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L’Adversaire d’Emmanuel Carrère

L'adversaire, Emmanuel Carrère - Réseau Canopé

Emmanuel Carrère est un écrivain, scénariste et réalisateur français (Paris 1957), diplômé de l’Institut d’Études Politiques. C’est le fils de la distinguée russologue française et académicienne Hélène Carrère d’Encausse qui a des origines russes,  ce qui explique en partie son engouement pour la Russie.

J’ai lu son livre Limonov (2011) qui a reçu plusieurs prix dont le Renaudot 2011, c’est  une biographie romancée du polyfacétique personnage russe réel Édouard Savenko, un livre très intéressant à lire.

L’Adversaire (2000) m’a été chaudement recommandé et je suis d’accord car c’est une lecture qui apporte un point de vue intéressant sur une affaire criminelle qui a commotionné la France en 1993, l’affaire Jean-Claude Romand, le quintuple assassin. C’est un livre-récit de non-fiction, considéré comme un rapport par l’auteur et aussi comme un livre jumeau de son autre livre La classe de neige (1995), qui a été écrit après l’abandon d’une première écriture de L’adversaire où Emmanuel Carrère intègre l’image de l’enfance de Jean-Claude Romand pour essayer de comprendre ce qui avait fait naître la personnalité du futur criminel et où il va éprouver une certaine empathie pour un enfant a qui l’on a enseigné le mensonge vis-à-vis d’une mère malade. L’adversaire est le résultat d’une enquête journalistique de plusieurs années et qui se veut fidèle à la réalité.

Le livre a été l’objet de 2 adaptations cinématographiques, la première par Laurent Contet en 2001  sous le titre L’emploi du temps  et la deuxième en 2002 par Nicole Garcia sous un titre  éponyme. Il y a eu aussi une adaptation pour le théâtre en 2016 conduite par Fréderic Cherbœuf.

L’écrivain E. Carrère a voulu travailler sur la part d’imposture qui existe en tout être humain mais qui prend rarement des proportions aussi monstrueuses, mais ce livre n’explique rien car l’auteur n’est pas arrivé à démêler la personnalité du criminel.

L’AFFAIRE CRIMINELLE: Jean-Claude Romand, natif du Jura, va assassiner épouse, enfants (2) et ses parents le 9 janvier 1993 et va rater son suicide. L’investigation va révéler très vite que Romand vivait dans le mensonge depuis 18 années! Jusqu’au dérapage il a pu mener une double vie dans une relative opulence. Il se disait médecin chercheur mais il n’avait pas fini ses études de Médecine abandonnées en deuxième année. Il s’installera à la frontière Suisse pour justifier d’un faux emploi à l’OMS. L’argent pour toute cette frime émanait de diverses escroqueries qu’il a perpétrées et froidement calculées au fil des années auprès des proches et de moins proches. Il a poussé le vice jusqu’à escroquer des gens dans le domaine de la santé!

Personne, pendant 18 années ne va le soupçonner de quoique ce soit et la Faculté de Médecine où il est resté inscrit pendant 12 années en deuxième année ne se montrera pas étonnée devant une telle bizarrerie…

L’explication du titre émane du nom donné au diable dans la Bible : l’adversaire, le menteur.

Ce quintuple meurtre prémédité est appelé « crime altruiste » par les psychiatres car Romand a tué les personnes qu’il aimait le plus au monde afin « de les protéger » de la vérité accablante sur lui. Nous sommes devant une pathologie narcissique grave avec mythomanie, froideur affective et investissement massif des apparences au détriment de la profondeur.

L’assassin a mené une double vie pendant 18 années. Côté face il était un bon mari et un père aimant, il avait des amis, certains très proches; il se déplaçait, il voyageait, il s’occupait de ses vieux parents. Côté pile, il n’était rien, il errait, il se terrait, il disparaissait pendant les heures de travail. Et il montait des escroqueries avec ses proches et non proches, sans l’ombre d’un remords. Un mensonge entraînait le suivant. En 1993 sa femme, pharmacienne de formation, a commencé à douter sur certains détails, ce qui a déclenché le drame.

Le livre est intéressant parce que Carrère est l’écrivain-narrateur de l’histoire de Jean-Claude Romand et aussi de la sienne, de celui qui doit colliger des informations; nous sentons les doutes qui l’assaillent, la terreur qu’il éprouve et la pitié aussi. Au fil du récit l’écrivain semble se détacher de l’histoire qu’il nous raconte et l’on sent très bien les hésitations dans le récit de la honte qui’il  ressent en tant qu’écrivain, en approchant un tel monstre.

Emmanuel Carrère mettra 7 années pour écrire ce livre;  il avait écrit une première lettre à l’assassin 6 mois après les faits, lettre restée sans réponse pendant 2 ans. Finalement le livre paraîtra 7 ans après les faits et 4 ans après le procès.

Jean-Claude Romand sera condamné à perpétuité (assortie de 22 années de réclusion) et sera détenu à Chateauroux,  il sera libéré après 23 années de réclusion. Actuellement il vit en liberté conditionnelle dans l’Indre depuis juillet 2019, il doit porter un bracelet électronique pendant une période probatoire de 2 ans et sera soumis à des contrôles pendant 10 ans.

Il paraît que ce « père aimant », « fils modèle », « ami intachable » et « détenu modèle » tombé en religion avait obtenu un 16/20 à l’épreuve philo du Bac 1976 sur le thème « La vérité existe-t-elle?

Peut-on croire dans la rédemption d’un tel personnage, calculateur froid et mythomane récidiviste ? Sincèrement je ne le pense pas. Pour moi c’est la vive incarnation d’un monstre sans rédemption possible.

