Los cuerpos extraños de Lorenzo Silva

Lorenzo Silva Amador es un escritor español (Madrid 1966) muy exitoso con la serie policíaca del brigada Rubén Bevilacqua y de la cabo Virginia Chamorro. Lorenzo Silva estudió Derecho y trabajó como abogado hasta el año 2000, y ello se nota porque sus libros están muy bien armados en artes leguleyas y judiciales. Esta serie le ha hecho ganar los mejores premios literarios de España.

Los cuerpos extraños es la octava aventura del binomio Bevilacqua-Chamorro. Esta vez Silva nos envuelve en una intriga político-judicial que parte con el asesinato de una alcaldesa que lleva una vida sexual bastante trepidante, con tela de fondo de una España en plena crisis económica. Con este tomo Lorenzo Silva cierra una trilogía sobre la corrupción, iniciada con El alquimista impaciente en 2000 y luego con La marca del meridiano en 2012.

Lo interesante para el lector es que todas estas novelas ocurren en tiempo real, es decir, en el tiempo mismo en que se publica la novela. Además los personajes evolucionan con el tiempo, exactamente como le sucede al lector: todos envejecemos a la par. El brigada Bevilacqua, « Vila » para los íntimos, tiene más o menos la misma edad que Lorenzo Silva por lo que podemos identificar fácilmente las dolencias y las tribulaciones de « Vila » como siendo las mismas  que se plantea Silva.

La novela está narrada a la primera persona por el brigada Bevilacqua por lo que el lector conoce los hechos al mismo tiempo que el narrador. Así, el estilo resulta mas pausado, mas reflexivo, mas detallado y por ende, mas realista.

En esta entrega, Vila y Chamorro tienen que resolver un caso difícil en la costa levantina donde altas autoridades políticas están implicadas en corrupción y blanqueo de dineros via la mafia napolitana. Con este caso se la juegan del todo por el todo, porque al menor desliz, ruedan las cabezas. Los diálogos son fenomenales con ese humor tan especial de Silva. La vida privada de los guardias civiles la tenemos en tela de fondo: Vila con su soledad y Chamorro con un drama personal que la entristece. Con cada entrega pareciera que las vidas privadas de estos dos personajes se van a cruzar de manera inexorable y la verdad es que el lector los siente cada vez mas próximos. El pobre Rubén Bevilacqua no logra desentenderse de su condición de uruguayo y pareciera que cada vez deba explicarse sobre el origen italiano de su apellido, lo que produce extrañeza en España. Sin embargo Vila es castellano por su madre, con raíces salmantinas, « una rara especie de bípedo sin plumas que se distingue por una suerte de pundonor entreverado de desapego. Eso le permite ser capaz de las mayores hazañas, contra el rey o con el rey » (página 21)

Tras meses de ardua investigación y de presiones e intimidaciones a todo nivel, los guardias civiles lograrán resolver el caso y Vila ganará sus galones de subteniente.

Hay mucha prosa leguleya en el libro, lo que hace que la lectura resulte un poco pesada por momentos, un poco « verbosa », pero no se le puede quitar interés. Lo judicial y lo leguleyo están muy representados en el texto, así la comandante Menéndez, la jefa de Bevilacqua en la localidad levantina, cursa un doctorado en Derecho con una tesis sobre el régimen legal de los testigos protegidos. Una de las flaquezas mas clamorosas de nuestro sistema penal.

Para terminar, una aclaración sobre los cuerpos extraños : la alcaldesa asesinada era un cuerpo extraño entre los suyos, una persona capaz de anteponer sus principios a las componendas, alguien que, ni encajaba ni debía estar allí. Era a su modo una intrusa en el organismo al que había ido a parar. Por eso la expulsaron (página 346).

No es uno de los mejores opus de Bevilacqua y Chamorro, pero se lee con interés y mansedumbre. Y como cada uno de los libros de Lorenzo Silva, está muy bien escrito. Con razón le llueven los premios.

