Archive | novembre 2016

Lacra de Marcelo Leonart

 Résultat de recherche d'images pour "marcelo leonart"Marcelo Leonart es un escritor y cineasta chileno (Santiago 1970).

Lacra (2013) ganó el Premio a la mejor novela inédita 2012 del Consejo del Libro y la Lectura.

Es un libro que no me gustó porque lo encontré caótico, medianamente interesante, escrito como una melopea llena de repeticiones pesadas que sirven para arreglar cuentas pendientes al autor sin apuntar a un bando en particular pero disparando a la redonda (¿disparo yo o dispara Usted?) y auto flagelándose en permanencia.

Es de notoriedad que los chilenos viven hablando de dinero, de « la plata », porque no tienen o porque la tienen en demasía y temen menguarla. En la calle y a todos los niveles se escucha hablar de plata, de la plata. Como si no supieran gozar de la vida y salir del triste molde del consumismo.

El relato tiene tres personajes bien distintos;  cada personaje es un prototipo y está delimitado por un trayecto bien preciso en Santiago de Chile. El primer personaje es un pobre tipo, cuarentón y que ha hecho su « fortuna » con el robo, con el asesinato, practicando la usura entre los pobres, pagando con su propia y asquerosa carne; él representa al « roto chileno », a la violencia primigenia, al inframundo, del cual nunca podrá surgir a pesar de su dinero. El segundo personaje es un poderoso, rico y mandón, político prepotente y seguro de sus opciones en la vida, aquejado de ceguera selectiva para no ver lo que no le conviene. El tercer personaje es una mujer  rica y que cree haber ganado el cielo porque su inmensa fortuna le ha permitido fundar escuelitas para educar  a los pobres que siempre están pidiendo algo y nunca logrando nada.

La temporalidad del relato ocurre en 2011 cuando jóvenes chilenos protestaron a nivel nacional por el costo desmesurado de la educación universitaria en Chile. Esta juventud habría salido a la calle a protestar, pero también a destruir sin ninguna noción cívica en un país que aún es pobre pero con gente desmesuradamente rica. Un país en pleno contraste.

Al parecer dos de los personajes estarían inspirados en personas reales : el político y la señora ricachona. pero esta parte de la novela no es accesible a los que viven fuera de la larga y angosta faja de tierra que se llama Chile.

La narración por otro lado, es un borborigmo que mezcla la corta historia chilena con tristes sucesos nacionales contemporáneos que no han tenido difusión en el extranjero (rapto de un niño en turbias condiciones, accidente en la carretera del norte que afectó solo a familias pudientes, etc) por lo que impacta menos a la exportación.

Lacra narra todo esto que en el fondo es pura lacra. El dinero puede ser una lacra. (Buena la citación de Pier Paolo Pasolini : el dinero lo ha corrompido todo. Quiero ir a esconderme.) Y yo también después de probar esta empanada de lacra con lucro.

manifestaciones estudiantiles en Chile

Foto de la juventud chilena en plena manifestación destructora.

LACRA, Tajamar Editores 2013,  ISBN 978-956-9043-35-2

150 000

Afficher l'image d'origineChers Amis qui aimez les livres comme moi, ce billet vous est dédié afin de vous remercier de votre assiduité. Avec 150 000 entrées je voudrais faire un peu le point. J’éprouve toujours un plaisir intact à lire un nouveau livre et à écrire un billet sur cette lecture même si cela represente une tache non négligeable pour quelqu’un qui travaille encore et qui a bien d’autres activités qui n’ont absolument rien à voir avec le monde du livre. C’est un pur hobby porté au niveau de la passion. Je suis totalement d’accord que l’on puisse avoir d’autres opinions que les miennes car cela élargit ma ligne de mire et enrichit mes positions.

Je commence le billet en français parce que c’est la France qui a fait le plus d’entrées : 8 000 (les 142 000 autres concernent 32 autres pays). En France je ne peux pas faire la différence entre les lecteurs purement francophones et ceux qui sont purement hispanophones ou bilingues.

Quelle est la publication la plus lue? C’est le portail du blog avec le dernier livre commenté; là aussi on ne sait pas si c’est un livre en français ou un livre en espagnol puisque depuis août 2012 je veux systématiquement respecter l’alternance français-espagnol.

Le livre le plus lu est Le pays de la cannelle en espagnol, du colombien William Ospina avec 10 000 entrées, un livre baroque splendide; le premier livre en français n’arrive qu’en sixième position avec 3750 entrées : Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand.

Si on regarde d’où proviennent les auteurs, ce sont les auteurs français qui sont en tête : 120 auteurs français, suivis de 98 auteurs espagnols. Ce sont 525 livres qui ont fait l’objet d’un billet, ce qui donne une moyenne de 8 à 9 livres par mois; ce n’est pas mal considérant qu’il n’ya aucune obligation d’aucune espèce si ce n’est de tenir parole à ma fille, elle qui m’a poussé à écrire un blog parce qu’elle est aux antipodes et peut ainsi suivre les errances de sa mère sur Internet en matière de lecture. Je ne sais pas si elle va souvent sur le blog mais je suis enchainée à une promesse…

 

 

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Queridos lectores y fieles seguidores de este blog que cumple 4 años el próximo mes, GRACIAS por vuestra fidelidad. El blog ha llegado a 150 000 visitas por lo que creo necesario dar algunas luces sobre las estadísticas donde Ustedes están indirectamente involucrados.

Lo más solicitado es la portada con cada nueva publicación, pero la portada es una vez en español y la siguiente en francés, sin ninguna derogación.

¿Cual es el libro más leído ? Sigue siendo el maravilloso libro del colombiano William Ospina El país de la canela con más de 10 000 entradas. Lo siguen Aura de Carlos Fuentes y Antigua vida mía de Marcela Serrano. El libro más leído en francés llega solo en sexta posición. Son 525 reseñas de libros en el blog con un promedio de 8 a 9 libros por mes; es bastante sobre todo considerando que la lectora aún trabaja y esta pasión es solo un pasatiempo. Sucede también que las lecturas se acumulan en períodos vacacionales y que por eso suelen aparecer publicaciones diarias. Creo que leo bastante rápido (sin saltarme una línea) y soy organizada y bastante maniática en ciertos aspectos. Los libros que no me gustan, no están en el blog porque no quiero caer en la diatriba « destroy » y de todas maneras el desprecio más grande que puedo manifestar al encuentro de un libro es ignorarlo :  por mal escrito,  por vulgar,  por poco interesante, etc.

