Mirage de Douglas Kennedy

Écrivain et journaliste américain (New York 1955), vrai globe-trotter et francophile: Dublin, Berlin, Londres, Paris, New York, etc. C’est un romancier à succès qui vend 14 millions d’exemplaires, dont 7 millions en France. L’attrait de ses romans réside dans leurs questionnements sur l’Amérique et ses défauts, sur l’humanité en général, sur les relations hommes/femmes, sur l’Art. Bref, des topiques universels. De toute évidence il a choisi de situer ses romans dans des endroits  différents : par exemple Cet instant là à Berlin, celui-ci au Maroc, un peu à la manière de Woody Allen qui nous promène d’une ville européenne à une autre avec ses derniers films (sauf le tout dernier, « L’Homme irrationnel » qui se passe dans l’Est nord-américain…). En 2001 il a délaissé le thriller pour le roman sentimental ce qui lui valut le non renouvellement de son contrat par l’éditeur américain.

Mirage est son douzième roman (The heat of Betrayal qui ne paraitra que début 2016 aux USA !), c’est lui même qui a choisi le titre en français, paru début mai 2015 en France; je verrais mieux ce livre sous le titre de Trahison, mais peut-être que Douglas Kennedy n’a pas voulu dévoiler le sujet dès le titre. C’est un livre qui se lit bien, un roman sentimental avec une intrigue assez rocambolesque pour nous maintenir en haleine jusqu’au bout. L’idée de ce roman lui est venue en 2012 lorsqu’il visitait le Sahara et qu’il a aperçu la silhouette d’une petite fille de 8-9 ans venant de nulle part…C’est la sixième fois qu’il choisit une héroïne femme.

La question centrale du livre (et recurrente dans ses romans) est la suivante : est-ce que l’amour ne serait pas une illusion? Est-il possible de bien connaitre la personne avec laquelle on vit ? Il y a dans ce roman pas mal d’imagination et plusieurs histoires imbriquées: d’abord et au centre du livre, l’histoire du couple formé par Robyn et Paul, un couple mal assorti mais qui connait une excellente entente sexuelle. Je dis mal assorti parce que lui est un artiste peintre assez talentueux, imprévisible, désordonné, flambeur; Robyn est tout le contraire, comptable de profession, organisée, calculatrice, pieds sur terre, raisonnable. Elle est si amoureuse de son bonhomme qu’elle souhaite de tout coeur qu’il lui fasse un enfant car son horloge biologique tourne… Le mari n’est pas contre cette idée et il propose à son épouse de partir en voyage au Maroc, qu’il connait bien, un endroit qui pourrait faire redémarrer son inspiration de peintre et aider le couple dans son désir de concevoir un enfant.

Les voila partis au Maroc…et tout se déclenche. Nous avions le portrait d’un couple « idéal », mais nous ignorions beaucoup de choses…Ce qui était une deuxième lune de miel façon carte postale, va se transformer assez rapidement en cauchemar carrément gore. Je ne dévoilerai pas ici les détails de cette aventure marocaine racontée avec la cadence d’un thriller parce que les éventuels lecteurs seraient privés du plaisir de la découverte avec des surprises qui vont pimenter la lecture.

Le Maroc est assez bien vu par les américains: un État bien tenu par une police efficace, mais où règne la corruption et où le bakchich est la règle incontournable à tous les niveaux et à chaque geste, un pays où le soleil est implacable et le désert mortifère, un pays où des gens ont encore une dignité incroyable. Oui , il y a dans le livre des images cliché, mais pas toutes.

J’ai été un peu perplexe au sujet de l’attitude de l’héroïne du roman, Robyn, qui m’a paru parfois contradictoire: voici une femme qui avait peu voyagé, pour ne pas dire, pas voyagé du tout et qui arrive au Maroc et se permet de sortir toute seule de son hôtel alors que dans son propre et « civilisé » pays, les gens ne sortent JAMAIS se promener à pied, parce que c’est dangereux et parce que les distances sont trop grandes; il faut toujours la voiture. Puis, plus loin dans le roman, lorsqu’elle découvre l’immense trahison subie, elle partira à la recherche de celui qui l’a trahie comme si subitement cette femme qui par ailleurs est intelligente, se comporterait de façon idiote.