LOS CUERPOS EXTRAÑOS, Ediciones Destino 2014,  ISBN 978-84-233-4829-9

Grâces lui soient rendues de Pierre Assouline

Pierre Assouline est un journaliste, chroniqueur de radio, romancier et biographe français (Casablanca 1953), membre de l’Académie Goncourt depuis 2012. Son nom est lié à plusieurs affaires polémiques autour de ses prises de position. Il possède un blog de qualité autour de la littérature : La république des livres. Pierre Assouline a été récompensé par plusieurs prix littéraires et en 2007 il a reçu le prix de la langue française, prix octroyé aux personnes mettant en valeur notre belle et élégante langue.

J’ai lu de lui l’ouvrage consacré à la famille de Camondo, paru en  1997 qui m’avait beaucoup intéressé: cette famille juive de banquiers dont deux frères avaient deux hôtels particuliers en bordure du Parc Monceau et qui communiquaient par les jardins. Aujourd’hui la plus belle des deux demeures est le splendide Musée de Camondo que l’on peut visiter « presque » en l’état tel qu’il fut à la fin du XIXème siècle.

Paul Durand-Ruel, le marchand des impressionnistes: c’est le titre du livre de Pierre Assouline.

A l’occasion de la très  belle Exposition au Musée du Luxembourg (entre octobre 2014 et février 2015), consacrée pour la première fois au marchand de tableaux Paul Durand-Ruel et sous le titre « Le pari de l’impressionnisme Manet, Monet, Renoir », j’ai trouvé ce livre et j’ai souhaité  en savoir plus sur Paul Durand-Ruel, marchand d’art du XIX siècle, un homme visionnaire, moderne et qui a su voir  avant tout le monde, la nouveauté qu’apportait l’impressionnisme en peinture. Il a exercé sa profession comme un sacerdoce, se consacrant entièrement à ses peintres et en les protégeant des contingences économiques.affiche_PDR

L’exposition de Paris a réuni 80 tableaux, photographies et documents montrés en 6 parties;  3/4 des œuvres proviennent des USA et de l’étranger. L’exposition termine par le rappel de l’exposition de 1905 qui se tint à Londres et qui fut apothéotique, montrant 315 œuvres. Cette exposition a comme originalité de montrer les 80 tableaux avec les prix et les dates d’achat et de vente de chaque tableau présenté.

Cette exposition est partie à Philadelphie où elle pourra être visitée entre le 18/06 et le 13/09/15 aux USA.

J’ai été subjuguée par les  3 Renoirs qui trônaient à la fin de l’exposition, pleins de vie, de lumière, de tendresse et de sensualité, tellement vivants que l’on entendait presque la musique du bal musette. Trois bals de 1883: dans le Bal à Bougival on reconnaît ses amis Suzanne Valadon et Paul Auguste Lihote, ils forment le beau couple de l’affiche, ainsi que  Danse à la ville et Danse à la campagne. Ces trois tableaux  sont tellement beaux et pleins de grâce.

Quelqu’un a signalé à juste titre le paradoxe de montrer au musée du Luxembourg des œuvres des impressionnistes dans un musée dévolu à l’école française contemporaine et qui passait pour la salle d’attente du Louvre. C’était là que d’ordinaire les vivants attendaient leur tour, avant la consécration posthume de leur panthéon à tous.

Le livre de Pierre Assouline est entièrement consacré à la carrière de Paul Durand-Ruel. Ce marchand fut l’inventeur du marché de l’art moderne et c’est lui aussi qui a lancé le métier de galeriste  tel que nous le connaissons aujourd’hui. C’est le découvreur et le propagateur de l’impressionnisme en France et à l’étranger (surtout aux USA). Et il inventa l’environnement le plus favorable pour mettre en valeur les tableaux: il se servit de son vaste appartement de la rue de Rome pour exposer les œuvres qu’il vendait et appâtait ainsi les clients. Il sut inventer aussi l’exposition monographique, une nouveauté car à cette époque les artistes exposaient en groupe, se protégeant en quelque sorte car ils étaient le plus souvent malmenés et vilipendés par la critique.

