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Un curé d’enfer de Jørn Riel

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Jørn Riel est un écrivain Danois (Odense 1931) qui vécut 16 années au Groenland sur l’île d’Ella avec une mission scientifique. De ce séjour, il publiera une dizaine de tomes humoristiques sur l’Arctique. (il est préférable de les lire dans l’ordre car les personnages sont introduits peu à peu et les aventures font allusion aux aventures précédentes). Il a été couronné en 2010 par le Prix de l’Académie Danoise.

Ce livre, Des racontars arctiques de la collection 10/18 est une compilation de 4 tomes comportant chacun plusieurs histoires assez courtes. J’ai publié un billet en avril 2017 sur La Vierge froide et autres racontars (1974), en mai 2017 sur Safari en Arctique (1976), en juin 2017 sur La passion secrète de Fjordur (1976) et voici le dernier de cette compilation.

Un curé d’enfer (1977) ce sont encore des histoires désopilantes avec ces chasseurs du nord du Groenland, des hommes aguerris qui bravent des conditions extrêmes pendant des mois. Malgré leur isolement énorme, ce sont des gens qui baignent dans une grande humanité et tolérance parce que cet isolement les rend solidaires, même si les différences entre les uns et les autres sont bien perçues.

Ce sont sept histoires dont quelques unes assez fortes tout de même. Dans ces histoires, le capitaine Olsen aura un rôle très secondaire et effacé.

UN CADAVRE BIEN CONSERVÉ est désopilante et dramatique à la fois car le camarade décédé pose un problème de conservation malgré la fraîcheur climatique. Le dénuement bon enfant est tellement drôle quoique dramatique.

LE CHIEN QUI PERDIT LA VOIX est une belle histoire terriblement émouvante qui montre bien la symbiose qui existe entre les chiens de cordée et le trappeur, surtout avec le chien de tête de cordée. Ici c’est l’histoire du couple inséparable de Fjordur et sa chienne Miss Dietrich.

EL DEDO DEL DIABLO est très drôle avec ce mec qui débarque d’un pays chaud et qui se prend pour Indiana Jones sauf qu’on est dans l’Arctique. La fin est inénarrable, tellement elle est inattendue.

LE PETIT PEDERSEN est une histoire pleine d’humanité et de psychologie. Comment le chevronné Lodvig arrivera à faire mûrir le petit Pedersen, tellement complexé.

UNE ÉPOPÉE LITTÉRAIRE se pourrait qu’elle mette en lumière le cas de Riel qui commence à écrire ses histoires vraies sur l’Arctique et les chasseurs, dans l’histoire il se fait appeler Anton. La fin est très drôle.

LA PUCE est une histoire désopilante car narrée par la puce elle même. Toute une saga pour arriver jusqu’aux chasseurs et la puce peut mener une vie de patachon. Ce que l’histoire ne nous raconte pas, c’est comment cette puce s’est fait engrosser…

UN CURÉ D’ENFER est la dernière histoire et elle finit de façon tout à fait inattendue. Franchement, il faut qu’elle soit vraie parce qu’une histoire comme celle là, c’est difficile à inventer. On dirait un dessin animé.

Un pur régal que ces histoires arctiques. Elles font oublier la morosité ambiante et bien des malheurs.

UN CURÉ D’ENFER, 10/18 2012 (JR 1977),  ISBN 978-2-264-05851-5

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La passion secrète de Fjordur de Jørn Riel

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Jørn Riel est un écrivain Danois (Odense 1931) qui vécut 16 années au Groenland sur l’île d’Ella avec une mission scientifique. De ce séjour, il publiera une dizaine de tomes humoristiques sur l’Arctique. (il est préférable de les lire dans l’ordre car les personnages sont introduits peu à peu et les aventures font allusion aux aventures précédentes). Il a été couronné en 2010 par le Prix de l’Académie Danoise.

Ce livre, Des racontars arctiques de la collection 10/18 est une compilation de 4 tomes comportant chacun plusieurs histoires assez courtes. Je lis les tomes avec une certaine distance pour ne pas mélanger les histoires ni me saturer, mais entre deux lectures j’oublie les personnages…comment faire?

