Archive | octobre 2016

L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante

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Elena Ferrante est le pseudonyme d’un écrivain italien qui cultive l’énigme depuis 25 ans (pas de photo disponible donc; c’est la deuxième fois que cela m’arrive dans ce blog). On pense seulement qu’Elena Ferrante est originaire de Naples et qu’elle (ou il?) serait née vers 1940. Le journaliste italien Claudio Gatti soulève l’hypothèse qu’il pourrait s’agir de la traductrice romaine Anita Raja de 63 ans, hypothèse basée sur l’explosion des revenus de Mme Raja ainsi que ceux de la maison d’édition E/O qui publie Mme Ferrante.

Le nom d’Elena Ferrante serait inspiré d’Elsa Morante, l’écrivaine préférée d’Elena Ferrante (le jeu des boîtes chinoises en plus…). Il faut signaler que cet auteur mystérieux est plébiscité dans le monde entier avec 2,5 millions d’exemplaires vendus et des traductions dans 42 pays… L’auteur reconnaît dans des interviews données par écrit la part importante de l’autobiographique dans son oeuvre. Derrière ses livres on sent une grande sincérité, un ton viscéral, un regard sur la condition des femmes et une approche très psychologique des personnages et des situations.

J’ai publié en août 2016 un billet sur un roman de 2002 qui m’avait pas mal remuée et beaucoup plu: Les jours de mon abandon, l’histoire d’une séparation narrée de façon si crue qu’elle devient surréaliste. Un très bon et fort bouquin.

Sa tétralogie napolitaine, dont ce roman est le premier volet,  connaît un succès mondial; seuls les deux premiers tomes sont disponibles pour le moment en français (L’amie prodigieuse depuis 2014 et Le nouveau nom depuis 2016); il s’agit d’une saga d’environ 1700 pages autour d’une amitié forte entre deux filles d’origine modeste dans le Naples de 1958.

L’amie prodigieuse (L’amica geniale, 2011) a été traduit en français en 2014 et ce fût d’emblée un très grand succès de librairie mais aussi du bouche à oreille. L’écrivain Daniel Pennac aurait offert ce livre à beaucoup de ses amis, dit le bandeau qui entoure mon exemplaire de Poche (c’est un peu racoleur…mais quel parrainage!) : cela montre que non seulement Monsieur Pennac  est un bon écrivain mais qu’aussi il a du goût et qu’il est bon lecteur. Car ce roman est de lecture addictive, envoûtante, intéressante, et l’émotion qui en découle fait battre plus fort le cœur et circuler plus vite le sang. C’est un roman hyperréaliste qui fait penser au cinéma italien de la grande époque.

Dès le titre, le décor est bien planté : enfance et adolescence (entre 6 et 16 ans) de nos deux héroïnes au caractère bien trempé, mais si différentes : Lila Cerullo la noiraude surdouée, vive et acérée et Elena la blonde bûcheuse et assidue dans ses études, prête à suivre Lila dans des aventures qui peuvent être téméraires. Elles sont amies et éternelles rivales et c’est leur rivalité qui galvanise littéralement le lecteur. Elles s’opposent mais en même temps se façonnent en se regardant en face pendant 10 années (…elle avait ce qui me manquait et vice versa, dans un perpétuel jeu d’échanges et de renversements qui, parfois dans la joie, parfois dans la souffrance, nous rendait indispensables l’une à l’autre…). Nous assisterons à l’éclosion des deux jeunes filles après la puberté, l’âge de tous les changements.

Le roman démarre avec la volatilisation de Lila Cerullo, à l’âge de 66 ans, et depuis 15 jours, ayant pris grand soin d’emporter avec elle toute image personnelle. C’est son fils Rino (qui se prénomme comme son oncle, le frère de Lila) qui prévient son amie de toute la vie, Elena Greco de cette disparition. Alors Elena décide d’écrire sur son ordinateur leur histoire commune dans le Naples de la fin des années 50, dans un quartier populaire au sein d’une ville pauvre, écrasée par le soleil et déjà tenue par la Camorra.

La première chose qui lui vient à l’esprit, en pensant à Lila, c’est qu’elle était méchante… A partir de là, Elena va nous développer cette notion et nous donner toutes sortes d’informations sur ce qui fût leur enfance et adolescence entre 6 et 16 ans, les relations entre elles, avec leurs familles et leurs voisins.

C’est un univers haut en couleur que ces napolitains qui essaient de survivre dans un monde qui évolue vite; ils essaient de préserver leur code d’honneur, de conserver le poids de la famille, mais ils restent englués dans leur médiocrité, incapables de se projeter dans un monde nouveau. Ils sont globalement contre l’éducation de leurs enfants. Voilà, le mot est lâché, l’éducation est la pierre angulaire de ce premier tome dans un environnement amoureux, social et politique.

Car l’amitié entre ces deux fillettes sera cimentée par l’éducation pour Elena et la connaissance pour Lila. La famille de Lila Cerullo est la famille du cordonnier du quartier; il s’en sort mal mais entraîne néanmoins son fils Rino dans le métier. Lila Cerullo est intelligente, brillante même, mais elle ne s’opposera pas au dessein de ses parents qui la destinent au mariage, surtout s’il est profitable. La famille d’Elena Greco est celle d’un petit fonctionnaire, portier de mairie et Elena sera remarquée très tôt par ses professeurs: grâce à leur soutien sans faille, elle pourra continuer ses études de façon chaque année plus brillante.

Ces deux amies veulent échapper à leur milieu social et ne pas vivre la vie de leurs mères. Les mères sont dépeintes sans aucune complaisance, en appuyant bien sur leurs disgrâces physiques, leur soumission à l’autorité patriarcale et leurs tâches domestiques ingrates. Lila et Elena ne savent pas s’il faut partir ou rester dans le quartier, ce quartier qui constitue le centre du monde pour elles. Un quartier violent avec ses mafiosi, ses communistes, ses artisans, ses commerçants, ses traditions; un véritable ghetto où les enfants ne franchissent jamais les frontières et où les gens parlent en dialecte et méprisent la langue de Pétrarque.