Sa vocation lui vint en 1865 à l’occasion d’un choc esthétique en face de deux tableaux de Delacroix « L’amende honorable » et « L’assassinat de l’évêque de Liège« : il fut ébloui et bouleversé.

Parmi les peintres qu’il découvrit, ce fut Renoir qui fit de lui la meilleure description: un bourgeois rangé, bon père et ami délicat, fin et courtois, clairvoyant et persuasif, doté d’une culture aussi vaste que sa mémoire était exacte, monarchiste fidèle et catholique pratiquant, sans oublier le joueur parfaitement capable de spéculer sur la valeur des tableaux. Pierre Assouline écrit page 74 sur Durand-Ruel qu’il était de toutes ses fibres un homme de l’Ancien Régime. Il le demeura au long de sa vie, d’un siècle à l’autre, solidaire de tous ses âges, mais pas de son temps. Rien ni personne n’entama jamais ses convictions de jeune homme. On l’eût vraiment cru habité par le sentiment radieux d’une France immémoriale guidée par Dieu et le Roi. Il demeurait du temps que les manières ne s’appelaient pas encore des moeurs. Ouvert mais sans abus, de crainte que les idées des autres ne corrompent les siennes. Homme de droite, d’une droite intégrale et absolue, Paul Durand-Ruel se rattachait au courant de la contre-Révolution non comme à un parti politique mais comme à un état d’esprit ou, mieux encore, un état d’âme. Sa droite incarnait d’abord la rectitude et le bon côté. Dans son imaginaire, la place d’honneur se situait nécessairement à la droite du Père, et la main droite était celle par laquelle le Christ du Jugement dernier indiquait le salut (page 82).

Paul Durand-Ruel, avait fait sa religion une fois pour toutes sur la question : de grands créateurs demeureront incompris de leurs contemporains, parfois rejetés dans la misère et l’humiliation par leur hostilité, tant que la mode viendra d' »en bas » et non plus comme jadis d' »en haut », de cette élite d’hommes de goût et de culture au jugement sûr car formé et éclairé. En cela au moins, en leur nostalgie des valeurs de l’Ancien Régime et des principes de la monarchie héréditaire, l’homme et le marchand réagissaient à l’unisson (page 92).

Sa philosophie du métier tel qu’il entendait le pratiquer relevait au fond d’un pragmatisme bien tempéré. Son instinct le guidait plus sûrement que l’esprit de système, et sa conscience plus que les grandes théories. En ce temps-là, cela ne se faisait pas pour un marchand de soutenir un artiste en lui versant un salaire mensuel en échange d’oeuvres promises. Pourtant les mécènes de la grande époque n’agissaient guère autrement, et l’attribution d’une bourse académique telle que le prix de Rome relevait d’une semblable logique. Sauf que Durand-Ruel n’était pas un prince, mais un marchand. Cette manière de faire révélait surtout la volonté de monopoliser le travail d’un artiste afin de maîtriser sa cote et sa valeur, tout en lui offrant les moyens d’oeuvrer en paix, dégagé des soucis matériels (page 110).

Il fut très attaché à ses débuts à la peinture de l’École de Barbizon (1830) qui chante si bien la nature (Corot, Millet, Courbet…). Mais quand il entama son combat pour soutenir cette nouvelle peinture qui faisait l’horreur des bourgeois, il dut faire face à des attaques, à des railleries. Ce qui lui donnait  la force de tenir ? Son père, le souvenir de son père : « Si je n’avais pas été le fils d’un marchand de tableaux, si je n’avais pas été en un mot nourri dans le métier, je n’aurais pas pu soutenir la bataille que j’avais entreprise contre le goût public ».

Ce livre est destiné au grand public, mais il contient une telle masse d’informations et ces informations partent dans tellement de sens que la  lecture se trouve affectée et par moments j’ai atteint le KO par saturation.

