmi mes préférés. Il m’a quelque peu désarçonnée par l’histoire et les personnages car j’ai trouvé que l’ensemble manquait de cohérence et l’histoire d’intérêt. En revanche, on retrouve bien cet humour latent de Dubois et quelques trouvailles de langage tout à fait originales et farfelues.

Quid de l’histoire? Un type mal défini, Samuel Bronchowski, part à la recherche de son épouse Gloria mal définie  aussi pour lui annoncer le décès de leur fille de 10 ans , qui aurait fait une chute fatale d’un escalier. La petite fille est morte depuis 2 ans et Gloria était partie avant, et la vie de Samuel est construite autour de cette annonce. On ne saura jamais quelles auront été les circonstances de cette mort, ni les circonstances du départ de Gloria. On ne sait pas où habite le protagoniste de l’histoire, Samuel,  mais l’on sait qu’il part dans un pays asiatique afin de la retrouver. On ne sait pas dans quel pays asiatique, sauf que c’est un pays en guerre avec toutes les atrocités inhérentes à la guerre. Toutes les personnes que Samuel croisera dans ce pays sont à la limite de la monstruosité, soit physique, soit morale. Après tant et tant de déboires, Samuel, ne retrouvera pas sa femme, ou si…Pas clair du tout car le récit baigne dans le flou, dans le visqueux, à la limite du malsain.

Quel intérêt cette histoire? Pour moi, aucun, avec un récit par moments cauchemardesque à la Kafka. Seule l’écriture sauve le lecteur de la perte de temps.

On retrouve les sujets de prédilection de Jean-Paul Dubois : les voyages, une ou des morts violentes, la voiture et le savoir pointu autour de la voiture, les piques pleines d’humour contre les dentistes…la chambre ressemblait soudain à une salle d’attente de dentiste. A cela près qu’ici les caries étaient dans les têtes. Elles rongeaient lentement les pensées et donnaient aux idées une haleine accablante…(page 132).

MARIA EST MORTE, Points roman (P14486) 2006, (JP-D 1989),  ISBN 2-75-78-001-6

Lejos de Kakania de Carlos Pardo

Amazon.fr - Lejos De Kakania - Pardo, Carlos - Livres

Carlos Pardo es un poeta y novelista español (Madrid 1975); Lejos de Kakania es su tercera novela autobiográfica que necesitó varios años de escritura.

Lejos de Kakania (2019) un bonito e intrigante título citado del libro de Robert Musil El hombre sin atributos (1943) donde Kakania es el nombre sarcástico con el que Musil nombra al Imperio austro-húngaro en su libro. Es el apócope de Kaiserlich u. Königlich (imperial y real), el meollo mismo de Europa Central que los dos protagonistas del libro van a recorrer para sublimar su amistad, su acercamiento y su vocación.

Es una lectura que no me ha resultado interesante aunque el libro es bastante metaliterario y está bien escrito. Pero son los personajes que me han dejado anonadada de tedio al mismo tiempo que de espanto porque la droga de todo tipo corre por sus líneas así como el alcohol. Los poetas siempre han sido los « malditos » de cada generación, rara vez comprendidos, rara vez ensalzados. He de advertir que el largo poema central (129 páginas) me lo he saltado de pé a pá porque la poesía no me atrae y ya tenía más que suficiente con las vidas poco ejemplares de los poetas del libro.

El libro narra sin tapujos la vida de jóvenes españoles que se dicen poetas y viven en camarillas que solo sirven para la introspección permanente. Hay que tener agallas para contar una experiencia así, tan marginal por donde se la mire. Del grupo de jóvenes destacan particularmente Carlos Pardo (que se cita con pelos y señales) y su amigo Virgilio. La amistad de ellos tiene sus altos y bajos, sus acercamientos y desencuentros,  sus períodos de franca envidia mutua también. Los egos están en permanente ebullición. La precariedad del grupo resulta algo chocante, carecen de la estabilidad más básica, pero sin embargo siempre hay dinero para drogas y para libar. El autor tilda en el libro a su generación poética de inexistente, y al libro de cuidadoso y muy franco. El libro tiene bastante humor por momentos lo que lo hace más legible.

Un punto positivo para mi fue encontrar la referencia de un maestro literario que no había cruzado en mi camino de lectora y que tengo que leer porque me parece muy conspicuo. Se trata del austríaco Robert Walser.

Página 422 Carlos Pardo atribuye a su amigo Virgilio un párrafo que me gustó y que leí un par de veces…el corazón es quien comprende la profunda afinidad entre las sutilezas de la conciencia y los niveles de existencia. El corazón entendido como facultad de la imaginación y de la humanidad. No un pensamiento que separa, sino uno que proporciona las imágenes con las que comprenderemos el mundo. El corazón une el mundo y, sobre todo, proporciona las imágenes del alma del mundo.El mundo existe antes que el pensamiento y, por supuesto, también es anterior a la palabra. La lengua es sólo un instrumento con el que se habla. Y quien es mudo, lo es de corazón, no de palabra.

LEJOS DE KAKANIA, Editorial Periférica 2019,  ISBN 978-84-16291-93-9

Portrait de Balzac de Théophile Gautier

Théophile Gautier (Tarbes 1811-Neuilly s/Seine 1872) fut un poète, romancier, peintre et critique d’art français. Il a participé activement au mouvement romantique.  En 1836 il sera sollicité par Balzac pour donner des nouvelles au journal La Chronique de Paris. Il deviendra un chef d’école en poésie favorisant le travail de la forme.

Ce fut un témoin exceptionnel de la vie littéraire et artistique de son temps.

