Little Bird de Craig Johnson

Résultat de recherche d'images pour "craig johnson the cold dish" Craig Johnson est un écrivain américain  (Huntington, Virginie 1961) créateur du personnage du shérif Walter Longmire, enquêteur dans des polars situés dans le comté fictif d’Absaroka dans le Wyoming (USA).

Little Bird (The Cold Dish 2004) est le premier tome de la série sur un total de 16 pour le moment.  Little Bird a été plusieurs fois primé et sélectionné pour des prix : Dilys Award, Grand Prix de Littérature Policière France, et aussi choisi parmi les 10 meilleurs polars de l’année selon la revue française Lire.

Une série pour la TV américaine fût tournée entre 2012 et 2017 avec Robert Taylor dans le rôle titre, totalisant 63 épisodes de 45 minutes sur 6 saisons. En France on a pu voir  la série sur D8;  elle est actuellement visible sur Netflix aux USA.

J’ai adoré ce polar non tant par l’intrigue policière qui est plutôt lente bien que suffisamment sanglante, que par la qualité humaine de tous les personnages y compris les personnages secondaires. Il y a aussi un humour assez féroce et décapant entre tous les acteurs de l’épisode ( un exemple …je trouvai cela aussi tentant qu’un gargarisme avec des lames de rasoir).

Le shérif Walt Longmire exerce depuis pas mal de temps, il a perdu sa femme Martha depuis 3 ans et il se laisse un peu aller sur le plan personnel. Toutes les femmes du comté lui courent après car c’est un homme séduisant. Il a des rapports spéciaux avec ses adjoints et ses administrés et plus spécialement avec son adjointe Vic, une vraie langue de vipère. Son meilleur ami est Henry Standing Bear un amérindien  Cheyenne avec qui il a fait le Viet Nam; ils se connaissent bien et s’envoient des vannes bien senties tout en veillant l’un sur l’autre. Henry appartient à la nation Cheyenne et ces cheyennes vivent dans une  Réserve où Henry a des parents, la famille Little Bird.

Quelques 3 ans auparavant une jeune fille déficiente mentale, Melissa Little Bird, a été abusée par 4 gars du comté qui vont s’en tirer (après un procès) avec des peines plutôt légères. Quelque temps après on commencera à éliminer par arme à feu les gars à l’origine du viol de Melissa. Le shérif Longmire et tous ses collaborateurs seront mis à très rude épreuve.

L’enquête policière est lente, on avance difficilement et cela est un bon prétexte pour nous décrire une nature somptueuse, siège d’un climat très rude, entourée de montagnes aux paysages à couper le souffle, riches en gibier et pêche.

Parmi la gente féminine qui tourne autour du séduisant shérif, il y a Vonnie, sa préférée. Le couple va se rapprocher peu à peu sans se brusquer et la suite sentimentale de cette histoire est une vraie surprise.

J’ai trouvé que la fin du livre était un peu « bavarde », longuette, mais je dois reconnaitre que cela n’enlève rien au charme de cette lecture entre western et étude psychologique avec de vrais personnages trempant dans la « vraie vie » de l’Ouest, et dans un cadre naturel sans égal.

LITTLE BIRD, Gallmeister 2011 (CJ 2005),  ISBN 978-2-35178-509-6)

La última noche que soñé con Julia de Elizabeth Subercaseaux

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Elizabeth Subercaseaux es una escritora, periodista y columnista chilena (Santiago 1945); es bisnieta del compositor alemán romántico Robert Schumann y de Clara Wieck-Schumann. Actualmente vive en EEUU (Pennsylvania) con su segundo marido. Ha sido traducida a varios idiomas y su mayor éxito de ventas es en Alemania.

Elizabeth Subercaseaux dedicó un libro a su ilustre tatarabuela Clara Schumann La música para Clara (2014) que debo leer.