Los autores más leídos son en idioma francés (120) aunque de nacionalidades diversas, seguidos por los españoles (99) y luego los argentinos (55).

 

 

 

 

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Nos voisins du dessous de Bill Bryson

Afficher l'image d'origine William (Bill) MacGuire Bryson est né en 1951 dans l’Iowa, États-Unis;  c’est un auteur  de récits de voyages humoristiques, mais aussi de livres traitant de la langue anglaise et de sujets scientifiques. Il a vécu presque toute sa vie d’adulte dans le Royaume-Uni, travaillant dans le journalisme entre 1977 et 1987 ,  puis retournant aux États- Unis pour terminer son diplôme. Il s’est installé définitivement dans le Norfolk (UK ) avec son épouse anglaise Cynthia et ses enfants. Vous verrez toujours Bill Bryson souriant sur les photos, je pense qu’il doit son caractère joyeux à son ascendance nord-américaine : l’optimisme avant tout.

J’ai écrit un billet en octobre 2012 sur son livre très drôle « Ma fabuleuse enfance dans l’Amérique des Années 50« , un recueil désopilant d’anecdotes de ce qui a du être son enfance dans l’Amérique profonde et riche des années 50.

Nos voisins du dessous- chroniques australiennes date de 2000 (Down Under); c’est encore un livre très drôle surtout dans l’auto-dérision mais aussi terriblement intéressant sur ce continent si mal connu et ce pays si récent qui est l’Australie. Ce livre m’a rappelé le très drôle La vengeance du Wombat de Kenneth Cook (billet en février 2016), mais le livre de Cook est un recueil d’anecdotes désopilantes alors que le livre de Bryson est fortement charpenté avec un itinéraire infernal qui traverse tout le continent et donne des tonnes d’informations.

Le pays est si vaste que le désert de Simpson est grand comme neuf fois la Belgique, c’est le outback australien : c’est si grand que cette terre farouche est encore inconnue. Le fabuleux site d’Ayers Rock aujourd’hui rendu aux aborigènes a été rebaptisé Uluru; il y a un siècle, il n’était connu que de ses gardiens aborigènes. Il correspond à une formation géologique appelée inselberg : un gros morceau de roche, plus résistant que les autres, épargné par l’érosion, d’une taille et d’une symétrie parfaites. Pour les australiens tout ce qui est rural est classé comme bush et au-delà d’un seuil indéterminé, le bush devient l’outback; parcourez encore 3 000 Km et le outback redevient bush, puis vous tombez sur une ville, et puis c’est l’océan. Et voilà, on a traversé l’Australie.

Bill Bryson adore l’Australie parce que les gens sont incroyablement sympathiques, ils sont joyeux, extravertis, vifs et serviables au possible; les villes sont propres et presque toujours bâties au bord de l’eau; la société y est prospère, bien ordonnée et d’inspiration égalitaire; on y mange bien; on vous sert la bière glacée; le soleil brille presque en permanence; on trouve du café à tous les coins de rue. C’est sans doute le vide impressionnant de leur patrie qui rend les Australiens aussi sociables.

L’Australie est un pays de clubs – clubs de sport, club d’associations ouvrières, clubs d’anciens militaires, clubs affiliés à différents partis politiques – tous voués très activement au bien-être d’une couche particulière de la société. Leur véritable mission, cependant, est de dégager de gros bénéfices à partir de deux ressources principales : la boisson et les jeux de hasard. Les Australiens seraient les plus gros joueurs de la planète. Mais il n’en a pas été toujours ainsi : au début l’Australie était un bagne et les premiers habitants sont arrivés couverts de chaînes mais ce passé de colonie pénitentiaire n’aime pas être évoqué par les australiens.

La ruée vers l’or vers 1846 allait transformer complètement l’Australie. Il y avait de l’or partout. En moins de 10 ans le pays s’enrichit de 600 000 têtes, ce qui fit doubler sa population avec la croissance la plus forte dans l’État de Victoria qui recelait les gisements les plus riches. La principale conséquence de cette ruée fut qu’on mis fin à la déportation des forçats. Lorsque les autorités de Londres comprirent que l’exil vers l’Australie était devenu une récompense plus qu’une punition, que les condamnés brûlaient d’envie d’y être déportés, tout ce concept de colonie pénitentiaire s’est effondré.

Pendant 60 millions d’années, depuis la formation de la cordillère Australienne, l’Australie s’est tenue coite sur le plan géologique, ce que lui a permis de conserver certains des plus anciens vestiges terrestres : les terrains et fossiles les plus vieux, les premières traces d’animaux ou de rivières. De tous les continents habités l’Australie est le plus aride, le plus plat, le plus chaud, le plus déshydraté, le plus infertile et le plus agressif du point de vue climatique. C’est un lieu si inerte que le sol peut être considéré comme un fossile et pourtant il regorge d’une vie incroyable : les scientifiques n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le nombre d’espèces : 100 000 ou 200 000 dont le tiers demeure un mystère pour la science encore. Rien que l’histoire de la fourmi Nothomyrmecia est incroyable : en 1931 en Australie, des naturalistes amateurs tombèrent sur cet insecte que personne n’avait encore jamais vu : elle ressemblait à une fourmi mais était jaune pâle et avait des yeux étranges. Ils expédièrent quelques insectes sur le bureau d’un expert à Melbourne qui l’identifia sur le champ : personne n’avait vu cet insecte depuis 100 millions d’années. C’était une protofourmi survivante d’une époque où les fourmis commençaient à se différencier des guêpes (c’était comme de découvrir un troupeau de tricératops en train de brouter sur de lointains pâturages !)

La Grande Barrière de corail couvre entre 280 000 et 350 000 Km carrés. Elle s’étend sur 1900 Km du nord au sud. Elle est plus grande que le Kansas, que l’Italie, que le Royaume Uni. C’est l’équivalent marin de la forêt amazonienne; elle abrite au moins 1500 espèces de poissons, 400 types de coraux et 4000 variétés de mollusques. Ce sont des estimations car personne ne les a comptées.

