Archive | juin 2012

Y que se duerma el mar de Gustavo Martín Garzo

Escritor vallisoletano, nacido en 1948, licenciado en Filosofía y Letras, especialidad en Psicología, fundador de revistas literarias. Casado con la escritora Esperanza Ortega.

Le he leído dos  libros :  «  Las historias de Marta y Fernando « , Premio Nadal 1999,  que relata el mutuo conocimiento  día a día de una pareja de recién casados con sus dichas y desdichas y  » El pequeño heredero  » de 1997 escrito en buen castellano , pero con párrafos interminables, un poco espeso , que relata la vida en un pueblo remoto allá por los años 1936, de una chica joven y bella, Remedios,  que se hace cargo afectivamente de un pobre huérfano llamado Ismaelillo que será su amuleto y a quien iniciará en el aprendizaje de la vida. No le he leído «  El lenguaje de las fuentes  » que le valió el Premio Nacional de Narrativa en España en 1994 y donde Martín Garzo da la palabra al mundo simbólico de la Biblia.

El libro de esta reseña me atrajo por su tema: la infancia de María, la madre de Dios, tema sobre el cual se sabe tan poco , así como poco se sabe sobre la infancia y la juventud de Jesús. Es un libro un poco extraño , entre sueño y realidad, muy poético, lleno de bellas historias y que deja de María una impresión de dulzura y de mansedumbre increíbles.  Uno de los temas es el dolor, el sufrimiento de los inocentes, la enfermedad, el fracaso. Pero el autor incurre en una herejía afirmando en su ficción que la Virgen era manca de nacimiento, le faltaba la mano derecha lo que causó grandes pesares a sus padres que eran de edad avanzada.

María nació en Emaús, no lejos de Jerusalén y su nombre tiene varias traducciones, en el libro se admite que viene del hebreo que significa « amada « , era hija de Ana y de Joaquin, ricos terratenientes. María se crió rodeada de esclavos y servidumbre. Tenía también sangre moabita, los moabitas eran descendientres de las hijas de Lot, y estaban excluídos de  la comunidad israelita, pues habían rechazado el paso de los supervivientes del Exodo, aunque los matrimonios entre israelitas y mujeres moabitas nunca faltaron ( el rey David provenía de uno de esos matrimonios).

La infancia de la Virgen fue contemplativa, aislada , tenía visiones, premoniciones, presentimientos que anticipaban sucesos futuros en el mundo que compartía con los demás.

A la edad de 14 años su madre ya viuda, la comprometió con José de Nazaret que tenía tres veces su edad y era viudo con dos hijos, carpintero de profesión y bastante holgado. Segunda herejía de Martín Garzo que lo hace tartamudo, aseverando que lo era desde pequeño y que era pesado de boca y de lengua, sin poder hablar de forma fluida, especialmente cuando se sentía tenso.

Cuando María se supo preñada , y según alguna profecía que le habían hecho, tuvo pánico que le fueran a robar su criatura y venderla como esclavo,como hacían con los hijos de otras mujeres porque a imitación de los romanos, se  abandonaban los hijos que no se querían criar. El recién nacido era colocado a los pies de su padre; si este se inclinaba y lo levantaba entre sus brazos, significaba que lo aceptaba; pero si le daba la espalda, el niño era abandonado. Abandonar a los niños, y en especial a las niñas, a los inválidos y enfermos, era una costumbre muy común entre los romanos. Incluso muchos pequeños eran vendidos en el mercado como mascotas de los adultos o como bufones para las fiestas ( pg 108 ).

Lo que resalta muy bien en el libro es la constante transhumancia de las personas en esta época remota: siempre estaban viajando entre dos puntos, a pie  o a lomo de burro o de camello y a menudo en caravanas. Y pasaban de Europa hasta Egipto pasando por Asia Menor como algo de lo más natural.

El Título del libro emana de un poema de Simonide de Céos, poeta lírico griego, el primero que cantó los hombres y no los dioses o los héroes:  » Quiero que duermas, niño; y que se duerma el mar, que al fin se duerma esa aflicción inacabable « .

¿Acaso la lectura de este libro me ha aportado algo ? No, nada, un leve placer de lectura. Y no me agrada que se fantasee sobre la Virgen, las cosas de la fe son intangibles.

