Farándula de Marta Sanz

Afficher l'image d'origineMarta Sanz es una escritora española (Madrid 1967), escritora de novelas, ensayos, poesía y cuentos ; ha sido varias veces premiada. Tiene un doctorado en Literatura Contemporánea con una tesis sobre La poesía española durante la transición (1975-1986).

Farándula obtuvo el Premio Herralde de Novela 2015 y ya va en la cuarta edición. Es una novela coral y una literatura realista que me gustó medianamente por el estilo un tanto histérico y porque es muy referente a una farándula madrileña hacia la cual me faltan referencias. El libro es también una crítica social bastante acerba del medio artístico en general donde los egos y las figuras priman ante cualquier otro valor. Después de todo esta gente vive de su físico y/o de su talento; a veces tienen la suerte de combinar los dos.

Los personajes principales son 5 todos de la farándula del cine o del teatro a diversos puntos de la carrera : tres actrices ( de tres generaciones diferentes) y dos actores. Las actrices : Valeria Falcón es una actriz cuarentona y exitosa que ya se sabe sobre el retorno; Ana Urrutia es una ex gran dama de las tablas, hoy una anciana desvalida, decrépita y gaga; Natalia de Miguel es la falsa jovencita ingenua dispuesta a todo para ascender. Los actores : Daniel Valls es un actor internacional detestado en España por sus posiciones públicas radicales (¿cómo no evocar aunque sea de lejos al personaje francés de Manuel Valls, el actor-político, más actor o más político?); Lorenzo es un actor que se enamora y se casa con Natalia, la falsa ingenua.

En este libro se da una definición a la palabra farándula que resulta original y divertida, para Marta Sanz sería el apócope entre faralaes y tarántula; para la RAE, farándula es una pandilla de cómicos vagabundos y en inglés,  es el showbiz.

En Farándula, la película de Joseph Mankiewicz de 1950, All about Eve juega un rol importante porque es el objeto de una adaptación para el teatro español en el momento del relato.

El relato es por momentos bastante esperpéntico porque comienza como una farsa y acaba de manera patética, es una novela corrosiva de punta a cabo; podemos utilizar a los actores como metáforas de una sociedad en decadencia mostrándonos sin tapujos lo que hay detrás de las bambalinas, la precariedad e inseguridad en una profesión considerada desde afuera como glamour, pero donde hoy en día habría un 90% de « parados »(cesantes) en España. Hay una crítica social bastante feroz hacia el mundo del espectáculo y por extensión al de la cultura con una descripción acertada de lo que se llama también en España la típica izquierda caviar y cada personaje es un verdadero arquetipo.

Una novela que no aporta nada nuevo al conocimiento del lector, escrita de manera moderna y vulgar, ganadora de un premio (¿premio al trabajo que representa escribir y publicar un libro?) Aquí tienen una entrevista de la autora de unos 11 minutos de duración, entrevista que podría aportarles más luces que este pobre billete.

 

FARÁNDULA, Editorial Anagrama 2015,  ISBN 978-84-339-9800-2

Avant toi de Jojo Moyes

Afficher l'image d'origineJojo Moyes est le surnom de Pauline Jo Moyes, une journaliste et romancière britannique (Londres 1969) deux fois primée avec Le Livre Romantique de l’année (Romantic Novelist’s Association Award ou RNA Awards). Elle est devenue romancière à plein temps à partir de 2002 après la publication de son premier succès: Sous la pluie.

Avant toi (Me Before You, 2012) a été adapté au cinéma par Thea Sharrock avec Emilia Clarke dans le rôle de Louisa Clark (prédestinée, hein?) et Sam Claflin dans le rôle de Will Traynor. Ce film passe encore dans les salles et je l’ai vu malgré mes réticences au sujet de la trame. Je reconnais que c’est un bon et beau film, plein d’émotions et assez proche du livre. Peu de choses ont été changées, mais j’ai noté que la différence sociale entre les deux familles est plus nuancée dans le film que dans le livre. L’actrice qui joue le rôle de Louisa est désarmante de naturel avec ses mimiques naïves semblant tellement sincères; l’acteur qui joue le tétraplégique est très beau et joue aussi à la perfection. J’ai ressenti beaucoup plus d’émotion avec le film qu’avec le livre. En dehors de l’aspect sentimental et romantique à outrance, ce film soulève un problème intéressant pour lequel nous sommes encore très mal armés car il déclenche chez les gens un flot d’affectivité irraisonnée; je parle de la mort assistée et voulue par un individu en totale souffrance et en pleine possession de ses fonctions supérieures.

