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Le sauveur (6) de Jo Nesbø

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Jo Nesbø est un écrivain et scénariste norvégien (Oslo 1960), auteur de polars et de livres pour la jeunesse. Son héros récurrent est l’inspecteur Harry Hole un stéréotype d’inspecteur de Police entre ours-alcoolo-tabagique et électron libre qui utilise des méthodes peu orthodoxes pour résoudre les cas, mais qui néanmoins est le meilleur dans sa branche. Les épisodes peuvent se dérouler en Norvège ou à l’étranger.

L’auteur Jo Nesbø a vendu plus de 34 millions d’exemplaires de par le monde et il a été traduit dans plus de 50 langues. C’est tout à fait impressionnant.

Un film est sorti en novembre 2017 sur son livre Le Bonhomme de neige (2007) avec Michael Fassbinder dans le rôle d’Harry Hole: cela correspond au septième opus avec le détective, non encore lu.

J’ai commenté en mars 2018 mon premier Jo Nesbø: La Soif (2017),  qui correspond au 11ème de la série et je suis restée impressionnée,  souhaitant en lire d’autres mais de préférence dans l’ordre chronologique car les histoires tournent surtout autour du personnage et de la personnalité de Harry Hole.

L’homme chauve-souris (1997) est le premier de la série, commenté en avril 2018, un livre qui m’a plu moyennement car j’ai trouvé qu’il faisait un peu catalogue touristique sur l’Australie (pauvre Australie ces jours-ci), brodé autour de l’assassinat d’une jeune norvégienne; dans ce livre on comprend pourquoi l’inspecteur Hole est envoyé aux antipodes par sa hiérarchie: c’est pour se faire pardonner une bourde professionnelle énorme avec la mort d’un collègue alors que l’inspecteur Hole était passablement imbibé d’alcool. En juillet 2018 j’ai commenté le N°2 Les cafards (1998), qui se déroule en Thaïlande où Harry Hole doit résoudre un cas délicat du meurtre d’un diplomate norvégien dans des conditions plus que louches. Le N° 3 Rouge-Gorge (2000) m’a plu moyennement car ce fut une lecture laborieuse quoique sur un sujet intéressant: les soldats norvégiens engagés dans la Wehrmacht lors de la DGM; lecture  laborieuse car comportant trop de personnages et un rythme trop lent. Le Harry Hole N°4 est Rue Sans-Souci (2002), un opus pas mal du tout autour de braquages de banques et de mafia au niveau de l’Europe. L’étoile du diable (2003) n’est pas mal non plus avec quelques réserves: la trame est un peu surchargée mais le suspense intense.

Le Sauveur (2005) est un polar qui m’a intéressé moyennement, mais je sais que mon opinion va à contre courant du sentiment général. Et puis, j’ai laissé passer trop de temps avant de reprendre un Harry Hole: 64 livres exactement, j’ai quelque peu perdu le fil.

Dans ce tome très noir et au coeur du rude hiver norvégien, je retrouve un Harry Hole assez solitaire, avec un nouveau chef, Gunnar Hagen, et un coéquipier, Halvorsen,  qui va se faire sérieusement amocher. L’intrigue m’a paru assez compliquée entre l’Armée du Salut norvégienne et un tueur venu de Croatie dont je n’ai pas compris clairement les motivations. Hole va prendre l’initiative de se rendre en Croatie à ses frais et sans en parler à la hiérarchie!

Si j’ai compris quelque chose, cette Armée du Salut est toute puissante et riche en capital immobilier. Il y a de la spéculation immobilière même pas camouflée et des assassinats louches au sein même de l’organisation (dans le roman).

Je n’ai rien compris au problème des serbes et des croates sur fond de vieille guerre et de vendetta. Les voyages à Zagreb m’ont paru extravagants.

Au sujet de la vie privée de Harry, il a rompu avec Rakel, mais il continue de voir le fils de Rakel, Oleg, qui l’adore. Il va vivre une courte liaison avec Martine Eckhoff, la fille du plus haut gradé de l’Armée du Salut. Harry Hole se bat toujours avec l’alcool et continue de fréquenter les AA. On sent une grande détresse dans ce policier mais en même temps il est d’une témérité hors normes et bien toléré par son nouveau supérieur.

