Archives

Valet de pique de Joyce Carol Oates

Résultat de recherche d'images pour "joyce carol oates" Joyce Carol Oates est une grande dame des lettres nord-américaines (Lockport, NY 1938) elle possède une très vaste bibliographie et plusieurs cordes à son arc : poétesse, romancière, nouvelliste, dramaturge, essayiste. Son nom circule depuis quelque temps pour un prochain Prix Nobel. Ella a publié aussi des romans policiers sous des pseudonymes : Rosamond Smith et Laura Kelly.

Les sujets récurrents de Mme Oates tournent autour de la pauvreté rurale, des abus sexuels, des traumatismes de l’enfance, de la satire sociale et de la violence en général. Son style est richement descriptif et me rappelle par moments celui d’Honoré de Balzac. Mais ici les sujets peuvent être assez sombres, profonds, douloureusement psychologiques.

Je lui ai lu quelques livres, et je les ai trouvés tous bons, assez forts, limite dérangeants. Par exemple sa biographie de Marilyn Monroe Blonde (2000) est un des meilleurs livres lus sur cette actrice; et La Fille tatouée (2003) est un autre roman sur la violence des sentiments. J’ai publié en janvier 2017, en VO, un billet sur Hudson River (2001), encore un excellent bouquin sur la classe huppée et âgée nord-américaine avec une note plutôt rare de la part de Mrs Oates :  de l’humour acide.

Valet de pique (Jack of Spades, 2015) traduit en français en  2017, ce serait inspiré d’un récit de deux pages d’Edgar Allan Poe datant de 1850, Le Démon de  la perversité (« The Imp of the Perverse » ) dont voici une citation…Nous sommes sur le bord du précipice. Nous regardons dans l’abîme, nous éprouvons du malaise et du vertige. Notre premier mouvement est de reculer devant le danger. Inexplicablement nous restons…Cette oeuvre élabore une théorie selon laquelle tout le monde a des tendances autodestructrices, incluant le narrateur; cette théorie peut être une esquisse de la notion du subconscient et du refoulement qui devra attendre Freud pour être théorisée. Aussi on peut citer William Wilson, une autre nouvelle du même Poe datant de 1839 où il évoque le thème du double qui hante le narrateur et le conduit à la folie.

Valet de pique est un livre assez génial, un thriller psychologique complexe, un roman choral et gothique avec une nette référence à E.A. Poe avec l’apparition d’un chat noir, incarnation de la chose démoniaque.

LE SUJET : Andrew Rush est un auteur de polars à succès, l’auteur le plus connu du comté d’Hecate dans le New Jersey. C’est un homme très lisse : marié depuis 30 ans à Irina, il est père de trois enfants qui ont déjà quitté la maison familiale, il est riche, assez charmant, un grand philanthrope pour la petite ville où il réside, auteur à succès de polars très corrects, très policés. Il se veut l’homme parfait. Ceci est la face que tout le monde connait.

Mais il a un autre côté, nettement plus obscur et caché à sa famille et à son éditeur : il écrit des polars sous un pseudonyme, Valet de Pique, nettement moins corrects, voire gore et pervers. Il y fait figurer des faits réels vécus par sa famille. Il cache ces livres dans le sous sol de sa vaste demeure, là où personne n’a le droit d’y aller et les écrit nuitamment sous l’emprise de l’alcool. Parfois il ne garde aucun souvenir de cette activité.

Un jour par mégarde il laissera traîner l’un de ses polars signé Valet de Pique qui tombera dans les mains de sa fille Julie, laquelle le lira et sera estomaquée quand elle constatera que des faits relatifs à leur vie familiale et privée, figurent dans le roman. Presque en même temps, Rush recevra une citation à comparaitre au tribunal correspondant à une accusation de plagiat et de vol de matériel de la part de C.W. Heider, une vieille fille de la ville de Harbourton où habite Rush, déjà connue pour les mêmes exactions avec d’autres écrivains et ayant été déboutée.

La maison d’édition de l’écrivain Rush est à New York et elle est très puissante. Elle commissionnera un excellent avocat qui le défendra sans souci et sans frais…

A partir de ce deux évènements l’écrivain Rush va perdre le contrôle de sa vie et son alter ego, Valet de Pique, prendra les commandes de son subconscient et lui dictera des conduites transgressives, inimaginables chez l’impeccable Andrew Rush. C’est la descente dans la folie.

Mais QUI est le véritable Andrew Rush ? C’est sûr, c’est un homme compliqué, c’est une personnalité trouble. Dès l’âge de 12 ans il traine des boulets puisque nous savons qu’il a été à l’origine de « l’accident » qui a coûté la vie à son frère plus jeune. Non, ce n’était pas un accident, il l’a poussé parce qu’il en était jaloux. Comment peut-on vivre avec une culpabilité pareille sans sombrer dans la folie? Par exemple, en inventant un personnage très retors et très pervers que lui permettra d’évacuer toutes ses pulsions ; une personnalité qui lui sert d’exutoire pour supporter cette charge émotionnelle. C’est l’autre face de son alter ego: Valet de pique. Peut-être nous trompons nous? Je ne crois pas car, sous une apparence débonnaire, il a complètement annihilé la personnalité de sa femme qui était au départ presque une meilleure écrivaine que lui même, et le lecteur remarque que dans son for intérieur il n’aime pas ses enfants, ils les méprise. En fait, c’est un personnage assez vil sous des apparences plus que trompeuses. Il commettra des actes graves mû par les pulsions du Valet de pique jusqu’au dénouement final. C’est assez terrifiant.

Il y a d’autres choses intéressantes dans le roman. Comme par exemple la mise en abyme de l’écrivain réel Stephen King, abondamment cité dans l’histoire. (Se connaissent-ils bien?). King et Oates ont publié des livres sous des pseudonymes  (sous le pseudonyme de Richard Bachman pour King). Le King du livre sera accusé de plagiat comme Andrew Rush. Oates aborde aussi le sujet de la création littéraire et de ses rituels, de la jalousie qui peut générer cette création intellectuelle. Et aussi le rôle de l’alcool comme moteur dans l’acte d’écriture.

Un livre bigrement complexe, intelligent, inquiétant et qui laisse quelques points non éclaircis (quid de la répétition en littérature?). Ceci me rappelle l’un des sujets phares du dernier livre d’Enrique Vila-Matas lu il y a peu : Mac et son contretemps, justement traitant de ce sujet.