Il y a environ 45 à 60 000 ans le continent a été envahi par un peuple mystérieux, les Aborigènes sans aucune similitude raciale ni linguistique avec les peuplades voisines. Leur présence ne peut s’expliquer que s’ils ont inventé la navigation transocéanique bien avant le reste de l’humanité pour se livrer à une sorte d’exode de masse, mais ces mêmes gens auraient oublié ensuite toutes ces techniques de navigation… La seconde invasion a commencé avec l’arrivée du capitaine Cook sur le navire HMS Endeavour en 1770 dans la rade de Botany Bay. Il s’en est fallu d’un cheveu que ce soit le comte La Pérouse qui découvre l’Australie car il est arrivé à Botany Bay par l’est avec deux bateaux sous ses ordres en accomplissant un voyage d’exploration de deux ans dans le Pacifique. Si La Pérouse avait été plus rapide, il aurait pu proclamer l’Australie terre française et épargner ainsi à ce pays deux cents ans de cuisine britannique !

On ignore combien l’Australie comptait d’Aborigènes à l’arrivée des premiers Britanniques. Entre 300 000 et un million selon les sources. Mais durant le premier siècle de la colonisation leur nombre décrut de façon catastrophique car ils n’offraient aucune résistance aux maladies européennes – variole, pleurésie, syphilis, varicelle, grippe.

La faune australienne est surprenante. Il y a même des vestiges des premières structures organiques apparues sur terre, encore vivantes aujourd’hui après trois milliards d’années (soit les 3/4 de l’existence de la planète Terre). Ce sont les stromatolites dont toute la vie se déroule en surface (comme pour le corail) ; ce que l’on voit est la masse morte des générations précédentes; ils sont difficiles à décrire car ils sont d’une nature si primitive qu’ils n’adoptent pas une forme régulière et ils se développent sans plan précis, en grosses masses irrégulières. En regardant bien l’on aperçoit quelques bulles d’oxygène qui s’échappent en chapelet de la formation solide. Cette émission d’oxygène est la seule chose que savent faire les stromatolites, mais c’est la chose qui a permis la vie sur terre. Les bulles sont produites par des cyanobactéries en forme d’algues, des micro-organismes vivant à la surface de la masse rocheuse- plus de trois milliards par mètre carré- qui captent les molécules de dioxyde de carbone et une fraction d’énergie solaire. Le sous- produit de ce simple processus est la production infinitésimale  d’oxygène qui s’est répétée pendant des milliards d’années, ce qui a permis l’éclosion de la vie. Cette forme de vie a fait augmenter de 20% le niveau d’oxygène terrestre assez pour permettre le développement d’organismes plus complexes.

Parmi les formes évoluées du règne animal, l’Australie possède plus de bestioles tueuses que le reste du monde : les dix serpents les plus venimeux sont tous australiens; cinq autres créatures qui y vivent sont les plus mortelles de leur catégorie : l’araignée, la méduse, le poulpe, la tique et le poisson-pierre. Il possède aussi les vers géants du Gippsland : Megascolides australis, les plus grands vers du monde : ils atteignent 4 mètres de long et 15 cm de diamètre, on les entend se déplacer sous terre avec des borborygmes sourds.

On dénombre en Australie quelque 700 variétés d’eucalyptus : eucalyptus blanc, fantôme, rouge, faiseur de veuve, eucalyptus gribouillé, gommier bâtard, etc sans oublier le fameux stringybark dont l’écorce se détache en longs lambeaux avec ses branches qui pendent en grappes fibreuses. Comment expliquer qu’un pays qui semble si hostile à toute forme de vie ait pu produire une telle diversité botanique? Ce paradoxe s’explique en partie par la pauvreté du sol. Les plantes ont tendance à se spécialiser.  Telle plante tolérera de fortes concentrations de nickel, telle autre deviendra résistante au cuivre, une autre s’habituera au nickel et au cuivre. A plantes spécialisées, insectes spécialisés. L’autre explication tient à l’isolement de l’Australie. Avec 50 millions d’années d’insularité la vie indigène a été protégée de toute compétition et certaines espèces ont pu développer une sorte de monopole (eucalyptus, marsupiaux). Globalement, on peut décrire le pays comme un ensemble de petites poches de vie séparées par d’immenses étendues d’aridité.

Un livre qui se dévore, tant il fourmille d’anecdotes et de données intéressantes. Mais je dois vous avouer quelque chose : cela ne me donne pas envie de le visiter : trop loin, trop de déplacements et…ces bestioles.

NOS VOISINS DU DESSOUS, Petite Bibliothèque Payot 554 (2005)  ISBN 978-2-228-89991-8

Marina de Buenos Aires de Ezequiel Szafir

 Résultat de recherche d'images pour "ezequiel szafir"Ezequiel Szafir fue un tiempo un periodista free-lance y hoy día es un autor argentino (Quilmes 1971), Doctor en Psicología afincado  en Luxemburgo donde desempeña el cargo de vicepresidente de Amazon.

Marina de Buenos Aires (para diferenciarlo del excelente libro De Ruiz Zafón?, Marina; aunque no existe el plagio en materia de títulos de libros) es una novela de 2004 que plantea una interrogante fuerte ¿ son los hijos culpables de las opciones y acciones de los padres?

La idea de esta novela habría surgido de manera casual para el escritor : se encontraba viviendo en Holanda cuando el príncipe heredero se casó con la argentina Máxima Zorriegueta, lo que removió mucho a la sociedad holandesa porque el padre de la novia era un ex funcionario de la junta militar en 1976…Al final el gobierno holandés habría tomado una decisión que Szafir tilda de « polder », es decir, para quedar bien con todos (la chica se pudo casar, pero el padre no pudo asistir a la ceremonia…(qué crueldad).

Marina de Buenos Aires es una novela histórica con una historia sentimental. Tiene dos unidades temporales y dos espacios geográficos : la SGM en Europa y hoy en día en Argentina. Significó dos años de intenso trabajo al autor.

Por el azar más completo, acabo de terminar de leer el thriller del francés Caryl Férey que evoca de manera cruda y directa las exacciones de la junta militar contra los « subersivos ». El libro de Szafir es más elíptico y parece soso con respecto al otro que es pura violencia y acción desenfrenada. Como si solo los extranjeros pueden escapar a la amnesia colectiva que ataca a los argentinos para evocar tales atrocidades recientes. Quizá sea la única conducta que permita la supervivencia…

Encontré que la protagonista, Marina era un personaje bastante desencarnado, algo retraído, de « pocas armas tomar », más arrojo tenía la madre, Esther, que es casi un personaje tan importante como Marina. Ambas son pura neurosis. Esther,  huyó de Europa durante la SGM, perdió a toda su familia durante el conflicto. Marina se enamora desde la adolescencia de Ramiro Buraglia, un chico cuyo padre fue prefecto en el barrio bonaerense de Recoleta durante los años de la Junta de Videla. Los años pasan, pero Marina lo tiene siempre presente. Nunca se decide a vivir una relación auténtica con él, siempre haciéndose preguntas y dudando. Y cuando aprende que el padre de Ramiro no fue tan bueno ni tan blanco, decide de cortar con Ramiro.