Page 240 il y a une description physique de l’inspecteur Hole : un grand type aux cheveux courts, la peau pâle et le nez rouge, les traits durs et marqués et contredits par une bouche sensuelle.

Un tome avec beaucoup trop de personnages et une intrigue peu claire, même si les meurtres sont assez spectaculaires. Et constamment des changements de narrateurs, ce qui rend le suivi plus difficile. J’ai aimé moyennement.

LE SAUVEUR, Folio Policier 552 2018(JN 2005),  ISBN 978-2-07-270812-1

L’Homme de Lewis (2) de Peter May

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Peter May est un romancier et scénariste pour la TV de nationalité écossaise (Glasgow 1951) résidant en France,  naturalisé français en 2016.

L’île des chasseurs d’oiseaux (The Blackhouse 2009) est le premier tome d’une trilogie écossaise, un livre primé par le Prix Les Ancres noirs 2010, le Cezam Prix 2011 et le Prix Barry 2013, c’est un livre qui m’a beaucoup plu par la force des éléments naturels mis en relief et l’histoire qui va avec; j’ai commenté le livre en octobre 2019.

L’Homme de Lewis (The Lewis Man, 2012) est le deuxième tome de la trilogie et je l’ai abordé avec grand intérêt. Il a reçu le Prix Les Ancres noires 2012. Le policier Finlay Macleod, originaire des Hébrides, revient sur l’île de Lewis un an environ après la fin de l’épisode précédent. Il a divorcé de sa femme et quitté la police car il a fini les études d’Informatique qu’il suivait en parallèle; il voudrait commencer une nouvelle vie.

Il va retrouver les personnages du premier tome; il va commencer à retaper la vieille maison de ses parents qui tombait en ruine, mais il sera rapidement entraîné dans la résolution d’un crime: on va découvrir le cadavre bien conservé dans la tourbe d’un jeune homme sauvagement poignardé.

Cet épisode est l’occasion de nous livrer des informations fort intéressantes sur la propriété de conservation des corps par la tourbe selon les conditions climatiques du lieu: l’acidité de l’eau, les températures basses et le manque d’oxygène font que la peau et les organes se conservent très bien.

Très vite et grâce à la datation par le carbone on va savoir que le cadavre date des années 50. L’autopsie du cadavre va jusqu’à révéler les aliments ingérés par la victime!

Finlay Macleod va donc s’impliquer dans la recherche de l’assassin d’autant plus que dans le tome précédent la population mâle de l’île avait fait l’objet d’une recherche d’ADN  que l’on pourra comparer avec l’ADN de la victime et établir ainsi une filiation.

Cette enquête criminelle m’a paru un peu poussive, un peu lente et prévisible. Et la fin un peu exagérée. Mais une nouvelle fois les éléments naturels sur ces Îles m’ont paru d’une force incroyable, comportant des changements rapides et violents. Des paysages que j’arrive à imaginer d’une beauté à couper le souffle.

A la fin du livre, la vie de Finlay Macleod commence à prendre un nouveau départ; je trouve que l’on sait peu sur lui, il reste comme en retrait. Je vais voir ce que le tome 3 va apporter comme intérêt.

Sur la beauté des lieux: Bien qu’on les appelle île de Lewis et île de Harris, il s’agit en fait d’une seule et même île, séparée en deux par une chaîne de montagnes et une étroite bande de terre. Une sacrée vue pour l’éternité. Le bleu ardoise et ombré des montagnes, par delà le jaune des plages de Scarista; les lumières sans cesse changeantes d’un ciel qui ne connait pas le repos; le murmure permanent du vent, comme les voix des croyants s’élevant pour célébrer le Seigneur.