Portrait de Balzac a été publié en 1858, après une vingtaine d’années de fréquentation entre les deux hommes. C’est un portrait chaleureux et vivant  de l’homme et du créateur exceptionnel qui fut Balzac, un véritable forçat de travail. C’est aussi un portrait plein de douceur et d’admiration, tellement loin du portrait qu’ en a fait Arthur de Gobineau, un autre contemporain de Balzac où l’on sent un mépris mâtiné de jalousie.

J’ai déjà dit dans ce blog que Balzac est pour moi un géant littéraire.

De l’enfance de Balzac on saura sa scolarité médiocre tout en découvrant son immense avidité pour la lecture et le savoir en général, a tel point qu’il a été touché par une sorte de « surchauffe cérébrale » qui nécessitera le repos dans le giron familial. A cette époque Balzac était considéré comme plutôt stupide car paraissant hébété. En fait, il était surdoué car capable de lire 7 ou 8 lignes d’un coup en appréciant le sens et en ayant une mémoire prodigieuse pour les lieux, les noms, les mots, les choses, les figures.

Ce don, qu’il va conserver et approfondir, explique la teneur de son oeuvre. Il saura donner la vie à une terre, à une maison, à un héritage, à un capital, à des héros et héroïnes dont les aventures se dévorent avec avidité. Mais il a introduit dans le roman des éléments nouveaux, et ceci ne plut pas à tout le monde : ses analyses psychologiques, la peinture détaillée des caractères, les descriptions d’une minutie maniaque, étaient regardées comme des longueurs fâcheuses, et le plus souvent on les sautait pour revenir à la fable. Bien plus tard on reconnut que le but de l’auteur n’était pas de tisser des intrigues plus ou moins bien ourdies, mais de peindre la société dans son ensemble du sommet à la base, avec son personnel et son mobilier, et l’on admira enfin l’immense variété de ses types (plus de 2000 personnages parfaitement campés dans la Comédie humaine !). Dès 1836 (année de la rencontre avec Gautier), Balzac avait déjà un plan pour sa Comédie et avait conscience de son génie.

Balzac était un bourreau de travail et menait une vie quasi monacale dans des logements pas toujours confortables mais qu’il décorait avec un goût certain pour le luxe ostentatoire. Il ne soignait pas du tout son aspect extérieur sauf pour parader dans les salons pendant sa période dandy. En général,  il aimait travailler affublé d’un froc de franciscain avec une cordelette à la ceinture. Il se couchait vers 18 heures pour se lever vers minuit et écrire toute la nuit éclairé par un flambeau à 7 bougies en abusant du café. L’activité cérébrale était telle, qu’il dégageait de la vapeur au dessus de la tête et de son corps émanait un brouillard visible. Il raturait sans cesse ses feuilles. Parfois il passait la nuit à travailler une seule phrase qui était prise, reprise, tordue, pétrie, martelée, allongée, raccourcie, écrite de cent façons différentes et la forme parfaite ne se présentait qu’après l’épuisement des formes approximatives (bon exemple d’hypomanie) Le matin le retrouvait brisé mais vainqueur.

Le matin il fallait courir à l’imprimerie porter les feuilles de la nuit,  et c’était un tel grimoire d’apparence cabalistique que les typographes se le passaient de main en main, ne voulant pas faire chacun plus d’une heure de Balzac !

Malgré cette façon laborieuse de travailler, Balzac produisait énormément grâce à une volonté surhumaine servie par un tempérament d’athlète et une réclusion de moine. Pendant 2 à 3 mois de suite, lorsqu’il avait une oeuvre en train, il travaillait 16 à 18 heures par jour ne s’accordant que 6 heures d’un sommeil qui était lourd, fiévreux, convulsif.

Mais il ressortait toujours de ses cendres, tel le sphynx, en arborant un chef-d’oeuvre au dessus de sa tête, riant de son rire tonitruant, s’applaudissant avec naïveté et s’accordant des éloges sans se soucier le moins du monde des articles et des réclames à l’endroit de ses livres. Jamais il ne courtisa les journalistes. Il livrait sa copie, touchait l’argent et s’enfuyait pour le distribuer aux créanciers.

Toute sa vie Balzac eut des idées fantasques et romanesques. Jamais réalistes. Son imagination enfiévrée lui faisait toucher la fortune avant même la réalisation du projet. Déçu d’une chimère, Balzac inventait illico une autre et repartait pour un voyage avec une naïveté d’enfant qui s’alliait à la sagacité la plus profonde et à l’esprit le plus retors.

Théophile Gautier  insiste pour dire que personne en son temps ne comprit la modernité absolue du génie de Balzac car jusqu’à lui, personne n’a été moins classique, mais il a vu ses contemporains et les a peints avec ses mots en saisissant l’aspect, en comprenant les courants et y démêlant les individualités, dessinant les physionomies de tant d’êtres divers, montrant les motifs de leurs actions. A Honoré de Balzac, plaisait plus le caractère que le style et il préférait la physionomie à la beauté : dans ses portraits de femme, il ne manque jamais de mettre un signe, un pli, une ride, une plaque rose, un coin attendri et fatigué, une veine trop apparente, quelque détail indiquant les meurtrissures de la vie, trait qu’un poète eût à coup sûr supprimé.

Magnifique récit de la vie d’un homme qui a tout donné à la construction d’une oeuvre monumentale, une véritable cathédrale comportant des personnages si vivants qu’ils font partie de l’imaginaire de nous tous.

