Archive | février 2017

Les dames de Cranford d’Elizabeth Gaskell

Résultat de recherche d'images pour "elizabeth gaskell"  Elizabeth Gaskell, née Elizabeth Cleghorn- Stevenson fut une grande romancière britannique de l’époque victorienne. Lorsque sa mère meurt, elle part vivre à Knutsford, ville qu’elle immortalisera dans Cranford. Elizabeth Gaskell commencera à écrire pour combattre une dépression nerveuse suite au décès de son seul fils, William.

Elle peut être rapprochée de Jane Austen, une de mes romancières préférées, mais le style des deux romancières diffère du fait que les situations décrites par Gaskell ont parfois un côté assez drôle, très ironique dans le genre pince-sans-rire, dans la pure tradition britannique. Alors que les romans d’Austen présentent une vision très psychologique des personnages, toujours très taraudés par des questions d’héritage (très compliqué et spécial chez les britanniques), de classe sociale et de mariages. J’ai beaucoup aimé la fraicheur de Gaskell et je crois que je n’aurai de cesse que de lui lire tous ses romans.

Les dames de Cranford (Cranford 1853) est devenue une série télévisée de 5 épisodes de 60 minutes en 2007, diffusée par la BBC et dirigée par Simon Curtis et Steve Hudson avec Judi Dench dans le rôle de Matilda Jenkyns. Cette série est visible au complet sur Youtube mais en Anglais. Pour avoir regardé le premier chapitre, je peux dire que je n’ai rien reconnu du texte, mais le paysage et le décor y sont absolument délicieux. Il s’agit peut-être d’une libre adaptation.

Les dames de Cranford est une chronique savoureuse d’une petite ville du Nord de l’Angleterre, inspirée de la ville de Knutsford où Mrs Gaskell vécut. Dans le premier chapitre nous avons la présentation de la ville, de ses habitants et de la narratrice qui est Mary Smith, une belle jeune femme célibataire qui connait bien l’endroit et les habitants car autrefois elle et son père y ont vécu, mais actuellement ils habitent à Drumble, à quelques encablures de Cranford. Cranford a la singularité d’être habitée majoritairement par des femmes, ce qui explique que tout est soumis à critique, que tout est sujet de badinage, de commérage mais en gardant les formes. Il y règne une échelle sociale très stricte où chaque personnage doit garder son rang. La fréquentation de l’église est de rigueur.

Les dames de Cranford ne se permettent qu’une petite algarade de temps à autre qui se traduit par deux ou trois mots aigres-doux et un visage qui se crispe sous l’effet de la colère. C’est juste ce qu’il faut pour empêcher une vie uniforme de devenir monotone...

Dans ce cadre idyllique, arrive le Capitaine Brown, flanqué de ses deux filles. Très vite on saura que l’aînée est atteinte d’une maladie incurable. La plus jeune est jolie et totalement dévouée à son père et à sa soeur. Le Capitaine Brown sera beaucoup sollicité aux diverses manifestations de Cranford, mais les dames de Cranford craignent de ne pas savoir se comporter avec les Messieurs et nous aurons beaucoup de situations cocasses.

Je me demande comment les dames de Cranford a leurs soirées s’arrangèrent du capitaine Brown. Nous nous étions souvent félicitées précédemment de ne pas avoir à nous occuper  d’un monsieur et de ne pas devoir lui trouver de sujets de conversation pendant nos parties de cartes. Nous nous étions réjouies de notre confort et, dans notre passion pour la distinction, ainsi que dans notre aversion pour le reste de l’humanité, nous nous étions persuadées qu’il était « vulgaire » d’être un homme, si bien que, lorsque je découvris que l’amie qui m’hébergeait, Mlle Jenkyns, allait donner une soirée en mon honneur à laquelle le capitaine et les demoiselles Brown seraient invités, je me demandai bien comment allait se passer la soirée en question...

Il y a dans ce livre plusieurs personnages, hauts en couleur et tellement britanniques. Il y a par exemple la meneuse de la meute, la terrifiante et honorable Mme Jamieson veuve d’un révérend,  la plus huppée du bourg, celle que l’on craint car elle a un avis sur tout, c’est elle qui dicte les conduites. Il y a ensuite les deux soeurs Jenkyns, dont l’aînée, Déborah est un parangon de vertu et de savoir vivre, c’est elle qui donne le la à Cranford; sa soeur Matilda est totalement sous sa férule et la consulte à tout bout de champ lors des situations nouvelles. Les deux soeurs ont un frère, « le pauvre Peter » qui dut quitter Cranford à l’occasion d’une dispute homérique avec le père, car Peter était farceur et en se rendant ridicule, son père ne put le supporter. Cette société féminine où toutes se connaissent est assez chiche en dépenses; ces dames considèrent qu’elles ne sont pas obligées de suivre la mode londonienne et font des économies sur tout : le manger, les chandelles, le personnel, etc. Cela révèle une certaine pingrerie et aussi l’austérité de ce monde anglo-saxon tellement différent du monde latin où avant tout il faut paraître. Cette pratique est appelée par ces dames « une économie distinguée » car économiser était toujours distingué et dépenser, « vulgaire et ostentatoire », un raisonnement entaché de dépit qui leur apportait beaucoup de sérénité et de satisfaction.