J’ai publié un billet en avril 2017 sur La Vierge froide et autres racontars (1974), en mai 2017 sur Safari en Arctique (1976) et voici un billet sur le troisième tome, La passion secrète de Fjordur (1976).

Cette fois ce sont sept histoires, peut-être un peu moins drolatiques, moins désopilantes mais toujours aussi faciles et agréables à lire. Les personnages reviennent et notamment Fjordur, qui avait fait une apparition fracassante dans Un Safari en Arctique dans le conte que j’avais le moins aimé et qui impliquait l’avatar Emma qui avait tellement fait marcher ces chasseurs polaires (Emma était une image crée de toutes pièces par l’un d’eux et qui faisait tellement bien marcher l’imaginaire de ces hommes esseulés et privés de présence féminine, à tel point qu’ils s’achetaient le « label » Emma les uns aux autres, payant avec ce qu’ils avaient sous la main: nourriture, gnôle, peaux, instruments, objets …Fjordur fait donc son apparition dans l’histoire, lui le plus radin des radins, car il accepte d’acheter l’avatar Emma et après il se tape un scandale quand il comprend qu’il achète du vent…

Fjordur était un islandais, un homme grand et sobre, aussi lourd d’esprit que de poids. Après quelques verres il pouvait devenir assez bruyant, passablement nationaliste et parfois presque violent. Il avait son caractère et ne souhaitait pas de compagnie. Il était dur comme le rocher gris. Il était là où il était, et il fallait l’approcher de tout près pour découvrir, dans cette montagne, les fentes et les brèches par lesquelles on pouvait voir droit dans ce qui était le véritable Fjordur. Entre autres vertus, il était radin. C’était la raison principale de sa solitude. Extrêmement assidu, il chassait, à lui tout seul, l’équivalent de ce qu’une station de chasse équipée de deux hommes arrivait tout juste à rapporter. L’idée d’avoir à partager sa chasse avec un partenaire ne lui plaisait guère...Voici le Fjordur qui donne le titre à ce tome comportant sept histoires:

L’ÉPREUVE DE VIRILITÉ : c’est l’histoire de l’apprenti Lasselille qui tombe en dépression parce qu’il n’arrive pas à chasser son premier ours polaire, et de désespérance il veut tout plaquer. Alors les copains Museau et Bjørken vont lui concocter un scénario sur des roulettes pour le tirer du spleen.

LA MAISON DE CONCERT : nous narre comment le groupe de chasseurs, tous plus rustres les uns que les autres sont amenés à écouter de la musique classique et où leur âme va s’envoler là où personne l’aurait imaginé.

UN ÉTRANGE DUEL : ici, les deux personnages les plus sophistiqués et éduqués du lot vont se provoquer en duel à partir d’un différend sur les bonnes manières : de quel côté doit-on servir à table? Vous voyez bien dans quelles extrémités peut mener la solitude et la vie rude et peu raffinée en Arctique…

LA PASSION SECRÈTE DE FJORDUR : ici sera révélé le secret de l’armoire à glace appelée Fjordur, mais loin de moi de me transformer en spoiler et de priver les quelques lecteurs émoustillés par cette lecture de découvrir le secret…

L’HÉRITAGE DU COMTE : le Comte est un personnage raffiné que son frère aîné a envoyé au Groenland comme une façon de s’en débarrasser et prendre possession du domaine familial. Le Comte mènera une vie rude quoique raffinée cultivant son potager, élevant son picrate avec étiquette et ayant des manières d’aristocrate à un endroit totalement anachronique. C’est une histoire fort intéressante.

UN CAS D’AUTODÉFENSE : est une histoire que, pour peu qu’elle soit vraie, elle est terrible (et je crois que toutes les histoires de Riel viennent du réel); de plus, elle est férocement drôle et réaliste.

LABAN : est l’histoire incroyable du chien de chasse bâtard de Lodvig, un chien hors du commun, plus grand que la plupart des chiens, à la fourrure plus épaisse et plus brillante, plus intelligent, plus doué et plus fidèle qu’aucun chien dans le nord-est du Groenland. Comment ce chien va traverser presque une partie de l’Europe afin de rejoindre son maitre déplacé à Stockholm. C’est sidérant d’intelligence et de fidélité de la part du chien et c’est l’histoire de chien la plus jolie que j’ai lu.