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Plage de Scarista- Hébrides

L’HOMME DE LEWIS, Babel Noir 2014 (PM 2012),  ISBN 978-2-330-01441-4

Sur un mauvais adieu de Michael Connelly

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Michael Connelly est un très grand auteur de polars nord-américain (Philadelphie 1956) ; c’est le « père »  du  détective du LAPD Hyeronimus Bosch, alias Harry Bosch, que j’affectionne particulièrement parce que sa personnalité taciturne me plait. Connelly est un écrivain très prolifique avec une publication par an et parfois jusqu’à deux !  Je crois qu’à la date d’aujourd’hui il arrive à plus de 40 publications depuis 1992.

C’est le neuvième livre de Connelly commenté dans ce blog après : La lune était noire (2000) en juillet 2013, Le cinquième témoin (2011) en février 2015, Mariachi Plaza (2014) en août 2017, Le dernier Coyote (1995) en juillet 2018, Deuil Interdit (2005) en septembre 2018, Wonderland Avenue (2002) en novembre 2018, A genoux (2006) en janvier 2019, Les neuf dragons (2009) en février 2019 et Jusqu’à l’impensable en avril 2019. D’autres suivront, c’est sûr, car pour certains ce sont des relectures et c’est un plaisir renouvelé où je m’attarde sur des détails concernant la vie de Bosch plus que sur les cas policiers. (Je recommande vivement de les lire dans un ordre chronologique pour suivre la vie privée et professionnelle du détective qui est aussi mouvementée et intéressante que les cas policiers).

La série pour la TV Bosch (5 saisons) a été aussi une agréable découverte sur Amazon Prime avec des visages à mettre sur des personnages récurrents et un Harry Bosch plus vrai que nature dans la personne du comédien Titus Welliver que je ne connaissais pas et que maintenant je ne peux plus dissocier de mon imaginaire.

Sur un mauvais adieu (The Wrong side of Goodbye, 2016) je trouve que le titre est un peu ambigu pour un bon Connelly, 22èmè de la série !. Il a été classé meilleur polar/thriller 2016 par le Washington Post. C’est un opus avec son demi-frère, l’avocat de la défense Mickey Haller. C’est curieux de constater que les deux frères s’entendent bien (uniquement dans le cadre du travail car ils ne se fréquentent pas en dehors), alors qu’ils sont des deux côtés de la barrière: l’un est flic et l’autre est avocat de la défense; prêt à défendre n’importe quelle cause même contre la police.

Côté intrigue celle-ci est double.

Harry Bosch a été « mis à la retraite forcée » de LAPD suite au dernier cas évoqué dans Jusqu’à l’impensable. Il faut rappeler que Harry doit lutter chaque fois contre sa hiérarchie, il est souvent la tête-de-turc de quelqu’un, en général d’un supérieur. parce qu’il agit presque toujours en électron libre, en suivant ses intuitions et sans compter ni son temps ni sa peau. Il s’attire souvent la malveillance des collègues.

Dans ce tome, nous le retrouvons travaillant ad honorem pour San FernandoPD, une banlieue de la tentaculaire Los Angeles où il s’adonne, quelques jours par semaine, aux cas non résolus, ceci lui permet de récupérer la plaque de policier et de s’en servir dans son travail. De plus, et pour remplir sa marmite (et payer l’université de sa fille Maddy) il travaille comme détective privé.

C’est en tant que privé que nous avons la première énigme. Un milliardaire fait appel à lui pour rechercher d’éventuels héritiers et lui demande d’être d’une totale discrétion. Cette enquête va raviver les souvenirs vécus par Harry Bosch au Viet Nam où il était expert dans les tunnels; c’est très intéressant (par exemple quand il explique que pour pouvoir circuler dans ces tunnels, il était astreint de manger de la nourriture vietnamienne pour ne pas se faire repérer par l’odeur dégagée car il fallait sentir comme eux).

En même temps il se verra impliqué dans une enquête visant à retrouver un violeur en série qui s’attaque à un profil bien précis de femmes à San Fernando.

Le lecteur aura une démonstration pas-à-pas du savoir faire en matière d’enquête par ce cher Harry Bosch. Sa constance, son souci du détail, sa recherche permanente du point de vue, sa patience et sa détermination. On assiste au déroulement détaillé d’une enquête policière avec les moyens modernes.