 

L'Emploi du temps (2001), un film de Laurent Cantet | Premiere.fr ...          Affiche du film L'Adversaire - Affiche 1 sur 1 - AlloCiné

 

L’ADVERSAIRE, Folio N° 3520 (E.C. 2000),  ISBN 978-2-07-041621-9

Patagonia Express de Luis Sepúlveda

El escritor Luis Sepúlveda murió este jueves por Covid-19 | El ...

Luis Sepúlveda fue un escritor, periodista y cineasta chileno (Ovalle 1949-Oviedo 2020), autor de cuentos y novelas. El hombre fue un verdadero globe- trotter entre los años 1983 y 1988. Desde 1997, el escritor residía en  España y sucumbió a esta terrible pandemia del coronarovirus a sus 70 años de edad dejándonos una linda obra literaria.

Como escritor, saltó a la fama en 1992 con su  libro Un viejo que leía novelas de amor, una novela que fue el resultado de la convivencia durante 7 meses con los indios shuar o jíbaros en la selva ecuatoriana. Este libro fue llevado dos veces al cine : por el chileno Miguel Littín en el 2000 bajo el título de Tierra de Fuego, con un guión co-firmado por el autor y Francisco Coloanne ; la otra película es del australiano Rolf de Heer en el 2001, esta última película que vi y que me gustó mucho, con Richard Dreyfuss en el papel del viejo; el libro se vendió a más de 18 millones de ejemplares y  fue traducido a 14 idiomas.

Le he leído varios libros, aunque suelo encontrarlos algo desiguales en interés; en todo caso  me gusta su escritura sencilla, llena de anécdotas, por momentos divertida y aferrada a un realismo social y geográfico; la escritura de Sepúlveda  aparece como una evolución del neorrealismo hacia nuevas tendencias. Comenté en octubre 2016 su compendio de 12 cuentos La Lámpara de Aladino (2008), varios de los cuentos me resultaron muy bonitos y en septiembre 2018 comenté su cuento-fábula Historia de un caracol que descubrió la importancia de la lentitud (2018). El fin de la historia (2017) es un libro que me gustó y no me gustó. Me explico. Me gustó por la manera tan personal que tiene Sepúlveda de escribir, sencilla y ágil, con toques de alta chilenidad y con pinceladas de humor muy al pasar que me hacen sonreír y me gustó menos por lo enrevesado de la historia.

Patagonia Express (1995) es una relectura-homenaje y ha sido un real placer volver a leer el libro después de 20 años. Es el período en que Sepúlveda se lanzó al ancho mundo como mochilero después de estar dos años y medio en la cárcel política post golpe de estado del 73. De cómo este hombre pudo sobrevivir y salir « intacto » mentalmente para abordar otro capítulo de su interesante vida. Es notable cómo en la cárcel los hombres se organizaron para aprender, enseñar, hacer cosas útiles para la síquis y no sombrar en la nada.

El libro Patagonia Express fue adaptado al teatro en Francia en 1999, la obra presentada en el Festival de Avignon bajo el nombre de « Mi sobrino de América » por el atelier de teatro Le Hibou dirigido por el argentino Luis Jaime Cortez; pero la adaptación incorpora otros datos del personaje central que desde Santiago llega al pueblo natal de su abuelo anarquista andaluz, el pueblo de Martos.

Patagonia Express lleva el título del más austral de los ferrocarriles (ya no existe) que luego de 240 Km de marcha unía ciudades como El Zurdo y Bellavista hasta  Río Gallegos, en la costa atlántica. Es un convoy con algunos vagones de pasajeros y otros de carga, arrastrado por una locomotora de carbón japonesa de los años 30. Cada vagón de pasajeros disponía de una larga banqueta de madera que lo recorría de punta a cabo con una estufa de leña en el extremo que los propios pasajeros debían alimentar. Era el tren de los ovejeros porque al final del invierno, cientos de chilotes llegaban hasta Puerto Natales y cruzaban la frontera para trabajar en las estancias ganaderas.

Patagonia's La Trochita: The Old Patagonian Express - Telegraph

La Trochita o Patagonia Express en plena pampa.

El libro está compuesto de 4 partes con historias vividas por Sepúlveda durante la errancia que lo llevó desde Chile hasta Europa. El documento parte con la noción del abuelo, un anarquista de tomo y lomo que  inculcó al nieto muchas cosas y entre ellas su afinidad por lo social que  llevó a Sepúlveda a adherir al partido comunista chileno.  Luis Sepúlveda adoraba a su abuelo y  se juró de llegar algún día al pueblo de Martos en Andalucía de donde era oriundo el abuelo Gerardo.

Hay muchas anécdotas deliciosas de este viaje durante el cual Sepúlveda tendrá que trabajar para ganar el dinero que le permitía seguir con el periplo. Con estos trabajos ocasionales hay muchas aventuras, algunas divertidísimas. Lo más bonito y extraordinario que el futuro escritor hizo, fue conocer a tanta gente, aunque fuese de paso, gente diferente y que le dejó huellas de humanidad que enriquecieron su personalidad para siempre. Realmente vivió una  aventura que es dado a pocas personas tener.

El libro está lleno de lugares con los cuales muchas personas se van a identificar. El clímax emocional lo constituye su llegada al pueblito de Martos donde un muy anciano hermano menor del abuelo está aún en vida y lo recibe…Hermoso.

PATAGONIA EXPRESS, Tusquets Editores 1995,  ISBN 84-7223-928-4

Historia secreta de Chile (3) de Jorge Baradit

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Jorge Baradit (Valparaiso 1969)  es un escritor chileno de novelas (ficción y no ficción), autor de la trilogía Historia secreta de Chile. El autor se dedica a la literatura desde 2005.