Un pur régal ce Jørn Riel. Du rire et des larmes en même temps chez une poignée de mâles chasseurs au Groenland.

LA PASSION SECRÈTE, 10/18 2016,  ISBN 978-2-264-05851-5

El balcón en invierno de Luis Landero

Résultat de recherche d'images pour "luis landero el balcon en invierno" Luis Landero es un novelista español (Albuquerque 1948) lanzado a la fama con su primera novela Juegos de la edad tardía (1989) que le valió el Premio de la Crítica y el Premio Nacional de Literatura en 1990.

No le pude leer esa novela, la abandoné porque no le encontré ningún interés.

El balcón en invierno (2014) me  gustó y mucho. El libro ha sido reconocido con el Premio Dulce Chacón de Narrativa española 2015 y como libro del año por el Gremio de Libreros de Madrid. Es un libro de 18 relatos autobiográficos que hablan sobre todo de la infancia y de la adolescencia del autor en un pueblo extremeño de recios campesinos allá por los años 50-60, un pueblo tan olvidado de Dios que ni la guerra conocieron de cerca.

Encontré muy agradable que los relatos no vengan en orden cronológico, sino en función de los recuerdos del autor tal como funciona nuestra memoria, de manera desordenada.

Poco a poco sabremos cosas sobre Luis Landero, sus padres y sus hermanas, sus familiares en aquel pueblo rural extremeño con ese nombre tan feo de Valdeborrachos . En esa casa había solo un libro y era Los mártires del amor de León Montenegro (1918) en tres tomos, pero sólo tenían uno y sabremos como le nació de la nada misma la vocación hacia la literatura. Era una gente civilizada aunque analfabeta y sabía hablar muy bien el castellano.

En este libro de relatos se capta extraordinariamente bien esta idea tan española de pertenecer a un pueblo, a un terruño bien determinado del cual el ente se tuvo que arrancar para emigrar a algún sitio, aunque sea al pueblo de al lado.

Los padres decidieron emigrar a Madrid donde compraron un piso y donde vivían llenos de gente de pasada porque eran hospitalarios y su casa era la casa de todos los que salían del pueblo. Pero no fue un exilio desgarrador, sino todo lo contrario fue alegre y liberador porque escapaban a la vida austera del campo. El padre fue un loser, un soñador fallecido tempranamente y que lo marcó con fuego para que se hiciera un « hombre de provecho », si posible un abogado; la madre trabajaba en casa con costuras y labores haciéndose ayudar por las hermanas; el escritor Landero trabajó en oficios variopintos hasta que tuvo un excelente profesor de castellano que supo guiarlo con sus lecturas.

La búsqueda de la inspiración está también muy bien descripta con todos esos rituales más o menos maniáticos que son necesarios para encontrar el grado de concentración apto a la escritura. Es bastante pesimista el escritor Landero con respecto a los libros y a los lectores; él piensa que « no es que la novela va a desaparecer, como tampoco desaparecerán el sueño o el recuerdo, que son las formas más divulgadas de narración, pero cada vez habrá menos lectores, y luego menos, y así poquito a poco hasta que se vean convertidos en una especie de secta, como los cristianos de las catacumbas ».

Hay personajes en el libro muy interesantes, como el de la abuela Francisca que era analfabeta, pero era una narradora fascinante, o como la del primo Paco que se casó con una de sus hermanas, un hombre lleno de vitalidad y de ideas osadas, como la del tío Ignacio, otro contador excelente que nunca terminaba sus historias porque al rato de ponerse a hablar se paraba, entre impaciente y descorazonado, y decía : Bah, para qué voy a contar nada si vosotros no lo vais a entender, y ahí concluía la historia…Dice Landero que todo ese mundo de fantasía y de palabras malabares fue a poblar su infancia. Aquellos dichos y relatos fueron los libros que no tuvo.