Mais lorsque un membre de cette communauté est en difficulté, comme lorsque Mlle Jenkyns perdra sa soeur, elles se cotiseront toutes en cachette pour lui assurer un revenu décent qui lui permette de maintenir son rang.

La pauvreté était aussi indiscutable et aussi banale que la mort. Pourtant on n’en parlait jamais à haute voix dans la rue. Le mot ne devait pas être prononcé dans la bonne société. Tacitement, nous nous étions mises d’accord pour refuser d’admettre qu’une personne à même de nous visiter et d’être visitée sur un pied d’égalité pouvait être empêchée par un embarras financier de faire ce que lui plaisait. Si nous allions à pied à une soirée ou en revenions de même, c’était parce que la nuit était belle, l’air très doux, et non parce que les chaises à porteurs étaient chères. Si nous préférions un tissu imprimé à une robe de soie, la cause en était que nous voulions une étoffe qui se lavait, et ainsi de suite, au point d’être aveugles à une réalité peu brillante : toutes, nous vivions avec peu de moyens.

Lecture très agréable et distrayante où l’ironie est omniprésente.

LES DAMES DE CRANFORD, Livre de Poche 33997 (EG 1853), ISBN 978-2-253-09868-3

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Cuentos difíciles de Silvina Ocampo

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Silvina Ocampo fue una escritora y pintora argentina (Buenos Aires 1903-1993) que escribió esencialmente  cuentos y  poesía (y algunas novelas que no habrían sido publicadas), pero también escribió  piezas teatrales e hizo traducciones. Es la menor de las seis hermanas Ocampo, entre ellas de Victoria, su hermana mayor, una conocida escritora y editora bonaerense. Silvina fue  esposa de Adolfo Bioy Casares, el gran amigo de Jorge Luis Borges. Se puede decir que entre su esposo, Borges y su hermana Victoria, Silvina se vió bastante apocada aunque se decía de ella que era la más inteligente de las hermanas Ocampo. En su juventud estudió dibujo en Paris con Giorgio di Chirico y Fernand Léger y no dejó nunca de dibujar aunque no expuso sus obras.

Recibió dos veces el premio Nacional de Literatura y fue decorada en Francia con la orden de las Artes y las Letras en 1985.

Para ella la novela era un género menor además que no le gustaba escribir « largo »; en cambio el cuento era para ella primogenio, genético. La verdad es que el cuento es un género difícil, exigente.  Y sus cuentos no son fáciles porque aparece una niñez atormentada, juguetona, pero ansiosa con ironía, nostalgia, romanticismo y lirismo. Su humor es muy intelectual.

Le gusta oponer situaciones como sueño y realidad, infancia y vejez, personas y objetos, etc.

Su obra, publicada desde 1937, fue muy innovadora en el género fantástico y maravilloso con atmósferas inquietantes. Bioy y Borges decían que su prosa era construida conscientemente y que no tenía como finalidad imitar la realidad. Su prosa tiene algo de pictórico, de hiperestésico e hiperestético, es muy especial y brillante, yo diría apabullante de calidad.

Su narrativa describe espacios cerrados, tensiones entre los juegos de poder y de venganza, máscaras y engaños con el juego de las  apariencias y bastante erotismo. También bucea mucho en la niñez y se plantea el género sexual como en su cuento « Las vestiduras peligrosas« ; sabe implicar la participación activa del lector.

Publiqué en marzo 2015 un billete sobre su libro de cuentos Los días de la noche, un compendio que me gustó mucho por la calidad de la prosa y por un estilo extraño que navega entre realidad y fantástico con un límite muy difuso entre los dos géneros, un estilo que me recuerda el de Haruki Murakami.

Cuentos difíciles es un compendio de 10 cuentos, cinco de los cuales eran para mí originales y los cinco otros hacen parte del libro Los días de la noche (los ya leídos son :Hombres animales enredaderas, La soga, Los grifos, Keif y Paradela). Los otros cinco cuentos han sido también publicados en otros compendios, pero es una primera lectura para mi; Cuentos difíciles es la resultante de un trabajo académico de la profesora Raquel Prestagiacomo. En su póslogo ella hace un apartado interesante diciendo que en Argentina, hacia los años 20, existían dos filas literarias antagónicas : la de los de Boedo con una literatura social y la de los de Florida con una literatura vanguardista con un estilo reciente llamado ultraísmo, instalado por Borges y Güiraldes y que publicaban en la revista Martín Fierro. El cierre de esta revista en 1927 causó cierto « vacío » que se llenará en 1930 cuando la hermana mayor de Silvina, Victoria Ocampo, funda la revista y editorial Sur que va a congregar a muchos vanguardistas y nuevos escritores de las décadas siguientes. Sobre finales de la década del 30 se publicaron los primeros cuentos de Borges, Silvina Ocampo, Manuel Peyrou y Adolfo Bioy Caseres (el marido de Silvina).

