La descente de Pégase de James Lee Burke

Résultat de recherche d'images pour "james lee burke"   James Lee Burke est un écrivain nord-américain (Houston 1936) connu par ses romans policiers, surtout pour la série avec le shérif David Robicheaux. L’écrivain est détenteur de nombreux prix et au moins deux adaptations pour le cinéma.

La descente de Pégase 2010 (Pegasus Descending 2006) est le premier roman que je lis de lui et je dois dire que j’ai été séduite par l’épaisseur humaine du shérif Robicheaux. C’est encore un policier très désabusé, ancien alcoolique, bagarreur et très solide. Il est marié en deuxième noces avec Molly, une ancienne religieuse, ceci pour la note originale, mais pas tant que cela dans une région comme La Louisiane, anciennement française où la plupart des gens ont encore des noms à consonance française et sont catholiques.

La descente de Pégase a une trame assez  complexe. Il y a trois meurtres à élucider et Robicheaux est persuadé qu’ils ont un point commun. Tout le livre va se passer à la recherche d’indices et il sera opposé à sa supérieure ou à un juge véreux qui ne pense qu’à sa prochaine candidature politique et qui met tous les bâtons dans les roues possibles à Robicheaux.

Les trois meurtres servent à mettre en valeur les anomalies locales en matière de collusion, prévarication et surtout blanchiment d’argent. Aussi, Robicheaux nous explique combien cet État s’est corrompu depuis l’irruption de la drogue et les casinos à profusion avec la mainmise de la pègre. Le tableau dressé est assez consternant: la violence règne et atteint des sommets, les gens sont armés et les armes circulent avec une aisance ahurissante, les conflits raciaux sont permanents.

D’autre part le shérif Robicheaux ne cesse de culpabiliser après l’assassinat d’un ancien camarade du Vietnam qui fut abattu devant son nez et qu’il n’a pas pu défendre parce qu’il était sous l’emprise de l’alcool…ce meurtre le hantera et il ne cessera de penser à se venger car des ramifications vont surgir avec les nouveaux cas à résoudre.

Le descriptif de la nature de La Louisiane est somptueux, on s’y croirait dans les bayous avec les citations de la flore et de la faune locales. Il y a aussi pas mal de réflexions sur la politique et les moeurs locales ou nationales qui sont intéressantes. En voici un exemple (page 196)…la légalisation des jeux d’argent sur la majeure partie du territoire des États-Unis était un rêve érotique devenu réalité. L’argent qu’ils ramassaient grâce au traffic juteux des jeux d’argent, et qu’ils avaient toujours du mal à blanchir, n’était rien comparé aux sommes que rapportaient les casinos, les champs de courses et les loteries qu’ils géraient avec la bénédiction des services d’attribution des licences de jeux, à l’échelon fédéral comme à celui de l’État. En fait, non seulement le gouvernement avait offert à la pègre un cadeau royal qui allait bien au-delà de ses rêves les plus fous, mais les mafieux étaient en outre parvenus à subordonner le financement des services éducatifs aux taxes perçues sur les jeux d’argent sur le territoire des États-Unis, faisant ainsi des professeurs de la nation tout entière leurs supporters les plus fidèles…

Un polar à découvrir !

Il me faudra lire d’autres livres de Lee Burke pour consolider cette bonne impression.

LA DESCENTE ,Rivages/Thriller 2010 (JLB 2006),  ISBN 978-2-7436-2104-9

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Las maldiciones de Claudia Piñeiro

Résultat de recherche d'images pour "claudia piñeiro las maldiciones" Claudia Piñeiro es una escritora, dramaturga y guionista argentina (Buenos Aires 1960 ) con formación de contadora. Tiene amplia bibliografía con varios premios y libros llevados al cine. Le he leído casi todo lo publicado porque me gustan sus libros, que encuentro ahondados en lo humano y bien aterrizados. Esta es la cuarta reseña en el blog de un libro de Claudia Piñeiro después de Betibú (avril 2012) con más de 7 000 consultas, Un comunista en calzoncillos (mayo 2014) y Una suerte pequeña (enero 2016).