VALET DE PIQUE, Éditions Philippe Rey 2017 (JCO 2015),  ISBN 978-2-84876-585-3

Publicités

Desaparecida de Mario Escobar

Résultat de recherche d'images pour "mario escobar"Mario Escobar es un escritor e historiador español (Madrid 1971), especializado en Historia Moderna; tiene desde ya una importante bibliografía. Casi todas sus novelas han sido publicadas para Kindle, pero esta vez está inaugurando una editorial-papel con Amazon Publishing.

Desaparecida es un thriller y una novela coral con varios personajes que van aportando datos nuevos en la trama. El autor tiene un especial talento para manipular constantemente al lector y llevarlo por nuevos derroteros y perderlo (con delicias) en conjeturas.

Es la historia de un drama en una familia norteamericana de la mejor casta. La pareja de Mary y Charles emana de las primeras familias que hicieron raíces en el nuevo continente y que se dedican a la política a alto nivel. Son ciudadanos de marca, ricos y conocidos. Mary y Charles han perdido a un hijo en un accidente de esquí en Gstaad en condiciones algo turbias. El matrimonio decide aislarse en Antalya, Turquía en un lujoso condominio playero para reconstruirse, están con una hijita pequeña, Michelle. Y Michelle desaparece una noche en que los padres han salido a cenar a un restaurante.

A partir de este momento empezamos a tener luces inesperadas sobre este matrimonio tan perfecto y exitoso en apariencia; todo se torna confuso y sospechoso. Y el lector a medida que avanza la trama y conoce nuevos datos va dudando, elucubrando y sabiendo a ciencia cierta que aún falta información y nuevas pistas. Y que todos son potencialmente culpables porque casi todos tienen algo que esconder, porque no todo lo que parece es verdad…

¿ Con quién confiar ? Con la familia? los allegados? los amigos? la policía?

Hay temas de actualidad en la novela : el rol de Turquía en el flujo de migrantes y los diversos tráficos que emanan de estos flujos humanos desordenados :tráfico de órganos, pedofilia, trata de blancas, corrupción de las autoridades; se evoca también  el machismo imperante en un país como Turquía y las relaciones difíciles y tensas entre los EEUU y el ex-imperio ottomano,  etc.

Yo partí con un serio handicap con la lectura de esta novela: no me gustan las historias que involucran a los niños, especialmente si hay sufrimiento, no las soporto. Pero aquí  he sido enganchada desde el principio , a pesar de que he encontrado algunos puntos flojos en la trama y algunas situaciones poco verosímiles. El resultado está ahí : un buen thriller.

DESAPARECIDA, Amazon Publishing 2016,  ISBN 978-1503940185

Dispara a la luna de Reyes Calderón

Afficher l'image d'origineReyes Calderón es una autora española (Valladolid 1961) con estudios de Derecho y Filosofía; actualmente es la decana de la Universidad de Navarra, departamento de Economía.

Se la conoce principalmente por sus novelas policiales con la juez pelirroja Lola MacHor la primera juez fémina de la sala del Tribunal Supremo en Madrid, un cargo vitalicio.

Dispara a la luna es la sexta entrega con Lola MacHor y le ha valido a Reyes Calderón el Premio Azorín 2016. El título quiere traducir en español la expresión en inglés « shoot for the moon » o « apunta a lo alto« . Es una novela coral con varios personajes muy bien definidos y es una novela con un rompecabezas dinámico, casi cinematográfico, con capítulos que pueden ser cortísimos y una narración original que parte de la resolución del caso para volver hacia atrás en el tiempo,  lo que se llama « in extremis« en narratología cuando el relato comienza por el desenlace.

Este libro me ha hecho conocer la juez MacHor que es la estrella del libro, una mujer muy respetada en su ámbito. Casada con un médico famoso y madre de varios hijos. Una mujer con ascendencia irlandesa lo que explica su espectacular cabellera. No me cuadró muy bien la dicotomía entre la estupenda y reconocida profesional y la mujer; encontré que la autora la pone en situación de anti-héroe por el lado femenino en permanencia. El lado femenino de la juez me pareció demasiado « rebajado », demasiado anodino, lo encontré poco creíble; y esa manía de la juez para que la llamen Lola, de buenas a primeras.

Todo el libro se basa en la búsqueda de Juan Iturri Goicoechea, un policía de Interpol, basado en Lyon, Francia, que ella conoce y estima mucho. El pobre hombre será secuestrado de manera atroz, pero alcanzará a enviar un mensaje a la juez porque intuye que la única que no le fallará es ella. Muy enrevesado resultará  saber qué lazos tan fuertes los unen como para que la juez deje Tribunal Supremo y marido para salir en pos de Iturri. Toda la novela transcurre en seis días de búsqueda a contrarreloj e involucra la Guardia Civil española y la Gendarmería francesa y hasta el MI6 británico puesto que la trama evoca las relaciones entre las unidades antiterroristas de Francia, España y Reino Unido; hay un buen trabajo de documentación.

Por momentos encontré que el relato se alargaba demasiado. También encontré que la escena del rapto del inspector Iturri era surrealista porque el hombre era terriblemente precavido y discreto como para dejarse atrapar por unos maleantes bastante torpes, además que intuyó su rapto en el mismo momento y me pareció que casi se dejaba atrapar. La novela torna alrededor del tema de la venganza y en contrapunto tenemos el tema de la amistad indefectible que une a la juez con Iturri. En la novela, la relación de la juez con Iturri es catalogada como « anclaje emocional » y los seguidores del caso le aplican el principio de la navaja de Ockham, es decir, que probablemente las razones que los unen son desconocidas de todos pero son las más simples y parsimoniosas. También hay en la novela mucho material para describir a la clase política, de manera acertada y bastante ácida ( y tan justa !) : la juez es convocada al Palacio de la Moncloa y la recibe un joven que debe ser uno de los tantos « asistentes » y enchufados del poder…un jovenzuelo con aspiraciones intentando ofrecer una conversación marcadamente inteligente, lo que es peor que un día de campo en una zona de mosquitos, peor que una depilación de axilas, peor que un pleito entre parientes...(página 385)

Un error garrafal página 582 con el francés (¿no hay correctores?); en la frase Excusez-moi, madame, n’êtes-vous pas oublié quelque chose? (n’avez-vous pas oublié?! auxiliar avoir y no être)

Lectura entretenida con un personaje diferente dentro de lo que se conoce en literatura policial.

