Archives

Meurtre au 31è étage de Per Wahlöö

Résultat de recherche d'images pour "per wahloo"

Per Wahlöö fut un journaliste et écrivain de polars suédois (Församling Tölö 1926-Malmö 1975). A partir des années 60 il publiera une série de polars (10 volumes) en collaboration avec sa compagne, Maj Sjöwall, mettant en lumière l’inspecteur puis commissaire Martin Beck. Le couple est reconnu comme ayant inventé le roman noir scandinave, aujourd’hui très largement représenté sur le marché du polar. Si les enquêtes de Martin Beck sont largement connues, il est moins connu que Wahlöö a écrit et publié seulement 3 romans sous son seul nom, avec le commissaire Peter Jensen comme protagoniste. Ces romans se situent dans une Suède fictive mettant en lumière les dérives de la société suédoise.

Meurtre au 31è étage (1964) est un polar bien différent, avec un tempo un peu déphasé et où le protagoniste, le commissaire Jensen du seizième district de Stockholm, est un morne policier qui est (déjà) malmené par son métier de flic responsable de sa section qui doit résoudre dans les meilleurs délais des enquêtes un peu glauques (…c’était un officier de police d’âge moyen, de corpulence ordinaire, au visage lisse et inexpressif). De plus, ce pauvre Jensen est affublé de douleurs abdominales lancinantes de l’hypochondre droit et il passe son temps à boire du thé avec des biscottes, ainsi qu’à ingurgiter du bicarbonate de sodium en vrac (nous n’avons pas encore l’irruption massive du café dans les pages des polars…).

Dans ce polar, Jensen est appelé à résoudre le mystère autour de l’arrivée d’une lettre anonyme au sein de la Direction d’un puissant groupe éditorial à Stockholm, groupe qui se tient dans un immeuble de 30 étages, le plus haut de la ville. En fait, c’est un groupe qui détient la totalité de ce qui se publie, soit 144 périodiques avec un tirage supérieur à 21 millions d’exemplaires ! Autrement dit, le groupe contrôle presque toute l’information circulante et de plus, il la manipule parce que cette presse se veut « utile » pour les lecteurs car elle s’adresse à la famille toute entière et s’efforce d’être lisible par tous, de ne pas susciter d’agressivité, du mécontentement ou de l’inquiétude de la part du lectorat. Ainsi ce groupe éditorial satisfait le désir naturel de divertissement de chacun. Bref, le groupe concourt à la bonne entente nationale et crée des passerelles entre les partis politiques, entre la monarchie et la république. Et tout le mérite revient aux dirigeants du groupe éditorial…

Le problème est que dans tous les domaines, on essayait de rapprocher les opinions et les méthodes utilisées, lesquelles avaient presque uniquement pour principe de passer sous silence les contradictions et les difficultés. On masquait les problèmes, on les faisait passer après une constante amélioration du niveau de vie, on les enveloppait dans des mots creux crachés par la radio, la presse et la télévision. Tout cela portait le nom de « divertissement inoffensif« . Mais l’individu se sentait pris en charge en tant que personne physique et traité en irresponsable sur le plan de l’esprit; la politique et la société étaient devenues difficiles à comprendre, tout était acceptable mais inintéressant; et cela  créait chez l’individu un désarroi, suivi d’une indifférence générale. Et tout au fond, une terreur indéfinissable. Et l’un des principes fondamentaux de l’Entente est que tout doit être rentable. Tous les procès, y compris ceux concernant des bagatelles, ont fini par échapper plus ou moins au citoyen. Le motif était toujours le même : protéger l’individu contre des faits scandaleux, choquants ou effrayants, capables de troubler sa quiétude d’esprit.

En apparence dans cette société tout s’était amélioré, mais il y avait trois ombres : l’alcoolisme, le taux de suicides et la baisse de la natalité.