Le he leído varios libros y me gusta su estilo divertido-chic y tan chileno. La trilogía llamada Barrio Alto que comprende: 1) Vendo casa en el barrio alto (2009), un libro muy divertido sobre un corredor de propiedades de la mejor alcurnia, que realiza compra y venta de casas porque el hombre está al tanto de absolutamente todo lo que sucede en la clase alta. Hay una descripción de una franja de la sociedad chilena completamente « momia »(=ultraderecha)en plena mutación. 2) Compro lago Caburga (2011) narra la especulación inmobiliaria alrededor de este lago Caburga armada por el corredor de propiedades, más un amigo especulador y un chino con las mil peripecias para adquirir los terrenos y la entrada en política del amigo. El tercer tomo es Clínica Jardín del Este (2013) una sátira sobre la especulación en torno a la salud.  Otra obra leída es La Patria de cristal (2017), una novela histórica que abarca un siglo más o menos de la Historia de Chile y que no me gustó porque hace de la Historia de Chile una especie de culebrón con los próceres de la Patria.

La última noche que soñé con Julia (2012) es una novela estupenda que describe muy bien la sociedad chilena de la clase media-alta. En la novela la tasa de divorcios es alta y las situaciones familiares complicadas. Esta vez la novela no tiene nada de divertido sino más bien es dramática pero sin morbo y muy pertinente.

Julia se casa por segunda vez con un abogado de situación holgada y pariente lejano, sin saber que el hermano mayor de su marido tuvo un problema con su madre. La familia del segundo marido de Julia es muy influyente y adinerada y no aprueba esta nueva unión. Una noche en que Julia y su marido reciben a la parentela y a los amigos en su nueva casa, Julia va a desaparecer. Los sospechosos no faltan y Julia no aparece. La novela es mucho más que un policial o una novela de suspenso porque está muy bien hilvanada y ofrece estudios psicológicos interesantes y es el lector que juzgará de un final sorprendente.

LA ÚLTIMA NOCHE, SUMA 2012,  ISBN 978-956-347-399-5

La légende de Santiago de Boris Quercia

Résultat de recherche d'images pour "boris quercia la légende de santiago" Boris Quercia est un écrivain, acteur, réalisateur, producteur et scénariste chilien (Santiago 1967), auteur d’un film qui connut du succès en 2004 « Sexe avec Amour ».

Il est l’auteur d’une trilogie avec l’enquêteur Santiago Quiñones. Le premier tome Les rues de Santiago (2010) est un excellent polar ultra noir et réaliste au sein de la grande ville qui est Santiago du Chili. Le deuxième opus Tant de chiens (2015) a obtenu le Grand Prix de Littérature policière Étrangère 2016 en France et le Grand Prix du Festival de Beaune de la même année.

Le troisième tome est La légende de Santiago paru en 2018 en France et paraîtra seulement en 2019 au Chili. Ils est excellent dès la première page, trépidant et ultra noir. Cela faisait longtemps que je ne lisais pas un polar aussi irrémédiablement noir.

Une série est en cours de préparation pour la TV chilienne avec l’acteur Tiago Correa dans le rôle principal.

Dans ce polar, écrit comme un scénario nous assistons à la dégringolade du flic Santiago Quiñones avec une vision tragique du monde globalisé. Le centre-ville de Santiago du Chili  est colonisé par des hordes d’étrangers nécessiteux qui vivotent sans papiers et appartiennent assez souvent à des mafias et pratiquent la délinquance. La corruption gronde partout  y compris au sein de la police (devrais-je dire surtout?).

Santiago Quiñones est en plein burn-out, il est à côté de la plaque dans tout ce qu’il touche :  avec le cas de sa mère, avec ses collègues, avec la dépendance à la coke, avec sa compagne Marina l’infirmière. Chaque pas, chaque situation vécue, l’enfoncent un peu plus dans le néant alors qu’il est devenu une légende seulement pour les autres.

Un très bon polar à lire même s’il laisse KO et un mot pour la traductrice Isabel Siklodi qui a su rendre le texte tellement en adéquation avec l’histoire.