GRÂCES LUI SOIENT RENDUES, Folio N° 3999,  ISBN 978-2-07-030123-2

Bonsái de Alejandro Zambra

ale_zambraAlejandro Zambra Infantas es un poeta y narrador chileno (Santiago 1975) que ha sido destacado como uno de los 39 mejores escritores latinoamericanos menores de 39 años (en Bogotá) y también como uno de los 22 mejores escritores de lengua española de menos de 35 años, por la Revista británica Granta (Cambridge). Zambra es Licenciado en Literatura Hispánica con un Magister en España en filología . Hace parte  de la que llaman « generación Bogotá 39″.

Bonsái es su primera novela de 1996, con mucho de autobiográfico ; fue adaptada al cine por Cristián Jiménez y estrenada en Cannes en 2011. Vi la película de 1 hora 36 de duración gracias a la videoteca de Youtube y no me gustó porque la encontré « hueca ». Si no hubiese leído el libro, hubiese comprendido aún menos la película: el protagonista Julio me pareció « volado » y evanescente casi todo el tiempo y Emilia me pareció inexistente y fea, sin entender porqué Julio piensa años después que ella fue « la mujer de su vida ». Casi siempre las películas son adaptaciones libres de los libros, que por lo general son superiores a las imágenes, probablemente porque la imaginación del lector se echa a volar y obtiene mejores imágenes que las impuestas por el director. Dice Alejandro Zambra que Bonsái es la historia larga de un libro corto, donde filtran humor y melancolía. El manuscrito original de Bonsái, de solo 40 páginas de word, fue rechazado por 4 editoriales chilenas, pero con tesón, Zambra las envió a Herralde en España que las aceptó y las transformó en 96 páginas.

Al parecer las novelas de Zambra son diminutas como si estuviera podando bonsáis, se le considera como un « maestro de la liviandad » y el escritor argentino Pedro Mairal dijo a propósito de estas historias hipersintéticas que ellas se expanden luego en la cabeza del lector. Es verdad.

Es el primer libro que le leo  y a pesar de ser una obra nombrilista, le celebro su capacidad de litotes: decir lo menos para significar lo más. Es una obra interesante por la construcción, bastante compleja pero que parece llana.  Dan ganas de leerle otras obras dejando pasar algún tiempo para gozarlas mas.

Bonsái parte del postulado que un amor se cuida como un bonsái  porque si no, se seca. Emilia y Julio, los protagonistas,  viven amores juveniles bañados por la literatura, leen grandes obras antes y después del amor, gozan leyendo y compartiendo, pero se separan como ocurre a menudo a estas edades. Julio sabrá de la muerte de Emilia en España y querrá escribir un libro y cuidar al mismo tiempo un bonsái, símbolo de este amor que fue y ya no es,  símbolo de la miniaturización de su historia. Hay un procedimiento literario de las cajas chinas en esta historia, donde una novela que Julio debiera transcribir para trabajarle a un conocido escritor, se transforma en la novela que está realmente escribiendo él.

El primer párrafo de la novela es muy sugestivo con la siguiente frase « al final ella muere y él se queda solo, aunque en realidad se había quedado solo varios años antes de la muerte de ella, de Emilia. Julio y Emilia. Al final Emilia muere y Julio no muere. El resto es literatura« .  El final de la frase es magistral porque el narrador toma distancia con el texto, se desentiende. Y a medida que iremos leyendo esta novela, iremos llenando los detalles, existe una  simetría entre varias historias dentro del relato . El procedimiento es interesante.

Bonsái es una novela breve y alada, transcendente y original.

BONSÁI, Anagrama 2006,  ISBN 84-339-7129-8

Le cinquième témoin de Michael Connelly

alt=Description de cette image, également commentée ci-aprèsMichael Connelly est un très grand auteur de polars nord-américain (Philadelphie 1956) ; c’est le « père »  du  detective de LAPD Hyéronimus Bosch, alias Harry Bosch, que j’affectionne particulièrement parce que sa personnalité taciturne me plait. Connelly est un écrivain très prolifique avec une publication par an et parfois jusqu’à deux.  Je crois qu’à la date d’aujourd’hui on arrive à quelques 28 publications depuis 1992.