Se le ha integrado a un movimiento renovador de las letras chilenas llamado Freak Power, compuesto por narradores como Bisama, Ortega, Wilson, Amira, etc.

Historia secreta (1) y los que siguieron se han convertido en super-ventas nacionales desde el primer mes llegando a unas 200 000 publicaciones con los dos primeros tomos.

Estos libros me fueron muy recomendados por un librero de la ciudad chilena austral de Punta Arenas y compré dos; yo no los hubiese escogido sin saber. Y no me arrepiento porque se leen bien , son entretenidos y bastante transgresores. Desde ya la portada del primer tomo muestra al gran marino Arturo Prat, héroe de la Guerra del Pacífico, con un tercer ojo masónico y otros implementos.

Aunque mirar la Historia por el extremo equivocado del telescopio puede resultar tendencioso porque es enfocar en campo cerrado, ver solo un punto y hacer caso omiso del resto.

Este tercer tomo trae a la poetisa Gabriela Mistral en la portada en una caricatura con tatuajes y piercings. No se si a la ilustre señora le hubiese gustado la broma porque éste no es un libro para divertirse, creo, sino que es un libro para aprender que, imagino, ha necesitado bastante investigación.

En este nuevo tomo hay 9 historias de las cuales no todas me interesaron, pero algunas me fascinaron.

La primera historia me impactó, ella narra un terrible incendio en diciembre de 1863 en Santiago en la Iglesia de la Compañía de Jesús, muy cerca de la catedral de Santiago. Ignoraba el hecho y la magnitud del desastre. Murieron en el incendio unas 2000 personas, el equivalente del 1% de la población de Santiago en aquel entonces. La noticia recorrió el mundo.

Otra historia que encontré increíble es la del grupo de 28 chiflados expedicionarios que se lanzaron en una expedición a la Antártida con el irlandés Shackleton a la cabeza. Con los medios limitados que existían en 1914 y con una Europa en guerra que no les tiraba pelota a los expedicionarios. Cómo quedaron atrapados en los hielos durante un año y escaparon a la muerte! In-cre-í-ble de osadía temeraria.

El pasado de la Isla de Pascua que Baradit explica con una nueva teoría bastante creíble: la cuasi desaparición de ese pueblo tan diferente al chileno y que dejó muestras de un gran desarrollo con la escultura de los moais, es terrible. No tenía la menor idea de que los peruanos habían hecho prisioneros en la isla para llevárselos como esclavos para explotar el guano y que se habían llevado nada menos que a los líderes de ese pueblo.

La corta historia sobre Gabriela Mistral es triste como lo fue su vida. Es más que seguro de que esta brillante mujer sufrió de ostracismo.

La historia del cráneo de José Miguel Carrera es truculenta. No sabía que este hombre, prócer de la Patria en Chile, fue un revoltoso irredento, un insolente y un hombre extraordinariamente buenmozo como lo acabo de comprobar en unas litografías de la época (1830) que ví en el interesante Museo de Colchagua en  Santa Cruz.

Un libro que se deja leer como una historieta, pero que revela hechos relevantes en la Historia del largo y estrecho país llamado Chile.

HISTORIA SECRETA (3), Sudamericana 2017,  ISBN 978-956-262-495-4

Historia Secreta de Chile (1) de Jorge Baradit

Résultat de recherche d'images pour "historia secreta de chile jorge baradit"" Jorge Baradit (Valparaiso 1969)  es un escritor chileno de novelas (ficción y no ficción), autor de la trilogía Historia secreta de Chile. El autor se dedica a la literatura desde 2005.

Se le ha integrado a un movimiento renovador de las letras chilenas llamado Freak Power, compuesto por narradores como Bisama, Ortega, Wilson, Amira, etc.

Historia secreta (1) y los que siguieron se han convertido en super-ventas nacionales desde el primer mes llegando a unas 200 000 publicaciones.

Este libro me fue muy recomendado por un librero de la ciudad chilena austral de Punta Arenas; porque yo no lo hubiese escogido sin saber. Y no me arrepiento porque se lee bien , es entretenido y bastante transgresor. Desde ya la portada de este primer tomo muestra al gran marino Arturo Prat, héroe de la Guerra del Pacífico, con un tercer ojo masónico y otros implementos.

Mirar la Historia por el extremo equivocado del telescopio puede resultar tendencioso porque es enfocar en « close up », ver solo un punto y hacer caso omiso del resto. Cada pueblo tiene y vive su Historia una vez, no se puede hacer de nuevo.

Las 12 historias de Baradit son entretenidas y transgresoras, son anecdóticas, son especiales, son a veces paradójicas porque humanas.

La primera historia narra a un Arturo Prat espiritista, la historia es anecdótica y no le quita nada al personaje heroico, sino que le agrega humanidad.

La historia del terremoto de 1647 en Santiago de Chile, en aquel entonces ciudad pueblerina de 4 000 almas que quedó despoblado, es aterradora y recuerda que las posibilidades sísmicas son tan reales con esa geología hecha de una fina placa terrestre que es Chile entre una fosa marina y la inmensa cordillera, una placa destinada a desaparecer.

La extraña desaparición del cadáver del revoltoso Manuel Rodríguez es anecdótica y al parecer los descendientes quieren encontrar sus restos.

La masacre de los soldados chilenos en La Concepción, Perú, en el siglo XIX fue cruento, pero estaban en guerra y en la guerra no se salva nadie y cuando se cuentan los pobres muertos y se constata que son legión, entonces se dan cuenta que por lo general han muerto por casi nada.

La simbología de la estrella blanca de cinco puntas en la bandera chilena es interesante y probablemente de origen complejo. Hubo mucho esoterismo en aquellos tiempos, explicaciones poco claras y soterradas.