Le côté très américain du livre montre que Robyn va rebondir, car les américains sont des optimistes pragmatiques et ils savent rebondir et partir sur de nouvelles bases parfois assez surprenantes, ce qui est le cas dans ce roman. Le livre regorge aussi de réflexions à dix balles, comme celle-ci…« Il paraît que l’école de la vie est la meilleure de toutes. Sans doute, mais seulement si nous sommes déterminés à nous extraire des illusions et des leurres dans lesquels nous nous enfermons. Or l’amour n’a pas son pareil pour nous troubler la vue. Et que serait la vie sans amour? » (page 31)…« Le problème avec la culpabilité, surtout quand elle vous suit depuis l’enfance, c’est qu’il est impossible de l’ignorer lorsqu’elle referme sa main sur vous »…(page 132).

Pour finir, une phrase empruntée à Douglas Kennedy : Qu’est ce que un mirage ? L’amour est un mirage !(Bingo !)

Voici un lien pour lire mon billet sur le livre « Cet instant là » de février 2014 qui fut aussi une lecture sympa:

https://pasiondelalectura.wordpress.com/2014/02/11/cet-instant-la-de-douglas-kennedy/

 

MIRAGE, Belfond 2015,  ISBN 978-2-7144-4637-4

El núcleo del disturbio de Samanta Schweblin

Samanta Schweblin es una escritora argentina (Buenos Aires 1978), elegida en 2010 por la revista británica Granta, entre los 22 mejores escritores en lengua castellana de menos de 35 años.  Cuando terminó su carrera de cine en 2001 no buscó trabajo en su rubro sino que fundó una agencia de diseño. Este libro « El núcleo del disturbio » es su primer libro de cuentos de 2002, libro que fue premiado y cuya segunda edición fue diseñada por ella misma. Samanta Schweblin está radicada en Alemania.

Hace mucho tiempo que deseaba leerla porque supe que era una cuentista fuera de serie. Pude hacerlo gracias al concurso fiel de Graciela.  Puedo decir ahora que no me gustaron mucho sus cuentos porque  encontré que bañan en el absurdo, son descolocados y tienen un final abierto.  Y a mi los cuentos me gustan cerrados, redondos = una historia completa con principio y desenlace con un mínimo de prosa necesaria para una claridad prístina . Reconozco que la prosa de Schweblin es de calidad, es muy detallista, pero mi critica va hacia el contenido y no hacia la forma. Empecé a leer los cuentos por segunda vez, en eso estoy, pero esta vez de manera más pausada. Es posible que vuelva con el tema cuando acabe esta segunda lectura.

« El núcleo del disturbio »  contiene 12 cuentos en apenas 140 páginas,  cuentos enhebrados con un ingrediente común: la tensión. Los cuentos están raramente en el plano de lo real, porque las historias fluyen entre  realismo y  fantástico y están construidas con una prosa afilada sostenida por una sólida estructura narrativa. Destaca en la joven escritora la búsqueda permanente de lo insólito, de lo extraño atravesando una realidad, una especie de género « familiar desconocido ». Y lo que le gusta en el cuento a esta autora es la intensidad, la concentración en un punto crítico y la precisión de cada paso. En esto concuerdo con ella.

Los últimos cuentos son los que más me gustaron : »La verdad acerca del futuro », « Más ratas que gatos » y « La pesada valija de Benavides », el más negro, rayano en lo malsano.