Je les ai lus presque tous et j’en possède pas mal. Mes préférences vont au Poète de 1996, La blonde en béton de 1994, Créance de sang de 1998, et bien d’autres.

Dans ce blog, j’ai écrit un billet en juillet 2013 sur La lune était noire ( 2000), polar qui m’avait bien plu, palpitant et original car les protagonistes sont des truands et aussi parce que le personnage principal est une femme malfrat, Carrie Black.

Ce livre, Le cinquième témoin (The fifth witness, 2011) met en scène le peu sympathique avocat Mickey Haller qui est aussi demi frère de Harry Bosch; c’est le quatrième opus mettant l’avocat en vedette, mais depuis, il y a eu  deux autres publications où il apparaît,  notamment dans le tout dernier livre de 2015, non encore traduit en français, The crossing où Harry Bosch et Mickey Haller se partagent la vedette.

J’ai eu du mal au début avec ce livre alors que j’avais très envie de lire un bon polar pour me détendre ; j’ai  saisi celui-ci qui attendait qu’on le lise…Oh la la la, un gros livre de plus de 600 pages où le seul assassinat  a lieu dès le début, il met la machinerie en route et déclenche une avalanche d’informations sur la jurisprudence nord-américaine.

Non que le sujet soit inintéressant, bien au contraire, car nous apprendrons beaucoup de choses autour de la crise du subprime et les rouages de la justice made in USA . Mais le texte est trop fouillé et l’intrigue se noie dans les détails administratifs .

Vers la fin du roman il y a un très bon regain d’intérêt et la fin se lit avec plaisir. La fin est vraiment surprenante, cela vaut la peine de tenir jusqu’au bout.

Alors l’intrigue ? Ce serait un crime de lèse majesté que de donner la clef de ce roman policier;  je ferai donc un résumé en essayant de ne pas devenir spoiler…

Lisa Trammel est soupçonnée d’assassinat sur un haut personnage de la banque. En pleine crise du subprime elle perd son travail d’enseignante et du coup elle ne peut plus assumer ses traites; de plus son mari l’a abandonné avec leur fils. On la soupçonne car elle est très agressive dans la défense des emprunteurs devenus insolvables comme elle, elle est connue des médias. Il faut expliquer que les banques font appel à des sociétés privées de saisie qui gèrent les dossiers et donnent les logements « clés en main » aux banques. Le circuit fonctionne à la perfection pour les organismes bancaires.

Le problème est qu’ il existe de vraies irrégularités dans la procédure d’expropriation des maisons et les organismes financiers en profitent.

Le descriptif sur le fonctionnement de la justice nord-américaine est détaillé et cela fait froid dans le dos : le one-men-show ( ou women show) des avocats, la mise en scène des procès, les manipulations à tous les niveaux, les intimidations psychologiques et/ou physiques, les mensonges éhontés, la manipulation des preuves, la toute puissance des juges,  les pressions de tout genre. Et j’en passe. Sans jamais oublier  que le nerf de la guerre dans cette société ultra libérale est L’ARGENT, le sale argent qui sert à tout, à corrompre et à racheter…

Une question pertinente est soulevée avec ce roman: est-ce que l’avocat doit être convaincu de l’innocence de son client pour assurer la défense ? En tout cas Mickey Haller dit que seule une stratégie en béton pour la défense est requise, mais il n’empêche qu’il se pose de vrais problèmes de conscience car il veut abandonner son métier d’avocat pour postuler à un poste d’attorney, c’est à dire de fonctionnaire.

Le cinquième témoin dans le roman est celui qui fait tout basculer : ici c’est le patron d’une petite société privée qui gère les saisies. Ce témoin est impliqué dans ce crime via la Mafia.