El capítulo sobre el medium Jaime Galté me resultó fascinante porque imposible de catalogar, de definir, de analizar. Pero los hechos están ahí, oscuros y ineludibles, extraordinarios. Siempre me ha llamado la atención el caso que hacen los políticos a este tipo de misterios y también la necesidad que siente la gente que sufre de reanudar con este tipo de contactos con el más allá como una reminiscencia arcaica del alma humana.

La historia del asesinato del general Silva Renard en Santiago en 1914, un general que comandó las tropas que arremetieron contra mineros en la oficina salitrera Chile en 1904 y en 1907 con la matanza en la escuela Santa María de Iquique, provocando miles de muertos. Este último fue narrado magníficamente por Hernán Rivera Letelier en su libro Santa María de las flores negras (2002).

La historieta sobre el emperador francés de Araucanía es una patraña ideada por gente ávida de oropeles y reconocimiento. Es ridícula y verídica.

La historia de Ingrid Olderock no la conocía y es pavorosa.

La conspiración de la Virgen de Peñablanca es otra patraña increíble para hacer diversión. Exactamente como « Al pueblo, pan y circo » de los romanos. Lo increíble resulta del nivel de implicación de algunos.

Y el último relato concierne la Internet de Salvador Allende, es decir, que el ex presidente de Chile había pensado controlar el óptimo funcionamiento de los camiones distribuidores de mercancías  vía un sistema computacional en el Chile de 1972 con la ayuda de un cibernético británico Stafford  Beer. Se le vino abajo el sistema con la inyección de dólares que llegó desde USA para subvencionar a los camioneros.

Un libro que se lee bien, pero que no hace la Historia, más bien ahonda  la historieta de la Historia o las páginas amarillas de la Historia.

HISTORIA SECRETA, Sudamericana 2015,  ISBN 978-956-262-469-5

Hasta que puedas quererte solo de Pablo Ramos

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Pablo Ramos es un escritor y poeta argentino (Avellaneda 1966), destacado por sus libros que reflejan su historia personal frente a la dependencia al alcohol y a la cocaína desde sus 18 años. El autor dijo en una entrevista que este libro es « una respuesta estética a un problema moral« . La frase me parece muy justa.

El libro me fue muy recomendado por una librera, junto con otros, por mi paso por Ushuaia. Le agradezco su consejo porque hasta ahora las opciones han resultado excelentes.

Su via crucis personal está descrito en este libro (2016) que es muy autorreferencial  y tiene un bonito título que encontramos en el prólogo del libro : cito…escribo estas palabras con las manos endurecidas. El cuerpo tiene sed y el alma se siente sola, pero me siento mejor al rememorar las palabras de mi anfitrión (el hombre que lo acogió en 1997 para la primera reunión de Adictos Anónimos), las palabras que me dijo el compañero cincuentón, ese que el azar quiso que yo nunca volviera a ver, ese del cual no recuerdo casi nada, excepto lo que me dijo « pase lo que pase vos vení, que acá te vamos a querer, hasta que puedas quererte solo ».

Son 12 capítulos que él llama « pasos » como los pasos que se deben seguir durante la rehabilitación con los Adictos Anónimos y los Alcohólicos Anónimos en Argentina.

Al principio de cada « paso » van las reflexiones del autor que luego ilustra con un caso real. Cada historia es diferente, conmovedora e hiperrealista. La prosa es perfecta, clara y sin patetismo en los relatos.

El autor dice sentir cierto alivio considerando que el cuadro de la adicción es una enfermedad, como si la medicalización aliviara el sentido de culpa. Pero en realidad, la enfermedad es la consecuencia del abuso de alcohol y drogas que destruyen poco a poco el cuerpo y la mente,  llevando a la gente a la abulia. Tiene suerte el escritor Ramos de haber podido conservar intacto su intelecto y así brindar un testimonio de vida tan bien escrito.

Un párrafo terrible y significativo (página 60): la vergüenza en la cara de los adictos: ese sentimiento metido en la carne, el sentimiento de ser deficientes morales, crea una extraña, una horrible distancia.

Sus invocaciones espirituales son muy personales y probablemente necesarias para hacer frente a tales desmanes físicos y mentales. Ese es un tópico personal al autor y que se debe respetar, pero me pareció el menos convincente aunque muy necesario.

Una obra que obliga al lector a bajar a los infiernos al mismo tiempo que rogar  por una mejoría.

HASTA QUE PUEDAS, Alfaguara 2016,  ISBN 978-987-738-225-9

De perlas y cicatrices de Pedro Lemebel

Résultat de recherche d'images pour "de perlas y cicatrices pedro lemebel pdf" Pedro Lemebel  fue un escritor, ensayista y artista plástico chileno (Santiago 1952-2015). Su obra escrita aborda una marginalidad chilena en un estilo irreverente, con una prosa barroca.

Le he leído varios libros y su estilo me ha asombrado por su calidad y la pertinencia de sus escritos, haciéndome sonreír muchas veces, pero con un dejo de tristeza. Su prosa no conlleva agresividad, sino claridad sin perfidia. Ha sido nominado y ha ganado varios premios.

Tengo miedo torero (2001) describe de manera divertida el medio homosexual santiaguino entorno al atentado contra el General Pinochet, descrito como alejado de cierta realidad en un Chile bastante verosímil; la obra fue adaptada al teatro. Adiós mariquita linda (2004) cuenta sin tapujos la homosexualidad del escritor. Serenata cafiola (2008) son las crónicas de la drag-queen santiaguina que fue Lemebel , escritas con perspicacia, atino y cierto dolor sin rencor.