Los 5 nuevos cuentos leidos :

VIAJE OLVIDADO : es un cuento extraño donde una niña trata de rememorar sus primeros recuerdos como bebé, pero no logra hacerlo por mucho que se concentre y frunza el ceño. Su niñera le dice que los bebés vienen de Paris en una caja y ella cree comprender por qué los bebitos llegan tan arrugados; un día la hija del chauffeur francés de su casa le dice a escondidas que los bebés no vienen de Paris sino de la barriga de las madres y saliendo por el ombligo…lo que causó pavor en la niña.

LA SINFONÍA : es aún más extraño. Es la historia de una mujer que practica la música desde muy temprano y que componiendo una sinfonía va a morir para resucitar en el féretro después de haber experimentado sensaciones sinestésicas excepcionales. Asistirá a su propio entierro como desdoblada (el cuento me recordó aquel de María Luisa Bombal La amortajada). Este cuento refleja el vacío y la ansiedad que se siente cuando se está en el período creativo (Silvina Ocampo tocaba el piano de manera que llevaba en ella el germen de este relato tan psicológico).

LA CASA DE AZÚCAR : es una novela compleja de contenido freudiano que toca el tema de la despersonalización de una persona física (Cristina) que se incarna en otra (Violeta), con la personalidad psíquica de Violeta que pasa a Cristina y también con una alteración del entorno físico de las cosas. Todas estas ambigüedades surgen con una pareja de recién casados que integran el domicilio conyugal donde la desposada es demasiado supersticiosa.

LA BODA : es un cuento cruel que demuestra cómo el apoderamiento de una mente por otra puede alcanzar fines nefastos.

AMOR : narra el amor de una joven pareja, acorralada en una travesía marítima,  viviendo unos celos tremendos por parte y de otra que terminarán por separarlos.

Los temas de Silvina Ocampo son transgresores y por ello ha sido algo infravalorada : niños asesinos, suicidas, amantes ilegales, mujeres autosuficientes, mutaciones, adivinas, engaños. Ella construyó una máquina compleja, tanto en el aspecto estructural como en el temático. Según la académica Raquel Prestagiacomo, algunas características de la prosa de Ocampo (Silvina) son :

  1. concentración narrativa, es decir, una construcción con los elementos justos, orientada hacia el cuento breve que manifiesta el designio de abolir las partes serviles del relato y los segmentos de sentido nulo,
  2. una estructura policial que ella afeccionaba mucho, junto con Borges y Bioy Casares; con un relato que debe tratar sobre una incógnita y su correlativa investigación,
  3. estrategia del suspenso anticipando de manera ambigua, en las fases iniciales del relato, un posible desenlace de la historia que se va a narrar. Como en Borges y en Bioy Casares el suspenso también se logrará mediante el hecho de orientar al lector en una búsqueda propuesta por el mismo narrador. Pero nada será dado como resuelto, poco será aclarado al final, todo deberá averiguarlo el lector, y mientras dure ese período de « averiguación », habrá suspenso,
  4. misterio insatisfecho con los finales abiertos de la autora, que provocan cierto « engaño » porque no se satisfacen las expectativas que se fueron generando durante la introducción y el desarrollo de la historia. En esta insatisfacción del lector reside la estrategia del misterio que nunca debe ser explicado  pues su naturaleza es lo inexplicable,
  5. aceptación de lo insólito la narración fantástica, entre otras formas narrativas, fue adoptada y una de las más explotadas por Ocampo porque obliga al lector a dudar entre la aparatosa explicación lógica del hecho insólito, y, por el otro lado, la sencilla aceptación de ese hecho como natural. Además dicha duda puede ser experimentada por un personaje y el lector se ve obligado, al mismo tiempo a identificarse con el personaje acentuando lo extraño, fantástico o maravilloso del hecho narrado,
  6. efecto de « algo más » porque los cuentos de Silvina Ocampo parecen decir algo más, otra cosa que no se manifiesta explícitamente : un cierto « saber anticipado » del futuro que puede construirse con la imaginación; elementos de la tradición literaria como la metamorfosis o las deformaciones de lo real; un humor irónico con un apego a la oralidad, lo coloquial, lo cotidiano y la utilización de personajes de diferentes ámbitos sociales o de marginales sociales; la equiparación de opuestos contrastando lo bello con lo repulsivo o sacando elementos sociales de su contexto normal(por ejemplo mansiones en un barrio marginal o el contrario),
  7. enunciación desconcertante con una constante dispersión del sujeto narrador, es decir, de su identidad que se da con 4 estrategias :  a) un travestismo enunciativo : tanto se enuncia desde una niña, una anciana o una planta;  b) un simulacro enunciativo : se cruzan los sujetos de la enunciación por lo que no resulta fácil identificar al narrador puesto que su discurso está surcado por discursos ajenos que lo disfrazan y complejizan;  c) relato enmarcado que posibilita  pasar de una identidad a otra manteniendo la ambigüedad que genera el uso del « yo » en boca de diferentes enunciadores (es la estrategia de las cajas chinas);  d) variación constante de la fuente de información que provoca una incertidumbre sobre el devenir de los hechos, sus causas y sus resultados,
  8. renovación de temáticas tradicionales y la lista es extensa en el caso de Ocampo :  a) el amor apasionado que rompe con la tradición de su entorno. Se dice que la libertad con que se mueven sus personajes femeninos no tiene precedentes en la literatura argentina; b) la duplicación de personajes, lugares y situaciones, pero el tema del doble es propio de la tradición literaria; c) lo autobiográfico aunque poco explícito y oculto; d)la metamorfosis que permite asegurar la dispersión del sujeto narrador.