Le portrait de Théophile Gautier en début de billet le montre tel qu’il était lors de la rencontre avec Balzac et celui de Balzac dans sa chère tenue de moine date aussi de la même époque (à 3 ans près). Ainsi nous pouvons imaginer un peu mieux la rencontre des deux hommes avec leur physique d’alors. Théophile Gautier nous livre un portrait physique très vivant du Balzac qu’il rencontra en 1835; et ce qui le frappa avant tout, ce furent les yeux et le regard de Balzac. Voici la description de Théophile Gautier : son col d’athlète ou de taureau, rond comme un tronçon de colonne, sans muscles apparents et d’une blancheur satinée qui contrastait avec le ton plus coloré de la face. Il présentait les signes d’une santé violente peu en harmonie avec les pâleurs et les verdeurs romantiques à la mode. Son pur sang tourangeau fouettait ses joues pleines d’une pourpre vivace et colorait chaudement ses bonnes lèvres épaisses et sinueuses, faciles au rire; de légères moustaches et une mouche en accentuaient les contours sans les cacher; le nez carré du bout, partagé en deux lobes, coupé de narines bien ouvertes; le front était beau, vaste, noble,  sensiblement plus blanc que le masque, sans autre pli qu’un sillon perpendiculaire à la racine du nez; les protubérances de la mémoire des lieux formaient une saillie très prononcée au-dessus des arcades sourcilières; les cheveux abondants, longs, durs et noirs, se rebroussaient en arrière comme une crinière léonine. Quant aux yeux, il n’en exista jamais de pareils. Ils avaient une vie, une lumière, un magnétisme inconcevables. Malgré les veilles de chaque nuit, la sclérotique en était pure, limpide, bleuâtre, comme celle d’un enfant ou d’une vierge, et enchâssait deux diamants noirs qu’éclairaient par instants de riches reflets d’or: c’étaient des yeux à faire baisser la prunelle aux aigles, à lire à travers les murs et les poitrines, à foudroyer une bête fauve furieuse, des yeux de souverain, de voyant, de dompteur (d’illuminé par la grâce?…)

Honoré de Balzac

 

PORTRAIT DE BALZAC, Éditions de l’Anabase 1994 (Th G 1858), ISBN 2-909535-08

El leve aliento de la verdad (14) de Ramón Díaz Eterovic

Ramón Díaz Eterovic - Home | Facebook

Ramon Díaz Eterovic es un escritor chileno (Punta Arenas 1956) perteneciente a la generación del 80. Díaz Eterovic se ha hecho santiaguino desde 1974, es el creador del detective privado Heredia, un personaje protagonista de más de 20 títulos de novelas negras ambientadas en un Santiago urbano y céntrico; ha sido traducido en más de 20 países. Dice el escritor de su héroe…es un antihéroe descreído, un ser marginal con ética y valor para mirar la realidad sin concesiones…Heredia es el testigo de la Historia chilena de los últimos 25-30 años post-golpe de Estado.

Una parte de la obra del autor fue adaptada para la TV chilena en 2005 bajo el título de Heredia & Asociados; se pueden ver algunos capítulos en Youtube, pero es una adaptación libre de los libros. Se mira con interés por el ambiente tan chileno-capitalino aunque va demasiado rápido, prefiero los libros.

Díaz Eterovic ha sido galardonado con numerosos premios y hasta tres veces con el Premio Municipal de Santiago género novela (1996, 2002 y 2007) y con el Premio del Consejo Nacional del Libro y de la Lectura (1995, 2008 y 2011).

El escritor utiliza la novela policial para hablar de temas sensibles en la sociedad chilena, como los detenidos desaparecidos, el narcotráfico, el tráfico de armas, la carencia de una real democracia, las traiciones de todo tipo, la ecología, las desigualdades sociales, etc. Díaz Eterovic quiere escribir una comedia humana y chilena con temas e historias que reflejen diferentes aspectos actuales de la sociedad. Se dice que Díaz Eterovic es un habitué del bar La Piojera de la calle Aillavillú, cerca de la estación Mapocho donde se sitúa el antro del detective Heredia en pleno barrio « bravo » de Santiago que fue otrora el alero de la bohemia literaria de los años 20-30.

El autor ha sido objeto de estudios y publicaciones por el catedrático chileno Guillermo García-Corales, quien escribió « las novelas de Díaz Eterovic son novelas de consciencia y estética urbana y representan la mejor expresión del relato detectivesco en el Chile de la nueva narrativa de los años 90″. (cf « Poder y crimen en la narrativa chilena contemporánea: las novelas de Heredia » y « Ramón Díaz Eterovic, reflexiones sobre la narrativa chilena de los años 90″).

Estoy leyendo estas aventuras en orden de publicación porque me encanta el entorno de estos policiales, aunque el personaje de Heredia me da lástima por su inmensa soledad compensada con un sobre consumo de alcohol, aunque al mismo tiempo me causa admiración  su afición a la literatura y a la música. Vive quejándose y  el soliloquio con su gato Simenon  le sirve de válvula de escape; a veces no tiene ni dinero para comer, pero no siempre cobra por sus servicios…es un hombre paradójico.