L’immeuble de l’Éditorial comporte 31 étages et le dernier étage est appelé « la section spéciale » ou « section 31 »; à cet étage le travail est mystérieux; les employés qui élaborent des projets appelés dummy, sont deux douzaines d’individus à la volonté affirmée sans dénominateur commun préalable, qui seront relégués à produire un journal « à l’ancienne »;  ce journal ne sera jamais édité car il aurait pu éveiller la conscience de certains. Il s’agit de propager l’indifférence sans  rencontrer d’obstacles.

Dans cette Suède fictive, la société a un grave problème d’alcoolisme et celui-ci est traqué et condamné sans merci (…bien que combattu très activement, l’alcoolisme sur la voie publique ne cessait d’augmenter et, depuis que le gouvernement avait fait adopter une nouvelle loi interdisant la consommation excessive d’alcool même en privé, la tâche de la police était devenue pratiquement surhumaine. De 2 à 3 mille personnes plus ou moins ivres mortes étaient arrêtées chaque soir; la moitié environ étaient des femmes. Et ce, malgré un impôt de 500% sur l’alcool. Mais les conditions de vie sont telles que  les gens sont pratiquement  amenés à se saouler à mort pour échapper à la morosité orchestrée et pour couronner le tout, on rafle 300 mille couronnes par jour en amendes pour alcoolisme, rien qu’à Stockholm…).

Constat amer d’une société muselée par les organes d’information, où l’on pratique à l’échelle nationale un « lavage de cerveau » de l’habitant. C’est devenu monnaie courante sous nos latitudes, n’est-ce pas?

MEURTRE AU 31è ÈTAGE, Rivages / Noir 801 2010 (PW 1964),  ISBN 978-2-7436-2161-2

Brunetti entre les lignes de Donna Leon

Résultat de recherche d'images pour "donna leon"

Donna Leon est une écrivaine nord-américaine (New Jersey 1942) ayant exercé plusieurs métiers avant de conquérir une notoriété internationale avec les enquêtes du Commissaire Guido Brunetti.  Elle vit à Venise depuis 1969, dans le quartier du Cannaregio, c’est une raison pour laquelle elle a refusé jusqu’à maintenant que ses romans soient traduits à l’italien afin de garder son total anonymat à Venise…Ses plus fervents lecteurs se trouvent en Allemagne et en Autriche.

Elle fuit Venise lors du Carnaval en raison de l’agitation excessive autour de cet événement. Madame Leon est une férue de musique baroque, notamment de Hændel, participant  activement à des événements ayant un rapport avec la musique baroque.

Elle avoue lire peu de romans policiers tout en gardant une grande estime pour l’auteure de polars britannique Ruth Rendell.

Le premier opus avec le Commissaire Brunetti remonte à 1997, c’était Mort à La Fenice, mon préféré.  Madame Leon raconte que l’inspiration pour créer le personnage de Brunetti lui vint par défi et par jeu lors d’un entracte au théâtre La Fenice.

Actuellement elle  est à son 25è livre; l’écrivaine avoue nécessiter un an pour écrire un épisode, toujours comportant environ 360 pages et elle s’applique une discipline rigoureuse :  1 page par jour y compris dimanche en se nourrissant de l’atmosphère si particulière de Venise et en lisant soigneusement les faits divers dans les journaux locaux : Il Gazettino et La Nuova Venezia.

Une série de 24 épisodes de 90 minutes a été tournée par la TV allemande  et diffusée par France 3 en 2010 sous le titre de Commissaire Brunetti avec Joaquim Król dans le rôle du commissaire. Toutes les scènes extérieures ont été tournées à Venise; l’appartement des Brunetti a été situé sur le Grand Canal à l’embouchure du Rio di San Polo. J’aime beaucoup cette série allemande, d’abord parce que les physiques des acteurs m’ont semblé si adéquats par rapport à l’idée que je m’en faisais d’eux. Puis, de revoir Venise dans ses petits recoins me comble de bonheur, même si les intrigues policières ne sont pas particulièrement palpitantes.