Avant toi est un pur roman dans le genre chicklit, un genre que je n’affectionne pas. C’est  Jean-Claude, un ami,  qui m’a a parlé de ce livre dans des termes élogieux, ce qui a réveillé immédiatement mon insatiable curiosité de livrivore pas omnivore…

Ce n’est pas une lecture que j’ai aimé parce que j’ai trouvé que l’histoire et la plupart des situations sont mièvres, empreintes d’une fausse gaité, jouant à fond sur la fibre sentimentale du lectorat. Mais je reconnais à Jojo Moyes plusieurs points forts comme celui de developper un sujet intéressant: l’histoire d’un type en pleine forme (34 ans) atteint d’une tétraplégie traumatique après avoir été percuté par une moto.  Elle aborde aussi un sujet difficile celui de programmer son propre suicide assisté. Ayant lu à droite et à gauche que ce livre plagiait le sujet du très bon film français Intouchables, que j’avais adoré, et même si les sujets sont proches, Jojo Moyes a su imprimer d’autres points d’intérêt à la trame. Par exemple, la confrontation des deux milieux sociaux est excellente: le milieu froid et huppé de Will Traynor contrastant avec le milieu de prolétaires pur-jus de Louisa Clark, ô combien naturel et riche en affection pour leurs filles. Le descriptif du quotidien de la vie des parents de Louisa est saisissant de vérité: la mère dévouée pour sa famille y compris pour son vieux père gâteux, le mari au bord du chômage, la soeur soi disant  très intelligente mais qui compromet ses études par une grossesse, l’intelligence en friche de Louisa qui se coule dans une vie morne et inintéressante mais qui fait bouillir la marmite de la maison, la vie végétative du grand père, le fiancé de longue date de Louisa, Patrick, qui se noie littéralement dans les endorphine libérées à flots avec le sport qu’il pratique à outrance à tel point qu’il anesthésie totalement sa libido. La soeur de Louisa est Treena,  l’intelligente de la famille qui abuse égoïstement de ses prérogatives vis-à-vis de sa soeur. Bref tout un descriptif minutieux  bien vu et bien exprimé par des dialogues adaptés et savoureux; l’ensemble me rappelle le style des films hyperréalistes de Stephen Frears. Il y a entre les lignes une note sociale revancharde, comme par exemple page 362 quand Louisa assiste au mariage d’Alicia, l’ex de Will, et s’exclame…Le matin du mariage, il faisait beau et l’air embaumait exactement comme je l’avais secrètement pressenti. Les filles comme Alicia ont toujours un petit coup de pouce du destin quand il faut. Quelqu’un avait sans doute glissé un mot pour elle dans l’oreille des dieux du climat… 

L’histoire en bref est la suivante : Will Traynor est percuté par une moto et sa vie bascule (un exemple du danger réel que represente de parler sur le téléphone portable en traversant la rue…). Deux années après il vit (mal) sur un fauteuil roulant et dépend entièrement d’autrui; il est très fragile aux infections. Il a à sa disposition un infirmier tous les jours, puis une aide soignante qui sera Louisa qui n’a aucune formation dans la vie en dehors de sa fraicheur naturelle, une intelligence qui n’a pas été , disons, développée. Louisa et Will vont se rencontrer, dans des conditions bien particulières et ils ne sont pas faits pour s’entendre. Tout les sépare. Chacun reste sur ses campements et peu à peu ils vont découvrir des horizons insoupçonnés. Will n’accepte pas sa condition de totale dépendance et Lou s’acharnera à le faire changer d’avis par tous les moyens. Ici la romancière développe beaucoup, on sent qu’elle s’est bien documentée, même si elle s’éloigne de la réalité par moments (page 115 ..il a fallu presque 40 minutes pour ramener la température de Will à un niveau acceptable. Pendant que nous attendions que l’antibiotique fasse effet…Je commente: on ne peut pas attendre qu’un antibiotique fasse effet, cela prend au moins 48 heures, c’est le médicament contre la fièvre qui peut agir aussi vite… La fin est logique avec le personnage de Will, cela peut paraitre dur, mais c’est la solution acceptable de son point de vue à lui car c’est le seul qui peut compter.