El final del libro me pareció totalmente inverosímil, tirado por los cabellos, el encuentro de los amantes en un bar de Cerdeña…A tal punto me pareció poco creíble la escena que me cuestioné para saber si Marina no estaba en estado alucinatorio o yo me estaba quedando dormida sobre el libro o me había saltado algunas páginas…

Una novela algo floja sobre un tema bastante manido ¿Hasta cuando los argentinos se van a fustigar con el tema?

MARINA, Ediciones BSA 2016,  ISBN 978-84-9070-235-2

Mapuche de Caryl Férey

Résultat de recherche d'images pour "caryl ferey"Caryl Férey est un écrivain et scénariste français (Caen 1967) spécialisé dans le polar,  plusieurs fois primé. Sa carrière littéraire a démarré en 1994 avec Un ange sur les yeux.

 Mapuche est le troisième polar que je lui lis et je reconnais bien « sa patte » (Condor et Zulu en avril 2016), faite d’une écriture hyper musclée, d’un contexte très violent et d’une vision toujours très noire des choses et des gens. Au moins cette fois dans Mapuche il ne met pas en action des enfants, mais des adultes bien vaccinés par la vie. Si je dois choisir, je pense que Mapuche est pour moi de loin le meilleur des trois livres car l’action y est trépidante, haletante, électrique. C’est un vrai thriller. En revanche les explications (bien nécessaires) sur le contexte argentin m’ont paru lourdes par moments. Ce livre reçut le Prix Landerneau du Polar 2012 et le Prix Ténébris 2013.

Le polar se situe quelques 30 ans après le putsch militaire du Général Videla de 1976. Ce coup d’état aurait fait quelque chose comme 30 000 disparus, avec une chasse effrénée aux « subversifs » ,  suivie d’emprisonnements et  de tortures; à ceci s’ajoute le vol d’enfants aux femmes emprisonnées, enfants qu’on a donnés en adoption à des familles en mal d’enfants, chez les militaires ou les affiliés. Trente ans après les faits, des femmes réclament toujours leurs disparus.

Parmi ces femmes il y a Elena Calderón qui a perdu son mari et sa fille adolescente;  elle a conservé son fils Rubén Calderón qui a survécu  malgré des sévices graves. Il n’est pas mort et il est devenu détective et s’est juré de retrouver la trace de disparus. Peu à peu la trame du livre va s’enrichir avec d’autres faits et va devenir un western moderne où aucune atrocité ne sera épargnée aux victimes;  les militaires déjouent la jurisprudence et se croient inattaquables. Le téméraire Rubén Calderón fera la connaissance de  Jana, une jeune femme mapuche (indienne autochtone) qui canalise tout le mépris des non-indiens pour ceux qui ont la peau plus foncée.

Les mapuches dans l’esprit de Férey sont une ethnie fantôme qui renvoie aux fantômes des disparus de la dictature argentine. Rubén et Jana sont deux naufragés de la vie, ils devront se reconstruire dans la souffrance.

J’ai relevé un détail anachronique dans le récit. A plusieurs reprises Férey fait état d’argentins se régalant avec du pisco-sour, un apéro sud-américain absolument délicieux mais qui n’est pas argentin, il est chilien ou péruvien. Peut-être que du côté de Puerto Gallegos vers le sud et en raison de la proximité avec la frontière chilienne les gens  boivent le divin breuvage, mais ce n’est pas du tout dans les mœurs argentines.

MAPUCHE, Série Noire Gallimard 2012,  ISBN 978-2-07-013076-4

La uruguaya de Pedro Mairal

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Pedro Mairal es un escritor argentino (Buenos Aires 1970) con varios libros publicados. Es el autor de la novela Una noche con Sabrina Love (1998) que recibió el primer Premio Clarín de Novela (Argentina) y que fue llevado al cine  en 2000 bajo la dirección de Alejandro Agresti. Pedro Mairal fue incluido en  2007 con dos otros escritores argentinos (Andrés Neuman y Gonzalo Garcés), entre los mejores escritores latinoamericanos de menos de 39 años por el jurado de Bogotá 39 (39 escritores de 17 países latinoamericanos), cuando Bogotá fue Capital Mundial del libro en 2007.

Leí Una noche con Sabrina Love, es un libro bueno y fuerte, jocoso y patético, hiperrealista,  que narra la obsesión de un muchachito pueblerino de 17 años por una actriz del porno, muchachito que ganará  un concurso para pasar una noche con la actriz, para lo cual tiene que viajar a la capital y vivir ciertas experiencias que le van a mostrar el lado oscuro de las cosas, una sórdida realidad. La película, que lleva exactamente el mismo título es muy buena  y se puede ver  en youtube. Leí y reseñé en marzo 2014 otro libro muy bueno de Mairal : Salvatierra, una historia muy bonita y original, narrada con un estilo impecable.

La uruguaya me gustó porque, esta breve novela de solo 166 páginas cuenta una historia tan hiperrealista, que llega a doler. La historia de un escritor casi cincuentón, casado con un hijo pequeño (un alter ego?), aburrido y depresivo que parte a Uruguay en busca de un dinero que le pagan por adelantado por futuros escritos. Entrando el dinero en dólares y vendiéndolos al cambio negro,  podía duplicar la suma. El cincuentón, Lucas Pereyra, había estado en Uruguay en un festival con escritores donde conoció a una chica veinteañera que él llama Guerra ( es su apellido). Se enamoró de ella, de su juventud y vive fantaseando con la idea de vivir un romance. Dejaría mujer e hijo por vivir esta aventura con una chica que a penas conoce (un mero ejemplo de la abismal irresponsabilidad masculina). Léanse el final. Muy instructivo.

No voy a contar la trama porque me convertiría en spoiler. Yo intuí lo que pasaría al final lo que me llenó de zozobra, pero encontré que el relato estaba genial. Una prosa sencilla con las palabras justas para crear un estado comatoso como de flotación, de inseguridad, de peligro inminente, de angustia física y metafísica. Una buena  y corta novela muy a la manera de Mairal que va al grano con lo suyo.