J’ai lu presque tous les opus et en possède 11 avec celui-ci, et j’ai publié un billet en mars 2016 sur L’inconnu du Grand Canal.  C’est toujours un plaisir de parcourir Venise avec le Commissaire Brunetti, de le suivre dans sa vie familiale et d’apprendre plein de petits détails sur la vie des « vrais Vénitiens ». Je voudrais depuis longtemps relire les romans de Donna Leon pour repérer justement tous ces détails et les noter sur un papier, je n’ai jamais le temps…

Brunetti entre les lignes (By its cover, 2014) est un bon opus, c’est le 24è épisode : un seul mort, beaucoup de bavardages et Venise dans toute sa splendeur. Le sujet m’a insupporté : on vole et on dégrade en arrachant des pages à des incunables dans la Bibliothèque Merula (nom fictif, mais un humaniste italien Giorgio Merula vécut au XVè…). Je frémis d’horreur en pensant à de tels actes criminels perpétrés sur des livres anciens. Et il parait que cela existe bel et bien et qu’il y a tout un commerce autour.

Pour revenir à ce tome, il est toujours plaisant de retrouver Brunetti, toujours marié avec la belle et culte Paola, professeur d’anglais. Leurs deux enfants sont adolescents maintenant : Raffi et Chiara. Et en dehors de nous promener dans Venise comme si nous y étions, nous assistons à leur vie privée avec menus et vins affichés. Le commissaire rentre tous les jours déjeuner chez lui ainsi que son épouse (ah! la belle vie). Paola Brunetti est très cultivée, mais aussi excellente cuisinière; elle   est la fille du comte Falier et les rencontres du ménage Brunetti avec les beaux parents dans leur palace, mettent très bien et avec finesse les différences entre la vieille noblesse et un roturier même très bien dégrossi, tel que notre Brunetti. Le comte Falier a des manières surannées, une vraie élégance morale.

Il faut lire entre les lignes pour sentir le choc que ressentent les vénitiens, par exemple, lorsque ces monstres de la mer, ces paquebots de plus de 2 000 passagers accostent directement sur le Grand Canal. Page 20 Brunetti remarque que le sol est humide et constellé de vastes flaques d’eau, qui s’étendent le long des murs des immeubles. Il regarde sur le bord du quai  le niveau de l’eau et constate qui se trouve à plus de 50 cm en dessous et que toute cette eau ne peut s’expliquer que par le passage du navire. Et il était censé croire, lui et ses concitoyens que l’administration prend pour des idiots, que ces bateaux ne font subir aucun dommage aux matériaux composant la ville…

Force est de constater que les pauvres Vénitiens sont envahis massivement tout le long de l’année. Page 98 Brunetti prend la large Via Garibaldi, un des rares quartiers de la ville avec encore essentiellement des Vénitiens. Il suffisait de voir les gilets en laine beige et tous ces cheveux coupés court et soigneusement permanentés pour être sûrs que les vieilles dames étaient bien du cru. Ici, les gens achetaient des choses dont ils avaient besoin dans leurs cuisines; ils achetaient aussi du papier hygiénique, ou encore les tee-shirts en coton blanc uni qu’ils portaient à la place de maillots de corps.

Le commissaire Guido Brunetti va mener l’enquête aidé par Vianello et la signorina Elettra, un as de l’informatique sachant soutirer du web des renseignements mieux qu’un hacker chevronné.

La fin de l’histoire est originale puisque Donna Leon livre les renseignements et le lecteur se raconte la fin…Pas mal du tout et merci à toi Catherine S. pour ce cadeau.

BRUNETTI ENTRE LES LIGNES, Points Roman P4486(2017) Donna Leon 2014, ISBN 978-2-7021-5717-6

Dossier 64 de Jussi Adler-Olsen

Afficher l'image d'origine Jussi Adler-Olsen est un écrivain danois (Copenhague 1950) qui fait partie du vaste groupe d’écrivains nordiques de polars. Il rencontre un grand succès puisqu’il a  été traduit dans plus de 40 langues !