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AVANT TOI, Bragelonne-Milady 2013,  ISBN 978-2-8112-1193-6

Contigo en la distancia de Carla Guelfenbein

Résultat de recherche d'images pour "carla guelfenbein"Carla Guelfenbein es una escritora chilena (Santiago 1959) de origen ruso-israelita. Se exilió con sus padres en 1976 à Londres a raíz del golpe de estado de 1973 regresando a Chile en 1987. Lleva una crónica dominical en la sección Mujeres del diario La Tercera, intitulada « Tan lejos, tan cerca« , escrita con un estilo jocoso, pero bien documentado que recuerda el estilo de Isabel Allende en la Revista Paula ( por el lado  jocoso).

Comenté en este blog en octubre 2014 su novela Nadar desnudas que me gustó.

Contigo en la distancia es su quinta novela, detentora del Premio Alfaguara de Novela 2015.  El título emana de un bolero del cubano Cesar  Portillo de la Luz, pero prefiero la version de Caetano Veloso que me suena más sensual, más melodiosa:

 

Poco a poco el ámbito de las novelas de esta autora se internacionaliza, lo que les da más alcance. El mundo de los personajes de Carla Guelfenbein es complicado y los personajes son bastante enrevesados, incluso torturados por sentimientos indefinidos, inexplicados al lector, como si llevaran una corona de espinas; hay un dejo de leve masoquismo . La memoria tiene también gran protagonismo en sus escritos.

Esta novela narra varias historias que se imbrican, es el estilo de Carla Guelfenbein. La historia de la pareja formada por Daniel y Gracia Estévez que se desmoronará ante nuestros ojos. La de Horacio Infante y Vera Sigall, él reconocido poeta y ella escritora tardía, una pareja bastante secreta y complicada y que el lector conocerá al filo del relato. La de Emilia Husson, una joven de 24 años que llega a Chile desde Francia para estudiar la obra de Vera Sigall y que poco a poco se irá involucrando en la historia chilena hasta llegar a ser un personaje principal, la joven Emilia conlleva un trauma psicológico bastante grande. Tenemos también las historias personales de Horacio  y de Vera, esta última tiene una vida muy secreta  y un verdadero talento de escritora.  Hay muchos secretos entorno a los personajes, esto es también materia recurrente en los libros de Guelfenbein.

La mayoría de la acción sucede dentro de la larga y angosta faja de tierra que es Chile, donde todos se conocen y se espían (por estratos). Página 87 Guelfenbein lo recuerda y escribe…al parecer, la cordillera de los Andes, con todo su esplendor y su magnificencia, actuaba de límite entre sus vidas y el mundo. (Así es, muchas veces los chilenos no se dan cuenta del mundo confinado en que viven y se aman). Página 85, otro ejemplo (habla Horacio)...fue mi primer atisbo de una de las características de la sociedad chilena que había dejado en mi adolescencia : la de ilustrar el mundo a través de infinitas anécdotas que atañen a otras personas y a quienes tu interlocutor, si se considera de alguna valía, debe por fuerza conocer (el atavismo chileno de chismosos, o « copuchentos » en lenguaje chileno).

El personaje de Horacio Infante no se porqué me hizo pensar repetidas veces en el personaje del gran escritor Jorge Edwards y el personaje del vecino simpático  de   Emilia: Juan, siempre en compañía de Francisco (uno es abogado y el otro pintor), me hizo pensar en el escritor chileno Pablo Simonetti. Y cual no sería mi sorpresa cuando al final del libro leo en Agradecimientos una dedicatoria a Sebastian Edwards y a Pablo Simonetti…(vaya, vaya, o sea, que alguna alquimia soterrada había en el contexto…)

Es una novela metaliteraria con alusiones hacia una autora brasileña que nunca he leído y que parece ser muy buena, Clarice Lispector (1920-1977); ella sería la musa inspiradora del personaje de Vera Sigall en esta novela. Habrá que leerla.