DISPARA A LA LUNA, Planeta 2016,  ISBN 978-84-08-1542-1

La región más transparente de Carlos Fuentes

Afficher l'image d'origineCarlos Fuentes Macías es un gran escritor mexicano (Panamá 1928-México DF 2012) con estudios de Derecho y de Economía. Obtuvo todos los grandes premios literarios, menos el Nobel, entre ellos: Premio Nacional de Literatura 1984, Premio Cervantes 1987. Fue  embajador de México en Paris entre 1975-77.

De su extensa bibliografía publiqué dos reseñas en este blog : el brillante ensayo La gran novela Latinoamericana en septiembre 2012 y Aura en noviembre 2012, una extraordinaria novelita gótica.

La región más transparente (que llamaré LRMT para no repetir este título tan largo), es la primera novela de Carlos Fuentes ; título traducido al francés como La plus limpide région  y que fue para la época, un suceso (1958) provocando una división de opiniones en el momento de la publicación porque fue una obra que rompió los moldes tradicionales de la narrativa y porque presentaba una visión crítica del pasado y del presente de la ciudad de México DF. Para algunos fue el primer estallido del boom latinoamericano. Entre varios valores intrínsecos a esta obra, destaca la exploración pionera de la lengua mestiza de México y una relación muy fuerte entre la historia y la literatura. Carlos Fuentes es la figura más controvertida del llamado « boom latinoamericano » que unió a una generación de novelistas de América Latina entorno a intereses comunes acerca de la novela, revitalizando el género literario y originando la producción de novelas importantes.

Juan Luis Cebrián, español y presidente del diario El País, dijo a propósito de este libro : es la Revolución, sus ideales y sus miserias, una constante en la narrativa de Carlos Fuentes quien mezcla la lengua cervantina con los modismos y extranjerismos y vocablos nahuátles.

Esta novela es muy diferente a lo que existía en México en aquel entonces y se opone a un realismo criollo con la utilización del monólogo interior,  la utilización libre de la unidad temporal y  la simultaneidad de las acciones.

No fue para mi una lectura fácil en absoluto, pero fue una lectura interesante que me enseñó lo que yo llamaría el « meollo » de la mexicanidad.

Porque la novela tratará de explicarnos lo que es la mexicanidad. ¿Explicarnos? No, no hay ninguna explicación, hay que creerlo, nada más.

México no se explica; en México se cree, con furia, con pasión, con desaliento. (página 202). Tarde o temprano una fuerza secreta y anónima inunda y transforma todo. Es una fuerza más vieja que todas las memorias, tan reducida y concentrada como un grano de pólvora: es el origen.  Todo lo demás son disfraces. Allá, en el origen, está todavía México, y lo que es, nunca lo que puede ser. México es algo fijado para siempre, incapaz de evolución. Una roca madre inconmovible que todo lo tolera. Todos los limos pueden crecer sobre esa roca,  pero la roca no cambia, es la misma, para siempre (página 263).

La novela La región más transparente es muchas cosas : es una novela total (= un panorama exhaustivo de un país y de la sociedad en un período determinado) que compagina a la perfección con el criterio polifónico y se articula con los problemas sobre la identidad individual y nacional (con una paleta de personajes que va de la burguesía surgente hasta adinerados venidos a menos y prostitutas). La ciudad, la historia mexicana y la mexicanidad, las clases sociales, todos los temas de la novela, tienen que ver con la totalidad y lo polifónico, es una novela de estructura compleja compuesta de tres partes desiguales entre si: es la historia de un ser colectivo con personajes que son meras partículas de la urbe mexicana; es una novela polifónica que da la palabra a numerosos representantes de la sociedad mexicana de los años 50 (2,9 millones de habitantes en la urbe en la década de los 50) y que recopila todas las hablas, vocablos, cantos, expresiones, gritos y silencios que existen en el país, en la ciudad de México, en la historia (en la oculta y en la oficial); es también una novela urbana donde la ciudad de México DF es la gran protagonista: es la primera novela que confiere a esta ciudad una voz propia y que la abarca en su conjunto; es una novela circular porque la escena inicial de la llegada de Junior y Pichi con Betina y Jaime a la fiesta de Bobó coincide con la escena final con otra fiesta, cerrando el ciclo que Fuentes nos quiso narrar; es también una novela precursora, allá por el final de los años 50 de la llamada nueva novela hispanoamericana; es una novela realista; es una novela social que enseña más de lo que se aprende en los tratados de historia y de sociología; es una novela histórica que mezcla la Historia de México con los últimos balazos de la Revolución mexicana (la acción se sitúa entre 1946-1952 unos 30 años después de la Revolución que hizo un millón de muertos);  es una novela de ideas;  es la primera novela mexicana a la que se le puede aplicar el término de cosmopolita; es una novela poética de gran lirismo por momentos; es una novela biográfica; es una novela satírica; es un elogio de la hibridez y de lo inconcluso. Tiene también mucho de realismo mágico porque la ciudad parece envuelta entre la niebla o la bruma lo que imprime un halo de misterio; es una novela de estereotipos y no de individuos. Es una novela donde hay bastante malinchismo, especialmente en las clases medias y altas donde lo extranjero reina ante lo criollo con una neta tendencia a negar los propios orígenes y a preferir « lo extranjero ». Es una novela donde hay mucho realismo simbólico (la cultura azteca y algunos de sus símbolos :el sol, el águila, la serpiente, el nopal); es una novela filosófica.