Cette éducation va, in fine,  séparer les amies car elle apportera à Elena des arguments et du recul pour juger d’abord son amie d’enfance, mais aussi son entourage, c’est à dire sa propre famille et ses amis. Elle s’apercevra du clivage qui va s’installer entre elle et les autres.

Dans ce premier tome, nous avons un récit plein de fureur et de violence, nous assisterons au passage de l’enfance à l’adolescence de tout le groupe de jeunes autour des deux amies. Les personnages ont une réelle profondeur humaine et psychologique. On assistera à l’évolution physique et morale des deux amies; car cette amitié très forte n’est pas dénuée d’un côté obscur fait de rivalité, de jalousie latente, de mensonges, d’ambiguïté dans leur relation qui connait des hauts et des bas comme dans la vraie vie. C’est une amitié qui perdure dans le temps et naturellement comporte des ruptures, des éloignements, des silences et des affrontements.

Belle lecture, belle fresque napolitaine avec surabondance de personnages et profusion de noms mais que l’on arrive à situer grâce à la répétition. Personnages qui s’incrustent dans le cerveau du lecteur, lequel voudrait savoir davantage sur eux. Vraie densité des rapports humains, ce qui émeut parce tout sonne juste. C’est un roman de formation qui allie le souffle romanesque à l’analyse psychologique.

Et je me pose la question : laquelle des deux EST l’amie prodigieuse ? Lila ou Elena ?

L’AMIE PRODIGIEUSE, Folio 6052 (Gallimard 2014),  ISBN 978-2-07-046612-2

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La última hermana de Jorge Edwards

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Jorge Edwards Valdés es un gran escritor chileno (Santiago 1931) con estudios de leyes y de Filosofía en Princeton, siguiendo después la carrera diplomática que culminó con el puesto de Embajador de Chile en Paris. Ha recibido numerosos premios siendo el Cervantes 1999 el más prestigioso. Hace parte de la Generación del 50 chilena, aunque él se considera algo marginal a este movimiento. Actualmente reside en Madrid mayoritariamente.

Son once libros que he reseñado de él en este blog (pronto le habré leído la bibliografía completita…); no haré la enumeración porque puede resultar majadero. Es un autor que me gusta muchísimo y que descubrí tarde : un estilo elegante, un humor irónico, un fuerte atavismo chilensis. Su obra está marcada por el orden de las familias como represión frente al desorden y a la disidencia. El ultimo libro reseñado fue Fantasmas de carne y hueso en marzo 2016.

La última hermana necesita una explicación sobre el título porque yo estuve algo desconcertada con ello. La fotografía de la portada lleva una enfermera con un bebé en los brazos; tuve la idea fugaz al mirar la foto que podría significar la traducción de « enfermera » en alemán, lo que se dice « schwester », o sea, hermana, dando « la última hermana/enfermera »(die letzte schwester) . Pero no, leyendo el libro, y sobre todo leyendo algunas entrevistas que le hicieron al escritor sobre el libro, queda claramente planteado que « la última hermana » es la protagonista del libro : María Edwards MacClure, la menor de los numerosos hermanos Edwards MacClure ( 10 o más según las fuentes!), la hermana menor que tiene más libertad y que ve las cosas de otra manera. La hermana a la que se le permiten más cosas.

No es el primer libro sobre un pariente que publica Don Jorge. Ya lo hizo sobre el tío escritor Joaquín Edwards Bello, hermano de su padre (cf El inútil de la familia, 2004), y sobre el tío pintor, primo de su madre Jorge Rengifo Mira (cf El descubrimiento de la pintura, 2013). Y es vox populi que esta vez la familia no quería que escribiera sobre María Edwards, no querían que tocara el tema por compasión hacia María. Es quizá por ello que el escritor Edwards nunca la nombra con apellido completo ni tampoco cita a sus maridos con pelos y señales; acaso « la familia » lo tiene amenazado  si se hace más explícito…(la frase de Gide le viene al dedillo…«Familles, je vous hais! Foyers clos; portes refermées; possessions jalouses du bonheur

La última hermana es su novela N° 12 y el escritor cambió de casa de Edición, es una sorpresa adicional;  Jorge Edwards supo de María Edwards cuando llegó a Paris como diplomático en los años 60 y años después, cuando era Embajador de Chile en Paris, fue contactado y ayudado en las búsquedas por una bisnieta de María Edwards, María Angélica Puga Phillips que también acaba de publicar un libro sobre María Edwards,  Buscando a María Edwards (Ed. Furtiva, Santiago 2015). Gracias a los datos de María Angélica, encontraron y entrevistaron a un par de « niños » salvados por María Edwards, hoy en día señores de más de 70 años. El escritor Edwards trabajó con una documentación hecha de cartas, fotos y un diario íntimo.

¿Quién fue María Edwards? Esto lo encontré haciendo búsquedas en Internet  porque el libro no da las claves con claridad :nació en Santiago de Chile en 1893 como María Edwards MacClure, hija de Agustín Edwards Ross y de María Luisa MacClure, de clase alta muy privilegiada. Tuvo una vida bastante dramática: se casó con un diplomático, Guillermo Errázuriz llegando a Londres poco después de la Primera Guerra Mundial donde su hermano Agustín había sido Embajador y donde hizo muchas amistades literarias (de ahí su genuina afición a la literatura) y mundanas. Su marido se enamoró de la actriz norteamericana Peggy Hopkins y cuando ésta lo rechazó, Errázuriz se pegó un tiro en 1922 dejándola viuda con una hija, María Angélica.