 EL NÚCLEO DEL DISTURBIO, Booket 2002,  ISBN 978-987-580-429-6

D’autres reins que les miens d’Yvanie Caillé et Dr Frank Martinez

 

« D’autres reins que les miens » : un livre sur l’aventure humaine et scientifique de la dialyse et de la greffe @voixdespatients | Tout et Rein by renaloo.com | Scoop.itYvanie Caillé (Alençon 1973) est directrice d’une association de patients, appelée « Renaloo », qui est aussi le nom d’un blog sur la néphrologie. Son histoire personnelle raconte qu’elle a été dialysée à un moment de sa vie et qu’elle a été greffée par la suite avec  un rein de sa mère, ce que lui a permis de mener par la suite une vie normale. Frank Martinez est néphrologue et pratique la transplantation rénale à l’Hôpital Necker à Paris depuis 25 ans.

C’est un livre témoignage écrit par des gens des deux côtés de la barrière : des médecins et des patients. Les uns racontent leur expérience, les autres leur vécu. L’ensemble des témoignages couvre 60 années de Néphrologie française où l’Hôpital Necker a eu un rôle important (pionnier en France en  Néphrologie, Dialyse et Transplantation Rénale) dans le cadre de  l’AP-HP(Assistance Publique-Hôpitaux de Paris).

À l’Hôpital Necker dans les années 60, le chef de Service était le Pr Jean Hamburger qui était plutôt réticent vis-à-vis de la dialyse . Le docteur Martinez raconte que la vraie passion du Pr Hamburger était la greffe rénale. Aujourd’hui la dialyse concerne 70 000 patients en France.

Quand on lit  le chemin parcouru par la Néphrologie, on reste pantois. Au début de l’Ère dialyse, ils ont essayé une « dialyse intestinale », une méthode préconisée par le Pr Hamburger: on introduisait d’énormes quantités de liquide « de dialyse » dans le tube digestif pour obtenir un échange de molécules à travers les nombreux capillaires du tube digestif. C’était une méthode complexe et dure pour les patients: 4 à 5 litres par heure et par voie rectale!…Une méthode peu efficace aussi, qui n’a pas permis de sauver beaucoup de patients mais qui montre bien la difficulté à trouver des traitements  adéquats à l’époque.

Tous les témoignages recueillis dans ce livre ( très bien relié, aéré et agréable à lire) sont admirables, différents les uns des autres,  constituant une mosaïque humaine d’une grande valeur. Le livre pullule d’anecdotes, certaines dramatiques, d’autres cocasses comme celle du couple qui se tournait pour prendre les médicaments…un jour toi, un jour moi. Le principe « pour le meilleur et le pire » appliqué à la perfection.

Aujourd’hui les méthodes sont au point, particulièrement la dialyse. Par ailleurs, des chapitres entiers de pathologie rénale ont disparu avec les progrès médicaux (les complications infectieuses des avortements, certaines variétés de glomérulonéphrites…), les techniques se sont épurées et affinées, le matériel est  biocompatible, la transplantation est organisée au niveau national et européen.

La véritable aventure qu’a été la néphrologie depuis soixante ans,  ne serait pas grande chose sans cette  humanité, cette chaîne humaine pratiquée à tous les échelons. Et j’ai une pensée émue pour toutes les infirmières/ infirmiers qui ont accompagné ces cohortes de malades et qui ont fait partie de la pratique quotidienne des soins en Néphrologie. L’infirmière est le premier contact humain/professionnel qu’a le patient insuffisant rénal, et c’est elle (ou lui) qui fera la première approche et servira d’intermédiaire avec le médecin. Cela aurait été intéressant d’inclure quelques vécus d’ IDE (Infirmière Diplômée d’État) dans le livre car elles doivent avoir plein d’anecdotes de leur vécu quotidien parce qu’elles passent beaucoup de temps avec les patients. Dans ce champ médical, la notion d’équipe  est magnifiée car  elle existe réellement, parce que les uns dépendent des autres dans un écheveau de responsabilités assez surprenant.