De perlas y cicatrices (1998) es un compendio de sus artículos radiofónicos, con capítulos cortos y variopintos, muy bien escritos y algunos francamente desopilantes. El autor tenía un verdadero don de pluma, acertada, a veces con vitriolo.

A propósito del Paseo Ahumada (calle céntrica de Santiago)= Y si no fuera el calor, y si fuera otra cosa que nos anda asorochando a las tres de la tarde con la cabeza abombada tratando de tirar unas ideas para hilar esta crónica, unas reflexiones novedosas sobre la urbe y esa fiebre pegajosa que hace del verano en la ciudad un horno irrespirable. Sobre todo si hay que pasar por el centro, bajarse justo en la estación Universidad de Chile del Metro. Treparse en esas escaleras de metal, donde sube y baja la marea apurada de gente que se mira de reojo cuando se cruzan cara a cara. Pero esa mirada no alcanza a ser un gesto de comunicación, apenas visualizar pañuelos que secan la frente y limpian maquillajes descorridos por la gota grasa del sudor, un ascensor de carne mojada en el trotar sofocante de la masa que evapora sus trámites y compras en la aglomeración del Paseo Ahumada. La calle restregón y pugna por salir del atolladero de cuerpos que se atajan, que se chocan, que se amasan calientes en el traqueteo nervioso del paseo público (pg 138).

A propósito del libro Guiness de los récords= Así había que demostrar el milagro económico chileno en las veinte mil piruetas del Libro Guiness, el despertar de un país que se levanta con orgullo de garrapata triunfal que dejó atrás al tercer mundo. Una fonda del extremo sur que renovó su escabeche tricolor por el pollo Roast Beef y las hamburguesas sintéticas de los malls, pubs, shoppings, donde se remata el hambre consumista. Una hilacha de país que mira sobre el hombro a sus vecinos pobres. La Meca Dólar del continente que habla de tú a tú con el Mercado Común Europeo. El ejemplo de prosperidad para los indios piojosos de Latinoamérica; aquellos peruanos, bolivianos, paraguayos que aún no conocen a la Claudia Schiffer, que nunca podrán competir en el Libro Guiness como lo hace Chile, demostrándole al mundo que aquí sobra la comida. Por eso se hizo el completo más largo que medía 20 Km de salchicha alemana por la carretera. Casi de mar a cordillera, el Hot-Dog gigante dividió al país entre chukrut y ketchup. Y se necesitaron tantos huevos para la mayonesa, que se llevaron camionadas de gallinas a Investigaciones donde les picanearon con electricidad para que pusieran más rápido. Y para qué hablar de la vienesa, esa tripa que salía y salía de una máquina como intestino interminable. Después se vendió por metros esa porquería hecha a la rápida, y la cagada diarrea fue tan grande, que Chile se hubiera ganado otra medalla en el Libro Guiness, pero por desgracia no tenía esa churreteada especialidad.(pg 171).

DE PERLAS Y CICATRICES, LOM 1998,  ISBN 956-282-154-4

Adiós, poeta…de Jorge Edwards

Résultat de recherche d'images pour "adios poeta jorge edwards"Jorge Edwards Valdés es un gran escritor chileno (Santiago 1931) con estudios de leyes y de Filosofía en Princeton, siguiendo después la carrera diplomática que culminó con el puesto de Embajador de Chile en Paris. Ha recibido numerosos premios siendo el Cervantes 1999 el más prestigioso. Hace parte de la Generación del 50 chilena, aunque él se considera algo marginal a este movimiento. Actualmente reside en Madrid

He comentado en este blog gran parte de su bibliografía (14 libros, quince con éste) porque es un escritor que me gusta como escribe y cómo enfoca los temas, con esa ironía siempre presente y fina aunque bastante socarrona. Otra cosa que me gusta de este escritor-lector son las pasarelas que da hacia otros autores porque ha leído  mucho. Gracias a él descubrí un autor brasileño que me ha deslumbrado por su modernidad : Joaquim Machado de Assis.

Adiós, Poeta… (1990) es un libro de memorias muy interesante en dos sentidos : tenemos una biografía de primerísima mano,   personal e íntima del gran vate chileno Pablo Neruda en su cotidianidad quien fue amigo de Jorge Edwards por más de 20 años ! (años 52-72) y tenemos entre líneas la autobiografía de Don Jorge Edwards, sin tapujos ni concesiones como es su costumbre en un estilo  muy ameno. Jorge Edwards es un cronista de primera.

Adiós, Poeta…le valió el III Premio Comillas, un premio creado en Madrid en 1987 para destacar autores que escriben sobre temas o personajes de interés histórico, político o cultural.

La visión del Neruda que nos brinda, es rica y compleja porque fue un personaje con matices y mucha presencia. Fue un comunista de tomo y lomo, pero no fue dogmático, lo que denota inteligencia y que Edwards califica de « cardinal ateo de la iglesia suya« . Pablo Neruda tuvo una trayectoria fuera de serie, un ciudadano del mundo que terminó su periplo en París como Embajador. Cuántas cosas le tocó vivir ! En lo personal, en lo poético, en lo político, en sus peregrinaciones en pos de sus queridos « cachureos », en su vida social, en sus amistades, en sus viajes, en su mundo creativo, en sus amores…

En cuanto al estimado escritor y autor de estas memorias, el cita su trayectoria paralela a la del vate y da luces sobre lo que fue también una vida muy rica en acontecimientos de todo tipo. Tenemos hasta datos sobre su vida personal como otro ciudadano del mundo con vueltas incesantes a Chile, pero que son solo permanencias temporales.