Un pequeño libro de 120 páginas muy instructivo sobre el arte de esta escritora argentina de gran nivel. Raquel Prestigiacomo concluye su trabajo con una excelente síntesis que cito aquí ad integrum por lo interesante y pertinente : Silvina siempre trató de sembrar interrogantes más que de resolverlos y, mucho menos, de sacar conclusiones. Misteriosa e inquietante como su vida privada, la obra literaria de Silvina, resultó siempre conflictiva tanto para el público como para los estudiosos. Dueña de un estilo ambiguo e indefinido entre la poesía y la narración, supo incluir en su escritura esa percepción de la realidad que aprendiera en sus años primeros de amor por la pintura. Excluida del ámbito de la crítica literaria por la incomodidad de sus temas narrativos, fue instalada tras una cortina de silencio que recién después de su muerte empezó a descorrerse lentamente. Excluida del ámbito público-por propia voluntad-instaló, ella misma, otra cortina de silencio que solo se abriría las pocas veces que, por orden de la editorial, debió otorgar una que otra entrevista. A pesar de esa exclusión voluntaria o no, Silvina logró construir una obra inquietante y difícil, llena de claves significativas al tiempo que vacía de elementos banales, de conclusiones o finales.

CUENTOS DIFÍCILES, Ediciones Colihue 2000,  ISBN 950-581-146-2

Rouvrir le roman de Sophie Divry

Résultat de recherche d'images pour "sophie divry"  Sophie Divry est une journaliste et écrivain française (Montpellier 1979).

Rouvrir le roman est un essai sur le roman, et donc sur la lecture, un sujet qui me passionne et qui absorbe une partie de mon temps. La lecture de ce livre m’intéressait.

Mais c’est un livre pour initiés, certes très intéressant et bien écrit mais qui dépasse mon niveau de lecture qui est loin d’être « professionnel » : aucune obligation d’aucun type, aucune orientation en dehors de mon bon plaisir et de mes errances toutes personnelles.

C’est un essai qui comporte environ 200 pages avec deux parties, chacune avec 5 chapitres. Il y a moult références littéraires de tout bord, ce qui m’a ravi et intéressé et ce qui démontre le niveau de lecture varié de l’auteure.

J’adhère totalement à la pensée de Mme Divry quand, au début de l’essai elle dit…le roman, loin d’être un genre mort, bourgeois ou dépassé, réservé aux amateurs d’histoires simples, demeure un genre des plus inclusifs et des plus féconds pour engager la littérature dans des voies créatives nouvelles. Le roman, n’est pas contraignant, compromis, pauvre, forcément narratif, vulgaire ou corrompu. Plus que jamais, il est, comme disait Virginia Woolf, « le plus hospitalier des hôtes », réfractaire à toute limite, monstre hybride et stimulant, ouvert à toutes les fantaisies, « la plus indépendante, la plus élastique, la plus prodigieuse des formes littéraires ».

J’adhère aussi quand elle écrit qu’un livre est fait pour toucher, esthétiquement ou moralement, non pour convaincre.

Quant à changer le roman, expérimenter de nouvelles formes, c’est prendre le risque de confronter le roman à la vie contemporaine. Cette recherche de nouvelles formes remplit deux fonctions très importantes. Premièrement, elle apporte des plaisirs nouveaux aux lecteurs et, partant, rend nécessaire le roman comme forme d’art. Deuxièmement, elle permet au roman de dire quelque chose de notre époque qui ne peut être dit que par le roman et par cette époque. Nous sommes d’abord modernistes pour le plaisir. Par volonté d’accroitre et de renouveler le plaisir de lire un roman. Nous sommes expérimentateurs parce que l’une des caractéristiques essentielles du roman est de refléter quelque chose de notre société contemporaine. Et comme la société évolue, ce que le roman fait, ce que le roman dit, évolue également (page 136).