Es una novela laberíntica con una escritura laberíntica : hay fragmentación y discontinuidad temporal en el relato. Y hay que ver la ciudad de México como un laberinto donde se pierden los personajes-estereotipos que están siempre a la búsqueda de algo

La novela está compuesta por 3 incipits destinados al lector para captar su atención : 1) el cuadro cronológico con la presentación de los personajes en el cuadro histórico de México entre 1900-1950;  2) el monólogo interior de tono lírico de Ixca Cienfuegos (voz nahuátl que quiere decir « poner bajo la ceniza » y que alude al tiempo mítico o del origen cuando los fuegos alumbraban el universo siguiendo los mitos aztecas sobre la reconstrucción periódica del mundo y del hombre) y 3) la apertura tradicional de la novela con Gladys García que va a cerrar el ciclo unas 700 páginas después…

Hay una combinación excesiva de elementos, hay un muestreo exorbitante de discursos diferentes en la novela, hay un desorden narrativo o un caos ordenado : poético, ensayístico, narrativo, polémico, o poligrafía típica de Fuentes; hay una complejidad de « coordenadas » de tiempo y de espacio, hay una mezcla de procedimientos de varios géneros; son los rasgos sobresalientes de LRMT que heredarán obras posteriores del autor. En LRMT se infiltran también el melodrama (la vida de Norma Larragoiti), la novela de la Revolución (las historias de los revolucionarios), la novela gótica (los elementos fantásticos como la ciudad nocturna, Ixca Cienfuegos, Teódula Moctezuma), las historias de amor (la de Norma y Rodrigo), etc…

Esta obra es un monumento escrito por Carlos Fuentes a los 28 años de edad… Fuentes no escribió con un vocabulario sino con todo el idioma, en un intento por encontrar una respuesta a qué es México, el extraño país abierto a dos océanos y cerrado sobre si mismo (dixit José Emilio Pacheco).

Carlos Fuentes anticipa con su novela a los problemas surgidos con la industrialización urbana y acota el acercamiento al horizonte filosófico occidental por los matices del existencialismo, sino también por la crítica posmarxista sustentada por el discurso crítico frente a la revolución así como la conciencia de clase. La calidad especial de las interrogantes que propone Fuentes, o sea, el origen, la cultura, la historia, el mestizaje, entre otras cosas, le confieren un matiz característico a lo que escribe : México, su destino y el de los mexicanos, la mitología prehispánica, la incorporación de la cultura mexicana, los modos de hablar, de comportarse, etc (más abajo, una foto de Carlos Fuentes a los 28 años).Afficher l'image d'origine

El código tipográfico de la escritura es diferente : es normal para las historias del presente y es en cursiva para las historias del pasado.

No hay orden cronológico en la novela; tenemos 3 planos de profundidad : 1) donde hablan los personajes individuales que poseen nombre y apellido en el marco de historias del presente o del pasado reciente ; 2) un narrador omnisciente cuenta la historia del presente o del pasado remoto y 3)  la voz de Ixca Cienfuegos que representa a los habitantes de la ciudad y del México profundo.

Al centro de la obra está la ciudad de México DF, un panel alegórico de México DF con calificativos metafóricos que aluden a su pasado mítico-histórico son interesantes :1) la ciudad de los tres ombligos, mezcla de cultura autóctona, colonial y moderna;  2) la ciudad presencia de todos nuestros olvidos;  3) la ciudad del sol detenido; 4) la ciudad de la derrota violada; 5) la cicatriz lunar; 6) la ciudad de los palacios barrocos y neoclásicos de fines de la época virreinal. La inclinación de Fuentes por la ciudad de México tiene que ver necesariamente con su interés por las clases sociales, debido a que, como él lo demuestra, en una nación centralista: en la capital se hacen y rehacen fortunas, se sube o baja socialmente. México DF es el punto de reunión, en el que convergen mexicanos desde todas las partes del país, el lugar en que se cruzan destinos y se decide la historia. En los años 50 la ciudad de México se bate entre el hollín producido por la industria, por los autos, por los cableados de electrificación y por los ríos de aguas contaminadas.

El título,  La Región Más Transparente es un epígrafe que provendría de una expresión forjada en 1917 por un literato que fue un pionero de  la « filosofía de lo mexicano » y un modelo para Fuentes, Alfonso Reyes, como una invitación al viaje al frente de su Visión de Anáhuac, un texto escrito en 1913. Al elegir la frase de Alfonso Reyes, Carlos Fuentes está trazando la tesis que habría de sostener su propuesta ideológica y narrativa : « viajero has llegado a la región más transparente del aire ». Pero hay otra teoría que dice que Fuentes extrae su título de una frase que habría aplicado Humboldt al referirse al valle de México donde lo caracterizaba desde el poniente como « la región más transparente del aire« . En la novela de Fuentes es el uso irónico de esta frase, es el tono predominante de la novela.

Es ésta la región más transparente del aire ? Qué habéis hecho, entonces, de mi alto valle metafísico? :Alfonso Reyes, « Palinodia del polvo ». Este ensayo de Reyes constituye también una rectificación a ciertas imágenes de otro texto : Visión de Anáhuac, en donde el autor inicia con una epígrafe inspirada en las palabras que Alexander von Humboldt expresa al llegar al valle de México: “Viajero, has llegado a la región más transparente del aire”. Si Reyes o Humboldt vivieran hoy, encontrarían que la otrora región más transparente se ha transformado en una de las ciudades más contaminadas del mundo.

Vicente Quirarte, un miembro de la Academia Mexicana de la Lengua dijo « transparencia del aire que no garantiza la transparencia de sus pobladores, amantes del disfraz, urgidos por hacer de los suyos días enmascarados, por aparentar. Por buscarse sin encontrarse, por no dejar de luchar ni siquiera en el aparente estatismo y pesimismo (qué se le va a hacer !) de los personajes y situaciones.

Hay dos relatos distintos en esta novela : 1)  una crítica hacia la sociedad mexicana de los años 50;  y 2)  la historia del pueblo mexicano, de sus raíces hispánicas, de la supervivencia de sus ritos y fantasmas ancestrales. La novela demuestra que los pobres están fatalmente destinados a permanecer enclavados en la región más transparente del aire : dentro de la miseria, sin porvenir, fuera de la historia, sin nombre. Existe un fatalismo atávico inmanente con la repetición ad libitum de « aquí nos tocó, qué le vamos a hacer », esa filosofía pesimista.

Contexto histórico de la novela :  el libro se publicó en los años 50 tras cuatro décadas de pos revolución: en el país persistía la misma miseria y desigualdad social que había dado origen al movimiento armado. En 1958 se inicia el gobierno de Adolfo López, seguido del gobierno de Miguel Alemán; estos gobiernos operaron para favorecer la corrupción gubernamental, la invasión extranjera, la especulación con el suelo urbano y encumbraron la figura del caudillo político y ex revolucionario, el funcionario público de alto nivel, el banquero o empresario rico y poderoso que se aprovecharon con operaciones de iniciados. El mejor aporte de la revolución será la conciencia de la identidad nacional

Intertextualidad de la obra : en lo literario LRMT tiene intertextualidad con obras como Ulises de James Joyce, Manhattan Transfer de John Dos Passos, con William Faulkner, con El águila y la serpiente de Martin Luis Guzmán, con El luto humano de José Revueltas y con El laberinto de la soledad de Octavio Paz. Fuentes coincide en representar con los medios del lenguaje literario las características de la ciudad moderna.