Se está programando una película que será una adaptación muy libre del libro hacia el lenguaje cinematográfico, con Diego Peretti como codirector; Hernán Casciari y Mairal en el guión.

LA URUGUAYA, emecé 2016,  ISBN 978-950-04-3820-9

Comédie française de Fabrice Luchini

See original imageFabrice Luchini est le nom d’emprunt de Robert Luchini, acteur français (Paris 1951), un autodidacte émérite qui a débuté dans la vie comme apprenti-coiffeur dès 13 ans, mais chez pas n’importe quel coiffeur : le très mondain Alexandre. Mais déjà à cette époque le jeune Luchini était amateur de bonne littérature. C’est Philippe Labro qui l’aurait découvert en 1968 à Angoûleme; il suivra par la suite des cours d’art dramatique chez Jean-Laurent Cochet et décrochera un rôle avec le réalisateur Eric Rohmer. Par la suite ses spectacles de one-man-show lui apporteront une gloire incontestée avec des lectures très personnelles d’auteurs qu’il aime bien et qu’il connait à la perfection parce qu’il les a « travaillés » ad libitum; inutile de préciser que Luchini est un perfectionniste. Sa génialité réside à chercher la vérité des mots tout en veillant à s’effacer lui même. La légende raconte qu’il aurait essayé trois fois de rentrer à la Comédie Française, les trois fois l’administrateur en fonction aurait répondu qu’il n’avait pas là sa place. Je pense sincèrement que Luchini est déjà une institution à lui seul. C’est une personnalité trop indépendante, il se suffit à lui même et n’a pas besoin d’une troupe.

Comédie française est censé être autobiographique, un livre autobiographie paru à 65 ans. Il aurait cédé à la sollicitation de l’éditrice Maxime Catroux chez Flammarion. Certes, le livre est autobiographique mais il a eu la pudeur de se cacher derrière le personnage public qu’il s’est forgé. Ainsi, sa discrétion attire le respect à une époque où il est de mauvais (pardon, de bon) ton de tout étaler, de tout dévoiler, de sur-informer (omnia vanitas). Ce livre a reçu le Prix La Coupole 2016.

Evidemment l’écriture est très luchinienne, on croit entendre le spirituel cabotin avec sa diction et son phrasé qui n’appartiennent qu’à lui (Quelle diction pour Rimbaud ? J’ai mis 100 représentations pour trouver le ton juste pour dire passablement Le bateau ivre). Bien sûr que nous sommes sensibles à la musicalité qu’il imprime aux textes qu’il nous sert. On sent dans le livre son amour des lettres françaises, son amour des mots et une interprétation très personnelle des auteurs qui lui sont chers et qu’il connait par coeur. Grâce à Luchini nous revisiterons La Fontaine, Céline, Barthes, Rimbaud, Muray, Nietzche, etc Un voyage garanti féerique et, en ce qui concerne Arthur Rimbaud, tout simplement hallucinatoire..

En quelque sorte ce livre est la prolongation de ses spectacles si spirituels et persifleurs. Fabrice Luchini est un acteur solaire, il irradie sa passion et tant pis si par moments il parait terriblement cabotin. Il donne une très bonne et très juste définition de lui même : un chaos de perplexité.

Fabrice Luchini a la lubie du discours organique où « la langue sort du corps et non pas du cerveau : c’est un produit organique qui fait avancer l’action. Rien n’est descriptif, orné. Tout est immédiatement compréhensible ».

Une lecture agréable et très parisienne, aérienne, spirituelle et qui nous rend meilleurs. Merci Monique F. pour ton prêt.

COMÉDIE FRANÇAISE, Flammarion 2016,  ISBN 978-2-0813-7917-6

El mentalista de Hitler de Gervasio Posadas

 

Résultat de recherche d'images pour "gervasio posadas"Gervasio Posadas es un escritor uruguayo (Montevideo 1962) que trabajó en publicidad; dirige actualmente un taller literario con su hermana escritora Carmen Posadas : Yoquieroescribir.com. En 2008 publicaron a cuatro manos un divertido y fino libro Hoy caviar, mañana sardinas que recibió el Premio Sent Sovi de literatura gastronómica porque en él se pueden leer las mejores recetas familiares. Es un diario de vida de  la familia Posadas con un padre diplomático e itinerante. Lo compré, lo leí y me reí mucho.

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(Mentalista : que practica el mentalismo, un arte de ejecución antiguo en el cual el practicante utiliza la agilidad mental, principios de la magia escénica o sugestión para hacer una ilusión de lectura mental, psicoquinesis, precognición, clarividencia o control mental.El mentalista a partir de intensas observaciones, procesadas a través del razonamiento abductivo (que otorga gran importancia al instinto y la imaginación), es capaz de desenmarañar hasta cierto punto el ovillo de la realidad más allá del precepto cartesianista de la evidencia).

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El mentalista de Hitler es una novela histórica muy interesante y entretenida. Interesante porque nos revela un personaje poco conocido : el mentalista Jan Erik Hanussen, y entretenida porque se deja leer muy bien, está bien documentada en el Berlin decadente de 1930.

La cara amarga de la Alemania de aquel entonces eran seis millones de parados, una crisis económica que no acababa, políticos sin soluciones que solo sabían pelearse entre si, hambre, desesperación, familias que hasta tenían que prostituir a sus propias hijas para poder poner comida en la mesa (pg 31).

Jan Erik Hanussen es el pseudo de Herschmann Chaim Steinschneider (Viena 1889-Berlin 1933), un israelita austríaco, personaje carismático, manipulador, generoso y terriblemente arribista que llegó a ser un vidente e hipnotizador de music hall muy conocido en Alemania de los años 20, amasando una inmensa fortuna que le permitió poseer varios periódicos y llevar una vida de magnate en el Berlin de los años 30. Habría tomado el pseudo de Hanussen en 1918 sobre una cruz de un soldado alemán fallecido. Fue un personaje atípico : trapecista, mozo de cuadra, domador de leones, tragasables en un circo, etc.

Aunque el personaje es aún relativamente poco conocido, por lo menos tres películas le fueron dedicadas : 1) Hanussen, el adivino una película rodada en 1955 con O.W. Fischer en el papel principal;  2)  Hanussen d’Itsván Szabó rodada en 1988 con Karl Maria Brandauer;  3) Invencible de W. Herzog en 2001 con Tim Roth en el rol principal.