J’aurai appris des mots nouveaux grâce à ce livre. Comme par exemple à propos de « l’oeuvre anthume de Georges Perec, c’est à dire en opposition à une oeuvre posthume, l’oeuvre anthume est publiée du vivant de son auteur. Ou sur l‘écrivain oulipien qui nécessite de se renseigner sur l’Oulipo :  un groupe international de littéraires et de mathématiciens se définissant comme des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir« . Des noms célèbres sont associés à ce groupe comme le déjà cité Georges Perec ou Raymond Queneau, etc. Ou quand elle parle des auteurs écrivant sous différents hétéronymes, hétéronymes pour pseudonymes utilisés par un écrivain pour incarner des auteurs fictifs, chacun possédant une vie propre imaginaire et un style littéraire particulier. Mais quand elle écrit « dans cette parousie démocratique« , je ne vois pas ce qu’elle veut dire. Et par la maïeutique d’une bonne conversation voudrait dire qu’en conversant on arrive à faire dire aux gens les vérités qu’ils portent (ou cachent?) en eux (très élégant pour une conversation de salon). Et j’ai été heureuse de retrouver le mot boustrophédon (« la seule page en boustrophédon de l’histoire« ), c’est à dire cette écriture archaïque qui se lit une fois de gauche à droite et la fois suivante de droite à gauche. On va essayer de la placer dans une conversation…Et pour finir j’ai retrouvé le mot de satyre menippée que j’avais croisé et oublié, satyre menippée étant une œuvre satirique collective mêlant prose et vers français. Elle a pour sujet la tenue des États généraux convoqués à Paris le 26 janvier 1593 par le duc de Mayenne, chef de la Ligue hostile à Henri IV, dans le but d’élire un roi catholique.

Merci à Babelio et aux Éditions Notabilia pour cette lecture instructive et assez docte, présentée de façon moderne et charmante avec un signet assorti.

ROUVRIR LE ROMAN, Les Éditions Noir sur Blanc (Notabilia) 2017,  ISBN 978-2-88250-453-1

Machado de Assis de Jorge Edwards

jorge edwards machado Jorge Edwards Valdés es un gran escritor chileno (Santiago 1931) con estudios de leyes y de Filosofía en Princeton, siguiendo después la carrera diplomática que culminó con el puesto de Embajador de Chile en Paris. Ha recibido numerosos premios siendo el Cervantes 1999 el más prestigioso. Hace parte de la Generación del 50 chilena, aunque él se considera algo marginal a este movimiento. Actualmente reside en Madrid.

He comentado en este blog gran parte de su bibliografía (12 libros, trece con éste) porque es un escritor que me gusta cómo escribe y lo que escribe. No todos los libros me  han gustado de la misma manera, sino que he sentido una neta preferencia por algunos títulos.

Leer su libro Machado de Assis representaba para mi un máximo de placer potencial porque debo decir que gracias a él descubrí a este autor brasileño portentoso que es Joaquim Machado de Assis. Entonces reunir dos escritores que me gustan, me parecía el colmo de lo que se puede esperar de una lectura, pero me he llevado una decepción. No es un libro sobre la biografía de Machado de Assis aunque aspectos de su vida son evocados. Encontré que a esta publicación le falta « ángel », la encontré algo aburrida.

Según el literato mexicano Christopher Domíngez M. Machado de Assis y Edwards tienen puntos en común : ambos son narradores incisivos, bromistas, cultos. Y Jorge Edwards se ha inspirado en esta particularidad de las novelas de Machado ; el guiño constante hacia el lector, la ironía fina.

Es un libro que comprende tres partes bien distintas : 1) las impresiones de lectura de Don Jorge Edwards sobre extractos de algunos libros de Machado de Assis en la primera parte; 2)  en la segunda parte tenemos los extractos de la obra de Machado con una traducción del propio Jorge Edwards del portugués y 3) el texto original de Machado.

Según el escritor Edwards, existe un paralelismo (que yo no había vislumbrado) entre Kafka y Machado : la comparación con Kafka era desconcertante, pero no dejaba de tener un lado sugerente. Quizá la extrañeza más bien tranquila de los textos machadianos, acompañada de cierta crueldad, de un carácter implacable y frío de la visión, frialdad acompañada de un temblor profundo, de un aire inquietante, podían justificar el paralelo. Machado de Assis, después de salir del sentimentalismo dulzón, más bien lacrimoso, del Romanticismo en versión iberoamericana, había asumido la mirada distante e irónica y a la vez comprometida, de la novela moderna. Era un precursor de la modernidad en literatura, como Laurence Sterne , como Cervantes en el Quijote y en algunas de las novelas ejemplares.

Dice Edwards que en la literatura iberoamericana, el caso más interesante de invención de un narrador literario es el de Machado de Assis en los alrededores de 1880 y de sus 40 años de edad, en los momentos de crear su Brás Cubas. Inventar un narrador lúcido, libre, dotado de sentido del humor y de ideas personales, no impostadas ni copiadas, que cuenta desde una distancia, que sabe combinar la frialdad con la pasión, no era absoluto fácil en la América de lengua española o portuguesa del siglo XIX (pg 53).