El personaje de Ixca Cienfuegos es muy importante y no del todo claro, es ambiguo e inquietante, es el auténtico mestizo, inteligente y culto, pero nacionalista y cuyos valores están lejos de la codicia material.  Es un protagonista-narrador, es un espejo donde el lector ve asomarse Ixca Cienfuegos que a su vez encuentra en su reflejo el del alma mexicana. Este personaje ve en el regreso al México prehispánico la salvación del país, porque el personaje tiene nostalgia por el pasado, por el mundo perdido y un desencanto por lo moderno. Cienfuegos encarna la consciencia de México donde ha fracasado la Revolución y solo se han imitado los logros del desarrollo industrial europeo. Cienfuegos propone remediar la situación del país mediante un análisis de su pasado histórico y de las peculiaridades del pueblo mexicano. Cienfuegos desempeña el papel de un eslabón entre los personajes y es un medio para la exploración narrativa del pasado : él entra y sale de todas las escenas, conoce a todos los personajes, habla con cada uno y arma las condiciones para que terminen con sus vidas. Ixca Cienfuegos representa los sedimentos culturales sobre los que está asentada la realidad mexicana. Cienfuegos no es un personaje de carne y hueso, sino un arquetipo, un estado de consciencia superior, omnisciente y omnipresente, ancestral y moderno. Ixca Cienfuegos es el asesor financiero, es la « lucidez en la sombra », la memoria, la consciencia histórica y mestiza de todas las visiones del país y la encarnación pétrea de la ciudad de México. Ixca Cienfuegos es un personaje guardián junto con el de Teódula Moctezuma La voz de Ixca, sola y única, principia la novela que desplegará gradualmente los problemas filosóficos imbricados por el afán de totalidad. Todas las voces de los mexicanos, se sucederán en la novela integrando el todo polifónico, desdoblando el texto, proponiendo y desarrollando temas, cuestiones.  Ixca es el único destino sin pasado y sin futuro, regido por el ritmo del eterno retorno. Ixca ingresó o reingresó al tiempo mítico; al de las circularidades repetidas; al que expulsa la linealidad del tiempo occidental; al que reproduce infinitamente el ciclo de la vida.

Claves en el texto de Carlos Fuentes : cabe notar la iteración interesante en el texto de ciertos símbolos. Por ejemplo los espejos y las máscaras. En los momentos cruciales de sus vidas, muchos de los personajes del autor se reflejan o se contemplan en superficies reflectantes.  Fuentes presenta en sus personajes diferentes rasgos de  máscaras e identidades mexicanas y a veces ofrece un espejo deformado para mirarse. Los personajes llevan todos máscaras correspondientes a lo que los otros personajes esperan de ellos (el problema consiste en saber cómo se imagina uno su propia cara. Que la cara sea, en realidad, espantosa o bella, no importa. Todo es imaginarse la propia cara interesante, fuerte, definida, o bien imaginaria, ridícula, tonta y fea…Lo cierto es que los personajes no saben cual es su verdadera máscara (página 362). Las mil y una máscaras de cada personaje se bifurcan en el horizonte de la ciudad moderna.También están omnipresentes en el texto las metáforas entre las imágenes del águila y la serpiente; el águila ejerce la rapiña desde la altura desde donde localiza sus presas y calcula el ataque antes de precipitarse sobre las presas y victimarlas sin ser vista. De ahi que el personaje  nuevo rico de Federico Robles tenga sus oficinas en lo alto de un edificio desde donde calcula sus negocios y especula sobre sus estrategias financieras y políticas

Carlos Fuentes y La región más transparente

Gonzalo Celorio, miembro de la Academia Mexicana de la Lengua dijo a propósito del escritor Carlos Fuentes : hay escritores importantes para la literatura y hay escritores importantes para la historia de la literatura. Todo queda dicho.

Para terminar cito esta linda frase que se le puede aplicar a los mexicanos : quienes quiera que seamos, tenemos que aprender a vivir con ello.

LA REGIÓN MÁS TRANSPARENTE, Cátedra Letras Hispánicas (1991),  ISBN 84-376-0328-1

Distintas formas de mirar el agua de Julio Llamazares

Conferencia de Julio Llamazares este jueves en el Ayto. de San Sebastián: “Distintas formas de mirar el agua”  Julio Llamazares es un escritor y periodista español (Vegamián 1955) , licenciado en Derecho. Actualmente reside en Madrid. Su literatura se caracteriza par un intimismo y el uso de un lenguaje preciso con una manera de escribir muy pegada a la tierra, de ahí le cayó el sambenito de « escritor rural ». Llamazares nació en Vegamián, un pueblo leonés donde su padre era maestro y que fue inundado por el embalse del Porma en 1968. Julio Llamazares tenía 2 años cuando sus padres  abandonaron el pueblo de Vegamián.

Julio Llamazares escribe para consolarse de la vida porque la literatura es un consuelo, dice. Leerla y escribirla. Y cita a Lobo Antunes con la frase la imaginación no es más que la memoria fermentada. Para Llamazares la literatura es un fin en si mismo, por eso se le puede tildar también de « escritor romántico ». Y recalca que escribir es un acto solitario y un vicio solitario.

Distintas formas de mirar el agua es un libro precioso y es la novela que más rápido ha escrito; una novela coral donde 15 personajes de la familia de Domingo cuentan, cada uno a su manera, la historia del patriarca Domingo quien decidió traer sus cenizas de vuelta al embalse que anegó al pueblo donde están sus raíces. Esta novela polifónica utiliza la narración de cada miembro de la familia como un todo para el cual la superficie del pantano sirve de espejo.

Llamazares se inspira del pueblo de Ferreras cuyos campesinos fueron realojados en Tierra de Campos en Palencia donde se construyó un « pueblo de colonización » cuando se completó la desecación de la laguna de la Nava. Y destaca el hecho que cuando la gente pasa de la montaña a la llanura tienen que aprender a mirar porque están perdidos sin puntos de referencia.