Existen otros libros sobre el personaje :  Hitler’s Jewish Clairvoyant de Mel Gordon (2001) y Jasnowidz Hitlera de Przemyslaw Slowinski y Danuta Uhl-Herkoperec (2014).

Los comienzos de la carrera de vidente fueron en Viena en 1910 donde tuvo bastante éxito con un consultorio de astrología y alguna otra hazaña, pero tuvo también problemas judiciales y un proceso que ganó gracias a sus poderes ocultos.

Hanussen habría proporcionado a Adolf Hitler en los años 20 lecciones de retórica y de psicología de masas lo que fue corroborado en 1943 por la institución norteamericana Office of Strategic Services cuando redactaron un perfil psicológico de Hitler.

Hitler y Hanussen tenían varios puntos comunes ; habían nacido en el mismo país, los dos eran Aries, ambos habían sido cabos en la guerra y sufrieron sendas heridas (pg 184).

En los años 30 el mago se lanza a la conquista de Berlin abriendo en un barrio chic otro consultorio de astrología con tarifas exorbitantes y un éxito rotundo entre la élite berlinesa y los jerarcas nazis.

En 1932 Hitler está completamente desmoralizado y pide a Hanussen su horóscopo del momento:  será Canciller de Alemania, predice Hanussen el 25/03/32. Logrará entrevistarse con Hitler unas tres o cuatro veces y una de ellas fue en octobre 1932 cuando el partido nazi estaba a punto de naufragar. Pero Hanussen había escondido su origen judío y los comunistas alemanes lo denunciarán en la prensa, obligándolo a inventar una historia inverosímil para salvar el pellejo.

Su caída se inicia con la predicción del incendio del Reichstag , pero también con unas historias turbias de préstamos de dinero a los jerarcas nazis y también unas filmaciones depravadas y comprometedoras en su yate privado donde organizaba bacanales. Todo esto demuestra que el personaje sabía demasiado de los proyectos de Hitler. Se supone que fueron los propios nazis que incendiaron el Reichstag el 27/02/33 para comprometer a los comunistas.

image 189 x 276Hanussen será apresado par les SS Imagenen abril 1933 cuando se disponía a huir de Alemania y su cuerpo se encontrará acribillado de balas en un bosque de la periferia de Berlin.

El libro tiene un narrador omnisciente que aporta los puntos de vista de Hanussen y de un periodista español, José Ortega, que hace de enlace con Hanussen y representa bastante bien al gremio de periodistas en aquella época tan convulsa. Hay un personaje fascinante en el libro, es la amante de Hanussen que se conoce solo bajo el nombre de la baronesa, una mujer bella y misteriosa, manipuladora y manipulada. Todos los personajes del libro son reales excepto José Ortega que nos permite acercarnos a Hanussen.

Es la historia de Jan Erik Hanussen que quiso jugar con fuego y se quemó las alas en el intento. Una historia increíble que demuestra la dependencia de mucha gente con los poderes ocultos, con la adivinación.

EL MENTALISTA, SUMA de Letras 2016,  ISBN 978-84-8365-873-4

L’art du roman de Milan Kundera

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Milan Kundera est un romancier, essayiste et dramaturge franco-tchèque (Moravie 1929) mais avant tout européen, cosmopolite et international. Il est installé en France depuis 1975 se naturalisant français en 1981. Ses livres ont été traduits dans plus de 30 langues et il est considéré à l’étranger comme un écrivain majeur. Il est détenteur de plusieurs prix et il a été cité plusieurs fois comme « nobélisable ». Milan Kundera écrit directement ses livres en français depuis 1993. Et gloire suprême, il est rentré de son vivant à La Pléiade.

Son livre le plus connu est L’insoutenable légèreté de l’être de 1984,  lecture que j’avais beaucoup appréciée et que je devrais relire car la maturité apporte quelques lumières; j’ai aussi adoré le film qui en a été fait en 1988 par l’américain Philip Kaufman.

Son essai L’art du roman date de 1986 et réunit 7 textes indépendants conçus entre 1979 et 1985, écrits directement en français. L’écrivain donne son point de vue sur la littérature et sur ce qui représente pour lui le roman européen; de ce point de vue là nous appréhendons la richesse incommensurable, que nous, européens, possédons en matière de littérature, de peinture et de culture en général. Et quelle erreur de la part des politiques pour nous faire avaliser une Europe à travers des vues économiques, de traités abscons, de redondances administratives, de complications à n’en plus finir, alors que la vieille Europe possède d’est en ouest un passé culturel (dont littéraire), inégalé dans le monde entier et que n’importe quel autre continent nous envie : c’est la culture européenne qui fait la force de cohésion en Europe et c’est notre immense richesse commune.

Pour revenir à l’essai de Kundera d’à peine 190 pages, il se lit avec circonspection car il n’est pas d’un abord facile, il nécessite de la concentration; il est très intéressant parce qu’il fait preuve de pas mal de culture et de pédagogie. La conception en 7 chapitres n’est pas due au hasard, c’est un chiffre cher à l’écrivain et qui fait partie du plan architectonique de ses romans. La division du roman en parties, des parties en chapitres, des chapitres en paragraphes, autrement dit l’articulation du roman, il la veut d’une grande clarté. Chacune des sept parties est un tout en soi. L’écriture est simple, sans subterfuges. Kundera se définit comme romancier et non comme écrivain car il veut disparaitre derrière son oeuvre

Il revisite ses sources du roman européen en commençant par le Quichotte de Cervantes ; il parle aussi beaucoup des maitres de l’ambiguïté comme Hermann Broch et Kafka.  De Kafka il signale si justement combien le comique est inséparable de l’essence même du kafkaïen qui nous mène à l’intérieur, dans les entrailles d’une blague, dans l’horrible du comique.

Il adopte le principe polyphonique dans ses romans car il est un vrai musicien avec les sept parties où chaque personnage attaque le texte de façon différente.