C’est un livre magnifique, émouvant et accessible à tous. J’ai particulièrement apprécié le témoignage de Bruno qui dit haut et fort combien l’amour est important dans le vécu de la maladie.  Je termine ce billet avec un mot très juste de Bruno, lequel, malgré l’adversité de la maladie n’a jamais voulu perdre une seule goutte de cette vie

D’AUTRES REINS…, Le Cherche Midi 2014,  ISBN 978-2-7491-3522-9

El encanto de un vals de Selma Lagerlöf

Selma Lagerlöf es una escritora sueca,  feminista convencida (Värmland 1858-1940); fue la primera mujer que obtuvo el Premio Nobel en 1909 y la primera mujer elegida a la Academia Sueca en 1914.  Selma Lagerlöf fue profesora de clase primaria, pero abandonó la enseñanza en 1895 tras sus primeros sucesos como escritora.  Existe un Premio literario sueco Selma Lagerlöf que se distribuye anualmente.

La escritora vivió su infancia en una vasta propiedad llamada Märbacka  en la provincia de Dalecarlia (Värmland),  donde su padre era administrador; desgraciadamente esta propiedad salió a la venta por subasta en 1888 y la escritora se juró de comprarla en cuanto pudiera, lo que hizo en 1904.

Es una escritora de género fantástico y también de género que hoy en día se califica como « fantasy ». Su estilo narrativo tiende a difuminar los límites entre el sueño y la realidad en una fantasía que mezcla lo sobrenatural con la crítica social. Sus cuentos son una fusión inteligente entre los cuentos de hadas escandinavos y los relatos sobrenaturales victorianos. Su obra baña en las leyendas y la historia de su terruño, el Värmland, una provincia excéntrica, lejana y aislada de las metrópolis culturales europeas. La clase alta estaba reducida a contentarse con sus propios talentos: escuchar música y tocar instrumentos, improvisar rimas, leer en alta voz durante las veladas y por sobre todo, contar cuentos y leyendas tradicionales de las clases populares.

Sus obras exaltan el espíritu nacionalista sueco y están asimiladas al Nationalromantik ( una manera particular de practicar el idioma, la etnia, la cultura, la religión y las costumbres nacionales). Esto constituye un eje central en el arte y las filosofías políticas heredadas de la Ilustración que van a redefinir el mapa de Europa y conducir a lo que se llama la auto-determinación de entidades nacionales.

« El encanto de un vals » (« Le violon du fou » en francés) se publicó en 1899. es un cuento de apenas 100 páginas que debe de conllevar muchos recuerdos de la escritora porque el relato transcurre en la propiedad de Munkyttan (que recuerda la propiedad de Märbacka de los Lagerlöf), donde la familia de Gunnar Hede, el último heredero, está a punto de perderla por mala gestión. El problema es que Gunnar Hede solo piensa en tocar su violín y no en estudiar. El chico se volverá loco y se transformará en un vagabundo, vendedor ambulante, del cual todos se ríen. En sus peregrinaciones conocerá a una pareja de titiriteros que han acogido a una pobre huerfanita, Ingrid,  que llevan de un lado para otro hasta que la ubican  a los 13 años en un presbiterio para que ayude a la mujer del vicario. Pero con el tiempo la niña se  transformará en un ente soñador y fantasioso, lo que incomoda a su familia adoptiva. A los 19 años Ingrid caerá muy enferma y la darán por muerta,   enterrarándola viva. El pobre loco Gunnar Hede que pasaba por el cementerio escuchará ruidos y descubrirá a Ingrid aletargada en el ataúd. Por casualidad la sirvienta del vicario tiene una hermana que trabaja en la propiedad en ruinas de los Hede, porque la señora Hede de Munkyttan espera siempre a su hijo y reza para que recupere la cordura.  A Ingrid la instalarán en Munkyttan y le pedirán ayuda afectiva para que Gunnar recupere su cordura.

Habrá acciones y contra- acciones que otorgan dinamismo al texto al mismo tiempo que relatan con minucia la vida en las mansiones o en las chozas de los pobres de esta vasta y desolada región de la Suecia que se llama el Värmland. El final es feliz, un cuento de hadas.