Machado de Assis es otro escritor del yo, en la línea iniciada por Montaigne en el siglo XVI. Se narra a si mismo desde diversos puntos de vista, con máscaras diferentes, cambiantes, entre bromas y veras. Parte de su magia continua, de su juego, consiste en cambiar de máscara con un pase rápido (pg 65).

El último párrafo me gustó : fue uno de los grandes cuentistas de América Latina y de toda la lengua portuguesa. Y una mezcla fascinante, en novela, de memorialista, ensayista y autor de ficciones. Su vigencia moderna es enorme y está, por lo tanto, destinado a ser redescubierto, releído, reexaminado a cada rato, a cada vuelta del camino.

 

MACHADO DE ASSIS, Ediciones Omega 2002,  ISBN 84-282-1258-9

Dossier 64 de Jussi Adler-Olsen

Afficher l'image d'origine Jussi Adler-Olsen est un écrivain danois (Copenhague 1950) qui fait partie du vaste groupe d’écrivains nordiques de polars. Il rencontre un grand succès puisqu’il a  été traduit dans plus de 40 langues !

Dossier 64 fait partie de la série d’enquêtes du Département V (et qu’en danois s’appelle Q, mais cela a été changé en français pour éviter toute grivoiserie éventuelle); c’est déjà un quatrième volume, paru au Danemark en 2010 où il fût la meilleure vente de l’année décrochant le meilleur Prix littéraire danois : le Prix du Club des Libraires. L’écrivain a prévu de publier une dizaine de volumes impliquant ce Département.

Les suspenses de Adler-Olsen sont à base « d’affaires classées et non résolues » sur fond de fascisme et d’humour danois que je découvre. Et Dossier 64 touche un sujet délicat et réel : les années d’eugénisme au Danemark. L’eugénisme danois est l’un des plus intéressants et énigmatiques au sein des pays nordiques: voici un pays européen, de l’Europe du Nord, qui vota  en 1929 la première loi de stérilisation  (deuxième pays après le canton de Vaud en Suisse), une pratique reconduite jusque dans les années 60. Puis l’eugénisme devient un enjeu politique avec l’arrivée au pouvoir des sociaux-démocrates en 1924.

Dossier 64 est un volume assez politique qui va impliquer cette période de l’Histoire puisqu’il se passe dans les années 50 pendant la jeunesse des femmes protagonistes de ce polar, puis dans les années 80 où s’opèrent plusieurs disparitions inexpliquées qui vont atterrir sur le bureau du commissaire chargé des cas irrésolus en 2010. L’usage du flash-back est incessant dans le roman, mais c’est bien articulé et ne gêne pas à la compréhension générale de l’affaire.

(L’îlot de Sprogø du roman existe bel et bien et il accueillit entre 1922 et 1967 une clinique eugéniste où des médecins stérilisèrent des femmes attardées, des filles-mères ou des prostituées. Une époque où le régime s’attaquait aux minorités et aux citoyens les plus fragiles: handicapés mentaux, minorités ethniques et cas sociaux).

Ce commissaire chargé du Département V est tout un personnage : c’est un flic un peu ours quoique tendre à l’intérieur, il s’appelle Carl Mørck et il a été nommé dans ce « placard »(sous- sol glauque et étroit) à la suite d’une affaire policière qui a mal tourné : lors d’un déplacement de routine un de ses collègues s’est fait tuer et l’autre est resté paraplégique. Mørck s’en est sorti parce qu’il est resté tétanisé, coincé et protégé sous le corps de son collègue et ami mort dans l’échauffourée. Le commissaire est taraudé en permanence par ce vécu.

Il travaille dans ce sous-sol avec deux acolytes complètement atypiques : le syrien Hafez-el-Assad et Rose, la spécialiste des réseaux. L’assistant syrien est un personnage étrange, c’est quelqu’un qui visiblement a des pouvoirs occultes (d’où vient-il?, qui est-il? que fait-il dans la police alors qu’il n’a subi aucune formation?). Quant à Rose, elle est polyfacétique, voire carrément schizophrène par moments. Mais cette équipe au global, est très performante. Il paraît qu’au fil des romans, on connaitra la vérité sur Assad.

Je ne dévoile en rien la trame du polar car sinon, j’enlève de l’intérêt pour une lecture éventuelle. J’ai eu du mal au début puis j’ai accroché, trouvant que l’intrigue était un peu trop théâtrale avec une mise en scène presque grotesque. En revanche, j’ai été intéressée par la découverte des danois et leur constante ironie, leur manque de hiérarchie dans les rapports au commissariat; la cocasserie incroyable de certaines situations comme par exemple quand l’auteur décrit l’épidémie de grippe et/ou de gastro qui sévit au sein de l’équipe. On ne dirait pas que ces nordiques pouvaient être aussi délurés.