Aquí va un enlace para escuchar a Martín Garzo hablar de su libro :

http://cervantestv.es/2012/06/11/entrevista-a-martin-garzo/

Y QUE SE DUERMA EL MAR, Lumen-narrativa,2012   ISBN  978-84-264-0

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Le coeur d’une autre de Tatiana de Rosnay

Écrivain, journaliste et scénariste franco-britannique née en France en 1961 et qui peut écrire directement en français ou en anglais. Au moins trois de ses livres ont été publiés d’abord en anglais. Elle connaît un  franc succès à partir de 2007 avec le roman  » Sarah’s key » traduit en français par  « Elle s’appelait Sarah« , livre porté à l’écran en 2010  par Gilles Paquet-Brenner et avec Kristin Scott Thomas dans le rôle de la journaliste américaine; film  qui connut un grand succès mérité car l’adaptation à partir du livre était remarquable.

Tatiana de Rosnay a été le huitième écrivain le plus lu en Europe en 2010 et le cinquième auteur français le plus lu en 2011. Beau palmarès.

Je l’ai connu   avec le livre  » Elle s’appelait Sarah » que j’avais énormément apprécié: une double histoire parfaitement imbriquée avec un tempo impeccable. J’avais particulièrement aimé le côté « pieds dans le plat » du personnage de l’américaine vis à vis de la réalité historique française.

D’autres lectures ont suivi :  » L’appartement témoin«  qui reprend l’envoûtement exercé par des lieux, roman très bien écrit et bien ficelé, ayant le mot juste, l’émotion au fil des lignes, le portrait parfait et l’intrigue palpitante. Puis  » Rose«  que j’ai moins aimé car se voulant roman historique axé sur le Paris du Baron Haussmann en 1860, livre aussi hanté par des lieux , ici la rue Childebert dans le Marais, livre  qui m’a semblé un peu long.  Puis un vrai thriller avec  » La mémoire des murs« , histoire d’une malheureuse divorcée de 40 ans qui loue un appartement ayant  été le lieu d’un crime atroce perpétré par un tueur en série . Sans oublier  » Moka «  qui est aussi un roman sur l’obsession des lieux :  un adolescent est renversé par une voiture et se retrouve dans le coma, avec la descente aux enfers de la famille;  bon livre, à l’écriture nerveuse, efficace. Un autre roman sur le mode du thriller super efficace est  » Le voisin « : du pur style à la Tatiana de Rosnay, avec un suspense qui va crescendo avec sa dose d’angoisse.

J’apprécie de cet écrivain le style direct, non alambiqué, sa préférence pour les lieux fermés qui recèlent des secrets, ses histoires familiales compliquées, la pertinence des sentiments, la justesse du ton, le sens du rythme et la maîtrise du suspense.

Quant au livre de cet article, il m’a bien plu par l’originalité du sujet abordé: un quadragénaire, Bruce Boutard, divorcé, bourru, gros fumeur, misogyne (  » les bonnes femmes et les artichauts c’est pareil. Le coeur est sous les poils !) et pas mal négligé de sa personne, apprend brutalement qu’il est atteint de cardiomyopathie dilatée et que seule une greffe cardiaque peut le sauver. La transplantation d’organe aura lieu assez rapidement, ce qui est une chance immense, mais notre homme notera avec stupéfaction que sa personnalité va changer au fil des jours.

Tout d’abord il deviendra ordonné, propret, même coquet, voulant tout changer autour de lui. Mais le plus étonnant ce sera la découverte de la violente émotion qu’il éprouve devant la peinture en général, et , en particulier, du Maître florentin du Quattrocento : Paolo Uccello. Ce sont de véritables crises de tachycardie allant jusqu’au malaise qu’il sentira devant cette peinture . Mais ici il ne s’agit nullement du syndrome de Stendhal, puisque seulement la peinture d’Uccello lui provoque l’accélération du pouls. De fil en aiguille il va comprendre que cette nouvelle sensibilité lui vient de son nouveau coeur et il deviendra obsédé d’apprendre l’identité du donneur. Grâce à la secrétaire du cardiologue qui l’a operé, il saura qu’il s’agissait d’une jeune femme morte dans un accident de la route, restauratrice de tableaux anciens, ceci lui fera comprendre certaines nouvelles sensations  éprouvées:  son changement radical de caractère, sa sensibilité nouvelle. Dès lors il n’aura cesse de connaître un peu plus sur la donneuse d’organe.