El título del libro emana de las palabras de Agustín, el hijo menor de Domingo que vivió siempre a la sombra del padre. Y aunque es un personaje al límite de débil mental, es el más feliz porque está lleno de la sabiduría que supo inculcarle el padre. Dice Agustín…hay distintas formas de mirar el agua, depende de cada uno y de lo que busque. Él lo sabía todo del agua, y del aire, y de la tierra…La forma de mirar el agua me la enseñó él también. Él me lo enseñaba todo.

Domingo y su mujer eran originarios del mismo pueblo y vivieron juntos setenta años hasta que Domingo no pudo trabajar más la tierra y tuvo que internarse junto con su mujer en una residencia para ancianos . Al poco tiempo perdió la cabeza y al cabo de también poco tiempo falleció, previo pedido a su mujer para que trajera sus cenizas al embalse. En esta ocasión se junta toda la familia, los hijos y los nietos, cada cual con sus recuerdos  sobre el desarraigo vivido por la familia, pero todos rinden homenaje al patriarca que fue un hombre rudo, derecho y trabajador infatigable. La abuela dice que cuando su esposo pidió que lo incineraran y que trajeran sus restos al pantano, esto debió costarle mucho con su mentalidad, pero lo pidió, lo hizo. Y aquí está lo que queda de él : un montoncito  de polvo gris, poco más que la ceniza de una hoguera o que la estela de una estrelle fugitiva, dispuesto a integrarse a la tierra de la que surgió. Como en las fincas de la laguna que trabajaba o en las de su pueblo antes, sus cenizas son ahora las semillas que germinarán un día cuando el pantano sea desecado.

Dice la nieta Raquel …esto es lo que hay, esto es una familia o lo que queda de una familia de campesinos arrojada de su territorio y transplantada a un lugar lejano, a una llanura en medio de la meseta, del ancho páramo que estas montañas les había ocultado hasta aquel momento.

Alex, uno de los nietos contempla el paisaje del embalse y piensa…definitivamente no me gusta nada esto. Mientras más contemplo este sitio, más fantasmal me parece, por mucho que a primera vista sea un lugar hermosísimo: el espejo del pantano, en el que se refleja el cielo, el verde puro de sus orillas, el gris de las altas peñas que rodean todo el valle no logran alejar de mí la impresión de estar ante un cementerio inmenso, una gran fosa común hecha con agua en lugar de tierra.

La nostalgia del pasado invade a los hijos, incluso cuarenta y un años después, la hija Virginia piensa…a lo largo de todos estos años, durante los cuarenta y uno que hace que me fui de casa he procurado seguir la lección que me dejó el padre para no sucumbir a esa otra niebla que es la melancolía, que siempre me ha acechado desde entonces. Ni siquiera el nacimiento de mis hijos me hizo olvidar a mis padres y aquel poblado creado desde la nada por ellos y otras personas como ellos en medio del desolado páramo palentino.

Es una novela sobre el destierro, la memoria y la nostalgia de lo perdido, es una novela dolorosa sobre el desarraigo, sobre la querencia a los orígenes. Es una novela triste aunque preciosa. Las dieciseis personas de la familia que componen esta polifonía constituyen un coro al estilo de las tragedias griegas recalcando el lado trágico de la historia familiar.

Aquí abajo una foto del embalse de Vegamián vaciado en 1986 por motivos estructurales de la presa y desecado, donde se ve lo que fue la aldea inundada donde muchas casas conservan todavía el tejado :

 

DISTINTAS FORMAS, Alfaguara 2015,  ISBN 978-84-204-1917-6

Le fils de Philipp Meyer

Afficher l'image d'originePhilipp Meyer est un écrivain américain (Baltimore 1974) avec des études d’anglais à l’Université de Cornell.

« Le fils » paru en France en 2014 (« The son« , 2013) est son second roman,  finaliste du Prix Pulitzer 2014 aux USA (catégorie roman); en France il a reçu le Prix des lecteurs du livre de poche 2016 et le Prix le choix des libraires 2016.

Le livre est un pavé de 700 pages qui narre la saga de la famille texane McCullough à travers quatre générations. Cette famille est à la dimension du grand pays qui est l’Amérique puisque la narration va de la conquête de l’Ouest jusqu’à nos jours. C’est une lecture intéressante et très copieuse; le livre est lourd et difficile à maintenir en main longtemps. Il me semble qu’en ce moment la  mode est à l’écriture de chapitres intercalés faisant des sauts temporaux assez marqués; dans Le fils  chaque génération à son chapitre et apporte sa pierre à l’édifice narratif. Cela m’insupporte, cela me distrait, cela me déconcentre, mais ceci est un ressenti très personnel. J’aurais préféré une suite linéaire avec les chapitres narrant la vie du fondateur de la dynastie(de loin les meilleurs à mon goût), Eli McCullough dit le Colonel, suivi des biographies de ses enfants et arrière-petits enfants; inutile de dire que l’arbre généalogique en début du roman a été consulté souvent…Je trouve que le récit de la vie  des générations plus récentes est quelque peu bâclé, notamment la biographie qui apparaît en dernier, celle d’Ulises Garcia, le personnage qui va clore la saga.

Le personnage de l’aïeul Eli McCullough est très fort; nous allons le connaitre plus par ses exploits que par ses pensées intimes, mais quels exploits, dignes du wild far West. La vie du Colonel racontée par le romancier donne un aperçu de ce qui fut la Conquête de l’Ouest avec ces strates successifs de populations qui se sont fait la guerre en permanence,  ce qui  donne toute sa valeur au vocable que l’on entend souvent chez les nord-américains:  « struggle for live ». Eli McCullough naquit en 1836, date de la déclaration d’indépendance de la République Texane  par rapport à la tyrannie mexicaine… Les siècles de présence espagnole au Texas n’avaient mené nulle part : depuis 1492 ils soumettaient tous les indigènes sur leur route, mais les Apaches Lipans ont arrêté net les conquistadors; après sont arrivés les Comanches qui ont jeté les Apaches à la mer, détruit l’armée espagnole et soumis le Mexique. Alors, le gouvernement mexicain voulut coloniser le Texas : tout homme prêt à s’établir à l’ouest de la Sabine River allait recevoir deux mille hectares de terres. La philosophie comanche envers ces envahisseurs était d’une exhaustivité biblique : torturer et tuer les hommes, violer et torturer les femmes, emporter les enfants et en faire des esclaves ou les adopter. Du temps de l’enfance d’Eli McCullough le vaste territoire américain était en guerre et Eli a été capturé par les Comanches après le massacre de sa famille (à l’exception du père). Il sera adopté par la tribu après moult rites d’initiation Comanche assez sauvages et il deviendra  « presque » assimilé sous le nom de Tiehteti.  Il y restera 3-4 ans.