Las maldiciones (2017) es un libro que me gustó a medias, es decir, que la parte intrínsecamente política argentina no logró interesarme con tanta referencia que desconozco, pero la parte ficcional con un político dispuesto a todo (hasta comanditar un asesinato si necesario para llegar a sus propósitos), con la descripción vívida y sin concesiones de la « nueva política », me parecieron de un realismo aterrador y completamente universal. Francamente me parece que en las condiciones actuales, lo que llamamos aún eufemísticamente « democracia », ha llegado a cierta caducidad. Hay abusos y desusos por doquier.

Las maldiciones es un thriller político (de la llamada « nueva política » basada en el pragmatismo y en el marketing) y una novela coral con varios personajes protagónicos, pero también con el protagonismo de la ciudad de La Plata en Argentina.

Uno de los protagonistas es Román Sabaté, un muchacho que comenzará a trabajar para el político Fernando Rovira, líder del partido Pragma que él ha fundado. Rovira se presenta como candidato a gobernador de la provincia de Buenos Aires y defiende el proyecto de escindir esta provincia en dos, quedándose él con el mejor pedazo, y sobre todo sin La Plata, porque quiere presentarse a la candidatura suprema y existe una maldición con la gobernación de La Plata.

Es la maldición de Alsina o maldición de los gobernadores; está relacionada con la ciudad de La Plata donde una bruja llamada « la Tolosana », echó una maldición durante la inauguración de la ciudad (1882) para que ningún gobernador llegara a ser presidente de la República. (La escritora Piñeiro cuenta que esta ciudad de La Plata es una entidad muy literaria porque estaría fundada según un mapa de un libro de Julio Verne; se la conoce también como la ciudad de las Diagonales).

Román Sabaté trabaja para Rovira como personal trainer y de esta manera tiene acceso a la intimidad del líder político. Dentro de poco conocerá las razones por las cuales Rovira lo contrató y este es el meollo de la novela. Aquí el lector va a entender que la política no está hecha de propósitos para mejorar la vida del demos (del pueblo), sino que está hecha de bajos instintos hacia logros personales a lo que venga y como venga…

Hay un personaje probo en el libro, es el tío de Román: el tío Alfredo, adorador de Alfonsín(el primer presidente después de la dictadura, un radical), porque incarna al político de antaño con ideales y principios morales, al « caballero ».

Se toca en el libro un tema interesante: es la relación entre política y brujería y/o supersticiones. Como si la soledad a la que sume el poder y la incertidumbre que reina a menudo, favorecieran la eclosión de una necesidad por lo sobrenatural, por el esoterismo que atañe a menudo a los políticos y que resulta patética.

La escritora Claudia Piñeiro está casada en segundas nupcias con Ricardo Gil Lavedra, abogado y hombre político radical quien tiene que haberla aconsejado en algún momento con la maraña política.

LAS MALDICIONES, Alfaguara 2017,  ISBN 978-978-738-333-1

Les Cygnes de la Cinquième Avenue de Melanie Benjamin

Résultat de recherche d'images pour "melanie hauser the swans of 5th avenue" Melanie Benjamin est le nom de plume de l’écrivain nord-américaine Melanie Hauser née Miller, auteur de nouvelles et de fictions historiques. Elle a dû changer son nom de plume après ses deux premiers romans en raison d’une homonymie avec la journaliste sportive Melanie Hauser devenant alors Melanie Lynne Hauser puis Melanie Benjamin à partir de 2010. Elle fait partie de la Maison d’édition Random House.

Les Cygnes de la Cinquième Avenue 2017 (The Swans of Fifth Avenue, 2016) est son cinquième roman historique. Il retrace surtout la vie de l’écrivain Truman Capote entre les années 55-68 autour de la vie d’une poignée de belles femmes riches et amies qu’il nomma « ses cygnes ».