Entre los dos hombres hubo primero un gran respeto de parte del escritor allá por los años 52 (21 años tenía solamente Edwards) hacia el hombre ya establecido como poeta. Con el tiempo esta diferencia de edad se fue borrando para llegar a ser una verdadera amistad. Por supuesto que fue una amistad con turbulencias, porque no puede ser de otro modo cuando la política está de por medio.

En una introducción que Jorge Edwards escribió para una edición de bolsillo de este libro, se puede leer algo muy bonito :…en medio del descalabro de la sociedad, de la política, de su propio cuerpo, el poeta se refugiaba en la naturaleza, el primero y el último de sus refugios, su resorte esencial, su punto de partida y de llegada. Y la naturaleza le daba una respuesta muda, enigmática…él que había escrito que prefería una poesía como absorción física del mundo, y después de muchos avatares, circunstancias y fortunas, en el fondo, a pesar de las apariencias, había cambiado muy poco…

ADIÓS, POETA, Tusquets 1990,   ISBN 84-7223-191-7

La otra casa de Jorge Edwards

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Jorge Edwards Valdés es un gran escritor chileno (Santiago 1931) con estudios de leyes y de Filosofía en Princeton, siguiendo después la carrera diplomática que culminó con el puesto de Embajador de Chile en Paris. Ha recibido numerosos premios siendo el Cervantes 1999 el más prestigioso. Hace parte de la Generación del 50 chilena, aunque él se considera algo marginal a este movimiento. Actualmente reside en Madrid.

He comentado en este blog gran parte de su bibliografía (13 libros, catorce con éste) porque es un escritor que me gusta como escribe. No todos los libros me  han gustado de la misma manera, sino que he sentido una neta preferencia por algunos títulos.

La otra casa (Ensayos sobre escritores chilenos),  es un libro algo aparte puesto que reúne crónicas de Edwards sobre otros escritores, un sujeto deleitoso para  la rata de biblioteca que soy. El libro fue editado por la Universidad Diego Portales en 2006 y concierne muchos literatos, entre prosistas y poetas.

Los artículos de Edwards son muy interesantes porque al mismo tiempo que cita  notas biográficas, cita y analiza la obra y da opiniones sobre el autor y su contexto. Hace pasarelas entre el autor y otros temas, lo que enriquece. Vale decir que Jorge Edwards conoció a muchos y que frecuentó a no pocos lo que agrega una nota intimista al relato. El estilo es muy « edwardesco », muy correcto, con algunos pinchazos de lo más elegantes. Nadie sale mal parado, ni siquiera el « niño Bolaño » que ya ha ascendido a las esferas de santo-mártir de las letras, que no chilenas, sino internacionales…(Chile le quedó chico al niño Bolaño).

Las crónicas sabrosas de Edwards conciernen los escritores chilenos siguientes : Alberto Blest Gana (considerado como el padre de la novela chilena), Federico Gana, Gabriela Mistral, José Santos González Vera, Joaquín Edwards Bello (tío de este Edwards Valdés), Vicente Huidobro, Neftalí Reyes alias Pablo Neruda, Gonzalo Rojas, Nicanor Parra, Francisco Coloanne, Jorge Millas, Luis Oyarzún, José Donoso, Enrique Lihn, Alberto Rubio, Luis Alberto Heiremans, Claudio Giaconi, Roberto Torretti, Jorge Teillier, Óscar Hahn, Mauricio Wacquez. Hay muchos otros citados.

La verdad es que después de leer este ensayo enjundioso me han quedado muchas ganas de leer a varios de ellos que jamás soñé  poder hacerlo, sencillamente porque no sabía nada al respecto. Don Jorge Edwards Valdés ha vivido, ha leído, ha compartido, ha comparado y ha reflexionado sobre muchos escritores contemporáneos o no. Y ello se nota en estas crónicas sabrosas de las letras chilenas y del tiempo que pasa.

LA OTRA CASA, Ediciones Universidad Diego Portales 2006 (Colección Huellas),  ISBN 956-7397-94-5

No leer de Alejandro Zambra

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Alejandro Zambra Infantas es un poeta y narrador chileno (Santiago 1975) que fue destacado como uno de los 39 mejores escritores latinoamericanos menores de 39 años en Bogotá en 2007 (sólo 2 chilenos) y también como uno de los 22 mejores escritores de lengua española de menos de 35 años, por la Revista británica Granta en 2010 (Cambridge). Zambra es Licenciado en Literatura Hispánica con un Magister en España en filología . Hace parte  de la que llaman « generación Bogotá 39″.

Comenté en este blog cuatro libros suyos que me gustaron porque encuentro que escribe bien sin ser  complicado, plantea bien sus temas y puede ser muy « visual » y hasta a veces divertido, siempre coloquial. En febrero 2015 publiqué un billete sobre Bonsái,  en julio 2015 sobre La vida privada de los árboles,  en febrero 2017 sobre Mis documentos y en avril 2017 sobre Facsímil.  Todas estas lecturas me han resultado interesantes y permiten apreciar el estilo muy sui-generis de Zambra en el ámbito literario chileno.

Tenía muchas ganas de descubrir No leer, una compilación de notas sobre literatura : lecturas y autores. Estuve a punto de sentirme defraudada al principio, encontrándolas poco interesantes, pero vino un vuelco en el contenido que captó toda mi atención y hasta hizo  mi deleite,  página 50 cuando A. Zambra empieza a hablar de Borges (éso de que Borges necesita a Bioy y Bioy necesita a Borges porque el inventor necesita a su invención, el inventado necesita que su inventor lo siga soñando, me suena  acertado).

Hay buenas notas de lectura sobre el argentino Manuel Puig sobre quien Mario Vargas Llosa escribió que su escritura carecía de ideas y de estilo a lo cual Puig comparó a « la » Vargas Llosa con Esther Williams, tan disciplinada y seria y a « la » García Márquez con Liz Taylor, que era bella pero con las patas cortas…así se tratan de bien los literatos entre ellos.