Encontré una similitud entre este cuento, publicado en Santiago de Chile en 1934 por la Editorial Ercilla y el cuento de la escritora chilena María Luisa Bombal, « La amortajada » publicado en 1938. Es vox populi que la infancia de ML Bombal fue acunada por los relatos de autores nórdicos que María Luisa conocía  muy bien. En « El encanto de un vals » están todos los elementos fantásticos que se le atribuyen a Selma Lagerlöf y entre ellos, es cuestión de una amortajada que no es otra que la pobre Ingrid cuando se la entierra viva ( en el cuento de Bombal la muerta ve y escucha a los vivos, pero está realmente muerta), también es cuestión de naturaleza en ambos cuentos, con la diferencia que en el relato de Bombal la tierra, la pachamama, tiene un gran rol protagónico. Con Selma Lagerlöf la naturaleza es solo un elemento decorativo y regional :… »el gran mutismo de la naturaleza le dió la impresión de que andaba a tientas para encontrar el camino en los laberintos del bosque »...(pg 78).Ambas escritoras, con un siglo de distancia tienen una narrativa muy parecida, siendo la narrativa de Bombal aún más pertinente en lo fantástico y bastante más sensual (con un fuerte erotismo soterrado).

« El encanto de un vals » es un cuento interesante, diferente, de una autora reconocida y que me fue enviado desde muy lejos, en español, de parte de una persona a quien tengo en gran estima y consideración.

EL ENCANTO DE UN VALS, Ediciones Ercilla (La Novela Rosa) 1934

Au commencement était le verbe de Bernard Fripiat

Bernard Fripiat est belge et expert en orthographe, agrégé d’histoire, chroniqueur radio, écrivain et auteur de comédies pour le théâtre et de très nombreux ouvrages sur le thème de l’orthographe. Il exerce comme coach en orthographe, animant des stages  selon sa méthode, mise au point en 1988 et qui a reçu un prix en 1991.

C’est en l’écoutant sur le programme de radio « Les Experts » sur France Bleu 107.1 que j’ai eu très envie de lire son dernier ouvrage Au commencement était le verbe…ensuite vint l’orthographe, paru en février 2015. J’ai acheté aussi L’orthographe 99 trucs pour en rire et la retenir ! que je n’ai pas encore lu. J’adore l’orthographe, elle m’amuse beaucoup, surtout le côté challenge.

Honnêtement cette lecture a été une déception. Je ne me suis pas amusée, je me suis quelque peu agacée, puis je n’ai pas appris grand chose.

C’est un livre qui se présente sous forme de questions :138 questions exactement en 7 chapitres.

Nos ancêtres parlaient le gaulois, mais nous parlons le français, dérivé du latin vulgaire. Pourquoi? Parce que selon Fripiat: 1)  le gaulois était la langue des vaincus, 2) la Gaule, non encore hexagonale, était un semis de dialectes, et 3) et la raison principale, parce que le gaulois était une langue orale, non-écrite, et de ce fait nos ancêtres n’ont jamais connu de problèmes d’orthographe. Selon les circonstances et leurs interlocuteurs, nos ancêtres s’exprimaient en gaulois ou en latin. Nos aïeux avaient-ils un don pour le bilinguisme? Peut-être ! Mais dans ce cas, nous pouvons nous demander quand ce talent a décidé de fuir notre cerveau…

Au XVII siècle le philosophe Louis de Lesclache avait une école de grammaire et de philosophie et proposait aux élèves une écriture phonétique. En 1668, il a publié un ouvrage intitulé Les véritables Règles de l’ortografe franceze ou l’Art d’aprendre an peu de tams à écrire corectemant. Voici un traité que la ministre de l’Éducation actuelle, Najat Vallaud Belkacem devrait conseiller aux élèves dans son souci acharné de vouloir ramener le niveau scolaire vers le bas.