Un mot sur l’excellence de la traduction de Caroline Berg qui a su rendre les dialogues aussi savoureux.

DOSSIER 64, Le Livre de Poche 34001, 2015 (J Adler Olsen 2010),  ISBN 978-2-253-09515-6

Mis documentos de Alejandro Zambra

Résultat de recherche d'images pour "alejandro zambra"Alejandro Zambra Infantas es un poeta y narrador chileno (Santiago 1975) que ha sido destacado como uno de los 39 mejores escritores latinoamericanos menores de 39 años (Bogotá) y también como uno de los 22 mejores escritores de lengua española de menos de 35 años, por la Revista británica Granta (Cambridge). Zambra es Licenciado en Literatura Hispánica con un Magister en España en filología . Hace parte  de la que llaman « generación Bogotá 39″.

Comenté en este blog dos libros suyos que me encantaron porque el hombre escribe bien sin ser  complicado, plantea claramente sus temas y puede ser muy « visual » y a veces divertido, siempre coloquial. En febrero 2015 publiqué un billete sobre Bonsái y en julio 2015 sobre La vida privada de los árboles. Quisiera leerle todo lo publicado y ya hice un pedido para que me lo manden desde Chile, estoy curiosa por leerle el ensayo No Leer que  es una recopilación de artículos sobre lo que le gusta tanto y también me gusta tanto : la lectura.

Los temas de Zambra se repiten, pero se leen con empatía por la calidad de su escritura y por la dosis de sentimientos que acarrean y que provocan en el lectorado. Alejandro Zambra escribe sobre sus recuerdos, sobre literatura, sobre tecnologías hoy en desuso, sobre la clase media chilena, sobre la dificultad de establecer relaciones amorosas duraderas.

Mis documentos me ha encantado. Lo llamó así con respecto a la carpeta en el escritorio del ordenador, objeto que hace parte del relato porque es un objeto imprescindible para el escritor. Mis documentos comprende 3 capítulos que contienen 11 cuentos o relatos que mezclan probables recuerdos personales, muchos de ellos durante sus estudios. El lenguaje es claro, el mensaje directo y hay bastante « feeling ». Es un escritor con « ángel » que se  merece todo lo laudatorio que se lee por ahí. Sus obras son siempre cortas, pero tiene razón porque va al grano y elude la pesadez en la prosa o la redundancia. Difícil hacer la parte de lo autobiográfico, ficcional o la mezcla de los dos : ese es el talento de Zambra que vive  dentro de su burbuja : la literatura.

Hay un cuento muy bonito : Camilo, que me hizo reír a carcajadas cuando Camilo, haciendo el papel de hermano mayor trata de explicar al narrador (que es mucho más joven e inexperto) cómo se debe conquistar a una mujer por teléfono…está narrado de manera tan sencilla y directa que la carcajada brota  estrepitosa.

Todos los cuentos me han gustado sin destacar ninguno en particular. Hay mucha referencia a la literatura lo que debe reflejar los gustos de Zambra y su afán infinito de leer y cultivarse. El escritor es bastante florentino con sus opiniones sobre otros escritores (dice las cosas indirectamente, pero se adivina la crítica mordaz aunque no viperina) y me hizo sonreír página137  con una apreciación sobre Roberto Ampuero (...pienso que nos encaminamos a un mundo de mierda donde todas las canciones las canta Diego Torres y todas las novelas las escribe Roberto Ampuero y en todas las películas actúa Robin Williams…). (Cuidado muchacho, que no te ahogue la soberbia porque hay que aceptar los estratos en la escritura porque lo importante es que la gente lea, estás hablando de un autor que vende mucho, o sea, que gusta mucho. Mira que si la « literatura » no se vende, la gran mayoría de los escritores se moriría de hambre). Hay otra alusión, poco clara en la página 132 sobre Clarice Lispector la escritora brasileña(…el peligro de hacer un Clarice Lispector...¿cuál será el peligro para Zambra?), una escritora que descubrí hace poco y que no me gustó nada porque la encontré « neurótica » (aunque le he leído un solo libro) .

Un párrafo me gustó, página 194…el escritor no entendía por qué ella le contaba todo esto, como si no supiera que esa es la manera como la gente se conoce, contándose cosas que no vienen a cuento, soltando las palabras alegremente, irresponsablemente, hasta llegar a territorios peligrosos, a lugares donde las palabras necesitan el barniz del silencio.

Encuentro que este joven escritor ha encontrado un estilo que le es propio, una voz muy personal que irradia una luz aparte en el ámbito chileno.

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MIS DOCUMENTOS, Anagrama 2014,  ISBN 978-84-339-9771-5

L’étrange bibliothèque d’Haruki Murakami

Résultat de recherche d'images pour "haruki murakami"Haruki Murakami est un écrivain japonais (Kyoto 1949), auteur de best sellers et pressenti pour le Nobel de Littérature depuis dix ans. Il a été traduit à plus de 50 langues et édité à des millions d’exemplaires. En dehors de la publication de romans, Murakami est traducteur de l’anglais au japonais et il publie aussi comme essayiste sur des sujets d’actualité. Au plan personnel c’est un passionné des chats et de la musique de jazz.