María Edwards viuda de Errázuriz llegó a Paris a los 28 años, frívola y mundana con muchas relaciones y medios económicos lo que le permitió instalar departamento en uno de los mejores barrios parisinos, con muebles y objetos de arte de un valor inestimable. Su salón se convirtió rápidamente en una referencia social, diplomática y cultural. Se casó nuevamente con Jacques Feydeau, pero el matrimonio duró muy poco. Durante la Segunda Guerra Mundial salvó decenas de niños judíos de las garras de la Gestapo cuando trabajaba como visitadora social en el Hospital parisino Rothschild y por ello fue condecorada por Francia con la Legión de Honor y por Israel a título póstumo en 2006 en el Memorial Yad Vashem como Justa.

Volvió a Chile en 1960, empobrecida y acompañada por su última pareja, René Núñez Schwartz con quien mantuvo una relación especial; Núñez Schwartz se suicidó en Chile en 1970 con una cápsula de estricnina. María Edwards murió sola y pobre en junio del 72 a los 78 años de edad en Santiago de Chile.

Físicamente en la época de esta novela , era una mujer delgada, de ojos grandes, inquieta, creativa, gran lectora que se introdujo muy bien en los medios artísticos y burgueses parisinos.

La última hermana de Jorge Edwards narra la increíble epopeya de esta chilena que nada destinaba a una misión de esta envergadura. Por intermedio de sus relaciones empezó a trabajar como visitadora social en el gran hospital parisino Rothschild. Ella se propuso ayudar a esta pobre gente que arrestaban en el lecho mismo del hospital para encaminarlos a un destino sin retorno con los críos. A ella se le ocurrió sacarlos del hospital « sedados » en un ancho bolsillo de su capa de visitadora social. Así habría contribuido a salvar decenas de niños judíos que ella confiaba a una red que a su vez los colocaba con familias seguras. No solo arriesgó su vida, sino que gastó lo que le quedaba de fortuna para pagar los gastos de alimentación, de vestimenta y otros gastos. Al final de la Segunda Guerra estaba tan empobrecida, que tuvo que empezar a vender sus cuadros y muebles y hasta el departamento. Además fue estafada por un maleante que se proclamaba financista, entre chileno y panameño y que estafó a toda la colonia chilena adinerada.

Ella arriesgó seriamente su vida y fue apresada y torturada salvajemente por la Gestapo. La salvó la « amistad » o la admiración que sentía por ella el personaje masculino principal de la novela, el almirante alemán Wilhem Canaris que estuvo preso en Chile cuando participó en la Guerra de las Malvinas en la Primera Guerra Mundial a bordo de un barco que se refugió en aguas chilenas donde fue descubierto por los ingleses y donde fue detenido en la isla Quiriquina (cerca de Concepción) en el sur de Chile, de donde huyó con pasaporte falso. Canaris ocupó un alto cargo en el Tercer Reich, pero no quería a Hitler y conspiró en el atentado conocido como « Operación Valquiria ». Murió al final de la guerra torturado cruelmente siguiendo indicaciones personales del Führer.  Este almirante Canaris, un personaje de lo más ambiguo, la salvó de la muerte más horrenda y cruel.

El personaje de María descripto por el escritor Edwards me pareció muy simpático, pero algo desangelado, algo etéreo, una mujer un poco « volada ». En primer lugar, el escritor nunca la nombra con el nombre completo, es solo María. En el relato aparece un Jacques y no se sabe quién es. Luego René del cual se sabrá al final del libro que se trata de René Núñez Schwartz, su compañero. Quizá esto obedezca a un mandato familiar de no nombrarla en ningún caso. Otro punto que me extrañó en el libro, fue la desaprensión con su hija María Angélica que dejó en Chile a una edad en que las chicas necesitan terriblemente de sus madres, ¿con quién la abandonó en Chile? y durante tantos años…No la volvió a ver hasta su regreso voluntario en 1960, ya casada y con un hijo único adolescente…Qué desapego tan grande.

Su compañero René la describe así : su gesto era así, de hija de ricos, porque era contradictoria,  María, burlona, con algo de muchacha (de inocencia?), de adolescente, que nunca se le había quitado : niña caprichosa, de réplicas desconcertantes, de chispazos incisivos, provocativa. A la vez, tenía un corazón encendido al rojo vivo, una brasa ardiente, que no se sometía. Que nunca se sometería (página 9).

Lo que hizo esta mujer fue temerario. Fuera de serie. De un humanismo trascendental. De una discreción redentora, lo que resulta de la fuerza transformadora de la compasión. Pero una se pregunta hasta qué punto ella era consciente de las repercusiones, ramificaciones y consecuencias posibles de sus actos. Lo mismo cuando sus condiciones económicas comenzaron a flaquear gravemente. Siempre teniendo en mente que la familia la iba a sacar del apuro económico de todas maneras, pasara lo que pasara.

Porque se puede criticar mucho a la familia chilena desde afuera, ese país de farsantes con sus estrecheces y sus limitaciones ( página 344), ese país con sus rechazos sociales típicos de la vida chilena, ese mundillo  donde todo se convierte en pecado, ese país donde todo era imposiciones, sentidos del ridículo, prohibiciones sociales, cadenas invisibles. Pienso que por todo ese peso inmenso que significaba para ella volver a Chile, en condiciones que en Paris vivía como respiraba, sin darle cuentas a nadie, hizo que ella escogiera vivir en Paris aunque ella ya no fuera ni chilena ni francesa, ni de aquí ni de allá, pero contenta con ella misma.