El campo extremeño está descripto de manera maravillosa, quizá algo idealizado y algo que ya no existe, algo que se fue con la desertificación de las zonas rurales. Por ejemplo este párrafo cuando está lloviendo sobre el campo : « era una lluvia mansa y otoñal y yo veía las gotas engordar y desprenderse una a una de las hojas empapadas de la acacia, y cada vez que la hoja se liberaba del peso de una gota, daba hacia arriba un pequeño respingo y otra vez a empezar, y en eso me pasé casi toda la tarde, en oír llover y en ver las gotas que se formaban y caían. Por un momento se me vinieron a la memoria los días de lluvia de mi infancia, cuando toda la familia se quedaba callada, sobrecogida por aquel misterioso acontecer que era la lluvia cayendo y sonando sobre el campo. Y como también los animales se quedaban callados, extáticos, ante ese acto primordial de la naturaleza, en todo el campo se hacía un gran silencio y una gran soledad, y cualquier ruido, por pequeño que fuese, una tos, un suspiro, el crujir de una silla, sonaba atronador e irreverente »...[como estas frases nos traen a la memoria esa noción de la inmovilidad del tiempo de antaño, cuando teníamos toda la vida por delante y ese tiempo que se colaba taaaaan lento].

Un libro lleno de ternura y de nostalgia escrito en una prosa perfecta.

EL BALCÓN EN INVIERNO, TusQuets 2014,  ISBN 978-84-8383-929-4

Aquello estaba deseando ocurrir de Leonardo Padura

Leonardo Padura Fuentes (La Habana 1955) es un exitoso escritor, periodista y guionista cubano, ciudadano español desde 2011. Reside al sur de La Habana, en el barrio La Mantilla que lo vio nacer,  junto con su esposa Lucía, su primera lectora y su perrito Chorizo, alias Chori. Le concedieron hace poco el Premio Princesa de Asturias 2015 de las Letras.

Aquello estaba deseando ocurrir es una recopilación de 13 cuentos con un título algo oscuro y ambiguo que podría interpretarse como :  » lo más importante no es lo que sucede sino lo que parece inevitable ». Los cuentos fueron escritos entre 1985 y 2009; Leonardo Padura decía en una entrevista concedida en Argentina que es un libro con una historia larga, una especie de antología personal de su obra cuentística. Ahora escribe pocos cuentos, que no son nada fáciles de lograr y prefiere las historias largas.

Es el noveno billete en este blog sobre un libro de este escritor cubano que me gusta porque sabe describir su tierra, esa realidad caribeña con un tonillo que le es completamente sui generis : una crítica bien formulada, correcta, pero implacable al sistema, hoy moribundo. Mis preferencias van hacia los libros con el protagonismo de Mario Conde, un puro producto local tan humano y verosímil, que conlleva esa melancolía y esa nostalgia tan « paduranas« .

Se dice que el escritor nos está preparando otra novela con Mario Conde, de tema social alrededor de un objeto perdido, esta vez sería una virgen negra catalana de gran valor comercial.

Para volver sobre el tema de este libro, no es un libro que me gustó mucho. Todos los cuentos están bien escritos y se reconoce la marca del escritor, su facundia y truculencia caribeñas, pero fueron los temas que no me llegaron todos al alma. Los temas son variopintos : mucha referencia a la guerra con Angola, al sexo desaforado, al clima extenuante, a la pobreza, a las carencias, a cierta melancolía, a la homosexualidad, al béisbol y al alcohol, mucho alcohol, a los boleros…Uno de los cuentos que más me gustó fue aquel sobre una cantante de boleros Violeta del Río y sus nueve noches de amor tórridas con un muchachito de 18 años. También me gustó aquel cuento del hombre que quiere visitar (por fin) Venecia y que se detiene en el camino para vivir una historia de amor con una perfecta desconocida (hay que ser cubano para algo así).

Aquí va una muestra de un precioso bolero citado en el libro Vete de mí de Homero Espósito y cantado por el cubano Francisco Céspedes cuya cálida voz me encanta : 

AQUELLO ESTABA DESEANDO…, TusQuets 2016 (LP 2015),  ISBN 978-84-9066-316-5

Libertad de movimiento de Antonio Skármeta

Résultat de recherche d'images pour "antonio skarmeta"  Antonio Skármeta es un escritor chileno (Antofagasta 1940) con estudios de Filosofía. Ha ganado numerosos premios y el más reciente es el Nacional de Literatura 2014.