LA LÉGENDE DE SANTIAGO, Asphalte 2018,  ISBN 978-2-918767-82-4

El peso de la noche de Jorge Edwards

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Jorge Edwards Valdés es un gran escritor chileno (Santiago 1931) con estudios de leyes y de Filosofía en Princeton, siguiendo después la carrera diplomática que culminó con el puesto de Embajador de Chile en Paris. Ha recibido numerosos premios siendo el Cervantes 1999 el más prestigioso. Hace parte de la Generación del 50 chilena, aunque él se considera algo marginal a este movimiento. Actualmente reside en Madrid

He comentado en este blog casi toda su bibliografía (15 libros, dieciséis con éste !) porque es un escritor que me gusta cómo escribe y cómo enfoca los temas, lo encuentro muy literario con esa ironía burlona siempre presente y fina, socarrona. Otra cosa que me gusta de este escritor-lector son las pasarelas que da hacia otros autores porque lee  mucho. Gracias a él descubrí un autor brasileño que me ha deslumbrado por su modernidad : Joaquim Machado de Assis.

El peso de la noche (1964) es una novela interesante en la cual me costó reconocer el estilo de Edwards, la encontré algo diferente de lo hasta aquí leído, pero me gustó.

Es una crónica bastante negra de cierta decadencia de una clase social alta chilena en los años 50. Es una familia matriarcal regentada por Doña Cristina González, muy enferma desde el principio del relato (González…qué raro porque el apellido no suena aristocrático). La matriarca lleva la batuta del dinero (fundos, tierras, transacciones bursátiles, etc) pero también de los familiares y allegados. Viven de manera clánica en un caserón en el centro de Santiago : el hermano de Doña Cristina (Don Ricardo, abogado), Don Eleuterio (otro abogado e hijo) casado con Doña Inés (padres de Francisco), una prima de la familia, Esperanza y su marido « el Pituto » y Joaquín otro hijo de Doña Cristina.

Un excelente estudio filológico de esta obra fue presentado por Carlos Santander, estudio gracias al cual el filólogo trató de encontrar un sentido a la prosa de Edwards.

Doña Cristina es una matriarca que posee todo en exceso : es opresora, vigilante, acusadora, motivadora de remordimientos, severa, moralista, humillante, imperiosa. Nadie le resiste, ella representa la autoridad que se rechaza pero al mismo tiempo es la seguridad que protege y que se anhela.

Tenemos dos narradores : Joaquín el hijo tarambana que vive a cuestas de su madre, no termina su carrera de Derecho, trabaja mal y siempre por recomendación, y es un borrachín empedernido, una oveja negra, un pobre tipo. Es la encarnación de la decadencia de esta familia patricia santiaguina, el prototipo de lo que en francés llaman un « fin de race« . La crisis de Joaquín es caída y decadencia y podría venir, en parte, de su iniciación sexual con la prima Esperanza cinco años mayor, hoy casada con Pituto.

El otro narrador es Francisco, un chico post adolescente que cursa el final de los estudios secundarios en los padres jesuítas y que inicia su educación sexual (en aquella época obligadamente con amores ancilares y/o tarifados). El chico no sabe lo que quiere estudiar más tarde y no quisiera seguir la tradición familiar del Derecho. El chico observa mucho, lee mucho y no sabe lo que quiere. Su narración abunda en raccontos que nos llevan a otras secuencias temporales. El chico está en crisis : el colegio religioso le ha entregado conocimientos importantes lo que lo ha distanciado de lo religioso; también está viviendo su iniciación sexual, otra crisis, pero su crisis es crecimiento y madurez.

Cada narrador tiene una secuencia independiente con 7 capítulos : capítulos I, III, V y VII son de Francisco González y los pares, del tío Joaquín. El espacio temporal abarca desde el amanecer del último día de Doña Cristina hasta el almuerzo posterior a sus funerales del día siguiente.

El peso de la noche es una frase portaliana (Diego Portales) »el orden social en Chile se mantiene por el peso de la noche« , lo que dicho de otra manera y con respecto al libro quiere decir que el autoritarismo en la organización del cuerpo social, la rigidez de los principios, la sanción a toda rebeldía, su vinculación al mundo agrario y comercial y la reducción del pueblo a mera servidumbre. Ahí tenemos el peso de  la noche.