Jorge Edwards describe muy bien el Paris de los años de la Ocupación alemana, hay una buena reconstitución histórica, con lujo de detalles pintorescos, interesantes, conmovedores y personajes reales descriptos con ironía, rasgo muy edwardesco, así como de vez en cuando un guiño directo al lector a la manera de Machado de Assis que J.E. tiene en veneración (lo que se comprende). Y tal como lo escribió la escritora rusa Irène Nemirovsky en Suite Francesa, como si fuese necesario ser extranjero para describir mejor estos trances de la Historia, los nacionales estando aún demasiado ofuscados para ser objetivos. En esta novela no trasluce casi ningún modismo chileno en la escritura como si el autor quisiera darle un máximo de toque afrancesado al ambiente.

Un libro excelente donde Jorge Edwards al parecer se inspiró muy libremente de Doña María Edwards. Y la anécdota, varias veces encontrada por mi, donde el escritor cita a Neruda quien decía que no hay que decir « cherchez la femme », sino « cherchez le chilien » porque siempre surge un chileno o una chilena por ahí. He aquí una chilena resucitada del olvido y que tuvo una acción espectacular en el plano humano. Y esta historia demuestra que las raíces no están simplemente donde se encuentran los orígenes familiares sino también ahí donde se deja una huella que se proyecta en el tiempo.

LA ÚLTIMA HERMANA, Acantilado 2016,  ISBN 978-84-16011-94-0

La trahison de Thomas Spencer de Philippe Besson

Afficher l'image d'originePhilippe Besson est un écrivain, dramaturge, scénariste, critique littéraire et ancien animateur de TV français (Barbezieux-St Hilaire 1967); il possède une vaste bibliographie et plusieurs prix à son actif. Depuis 2002 il se consacre exclusivement à l’écriture. Son style simple et épuré rappelle à certains celui de Marguerite Duras.

On m’a offert ce livre et je me suis sentie heureuse de lire un auteur jusque là jamais lu.

Je suis plutôt déçue après la lecture de ce livre, ce qui ne préjuge en rien pour le reste de la production de Philippe Besson. Et ce n’est pas son style qui m’a déçue car la concision, le choix méticuleux des mots, une cadence du phrasé qui doit être très personnelle, m’ont plu. Mais c’est l’histoire racontée qui ne m’a pas intéressée.

La trahison de Thomas Spencer narre l’amitié de deux garçons américains nés le même jour : le 6 août 1945, une date symbolique puisqu’elle correspond au lancement de la première bombe atomique américaine sur Hiroshima.  On pourrait dire que l’histoire du livre est subordonnée à deux guerres : la guerre de Corée et la guerre du Viet Nam et on verra pourquoi. Oui, les deux garçons sont nés le même jour et très différents. De par leurs familles d’abord : Paul est le fils unique d’épiciers aisés de la petite ville de Natchez, une bourgade du Deep South Américain baignant dans l’indolence du Sud. Thomas Spencer est le fils d’une mère célibataire avec un rapport particulier avec sa mère, ce qui se comprend. Les deux garçons vivent tout près et se voient tous les jours. Ils vont grandir ensemble et devenir très proches, symbiotiques, avec une  amitié fusionnelle (…il commençait une phrase et je la terminais. Il partait dans une direction et je le suivais. Il plongeait dans le silence et je remplissais ce silence. Nous demeurions immobiles et l’espace entre nous était chargé d’ondes…page 244). Thomas est le narrateur de cette histoire depuis leur tendre enfance jusqu’à l’âge adulte sur fond d’Histoire américaine;  leur amitié restera pure malgré les émois troubles de l’adolescence, ici il n’est pas question d’homosexualité latente ni patente, mais d’une grande sensualité, un fort trouble émotionnel inhérent à cette époque de la vie, évoqué avec pas mal de retenue.

Jai trouvé que faire défiler de façon chronologique  l’Histoire contemporaine américaine  en parallèle avec l’histoire des deux garçons, avec un évènement bien marqué par chapitre, rendait cette histoire humaine beaucoup trop « cliché » et qu’ainsi leur histoire personnelle était alors beaucoup trop subordonnée aux évènements extérieurs. Agaçant. C’est la guerre du Viet Nam qui décidera du destin de Paul, jusque là resigné à reprendre l’épicerie familiale; il va s’engager envers et contre tous, ayant en tête la mort héroïque de son frère aîné dans la guerre de Corée: Paul plaque tout, la famille, sa fiancée Claire, son ami Thomas.

Ces deux garçons sont deux bons exemples de l’indolence sudiste : la décision de partir à la guerre, le mécanisme interne de cette détermination, les raisons profondes à cet acte ne sont pas disséquées. Et Thomas…après avoir fréquenté 4 années l’université grâce à une bourse (tellement difficile à obtenir aux USA), revient chez lui sans diplôme en se contentant d’un poste de bibliothécaire à Natchez (autrement dit, à s’enterrer vivant). Un autre exemple de la pleutrerie de Thomas nous l’avons quand, après des efforts réels pour retrouver les traces de son père biologique, il fuit devant la possibilité de le rencontrer en face à face.

Le départ de Paul à la guerre va créer un nouveau climat entre tous les protagonistes. Il y a une nouvelle donne. Ici arrive le fait annoncé avec le titre et évident pour le lecteur qui se dit « Ah voilà enfin ce que l’on nous annonce : le dénouement ! » Ce n’est pas une trahison ce qui arrive, mais la vie qui continue, le temps qui passe, la distance qui sépare, le sang qui continue de battre dans les veines. C’est l’implacabilité des choses,  liée à deux histoires d’amour : à lire et à découvrir…

Le livre aborde des thèmes porteurs comme la jalousie, la solitude, la distance qui vient compliquer les choses, la maternité hors mariage, la relation trop exclusive mère-fils, l’amitié et ce qui entoure l’amitié. Mais pour arriver aux conclusions l’histoire défile impavide.