Me gusta leerlo porque tiene una escritura sencilla y por momentos bastante divertida. Le he leído varios libros : Desnudo en el tejado (1969) una compilación de 6 cuentos de los cuales 2 me gustaron, con ese talento de Skármeta para lo divertido y lo chileno y lo más divertido es que el cuento del título, no existe, este libro obtuvo el Premio Casa de las Américas; El baile de la Victoria (2003), Premio Planeta del mismo año donde la Victoria es Victoria Ponce, 17 años, una bailarina clásica y anoréxica (calidad intrínseca?), enamorada de un chico ex- carcelario; una historia poco moral de hampones que retrata bien el Santiago actual; es un libro entretenido que fue llevado a la pantalla grande en 2009 por el español Fernando Trueba, película con varias nominaciones a los XXIV Premios Goya en diversas categorías. La boda del poeta (1999) que narra la historia de un ancestro croata del autor, sin más precisiones; encontré que el libro es bastante caótico, un poco loco aunque con buen vocabulario y muchos chilenismos, un libro carente de interés. Un padre de película (2010) un libro corto, pero denso y fuerte que relata el amor de un hijo por el padre desaparecido y que finalmente va a reencontrar muy cerca , un libro que describe muy bien el sur chileno y la soledad de los seres. No pasó nada (1980) otro pequeño libro de solo 120 páginas, muy divertido y muy chileno sobre las vivencias de una familia en el exilio en Alemania: como viven arraigados a la lejana patria y añorándola, y como los hijos deben integrarse en un medio diferente y por ende, hostil. Excelente. Los días del arco iris (2011) es una historia caótica, mal hilvanada, con mucha politica y con personajes mal definidos.

He dejado para el final, Ardiente paciencia (1985) como se llamó originalmente El cartero de Neruda, su obra más conocida, llevada dos veces al cine : una primera vez por Skármeta como director y guionista y la segunda vez  en una adaptación del británico Michael Radford en 1994 con Philippe Noiret en el papel del vate Neruda. Una película buenísima, ganadora de varios premios pero que es una adaptación libre del original puesto que la acción transcurre en Italia muchos años antes de los hechos narrados por Skármeta. Es la historia de Mario Jiménez, el cartero de Neruda en Isla Negra donde el vate recibe toneladas de correo que el pobre cartero tiene que acarrear; poco a poco los dos hombres intiman y el vate le prodiga consejos para que mejore su vida amorosa. Linda la historia y linda la película.

Libertad de movimiento (2015) es un compendio de 11 cuentos de duración variable que no logró cautivarme, es decir, que a poco de cerrar el libro ya no sabía citar ni un solo cuento. Son historias sencillas, con gente sencilla y ambientadas en una cotidianidad empática, los roles femeninos son numerosos. Es una lectura liviana. Pero el conjunto es apabullante de insignificancia aunque los cuentos estén bien escritos y Skármeta tenga un real talento para los relatos cortos. Es la primera publicación del escritor después del Premio Nacional de Literatura y un retorno al género de sus inicios.

Skármeta explicó un día que eligió para su libro este título porque “la libertad de movimiento es para mí la capacidad que tiene el ser humano para desplazarse dónde y cuándo quiera. Pero no se trata sólo de un desplazamiento geográfico, sino también cultural y emocional”.

Lo lamento , pero este billete tiene más valor por el resumen de los libros leídos a Skármeta (7) que por el resumen de este opus que no me dejó ninguna huella.

LIBERTAD DE MOVIMIENTO, Sudamericana 2016,  ISBN 978-950-07-5446-0

Ella cantaba boleros de Guillermo Cabrera Infante

Afficher l'image d'origineGuillermo Cabrera Infante fue un escritor, periodista y crítico de cine cubano (Gibara, Cuba 1929-Londres 2005); abandonó sus estudios de Medicina para ingresar a la carrera de Periodismo en La Habana. Fue consagrado con el Premio Cervantes en 1997. Durante el primer gobierno de Castro, desempeñó un cargo diplomático en Bruselas, pero sus opiniones divergentes le valieron el exilio en 1965. Se radicará en Londres donde pidió asilo político, tomando la nacionalidad británica en 1979.

Su obra es catalogada como un « collage » de La Habana del dictador Batista, cuando esta Habana era prerrevolucionaria. Su obra rezuma erotismo por todas sus líneas, es un erotismo bastante paródico. El cine está omnipresente, y en su cursus destaca el hecho que fue guionista en Hollywood, fue el primer guionista latinoamericano. Ejerció también como profesor y conferenciante en universidades de Virginia, West Virginia y Oklahoma.