C’est un livre que j’ai lu avec intérêt car il est très bien documenté sur le sujet: ces femmes de la post guerre qui furent des icônes incontestés de la mode et de bonnes manières, tout spécialement l’héroïne de ce roman, la très belle et inégalée Babe Paley née Barbara Cushing.

Babe Cushing faisait partie des trois fabuleuses soeurs Cushing qui avaient été formatées par leur mère pour devenir les épouses parfaites d’hommes riches, de véritables faire-valoir de maris riches et puissants enviés de tous, car possédant des épouses de rêve dévouées à leur ego.

Babe Cushing, après un premier divorce épousa William S. Paley, un magnat des médias, propriétaire de CBS, très bien introduit dans les milieux politiques huppés et dans les milieux artistiques et financiers malgré des origines juives. Elle lui donna deux enfants mais elle ne s’en est jamais occupée.

C’est le sémillant Truman Capote qui nomma ce groupe de femmes amies « les cygnes », car elles étaient toutes élancées et ultra minces, vêtues avec une élégance parfaite, ayant des codes vestimentaires stricts et des habitudes immuables comme par exemple de s’habiller pour se retrouver à déjeuner à La Côte Basque, un restaurant huppé de la 5è Avenue. Ces femmes menaient une vie sociale trépidante chaque jour de la semaine mais en réalité se morfondaient dans une solitude et un vide existentiels inimaginables.

Truman Capote fit la connaissance du groupe vers 1955, il avait alors un peu plus de 30 ans et il était assez séduisant : un blondinet de petite taille aux traits fins, soigné de sa personne, assez « intello » et possédant la langue la plus acérée et mortifère de tout Manhattan.

Babe Paley sera séduite par ce compagnon amusant qu’elle croisera dans des évènements mondains; elle l’introduira au sein de son groupe d’amies et très vite Truman Capote deviendra le compagnon inséparable de ces dames oisives, leur bouffon, leur amuseur, leur « rémora » aussi car il se fera inviter par tous. Son homosexualité affichée rassurera les maris. Truman Capote et Babe Paley deviendront des amoureux platoniques très proches, dépositaires chacun des secrets les plus intimes et inavoués de l’autre. Babe est complètement délaissée par son mari qui l’utilise comme faire valoir et Truman souffre d’un complexe qui lui vient de l’abandon affectif de la part de sa mère.

Truman Capote connut la gloire après la publication en 1965 de son roman phare De  sang froid, mais après ce succès immense, il connut la panne d’inspiration et il entama la lente dégringolade vers l’alcool et les drogues. C’est au cours de cette période qu’il va publier des chapitres de son prochain livre dans l’élitiste magazine Esquire et qu’il se servira de toutes les confidences que ses amies, les cygnes, avaient déposé au fil du temps et notamment celles de sa chère Babe Paley.

La trahison fut de taille. La chute de Capote fut retentissante et à la hauteur.

Voici un livre écrit avec beaucoup de grâce et d’élégance que j’ai eu plaisir à lire. Il mêle une bonne dose de faits historiques à une fiction si bien menée que le lecteur est embarqué dans une autre époque, aujourd’hui révolue, celle de l’élégance innée, celle d’une certaine insouciance, celle de l’Amérique du Nord comme parangon du confort matériel.

J’ai dans mes tablettes les oeuvres complètes de Truman Capote, lues il y a longtemps (1990 ?) publiées par Gallimard-Biblos. J’avais trouvé à l’époque que l’oeuvre de Capote était inégale et que notamment les nouvelles qui décrivaient La Louisiane, son État d’origine, étaient admirables et riches en couleur locale. Capote fut un ami intime d’enfance de Harper Lee dans leur patelin de Monroeville et il existe une légende comme quoi Capote est impliqué dans l’écriture du roman phare de Harper Lee Ne tirez pas sur l’Oiseau moqueur où il apparaît d’ailleurs sous les traits de Dill; aujourd’hui ce roman est un classique aux USA.