LA TRAHISON, 10/18 N° 4302, 2016 (Éd. Julliard 2009),  ISBN 978-2-264-06929-9

A cuál de ellas quiere Usted de Elisa Serrana

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Elisa Serrana es el nombre de pluma de Elisa Pérez Walker, profesora, periodista y escritora chilena (Santiago 1930-2012) que perteneció a la Generación del 50 chilena. Utilizó el apellido de su marido, Horacio Serrano, para crear un nombre de pluma que transformó en Serrana. Tuvo 5 hijas,  una de las cuales es la exitosa escritora chilena Marcela Serrano. Es sin lugar a dudas una escritora feminista que supo retratar muy bien a la mujer burguesa de su tiempo y existe una verdadera filiación con la temática entre la madre y la hija.

Algunas constantes en su obra son: mostrar un enfoque de género en la construcción de los mundos literarios; presentar la institución familiar como un centro productor de conflictos y caracterizar los personajes femeninos como habitantes de un espacio vital restringido. Elisa Serrana no intentó efectuar una crítica explícita a las instituciones patriarcales, sino más bien, poner en evidencia la necesidad de un cambio en las relaciones de género en la sociedad chilena. Del mismo modo, privilegió su atención en la mujer burguesa terrateniente como su coetánea María Luisa Bombal.

Comenzó a publicar en 1956, artículos y cuentos en periódicos y revistas, pero se hizo conocer a partir de 1960 con su novela Las tres caras de un sello. Según la crítica nacional chilena, Una sería su mejor novela . La escritora retrató con agudeza la pasividad de la mujer chilena de su tiempo.

Todas las novelas de Elisa Serrana  enfocan sobre el tipo de mujer de la clase  acomodada o clase media cosmopolita,  económicamente exitosa. Ella abandonó la mirada masculina con que se había contemplado a estas mujeres para observarlas de la perspectiva de otra mujer. La solidez que la mirada masculina otorga a la imágen de la familia, descubre en las novelas de Serrana su radical fragilidad.

A cual de ellas quiere Usted, cierra la trilogía que empecé a leer con Chilena, casada, sin profesión (con un billete en diciembre 2013), y Una (con un billete en diciembre 2014). Esta trilogía hace parte de una reedición de la Editorial Andrés Bello (2002) que pude leer gracias al amigo Francisco L., quién, por darme en el gusto sufrió de un colapso en el metro de Santiago debido al calor, esperando al revendedor del libro…¿Qué sería de la vida sin esos amigos entrañables? La nada misma.

A cual de ellas quiere Usted, lleva como subtítulo Mandandirun dirumdan que es una ronda muy conocida que se cantaba entre niñas en un tiempo remoto. Ahora, en la era del Internet, quizás las niñas no la conozcan; aquí va la letra de la ronda…

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Me gustó mucho esta novela, cuya armazón me recordó el fondo de todas las novelas de su hija, la conocida Marcela Serrano : historias paralelas de mujeres con sus penas y alegrías. Lo que las diferencia es que la madre ahonda el tema de la mujer de clase media-alta y que la hija ahonda todos los estratos sociales haciendo resaltar las diferencias profundas entre esos estratos.

Me costó « ubicarme » con las tres mujeres que protagonizan esta estupenda novela porque los cambios entre los personajes se operan de manera algo caótica y me confundía. Tuve que leer una segunda vez la novela y tomar nota de las principales características de las tres amigas de infancia : Rosalía, Lucila y Soledad.

Las tres amigas parten juntas al matrimonio de una chica que es parienta de Rosalía. Es el pretexto para adentrarnos en la vida de cada una  y saber de sus dramas internos.

Internos, porque muy amigas serán, mucho se conocerán, se querrán algo (?), pero hay un tabú que consiste a « aparentar »las cosas, a « parecer » más que a « ser » ante la colectividad. Esto es un rasgo muy chileno y al parecer, muy español.

Los personajes :

LUCILA Y CARLOS : llevan 25 años de matrimonio y tienen dos hijos : Eva y Carloto (qué nombre tan feo!). Lucila es « la gringa » criada en EEUU, única hija mujer, es una fémina etérea, poco práctica, pero eficiente en su vida doméstica, lleva una vida holgada con mucha servidumbre, es una obsesionada con la decoración de interior, especialmente del baño. Se casó con Carlos, un hombre mucho mayor hijo de españoles adinerados, fachoso, irónico y seguro de si mismo, trabajador ambicioso y exitoso con su empresa, aficionado a los amores cortos con mujeres sensacionales o prostitutas divertidas. Lucila teme a las emociones, no se deja llevar por la pasión y todo lo exultante le desagrada. Lucila va descubrir que las relaciones matrimoniales no son simples, cariñosas y abiertas. Carlos va a fallar, desaparecer de la vida mundana, de los negocios y caer en depresión. Va a consumir primero estimulantes +/- alcohol y luego drogas duras cayendo en una total dependencia. Las drogas van a modificar su comportamiento con Lucila porque la resistencia que ella le opone, lo enfurece y comenzará a maltratarla, a violentarla con furia. Esta violencia erótica hará que Lucila lo odie y comience a tomar fármacos para mantenerse entera, aunque ya había consumido fármacos cuando, años ha, había dejado el cigarrillo. La hija de la pareja, Eva, tiene una relación demasiado simbiótica con su padre, a tal punto que ella busca la relación con hombres mayores; después de un viaje al sur con su padre, Eva decide salir de la casa familiar porque intuye que sólo desvinculándose con la familia, logrará un equilibrio. Curiosamente, los médicos siquiatras de Carlos siempre miraron a Lucila como « la mala » de la película y no como la víctima(¿machismo atávico?).