Empecé a publicar los billetes en avril 2019 con  La ciudad está triste (1987), el primer tomo de la serie al cual le encontré « gusto a poco », pero como una promesa por venir. El segundo tomo, Solo en la oscuridad (1992) me gustó muchísimo más porque se perfila mejor la personalidad de Heredia y la del mundo en el que se mueve. Nadie sabe más que los muertos (1993) es el tercer opus de la serie y me gustó medianamente porque lo encontré enrevesado con plétora de personajes y algo tirado por los pelos. Ángeles y solitarios (1995) es el quinto de la saga y fue premiado; me gustó, porque hay buena acción (pero me equivoqué con la cronología, publicándolo en realidad bajo el N°4) y dándome cuenta tras la lectura de Nunca enamores a un forastero (1999) que éste es anterior porque Díaz Eterovic menciona al tira Solís, amigo de juventud de Heredia en condiciones que Solís desaparece en Ángeles y solitariosLos 7 hijos de Simenon (2000) es el sexto de la serie, lo encontré estupendo, ágil, entretenido y con una trama más renovada ya que habla del medio ambiente y de la corrupción que se genera entre políticos y solicitantes con la obtención de mercados. Lo han destacado con el Premio Las Dos Orillas 2000 (Gijón). El ojo del alma (2001) es el séptimo de la serie, ganador del Premio Municipal de Santiago 2002, un tomo que conlleva una buena descripción de bares santiaguinos y del Santiago céntrico,  lo encontré algo verborreico, cansador. El hombre que pregunta (2002) me gustó porque trata de literatura y de literatos. El color de la piel (2003) me gustó aunque lo encontré triste con un Heredia más solo qué nunca, avejentado, sin dinero y que vive trasnochando, libando y soliloquiando con el gato Simenon, que ya me resulta antipático con sus reflexiones pseudo-gatunas. A la sombra del dinero (2005) es otro opus tristón con un Heredia de 48 años, más solo que nunca, casi sin trabajo y sobreviviendo. El segundo deseo (2006) ha sido galardonado con el Premio Municipal de Literatura de Santiago 2007, el Premio Critiques Libres 2016 du Roman Policier y el Premio Manuel Montt 2008; es un opus bastante nostálgico al mismo tiempo que terriblemente importante para la psiquis del detective. La muerte juega a ganador (2010) recibió el Premio de la mejor obra literaria 2011 por el Consejo Nacional de la Cultura y las Artes, es un tomo importante porque investiga la muerte del hijo de Anselmo, su fiel amigo, pero no me interesó en la medida que transcurre en el medio hípico que es una fuente de ingresos de vez en cuando para el pobretón Heredia.

El leve aliento de la verdad (2012) fue finalista del Premio Altazor 2013, un libro que me gustó medianamente. Por un lado tiene una trama ágil y humanamente trascendente sobre un fondo de miseria urbana bastante terrible. El amigo periodista que siempre ayuda a Heredia en sus pesquisas, Marcos Campbell, lo solicitará para buscar a otro periodista que solía publicar en la revista de Campbell y que ha desaparecido sin dejar huellas. Heredia no tiene ganas de investigar el caso porque se siente cansado, poco motivado y porque anda triste desde que Griseta le anunció que no volvía a Chile tras su postgrado en Psicología en Madrid. Pero por el amigo Campbell, Heredia se siente comprometido moralmente y comienza una pesquisa. Me pareció muy enrevesada la trama por momentos con todos esos periodistas implicados y los policías corruptos y « protegidos ». El medio de la droga y de la prostitución capitalinas están ampliamente descritos y es un horror (es un horror urbi y orbi de todas maneras).

Por otro lado, la vida personal del detective es un desastre. su condición física ha desmejorado mucho lo que lo castigará en su pesquisa. Lleva una vida dura y monótona, gana lo justo para vivir y se refugia en su cuchitril entre sus libros, la música y el gato Simenon que hace comentarios casi socráticos con respuesta a todo. En la parte sentimental, la inspectora Fabra tiene nuevamente una relación con él que ella quisiera más estable, pero Heredia se hace el sordo y no logra decidirse.

La poesía urbana del autor aflora desde el comienzo del libro, pero es una poesía negativa, la de una ciudad desagradable, frenética, sucia, con gente estresada que corre en permanencia (en pos de una felicidad imposible?) y en un mundo donde prima el más pedestre materialismo.  Un ejemplo de la poesía urbana de Díaz Eterovic…las casas y edificios morían a mi alrededor, cambiaban sus formas, se convertían en sombras, manchas, evocaciones apenas iluminadas por las luces mortecinas de un bar para borrachos sin huellas…la lluvia cayó con entusiasmo hasta el anochecer. Desde la ventana de mi oficina contemplé la alfombra de hojas mojadas que cubría las veredas y a los peatones que caminaban esquivando los charcos que espejeaban en la calle, como ojos desorbitados de un animal que intentaba forzar las cadenas que lo mantenían atado a las profundidades… había dejado de llover. El cielo estaba parcialmente despejado y la luz del sol parecía renovar los viejos colores de las casas y árboles del vecindario. A lo lejos, la Cordillera de los Andes daba la impresión de haber aumentado de volumen. Sus cumbres estaban cargadas de nieve y bastaba fijarse en cualquiera de ellas para pensar que el blanco era el color del infinito y de la soledad…                                             

El autor también arregla cuentas con aquellos chilenos que se exiliaron con el golpe y volvieron al país sin encontrar fácilmente un trabajo porque nadie tenía interés en contratar los servicios de alguien que no parecía dispuesto a traicionar sus convicciones por las consabidas 30 monedas de Judas, como habían hecho otros que, después de vivir del pan que le daban cubanos, rusos o alemanes, volvieron dispuestos a escribir o decir cualquier cosa que fuera de la simpatía de los cómplices de la dictadura que antes los había exiliado o puesto precio a sus cabezas.(pg 57).

Heredia está cansado, tiene 50 años y está indeciso sobre el rumbo que podría tomar su vida. Hete aquí como se auto-define sin concesiones : un rostro moreno, definitivo, surcado por la vida. Ojos negros, con el brillo añejo de las lágrimas de la infancia, cansados de ver vidas ajenas y el inevitable morir de la ciudad. Ojos hechos para paisajes otoñales y la estrecha luz de bares turbios. Labios dispuestos para el gesto tímido de una sonrisa, besos apasionados o un cigarrillo. Dientes firmes, pero habitualmente ocultos por la falta de entusiasmo. Un mentón que conserva entre sus recuerdos más golpes que caricias. Ese soy yo.