Il y a une belle confrontation entre le modus operandi des deux frères: le droit et incorruptible Harry Bosch et l’avocat retors, roué et prêt à tout pour gagner ses pépettes. Ils ont chacun besoin de l’autre mais sans pour autant abandonner leurs positions. Cela fait plaisir de voir qu’ils peuvent travailler ensemble pour le bien de la Société et se compléter à la perfection.

Côté vie privée de Bosch dans cet opus il y a très peu de chose. Harry Bosch s’occupe de temps en temps de sa fille et tremble pour elle chaque fois qu’il est immiscé dans une affaire. Cette fois il n’a pas tort car les forces du mal ont bien saisi qu’il a une fille. Sa fille Maddy étudie la Psychologie à Chapman University et elle n’est plus colocataire avec la fille de Mickey Haller; les deux filles n’ont pas tissé de liens solides ainsi que leurs pères l’avaient souhaité. Harry Bosch s’arrange pour voir sa fille chaque fois qu’il le peut et en général autour du campus.

Les deux enquêtes sont passionnantes dans ce livre, pleines de rebondissements avec des fins surprenantes. Et de la reconnaissance à la fin pour Harry Bosch.

SUR UN MAUVAIS ADIEU, Calmann- Lévy Noir 2018 (MC 2016),  ISBN 978-2-7021-5652-0

Nunca enamores a un forastero(4) de Ramón Díaz Eterovic

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Ramon Díaz Eterovic es un escritor chileno (Punta Arenas 1956), creador del personaje del detective privado Heredia, protagonista de más de 20 títulos de novelas negras.

Díaz Eterovic ha sido galardonado con numerosos premios y hasta tres veces con el Premio Municipal de Santiago género novela (1996, 2002 y 2007) y con el Premio del Consejo Nacional del Libro y de la Lectura (1995, 2008 y 2011).

Una parte de la obra del autor fue adaptada para la TV chilena en 2005 bajo el título de Heredia & Asociados; se puede ver en Youtube aunque es una adaptación libre de los libros. Se ve con interés por el ambiente tan chileno-capitalino aunque va demasiado rápido, prefiero los libros.

El escritor utiliza la novela policial para hablar de temas sensibles en la sociedad chilena, como los detenidos desaparecidos, el narcotráfico, el tráfico de armas, la carencia de una real democracia, las traiciones de todo tipo. Díaz Eterovic quiere escribir una comedia humana chilena con temas e historias que reflejan diferentes aspectos de la sociedad.

El autor ha sido objeto de estudios y publicaciones por el catedrático chileno Guillermo García-Corales, quien escribió « las novelas de Díaz Eterovic son novelas de consciencia y estética urbana y representan la mejor expresión del relato detectivesco en el Chile de la nueva narrativa de los años 90″. (cf « Poder y crimen en la narrativa chilena contemporánea: las novelas de Heredia » y « Ramón Díaz Eterovic, reflexiones sobre la narrativa chilena de los años 90″).

Publiqué en avril 2019 un billete sobre La ciudad está triste (1987) el primer tomo de la serie al cual le encontré « gusto a poco », pero como una promesa por venir. El segundo tomo, Solo en la oscuridad (1992) me gustó muchísimo más porque se perfila mejor la personalidad de Heredia y la del mundo en el que se mueve. Nadie sabe más que los muertos (1993) es el tercer opus de la serie y me gustó medianamente porque lo encontré bastante enrevesado con plétora de personajes y algo tirado por los pelos. Ángeles y solitarios (1995) es el quinto de la saga y fue premiado; me gustó algo más porque hay buena acción, pero me equivoqué con la cronología, publicándolo en realidad bajo el N°4 y dándome cuenta tras la lectura de Nunca enamores a un forastero (1994) que éste es anterior puesto que Díaz Eterovic menciona al tira Solís, amigo de juventud de Heredia en condiciones que Solís desaparece en Ángeles y solitarios !