SOLEDAD Y MIGUEL : están separados, ella es una mujer estupenda con fama de cumplida, una mujer de trabajo que sale de cualquier dificultad, eficiente, que sabe actuar y programar con claridad. Hicieron buena pareja con Miguel, un arquitecto exitoso, gran creador; se querían, se apreciaban, se necesitaban de forma independiente, cada uno aferrado a sus cosas. Para ellos la independencia era tan importante como el amor. Miguel es infértil y años después Soledad conocerá en un viaje de trabajo, a Ralph, con quien vivirá una relación adúltera en la cual se sentirá feliz y protegida. Soledad decidirá tener un hijo de Ralph y lo logrará, sin decírselo al mismo tiempo que su marido acepta el embarazo. Nacerá Sol (la manía chilena de poner los mismos nombres a los hijos, ni que fueran dinastías…) un « sol » de belleza y encanto que crecerá sin problemas ni recelos, pero formada a la imagen y educación de Miguel. A los 7 años Sol morirá de un atropello frente al colegio y Soledad y Miguel se refugiarán cada uno en una pena mútica;  cuando empezarán a hablar sobre el drama de la pequeña, Miguel decidirá de partir. Soledad, entre la muerte de la niña y el abandono del marido tratará de comenzar una nueva vida, trabajando y viajando mucho, tratando de reanudar con Ralph solo para buscar en él algo de Sol. En esta fiesta de matrimonio se reencontrará con su marido y se dará una nueva chance con él.

ROSALIA : Rosalía quedó viuda de Osvaldo (cáncer de la lengua) hace 4 años con tres hijos : Lily, Osvaldito (otro con el nombre del papito!) y Mané.  Rosalía tuvo un buen marido con Osvaldo, fue la primera en casarse y la envidia de todas pero fue despectiva con él porque éste no le supo dar la holganza económica a la que aspiraba. Siempre escondió antes sus amigas este desnivel económico y ahora aún más con la viudez, no le alcanza la plata para mantener el nivel aunque trabaja como bestia para que todo parezca perfecto y para economizar cada peso. Rosalía dice que « nunca tuvo suerte » y cada día odia más a la gente solía decir su marido. A veces siente envidia por las otras y dice « soy un fracaso en las relaciones humanas y afectivas, en la maternidad, en la vida ». Y espera que todos sean tan fracasados como ella. Sus hijos son problemáticos, Lily la mayor está exclusivamente dedicada a su trabajo, es poco coqueta y sus ademanes demasiado francotes, ella ayuda a su madre económicamente lo que hiere a Rosalía. Osvaldito salió pésimo estudiante y se dedica al teatro. La pequeña Mané argumenta a su madre que es una reprimida, una frustrada.

Todas estas vidas son difíciles, pero son aún más difíciles cuando se quiere aparentar otra cosa.

Elisa Serrana escribió esta novela en 1985; es una novela muy moderna que trata tópicos como el adulterio, las drogas, los conflictos familiares, las amistades femeninas en permanente competición, la imagen de las parejas que sale « a la exportación,  la dependencia de estas mujeres que aunque trabajen y ganen, deben aparentar sumisión a la célula familiar.

Una constatación societal implacable.

A CUAL DE ELLAS, Andrés Bello 2002,  ISBN 956-13-1773-7.

Envoyée spéciale de Jean Echenoz

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Jean Echenoz est un écrivain français (Orange 1947) qui a fait des études de sociologie et de génie civil. On vient de lui décerner le huitième Prix BnF (2016) pour l’ensemble de son oeuvre. Sa technique d’écriture est particulière car il alterne les figures de style, les jeux de mots, l’ambiguïté et use d’un symbolisme autour des noms propres de personnages. On dit aussi qu’il écrit des romans géographiques car on voyage beaucoup en le lisant. Il a su décaler son univers romanesque vers la sotie ou vers les récits excentriques à la façon d’un Sterne ou d’un Diderot, d’un Perec ou d’un Queneau. C’est un romancier inventif, un champion de la toponymie, un « nouveau romancier » mais pas  un romancier nouveau.

Venant de publier à la queue leu leu plusieurs billets sur des livres de Jean Echenoz, je ne pensais pas récidiver aussi vite avec un autre, mais » l’occasion fait le larron » et j’ai eu la possibilité de lire celui-ci, son tout dernier, son 17ème roman et voilà. Une lecture par moments assez jubilatoire, carrément déjantée.

Envoyée spéciale est déjà plus épais, 312 pages et un plongeon en pays d’Echenozie,  avec une écriture toujours aussi éblouissante, ingénieuse, comportant des trouvailles en tout genre et des chutes de phrases désopilantes. Une langue très élégante où une apparente facilité cache une érudition linguistique remarquable, comme par exemple cette utilisation fréquente de la métonymie ou de la métaphore. Une nouvelle fois, je me suis attachée beaucoup plus à l’écriture qu’à l’histoire, celle-ci complètement loufoque, improbable, moqueuse et hilarante. On peut encore qualifier ce livre de roman d’aventures et d’espionnage tissé autour d’un personnage qui est une anti héroïne : Clémence, une trentenaire oisive, en rupture de mariage, assez disponible et qui va s’embarquer dans une histoire folle. Elle sera kidnappée dans le XVIè arrondissement de Paris par des pieds-nickelés empotés et avec une perceuse comme arme;  ils vont l’emmener manu militari dans la Creuse pour la cacher afin de la former pour une mission ultra sécrète en Corée du Nord pour déstabiliser ce régime de pacotille par les SR français… Aussi simple que cela. Bien entendu, elle va développer un Syndrome de Stockholm avec ses ravisseurs. Les rebondissements et les missions sécrètes vont bon train ainsi que les personnages troubles qui ne sont pas ce qu’ils semblent être. Ainsi, le mari de la belle Clémence est un parolier qui a connu un succès planétaire avec une chanson, chanson autrefois chanté par Clémence. Mais lorsque sa femme est kidnappée et que les ravisseurs lui envoient par la poste une phalange du petit doigt, le mari n’est pas ému.