EL LEVE ALIENTO DE LA VERDAD, LOM Editores 2017 (RDE 2012),  ISBN 978-956-00-0370-6

Là où chantent les écrevisses de Delia Owens

Delia Owens - Babelio Delia Owens est une écrivaine nord-américaine (Georgia 1949) diplômée en zoologie et biologie ayant vécu 23 années en Afrique pour y mener des études sur les espèces animales en danger.

Là où chantent les écrevisses (Where the Crawdads Sing 2018) est son premier roman qui a nécessité une dizaine d’années de travail, un livre qui est resté 97 semaines sur la liste des best sellers du New York Times et qui fut aussi le livre le plus vendu sur Amazon (plus de 7 millions vendus de par le monde…). C’est un vrai roman d’apprentissage et aussi un roman écologiste.

Un film est en cours de préparation par la SONY et devrait être dirigé par Olivia Newman.

Drôle de titre pour un livre et à ce propos l’écrivaine explique que la phrase vient de sa mère qui la tenait du grand père, voulant dire « va le plus loin possible et tu entendras les écrevisses chanter », c’est à dire, écoute la nature,  va aussi loin que tu peux dans la nature là où les animaux sont encore sauvages, où ils se comportent comme de vrais animaux.

C’est une très belle et émouvante histoire, l’histoire de l’immense solitude d’une sauvageonne abandonnée par sa mère à 6 ans dans les marais de Caroline du Nord, puis par ses deux soeurs et deux frères (qui fuiront le père) et finalement par son père (un alcoolique violent). Elle a du survivre dès ses 7 ans dans un état de solitude miséreuse inimaginable, la plupart du temps devant se cacher dans le marais qu’elle connaît à la perfection, car les prédateurs humains posaient problème régulièrement.

Le roman est un hymne à la nature avec détails sur la flore et la faune, spécialement sur les oiseaux. Mais le côté scientifique ne s’alourdit jamais au détriment de cette bonne intrigue. La petite fille est Catherine Danielle Clark connue comme Kya, elle habite la cahute de ses parents, lointaine de 7 Km du village le plus proche, Barkley Cove; nous sommes en Amérique dans les années 50 et ces blancs pauvres vivent comme au Moyen Âge, pieds nus, couchant dans des matelas à même le sol et les enfants laissés  dans un total illettrisme. Et pourtant, les deux parents avaient des origines bourgeoises, mais ils tombent dans la déchéance.

Nous allons suivre Kya au fil des années et nous serons étonnés de constater la connaissance qu’elle a de son microcosme, l’intérêt et le respect qu’elle porte à la nature. Le tournant dans sa vie se fera quand son ami des marais, Tate, lui apprendra à lire. A partir de là, Kya n’arrêtera pas de s’instruire en lisant des ouvrages fournis par son ami Tate qui deviendra un grand biologiste. Mais Tate va la trahir quelques années après, ce qui va ébranler sérieusement l’esprit de Kya qui va comprendre que l’on ne peut faire confiance à personne. Jeune fille devenue belle et sauvage, elle fera la connaissance du mauvais garçon qui va l’entraîner dans la violence. Quant à elle, elle publiera des livres à succès qui la feront connaître comme une grande spécialiste de la faune et de la flore du marais côtier.

L’écriture est par moments très lyrique et elle s’envole pour nous décrire les créatures du marais…elle avait observé les hérons de près, toute sa vie. Cet oiseau à la couleur d’une brume grise qui se reflète dans l’eau bleue. Comme la brume, il peut s’évanouir dans le décor et disparaître complètement, à l’exception des cercles concentriques de ses yeux fixes et perçants. C’est un chasseur patient, qui attend seul le temps qu’il faut pour se jeter sur sa proie ou, en la guettant, il s’en approche lentement, un pas après l’autre comme une demoiselle d’honneur prédatrice. Et pourtant, en de rares occasions, il chasse en vol, fond subitement, le bec en avant, telle une épée.

L’originalité de ce livre réside pour moi dans une bipolarité de la teneur : la vie de Kya dans un cadre écologique tellement spécial et bien décrit, puis le drame humain d’une mort violente dont nous suivrons pas à pas les conséquences jusqu’à la fin de l’énigme, fin surprenante d’une violence presque tellurique.

Un livre envoûtant qui ébranle le lecteur. Delia Owens a dit que Kya avait beaucoup d’elle: l’amour de la nature et de la recherche scientifique. D’avoir longuement étudié les animaux, elle conclut que nous sommes faits pour faire partie d’un groupe fort mais si nous restons isolés, c’est l’instinct qui prend le dessus.

LÀ OÙ CHANTENT LES ÉCREVISSES, Éditions du Seuil 2020 (D.O. 2018),  ISBN 978-2-02-141286-4

Educar a los topos de Guillermo Fadanelli

Guillermo Fadanelli - Inicio | Facebook Guillermo Fadanelli es un escritor mexicano (Mexico DF 1960) con una obra en buena parte autobiográfica y en un estilo que han calificado de satírico-belicoso. Es autor de aforismos, cuentos, novelas y ensayos. En su obra, los temas recurrentes son el pesimismo, la ciudad, la ironía y el escepticismo.

Educar a los topos (2006) es una novela de aprendizaje donde el autor narra la traumatizante experiencia de haber sido inmatriculado a los 11 años en una escuela militarizada donde primaba la bestialidad más primitiva. Su padre tomó esta decisión de manera arbitraria con un niño que no presentaba ningún tipo de dificultad en su desarrollo. Y Guillermo Fadanelli saca la conclusión de que en vez de corregirse (de qué?), se hizo más cínico (el precio que se paga por la sobrevivencia ?). ¿Y la inocencia mancillada de esos niños? Hete aquí lo que piensa el escritor…los niños conocen tan bien o mejor que sus padres el negocio de humillar a los otros: la inocencia infantil es un cuento de hadas que los adultos se cuentan a sí mismos para tranquilizarse, un eufemismo.