Hay bastantes páginas sobre Roberto Bolaño, que me parece algo sobrevalorado, y malas vibras hacia Jorge Edwards.

Anoto un nombre de las letras mexicanas que no había cruzado : el de la escritora Josefina Vicens con Los años falsos y El libro vacío que habrá que leer porque parece una autora interesante.

Zambra tiene toda la razón cuando alega que no se quiere quitar el placer de no leer algunos libros…Y confiesa no haber leído a Sándor Márai; algún día se dará cuenta de lo que se ha perdido con no leer al genial húngaro, maestro absoluto en la confrontación de dos personajes (cf El último encuentro) y gran joya entre los escritores de la Mittel Europa.

NO LEER, Universidad Diego Portales, Colección Huellas (2010),  978-956-314-105-4

Nos voisins du dessous de Bill Bryson

Afficher l'image d'origine William (Bill) MacGuire Bryson est né en 1951 dans l’Iowa, États-Unis;  c’est un auteur  de récits de voyages humoristiques, mais aussi de livres traitant de la langue anglaise et de sujets scientifiques. Il a vécu presque toute sa vie d’adulte dans le Royaume-Uni, travaillant dans le journalisme entre 1977 et 1987 ,  puis retournant aux États- Unis pour terminer son diplôme. Il s’est installé définitivement dans le Norfolk (UK ) avec son épouse anglaise Cynthia et ses enfants. Vous verrez toujours Bill Bryson souriant sur les photos, je pense qu’il doit son caractère joyeux à son ascendance nord-américaine : l’optimisme avant tout.

J’ai écrit un billet en octobre 2012 sur son livre très drôle « Ma fabuleuse enfance dans l’Amérique des Années 50« , un recueil désopilant d’anecdotes de ce qui a du être son enfance dans l’Amérique profonde et riche des années 50.

Nos voisins du dessous- chroniques australiennes date de 2000 (Down Under); c’est encore un livre très drôle surtout dans l’auto-dérision mais aussi terriblement intéressant sur ce continent si mal connu et ce pays si récent qui est l’Australie. Ce livre m’a rappelé le très drôle La vengeance du Wombat de Kenneth Cook (billet en février 2016), mais le livre de Cook est un recueil d’anecdotes désopilantes alors que le livre de Bryson est fortement charpenté avec un itinéraire infernal qui traverse tout le continent et donne des tonnes d’informations.

Le pays est si vaste que le désert de Simpson est grand comme neuf fois la Belgique, c’est le outback australien : c’est si grand que cette terre farouche est encore inconnue. Le fabuleux site d’Ayers Rock aujourd’hui rendu aux aborigènes a été rebaptisé Uluru; il y a un siècle, il n’était connu que de ses gardiens aborigènes. Il correspond à une formation géologique appelée inselberg : un gros morceau de roche, plus résistant que les autres, épargné par l’érosion, d’une taille et d’une symétrie parfaites. Pour les australiens tout ce qui est rural est classé comme bush et au-delà d’un seuil indéterminé, le bush devient l’outback; parcourez encore 3 000 Km et le outback redevient bush, puis vous tombez sur une ville, et puis c’est l’océan. Et voilà, on a traversé l’Australie.

Bill Bryson adore l’Australie parce que les gens sont incroyablement sympathiques, ils sont joyeux, extravertis, vifs et serviables au possible; les villes sont propres et presque toujours bâties au bord de l’eau; la société y est prospère, bien ordonnée et d’inspiration égalitaire; on y mange bien; on vous sert la bière glacée; le soleil brille presque en permanence; on trouve du café à tous les coins de rue. C’est sans doute le vide impressionnant de leur patrie qui rend les Australiens aussi sociables.

L’Australie est un pays de clubs – clubs de sport, club d’associations ouvrières, clubs d’anciens militaires, clubs affiliés à différents partis politiques – tous voués très activement au bien-être d’une couche particulière de la société. Leur véritable mission, cependant, est de dégager de gros bénéfices à partir de deux ressources principales : la boisson et les jeux de hasard. Les Australiens seraient les plus gros joueurs de la planète. Mais il n’en a pas été toujours ainsi : au début l’Australie était un bagne et les premiers habitants sont arrivés couverts de chaînes mais ce passé de colonie pénitentiaire n’aime pas être évoqué par les australiens.

La ruée vers l’or vers 1846 allait transformer complètement l’Australie. Il y avait de l’or partout. En moins de 10 ans le pays s’enrichit de 600 000 têtes, ce qui fit doubler sa population avec la croissance la plus forte dans l’État de Victoria qui recelait les gisements les plus riches. La principale conséquence de cette ruée fut qu’on mis fin à la déportation des forçats. Lorsque les autorités de Londres comprirent que l’exil vers l’Australie était devenu une récompense plus qu’une punition, que les condamnés brûlaient d’envie d’y être déportés, tout ce concept de colonie pénitentiaire s’est effondré.

Pendant 60 millions d’années, depuis la formation de la cordillère Australienne, l’Australie s’est tenue coite sur le plan géologique, ce que lui a permis de conserver certains des plus anciens vestiges terrestres : les terrains et fossiles les plus vieux, les premières traces d’animaux ou de rivières. De tous les continents habités l’Australie est le plus aride, le plus plat, le plus chaud, le plus déshydraté, le plus infertile et le plus agressif du point de vue climatique. C’est un lieu si inerte que le sol peut être considéré comme un fossile et pourtant il regorge d’une vie incroyable : les scientifiques n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le nombre d’espèces : 100 000 ou 200 000 dont le tiers demeure un mystère pour la science encore. Rien que l’histoire de la fourmi Nothomyrmecia est incroyable : en 1931 en Australie, des naturalistes amateurs tombèrent sur cet insecte que personne n’avait encore jamais vu : elle ressemblait à une fourmi mais était jaune pâle et avait des yeux étranges. Ils expédièrent quelques insectes sur le bureau d’un expert à Melbourne qui l’identifia sur le champ : personne n’avait vu cet insecte depuis 100 millions d’années. C’était une protofourmi survivante d’une époque où les fourmis commençaient à se différencier des guêpes (c’était comme de découvrir un troupeau de tricératops en train de brouter sur de lointains pâturages !)