Polar longuet, mais pas idiot, qui nous livre dans le détail le mode d’emploi de la machine judiciaire made in USA dès les premières comparutions jusqu’au verdict final. Il nous donne les clefs pour comprendre le fameux « cinquième amendement »de la Constitution Américaine, c’est à dire l’amendement qui  vise à protéger contre les abus de l’autorité du gouvernement dans une procédure juridique. Il garantit la sécurité juridique, empêche d’être jugé deux fois pour le même crime, et empêche qu’une personne ait à témoigner contre elle-même.

LE CINQUIÈME TÉMOIN, Le livre de poche 33394 (2014), Calmann-Lévy 2013,  ISBN 978-2-253-17894-1

La casa de Dostoievsky de Jorge Edwards

Jorge Edwards Valdés es un escritor, abogado, periodista y diplomático chileno (Santiago de Chile 1931) de la generación del 50 chilena, con vasta bibliografía y muchos premios literarios, entre los cuales el Cervantes 1999. Hace parte de la Academia chilena de la Lengua desde 1982 . Se desempeñó entre 2010 y 2014 como Embajador de Chile en Paris. Actualmente  reside en Madrid y posee la nacionalidad española (desde 2010).

Son siete los libros de Jorge Edwards  que he reseñado en este blog  y todos me han gustado porque tienen un lado muy chileno y muy burlón. Jorge Edwards admira mucho Joaquim Machado de Assis,  un escritor brasileño del siglo XIX, bastante poco conocido y que posee justamente esta disposición para la burla y para hacerle un guiño al lector haciéndolo partícipe y cómplice en la narración, exactamente como J. Edwards.

La casa de Dostoievsky de 2008 fue premiado con el Premio Iberoamericano de Narrativa Planeta-Casamérica  2008. Es una novela de inspiración libre sobre la vida del poeta chileno Enrique Lihn (Santiago de Chile 1928-1988) que fue amigo de Edwards, pertenece a la misma generación. El origen de esta novela se encuentra en un cuento anterior de 60 páginas.

Este libro cubre una generación literaria que vivió la bohemia entre fines de los años  cuarenta hasta los ochenta. Se puede leer después de su novela anterior « El inútil de la familia » porque leídas juntas se abarca todo el recorrido de la bohemia literaria chilena del siglo XX.

Es extraña la manera que toma el escritor Edwards para nombrar al poeta Lihn: siempre lo evoca con una ristra de nombres, nunca los mismos: ¿Alberto, Ernesto ?, ¿Ernesto, Eulalio?,¿Ernesto, Heriberto?,  No entendí la clave que se esconde bajo esta polisemia. Y el poeta Neruda sale también bastante vilipendiado, Neruda encarna al « poeta Oficial ».

Me gustó muchísimo la primera parte que describe la vida en Chile en los años 50, el Paris de los intelectuales de aquella época y la Cuba de los principios de la revolución. Aquella época corresponde de lleno a la propia juventud de Edwards y se nota cierta nostalgia por la época. El personaje de Eduardito Villaseca, el bohemio-burgués de la historia podría ser su alter ego, tiene varios elementos que le corresponden.

La « casa de Dostoievsky » corresponde a la paupérrima casa del poeta Lihn, que se hundía en el suelo y donde el vate en ciernes ocupaba  una habitación donde reinaba un desorden indescriptible . Decían los rumores que un vago pariente de Dostoievsky, nada menos que un « sobrino carnal » , habría ocupado el lugar.

La segunda parte del libro, a mi parecer, tiene un problema con la temporalidad porque va demasiado rápido: el poeta Lihn se exilia en Cuba, luego huye de Cuba, vive en Paris y vuelve a Chile, pero todo muy acelerado lo que descoloca al lector.

Encontré sinceramente que el poeta Lihn sale bastante malparado con esta biografía ficcional. Edwards le concede la estirpe de  « poeta maldito » en toda su acepción. Su vida habría sido una sucesión de despropósitos. Hasta en amor. Todo resulta bastante negativo y hasta la obra del vate queda rezagada.