Son style se rapproche de la littérature post moderniste avec du réalisme magique et une touche picaresque teintée de romantisme ou de surréalisme. Ses enquêtes policières se teintent aussi de fantastique ou de science fiction.

Il évoque dans ses romans des thèmes existentiels tels que la solitude, l’incommunicabilité, l’aliénation au sein des sociétés capitalistes. Dans ses livres on retrouve les pensées d’êtres à la recherche de leur identité et abordant l’existence avec un certain malaise. L’attitude prévalente des personnages chez Murakami est le détachement, une indolence faite de désenchantement ou de désillusion : le fatalisme zen.

C’est un auteur déroutant qui sait allier le mélange du plus pur et précis réalisme avec une touche de fantaisie teintée d’onirisme. J’apprécie ses livres et il me surprend à chaque fois. Dans ce blog j’ai publié un billet en décembre 2015 sur L’incolore Tsukuru Tazaki et un autre billet en juin 2016 sur Saules aveugles, femme endormie; livres qui m’ont plu. Mon préféré reste Kafka sur le rivage probablement parce que ce fut LA découverte de Murakami avec sa « patte » si spéciale.

L’étrange bibliothèque est une nouvelle inédite ou une fable qui resume bien son style. Au delà de la nouvelle il y a un conte philosophique; il m’a semblé que c’est un récit d’initiation à la vie d’adulte avec une sortie fracassante du monde ouaté et surprotégé de l’enfance. Ce petit livre, en format poche est luxueusement illustré par une artiste allemande, Kat Menschik, qui a déjà travaillé trois fois avec Murakami et dont les dessins assez  inquiétants et oniriques collent bien avec la littérature de Mr Murakami.

En résumé, c’est l’histoire d’un jeune garçon (âge non précisé) qui s’arrête sur le chemin de retour de l’école pour rendre à la bibliothèque municipale deux livres empruntés, en temps et en heure. Cela nous donne quelques renseignements en passant sur le jeune garçon : il est poli (il frappe aux portes), il est ponctuel, il est soigné de sa personne (il porte des chaussures de prix), il est avide d’apprendre, il est respectueux et discipliné, il adore son étourneau apprivoisé.  Que de connotations positives.

Mais si on regarde de plus près, on s’étonne d’apprendre les titres des deux livres précédemment empruntés par le jeune garçon : Comment construire un sous- marin et Souvenirs d’un berger. Cela ne vous étonne pas? alors qu’il y a tellement de littérature plus apte à sa soi disant soif de savoir. Il me semble que derrière ceci il y a de sa part un certain désir transgresseur, celui d’aller trop vite en besogne, celui de vouloir pénétrer de façon fracassante dans le monde des adultes, celui d’épater son monde. Et quand, pris de court, il annonce le titre du livre qu’il souhaite lire par la suite, les bras m’en tombent : il veut lire sur la récollection des impôts dans l’Empire turc ottoman ! Non, mais il se paye la tête du monde ce gamin, il a du toupet ! Et de plus c’est un mensonge avec préméditation, c’est une idée qui lui était venue en marchant sur le chemin de l’école. A partir de ce moment, il devra assumer ses options et réaliser un parcours difficile semé d’embûches, non dénué de cruauté voire d’acte de cannibalisme !(l’absorption à la paille de sa masse encéphalique, mousseuse à souhait car riche en connaissances fraîches,  par son geôlier de la salle 107). Ce conte devrait faire les délices des enfants car ils aiment la cruauté et la frayeur dans les contes.

Lorsque le gamin aura compris qu’il est bel et bien englué dans une toile d’araignée, il va comprendre qu’il lui faudra ruser pour s’en sortir. Et il s’en sortira par ses propres moyens, aidé par les personnages qu’il aura appris à imaginer et à apprivoiser autour de lui , l’homme-mouton pourrait être le dédoublement de sa conscience.

Aïe, n’arrive pas à la connaissance qui veut, ni s’arrive à l’âge adulte sans égratignures.

Les illustrations sont assez somptueuses mais j’ai été surprise de voir l’illustration de l’homme-mouton par un homme-bélier. Aussi j’ai été épatée par les menus servis à l’enfant dans sa geôle, menus pas du tout japonisants mais occidentaux et traduisant la bonne culture gastronomique de Murakami qui a vécu longtemps à l’étranger.

Très bonne lecture, un condensé du monde murakamien (…l’homme-mouton est un personnage récurrent dans ses livres) avec une fin assez nostalgique et qui peut avoir deux niveaux de lecture.

L’ÉTRANGE BIBLIOTHÈQUE, 10/18 2016,   Belfond 2015 (HM 2005),  ISBN 978-2-264-06911-5