Alors qu’aux oreilles des Blancs, les noms des Indiens manquaient de dignité et de logique parce que les Comanches considéraient comme tabou d’utiliser le nom d’un mort. Contrairement aux Blancs, chez qui des millions de personnes se partagent une poignée d’appellations toutes interchangeables au final, un nom Comanche vivait et mourait avec la personne qui le portait. Ce  n’étaient pas les parents qui choisissaient le nom de leur enfant, mais un membre de la famille ou une personnalité de la tribu, parfois en mémoire d’une action accomplie par cette personne, ou d’après tel objet qui l’inspirait. Certains membres de la tribu se voyaient « renommés » deux ou trois fois au cours de leur vie adulte, selon que leurs amis et leur famille trouvaient une appellation plus intéressante.

Pour les Comanches, les Blancs étaient fous parce qu’ils voulaient tous devenir riches sans s’avouer qu’on ne peut  s’enrichir qu’en prenant ce qui appartient à d’autres et parce qu’ils ne voient pas ceux qu’on vole, ou qu’ils ne les connaissent pas ou qu’ils ne leur ressemblent pas, alors ce n’est pas vraiment du vol. Mais les seuls non Indiens que les Comanches détestaient étaient les Texans parce qu’ils les considéraient comme cupides et violents.

Page 211 Meyer écrit : ...l’Empire Comanche s’étirait du Mexique aux Dakotas, à savoir la zone la plus dense en bisons de tout le continent. Ils chassaient le bison  à la lance ou à l’arc, ils étaient inégalés dans cette chasse; tout leur était utile dans cet animal : ils buvaient son sang directement sur ses veines en cas de soif, avant qu’il ne coagule; ils raffolaient du foie frais de bison arrosé de sa bile puis ils dépeçaient la bête avec une précision de chirurgien. Les tribus du Nord les chassaient de manière saisonnière, mais les Kotsotekas, dont le territoire était au centre, chassaient toute l’année : l’été, les mâles, plus gras, et l’hiver, les femelles. Les Comanches étaient la tribu la plus crainte par les Anglos et les autres indiens, car ils étaient des guerriers à cheval d’une adresse à nulle autre pareille, ils collectionnaient les scalps qu’ils arboraient comme des trophées de guerre. Ils ont été décimés par la variole et par les guerres contre les Blancs et les autres tribus. Leurs rites étaient extrêmement sauvages et très codés.

Dans le ranch d’Eli McCullough on avait trouvé des pointes de flèche préhistoriques, aussi bien des pointes de Clovis que de Folsom, et pendant que le Christ allait au  Calvaire, les Indiens Mogollons se tapaient dessus avec des haches de pierre. À l’arrivée des Espagnols il y avait les Sumas, les Jumanos, les Mansos, les Indiens de la Junta, les Conchos, les Chisos et les Tobosos, les Ocanas et les Cacaxtles, les Coahuiltecans, les Comecrudos…mais savoir s’ils avaient éliminé les Mogollons ou s’ils en descendaient, mystère. Tous furent éliminés par les Apaches, éliminés à leur tour – au Texas du moins – par les Comanches. Eux-mêmes éliminés par les Américains.

Eli McCullough va commencer l’immense fortune familiale en achetant quelques arpents de terre après sa séparation d’avec les Comanches et s’être désengagé de l’armée Confédérée (d’où lui venait le surnom de Colonel); une terre bien irriguée que va lui permettre d’élever du bétail et de s’enrichir assez rapidement puis acquérir de nouvelles parcelles de terre (voire illégalement). A la fin de sa vie il se tournera vers le pétrole que l’on va forer dans ses vastes territoires.

Le deuxième personnage est le fils du Colonel, Peter McCullough qui ne sera pas du même avis que le père pour l’exploitation du ranch; il misera seulement sur le développement des pâturages et l’élevage alors que le Colonel a déjà des vues sur le pétrole, il a aussi de l’empathie pour les mexicains. Il épousera une riche texane mais sera malheureux en amour jusqu’à sa rencontre avec Maria Garcia qui le fera fuir le clan et faire souche à part.

Le troisième personnage est  Jeanne Anne McCullough, arrière petite fille du Colonel et qui l’a bien connu puisqu’il est mort centenaire. Jeanne Anne n’a pas fait d’études remarquables, mais après son mariage d’amour avec Hank, un géologue foreur qui travaillera sur les champs de pétrole de la famille, elle apprendra beaucoup et deviendra encore plus riche grâce à son flair infaillible et à son réseau de contacts. C’est une femme d’affaires impitoyable à la Dallas.

La quatrième génération sera représentée par Ulises Garcia, personnage qui va boucler le roman de façon un peu abrupte à mon goût. Il surgit comme un diable de sa boîte pour disparaître aussitôt.

Une fresque impressionnante qui comprend toute l’Histoire de l’Amérique du Nord axée sur le Texas. Cette saga romancée met bien en évidence la violence latente qui existe dans ce vaste continent et qui resurgit périodiquement parce que presque la totalité de la population mâle est armée et prête à dégainer en cas de conflit.

LE FILS, Albin Michel 2014,  ISBN 978-2-226-25976-9

Las voces del Pamano de Jaume Cabré

Jaume Cabré i Fabré es un filólogo, escenarista y escritor en catalán (Barcelona 1947), cuyas novelas son de gestación lenta. Los  grandes temas de su obra son el poder y la condición humana. Ha sido premiado con muchos premios catalanes y con cuatro  Premios de la Crítica española:  1985, 1992, 2005 y 2012 (éste último con Yo confieso). Recibió además el Premio Nacional de Literatura en 1992. Es un autor muy leído en Alemania donde  Yo confieso  lleva más de 500 000 ejemplares vendidos (contra 50 000 en Francia)…

Yo confieso haber empezado este nuevo (grueso) opus de Cabré con cierta aprensión porque su Yo confieso (2011) es tan deslumbrante y apabullante por el contenido y la trascendencia, que el pobre lector se siente algo apocado ante tanta munificencia. Hay que saber que el estilo de Jaume Cabré, por decirlo así, es  enrevesado con  saltos temporales en el relato que a veces necesitan releer el párrafo para situar la acción. Necesité casi 100 páginas para entrar en el meollo de Las voces del Pamanopero una vez que se entra, no se puede soltar el libro.