LES CYGNES, Albin Michel 2017,  ISBN 978-2-226-39213-8

La invención del amor de José Ovejero

Résultat de recherche d'images pour "jose ovejero la invencion del amor" José Ovejero es un escritor español (Madrid 1958), licenciado en Historia y Geografía.

Le leí  Las vidas ajenas (2005) premiado con el Premio Primavera de Novela del mismo año, un libro que me gustó porque está bien ordenado; sucede en Bélgica (dónde el autor reside en parte) en dos medios bien opuestos : el de la finanza, corrupto y « sobre » las leyes y el de los bajos fondos con vidas decadentes. El mundo del hampa sobrevive vaciando departamentos de difuntos e irrumpiendo en vidas ajenas. El otro ámbito busca planes para evadir dineros en Suiza. Los maleantes tratan de chantajear, pero salen perdiendo y el más corrupto es un abogado que asesora a un magnate y que urde un rescate de millones que son sólo para él…

La invención del amor (2013) recibió el Premio Alfaguara de Novela del mismo año. Es una novela urbana y madrileña con una historia insólita y poco creíble: la historia de una usurpación de identidad. Samuel es un cuarentón desilusionado de todo, sin ataduras ni compromisos, bastante cínico, un verdadero antihéroe de su tiempo. Un día recibe una llamada telefónica anunciándole la muerte de Clara en un accidente de la ruta. Y aunque no ha frecuentado a ninguna Clara, decide acudir al tanatorio, por curiosidad, por dejadez. A partir de ese momento Samuel se hace pasar por alguien que no es, otro Samuel que vive un piso más abajo, y hará todo lo posible por conocer a Clara, una supuesta amante.

Se lee en el libro…Samuel siempre ha evitado la palabra amor. Un sustantivo devaluado, una moneda tan usada que ha perdido el relieve de manera que se puede acariciar entre los dedos sin percibir imagen alguna; una moneda que no me atrevería a dar en pago por miedo a ser mirado como un estafador…(buena dosis de cinismo, eh?)

Poco a poco se irán incorporando en la novela otros personajes que gravitan en torno a Clara como su hermana Carina y tendremos un cuadro compuesto por diferentes puntos de vista que el lector irá asimilando. El relato es contemporáneo de una España en plena crisis donde los tenderos son chinos y se aburren (¿ venden acaso?), los camareros son sudamericanos y los capitales extranjeros…

Hay algo de humor negro en esta novela. Samuel el mentiroso, estaba ufano con su vida, pero está solo y se refugia en su terraza desde donde contempla el ancho mundo sin involucrarse,  fascinado por el vuelo de las aves (en este caso los vencejos) porque representan cierta libertad que él no tiene.

De esta red de mentiras Samuel saldrá transformado y el lector se sentirá perdido por momentos porque no vislumbra la salida y el relato es algo confuso.

El planteamiento de José Ovejero sobre el amor es interesante. Dice en una entrevista que uno se enamora cuando no conoce a la otra persona, y encima cuando le engaña dando la mejor versión de si mismo. Esa parte del enamoramiento es un invento. ¿ Y cuando empieza el amor? Cuando aceptas la realidad del otro, con sus limitaciones y sus imperfecciones, y cuando aceptas las tuyas.

Francamente no encontré que esta novela sea meritoria de un premio aunque la trama sea original, y no es la primera vez que el Alfaguara me defrauda. Los lectores avezados saben que esto de los premios a veces es más negocio que calidad literaria. Y a veces tengo la impresión que dan el premio más a la persona que al libro en cuestión, lo que puede ser defendible.

LA INVENCIÓN DEL AMOR, Alfaguara 2013,  ISBN 978-84-204-1469-0

Ils vont tuer Robert Kennedy de Marc Dugain

 

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Marc Dugain est un scénariste et romancier français né au Senegal en 1957. Son oeuvre est vaste et variée.