Nunca enamores a un forastero (2003 en esta edición) es el cuarto de la saga y sucede en Punta Arenas, la ciudad natal de Díaz Eterovic. El detective Heredia llega a la ciudad austral tras la solicitación de su amigo  Severino Caicheo, compañero de Universidad en Leyes. Caicheo defiende gente comunista y se siente en peligro. A poco de llegar a Punta Arenas comienzan los atropellos, las violencias y los asesinatos por lo que el lector no se aburre. Muy buena la descripción de la ciudad con su ambiente y sus gentes y el clima, oh ! el clima-inclemente que forja un estilo de vida bastante cerrado.

Heredia no le teme a nadie, es muy temerario y recibe cada paliza…Sigue bebiendo y visitando tugurios. Por el lado de los amoríos, esta vez se mete con la hija del dueño de la pensión, Yasna, con quien vive una corta pero tórrida pasión. Este romance destinado a durar poco da la pauta de lo difícil que debe ser para una mujer en edad de casarse, de buscar pareja en esas latitudes. De ahí viene el título Nunca enamores a un forastero porque por definición los forasteros están generalmente de paso…Allá son pocos los nativos de Punta Arenas, todos los otros son calificados de « nortinos »a pesar de que la larga y ancha faja de tierra que es Chile abarca unos 4 000 Km de largo…

Y desde la página 7 Heredia anunciaba…pocas cosas me desagradan tanto como arrastrar maletas y posar mis asentaderas en sitios extraños. Odio salir de Santiago. Me gusta su gente dándose codazos en las calles, los gritos de los vendedores, el esmog, los rostros desconocidos y, sobre todo, la posibilidad de beber a solas, sin que nadie contabilice los tragos que consumo. Me gusta observar el ajetreo de la ciudad desde el ventanal de mi oficina, ubicada en la calle Aillavilú, cerca de la Estación Mapocho.

Un Heredia definido como un detective solitario, cuarentón, aficionado a los tragos, al bolero, a las carreras de caballos y a las novelas de Onetti y Hemingway. Y the last but not the least, a las mujeres !(por el momento consume una, a veces dos por tomo).

El tema de las novelas negras de Díaz Eterovic es recurrente. Siempre involucra a matones o ex militares relacionados con el período de la dictadura como si los delincuentes de delito común se hubiesen esfumado del país. Se puede decir entonces que sus novelas reflejan un « parti pris« , son políticamente tendenciosas.

NUNCA ENAMORES, LOM (2003),  ISBN 978-956-00-0330-0

Ángeles y solitarios (5) de Ramón Díaz Eterovic

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Ramon Díaz Eterovic es un escritor chileno (Punta Arenas 1956), creador del personaje del detective privado Heredia, protagonista de más de 20 títulos de novelas negras.

Díaz Eterovic ha sido galardonado con numerosos premios y hasta tres veces con el Premio Municipal de Santiago género novela (1996, 2002 y 2007) y con el Premio del Consejo Nacional del Libro y de la Lectura (1995, 2008 y 2011).

Una parte de la obra del autor fue adaptada para la TV chilena en 2005 bajo el título de Heredia & Asociados; se puede ver en Youtube aunque es una adaptación libre de los libros. Se ve con interés por el ambiente tan chileno-capitalino aunque va demasiado rápido, prefiero los libros.

El escritor utiliza la novela policial para hablar de temas sensibles en la sociedad chilena, como los detenidos desaparecidos, el narcotráfico, el tráfico de armas, la carencia de una real democracia, las traiciones de todo tipo. Díaz Eterovic quiere escribir una comedia humana chilena con temas e historias que reflejan diferentes aspectos de la sociedad.

El autor ha sido objeto de estudios y publicaciones por el catedrático chileno Guillermo García-Corales, quien escribió « las novelas de Díaz Eterovic son novelas de consciencia y estética urbana y representan la mejor expresión del relato detectivesco en el Chile de la nueva narrativa de los años 90″. (cf « Poder y crimen en la narrativa chilena contemporánea: las novelas de Heredia » y « Ramón Díaz Eterovic, reflexiones sobre la narrativa chilena de los años 90″).