Una frase al final de la novela  da la colorature  de la escritora ( lo que más me gustó en la novela es el ambiente santiaguino y tan chileno…) : Entonces pensé que la felicidad y el dolor iban juntos, y que no podíamos saber de antemano cuándo una u otro se saldría con la suya…

CONTIGO EN LA DISTANCIA, Alfaguara 2015,  ISBN 978-84-204-1043-2

La contrée finale de James Crumley

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James Crumley est un écrivain américain (Texas 1939-Montana 2008) faisant partie de la dénommée École du Montana (ultime incarnation de l’Ouest américain avec de la littérature des grands espaces et du nature writing); c’est un spécialiste du roman noir avec des intrigues tordues et un style d’écriture très cru, voire vulgaire, mais drôle, mordant, désabusé. Ses intrigues questionnent des sujets tels que le bien et le mal, la violence, la dépendance, le pouvoir.

Il a créée parmi d’autres personnages, celui de Milton Chester Milodragovitch, dit Milo, un pur anti-héros qui rappelle beaucoup son propre personnage : vétéran du Viêt-nam, divorcé plusieurs fois, porté sur les femmes fatales, l’alcool, les drogues dures, les armes à feu et les nuits sans sommeil.

La contrée finale (2002) ou The Final Country (1996) est le quatrième et dernier volet de la saga de Milo Milodragovitch, un ancien adjoint du shériff de Meriwether (contrée fictive du Montana), devenu détective privé, un anti-héros par excellence et protagoniste de ce livre tendre et en même temps hyper dur.

C’est le premier livre que je lis de cet auteur et je dois dire que je suis baba devant sa logorrhée déjantée et percutante, par moments d’une drôlerie féroce. Son style me fait penser aux films de Tarantino avec des images si fortes que par moments j’avais l’impression de lire une BD. Et derrière une vulgarité certaine, il y a pas mal de tendresse voire par moments des envolées lyriques pour décrire cette nature somptueuse du Montana ou les paysages désolés de l’aride Texas. Bonne description aussi des mœurs locales avec des torrents d’alcool ingurgités par Milo et ses acolytes au fil des pages quand la bière se boit par packs el le whiskey par bouteilles entières. Le lecteur attrape une cuite rien que en lisant le livre. La drogue dure est aussi consommée en permanence par Milo. Il faut dire que le personnage roule sur l’or, même si en grande partie c’est de l’argent sale.

J’ai eu du mal avec la trame, mais il paraît que c’est la règle : elle est cahotante et les personnages surgissent inopinément  et le lecteur a du mal à les situer…Dans ce livre il y a une intrigue compliquée et pas claire au sens cartésien; mais la richesse du livre est ailleurs : le descriptif de personnages attachants et hauts en couleur locale ainsi qu’un descriptif des lieux géographiques entre le Texas et le Montana.

Milo est un ancien policier devenu privé assez miteux. Dans ce tome il a atteint un âge vénérable et se coule des jours pas tout à fait heureux avec Betty, une femme assez vénéneuse. Il sera contacté pour retrouver deux personnes; il sera grassement payé mais le pauvre Milo va cumuler un nombre incalculable d’agressions physiques. Il tient le coup en se soûlant méthodiquement et en avalant de la codeine et sniffant de la drogue en permanence. Il est toujours armé  et passe son temps à acquérir des armes de tout calibre qu’il connaît à la perfection et qu’il planque à droite et à gauche. Il y a un nombre incroyable de morts, à croire que ils sont encore à la période du wild wild ouest. Il y a plus de morts que dans un western, c’est sûr.

Chouette roman, ultra noir et corsé qui donne une bonne idée de l’Amérique profonde armée jusqu’aux dents et prête à dégainer. C’est désabusé et très inquiétant. Coup de chapeau au traducteur Philippe Garnier qui a su restituer le langage si savoureux et coloré de Crumley.

Un exemple du style…Une grande bringue de serveuse avec un sourire comme une calandre de Buick est arrivée à notre table et a attendu que j’enlève l’étui gris qui contenait les portables pour pouvoir poser nos drinks devant nous, des trucs géants parce que c’était happy hour. Elle voulait ouvrir une ardoise, proposer des assiettes d’amuse-gueule, se faire bien voir pour le pourliche, et peut-être même nous raconter sa vie. Des fois les gens d’ici sont si foutrement amicaux que ça me fait grimper aux rideaux. J’ai jeté un billet de cinquante tout froissé sur le plateau et lui ai dit de garder tout. Quand elle m’a gratifié du sourire, j’ai cru que la Buick allait me rentrer dedans…

Le roman se passe entre le Texas et le Montana, James Crumley était originaire du Montana et à la fin du livre il nous fait savoir combien Milo Milodragovitch, tout cabossé et mariné par les litres d’alcool ingurgités, est heureux de retourner dans le Montana tout en espérant plus jamais devoir revenir au Texas.