Dossier 64 fait partie de la série d’enquêtes du Département V (et qu’en danois s’appelle Q, mais cela a été changé en français pour éviter toute grivoiserie éventuelle); c’est déjà un quatrième volume, paru au Danemark en 2010 où il fût la meilleure vente de l’année décrochant le meilleur Prix littéraire danois : le Prix du Club des Libraires. L’écrivain a prévu de publier une dizaine de volumes impliquant ce Département.

Les suspenses de Adler-Olsen sont à base « d’affaires classées et non résolues » sur fond de fascisme et d’humour danois que je découvre. Et Dossier 64 touche un sujet délicat et réel : les années d’eugénisme au Danemark. L’eugénisme danois est l’un des plus intéressants et énigmatiques au sein des pays nordiques: voici un pays européen, de l’Europe du Nord, qui vota  en 1929 la première loi de stérilisation  (deuxième pays après le canton de Vaud en Suisse), une pratique reconduite jusque dans les années 60. Puis l’eugénisme devient un enjeu politique avec l’arrivée au pouvoir des sociaux-démocrates en 1924.

Dossier 64 est un volume assez politique qui va impliquer cette période de l’Histoire puisqu’il se passe dans les années 50 pendant la jeunesse des femmes protagonistes de ce polar, puis dans les années 80 où s’opèrent plusieurs disparitions inexpliquées qui vont atterrir sur le bureau du commissaire chargé des cas irrésolus en 2010. L’usage du flash-back est incessant dans le roman, mais c’est bien articulé et ne gêne pas à la compréhension générale de l’affaire.

(L’îlot de Sprogø du roman existe bel et bien et il accueillit entre 1922 et 1967 une clinique eugéniste où des médecins stérilisèrent des femmes attardées, des filles-mères ou des prostituées. Une époque où le régime s’attaquait aux minorités et aux citoyens les plus fragiles: handicapés mentaux, minorités ethniques et cas sociaux).

Ce commissaire chargé du Département V est tout un personnage : c’est un flic un peu ours quoique tendre à l’intérieur, il s’appelle Carl Mørck et il a été nommé dans ce « placard »(sous- sol glauque et étroit) à la suite d’une affaire policière qui a mal tourné : lors d’un déplacement de routine un de ses collègues s’est fait tuer et l’autre est resté paraplégique. Mørck s’en est sorti parce qu’il est resté tétanisé, coincé et protégé sous le corps de son collègue et ami mort dans l’échauffourée. Le commissaire est taraudé en permanence par ce vécu.

Il travaille dans ce sous-sol avec deux acolytes complètement atypiques : le syrien Hafez-el-Assad et Rose, la spécialiste des réseaux. L’assistant syrien est un personnage étrange, c’est quelqu’un qui visiblement a des pouvoirs occultes (d’où vient-il?, qui est-il? que fait-il dans la police alors qu’il n’a subi aucune formation?). Quant à Rose, elle est polyfacétique, voire carrément schizophrène par moments. Mais cette équipe au global, est très performante. Il paraît qu’au fil des romans, on connaitra la vérité sur Assad.

Je ne dévoile en rien la trame du polar car sinon, j’enlève de l’intérêt pour une lecture éventuelle. J’ai eu du mal au début puis j’ai accroché, trouvant que l’intrigue était un peu trop théâtrale avec une mise en scène presque grotesque. En revanche, j’ai été intéressée par la découverte des danois et leur constante ironie, leur manque de hiérarchie dans les rapports au commissariat; la cocasserie incroyable des certaines situations comme par exemple quand l’auteur décrit l’épidémie de grippe et/ou de gastro qui sévit au sein de l’équipe. On ne dirait pas que ces nordiques pouvaient être aussi délurés.

Un mot sur l’excellence de la traduction de Caroline Berg qui a su rendre les dialogues aussi savoureux.