Milan Kundera soutient que un bon essayiste est un écrivain qui a des choses, des pensées intéressantes à dire ; un bon romancier doit se laisser effacer par ses personnages. Car Emma Bovary est plus connue que Flaubert, Anna Karénine que Tolstoï, Don Quichotte que Cervantes, etc

Il nous parle, entre autres topiques, de la crise de l’humanité européenne déjà présente en 1935 et évoquée par Edmund Husserl, trois ans avant sa mort. Pour Husserl  l’adjectif « européen » désignait l’identité spirituelle qui s’étend au-delà de l’Europe géographique et qui est née avec l’ancienne philosophie grecque qui interrogeait non pas pour satisfaire tel ou tel besoin pratique mais parce que la « passion de connaître s’est emparée de l’homme ». La crise dont Husserl parlait lui paraissait si profonde qu’il se demandait si l’Europe était encore à même de lui survivre. Les racines de la crise,  il croyait les voir au début des Temps modernes, chez Galilée et chez Descartes, dans le caractère unilatéral des sciences européennes qui avaient réduit le monde à un simple objet d’exploration technique et mathématique, et avaient exclu de leur horizon le monde concret de la vie, die Lebenswelt. L’essor des sciences propulsa l’homme dans le tunnel des disciplines spécialisées. Plus il avançait dans son savoir, plus il perdait des yeux et l’ensemble du monde et soi-même, sombrant ainsi dans ce que Heidegger, disciple de Husserl, appelait, d’une formule belle et presque magique, « l’oubli de l’être ».

Tous les grands thèmes existentiels que Heidegger analyse dans Etre et Temps, ont été dévoilés, montrés, éclairés par quatre siècles de roman européen. Un par un, le roman a découvert, à sa propre façon, par sa propre logique, les différents aspects de l’existence : avec les contemporains de Cervantes, il se demande ce qui est l’aventure ; avec Samuel Richardson, il commence à examiner « ce qui se passe à l’intérieur », à dévoiler la vie sécrète des sentiments ; avec Balzac, il découvre l’enracinement de l’homme dans l’Histoire ; avec Flaubert, il explore la terra jusqu’alors incognita du quotidien ; avec Tolstoï, il se penche sur l’intervention de l’irrationnel dans les décisions et le comportement humains. Il sonde le temps : l’insaisissable moment passé avec Marcel Proust ; l’insaisissable moment présent avec James Joyce. Il interroge avec Thomas Mann, le rôle des mythes qui, venus du fond des temps, téléguident nos pas. Etc, etc.

Les conférences où Husserl parla de la crise de l’Europe et de la possibilité de la disparition de l’humanité européenne, furent son testament philosophique. Ils les prononça dans deux capitales d’Europe centrale. Cette coïncidence possède une signification profonde : en effet, c’est dans cette même Europe centrale que, pour la première fois dans son histoire moderne, l’Occident put voir la mort de l’Occident, ou, plus précisément, l’amputation d’un morceau de lui-même quand Varsovie, Budapest et Prague furent englouties dans l’empire russe.

Milan Kundera nous promène dans ce livre parmi les auteurs européens qu’il admire. Il y a des pages admirables sur le plus méconnu de tous : Hermann Broch qui a quitté l’Autriche pour l’Amérique où il mourut. Broch l’aide à lire d’autres auteurs parce que dans l’optique de Broch, le roman moderne continue la même quête à laquelle ont participé tous les grands romanciers depuis Cervantes.

La sixième partie est très savoureuse. Elle comporte 69 mots pour définir l’univers de Kundera; certains de ses romans qui ont été traduits, ont été dénaturés et sortis de son univers. La définition qu’il donne du mot Europe me parait si intéressante surtout dans le contexte socio-politique actuel. EUROPE = Au Moyen Age, l’unité européenne reposait sur la religion commune. A l’époque des Temps modernes, elle céda la place à la culture (art, littérature, philosophie) qui devint la réalisation des valeurs suprêmes par lesquelles les Européens se reconnaissaient, se définissaient, s’identifiaient. Or, aujourd’hui, la culture cède à son tour la place. Mais à quoi et à qui? Quel est le domaine où se réaliseront des valeurs suprêmes susceptibles d’unir l’Europe? Les exploits techniques? Le marché? La politique avec l’idéal de démocratie, avec le principe de tolérance, si elle ne protège plus aucune création riche ni aucune pensée forte, ne devient-elle pas vide et inutile? Ou bien peut-on comprendre la démission de la culture comme une sorte de délivrance à laquelle il faut s’abandonner avec euphorie? Je n’en sais rien. Je crois seulement savoir que la culture a déjà cédé la place. Ainsi, l’image de l’identité européenne s’éloigne dans le passé. Européen : celui qui a la nostalgie de l’Europe.

Le mot PSEUDONYME : je rêve d’un monde où les écrivains seraient obligés par la loi de garder secrète leur identité et d’employer des pseudonymes. Trois avantages : limitation radicale de la graphomanie, diminution de l’agressivité dans la vie littéraire; disparition de l’interprétation biographique d’une oeuvre.

Et bien sûr sa définition de ROMAN : la grande forme de la prose où l’auteur, à travers des ego expérimentaux (personnages) examine jusqu’au bout quelques thèmes de l’existence. Par la richesse de ses formes, par l’intensité vertigineusement concentrée de son évolution, par son rôle social, le roman européen (de même que la musique européenne) n’a son pareil dans aucune autre civilisation.

Pour finir Kundera nous dit que les grands romans sont toujours un peu plus intelligents que leurs auteurs. Les romanciers qui sont plus intelligents que leurs œuvres devraient changer de métier. Ah, il faut oser le dire.

Quelques citations de Kundera : « le trait distinctif du vrai romancier, il n’aime pas parler de lui- même« ; « composer un roman c’est juxtaposer différents espaces émotionnels, et que c’est là, selon moi, l’art le plus subtil d’un romancier« ; « le roman est une méditation sur l’existence vue au travers de personnages imaginaires« ; « le romancier n’est ni historien ni prophète, il est explorateur de l’existence ».

VIVE L’EUROPE CULTURELLE.

L’ART DU ROMAN, Folio 2702(Gallimard 1986),  ISBN 978-2-07-032801-7

El séptimo velo de Juan Manuel de Prada

See original imageJuan Manuel de Prada es un escritor, crítico literario y articulista español (Vizcaya 1970). Estudió Derecho pero no ha ejercido como abogado.