No es una lectura que me gustó porque el contenido no logró despertar mi interés. El libro está muy bien escrito en un español lejos de todo coloquialismo mexicano. Estoy de acuerdo que tomar una decisión así con un crío es casi criminal, ya se han visto otras atrocidades y/o aberraciones cometidas con los niños en este valle de lágrimas.

A los 11 años Guillermo Fadanelli ingresa a una escuela militarizada donde sufrirá humillaciones y vejaciones diarias que hacen parte « de la normalidad » en un mundo de brutos ignorantes a lo que le llaman « educación a la dura »  y que, in fine, produce una distorsión del alma.

El libro está escrito con una originalidad temporal que consiste en narrar la triste aventura del joven Fadanelli y súbitamente pasar al entierro de su madre (el padre ya ha muerto). Él es el hijo mayor lo que conlleva cierta responsabilidad en el acto, pero el lector siente ese resquemor, ese velado resentimiento hacia la actitud de los padres, que por lo demás (y por suerte), no duró más de 2 años en razón de un grave incidente acaecido en la insigne academia…

¿Y los topos del título ? La palabra topos aparece varias veces en el relato cuando los padres salen definitivamente de la casa de la abuela paterna que los había hospedado durante años, para instalarse en una casa construida con mucho esfuerzo en un barrio nuevo, todavía rural (Cuemanco, al sur de la capital)  donde los campos colindantes estaban asolados por manadas de topos y donde los dichos topos asomaban la cara para mirar al niño mientras leía y otras veces, cuando los padres tenían violentas disputas, los hijos se hubiesen guarecido dentro de los agujeros que los topos cavaban en el jardín, hendiduras enormes que el padre no había logrado hacer desaparecer. La última frase del libro conlleva un pensamiento hacia su madre, qué algo luchó para defenderlo y sacarlo de la escuela militar y que le había pedido un favor que él no cumplió…siento angustiosos deseos de volver a poner las cosas en su lugar, pero es demasiado tarde porque sé que no lo haré, que las horas que han pasado después de cubrir el catafalco de tierra son ya intransitables, puentes caídos, túneles de topos sin salida.

EDUCAR A LOS TOPOS, Anagrama 2006,  ISBN 968-867-311-0

La femme à la fenêtre de A.J. Finn

Review: 'The Woman in the Window' by A.J. Finn - Chicago TribuneA.J. Finn est le nom de plume de Daniel Mallory, éditeur et écrivain nord-américain (Caroline du Nord 1979). Avec ce premier livre, un thriller psychologique qui rend hommage à Hitchcock, il a touché le jackpot en ayant été le N° 1 des meilleures ventes selon  le New York Times, cela faisait 12 ans que les meilleures ventes n’étaient pas revenues à un premier roman. Quant à son surnom littéraire, c’est un mélange du nom d’Alice Jane (une cousine) et du  bouledogue Finn de la famille, car il a voulu séparer son côté réactif (éditeur) du côté créatif (auteur) afin de ne pas influencer ses lecteurs. Actuellement il projette un deuxième thriller, cette fois à San Francisco qui se prêterait aussi bien que Big Apple pour écrire sur une nouvelle intrigue.

En même temps qu’il vendait des millions d’exemplaires de son livre, la Fox 2000 lui a racheté les droits sur le livre et un film sera bientôt prêt, dirigé par Scott Rudin (titre non encore annoncé) avec dans les rôles principaux, Amy Adams et Gary Oldman et pour l’adaptation écrite, le dramaturge Tracy Letts.

La femme à la fenêtre (2018) a nécessité un an d’écriture et a été écrit comme un scénario de film, avec des chapitres ultra courts et une forte imprégnation cinématographique essentiellement sur les films en noir et blanc  du répertoire hitchcockien (Sueurs froides, Fenêtre sur cour…) ou de Cukor (Hantise). En tant qu’éditeur new-yorkais reconnu , Mallory était bien placé  pour devenir l’auteur d’un super ventes à la suite des livres Gone Girl de Gillian Flynn en 2012 et La fille du train de Paula Hawkins en 2015. De sa carrière d’éditeur il a gardé le sens  (amplement réussi) de l’impératif commercial: son credo d’éditeur était « Must Have Plot » (l’intrigue  est primordiale).

Le livre est un gros pavé de plus de 500 pages divisé en 100 chapitres courts avec une bonne intrigue qui rend la lecture addictive par moments. Je dis par moments car j’ai éprouvé parfois un peu de lassitude à cause du côté un peu répétitif de l’histoire et aussi à cause du temps qu’a mis  l’auteur pour nous révéler l’origine du comportement pathologique de la protagoniste.

Loin de moi le désir de vous raconter les méandres de ce bon thriller psychologique, bien que ce soit plutôt un roman de stratégies qu’un roman psychologique. Je vous laisse le plaisir de découvrir les mille détails de l’intrigue car tout est si bien décrit que l’on sent les odeurs et que l’on entend les bruits…

En bref, Anna Fox est une pédopsychiatre de 38 ans qui sera en état de choc post traumatique, confinée dans sa grande maison de Harlem à New York, atteinte d’agoraphobie sévère, bourrée de psychotropes et qui picole du merlot à longueur de journée. Elle s’embête à mort et passe la journée à espionner les voisins, connaît tout sur leurs mouvements (11 mois qu’elle est confinée) et pousse le vice jusqu’à les prendre en photo. Les choses vont se compliquer, c’est évident. Pourtant Anna Fox n’est pas n’importe qui; elle est psychiatre, elle a de la jugeote. Mais peut-on avoir confiance dans ses propos après tout ce que je vous ai révélé à son sujet? C’est le point crucial. Et bien réussi. La fin m’a bien surpris, chapeau l’auteur.