Comme d’habitude, le romancier nous abreuve de descriptions minutieuses et prolifiques tant sur les lieux que sur les objets; le langage est très imagé. Et comme d’habitude nous allons voyager beaucoup entre Paris, la Creuse et la Corée du Nord. Jean Echenoz s’amuse avec le lecteur; il définit par moments de façon assez floue les personnages et les situations pour nous mener en bateau là où il veut en nous faisant moult apartés et clins d’oeil.

Didier Smal (cf La cause littéraire) a écrit justement ceci…quant à l’histoire, comme d’autres avant, elle entraîne le lecteur dans un voyage improbable sans que cela soit fastidieux. Dans Jean Echenoz, sous un prétexte magnifique par son incongruité absolue. Echenoz excelle, son minimalisme ou sobriété stylistique, fait mouche à chaque phrase.

Voici page 99 une description echenozienne du couple Pognel- Marie Odile : l’un ayant pu nous paraître une épave aboulique, l’autre une implacable harpie, on ne pouvait guère envisager d’autre existence commune à ces deux-là que sur un mode SM élémentaire, quotidien scandé d’insultes et d’ecchymoses, œil au beurre noir et dents brisées, Royal Canin en plat unique suivi d’une pincée de Destop dans le café.

Des lectures de cet acabit sont rares dans la littérature française contemporaine et c’est un peu dommage car c’est jouissif de pouvoir sortir du cadre nombriliste et/ou pessimiste de notre littérature contemporaine.

ENVOYÉE SPÉCIALE, Les Éditions de Minuit 2016,  ISBN 978-2-7073-2922-6

La lámpara de Aladino de Luis Sepúlveda

Afficher l'image d'origineLuis Sepúlveda es un escritor, periodista y cineasta chileno (Ovalle 1949), autor de cuentos y novelas. El hombre fue un verdadero globe- trotter entre los años 1983 y 1988. Desde 1997, el escritor reside en Gijón, España.

Como escritor, saltó a la fama en 1992 con su precioso libro Un viejo que leía novelas de amor, una novela que fue el resultado de la convivencia durante 7 meses con los indios shuar o jíbaros en la selva ecuatoriana. Este libro fue llevado dos veces al cine : por el chileno Miguel Littin en el 2000 y por el australiano Rolf de Heer en el 2001, película que vi y que me gustó, con Richard Dreyfuss en el papel del viejo; el libro se vendió a más de 18 millones de ejemplares y  fue traducido a 14 idiomas.

Le he leído muchos libros, aunque puedo encontrarlos algo desiguales en interés; en todo caso  me gusta su escritura sencilla, llena de anécdotas y aferrada a un realismo social y geográfico. La escritura de Sepúlveda  aparece como una evolución del neorrealismo hacia nuevas tendencias. Por ejemplo, Hot line (1999) es un relato corto, pero intenso y truculento que relata las aventuras de un detective privado de origen mapuche, un auténtico cazador de cuatreros, catapultado a la capital (Santiago) por haberse atacado a un hijo de general. El cuento para niños Historia de una gaviota y el gato que le enseñó a volar (1996); de esta obra el italiano Enzo D’Alò hizo una preciosa película de animación que se estrenó en 1998 : es un cuento tiernísimo entre gatos « humanos » y la gaviota, a veces muy divertido donde se vislumbra el lado nómade de Sepúlveda. Historias marginales (2000) son 35 historias cortas de gente que el autor conoció a través del mundo; en un estilo conciso que va directo al corazón; el relato que más me gustó es el del gato Zorba que fue gato de la familia; hay también en el libro abundante crítica política hacia la junta militar chilena. Nombre de torero (1994) es un relato super entretenido, azaroso entre Alemania y Chile donde antiguos combatientes comunistas parten a la caza de 63 monedas de oro robadas por dos policías de la RDA en 1941 y que van a esconder en la Patagonia (Sepúlveda retomará la idea de monedas de oro escondidas, también en la Patagonia en su cuento La porfiada llamita de la suerte), hay también un fondo histórico con la caída del muro de Berlin. Los peores cuentos de los hermanos Grimmescrito con el uruguayo Mario Delgado (2004) es un libro que me hizo reír a carcajadas por lo truculento; está escrito de manera epistolar entre dos catedráticos que intercambian correos sobre unos payadores gemelos uruguayos. Esto es pretexto para reírse de todo y de todos: de la política, de los chilenos, de la farándula, de la vieja Europa. Nadie se salva y el tono es francamente jocoso, me lo recomendó una librera uruguaya, qué acierto! La sombra de lo que fuimos (2009) se ganó el Premio Primavera de Novela del mismo año, es un libro sobre el regreso a Chile de izquierdistas del exilio que van a organizar un hold-up 50 años después que los propios padres anarquistas; es el pretexto para contar las vivencias de los chilenos que retornan del exilio, de esa generación nacida en el extranjero después del golpe de 1973; es una novela más bien de poca monta para mi gusto. También me gustó mucho el libro que dedicó a los orígenes gallegos de su familia paterna, una preciosidad.

La lámpara de Aladino es una recopilación de 12 cuentos, que insertados en el volumen importante de libros leídos a Sepúlveda, (faltan títulos porque años ha, no hacía fichas de lectura) resultan algo desiguales en interés, aunque bonitos y graciosos por momentos, en ese estilo inimitable del autor.

La porfiada llamita de la suerte es lindo : un veterano patriarca patagónico tiene su perro rémora, el Cachupín VI (la sexta generación de cachupines); el veterano habría encontrado un tesoro escondido por el forajido Butch Cassidy y sus dos secuaces que anduvieron escapando por la pampa. El problema es que cada vez que el veterano saca una moneda de oro del escondite, desata las pasiones de codicia más salvajes, de manera que el viejo va idear una manera justa e imparable para sacar monedas y aprovechar ladinamente este dinero. Porque el veterano es sabio y sabe que no hay otra forma de hacer las cosas « porque la vida es así ».