Tatiana de Rosnay émet une hypothèse intéressante : la greffe d’un organe, peut-elle modifier une personnalité ? dans quelle mesure ? Son père , le scientifique Joël de Rosnay dans la préface de la dernière réédition , donne une réponse possible avec la nouvelle branche de la Génétique appelée l’épigénétique où les scientifiques pensent que l’action de certaines hormones, de nouvelles régulations du métabolisme, le ressenti intérieur de ce qui se déroule dans le corps ont certainement une influence sur le cerveau et , indirectement, sur les fonctions fondamentales des organes et leurs interdépendances ( préface de Joël de Rosnay, édition 2011 ).

Lorsque Bruce Boutard découvre le panneau d’Uccello aux Uffici de Florence ( un panneau sur les trois existants sur La Bataille de San Romano, les deux autres étant, l’un à Londres et l’autre au Louvre à Paris ), la description faite du tableau est superbe :...je fus frappé par la netteté des contours et des tons. C’était un grand tableau  sombre aux teintes ocre et bistre, peint avec une vigueur candide et une rigueur des lignes qui me fascina. Intrigué par le tumulte discipliné de l’oeuvre, la symétrie parfaite des lances et des plumes plantées dans les armets, il me semblait que je me trouvais transporté au milieu d’une bataille. J’entendais la clameur sourde d’une lutte, le choc de boucliers contre armures, les bruits métalliques des cuirasses, des épées, des glaives, les hennissements des chevaux enchevêtrés, harnachés de pourpre et d’or, dont deux gisaient au sol, l’un agonisant, l’autre figé par la mort… Derrière la violence de la bataille s’étirait un paysage tranquille; des vendangeurs travaillaient dans les vignes, et un chien poursuivait des lièvres à travers champs ( pg 61 )…

Il est question à plusieurs reprises de la peinture de ce Maître, raison pour laquelle je vous donne un lien afin de l’admirer et de s’imprégner de sa thématique.

http://www.aparences.net/le-quattrocento/paolo-uccello/

LE CŒUR D’UNE AUTRE, Le Livre de Poche, 2011  ISBN  978-2-253-12772-7

Visitas después de hora de Mempo Giardinelli

Otro libro del excelente escritor argentino Mempo Giardinelli,( leído gracias a  Graciela) : nuevo encantamiento y la constatación de la fascinación del escritor  por las familias tentaculares, clánicas, complicadas :  » las mejores como las peores familias, esas que imponen silencio, el hacer como lo que es lo que no es: tapar, ocultar, disimular. Esos oficios de familia. Esos verbos del afecto mal dirigido y peor contenido (pg  35)  … Ya sabemos que en las familias todo se exagera, todo es superlativo, por lo menos en las palabras, porque en la realidad, y sea la realidad lo que sea, o lo que entendemos por realidad, en la realidad son un grupo humano tan comun y dispar, y meritorio y condenable, como cualquier otro (pg  141)… Las historias de la vida cotidiana de una familia -que hacen su tradición y son su tesoro- vienen a ser al mismo tiempo un limite, el recorte de su capacidad de crecimiento. La prisión de sus ideas ( pg 42).

¡ Ah !, como se aplica bien la frase de André Gide en  » Los alimentos terrestres » : Familles, je vous hais ! (=  ¡Familias, os odio !)

Estuve un poco perdida con la temporalidad del relato y tardé en situar los sitios de la acción que  transcurre entre Buenos Aires, Estados Unidos y México . El autor hace comparaciones entre México y los EEUU y escribe : …añorando México porque le parecía que la vida era más humana, aunque en México hay mucha violencia, asaltos y lo que sea, pero la gente es GENTE, en cambio los gringos parecen autómatas, es un país de robots sin sentimientos. Trabajan casi todo el tiempo y el resto del día ponen cara de culo. Son las mejores cosas que hacen los gringos: trabajar como enajenados y poner cara de culo…( pg 80 ).

El relato es poco claro en varios aspectos : la vida exacta del padre, su enfermedad, su punto de vista personal ante algunas situaciones; pero quizá el autor  quiso pasar el mensaje de que la verdadera vida tampoco es muy clara ni lineal . Aquí Giardinelli emplea a veces locuciones muy divertidas como cuando califica al gringo Chris ( segundo marido de su ex- mujer)  como  » más frío que culo de pingüino« .