LA CONTRÉE FINALE, Gallimard La Noire 2002,  ISBN 2-07-049935-9

La habitación de Nona de Cristina Fernández Cubas

Afficher l'image d'origineCristina Fernández Cubas (Arenys de Mar-Barcelona 1945) es una escritora y periodista española, licenciada en Derecho, destacada cultivadora del relato breve de la década 1990-2000. Se vale de los modelos de la narración fantástica para enfrentar a sus personajes principalmente femeninos con atmósferas inquietantes, sugestivas; al día de hoy totaliza unos 5 libros con 20 relatos que mezclan fantasía  y realidad de manera genial. La Editorial Tusquets recopiló en 2008 y en un solo volumen sus cuentos bajo el título Todos los cuentos. En 2013 Cristina Fernández Cubas publicó una novela La puerta entreabierta bajo el seudónimo de Fernanda Kubbs.

La habitación de Nona reúne 6 cuentos que encontré muy buenos, desplegando el inmenso talento de contadora y el estilo inimitable de esta autora. La prosa es impecable, diáfana y cautivante, con una nota inquietante y una mirada muy conspicua sobre el mundo de la infancia, rayana en el psicoanálisis. La obra ha sido distinguida en España con el Premio de la Crítica Narrativa Castellana 2015. El género del cuento es difícil de lograr con maestría porque necesita mucha concisión y una buena resolución; aquí la escritora añade a veces un final borroso para que el lector termine la historia. Tiene un estilo realmente muy logrado. (Ojo, porque el lector de cuentos es un lector activo a quien la brevedad del texto le permite verificar el contenido en un santiamén). El libro ha tenido éxito de boca a boca y ya va en la cuarta edición.

El primer cuento La habitación de Nona da el nombre al conjunto. Es un juego sutil con el lector entre el personaje principal y su supuesta hermana Nona, un ser muy « especial » que ella se ha inventado para escapar de un cuerpo que no reconoce.

El segundo cuento se llama Hablar con viejas y es tan escalofriante que pienso que todo lector no podrá nunca más conversar con una viejecita desconocida que parezca desvalida sin hacerse la pregunta de la confianza. Es un cuento muy corto, pero terriblemente eficiente. Mi preferido.

Interno con figura es muy interesante, es el nombre de un cuadro del impresionista italiano del grupo de los macchiaoli, Adriano Cecioni. En este cuento Cristina Fernández Cubas se introduce de manera magistral en la narración creando un ejemplo de mise en abyme : la narradora visita un museo y ve este cuadro al mismo tiempo que un grupo de escolares guiados por una profesora que los hace expresar lo que sienten con la imagen de la chica que se esconde detrás de la cama. Así cada uno urde su propia historia hasta que una chica pelirroja interpreta la imagen de manera tan dramática que la imaginación de la escritora reacciona haciéndose una película  hiperrealista a la cual quiere intervenir porque deduce que la chica está en peligro ( el papel desbordante de la imaginación).

El final de Barbro lo encontré un cuento genial  porque el candor, pero también la malevolencia de la infancia pueden trastocar las cosas. Aquí el lector pierde pie con las conjeturas y el final es muy bueno; la escritora da una sola voz narrativa a las tres hermanas lo que da mucha fuerza a la prosa.

La nueva vida narra la dificultad de emprender una nueva vida cuando el pasado ha invadido todo nuestro imaginario y que todos los signos son interpretados en función de lo que vivimos.

Días entre los Wasi-Wano es el relato que parece gustar más a los lectores, pero no a mi. Es un juego que nos muestra el pasaje de la infancia al mundo de los adultos con una extraña relación entre unos tíos completamente chiflados, pero muy cercanos al mundo fantástico de los dos sobrinos; la chica preadolescente se deja seducir por su tío, pero no así su hermano menor que presiente lo « trucado » de la situación.Este mundo ficticio que les relata el tío parece existir sobre todo en la imaginación de la niña.