J’ai appris que le signe & s’appelle une esperluette. On peut aussi l’appeller esperluète, perluette, perluète ou « et » commercial…

La question 3 est restée sans réponse claire pour moi, tout au moins dans ce livre. Pourquoi parlons -nous une langue latine à Paris et non à Tunis ? C’est la question posée par Fripiat, alors que la domination latine est restée sept cents ans en Afrique du Nord, versus cinq cents ans en Gaule. Je connais la réponse mais je voulais la lire…pfff

Déception avec ce livre, voyons ce que la lecture du prochain livre me réserve …

AU COMMENCEMENT… La Librairie Vuibert 2015,  ISBN 978-2-311-10050-1

Yo confieso de Jaume Cabré

Description de cette image, également commentée ci-aprèsJaume Cabré i Fabré es un filólogo, escenarista y escritor catalán (Barcelona 1947), cuyas novelas son de gestación lenta. Los  grandes temas de su obra son el poder y la condición humana, el valor de la creación artística, con la música en un destacado papel. Ha sido premiado con muchos premios catalanes y con cuatro  Premios de la Crítica española: en 1985, 1992, 2005 y 2012 (éste último con Yo confieso). Recibió además el Premio Nacional de Literatura en 1992. Es un autor muy leído en Alemania donde  Yo confieso  lleva más de 500 000 ejemplares vendidos (contra 50 000 en Francia)…

En Francia le han puesto como título, Confiteor, lo que encuentro elegante y adecuado, además que es un término que vuelve a menudo en el texto. En alemán le han puesto  El silencio del coleccionista (Das Schweigen des Sammlers), lo que no está mal .

La primera vez que escuché hablar de este libro fue con Guillaume L. quien  dijo  que se trataba de una gran obra , una obra que iba a hacer mella…y tenía toda la razón. Dedico esta reseña al simpático Guillaume que supo interesarme y compré el libro , no en el idioma vernacular (catalán), sino en una excelente traducción al español de Concha Cardeñoso de Miera .

Es muy intimidante escribir una buena reseña sobre este monumento de la literatura, de esta obra maestra. Son pocos los libros que dejan la sensación de haber leído una obra mayor. Confieso haberme sentido anonadada, perpleja y casi confusa después de leer la última línea…

¿Por qué tanto remezón? Porque hay muchas cosas en este libro. Porque este libro abarca seis siglos de historia europea con personajes y sus historias. Trata de Historia, de idiomas, de música, de la historia de la familia Ardèvol, de una historia de amor,  de literatura,  de coleccionismo, de un tratado sobre el Mal, de la historia de Adrià Ardèvol (el protagonista), de la historia de un violín, de la historia de la amistad entre Adrià y Bernat , de pintura, de filosofía, de poesía…

Este libro no se lee fácilmente porque, aunque hay una total coherencia en la trama, la estructura de la novela es compleja:  en una misma frase se salta de un protagonista a otro o de un tiempo a otro y se necesita  concentración para seguir el hilo de la narración so pena de perderse en el relato.

Adrià Ardèvol i Bosch, nacido en 1946 narra su vida a la primera persona, tiene recuerdos desde los siete años cuando se escondía tras las puertas y los sillones para escuchar conversaciones extrañas entre sus padres y sus allegados, extrañas porque el niño no entendía el significado. Era un chico raro, solitario, sobresaliente, pero infeliz porque sus padres eran fríos y lejanos y no lo querían con simplicidad, sino que le habían escogido un destino muy a lo grande: el padre lo quería erudito y políglota y la madre un violinista de renombre mundial. Adrià es tan infeliz que se inventa un par de secuaces que lo acompañarán toda su vida: el indio Águila Negra y el sheriff Carson que no son otra cosa que la materialización de su consciencia, de su alma frente a tanta soledad. Se sentía tan solo que tenía su infancia grabada como un cuadro de Hopper, una soledad misteriosa.

Adrià Ardèvol querrá saber todo, sin cesar de estudiar y llegará a dominar 10 idiomas, la filología, la historia, la lingüística, la filosofía, la teología. Escribirá libros que tendrán gran acogida en el mundo intelectual, como su tratado La voluntat estètica y más tardíamente su legado, una Història del Mal.