¿ Cual es el tema ? Un hombre se muere en una clínica bonaerense,  deja tres hijas nacidas en Argentina, pero criadas en México después de un exilio forzoso  por razones políticas.  Estas hijas que hablan como verdaderas mexicanas  tienen una verdadera adoración por este padre ausente que no se preocupó de ellas en ningún momento, pero que ejerció  una fuerte seducción sobre las tres : papi-luz. Papi-fracaso. Papi-inseguridad y papi-llanto. Papá-ausencia, éso, todo se reduce a éso: ausencia, vacío, nada (pg 97). Las tres chicas están muy mal psicológicamente y la madre, divorciada desde hace mucho de este hombre, aún peor porque a ella le tocó una época todavía hostil para las mujeres, y dos familias muy dificiles : la de sangre, que es tan arbitraria, mezquina, incapaz de disfrutar nada; y la familia política: clánica y llena de conflictos nunca expresados, hecha de silencios y culpas y vaya a saber cuantas otras cosas feas.

Es increíble la cantidad de estragos que este hombre tan ausente pudo provocar en estas personas. El  tuvo una vida difícil, estuvo en prisión por delitos mayores que no son explícitados en el texto, pero que sirven para sugerir que en prisión sufrió las  peores vejaciones que es dable sufrir. Este hombre, que no tomará la palabra en ningún momento, séra también adorado por varias otras mujeres (amantes) de manera incondicional.

El titulo de la novela viene de la observación de la hija mayor del moribundo, su preferida, Flora,  quien señala justamente tras pasar días y días a la cabecera del padre agonizante, aliviada y a veces contrariada por las visitas que nunca llegan cuando debieran, que llegan casi siempre después de hora, algunas completamente inesperadas, inoportunas, e incluso algunas que ni siquiera se corporizan y son sólo papeles, recuerdos, sonidos de la noche o, digámoslo de una vez, presupuestos todos del dolor (pg 156).

VISITAS DESPUES DE HORA, Ediciones B, 2003,   ISBN 84-666-1104-5

Los enamoramientos de Javier Marías

Ultimo libro del conocido autor madrileño y primer libro leído por mi en formato eBook  : experiencia traumática para alguien que ama tanto los libros en formato papel, pero experiencia insoslayable, producto de la tecnología acelerada a la cual estamos sometidos. No he  incurrido en la compra de una tableta numérica, sino que deseando leer el último libro de Marías,  portador de  un título tan exquisitamente sugerente, y estando éste disponible sólo en numérico en este momento, en la Biblioteca del Instituto Cervantes, pues bien,  la experiencia se impuso. Y pienso que también hay una buena concatenación con la reseña del libro anterior  » La liseuse » , que trata de la irrupción del numérico en la vida de un editor tradicional.

Lectura con un Kindle y la sensación de tener un objeto frío en las manos, también un poco pesado. Ventaja de acarrear un libro de 400 páginas en un volumen  reducido, lo que puede resultar interesante durante un viaje. Inconveniente de no tener numerotación en las páginas, lo que es un handicap cuando se quiere  » trabajar  » el libro.

No me gustó esta lectura y parafraseando à Marías quien abunda en referencias shakespearianas, yo diría que es un libro   » con mucho ruido y pocas nueces » , o como diría el Señor Marías :  » much ado about nothing« , páginas y páginas de espesa lectura, repeticiones, iteraciones, digresiones, lectura estéril y por momentos latosa. Una conocida mía , utilizó para este tipo de lectura un epíteto magistral que le iría como anillo al dedo , pero que no voy citar por tener la pretensión de ser una persona refinada. Por momentos me preguntaba qué diablos estaba leyendo y volvía a leer el párrafo para tratar de retomar el hilo.  Para volver a la reseña del  libro, el título está muy acertado porque es cuestión del enamoramiento a varios niveles, con una teoría malsana que postula que el enamoramiento puede conducir a la enajenacion y ésta a cualquier delito, incluso al asesinato.

La trama del  libro  cuenta la historia  de una pareja perfecta, observada durante años en una Cafetería por una chica, María Dolz, que trabaja en una editorial madrileña cercana a esta Cafetería y quien aprende bruscamente que el varón de la pareja ha sido asesinado.  Ella se acercará  a la viuda y aprenderá cosas sobre la pareja, entre esas cosas, que  el mejor amigo de la víctima, estaba enamorado desde hacía tiempo  de la hoy  viuda . María Dolz a su vez, se enamorará del amigo enamorado de la viuda . Y a su vez un amigo del amigo se enamorará de ella. ¡ Vaya vaudeville ! ,un   » chassé-croisé  »  amoroso enrevesado. Lo que resulta interesante, es  comprobar que el enamoramiento puede ocurrir a niveles muy diferentes, con consecuencias psicológicas muy diferentes para cada uno de los protagonistas y con una falta de sincronía notable.