La portada de esta edición lleva como ilustración un cuadro del pintor italiano Adriano Cecioni del grupo de los macchiaioli  « Interno con figura » y la ambigüedad de esta  imagen inquietante resulta una perfecta ilustración para el libro. Además del juego metaliterario con la mise en abyme entre la escritora y sus personajes y su modo particular de nombrar el miedo, la angustia, la presencia del doble.486B4377.jpg

 

LA HABITACIÓN DE NONA , Tusquets 2015, ISBN  978-84-9066-075-1

Les heures souterraines de Delphine de Vigan

Afficher l'image d'origineDelphine de Vigan est une romancière et réalisatrice française (Boulogne-Billancourt 1966), auteure de quelques huit romans à succès, certains d’entre eux couronnés par plusieurs prix littéraires.

Le premier livre que j’ai lu d’elle est Rien ne s’oppose à la nuit (2011) que j’ai beaucoup aimé. Un livre qui a récolté 4 prix bien mérités car l’écrivaine a trouvé une prose parfaite pour nous décrire la bipolarité de sa mère et toutes les souffrances qui en ont découlé au sein de sa famille et d’elle même.

Les heures souterraines (2009) est un livre déjà ancien, mais je l’ai vu  en édition de poche et je l’ai acheté. Un téléfilm inspiré de ce roman a été tourné en 2014 par Philippe Harel et couronné du Prix Pyrénées d’Or du meilleur téléfilm avec le  prix de la meilleure interprétation féminine pour Sophie Ferdane dans le rôle de Mathilde.

C’est un livre écrit dans le style de Mme de Vigan, c’est à dire un style vif et direct,  assez électrique par moments ce qui correspond assez bien au cadre de l’action : la mégapole parisienne. Le sujet du roman est très urbain et terriblement crédible car ancré dans une réalité horrible: l’histoire de deux solitudes au sein de la grande ville qui est Paris, avec ses dix millions d’habitants et un fort taux sociétal de souffrance par solitude au sein de la masse anonyme.

Mathilde Debord a la quarantaine, elle a perdu son mari dans un accident de voiture depuis 8 ans; elle a eu du mal à s’en sortir avec deux enfants à charge mais elle a trouvé du travail où elle s’est beaucoup investi. Puis un  jour, sans raison ni explication très logique, son boss, Jacques,  lui a déclaré la guerre en la harcelant de façon éhontée jusqu’à son anéantissement complet. Qui pourrait résister à une telle pression?

Thibault est médecin urgentiste, il a 43 ans et vit immergé dans le stress de la ville, il passe un tiers de son temps en voiture. C’est un bobologue qui soigne autant l’âme des gens que leur corps. Il n’est pas heureux de sa vie et de la relation qu’il a avec une partenaire sexuelle assez distante, Lila,  avec qui il n’arrive pas à échanger de l’affection, mais seulement du sexe; il se sent très frustré; il sait cependant qu’une rupture avec Lila provoquerait un grand vide dans sa vie; malgré cela, il décide de rompre avec Lila.

Ces deux êtres à la dérive sont faits pour se rencontrer, peut être même pour s’aimer, mais c’est sans compter sur la grande pieuvre qui est la ville qui avale ses proies sans laisser de traces. Les gens disparaissent dans la foule qui les engloutit comme le va et vient du ressac qui remue le sable pour l’abandonner sur la rive.

Le sentiment de solitude au sein de la foule est très bien dépeint, avec des mots justes et qui font mouche. Le lecteur se sent étouffer par moments et voudrait crier sur les toits que Mathilde et Thibault sont faits pour se rencontrer et qu’ils ont droit au bonheur.

Le harcèlement au sein de l’entreprise et l’érosion à petit feu de Mathilde  sont décrits avec une précision d’horloger. Cela fait mal et le point de vue de l’écrivaine est impitoyable. Page 168 on peut lire…aujourd’hui il lui semble que l’entreprise est un lieu qui broie. Un lieu totalitaire, un lieu de prédation, un lieu de mystification et d’abus de pouvoir, un lieu de trahison et de médiocrité. Aujourd’hui il lui semble que l’entreprise est le symptôme pathétique du psittacisme le plus vain(psittacismerépétition mécanique d’expressions, phrases ou formules par un sujet qui ne les comprend pas nécessairement).

LES HEURES SOUTERRAINES, Livre de Poche 32095 (Éditions JC Lattès 2009),  ISBN 978-2-253-13421-3

Sefarad de Antonio Muñoz Molina

 

Le grand écrivain Antonio Muñoz Molina primé à JérusalemAntonio Muñoz Molina es un escritor y académico español (Úbeda 1956), miembro de la RAE desde 1995. Ha sido galardonado con numerosos premios y posee una vasta y variopinta bibliografía. Le he leído muchos libros y publicado en este blog dos billetes : sobre Plenilunio en enero 2012 y sobre El atrevimiento de mirar en julio 2013, obras muy diferentes entre ellas porque el hombre es polifacético.