Las voces del Pamano (2004) me pareció un libro quizás más interesante e impactante que Yo confieso (comentado en este blog en mayo 2015), probablemente porque es menos ambicioso y más concentrado en el mensaje que nos transmite. Es uno de los mejores relatos leídos sobre la posguerra española (y Dios sabe la sobreabundancia que existe con  el temita…), y todos los personajes del libro son intensos y bien descritos. Interesante porque el relato permite apreciar las facetas de los personajes que van cambiando con el tiempo, las ramificaciones e interfases de los diferentes bandos, las implicaciones e infiltraciones de los unos con los otros, el nepotismo de los ganadores y la corrupción que se instala en España desde el final de la guerra con la llegada de los especuladores de todo pelaje.

El título de la obra tiene relación con el  rio Pamano, río torrentoso del valle de Àssua que tiene protagonismo en la novela porque según la tradición local,  los que escuchan el torrente en la( ficticia) ciudad de Torena, saben que van a morir pronto.

Es una novela coral con una suma de historias, con un mundo propio y un estilo narrativo muy particular a Jaume Cabré; una historia que se sitúa en el pueblo imaginario de Torena y  alrededores, en la comarca de Pallars, cerca de la zona pirenaica de Lérida. El período del relato abarca desde los años 1920 hasta la restauración monárquica con una mayoría de los sucesos en los años de la guerra civil y de la posguerra. Este vasto período temporal  da amplitud a la narración de eventos, amores, venganzas, secretos familiares, ambiciones desmesuradas y afán de poder de muchos personajes.

El personaje principal es la bella, adinerada y altiva Elisenda Vilabrú Ramis (de los Vilabrú de Torena y de los Ramis de Pilar Ramis (=la madre de Elisenda) de Tirvia, medio puta medio mejor no hablar de eso por respeto al pobre Anselm (=el padre de Elisenda). Cabré repite ad libitum esta cantinela así como las filiaciones por parte de padre y madre de muchos otros personajes para dejar bien claro el origen de la gente. Esto es un rasgo muy hispánico. También sitúa a los personajes haciendo mención al lugar donde moran : de casa Gravat, de casa Feliçó, de casa Misseret, etc (¿costumbre catalana?). Seguiremos a Elisenda desde su matrimonio hasta la senectud: una mujer fuerte que no tendrá otro objetivo que de vengar la muerte de su padre y de su hermano asesinados por los « rojos »del pueblo. Elisenda utilizará con « rabia » a los hombres hasta que se enamorará del maestro Oriol Fontelles.

Hay otros personajes entrañables como Tina Bros, la maestra gordita que encontrará sesenta años más tarde y por casualidad los cuadernos del maestro Oriol Fontelles,  escritos a escondidas durante la guerra para explicar su aparente cobardía a una hija que nunca conoció. Tina Bros, la maestra vive un fracaso matrimonial y un fracaso como madre, y su honda pena y desaliento están muy bien rendidos. El alcalde de Torena, Valentí Targa, es un falangista corrupto y despiadado que se convierte en el asesino a sueldo de Elisenda. Oriol Fontelles es un maestro que llega a Torena en plena guerra civil con Rosa, su joven esposa encinta; este maestro posee además un don de buen pintor y hará un retrato admirable de Elisenda Vilabrú; el pobre hombre se enamorará perdidamente de su modelo durante las sesiones de pose y se debatirá atrozmente  entre pasiones contrarias; Oriol es un agente doble a su pesar que va a comprometer todos los bandos, pero especialmente su alma porque en un momento del relato el hombre está perdido.

Los devotos servidores de Elisenda son muy importantes: Bibiana su ama y ángel guardian, el abogado Gasull prendado de Elisenda, Jacinto Mas su  chofer y factótum, también prendado de ella.  Hay muchas pasiones soterradas en esta novela, lo que da al relato mucha fuerza y violencia. Cecilia Báscones es un personaje femenino muy vilipendiado por Elisenda, nativa del pueblo de Torena como ella, o sea, una conocida de infancia, pero  que Elisenda tilda de « impresentable » o de « mala pécora » porque se ha dado vuelta la chaqueta (« ahora es demócrata de toda la vida« …); Cecilia Báscones tiene el estanco del pueblo; es una mujer guapa, de la edad de Elisenda (¿una rival?) con una manera de hablar muy divertida porque de joven se interesó a la medicina y sus frases rebosan de términos médicos aunque resulten completamente anacrónicos; por ejemplo : a éste esto le produce ictericia y una eritropoiesis ineficaz...

Para mi gusto, el sumo de la sorpresa en la novela es cuando sesenta años más tarde Elisenda Vilabrú emprende un proceso de beatificación de Oriol Fontelles, el que fuera su amante ( y en realidad  más que su amante, pero no lo explicaré porque hay que evitar el spoiler); el objetivo que persigue Elisenda es rehabilitar la memoria de su amante aunque el gesto le cueste una millonada. Es altamente risible leer los tejes y manejes y los millones que desembolsa en sus negociaciones con el Vaticano y con el Opus Dei. Totalmente jocoso y escabroso. Yo creo que con este episodio el escritor se ganó la excomunión.

El contraste entre apariencia y realidad materializado en los secretos y engaños que mantienen muchos de los personajes, se resuelve con el uso del monólogo interior dentro de un diálogo para traer a la superficie del texto lo que se dice y lo que se oculta. Una vez que el lector se acostumbra a este procedimiento, la lectura es puro asombro, sorpresa y placer.

La escritura del libro es variada, llena de matices que recupera la burla paródica cervantina de estilos. Un excelente libro que resuena en nosotros después de haberlo cerrado, por la calidad de la escritura y por el espesor que Cabré supo dar a sus personajes. Hay que alabar también la calidad de la traducción al castellano de Palmira Freixas.

Les veus del Pamano, es también una serie televisiva de dos capítulos de 90 minutos, rodada en 2009 por Lluís María Güell, con un guión de Xesc Barceló que se puede ver en TV3 gratuitamente; es una teleserie estupenda que rinde muy bien el aspecto enrevesado de la historia en medio de unos preciosos  paisajes catalanes. Solo lamento no dominar el idioma catalán, pero entre el castellano el francés algo se capta.

LAS VOCES DEL PAMANO, Ediciones Destino 2004,  ISBN 978-84-233-3908-2