J’ai découvert cet auteur avec son livre La Malédiction d’Edgar (2005) qui narre de façon brillante l’hégémonie de John Edgar Hoover au sein du FBI pendant 48 années, un livre très documenté qui se lit comme un thriller et qui laisse pantois. J’ai tellement apprécié le livre, que j’ai eu envie de lire d’autres livres de Dugain. Ainsi, j’ai lu dans la foulée : le très primé La chambre des officiers (1999) qui raconte l’histoire de son grand père « gueule cassée », défiguré par un obus le premier jour des combats ! il restera 5 années à l’Hôpital du Val de Grâce où il va côtoyer d’autres estropiés avec lesquels il nouera des amitiés indéfectibles, l’écriture est très belle, par moments poétique; Campagne anglaise (2000), un roman assez original; Heureux comme Dieu en France (2002) que j’ai trouvé admirable sur la Résistance dans le style si limpide de Dugain; Une exécution ordinaire (2007) autre livre assez intéressant qui narre encore un sujet difficile, celui de la perestroïka et du monde des sous-mariniers (une élite) avec l’accident du sous-marin Oskar en mer des Barents avec 123 morts, sur fond de corruption.

Ils vont tuer Robert Kennedy (2017) est un autre livre intéressant et très documenté qui revisite l’histoire des années 60 et qui reprend cette véritable obsession de Dugain pour la famille Kennedy. Il est beaucoup question dans le livre de John Kennedy car sa personnalité très solaire a façonné la personnalité de Robert qui lui était totalement dévoué. La mort de John fut pour Robert un choc qui l’ébranla si fort, qu’il vécut après l’attentat dans la culpabilité et dans la dépression. Il est plus que probable qu’il ait eu la prescience de sa mort en se présentant à la présidence des EEUU en 1968, mais son caractère rêveur et son côté « boy -scout » n’ont pas faibli à l’heure des décisions. Le livre a un autre protagoniste en dehors de Robert Kennedy, c’est le professeur universitaire Mark O’Dugain de Vancouver presque l’alter ego de Marc Dugain, mais 3 ans plus âgé; un homme persuadé que la mort violente de ses deux parents est en rapport avec la mort des Kennedy, une véritable obsession avec à la fin du livre, une position très déstabilisatrice pour le lecteur car après tant de luttes et d’enquêtes pour relier les deux affaires, le doute s’infiltrera sur la santé mentale dudit Mark O’Dugain, laissant le lecteur dans la perplexité la plus totale.

Le livre défend tous azimuts la thèse du complot dans l’assassinat, à 4 ans et demi d’écart, des deux frères Kennedy; il va jusqu’à évoquer un Coup d’État via les magouilles politico-financières au sein d’une politique américaine baignant dans le mensonge. L’assassinat des Kennedy résulterait d’une coalition qui réunit la CIA, la mafia, l’armée, les Bush, Johnson et le clan texan, les anticastristes, le complexe militaro-industriel.

Le livre évoque les émeutes de Detroit en 1967 qui viennent d’être illustrées par le film de 2017 de Kathryn Bigelow avec un titre éponyme; en revanche, le livre ne fait pas état des révélations récentes relatives aux 3100 documents déclassifiés sur l’assassinat de JFK 54 ans après les faits. A la dernière minute, le président Trump a mis frein à la publication de plusieurs centaines de documents contenant de l’information « sensible » suivant les conseils du FBI et de la CIA…Ce qui est clair, c’est que les pistes sont brouillées, les documents sûrement « disparus » et qu’on ne saura jamais ce qui s’est passé au sein de la plus grande « démocratie » du monde qui s’érige souvent en donneuse de leçons…

Pour l’anecdote, c’est par ce livre que j’apprends que Robert Kennedy et Jacquie Kennedy ont eu une « affair » après le veuvage de cette dernière.