Il y a un petit point qui m’a choqué. C’est quand cette femme de tête, Anna Fox,  prend la décision de reprendre sa voiture à la montagne, en pleine nuit et en pleine tempête de neige. Irresponsabilité totale ou acte manqué?

LA FEMME À LA FENÊTRE, Presses de la Cité 2018,  ISBN 978-2-258-14721-8

Las mutaciones de Jorge Comensal

 

Amazon.fr - Las mutaciones - Comensal, Jorge - Livres

Jorge Comensal es un escritor mexicano (México DF 1987); cursó estudios de Letras Hispánicas, Linguistica y Filosofía de la ciencia. Con tales estudios se entiende que esté fascinado por la neurobiología; tiene a su haber investigaciones en neuro-linguistica. Su estilo (por lo menos en este libro) se inspira en el de su compatriota y tocayo Jorge Ibargüengoitia con esa visión tan sardónica del mundo y esa manera de abordar un tema con su consiguiente demistificación.

Las mutaciones (2016) es su primer libro y es un acierto. Hace tiempo que no leía algo tan simpático e inteligente por el contenido, pero sobre todo por la manera de tratarlo y de apoyarlo con conocimientos científicos que necesitaron un par de años de documentación. Es una novela realista llena de humor irónico y de precisiones científicas con un buen análisis societal. Es también una lograda tragicomedia sobre temas tabúes como el cancer, los dramas familiares, el costo de la salud, la profesión de abogado y la práctica de la Medicina, al mismo tiempo que nos transmite información sobre las mutaciones genéticas.

La novela se arma entorno de Ramón Martínez, un exitoso abogado mexicano casado con Carmela, también abogado, pero que no necesita ejercer. Tienen dos hijos, dos adolescentes insoportables de autismo existencial, egoistas y encerrados en sus propios demonios (la bulimia para la hija y el onanismo para el hijo). Una empleada, Elodia, que es parte integrante de la familia y  adora a su patrón desde que éste la ayudó económicamente con la enfermedad de su madre. Tenemos también el personaje del hermano menor de Ramón, un perfecto desgraciado que se comportará como el rufián que es, un magnífico canalla. Otro personaje entrañable es Teresa, la psicoanalista que se ocupará del disminuido Ramón y que emplea métodos poco ortodoxos con sus pacientes (hoy en día es una realidad en algunos países con fines terapéuticos…)

Los personajes y las situaciones están estupendamente descritos. Es un puro deleite progresar en la lectura. Y por tanto…el tema es siniestro…pero está tan inteligentemente abordado que se lee con fruición, sin patos y con una sonrisa. ¿Es posible? Yes.

A Ramón le van a descubrir un cancer raro, producto de una mutación genética cuyo tratamiento es bastante radical y extremo, ya que lo privará definitivamente del instrumento de su trabajo. Es interesante asistir al comportamiento de cada uno de los miembros de esta familia, hasta la idea genial de Elodia de traer a casa a un loro maltrecho, de una especie en vías de extinción, pero  es el loro más mal hablado y lenguaraz del reino animal. Ramón lo llamará Benito (por Benito Juárez).

Fuera del ámbito de esta familia de clase media alta, tenemos una crítica socarrona y justificada de la medicina donde los egos son más grandes que el Titanic y ciertos ególatras están dispuestos a todo con tal de publicar algo que los propulse al cenit, al estrellato inclusive si las noticias son falsas o no aún científicamente comprobadas. El joven escritor Comensal nos brinda  reflexiones interesantes, como por ejemplo sobre el impacto en nuestras vidas de los avances científicos. El mundo de la Oncología está muy bien ahondado y muy justamente el escritor dijo un día que los oncólogos son seres que deben esconder el alma.

Un par de citaciones del libro que me parecen acertadísimas:

Por más que hayan nacido tiernos, suaves y jocosos, los oncólogos siempre acaban dominados por la melancolía. Ningún otro especialista, ni siquiera el médico forense, sostiene relación tan familiar con la desgracia. El alma del oncólogo se ausenta para no pudrirse. Cuando un paciente incurable le suplica un mendrugo de esperanza, el médico no puede darle a comer mentira, no le toca ser piadoso sino profesional.”

Jorge Comensal ¿Qué clase de vocación, la Oncología, qué tipo de revancha o recompensa comporta esa especialidad? ¿Qué caminos llevan a carrera tan sombría, vocera de la desgracia, administradora de curas atroces y fármacos letales? Al mirar el rostro de un oncólogo es preciso recordar que adentro existe un móvil, una causa, un trauma del inconsciente, un heroísmo masoquista, una macabra curiosidad; acaso el deseo de emular al padre, de matarlo o complacerlo, o de obtener la residencia en un hospital para ricos. El consultorio del oncólogo es la escena de un crimen psicológico; detrás de los diplomas que adornan sus paredes hay motivos que huyen de la luz.

Una estupenda novela, muy realista. Habrá que seguir de cerca a este prometedor y joven escritor…

LAS MUTACIONES, Seix Barral 2019 (J.C. 2016),  ISBN 978-84-322-3544-3

L’Adversaire d’Emmanuel Carrère

L'adversaire, Emmanuel Carrère - Réseau Canopé

Emmanuel Carrère est un écrivain, scénariste et réalisateur français (Paris 1957), diplômé de l’Institut d’Études Politiques. C’est le fils de la distinguée russologue française et académicienne Hélène Carrère d’Encausse qui a des origines russes,  ce qui explique en partie son engouement pour la Russie.