Publiqué en avril 2019 un billete sobre La ciudad está triste (1987) el primer tomo de la serie al cual le encontré « gusto a poco », pero como una promesa por venir. El segundo tomo, Solo en la oscuridad (1992) me gustó muchísimo más porque se perfila mejor la personalidad de Heredia y la del mundo en el que se mueve. Nadie sabe más que los muertos (1993) es el tercer opus de la serie y me gustó medianamente porque lo encontré bastante enrevesado con plétora de personajes y algo tirado por los pelos.

Ángeles y solitarios (1995) es el quinto de la saga y fue premiado;  me gustó algo más porque hay buena acción y porque al pobre Heredia lo tratan algo mejor. Esta vez se trata nada menos que de la venta de armas a nivel estatal ! Con gente implicada a alto nivel. Novela ganadora del Premio Municipal de Literatura de Santiago 1996.

Una ex amante y periodista le escribe unas líneas para ponerlo al tanto de unos asuntos turbios que está investigando (cinco años que no sabía nada de ella). Heredia se interesará en el caso con su compinche Dagoberto Solís, el tira y amigo del colegio quien se ha reincorporado a la Policía de Investigación desde hace 6 meses (estaba retirado en Quintero, con un bar a cuestas).  Correrán los dos compinches riesgos desmesurados, sobre todo el pobre Solís;  siempre entablan diálogos bastante jocosos así como también con el quiosquero Anselmo, un vivaracho que nunca se queda callado. Los diálogos permiten a Díaz Eterovic sacar a relucir dichos y maneras coloquiales-chilenas (…tristones como apaleo de perros…)

En el plano sentimental Heredia se emparejará con una chica muy joven, aunque bastante madura y con un nombre rarísimo: Griseta… y la pareja le durará por lo menos a lo largo del opus dejando la impresión que la cosa puede seguir.

Pero qué manera de beber la de Heredia ! Se lo pasa de tugurio en tugurio y liba en permanencia, a veces hasta la embriaguez total. Pero al detective no le tiembla la mano cuando hay que apoyar sobre el gatillo…

 Heredia es un ente borracho y peleador, pero saca cada referencia literaria…sorprendente de la parte del personaje. Resulta anacrónico.

El gato Simenon cobra cada vez más relevancia, Heredia le habla como si entendiera, pero en realidad el gato le sirve de vertedero de consciencia. Por ejemplo página 40 le habla al gato y éste le responde:  « Me preocupa mi ración diaria de salmón » y Heredia  contesta « Jurel tipo salmón, querrás decir. En este país todo es tipo algo: aguardiente tipo pisco, cebada tipo café, dictadura tipo democracia ».

Un tomo 5 que denota desde ya un texto más pulido, más complejo y con ese fondo tan relevante de poesía urbana.

ÁNGELES Y SOLITARIOS, LOM Ediciones 2008 (RDE 1995),  ISBN 978-956-00-1006-3

L’étoile du diable (5) de Jo Nesbø

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Jo Nesbø est un écrivain et scénariste norvégien (Oslo 1960), auteur de polars et de livres pour la jeunesse. Son héros récurrent est l’inspecteur Harry Hole un stéréotype d’inspecteur de Police entre ours-alcoolo-tabagique et loup solitaire qui utilise des méthodes peu orthodoxes pour résoudre les cas, mais qui néanmoins est le meilleur dans sa branche. Les épisodes peuvent se dérouler en Norvège ou à l’étranger.

L’auteur Jo Nesbø a vendu plus de 34 millions d’exemplaires de par le monde et il a été traduit dans plus de 50 langues. C’est tout à fait impressionnant.

Un film est sorti en novembre 2017 sur son livre Le Bonhomme de neige (2007) avec Michael Fassbinder dans le rôle d’Harry Hole: cela correspond au septième opus avec le détective.