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Robert Francis Kennedy (1925-1968), septième enfant de Joseph et Rose Kennedy

ILS VONT TUER, Gallimard 2017,  ISBN 978-2-07-269710-4

La víspera de casi todo de Víctor del Árbol

Résultat de recherche d'images pour "victor del arbol la vispera de casi todo"  Víctor del Árbol es un escritor español (Barcelona 1968) con estudios de Historia y un pasado de policía como mosso d’esquadra.

Comenté en este blog en enero 2013 su novela La tristeza del samurái (2011), libro que lo lanzó al estrellato, varias veces premiado y traducido a más de 10 idiomas. Una novela negra que me costó seguir…

La víspera de casi todo (2016) es su quinta novela, premiada con el Premio Nadal 2016, el premio comercial más antiguo de España creado en 1944 en honor del redactor en jefe de la Revista Destino, Eugenio Nadal Gaya.

Es una novela coral y otra novela negra, muy negra y con raíces históricas. Todos los personajes conllevan un pasado terrible y doloroso; hay dos personajes psiquiátricos, de los cuales un niño con el síndrome de Williams (=enfermedad genética rara que asocia malformaciones cardíacas con retraso mental y faciès particular) y el otro es el padre del inspector Germinal Ibarra internado por años en un asilo psiquiátrico.

Germinal Ibarra es un inspector cincuentón depresivo con un pasado oscuro que lo aplasta. El inspector resolvió un caso difícil en Málaga (el caso de Amanda, una niña violada y asesinada) y huyendo de la fama adquirida con el caso, se instaló en A Coruña, en un pueblo aislado llamado Punta Caliente (ficticio) que Víctor del Árbol sitúa en la Costa da Morte, una tierra desolada de Galicia. Punta Caliente lo sitúa entre la zona del faro de la Virxe da Barca y un acantilado de Camariñas.

En el libro varios personajes huyen de su pasado y se refugiarán en este lugar desolado que se presta al escenario ultra dramático : el inspector Ibarra huye de su fama y de su consciencia por haber matado al asesino pedófilo de Amanda; la madre de Amanda llega huyendo de su pasado y se hace llamar  Paola; Dolores es una portuguesa que huye de su marido y se refugia con su hija Martina que desaparecerá; Mauricio es un argentino que llega a hacerse cargo de su nieto Daniel tras la muerte en un  incendio de sus padres y de su hermano Julio. Todos los personajes conllevan un gran dolor interno o llevan heridas no cicatrizadas.

El relato, con un narrador omnisciente transcurre entre junio y agosto 2010 con un flash back hacia Málaga en 2007 para explicarnos el drama anterior vivido por el inspector.

Es una historia que me resultó demasiado recargada en melodramas y por ende, me resultó a veces algo pesada. Afortunadamente el relato está salpicado de referencias a la música, al cine y a la literatura : Mauricio vive escuchando tangos y Eva/Paola llega cantando una música de Johnny Cash (Hurt).

 

A Coruña, Costa da morte.

LA VÍSPERA DE CASI TODO, Destino Booket 2017 (VdA 2016),  ISBN 978-84-233-5187-9

Ce que savait Maisie d’Henry James

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Henry James est un écrivain américain (New York 1843-Angleterre 1916), naturalisé britannique en 1915. C’est une figure du réalisme littéraire du XIXè  et un maître du roman et des nouvelles.  Il avait reçu une éducation cosmopolite et soignée entre l’Europe et les États Unis, avec notamment des études francophones en France et à Genève. Cette découverte précoce de l’Europe l’a nourri en littérature. Il a commencé des études de Droit à Harvard qu’il a abandonnées pour se consacrer entièrement à l’écriture.  Il fût un voyageur impénitent, un « citoyen du monde » : Angleterre, France, Suisse, Italie surtout. En 1876, après un échec d’installation à Paris, il s’installera à Londres jusqu’à sa mort en 1916.