La Grande Barrière de corail couvre entre 280 000 et 350 000 Km carrés. Elle s’étend sur 1900 Km du nord au sud. Elle est plus grande que le Kansas, que l’Italie, que le Royaume Uni. C’est l’équivalent marin de la forêt amazonienne; elle abrite au moins 1500 espèces de poissons, 400 types de coraux et 4000 variétés de mollusques. Ce sont des estimations car personne ne les a comptées.

Il y a environ 45 à 60 000 ans le continent a été envahi par un peuple mystérieux, les Aborigènes sans aucune similitude raciale ni linguistique avec les peuplades voisines. Leur présence ne peut s’expliquer que s’ils ont inventé la navigation transocéanique bien avant le reste de l’humanité pour se livrer à une sorte d’exode de masse, mais ces mêmes gens auraient oublié ensuite toutes ces techniques de navigation… La seconde invasion a commencé avec l’arrivée du capitaine Cook sur le navire HMS Endeavour en 1770 dans la rade de Botany Bay. Il s’en est fallu d’un cheveu que ce soit le comte La Pérouse qui découvre l’Australie car il est arrivé à Botany Bay par l’est avec deux bateaux sous ses ordres en accomplissant un voyage d’exploration de deux ans dans le Pacifique. Si La Pérouse avait été plus rapide, il aurait pu proclamer l’Australie terre française et épargner ainsi à ce pays deux cents ans de cuisine britannique !

On ignore combien l’Australie comptait d’Aborigènes à l’arrivée des premiers Britanniques. Entre 300 000 et un million selon les sources. Mais durant le premier siècle de la colonisation leur nombre décrut de façon catastrophique car ils n’offraient aucune résistance aux maladies européennes – variole, pleurésie, syphilis, varicelle, grippe.

La faune australienne est surprenante. Il y a même des vestiges des premières structures organiques apparues sur terre, encore vivantes aujourd’hui après trois milliards d’années (soit les 3/4 de l’existence de la planète Terre). Ce sont les stromatolites dont toute la vie se déroule en surface (comme pour le corail) ; ce que l’on voit est la masse morte des générations précédentes; ils sont difficiles à décrire car ils sont d’une nature si primitive qu’ils n’adoptent pas une forme régulière et ils se développent sans plan précis, en grosses masses irrégulières. En regardant bien l’on aperçoit quelques bulles d’oxygène qui s’échappent en chapelet de la formation solide. Cette émission d’oxygène est la seule chose que savent faire les stromatolites, mais c’est la chose qui a permis la vie sur terre. Les bulles sont produites par des cyanobactéries en forme d’algues, des micro-organismes vivant à la surface de la masse rocheuse- plus de trois milliards par mètre carré- qui captent les molécules de dioxyde de carbone et une fraction d’énergie solaire. Le sous- produit de ce simple processus est la production infinitésimale  d’oxygène qui s’est répétée pendant des milliards d’années, ce qui a permis l’éclosion de la vie. Cette forme de vie a fait augmenter de 20% le niveau d’oxygène terrestre assez pour permettre le développement d’organismes plus complexes.

Parmi les formes évoluées du règne animal, l’Australie possède plus de bestioles tueuses que le reste du monde : les dix serpents les plus venimeux sont tous australiens; cinq autres créatures qui y vivent sont les plus mortelles de leur catégorie : l’araignée, la méduse, le poulpe, la tique et le poisson-pierre. Il possède aussi les vers géants du Gippsland : Megascolides australis, les plus grands vers du monde : ils atteignent 4 mètres de long et 15 cm de diamètre, on les entend se déplacer sous terre avec des borborygmes sourds.

On dénombre en Australie quelque 700 variétés d’eucalyptus : eucalyptus blanc, fantôme, rouge, faiseur de veuve, eucalyptus gribouillé, gommier bâtard, etc sans oublier le fameux stringybark dont l’écorce se détache en longs lambeaux avec ses branches qui pendent en grappes fibreuses. Comment expliquer qu’un pays qui semble si hostile à toute forme de vie ait pu produire une telle diversité botanique? Ce paradoxe s’explique en partie par la pauvreté du sol. Les plantes ont tendance à se spécialiser.  Telle plante tolérera de fortes concentrations de nickel, telle autre deviendra résistante au cuivre, une autre s’habituera au nickel et au cuivre. A plantes spécialisées, insectes spécialisés. L’autre explication tient à l’isolement de l’Australie. Avec 50 millions d’années d’insularité la vie indigène a été protégée de toute compétition et certaines espèces ont pu développer une sorte de monopole (eucalyptus, marsupiaux). Globalement, on peut décrire le pays comme un ensemble de petites poches de vie séparées par d’immenses étendues d’aridité.

Un livre qui se dévore, tant il fourmille d’anecdotes et de données intéressantes. Mais je dois vous avouer quelque chose : cela ne me donne pas envie de le visiter : trop loin, trop de déplacements et…ces bestioles.

NOS VOISINS DU DESSOUS, Petite Bibliothèque Payot 554 (2005)  ISBN 978-2-228-89991-8