Esta novela me trae recuerdos de la lectura del primer tomo de las Memorias de Jorge Edwards Los círculos morados. Me parece encontrar por momentos el mismo tema con una temporalidad diferente y donde Francisco González conlleva mucho de la escolaridad del propio autor. En cuanto a Joaquín, él conlleva mucho de un tío de Edwards, pero que pertenece a otra época. El peso de la noche debe tener más que algo de auto-ficción…

EL PESO DE LA NOCHE, Editorial Universitaria 2003,  ISBN 956-11-1539-5

Rouge-gorge de Jo Nesbø

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Jo Nesbø est un écrivain et scénariste norvégien (Oslo 1960), auteur de polars et de livres pour la jeunesse. Son héros récurrent est l’inspecteur Harry Hole, un stéréotype d’inspecteur entre ours-alcoolo-tabagique et loup solitaire qui utilise des méthodes peu orthodoxes pour résoudre les cas, mais qui néanmoins est le meilleur dans sa branche. Les épisodes peuvent se dérouler en Norvège ou à l’étranger.

L’auteur Jo Nesbø a vendu plus de 34 millions d’exemplaires de par le monde et il a été traduit dans plus de 50 langues. C’est tout à fait impressionnant.

Un film sortira en novembre de cette année (2018) sur son livre Le Bonhomme de neige (2007) avec Michael Fassbinder dans le rôle d’Harry Hole: cela correspond au septième opus avec ce détective.

J’ai commenté en mars 2018 mon premier Jo Nesbø: La Soif,  le 11ème de la série et je suis restée pas mal impressionnée  souhaitant en lire d’autres mais dans l’ordre: L’homme chauve-souris (1997) est le premier de la série, commenté en avril 2018, un livre qui m’a plu moyennement car j’ai trouvé qu’il faisait un peu catalogue touristique sur l’Australie, brodé autour de l’assassinat d’une jeune norvégienne; dans le livre on comprend pourquoi l’inspecteur Hole est envoyé aux antipodes par sa hiérarchie: c’est pour se faire pardonner une bourde professionnelle énorme qui a valu la mort d’un collègue alors que l’inspecteur était passablement imbibé d’alcool. En juillet 2018 j’ai commenté le N°2 Les cafards, qui se déroule en Thaïlande où Harry Hole doit résoudre un cas délicat de meurtre d’un diplomate norvégien dans des conditions plus que louches.

Rouge-gorge est le N°3 avec Harry Hole et cette fois nous sommes en Norvège. Cela a été pour moi une lecture plus que laborieuse car je me suis ennuyée par moments. Disons que j’ai dû lire une centaine de pages avant de comprendre clairement les tenants et aboutissants, puis 300 pages pour ressentir que la lecture devenait palpitante.

Et pourtant le sujet est intéressant: la Deuxième Guerre Mondiale et les soldats norvégiens engagés dans les troupes allemandes, partis faire la guerre avec les allemands. Beaucoup en sont morts et les rescapés ont soit déserté à Leningrad, soit regagné la Norvège où ils furent considérés comme traitres à la Patrie et emprisonnés. Dans ce contexte de nazisme s’insère la trame de Rouge-Gorge qui navigue entre 1944 et l’année 2000 autour de l’existence de groupes néonazis en Norvège et en Suède.

Le pauvre Harry Hole, trois ans après l’affaire thaïlandaise et qui n’est pas tout à fait guéri de son alcoolisme intrinsèque, tout en étant un policier hors pair, va être embarqué dans ces milieux interlopes de néonazis après une bavure (encore une!) avec les services secrets américains à l’occasion d’une visite du président des USA en Norvège et aussi après la terrible mésaventure de sa coéquipière Ellen. La hiérarchie va l’assigner au SSP (Service de Surveillance de la Police) comme une façon de le mettre à l’abri. Au sein de cette branche de la police, il fera la connaissance de Rakel Fauke, une belle femme qui travaille dans le même service et avec qui il se trouvera très vite des atomes crochus. Mais c’est sans compter que Berndt Brandhaug, un conseiller aux Affaires Étrangères (qui ressemble comme une goutte d’eau à DSK…), a jeté aussi son dévolu sur la belle et dans ce cas, la hiérarchie ne trouve rien de plus normal que de délocaliser Hole et de l’envoyer au fin fond de la Suède « surveiller » des groupes néonazis…

Mais le pauvre Harry reviendra très vite à Oslo car l’affaire se complique et on a tellement besoin de lui…

J’ai trouvé toute cette affaire tellement compliquée, tarabiscotée, avec beaucoup trop de personnages qui surgissaient à l’improviste, porteurs de noms difficiles à mémoriser et à différencier. Bref, par moments je pédalais dans la choucroute et cela m’a été désagréable. Le côté sympa du roman tient aux chapitres ultra courts, mais tout de même il faut tenir 600 pages en édition de poche !

