La vie aux aguets de William Boyd

William Boyd est un écrivain, scénariste et réalisateur britannique (Ghana 1952) qui, après avoir suivi des études à l’université de Glasgow,  a enseigné la littérature à Oxford. Actuellement il vit entre Londres et la France (Dordogne). C’est un écrivain que je suis depuis ses premiers livres et que j’apprécie toujours; ce sont ses premières publications qui m’ont surtout marquée (Un Anglais sous les tropiques, Comme neige au soleil…).

Dans ce blog, j’ai publié en anglais un billet sur son livre Orages ordinaires (Ordinary Thunderstorms, 2009) en décembre 2012; c’est un  un thriller captivant autour de la recherche « effrénée » de profits  de la part de l’industrie pharmaceutique même quand cela est au détriment des vies humaines, mais c’est aussi  un roman passionnant sur la dépossession d’identité, un thème récurrent chez Boyd : https://pasiondelalectura.wordpress.com/2012/12/22/ordinary-thunderstorms-by-william-boyd/

La vie aux aguets (Restless, 2006) est un roman d’espionnage construit autour du besoin qu’éprouvaient les Anglais à compromettre les Américains afin qu’ils rentrent dans le conflit armé Européen de 1939. Aujourd’hui les révélations sur cette « guerre de désinformation » et de propagande qu’ont mené les Services Secrets britanniques au sein même du sol américain, permettent d’accorder de la véracité à la fiction imaginée par William Boyd. Le roman m’a paru assez captivant, mais j’ai du attendre au moins 50 pages pour me sentir intéressée,  ensuite je n’ai pas pu lâcher le livre, bien que la fin m’ait paru un peu bâclée. À peine un paragraphe pour nous expliquer « l’énormité » commise par Lucas Romer, le boss d’Eva Delectorskaya: Lucas Romer avait dit à Eva un jour qu’il y avait trois raisons pour trahir son pays :l’argent, le chantage et la vengeance; mais en observant le comportement de Romer, Eva avait conclu que c’était plus naturel de haïr l’Angleterre que de l’aimer parce que Romer possédait tout (argent, position sociale, titre, pouvoir) et sa vengeance était d’en rire. C’est aussi un roman sur l’usurpation d’identité et le boulet que cela signifie de passer toute une vie d’usurpateur dans le mensonge.

C’est l’histoire d’Eva, une jeune femme mi-russe mi-anglaise qui est enrôlée par les services secrets britanniques afin d’infiltrer les Américains via la contre-propagande anti nazie. J’ai trouvé fascinante la formation que la jeune femme avait suivie à Manor Lyne en Écosse avec tous les petits détails qui ont conditionné à jamais les synapses de son cerveau, le dotant d’un esprit analytique, déductif, mnémotechnique et définitivement méfiant. C’est un enseignement que nous devrions avoir tous afin de déjouer beaucoup d’aléas malfaisants dans notre vie courante.

La trame du livre est assez bien balancée entre les souvenirs de l’espionne Eva Delectorskaya (1939-1942) et la vie actuelle de sa fille, Ruth Gilmartin à Oxford. Eva, alias Sally Gilmartin donne à sa fille un manuscrit lui révélant sa véritable identité parce que après toutes ces années de camouflage, elle sent à nouveau que sa vie est en danger. Et le lecteur, tout en apprenant la vérité sur le rôle qu’Eva a joué lors de la deuxième guerre mondiale, sera confronté au doute pour démêler le vrai du faux de la paranoia de persécution d’Eva, paranoia que ses maitres ont si bien su lui inculquer .

Une série pour la BBC en deux parties a été filmée et dirigée par Edward Hall avec parmi les acteurs Hayley Atwell, Rufus Sewell, Michael Gambon et Charlotte Rampling et  avec la participation de William Boyd dans le script. Ils ont changé beaucoup de choses dans le film: par exemple, rien n’est dit sur le gagne pain de la fille d’Eva alors que dans le livre, elle donne des cours d’anglais aux étrangers à Oxford. Aussi, je ne sais pas pourquoi, ils ont changé le nom du président de thèse de Ruth qui s’appelle Bobby von Arnim dans la série alors que c’est Bobbie York dans le livre  ; et encore c’est Sylvia, une collègue espionne de Ruth, qui fait passer Eva au Canada dans la série alors que dans le livre c’est un homme, et ensuite elle est tuée mais à un autre moment que dans le livre,  et en outre plein d’autres changements. Voici un lien pour voir la série de presque deux heures de durée et en langue anglaise, avec une première partie sous titrée en italien. Je préfère le livre, plus explicite.

https://www.youtube.com/watch?v=f-pLr7JD8Sw

 

LA VIE AUX AGUETS, Seuil 2007,  ISBN 978-2-02-087232-4

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