Sefarad (2001) es un grueso libraco definido desde el título como una novela de novelas de casi 600 páginas y con 17 capítulos, interesante por su contenido;  libro bien escrito y original en su concepción aunque difícil de digerir, me explicaré sobre esto. Esta obra monumental y ciertamente meritoria, le valió el Premio Jerusalén 2013 , premio literario bienal concedido a escritores que han luchado por la libertad en el contexto de la sociedad actual (es el segundo español galardonado después de Jorge Semprún en 1997 y es con emoción que he leído este libro donado a la Biblioteca Cervantes de Paris por el mismísimo Jorge Semprún, quien, por razones obvias, lo tuvo un día en sus manos).

El capítulo 13 (Eres) ofrece una de la claves interpretativas de esta novela o « las novelas que cada uno lleva consigo« , según Muñoz Molina. Una constante en la obra de AMM es la reflexión en torno al desarraigo espacial y temporal y según él, el punto de partida de este libro fue el descubrimiento de una casa de Úbeda (su terruño) en Madrid y otra de Motril en Granada.

Sefarad es un topónimo que en hebreo se identifica con España y con Portugal (=judío de España o de Portugal en la Edad Media) y que se ha hecho en lenguaje corriente una palabra para designar a un ente perseguido. Sefarad es una metáfora de la nostalgia y para AMM Sefarad es la enciclopedia de todos los exilios posibles.

Al final de la novela el escritor se explica sobre la génesis del libro. Fueron lecturas donde cruzó nombres de personajes o épocas de persecución que lo marcaron y chocaron y quiso indagar mejor sobre ellos, plasmando sobre el papel estas vidas, casi todas trágicas para sacarlas del olvido y rendirles un nuevo homenaje : Franz Kafka, su amante Milena Jesenska, Willi Münzenberg, Margarete Buber-Neumann, Evgenia Ginzburg, Jean Améry, Primo Levi, etc. En los 17 capítulos Muñoz Molina desarrolla temas que lo fascinaron como la memoria y la imaginación, la historia del mundo y lo trágico de ciertas existencias.Y la originalidad del libro, para mi, reside en la mezcla permanente de estas historias con la vida privada del escritor Muñoz Molina (novela con rasgos autobiográficos) a través de viajes, de lecturas,  de encuentros o haciendo trabajar su fértil imaginación a partir de un detalle o un recuerdo. Sobre su vida privada, el escritor es muy elíptico y secreto, dando pocos datos pero al parecer, haciendo a menudo alusión a su pareja sin jamás entrar en detalles íntimos.La forma literaria abarca varios géneros : autobiografía, ensayo, biografía, Historia, mera ficción, reflexión histórica e indagación metaliteraria. Con una multiplicidad de narradores.

Globalmente me resultó una lectura difícil aunque interesante, por momentos engorrosa y caótica, con muchos soliloquios y de vez en cuando unas preciosas proclamas floridas de poeta en prosa, aunque también una lectura difícil de olvidar y que deja huellas.

El libro es un tejido de 17 capítulos que evocan la memoria de judíos perseguidos a través del tiempo; son historias a veces muy diferentes, pero el eje central es siempre una persecución. La obra necesitó un año y medio de redacción, pero implica casi la mitad de la vida del escritor en documentación permanente, casi sin saberlo. Los 17 capítulos se reparten de manera simétrica entre la autobiografía (1,5,8,11,14,16 y 17) y la narración de vidas ajenas leídas, oídas o conocidas de manera azarosa o investigadas (2,3,4,6,7,9,10,12,13 y 15). El hilo conductor del libro es el exilio.

Al inicio el escritor recuperó dos historias con este libro : la historia del viaje en tren que hizo una danesa de origen francés y sefardí por la Francia liberada de 1944 ( la poderosa imagen de sugestión literaria y cinematográfica del viaje en tren…vista desde la ventanilla del tren o del autobús, el color rojo de la tierra en las orillas del río Guadalimar, y luego las primeras casas, las luces aisladas en las esquinas, cuando llegábamos de noche, la sensación de haber llegado ya y la impaciencia de no haber llegado todavía, la dulzura de todos los días que aún nos quedaban por delante…(página 16) y la historia del señor Salama, un sefardí que se salvó de los campos de exterminio.