Es también cuestión de muertos en este  libro, pero aquí es la antítesis de lo profesado en el libro del argentino Martín Caparròs :   » Los living « ,  donde los muertos deberían volver para ocupar un lugar físico en la vida cotidiana de los vivos, nada menos que instalados en los livings y transformados en bártulos de la cotidianedad;  en cambio en el libro de Marías, los muertos no deben volver porque solo podrían ocasionar molestias en la vida de los vivos del punto de vista material :  ¿ qué harían los vivos con las herencias, por ejemplo ?.

LOS ENAMORAMIENTOS, eBOOK, 2011    ISBN  978-84-204-9472-2

La liseuse de Paul Fournel

Fichier:Paul Fournel salon du Livre 2012.jpgPaul Fournel est né en 1947 à Saint Etienne ; c’est un écrivain, poète, auteur dramatique et éditeur,  ancien élève de l’Ecole normale supérieure de Saint Cloud, Directeur de l’ Alliance Française à San Francisco entre 1996 et 2000, attaché à l’Ambassade de France au Caire entre 2000 et 2003. Il a aussi enseigné le français dans les universités de Princeton et du Colorado. Il possède plusieurs casquettes car il est aussi critique gastronomique à la revue Télérama.

C’est le premier livre que je  lis de lui. Il s’agit d’un livre cité dans plusieurs blogs littéraires, comme un livre irrésistible sur le thème de la tablette de lecture et le milieu de l’ édition, ce qui a piqué ma curiosité insatiable en matière de lecture. Je l’ai donc acheté  en me disant que j’ allais pouvoir  pénétrer dans un monde où le livre était roi…

Ce roman raconte la vie de Robert Dubois , éditeur à l’ ancienne, prototype du gentil blasé et délicat, qui a du mal à vendre dans son métier, et où la perle rare est quasiment introuvable, métier fait de  lectures fastidieuses, de successions de bad-sellers plutôt que de best sellers et où les histoires manquent d’originalité, car tournant  presque toujours autour de…  » le jour où une fille rencontre un garçon »… Puis un bon matin débarque sur son bureau   une liseuse apportée par une jeune stagiaire.

Il y a peu de renseignements  sur l’intrusion dans la vie de Robert Dubois, de la tablette de lecture, appelée aussi liseuse, ou eBook ou Kindle , du nom commercial bien connu. Cela pourrait signer, après tout, la fin de son métier d’ éditeur. Le marché du livre numérique est florissant aux États Unis : 8.5% du marché en 2010 avec une prévision de 20 à 25% pour 2015, versus moins de 1% en France pour 2010.

Nous sommes dans le monde de l’édition où les livres sont avant tout des objets d’ intérêt pécuniaire avant de représenter un intérêt littéraire. Il s’agit avant tout de VENDRE et de damer le pion à la concurrence.  Voilà un milieu d’un parisianisme exacerbé, avec ses codes, son langage vernaculaire, ses manies, son nombrilisme. Il y a de l’humour c’est vrai, souvent spirituel mais pas toujours accessible au profane.

On connait le point de vue de Paul Fournel sur le numérique. Selon lui, outre la simplification de la recherche, le numérique permet de redonner vie à des formes dont le papier ne veut pas ou ne veut plus, et que les éditeurs boudent. Il pense que d’autres phénomènes vont naître du format électronique; on peut imaginer une poésie dont le poète fixe le rythme de lecture ou bien le cas d’ écrits sous  formes interactives dans certains blogs, ou encore des créations partagées, où l’un rebondit sur ce qu’a écrit l’autre. Il y aurait ainsi des champs infinis à creuser (  Télérama  N° 3256  pg 28).

Il paraît que ce livre est écrit en forme de sextine qui serait une forme poétique inventée au XII siècle et qui consisterait à respecter le nombre de strophes et la rotation des mots à la rime. C’est un livre léger, avec de l’humour  doux-amer qui décrit un monde qui disparaît, avec des références culinaires irrésistibles comme le paragraphe sur la dégustation d’artichauts. La fin du livre est belle et pudique.

LA LISEUSE ,  Ed . P.O.L. 2012    ISBN   978-2-8180-1417-2

Pasado perfecto de Leonardo Padura

No es necesario presentar a Leonardo Padura Fuentes, autor cubano exitoso de policiales con su detective Mario Conde  y traducido en varios idiomas.