Su estilo es único, está lleno de retruécanos (figuras literarias que cambian el sentido o significado de la frase inicial u original), de paronomasias (palabras con sonidos similares, pero de significado totalmente distinto), de agudezas, del uso del hipérbaton(alteración del orden lógico de las palabras en una frase), de traslaciones idiomáticas que tratan de imitar el ritmo sincopado del jazz, de un sentido del humor devastador que tiende a provocar la carcajada limpia y (the last but not the least), una cultura extraordinaria que se reconoce en la intertextualidad de sus textos y en mil detalles más.

El crítico Enrico Mario Santí declaró que Cabrera Infante encarna como ningún otro escritor, el estilo literario de la nación cubana con el « choteo » habanero que refleja su modo de ser tan arraigado a su cultura de origen.

No recordaba que le había leído varios libros a Cabrera Infante (menos mal que hago fichas de lectura porque de otro modo no podría recordar tanto dato) :Así en la paz como en la guerra de 1960, una compilación de cuentos enraízados en el más profundo mestizaje cubano; la construcción es algo novadora con una primera página sobre la cotidianidad atroz de la guerra seguida por un cuento; no los entendí todos porque se necesitan conocimientos etnológicos para apreciar los orígenes mestizos de los relatos. La ninfa inconstante que es una novela póstuma editada en 2008 y que me sedujo por el uso extraordinario de la lengua castellana, una historia algo extraña que acaece en Cuba de 1957, época de Batista donde el narrador se prenda de una niña de 15 años, extraña, autista y por esta menor deja a su mujer y la instala y esconde de todos en una relación que no podrá durar y que rezuma bastante inmoralidad, es una obra transgresora. Vidas para leerlas de 1992 son recuerdos literarios acerca de hombres y mujeres, muchos de ellos desconocidos por mi, escrito con un desparpajo increíble para las habladurías de carácter sexual, muchas de ellas alrededor de la homosexualidad; muy bien escrito, con el don de la frase justa y asesina y algunas ideas brillantes.

Tres tristes tigres de 1965 que él llamaba TTT fue su novela de gran repercusión que se llamó originalmente Ella cantaba boleros y era una versión retocada de su anterior trabajo Vista del amanecer en el trópico (Premio Biblioteca Breve de Seix Barral); el libro es una compilación de relatos sobre Cuba y la intensa vida nocturna de los años de Batista; en la compilación destaca el relato Ella cantaba boleros que leeré otra vez en el libro para esta reseña. Cada relato está escrito con el lenguaje del protagonista, o sea, que tenemos una novela polifónica y por momentos la lectura resulta difícil con tanto dialecto.

Ella cantaba boleros reúne dos obras recuperadas en dos de sus grandes libros, hoy en día « clásicos » : La amazona proviene de La Habana para un infante difunto (1979) y Ella cantaba boleros de Tres tristes tigres (1965).

La amazona es una historia de amor tórrida (caribeña) con sexo desaforado. Es la historia de un joven crítico de cine, recién casado, con ambiciones literarias que vive en la « caliente » ciudad de La Habana en los últimos años de la dictadura de Batista. El sexo considerado por Cabrera Infante como un ejercicio mental que se ejecuta con el cuerpo. Es una historia de amor cabal, con un principio y un final, contada con ese desparpajo linguístico inmejorable de Cabrera Infante que sabe mezclar un humor feroz con la intertextualidad y el choteo habanero. Un ejemplo del juego con el lenguaje : el narrador habla de la amazona y de sus ojos verdes…Vi que lo decía con toda seriedad. Mortalmente seria. Dejé de sonreirme y la miré fijo a los ojos. Estaban tan serios como su cara. Todos estábamos serios en ese momento : yo, ella y sus ojos que se veían luminosamente verdes. Pensé en el color verde y el mar, en el verde y el mal, ¿me vería ella verde con sus ojos? ¿no estoy demasiado verde para morir?(página 111). Este otro ejemplo :…Salí de mi sopor, de mi estupor, de mi estupro – sin duda ella me había violentado emocional y casi físicamente de un golpe. Se acercó a mí y me dio un beso en la boca, húmedo de la bebida pero también de su saliva, savia, sabia : intenso y muelle con todos sus labios gruesos, ventosas, no bembas (página 113).