DOSSIER 64, Le Livre de Poche 34001, 2015 (J Adler Olsen 2010),  ISBN 978-2-253-09515-6

The Racketeer by John Grisham

Afficher l'image d'origineJohn Ray Grisham is an american bestselling writer (Arkansas 1955) and also an attorney and politician well known for his legal thrillers. His books have been translated into more than 42 languages, and sold over 275 millions copies worldwide! His first novel was published in 1989. Grisham is among the three authors to have sold  2 millions copies on a first printing : the other two are Tom Clancy and JK Rowling. His first bestseller was The firm in 1991 which sold more than 7 millions copies and was  adapted first in 1993 in a movie of the same name starring Tom Cruise, then in 2012 in a TV series.

I’ve read many of his books and I like his writing because he builds good plots told through short and dynamic chapters, written like a script.

The Racketeer (2012)  Le manipulateur (2013) in French is another legal thriller novel. This is John Grisham’s 30th book. This time I found there was too much legal jargon and explanations, which rather annoyed me. I do admit that is a way to explain the importance of Law in the US, a complex and often flawed legal system ; this time the main protagonist is an African American.

About the title. A rack-e-teer is a person who obtains money illegally, as by fraud, by extortion, etc.

This time the plot is quite complicated and centred around the implication of the federal government in corruption and abuses. The plot starts with the murder of  Federal Judge Raymond Fawcett. Something went wrong with Judge Fawcett in 2000, his opinions were shorter, not as well reasoned, nasty at times. That year, he was nominated by President Clinton on the Fourth Circuit Court of Appeals in Richmond, which means that he was among the 15 judges considering only appeal cases. The biggest case in his career was a case over uranium mining that began in 2003.

A Federal Judge in the US is somewhat of a God-like figure, a very important person since the Constitution allows him to serve until death. It’s a tremendous prestige earning little money (125 000 $ a year for a job filled with stress). The only rank higher than a Federal Judge is a US Supreme Court Judge. The federal prisons are a heavy business for the government (Federal Correction Institutions) since the cost per year for ONE inmate is 40 000$ in comparison with 8 000$ a year for an elementary school student. If the government swapped these costs, they could probably lower criminality considering how many illiterates there are in such a big territory.

The murder takes place and the FBI cannot find a single lead. Malcom Bannister is a 43- year -old disbarred black lawyer in prison since 5 years ago (out of 10) because of money laundering and accused of helping a client hide money from the FBI, the IRS and others under the control of his Law Firm. In truth, Bannister is not guilty and his only fault was to pick a dubious client. Bannister pretends to know about the murder and makes a deal with the FBI : if he gives out the name of the murderer, his sentence will be reduced according to Rule 35 of the Federal Rules of Criminal Procedure, which provides the only mechanism for the commutation of a prison sentence. If an inmate can solve a crime of interest to the Feds, then the sentence can be reduced. This takes the cooperation of the investigating authorities (FBI, DEA, CIA, ATF and so on) and of the court from which the inmate was sentenced. Bannister makes also a deal as to make him a member of the US Federal Witness Protection Program : this would provide him with a completely new identity, legal papers and money as to start a new life.

Lawyer Malcom Bannister gives the name of Quinn Rucker, 38, a black male convicted of distributing narcotics and sentenced to 7 years. This guy has a younger nephew that judge Fawcett indicted with a 18-year sentence despite offering a bribe to Fawcett of about half a million US$.  Everyone in the Rucker family is dealing with drugs ; they are rich and definitely revengeful.

From this point on the plot is a very good thriller; I was breathless and did not guess the end. The story is about revenge but also about the very devious and surprising destiny of a  smart man.

THE RACKETEER, Doubleday 2012,  ISBN 978-0-385-53514-4

Dispara a la luna de Reyes Calderón

Afficher l'image d'origineReyes Calderón es una autora española (Valladolid 1961) con estudios de Derecho y Filosofía; actualmente es la decana de la Universidad de Navarra, departamento de Economía.