El tono de la obra es bastante burlón, por momentos francamente jocoso, lo que es habitual en el estilo de  Jorge Edwards, lo que me encanta .

Otro libro bueno de este gran autor chileno.

LA CASA DE DOSTOIEVSKY, Planeta 2008,  ISBN 978-970-37-0809-3

Portrait d’après blessure d’Hélène Gestern

Hélène Gestern est un écrivain français née en 1971, qui vit et travaille à Nancy; elle est aussi enseignante  (chercheuse au CNRS) dans un laboratoire spécialisé dans les recherches lexicales et elle est membre  du comité de rédaction de la revue La faute à Rousseau consacrée à l’autobiographie.

On m’avait offert d’elle son premier roman, Eux sur la photo, dont j’ai écrit un billet en octobre 2014. C’est un roman épistolaire assez bien construit qui va exhumer une vieille histoire d’amour à partir d’une photo. J’avais beaucoup aimé l’écriture diaphane d’Hélène Gestern pour raconter une histoire plutôt compliquée.

Portrait d’après blessure est son troisième roman, paru en 2014. C’est encore une histoire d’images, d’images autour d’un drame survenu dans le métro parisien où la narratrice sera photographiée de façon avilissante, dégradante et son image vendue par les médias au plus offrant afin de tirer profit de son malheur. Le tout couvert par le « droit à l’information ». L’histoire met en exergue le manque de moralité et de éthique lorsqu’il s’agit de « vendre » l’information. Le débat est vaste dans un contexte de médiocrité généralisée, de télé-réalité, d’impudeur, de sans gêne, de manque d’éducation.

Il y a en filigrane, une autre histoire. L’histoire de la narratrice (Héloïse) qui est la collaboratrice d’un historien (Olivier) pour le montage de programmes historiques pour la télévision. Le drame qu’ils vivront dans le métro parisien, station Odéon, servira de catalyseur pour une nouvelle histoire car chacun trainait une histoire personnelle calamiteuse. C’est le côté positif de ce récit: une renaissance par l’amour.

Le roman est écrit en chapitres très courts où Héloïse et Olivier prennent alternativement la parole; c’est parfois  déstabilisant à la lecture et cela nécessite un certain degré de concentration. Mais c’est un livre qui se lit et bien, de plus il est intéressant par la problématique soulevée.

 

PORTRAIT D’APRÈS BLESSURE, Arléa 2014, EAN 9782363080639

Bella y oscura de Rosa Montero

monteroRosa Montero es una periodista y escritora española (Madrid 1951) . Escribe en exclusividad en el diario El País desde 1976.

Su obra se caracteriza por una gran sensibilidad hacia la situación de la mujer en general. Me gusta esta autora por su gran versatilidad, riqueza y a veces profundidad con sus temas.

Le he leído muchos libros y comenté uno en este blog : La ridícula idea de no volver a verte (2014) en junio 2014  que relata en paralelo dos duelos, el de la brillante científica Marie Curie quien perdió a su marido en un banal accidente callejero y el propio duelo de la autora, quien perdió a su marido Pablo tras una larga enfermedad. Es un libro que habla del poder catártico de la escritura y de la superación del dolor .

Bella y oscura es un libro de 1993 que me ha gustado mucho y que es diferente de sus otros libros. Es una novela de iniciación o Bildungsroman y es también una novela negra y de género fantástico.  Ante todo me parece una obra muy literaria con un texto bastante enigmático con llaves de lectura y escrito en un estilo lírico, rico . Es un libro complejo que mezcla un sórdido realismo social con personajes de una dimensión felliniana y probablemente metafórica y/o alegórica. La protagonista es una niña de edad imprecisa que sale de un orfanato para integrar su familia inquietante lo que provoca un terror latente en la chica, hecho de la incomprensión del mundo de los adultos con su maldad y su extrañeza. El argumento está lleno de « huecos » porque la niña no posee las claves para entender todo, pero si las posee el lector, lo que constituye una originalidad en la construcción de la novela. La lectura de este libro estupendo necesita un ejercicio de comprensión de lo que no se dice, pero que se deja leer porque nos lleva un gran lirismo de las palabras. La temporalidad del relato no es precisada, pero se puede deducir por detalles (aviones, aeropuerto, vaqueros…) muy modernos que es contemporáneo a la publicación del libro: 1993. ¿Cómo un libro así no ha sido premiado con tanta mediocridad literaria que se presenta? Misterio et boule de gomme.