Ella cantaba boleros es una historia desopilante de noctámbulos y de nocturnidad habanera donde la « noche no sólo es el fin y el principio, sino el medio« . La protagonista es una negra elefantiasica que canta boleros a capella, está descrita de manera sumamente truculenta. El final es de una comicidad que me arrancó carcajadas a grito limpio a pesar de lo bochornoso del desenlace. El lenguaje es deslumbrante, un ejemplo página 295…te equivocaste en un detalle me dijo Walter Socarrás, socarrón, para añadir socorrido, corrido, corriendo, corrigiendo, te equibotaste…

Una vez más me he quedado lela con el uso del lenguaje de este escritor. La escritora cubana Zoé Valdés escribió sobre Cabrera Infante « pocos escritores cuentan de manera tan carnal, tan posesa, tan libre, la ciudad que han amado, como han amado a la mujer de su vida. De igual modo, pocos son los que se sinceran y se muestran tan sumamente frágiles ante el amor, frente al deseo y a la suavidad de las carnes tibias de las ninfas inconstantes, que hacen de quien las ama, el hombre más constante, y no por gusto febril.

ELLA CANTABA BOLEROS, Alfaguara 1996,  ISBN 84-204-8205-6

Guerra a la luz de las velas de Daniel Alarcón

Daniel AlarcónDaniel Alarcón es antropólogo y escritor con doble nacionalidad : peruana y estadounidense (Lima 1977); vive en EEUU y escribe en inglés. Fue destacado en 2010 como uno de los 20 mejores jóvenes novelistas latinoamericanos por la Revista Inglesa Granta y también entre los mejores literatos de menos de 39 años por la Revista « Semana » de Bogotá.

Guerra a la luz de las velas es su primer libro (War by Candlelight, 2004) que se llamó Guerra en la penumbra en su primera edición. La novela fue finalista del Premio de la Fundación Hemingway/PEN destacando el mejor debut literario del año 2004.

Guerra a la luz de las velas es una compilación de 11 relatos cortos; las historias son más relevantes por las atmósferas que por los personajes, todos seres marginales, sin futuro, víctimas de la guerra, de desastres naturales o de la pobreza.

Otro escritor peruano, nacido también en 1977, Carlos Yoshimito del Valle, señala que Alarcón aborda en el libro el tema de la emigración con una obra realista y urbana que recupera el contenido social de la Generación del 50.

Es curioso constatar que este autor que dejó el Perú a la edad de tres años, cuando sus padres emigraron a los EEUU, recupere temas e historias peruanas que intentan retratar diferentes versiones de la posible vida que él pudo tener en la década de los 80, desarrollando ambientes de caos urbano, de violencia, de desarraigo que Alarcón identifica con esa época, pero que no le pertenecen.

Laura Alzubide (periodista peruana) analiza este libro evocando la posibilidad de una búsqueda por parte del autor de su propia identidad ya que su familia emigró al comienzo del terrorismo infligido por el Sendero Luminoso.

A mi no me gustaron estos relatos, todos en general y ninguno en particular. Tuve la impresión que Alarcón contaba siempre la misma historia, nada sobresale en particular, sino una profunda sensación de desarraigo. Hay abundancia de perros y de payasos en sus historias. Y su estilo bastante lapidario por momentos me recordó a un joven escritor chileno, Alejandro Zambra, autor también destacado por Granta (¿es acaso un asunto generacional?). Hete aquí una frase de Alarcón…su madre murió. Lima aceptó su tristeza y le regaló un mes de días nublados...Y acá, una frase de Zambra….al final ella muere y él se queda solo. Emilia muere y Julio no muere. El resto es literatura…

Como Daniel Alarcón publica en inglés, encontré esta citación de una periodista norteamericana, Deborah Treisman… the fiction editor at The New Yorker, which has published several of his stories, said: “There is always a kind of dark, haunted quality to his writing, a kind of noir undercurrent in which he is playing on the conventions of pulp fiction and cleverly combining it with the Latin American political novel, which is something I had not seen before.”

GUERRA A LA LUZ DE LAS VELAS, Alfaguara 2006,  ISBN 9972-232-13-1