Se la conoce principalmente por sus novelas policiales con la juez pelirroja Lola MacHor la primera juez fémina de la sala del Tribunal Supremo en Madrid, un cargo vitalicio.

Dispara a la luna es la sexta entrega con Lola MacHor y le ha valido a Reyes Calderón el Premio Azorín 2016. El título quiere traducir en español la expresión en inglés « shoot for the moon » o « apunta a lo alto« . Es una novela coral con varios personajes muy bien definidos y es una novela con un rompecabezas dinámico, casi cinematográfico, con capítulos que pueden ser cortísimos y una narración original que parte de la resolución del caso para volver hacia atrás en el tiempo,  lo que se llama « in extremis« en narratología cuando el relato comienza por el desenlace.

Este libro me ha hecho conocer la juez MacHor que es la estrella del libro, una mujer muy respetada en su ámbito. Casada con un médico famoso y madre de varios hijos. Una mujer con ascendencia irlandesa lo que explica su espectacular cabellera. No me cuadró muy bien la dicotomía entre la estupenda y reconocida profesional y la mujer; encontré que la autora la pone en situación de anti-héroe por el lado femenino en permanencia. El lado femenino de la juez me pareció demasiado « rebajado », demasiado anodino, lo encontré poco creíble; y esa manía de la juez para que la llamen Lola, de buenas a primeras.

Todo el libro se basa en la búsqueda de Juan Iturri Goicoechea, un policía de Interpol, basado en Lyon, Francia, que ella conoce y estima mucho. El pobre hombre será secuestrado de manera atroz, pero alcanzará a enviar un mensaje a la juez porque intuye que la única que no le fallará es ella. Muy enrevesado resultará  saber qué lazos tan fuertes los unen como para que la juez deje Tribunal Supremo y marido para salir en pos de Iturri. Toda la novela transcurre en seis días de búsqueda a contrarreloj e involucra la Guardia Civil española y la Gendarmería francesa y hasta el MI6 británico puesto que la trama evoca las relaciones entre las unidades antiterroristas de Francia, España y Reino Unido; hay un buen trabajo de documentación.

Por momentos encontré que el relato se alargaba demasiado. También encontré que la escena del rapto del inspector Iturri era surrealista porque el hombre era terriblemente precavido y discreto como para dejarse atrapar por unos maleantes bastante torpes, además que intuyó su rapto en el mismo momento y me pareció que casi se dejaba atrapar. La novela torna alrededor del tema de la venganza y en contrapunto tenemos el tema de la amistad indefectible que une a la juez con Iturri. En la novela, la relación de la juez con Iturri es catalogada como « anclaje emocional » y los seguidores del caso le aplican el principio de la navaja de Ockham, es decir, que probablemente las razones que los unen son desconocidas de todos pero son las más simples y parsimoniosas. También hay en la novela mucho material para describir a la clase política, de manera acertada y bastante ácida ( y tan justa !) : la juez es convocada al Palacio de la Moncloa y la recibe un joven que debe ser uno de los tantos « asistentes » y enchufados del poder…un jovenzuelo con aspiraciones intentando ofrecer una conversación marcadamente inteligente, lo que es peor que un día de campo en una zona de mosquitos, peor que una depilación de axilas, peor que un pleito entre parientes...(página 385)

Un error garrafal página 582 con el francés (¿no hay correctores?); en la frase Excusez-moi, madame, n’êtes-vous pas oublié quelque chose? (n’avez-vous pas oublié?! auxiliar avoir y no être)

Lectura entretenida con un personaje diferente dentro de lo que se conoce en literatura policial.

DISPARA A LA LUNA, Planeta 2016,  ISBN 978-84-08-1542-1

Pulsions de Gilbert Schlogel

Afficher l'image d'origineGilbert Schlogel est un chirurgien et écrivain français (Paris 1932), auteur d’une vingtaine d’oeuvres. Il a été nommé chevalier des Arts et des Lettres en 2010. Il se consacrera définitivement à l’écriture à partir de 1992.