J’ai commenté en mars 2018 mon premier Jo Nesbø: La Soif (2017),  le 11ème de la série et je suis restée pas mal impressionnée  souhaitant en lire d’autres mais dans l’ordre chronologique car les histoires tournent surtout autour du personnage et de la personnalité de Harry Hole. L’homme chauve-souris (1997) est le premier de la série, commenté en avril 2018, un livre qui m’a plu moyennement car j’ai trouvé qu’il faisait un peu catalogue touristique sur l’Australie, brodé autour de l’assassinat d’une jeune norvégienne; dans ce livre on comprend pourquoi l’inspecteur Hole est envoyé aux antipodes par sa hiérarchie: c’est pour se faire pardonner une bourde professionnelle énorme qui a valu la mort d’un collègue alors que l’inspecteur était passablement imbibé d’alcool. En juillet 2018 j’ai commenté le N°2 Les cafards (1998), qui se déroule en Thaïlande où Harry Hole doit résoudre un cas délicat de meurtre d’un diplomate norvégien dans des conditions plus que louches. Le N° 3 Rouge-Gorge (2004) m’a plu moyennement car ce fut une lecture un peu laborieuse quoique sur un sujet intéressant (les soldats norvégiens engagés dans la Wehrmacht lors de la DGM), laborieuse car comportant trop de personnages et un rythme trop lent. Le Harry Hole N°4 est Rue Sans-Souci (2005), un opus pas mal du tout autour de braquages de banques et de mafia au niveau de l’Europe.

L’étoile du diable (2003) n’est pas mal non plus avec quelques réserves: la trame est un peu surchargée, la première partie un peu lente, mais cela vaut la peine d’attendre la fin…. Harry Hole se remet très mal de la mort de sa collègue Ellen Gjelten assassinée en pleine rue (la tête éclatée, il y a trois ans) alors qu’ils traquaient des bandits. Harry a des problèmes plus que sérieux avec l’alcool et c’est très étonnant que la hiérarchie supporte des débordements pareils. De plus Harry Hole est persuadé que son collègue Tom Waaler est un ripou et il passera une bonne partie du roman à la recherche de preuves. Le chef de la Police d’Oslo nommera ce Waaler chargé de l’enquête et Harry se verra proposer assez rapidement des affaires louches (dans le dessein de le compromettre ?).

Ce tome concerne des crimes perpétrés avec un rituel diabolique par un assassin en série lors d’un été torride à Oslo quand la police criminelle manque d’effectifs pour les filatures et autres actions. C’est en raison de ce manque d’effectifs que Hole est toléré dans le Service (Solitaire. poivrot. L’enfant terrible de la section. Mais- à côté de Tom Waaler- le meilleur enquêteur du cinquième étage).

La vie privée de Hole est un chaos perpétuel et les beuveries se succèdent. Sa compagne Rakel l’a largué malgré l’attachement que Harry profère au jeune enfant de sa compagne, le petit Oleg.

Le suspense et l’action sont débridés. Par moments cela sonne peu crédible, par moments l’action s’étire un peu trop avec moult explications. Les titres des chapitres m’ont paru superflus et difficiles à interpréter, déjà qu’avec tous les noms propres norvégiens c’est très difficile pour le lecteur.

J’ai trouvé que la scène finale  dans l’ascenseur (grandiose !)  avec la présence du petit Oleg est surréaliste: voici un enfant qui est présent à l’occasion d’un acte de violence inouï et les choses se passent comme s’il n’avait rien vu, sans explications ni aide psychologique.

Le côté intéressant est l’information fournie au sujet des assassins en série, ce qu’on appelle « le profilage » des tueurs : le tueur en série est un homme blanc, âgé de 24 à 40 ans. Il agit en général seul, mais il peut aussi s’entourer d’autres personnes, pour fonctionner en binôme. La mutilation des victimes est le signe qu’il est seul. Les victimes peuvent être n’importe qui mais elles sont en principe issues du même groupe ethnique que lui, et ce n’est qu’exceptionnellement qu’il les connaissait déjà. Il trouve généralement la première victime dans une zone qu’il connait bien. Quand on est en présence de rituels, il est souvent question de meurtres en série. On distingue deux types de tueurs en série : le psychopathe et le sociopathe. Seul le tueur en série psychopathe ne sait pas ce qu’il fait au moment du drame, il est souvent une personne inadaptée, sans travail, sans éducation, avec un casier judiciaire et toute une tapée de problèmes sociaux. Au contraire du sociopathe, qui est intelligent, apparemment adapté et qui mène une vie normale. Le psychopathe se distingue et devient rapidement un suspect potentiel, tandis que le sociopathe se fond dans la masse. C’est souvent un choc pour les voisins et les proches quand un sociopathe est démasqué. Pour un « profiler », connaitre l’heure du crime est important car si le crime est commis le WE ou les vacances, cela indique que le meurtrier est dans la vie active et cela augmente la probabilité qu’il soit un sociopathe, une catégorie souvent très sûrs d’eux, ils suivent l’enquête policière de près et profitent des occasions pour être physiquement proches de l’endroit où l’enquête a lieu.