Adrià crecerá y será un ente raro, cobarde, temeroso, solitario. Le costará tomar decisiones y expresar sentimientos. Vive escondido entre sus libros en el despacho heredado de su padre que será el centro de su universo; su tesoro más preciado será el violín storioni, adquirido « a la mala » por su padre. Adrià estará toda su vida a la búsqueda del saber, pero será un permanente insatisfecho, un infeliz declarado. Adrià será manipulado varias veces y no sabrá defenderse. Es un ser incompleto y frágil a pesar de sus múltiples dones y sapiencias.

La base argumental del libro es la reflexión sobre la maldad y la crueldad. Adrià escribirá al final de su vida un tratado sobre el Mal, tema que lo ha estado persiguiendo buena parte de su vida. Yo Confieso es también es un libro sobre los sentimientos: la culpa, la amistad, la traición, el amor, el desamor.

El libro empieza como una carta que Adrià escribe a Sara, el  amor de su vida, un amor bastante extraño, que resistió al paso del tiempo y a las dificultades sin nombre, un amor que los hizo sufrir por separado, pero que fue correspondido con toda la ley, un amor raro, un amor que sucede pocas veces en la vida y que pocos alcanzan a conocer (dice Adrià  » vivo agarrado a la madera podrida de un naufragio; no puedo remar hacia ningún destino. Estoy a merced de cualquier racha de viento pensando en ti, pensando por qué no podía haber sido de otra manera, pensando en las mil oportunidades que perdí de quererte más tiernamente »).

El libro empieza con este párrafo que resume bastante bien la desilusión profunda de Adrià:  « Hasta anoche, andando por las calles mojadas de Vallcarca, no supe que nacer en semejante familia había sido un error imperdonable. De pronto entendí que siempre había estado solo, que nunca había podido contar con mis padres ni con un Dios al que encargar la búsqueda de soluciones, aunque, a medida que crecía, fuera adoptando la costumbre de delegar el peso del pensamiento y la responsabilidad de mis actos en creencias imprecisas y en lecturas muy diversas ».

Hay frases  de significación profunda; hete aquí algunas citaciones  que me gustaron…Página 474  …pero el Mal existe antes que la guerra y no depende de una entelequia, sino de las personas...Página 486:…Ya lo dijo Goethe. Yerra quien en la madurez se propone cumplir un deseo de la juventud. Quien no supo o no pudo conocer la felicidad en el momento adecuado tampoco lo logrará por más esfuerzos que haga, porque habrá perdido el tren. Lo máximo que sobrevive en el amor que se reencuentra en la madurez es una tierna repetición de los momentos felices...Página 539:…Cuando se ha degustado una vez la belleza del arte, la vida cambia. Cuando has oído cantar al coro Monteverdi la vida cambia. Cuando has visto a Vermeer de cerca, la vida cambia; cuando has leído a Proust, ya no eres el mismo. Lo que no sé es por qué…Página 541: la música de  Franz Schubert me transporta a un futuro mejor. Dice muchas cosas con pocos elementos. Tiene una fuerza melódica inagotable, llena de gracia y encanto y de energía y verdad al mismo tiempo. Schubert es la verdad artística y para salvarnos tenemos que  agarrarnos a ella. Página 556: la obra de arte es el enigma que ninguna razón puede dominar.

Un libro inmenso por su profundidad, un libro ambicioso, un libro raro, complejo y sin embargo tan asequible porque atañe temas que interesan a todos, sin olvidar el lado « thriller » con revelaciones sobre los personajes que nos dejan atónitos.

A Jaume Cabré se le ha comparado con Robert Musil y su libro El hombre sin atributos que reflejó sus preocupaciones existenciales y también con Thomas Mann (un coetáneo de Musil, y amigo) por lo detallista y ambicioso.