Pulsions (2001) est son neuvième roman; c’est un thriller construit autour de délits sexuels commis sur des enfants, délits dus aux pulsions incontrôlables d’individus malades. Dans le roman il y a pas mal d’information autour du sujet avec des notions médicales ou des cas cités in extenso ainsi qu’une bibliographie assez complète sur le sujet. Voici un sujet ardu s’il en faut, macabre et morbide, glauque et déplaisant, traité de façon scientifique par moments.

Le roman se lit bien, car la trame est bien travaillée, même si par moments il m’a semblé un peu trop bavard; en revanche, il y a peu de failles et tout s’imbrique de façon logique. C’est l’histoire abracadabrante d’un brave professeur sans problèmes qui se fait accuser d’attouchements sexuels par trois de ses élèves, et aussi on lui reproche un enlèvement de mineure. A partir de ce moment, la vie de ce brave professeur va devenir un véritable cauchemar et le docteur Schlogel aura beaucoup d’imagination pour nous faire suivre cette affaire qui deviendra incroyablement compliquée et difficile, avec des complications en cascade. Il y a un tel enchaînement de circonstances négatives sur ce pauvre professeur que par moments le lecteur se met en apnée.

Si au bout de 500 pages nous aurons enfin un peu de répit, il est difficile d’imaginer qu’après de telles épreuves la vie puisse continuer comme avant pour les personnes impliquées…

Le titre est bien trouvé, et nous aurons beaucoup d’informations, parfois à un niveau scientifique autour de pulsions sexuelles déviantes.  Page 139 on peut lire…Si j’en crois ce que j’ai lu, les gens atteints de cette déviance criminelle sont en permanence taraudés par l’envie de recommencer et, tôt ou tard…ils recommencent. Ou du moins ils essayent. On dit qu’un pédophile en liberté fait une vingtaine de victimes par an ! Quand on leur montre ces statistiques, les juges lèvent les bras au ciel : ils n’y peuvent rien. Les psychiatres prétendent que nous sommes, nous-mêmes, trop obnubilés par nos propres pulsions sexuelles pour savoir comment nous comporter devant les déviants de cette espèce. Comme s’il existait, dans notre inconscient, une sorte de culpabilité collective.

PULSIONS, Fayard 2001,  ISBN 2-213-60912-8

Ballet noir de Jean-François Coatmeur

Afficher l'image d'origineJean-François Coatmeur est un romancier français (Pouldavid-sur-Mer 1925) ayant publié de nombreux ouvrages depuis 1963, ce sont essentiellement des romans noirs se passant en Bretagne. Monsieur Coatmeur a exercé longtemps le métier de Professeur de Lettres Classiques.

Ballet noir (1999) est un recueil de 17 histoires courtes, autour du thème du suspense psychologique, du thriller parfois palpitant, de la psychologie des personnages. Je dois dire que je préfère les histoires longues avec un plaisir de lecture qui se prolonge à mesure que le lecteur pénètre dans le monde des personnages. Ici les histoires sont tellement courtes que parfois cela va trop vite. C’est tellement bien écrit et approfondi malgré la brièveté du récit que j’ai eu de la peine pour me sortir de certaines histoires. Toutes ces histoires sont inédites puisqu’elles avaient été publiées dans Mystère Magazine.

J’ai particulièrement apprécié Deux tours en trop, La fiancée, Bombe funèbre, Nuit de noces…Il y a du suspense, de la cruauté parfois dans ces récits qui sont impeccablement structurés.

Trois adaptations inspirées de La fiancée ont été tournées :  une d’Olivier Bourbeillon en 1984, un court métrage de 19 minutes de Bruno Romy en 1986 et une autre adaptation d’Alexander Harvey en 1999.

Voici un auteur très agréable à lire car son écriture est très soignée et ses récits parfaitement contruits.

BALLET NOIR, Éditions V.D.B. 2000(Albin Michel 1999),  ISBN 2-87821-788-8