Jo Nesbø sait créer le suspense et garde une dose d’humour noir tout le long du récit, ce qui est déjà une originalité dans la cohorte d’inspecteurs imbibés et anti-héros (Wallander, Bosch, Rebus, Heredia…).

L’ÉTOILE DU DIABLE, Folio Policier2009 (JN 2003),  ISBN 978-2-07-035872-4

Julius Winsome de Gerard Donovan

Résultat de recherche d'images pour "gerard donovan" Gerard Donovan est un écrivain, poète et nouvelliste irlandais (Wexford 1959). Il réside actuellement aux USA.

Julius Winsome (2006) est son premier livre traduit en français, un livre spécial dans un style très poétique avec une bonne balance entre la Nature et cette violence archaïque de l’homme, souvent associée à la chasse. Le personnage principal, Julius Winsome, est un taiseux de 50 ans qui vit tel un ermite au milieu de la forêt du Maine avec comme seul compagnon, son chien « Hobbes ».

Ceci me rappelle l’écriture de Franck Bouysse et sa belle flamboyance. Un hommage au traducteur qui a su rendre cette poésie: Georges-Michel Sarotte.

On va tuer son chien « Hobbes » à bout portant et Julius verra en chaque chasseur un possible assassin de son compagnon; ce roman est monté comme une tragédie classique avec l’unicité du lieu, un temps court (1 semaine) autour d’une action de vengeance. Le lieu est la forêt du Maine en hiver, un univers blanc qui voudrait symboliser la pureté, pureté violée par le meurtre gratuit d’Hobbes.

Julius vit ici en harmonie totale avec son habitat. Il a reçu cette cabane de son grand père et de son père, tous les deux réchappés de la Grande Guerre (1914-18) et de la DGM (1939-45). Il a surtout reçu en héritage une bibliothèque de plus de 3000 volumes qui lui tiennent compagnie durant le long hiver du Nord, spécialement les oeuvres de Shakespeare d’où il s’amuse à extirper de vieux mots d’anglais élisabéthain qu’il note sur des feuilles de papier.

Jusqu’au jour où il sera agressé directement par la mort de son chien.

A partir de ce moment, Julius sera une autre personne, il sera polarisé par un désir de vengeance aveugle, froid et calculé, et sans éprouver de remords. Les descriptions édéniques du lieu vont se transformer en thriller impitoyable d’une force tellurique et homérique inouïes.

C’est un texte puissant, tellement puissant que l’on arrive à ressentir beaucoup d’empathie pour ce tueur froid mais si juste.

A propos de Julius Winsome et de sa bibliothèque…étrangement, je me revoyais en train d’écrire ces mots en particulier, me rappelais l’odeur de la pièce, les objets aperçus au moment où je les traçais, la sensation éprouvée en formant les lettres, les vêtements portés, l’étroitesse et la sécurité du monde d’alors, la chaleur du feu, la tranquille affirmation de la part de mon père qu’il était important de posséder des livres mais qu’il importait encore plus de les lire. A présent que ce monde était parti au diable pour ne plus jamais revenir, ces souvenirs semblaient compter d’autant plus. Tout se trouve dans les livres, regarde tous ces livres, une existence entière anime ces murs (page 133).

JULIUS WINSOME, Points 2359 (GD 2006),  ISBN 978-2-7578-1751-3