YO CONFIESO, Booket 2011,  ISBN 978-84-233-4589-2

Un balcon en forêt de Julien Gracq

Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier est un écrivain français (1910-2007); il a provoqué une commotion lorsque en 1951 il a refusé le Prix Goncourt pour son roman Le rivage des Syrtes. Son oeuvre a été publiée de son vivant dans la Bibliothèque de la Pléiade, ceci est rare. Ses oeuvres ont été traduites dans plus de 26 langues.

Un balcon en forêt est un roman publié en 1958 qui traite de la drôle de guerre, une histoire de vacances guerrières oniriques du lieutenant Grange dans la forêt ardennaise. Ce livre à l’époque avait déconcerté les critiques;  pour Gracq, la littérature est pur mouvement avec une prise de possession de l’espace et une projection vers l’avenir. Les fictions de Gracq se caractérisent toujours par l’attente d’un évènement dont la nature est souvent catastrophique. Et il faut signaler que Louis Poirier fut mobilisé fin août 1939 dans l’infanterie avec le grade de lieutenant au 137 RI. Il a été fait prisonnier et envoyé dans un stalag en Silésie.

Dans ce livre, l’univers de la fiction se confond avec le monde réel, mais c’est une confusion partielle car si l’action se déroule en Ardennes, les lieux portent des noms fictifs.

C’est un livre de lecture difficile; il a été proposé maintes fois aux concours  de l’Agreg de Français (ah ! les pauvres impétrants, comme je les plains). Parce qu’en dehors d’une écriture belle, d’une prose plus que soignée et très onirique, dans ce livre il ne se passe presque rien. Non seulement il ne se passe pas grande chose, mais par moments cette prose devient du pur délire syntagmatique. Le récit est une attente du début à la fin et les personnages n’ont aucune profondeur humaine, nous ne saurons presque rien sur eux, ils sont posés là comme un faire valoir dans cette scène attentiste. Il y a même l’apparition d’un déserteur belge qui va s’évaporer comme il est apparu…

En revanche, le décor est assez concret : quatre hommes sont placés en bordure de forêt ardennoise dans un blockhaus afin de couper la route aux allemands, entre autres, avec du fer barbelé, parce qu’il est évident que les allemands passeront par là. Les quatre hommes vivent dans ce blockhaus, ou fortin qu’ils appellent la « maison forte » et c’est la première fois que je vois en littérature appeler un blockhaus de cette façon. Ils sont quatre : le lieutenant Grange et ses hommes: le caporal Olivon, et les soldats Hervouët et Gourcuff. Ces hommes vivent au jour le jour,  et en attendant ils éclusent pas mal d’alcool . On sent déjà la défaite, les ordres n’arrivent pas. C’est le sauve qui peut. Dans cette grande oisiveté baignant dans l’anxiété, le lieutenant va se lier avec une jeune femme veuve, Mona,  assez mystérieuse, mais on sent bien qu’il ne s’attache pas vraiment, c’est un passe-temps de soldat, Grange est dans son rêve de soldat.

Julien Gracq met en scène la défaite française vécue par Grange. Les Allemands qui sont passés là où on n’avait pas prévu qu’ils passeraient, vont détruire d’un simple tir provenant de l’intérieur du pays le blockhaus  défendu par Grange.

Les personnages se meuvent dans un espace-frontière et ils attendent la guerre. Cette mise en tension du lieu de l’action mobilise des personnages qui sont momentanément désancrés.

Un film en 1979 avec un titre homonyme , en coproduction avec Antenne 2, a été conçu au départ comme un feuilleton en deux parties pour la télévision et dirigé par Michel Mitrani,  beau frère de Gracq. Ce film est visible sur Ina.fr.(uniquement 10 minutes non payantes) et il montre la vie quotidienne des hommes qui sont peut être promis à une mort, la routine de la vie militaire, les relations entre ces hommes et les villageois:

http://www.ina.fr/video/CPB80056069

Au total un livre ardu, avec une belle prose un peu désuète. Mais nous sommes dans la vraie littérature.

UN BALCON EN FÔRET, Jose Corti Éditeur 1958,  ISBN 2-7143-0257-2