Existe un trabajo excelente sobre este libro por Esther Navío Castellano intitulado Los múltiples rostros del exilio donde el tema es analizado in extenso y que cito aquí con párrafos relevantes para mi lectura…En Sefarad la ruptura de la normalidad de un personaje se debe a un acontecimiento abrupto que divide el tiempo en antes y después : leyes raciales, un viaje, una definición, una ejecución, un diagnóstico médico. Hay varios tipos de exilios expuestos en la novela :  1)  el exilio por razones políticas en un contexto amenazador (los judíos del III Reich o del tiempo de Isabel la Católica), los comunistas perseguidos por la represión estaliniana, el exilio republicano español de 1936;   2)  el exilio de lo cercano porque es posible sentirse exiliado cambiando de provincia dentro del mismo país o de barrio en la misma ciudad o ser expulsado de su propio cuarto;   3)  el exilio de la salud donde se toma conciencia de la fragilidad de la vida;   4)  un exilio inmóvil invocado en el capítulo intitulado Sefarad...así vivía en un exilio inmóvil, en una lejanía que casi nunca se aliviaba y que sin embargo era tan falsa como una perspectiva de campo abierto pintada en un muro…Y en el capítulo Dime tu nombre la inmovilidad, la espera, el desdén hacia lo cotidiano y la reclusión en un mundo paralelo exclusivamente hecho de ficción son las coordenadas de Juan, el oscuro e insignificante oficinista que vive inmerso en el mundo variopinto de sus lecturas (aquí la lectura como poderoso motor de evasión);   5)  un exilio temporal;   6)  un exilio íntimo. 

El viaje como entidad es muy importante en el relato y adquiere múltiples connotaciones significativas. De ahí que en el capítulo 2 intitulado Copenhague se cite a Pérez Galdós… doquiera que el hombre va lleva consigo su novela...una clara analogía entre novela, viaje y vida (in Fortunata y Jacinta de 1887)… A veces, en el curso de un viaje, se escuchan y se cuentan historias de viajes. Parece que al partir el recuerdo de viajes anteriores se vuelve más vivo, y también que uno escucha y agradece más las historias que le cuentan, paréntesis de valiosas palabras en el interior del otro paréntesis temporal del viaje. Quien viaja puede permanecer en un silencio que será misterioso para los desconocidos que se fijen en él o ceder sin peligro a la tentación de conversar y de volverse embustero, de mejorar un episodio de su vida al contárselo a alguien a quien no verá nunca más. No creo que sea verdad eso que dicen, que al viajar uno pueda convertirse en otro: lo que sucede es que uno se aligera de si mismo, de sus obligaciones y de su pasado,  igual que reduce todo lo que posee a las pocas cosas necesarias para su equipaje. La parte más onerosa de nuestra identidad se sostiene sobre lo que los demás saben o piensan de nosotros. Nos miran y sabemos que saben, y en silencio nos fuerzan a ser lo que esperan que seamos, a actuar en cumplimiento de ciertos hábitos que nuestros actos anteriores han establecido, o de sospechas que nosotros no tenemos conciencia de haber despertado. Nos miran y no sabemos a quién pueden estar viendo en nosotros, qué inventan o deciden que somos...(página 39)

Este libro es un tejido de relatos de difícil acceso con la voz desasosegada del narrador que se siente cercano al autor y se transforma en historia personal.

Al final de la obra, Antonio Muñoz Molina nos habla con emoción del cuadro de Velázquez Retrato de niña ejecutado hacia 1640 y que ilustra muy bien los rasgos sefardíes en esta preciosa niñita que el genial pintor debió cruzar. El cuadro llegó a los EEUU hacia 1900, comprado por un multimillonario norteamericano apasionado por lo ibérico. En cuanto a AMM, su vista cruzó este cuadro en Nueva York, visitando un abandonado museo que nadie visita (Hispanic Society of America), pero donde la niña en medio de la penumbra espera la pasada de alguien que la mire, alguien que advierta o reconozca en sus ojos oscuros la melancolía de un largo destierro.

Portrait of a Little Girl - Velazquez Diego

 

SEFARAD, Alfaguara 2001,  ISBN  84-204-4256-9