Et Rouge-Gorge dans tout cela ? C’est le surnom de Gudbrand Johansen quelqu’un que l’on recherchera longtemps dans le roman et qui pensait que la façon « la plus humaine » de tuer, c’était à la baïonnette en coupant la carotide. Le seul moment jouissif du roman, c’est quand il dégomme Berndt Brandhaug, le magnifique salopard.

Attendons le N°4 et la rédemption avec ce cher Harry Hole.

ROUGE-GORGE, Folio Policier 450, 2018 (JN 2000),  ISBN 978-2-07-270809-1

La plaza del Diamante de Mercè Rodoreda

Résultat de recherche d'images pour "merce rodoreda" Mercè Rodoreda es  una gran escritora española de lengua catalana (Barcelona 1908-Gerona 1983), traducida a más de 40 idiomas y que cultivó varios géneros: poesía, teatro, cuentos y sobre todo, novelas. Desde 1929 empezó a considerar la escritura como un oficio y cada día se encerraba en un palomar azul de la casa materna que le sirvió de inspiración para escribir La plaza del Diamante. En el año 2008 se celebró el « año Rodoreda » para recordar el centenario de su nacimiento.

La producción literaria catalana de la posguerra se diferencia de la española porque se produjo generalmente en el exilio o de forma clandestina.

Leí de Mercè Rodoreda  Espejo roto (1974) considerada como su obra más ambiciosa y perfecta: la saga de una familia catalana que comienza con el matrimonio del patriarca con una mujer de baja extracción aunque preciosa que había cometido un desliz. Cuando la mujer enviuda se vuelve a casar con otro hombre rico que trae al hogar un hijo ilegítimo que se enamorará de su media hermana. ¿Y el espejo? pues para la escritora un espejo refleja y en la novela la autora refleja la vida y lo escrito sobre esta familia que son solo fragmentos de  vida; el espejo a lo largo de la vida era solo un espejo roto.

La plaza del Diamante es una obra maestra y es arduo escribir un billete sobre una obra tan rica y compleja.

En todas las obras de Rodoreda la protagonista tiene un vacío existencial, encontrándose abandonada de todos y sin una función concreta.

La plaza el Diamante (1962) la escribió en Ginebra en 1960, durante el exilio; la novela se considera como la obra más importante de la narrativa catalana de la posguerra, ambientada en el barrio popular de Gracià en Barcelona; es una novela histórica, psicológica, costumbrista y universal que da para varios niveles de lectura, con muchas metáfóras y simbolismos.

El libro corresponde a una estructura de Bildungsroman o novela de formación porque seguiremos paso a paso el destino de Natalia desde su formación individual y luego colectiva (relacionada con un tiempo histórico dramático) hasta la madurez y una metamorfosis. La novela versa sobre el aislamiento, la soledad y el silencio de una mujer de esa época y en esas condiciones.

La obra de Rodoreda se ha comparado  con la de Virginia Woolf por el estilo y la capacidad descriptiva y se caracteriza por un fuerte simbolismo utilizado para expresar los pensamientos internos de los personajes y por la presencia en la obra de personajes femeninos de diferentes estratos sociales y culturales

Se hizo de La plaza del Diamante une serie para la TV española en 1982 con Silvia Munt en el rol de Natalia/Colometa  con Francesc Betriu como director, es excelente y muy fiel al libro utilizando el texto casi al pie de la letra. La serie de 4 episodios de 50 minutos puede verse gracias a la filmoteca de RTVE en Internet. Hay una buena impresión de la Barcelona gótica.  En 2014 la obra fue llevada al teatro con Lola Flores en el rol protagónico.