C’est pendant ces 40 années londoniennes qu’Henry James va écrire l’essentiel de son oeuvre (20 romans et 112 nouvelles !): une œuvre très riche qui s’inspire en partie d’une bourgeoisie raffinée et de la découverte de l’Europe par des riches américains oisifs en formation culturelle et dans ce qu’ils appelaient le Grand Tour. L’expert d’Henry James, Franck Aigon (professeur de philosophie) a écrit si justement que la confrontation de la naïveté américaine et de l’expérience européenne n’est qu’un aspect d’une écriture qui s’emploie à sonder les cœurs en donnant toute leur place aux impressions et à la variation des points de vue (un peu à la façon d’un Sandor Márai, je trouve).

J’ai déjà commenté ici Confiance en mars 2017, Washington Square en mai 2017 et Les papiers d’Aspern en juillet de la même année.

Ce que savait Maisie ( What Maisie knew, 1897) est le roman le plus « dense » psychologiquement parlant de tous ceux que j’ai lus jusqu’à maintenant. Ce roman fut publié en 1896 sous la forme de feuilleton et en 1897 sous forme de volume; c’est le 14ème roman du prolifique H. James et peut-être le plus célèbre. Le roman fut traduit en français en 1947 par Marguerite Yourcenar; il a été adapté au cinéma en 2012 par David Siegel et Scott McGehee, une version moderne avec Julianne Moore et en 1995 pour la télévision française par Édouard Molinaro.

Le sujet du livre est assez hardi pour l’époque : imaginez les turpitudes du monde des adultes observées par une petite fille dont l’âge exact ne sera jamais précisé, mais que le lecteur peut situer entre les 8 et 10 ans. Elle observe le comportement des adultes, le réduit à sa capacité d’interprétation, mais le lecteur voit bien qu’elle est manipulée et que ces adultes se fichent d’elle comme d’une guigne. Une telle situation dans la société corsetée victorienne du  XIXè siècle était probablement exceptionnelle mais devenue banale un siècle plus tard.

La grande nouveauté dans le texte est d’introduire cette vision de la petite fille avec ses moyens psychologiques limités et de laisser deviner au lecteur l’amplitude des turpitudes et l’égoïsme inouï qui se cachent derrière les actions des adultes qui l’entourent. C’est aussi un plaidoyer de la part de l’écrivain contre le relâchement moral au sein d’une société victorienne réglée sur le respect des convenances et des apparences avec cette peur bleue de déchoir de sa caste, de faillir à son rang…

Maisie Farange est une petite fille assez délurée, assez fine mouche, non dépourvue de malice, au sein d’un ménage qui se déteste et qui a divorcé. Elle partage une garde alternée entre la mère et le père, avec une gouvernante-préceptrice qui s’occupera de son « éducation » dans chaque foyer. Elle est ballotée d’une maison à une autre, parfois de façon inopinée, et on se sert d’elle pour colporter des ragots ou semer la zizanie. Comme on l’écoute beaucoup, Maisie est très bavarde.

Le père et la mère vont se « remarier » rapidement : elle, avec un homme plus jeune; lui, avec la préceptrice de Maisie qui deviendra donc sa belle-mère. Très vite, les couples vont dysfonctionner à nouveau : le père de Maisie est de plus en plus absent. La mère de Maisie fréquente d’autres hommes… Maisie est l’exutoire de la haine respective que se vouent les deux parents, et sa solitude et le manque d’affection sincère font qu’elle s’attache à tout adulte qui l’approche un peu, liant ainsi des liens de substitution.

Le fond psychologique est traité avec la prescience d’un psychiatre ou d’un psychologue. Ceci est d’autant plus remarquable qu’Henry James ne s’est jamais marié et n’a pas eu d’enfants pour en étudier aussi finement le comportement. Admirable.

Ce que j’ai moins supporté est le style lourd et répétitif par moments de l’écrivain, dans un roman un peu plus long que ceux déjà lus (292 pages) et qui aurait gagné a être un peu plus aéré sans rien perdre de son acuité.

CE QUE SAVAIT MAISIE, OMNIBUS 2013, (HJ 1897),  ISBN 978-2-258-09877-0