De un punto de vista didáctico esta novela de unas doscientas páginas, tiene tres temas: la juventud y adolescencia de la protagonista, la familia y la violencia. Y las ideas centrales del libro también son tres : 1) el descubrimiento por la niña del mundo de los adultos, visto por sus ojos ; 2) la sordidez de un barrio pobre con alta delincuencia y marginalidad y 3) lo maravillosos y mágico como medio de este descubrimiento. Y en este medio sórdido y hostil, la niña Baba encuentra verdaderas « pepitas de oro » que la ayudarán en su aprendizaje y que aportarán un elemento positivo en este caos social : por ejemplo Rita con su generosidad de almacenera y su rol de difusora de datos y noticias, la enana con su sabiduría, la abuela como símbolo de la potestad, el padre ausente físicamente, pero omnipresente en la imaginación de la niña que representa la libertad, el afecto perdido y la añoranza de lo ausente, etc.

La protagonista es Baba, acogida en el seno de su extraña familia compuesta por Doña Bárbara, su abuela inquietante que se erige tal como la estatua del Comendador,  que es totalmente enigmática. El padre de la chica es Máximo, el gran ausente e hijo preferido de Doña Bárbara, del cual se sabe poco pero se deduce que es un delincuente peligroso que cumple condena y ha desfalcado mucho dinero que yace escondido en una maleta que provoca la codicia mortífera de muchos; Baba, la niña protagonista vive pensando en el regreso de su padre así como la enana piensa en el encuentro con su estrella y el retorno de su amor. La enana es Airelai,  una enana lilliputiense, es decir, una perfecta miniatura de adulto,  lo sabe todo y aporta cuentos y leyendas que constituirán en gran parte el aprendizaje de Baba; esta enana es un personaje clave de  la novela y probablemente un personaje alegórico de la sabiduría, de lo maravilloso en la sordidez. Amanda es la sufrida esposa de Segundo,  una persona insegura y que vive aterrorizada, pero es la primera persona que tendrá un contacto humano con Baba porque es ella quien la rescata del orfanato. Chico es el hijo de Segundo y de Amanda,  un chico que vive escamotándose, que quisiera ser transparente para que nadie lo vea ni lo agreda, especialmente su padre; él será el compañero de juegos de Baba, pero no son juegos de niños normales, sino juegos de niños en un medio hostil. Hay muchos otros personajes secundarios, todos inquietantes e importantes en la cerrada vida de Baba que transcurre en circuito más o menos cerrado.

¿De donde proviene el título Bella y oscura ? ¿de Baba ? No, proviene de la vida misma porque página 155 Baba evoca lo siguiente…recuerdo que al atardecer el viento nos traía desde la otra ladera un estruendo de mugidos y berridos. Muchas veces nos quedábamos contemplando la caída del sol mientras el aire se pintaba de un verde azulado y llegaban rebotando hasta nosotros las voces desaforadas de las bestias. Yo siempre creí que eran llamadas sexuales, gemidos del calor del celo y del placer; pero luego, después de que descubrieran nuestro escondite y se lo llevaran,  me enteré de que el alboroto provenía de un matadero y que eran gritos de agonía arrancados por el cuchillo del carnicero. Desde entonces cada vez que pienso en aquellos crepúsculos finales los veo en mi memoria del color de la sangre, hermosos y transparentes y terribles. Así de cerca está la dulzura del horror en esta vida tan bella y tan oscura.

 

BELLA Y OSCURA, Booket (Seix Barral) 2008,  ISBN 978-84-322-1728-9