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LA NOVELA : la novela tiene una estructura circular porque comienza y termina en la plaza del Diamante, una plaza del barrio de Gracià (erigida sobre un terreno comprado en 1860 por un joyero). La plaza es una metáfora de libertad para Natalia, una chica como tantas, de clase obrera cuya vida y esperanzas fueron destrozadas por la Guerra Civil. Natalia va  a pasar de la potestad del padre a la potestad de un marido que la aniquila totalmente, robándole hasta el nombre decidiendo que se llamará Colometa (diminutivo de coloma o paloma pequeña en catalán).

Natalia vive con su padre y la segunda esposa de éste, trabaja en una pastelería hasta que conoce a Quimet en la fiesta de San Juan en la plaza del Diamante. A partir de este encuentro, Quimet decide de todo, la aniquila como persona y la llama Colometa o María. La pareja tendrá dos niños y vive bien aunque Quimet es algo desaprensivo y soñador, violento y tiránico en su hogar, es el reflejo del rol paternalista. Quimet sueña hacer fortuna con la crianza de palomas y toma para ello parte del espacio de libertad que tenía Colometa en el terrado de su apartamento y decide construir allí un palomar. Las palomas invadirán el espacio de Colometa que comienza a odiarlas. Estas palomas en el relato son un símbolo (entre otros tantos símbolos como el color azul, las flores, el gato de la suegra, los lazos de la suegra, el embudo etc). Las palomas aquí tienen un símbolo de sujeción y de fragilidad pero no de libertad porque están enjauladas exactamente como Colometa. La construcción del palomar es otro elemento simbólico que supone un microcosmos social donde todas las clases están representadas por tantos estilos de palomas diferentes.

La actitud de rechazo de las palomas será la primera rebeldía de Colometa y un paso hacia su madurez y la recuperación de una identidad.

Quimet partirá a la guerra y no volverá como muchos, dejando una viuda y dos niños totalmente desamparados. Es tal la miseria de Colometa que la pobre mujer piensa envenenar a sus hijos con aguafuerte y luego suicidarse, pero un tendero del barrio que la conocía bien a última hora le tiende la mano y le propone primero ayuda y luego matrimonio. Es un matrimonio blanco porque el buen hombre ha quedado lisiado después de la guerra.

Gran parte de la novela funciona con un monólogo interior donde Colometa habla y comenta su vida de manera simple, casi simplona, pero sincera e inocente; los años se suceden desde antes de la Segunda República (capítulos I a XVII), pasando por la Guerra Civil (capítulos XVIII a XXXII) hasta la posguerra (capítulos XXXIII a XLIX) . Es más o menos de los años 1928 a los 50 y tantos.

Los espacios domésticos de Natalia/Colometa son cerrados contrastando con los espacios masculinos que son abiertos. Colometa circula primero en el apartamento del padre y la pastelería donde trabaja, luego en el apartamento de Quimet, luego en el apartamento donde ejerce de criada para terminar en el apartamento de su segundo marido.

Las calles en la novela (Colometa tiene miedo de la calle Mayor) son metáforas de cierta fuerza social que le impide avanzar en la vida. Al principio de su vida Colometa tiene miedo de los espacios abiertos y se confina en sus cuatro paredes. En cambio en el período de su madurez su agorafobia se transformará en claustrofobia y elle busca los parques y jardines abiertos y con flores (pasión de Rodoreda).

Al final de la novela Natalia está preparada para reconstruír su personalidad y parte a visitar los lugares donde vivió armada de un cuchillo que simboliza la ruptura con lo anterior. Así, dará un alarido descomunal como para romper el silencio y la pasividad de su pasado.

Una obra de una gran riqueza interpretativa que con tanto simbolismo me recuerda lo mejor de la obra de la escritora chilena María Luisa Bombal una contemporánea (1910-1980).

LA PLAZA DEL DIAMANTE, Pocket Edhasa 2009 (MR 1962),  ISBN 978-84-350-1841-8

Témoin involontaire de Gianrico Carofiglio

Résultat de recherche d'images pour "témoin involontaire" Gianrico Carofiglio est un magistrat, écrivain et homme politique italien (Bari 1961).