Hay muchas alusiones a hoteles en los cuentos de Sepúlveda, probable influencia de su larga vida errante, un elemento que agrega cierta extrañeza a los relatos, con encuentros y desencuentros, soledad, intemporalidad.

Cena con poetas muertos me gustó porque narra muy bien esa camaradería entre amigotes, con un ambiente que se siente muy chileno en el cuento.

El ángel vengador me encantó, es una historia policial con un detective alemán maniático y ecológico, muy divertida.

Doce cuentos que resultan una obra menor entre tantos otros libros del inefable Luis Sepúlveda con ese talento que le es bien propio y que supo encontrar. Y gracias Xime por este simpático regalito que me trajiste de Roma.

LA LÁMPARA DE ALADINO, Maxi Tusquets 013/2  2008,  ISBN 978-84-8383-548-7

Le semeur d’alphabets de Jean Anglade

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Jean Anglade est un écrivain français (Puy de Dôme 1915), très prolifique (une centaine de publications !), avec plusieurs casquettes: romancier, biographe, historien, essayiste, humoriste, traducteur de l’italien, poète et scénariste.
On le connait comme « le Pagnol auvergnat » et aussi comme « le patriarche des lettres auvergnates »; c’est une référence littéraire en Auvergne, comme Alexandre Vialatte, Henri Pourrat, Lucien Gachon, Aimé Coulaudon, Marie-Aimée Méraville, Jean-Émile Bénech et Pierre Moussaire.

Sa littérature est une littérature de terroir, avec des romans savoureux et hauts en couleur, faits d’un mélange d’humour et de bon sens paysan, de malice et de franchise crue; en fait, ses livres sont de véritables documentaires sur l’Auvergne bien que le romancier dise « ma véritable région, ce n’est pas l’Auvergne, c’est l’Homme ».

En mars 2015 j’ai commenté ici ma découverte de Jean Anglade dans le cadre de « Masse Critique » de Babelio, c’était son roman de terroir « Le tour du doigt« (1977). J’ai beaucoup aimé. Ensuite j’ai commenté  en septembre 2015 Le sculpteur de nuages (2013) que j’ai aimé modérément car je l’ai trouvé moins intéressant.

Le Semeur d’alphabets (2007) fut aussi une lecture mitigée; j’ai trouvé que le roman avait un côté assez naïf pour la partie qui se passe au Congo, même si les anecdotes sont savoureuses. Quant à la partie auvergnate, elle est toujours haute en couleur, riche en patois et en connaissances attenantes à l’Auvergne.

C’est l’histoire de Romain Fougères, qui sera élevé par sa grand mère Léonie, une Chassaignasse redoutable qui avait la fonction de sacristine à la paroisse, une femme courageuse et travailleuse qui avait du mal à joindre les deux bouts; Romain va rentrer dans le métier de l’imprimerie à l’âge de 14 ans  par le biais de son père qu’y travaillait aussi. Il apprendra tous les rouages du métier et deviendra un ouvrier hautement compétent. Ceci nous vaudra de connaitre tout un vocabulaire attenant à l’imprimerie. Il fera un mariage d’amour avec la fille du boucher, Jocelyne Sibelle, étudiante en Sup de Co. Jocelyne lui donnera 2 filles, Lucile dite « l’institutrice » et Valentine appelée « la cuisinière ».

Il est question d’Alexandre Vialatte dans cette histoire, qui travaille dans le même journal que Romain, présenté vers 1955 comme un écrivain de génie mais aussi comme un doux dingue et qui deviendra un ami de Romain. Voici sa description : sa figure était sérieuse, belle, les traits un peu tirés, elle révélait un âge et une intelligence retenus. De taille moyenne, ennoblie par un chapeau de coutil relevé sur la nuque, il marchait droit, d’un pas tranquille, s’arrêtait parfois pour contempler un pavé ou un pigeon. Son rire quasi muet lui secouait les épaules. Pour lire, il portait des lunettes aux verres immenses comme des hublots. Sa main était chaude, ses doigts puissants, tels ceux des charpentiers. Il noircissait ses feuilles au porte-plume. Son écriture était longue et penchée, presque anglaise, et remplie de majuscules. Quoique d’origine auvergnate, il habitait sur les rives de la Seine, ce qui lui permettait de donner aux lecteurs « montagnards » des nouvelles auvergnates. Avant de collaborer à notre journal, il s’était fait connaître dans Marie Claire, Paris Match, Opéra. Certains de nos lecteurs détestaient ses chroniques auxquelles ils ne comprenaient pas grand chose. D’autres les adoraient.

Lorsque Romain sera à la retraite on lui proposera de partir en mission bénévole en République Populaire du Congo pour installer une imprimerie typo-offset, exactement à N’Kayi, une ville de 40 000 habitants. C’est ainsi qu’il s’auto dénommera « le semeur d’alphabets ». Curieusement ce voyage durera deux années pendant lesquelles il sera séparé de sa femme qui avait opté de rester en Auvergne pour s’occuper de ses petits enfants. Romain restera deux années au Congo où il sera plusieurs fois malade et échappera à la terrible onchocercose ( maladie parasitaire très grave). Après le succès de la mission africaine, Romain se verra confier une autre mission humanitaire en Roumanie avec d’autres aventures en perspective, mais cette fois avec sa femme Jocelyne.

Le livre n’a pas réussi à me passionner comme si l’auteur nous narrait des bribes éparses qu’il essayait de coller en patchwork en se voulant attirant.

LE SEMEUR D’ALPHABETS, Pocket 13608 (Presses de la Cité 2007),  ISBN 978-2-266-18121-4