J’ai lu son livre Limonov (2011) qui a reçu plusieurs prix dont le Renaudot 2011, c’est  une biographie romancée du polyfacétique personnage russe réel Édouard Savenko, un livre très intéressant à lire.

L’Adversaire (2000) m’a été chaudement recommandé et je suis d’accord car c’est une lecture qui apporte un point de vue intéressant sur une affaire criminelle qui a commotionné la France en 1993, l’affaire Jean-Claude Romand, le quintuple assassin. C’est un livre-récit de non-fiction, considéré comme un rapport par l’auteur et aussi comme un livre jumeau de son autre livre La classe de neige (1995), qui a été écrit après l’abandon d’une première écriture de L’adversaire où Emmanuel Carrère intègre l’image de l’enfance de Jean-Claude Romand pour essayer de comprendre ce qui avait fait naître la personnalité du futur criminel et où il va éprouver une certaine empathie pour un enfant a qui l’on a enseigné le mensonge vis-à-vis d’une mère malade. L’adversaire est le résultat d’une enquête journalistique de plusieurs années et qui se veut fidèle à la réalité.

Le livre a été l’objet de 2 adaptations cinématographiques, la première par Laurent Contet en 2001  sous le titre L’emploi du temps  et la deuxième en 2002 par Nicole Garcia sous un titre  éponyme. Il y a eu aussi une adaptation pour le théâtre en 2016 conduite par Fréderic Cherbœuf.

L’écrivain E. Carrère a voulu travailler sur la part d’imposture qui existe en tout être humain mais qui prend rarement des proportions aussi monstrueuses, mais ce livre n’explique rien car l’auteur n’est pas arrivé à démêler la personnalité du criminel.

L’AFFAIRE CRIMINELLE: Jean-Claude Romand, natif du Jura, va assassiner épouse, enfants (2) et ses parents le 9 janvier 1993 et va rater son suicide. L’investigation va révéler très vite que Romand vivait dans le mensonge depuis 18 années! Jusqu’au dérapage il a pu mener une double vie dans une relative opulence. Il se disait médecin chercheur mais il n’avait pas fini ses études de Médecine abandonnées en deuxième année. Il s’installera à la frontière Suisse pour justifier d’un faux emploi à l’OMS. L’argent pour toute cette frime émanait de diverses escroqueries qu’il a perpétrées et froidement calculées au fil des années auprès des proches et de moins proches. Il a poussé le vice jusqu’à escroquer des gens dans le domaine de la santé!

Personne, pendant 18 années ne va le soupçonner de quoique ce soit et la Faculté de Médecine où il est resté inscrit pendant 12 années en deuxième année ne se montrera pas étonnée devant une telle bizarrerie…

L’explication du titre émane du nom donné au diable dans la Bible : l’adversaire, le menteur.

Ce quintuple meurtre prémédité est appelé « crime altruiste » par les psychiatres car Romand a tué les personnes qu’il aimait le plus au monde afin « de les protéger » de la vérité accablante sur lui. Nous sommes devant une pathologie narcissique grave avec mythomanie, froideur affective et investissement massif des apparences au détriment de la profondeur.

L’assassin a mené une double vie pendant 18 années. Côté face il était un bon mari et un père aimant, il avait des amis, certains très proches; il se déplaçait, il voyageait, il s’occupait de ses vieux parents. Côté pile, il n’était rien, il errait, il se terrait, il disparaissait pendant les heures de travail. Et il montait des escroqueries avec ses proches et non proches, sans l’ombre d’un remords. Un mensonge entraînait le suivant. En 1993 sa femme, pharmacienne de formation, a commencé à douter sur certains détails, ce qui a déclenché le drame.

Le livre est intéressant parce que Carrère est l’écrivain-narrateur de l’histoire de Jean-Claude Romand et aussi de la sienne, de celui qui doit colliger des informations; nous sentons les doutes qui l’assaillent, la terreur qu’il éprouve et la pitié aussi. Au fil du récit l’écrivain semble se détacher de l’histoire qu’il nous raconte et l’on sent très bien les hésitations dans le récit de la honte qui’il  ressent en tant qu’écrivain, en approchant un tel monstre.

Emmanuel Carrère mettra 7 années pour écrire ce livre;  il avait écrit une première lettre à l’assassin 6 mois après les faits, lettre restée sans réponse pendant 2 ans. Finalement le livre paraîtra 7 ans après les faits et 4 ans après le procès.

Jean-Claude Romand sera condamné à perpétuité (assortie de 22 années de réclusion) et sera détenu à Chateauroux,  il sera libéré après 23 années de réclusion. Actuellement il vit en liberté conditionnelle dans l’Indre depuis juillet 2019, il doit porter un bracelet électronique pendant une période probatoire de 2 ans et sera soumis à des contrôles pendant 10 ans.

Il paraît que ce « père aimant », « fils modèle », « ami intachable » et « détenu modèle » tombé en religion avait obtenu un 16/20 à l’épreuve philo du Bac 1976 sur le thème « La vérité existe-t-elle?

Peut-on croire dans la rédemption d’un tel personnage, calculateur froid et mythomane récidiviste ? Sincèrement je ne le pense pas. Pour moi c’est la vive incarnation d’un monstre sans rédemption possible.

 

L'Emploi du temps (2001), un film de Laurent Cantet | Premiere.fr ...          Affiche du film L'Adversaire - Affiche 1 sur 1 - AlloCiné

 

L’ADVERSAIRE, Folio N° 3520 (E.C. 2000),  ISBN 978-2-07-041621-9