Témoin involontaire (2002) est le premier tome d’une série avec l’avocat Guido Guerrieri de la ville de Bari; quatre autres tomes sont déjà publiés et traduits en français. Un film pour la TV italienne fût tourné en 2007 par Alberto Sironi et vous pouvez le voir sur Youtube en italien sous le titre original de Testimone inconsapevole (durée 1h47); avec Emilio Solfrizzi dans le rôle de l’avocat Guido Guerrieri. C’est un film à part entière très fidèle au texte, avec moins de détails quotidiens que dans le livre, très axé sur le procès et avec une fin modifiée par rapport au livre qui va « plus vite » avec la relation entre Guido et Margherita.

Dans ce premier tome Carofiglio développe richement l’art du contre-interrogatoire avec ses modèles d’interaction et c’est intéressant.

Ce livre m’avait été chaudement recommandé et je dois avouer que au début j’ai été décontenancée par cette lecture en me disant « mais, qu’est-ce que j’ai à faire des mésaventures de cet avocat avec un profil de loser, de anti héros? ». Puis, lorsque l’humour ravageur du personnage et l’explication de sa dépression furent évidentes, j’ai trouvé que la lecture était très addictive, plus intéressante que bien d’autres lectures similaires et sémillante de détails de la quotidienneté de l’avocat! La richesse du texte va jusqu’à nous donner une recette de cuisine (les polpetti de poulet que je vous donnerai en fin d’article) et un vin de la région de Lecce (Pouilles) que j’ai réussi à trouver dans un magasin de vins italiens et qui est délicieux, velouté et équilibré : le Salice Salentino-Riserva que je vous recommande (attention, il titre 16°5).

Le polar tourne autour d’une affaire judiciaire relativement simple : un Sénégalais, Abdou Thiam,  vendeur à la sauvette sur une plage de Bari est accusé du meurtre d’un petit garçon de 9 ans qui réside tous les étés à Bari avec les grands parents et qui fréquente la plage tous les jours; il était ami avec Thiam. Tout, absolument tout accuse le Sénégalais. L’avocat pénaliste Guerrieri, sera contacté afin d’assurer la défense de Thiam et peu à peu sera convaincu de la sincérité de l’accusé. Le procès ira aux assises et la plaidoirie est essentielle pour convaincre les jurés. Aucun détail ne peut être négligé car Thiam risque la peine à perpétuité.

La deuxième partie du roman développe la construction de la défense. C’est intéressant et instructif.

L’intérêt de ce polar pour moi n’est pas dans la partie judiciaire mais dans tout ce qui entoure la vie de l’avocat et la psychologie de Guido Guerrieri.

Ce livre me rappelle le cinéma italien néoréaliste de la post guerre avec une  foultitude de petits détails contenus dans la narration qui sont d’une richesse incroyable comme dans la tétralogie d’Elsa Ferrante : c’est très cinématographique.

Il faudra suivre la trajectoire de Guido Guerrieri car le lecteur est bien conscient qu’il va entamer sous nos yeux une nouvelle relation sentimentale avec l’énergique Margherita…

POLPETTIS  DE POULET (=CROQUETTES): cuire puis hacher le poulet avec 100 grammes de jambon cuit. Mettre le tout dans un saladier avec un oeuf, du parmesan râpé, une pincée de noix muscade, sel et poivre. Mélanger à la cuillère de bois puis former les croquettes avec les mains, grosses comme un oeuf. Les passer dans un autre jaune d’oeuf battu avec un peu de sel et une goutte de vin. Rouler les croquettes dans la chapelure mélangée avec un soupçon de noix muscade et les faire dorer à feu modéré dans de l’huile d’olive. Accompagner  d’un Salice Salentino ou n’importe quel autre vin sous la main. Buon appetito.

NB : ni la quantité de poulet ni le vin pour la préparation ne sont donnés; la recette figure page 103.

TÉMOIN INVOLONTAIRE, Rivages/Noir 658, 2018 (GC 2002),  ISBN 978-2-743-61-7202