Le he leído varios libros (es un autor muy prolífico), y lo que caracteriza sus libros es cierto preciosismo con el vocabulario que da cierto barroquismo al conjunto, rayano por momentos en lo kitsch. De lo leído : 1) Coños (1994), un ensayo en prosa bastante lírica que realiza el fantasma masculino de erotización de esta parte anatómica femenina, tan fantaseada pero al mismo tiempo tan misteriosa; lo increíble es que escribió el texto con tan solo 24 años; fue su primera obra relevante escrita como un homenaje a Senos de Ramón Gómez de la Serna; 2)El silencio del patinador (1995) , 12 cuentos breves con una prosa barroca entre los cuales uno lleva el título del libro, son temas variopintos y complejos, por momentos bastante oníricos, a veces con fondo de Historia o de actualidad, en un tonillo que me hace pensar en Francisco Umbral; 3) La tempestad (1997) que le valió el Premio Planeta del mismo año, es una obra detectivesca y la historia de un universitario español que llega a Venecia para estudiar el cuadro del Giorgione « La tempestad » y que descubre todo un tráfico turbio, una depravación ambiental al mismo tiempo que vive una historia de amor que lo marcará para siempre. El libro fue adaptado al cine en 2005 por el inglés Paul Tickell. El escritor Javier Marías lo acusó de plagio con esta novela con respecto a su libro de 1991 Venecia, un interior; 4) La vida invisible (2003) que le valió el Premio Primavera del mismo año y el premio Nacional de Narrativa 2004, una historia intrincada increíble y la iteración ad libitum en el relato de la frasecita « la vida invisible »: la historia de la estrella norteamericana de los años 50, Fanny Rippel, contada por el escritor Alejandro Losada : Fanny, una pobre mujer que murió alienada después de ser manipulada. Esta historia se entronca con la historia de un escritor que conocerá en un viaje a Chicago a una chica que enloquecerá de amor. Dos historias que se cruzan.

El séptimo velo me resultó una lectura pesada, interesante pero pesada, me explico. El libro comporta unas 700 páginas y me costó tenerlo en mano, éste es el lado físico de la experiencia. Y la lectura me resultó pesada porque encontré que el libro es demasiado verboso, verborreico, abusivo y repetitivo en circunloquios, como si el escritor se deleitara buscando vocabulario exquisito y prolongara sus frases ad libitum, buscando un « efecto proustiano », pero que sólo consigue marear al lector. Además encontré que la historia es demasiado maniqueísta entre los buenos y los malos. Para darles una idea, necesité más o menos 240 páginas para enganchar con la lectura;  además, el tema del libro es muy manido : la SGM, la Ocupación alemana de Francia, el período llamado La Depuración. No corté con la lectura por respeto a todos los libros leídos a JM dePrada, ya que varios fueron bastante apreciados. El lado positivo del libro es el sobreabundante vocabulario exquisito que necesita tener una mano en permanencia sobre el diccionario.

Un ejemplo del estilo pesado y excesivo del autor :página 84…se le notaba esa alegría no sólo en la inflexión de la voz: el brillo de la mirada, que se le había ido apagando a medida que se quedaba ciego, había vuelto a asomar, como un azogue que remueve los escombros de la noche. Página 139…la luz de la mañana tenía una cualidad mortecina, como enferma de lipotimias o tuberculosis [qué ridículo suena y tan fuera de contexto !].

El más puro azar ha hecho que lea dos novelas seguidas en español que abarcan el mismo período (cf La última hermana de J. Edwards); la novela de Prada es más explícita con las atrocidades y el ambiente es mucho más sórdido con lo sexual.

Este libro recibió el Premio Biblioteca Breve 2007  y el Premio de la Crítica de Castilla y León 2008; la narración somete a cuestionamiento las mentiras de la Historia y señala los peligros de la memoria. Es la séptima obra de ficción de Juan Manuel de Prada.

El título del libro El séptimo velo, tiene una explicación metafórica :  alusión a los siete velos de la danza ensorcelante de Salomé ante el rey Herodes, velos de reserva, timidez, miedo… la caída del séptimo y último velo deja al descubierto  la verdad (los velos encubren también los secretos).  También el escritor alude al título homónimo de una película de 1945 (The Seventh Veil) con James Mason y Ann Todd.

Es una novela de aventuras ambientada en el Paris de la SGM, con la Ocupación alemana y la Liberación de Paris; conlleva también secuencias en España y en Argentina.

Los protagonistas son dos : padre e hijo. El padre es Jules Tillon alias Houdini un resistente temerario y hábil escapista (Houdini = un prestigitador famoso en EEUU a fines del siglo XIX); el hijo es Julio Ballesteros que lleva el nombre del hombre que lo reconoció. Padre e hijo serán perseguidos por la mentira, por los secretos.

Julio Ballesteros aprende tarde que su padre biológico no es el buen Ballesteros que se casó con su madre para darle un nombre porque estaba enamorado. Indagará sobre su padre biológico y sobre su madre y esta reconstrucción de la vida del padre coincide con su propia redención. Es una novela con un efecto retrógrado porque partimos del drama del hijo que perderá a su mujer en un accidente y vamos retrocediendo en el tiempo narrativo para atrapar la historia del resistente Jules Tillon.

Jules Tillon fue un personaje de la resistencia francesa de la primera hora ( y no de esos resistentes de última hora, surgidos como setas en una tarde lluviosa, que tras el desembarco de Normandía, habían pretendido borrar, en apenas un par de meses, cuatro años de colaboracionismo, página 536) que realizó actos de valentía inaudita, pero que fue manipulado y que traicionó. (Al final resultará que en la Resistencia hay más canallas que en la colaboración, página 569 y página 600…atrincherados en sus instalaciones, repelían los ataques de los fifis (FFI, Fuerzas Francesas del Interior), entre los que, junto con algún resistente de  primera hora, se mezclaban muchos valentones que durante los años del plomo habían permanecido escondidos en sus huras) . El peso de la traición fue tal, que sufrió de amnesia profunda que necesitó un tratamiento psiquiátrico largo. Y  recordar para él significa arrepentirse, Jules Tillon expía su culpa enterrándose en un pueblucho argentino con un rol de… sepulturero (aquí el escritor le da fuerte a la metáfora). Alguien dijo con mucho acierto que si Jules Tillon fue un héroe, un traidor, un escapista de primera y un supulturero, entonces pudo ser cualquier cosa,  una caricatura de personaje y por ende un personaje menos creíble.

Cuando Julio Ballesteros aprende que su padre biológico sigue vivo,  después de mucho dudar, parte a su encuentro porque quiere escuchar y entender la historia y  redimir sus propias culpas.

El final del libro me parece poco claro, entre la traición de Julio y la manipulación que sufrió; los límites están mal demarcados. Además el « happy end » con Sabine me pareció totalmente descolocado.

Lectura demasiado pomposa, léxico excesivo, redundancias, cierto grado de manierismo, sobredosis de todo.

EL SÉPTIMO VELO, Seix Barral 2007,  ISBN 978-84-322-1235-2