Es la tercera reseña de un libro suyo en este blog.  Y ” Pasado perfecto” es el primero  de la tetralogía sobre el detective-teniente Mario Conde conocida como ” Las cuatro estaciones “; estamos en el invierno habanero: cae una llovizna fría, que dura hasta la madrugada y se añora el sol potente de esa misma mañana. Con la lluvia las calles quedan desiertas y una abulia gris domina una ciudad que vive en el calor y se recoge con aquella tímida frialdad y un poco de agua. El lánguido invierno tropical va y viene, incluso en el plazo de un mismo día…(pg 72)

Mario Conde nos cuenta su pasado en el Pre-universitario donde conoció a todos sus amigos que iremos re-encontrando en los opus sucesivos. Y sabremos también que su compañera Tamara ejerció un tremendo atractivo físico sobre él. El destino hará que se reencuentren en condiciones dramáticas ya que el esposo de Tamara desaparecerá y es Mario Conde el encargado de investigar el caso.

El marido de Tamara era un líder en el Pre universitario, un tipo exitoso, canchero, brillante,  seguro de si mismo y a quien todo le resultaba bien. Terminó ocupando alto cargo en el Ministerio de la Industria, con viajes al extranjero y mucho dinero de por medio con los contratos negociados. Pretexto para Padura para relatarnos el grado de corrupción al que pueden llegar altos cargos de la función pública en Cuba.

Este reencuentro con Tamara va a cristalizar en un ligue bastante fuerte y tórrido porque la verdad es que Tamara estaba muy dejada por el marido y la disponibilidad  afectiva de Mario Conde hará el resto, a pesar de haber transcurrido 17 años. Esta relación está condenada al fracaso porque los protagonistas pertenecen a mundos diferentes.

El libro sirve también para saber sobre las otras amistades del pre universitario, como por ejemplo con el Flaco Carlos, hoy un obeso recluído a una silla de ruedas, a la madre del Flaco, la buena Josefina alias Jose quien lo quiere como un hijo y le cocina ricos platos caseros, como el bacalao a la vizcaína, arroz blanco, sopa polaca de champiñones mejorada con acelga, menudos de pollo y salsa de tomate, plátanos maduros fritos y ensalada de berro, lechuga y rábano.

Estamos en La Habana y el Viejo, o sea, el jefe de Mario Conde es un fino conocedor de puros, llamados habanos en esas tierras cubanas. Tenemos unos párrafos doctos de la parte del Viejo en materia de tabaco : …”cuando uno está así, tenso, y siente que no puede pensar mucho, lo mejor es encender un habano, pero no encenderlo por darle candela y tragar humo, sino para fumarlo de verdad, que es como único y el tabaco te entrega todas las bondades que tiene. Fumando así y haciendo otras cosas, estoy desperdiciando unos Davidoff 5000 Gran Corona de 14,2 centímetros, que se merecen una fumada reflexiva o que simplemente uno se sienta a fumar y a conversar una hora, que es el tiempo que debe durar un tabaco. Fumar un habano , no digo que un Davidoff 5000 o cualquier otro Corona bueno,  un Romeo y Julieta Cedros N°2, por ejemplo, un Montecristo número 3, o un Rey del Mundo de cualquier medida, sino un buen tabaco de  capa oscura, que tire suave y queme parejo: éso es la vida, Mario, o lo que más se parece. Kipling decía que una mujer es solo una mujer, pero un buen puro, como le dicen en Europa a los tabacos, es algo más…(pg 68).

Sin olvidar la música, omnipresente en Cuba y en los libros de Padura, como por ejemplo la canción de Los Beatles  a la cual Conde hace alusión varias veces porque estaba de moda durante su pre universitario: Strawberry Fields de 1967-68, un acto de magia irrepetible cuya melodía era la bandera de sus nostalgias por un pasado donde todo fue simple y perfecto:

http://www.youtube.com/watch?v=S7uBrx5aJ20&feature=related

O escuchar canciones de Benny Moré en el radio del automóvil, el bárbaro del ritmo cubano :

http://www.youtube.com/watch?v=fX0h5KEON9o&feature=relmfu

O escuchar boleros de Vicentico Valdés, Orlando Vallejo, José Tejedor y Luis Oviedo, Orlando Contreras…..boleros para bebedores a la luz del día que van narrando una larga crónica de desamores y tragedias.

PASADO PERFECTO,  Tusquets Editores 2000,   ISBN  84-8310-126-2

Le manoir de Tyneford de Natasha Solomons

Natasha Solomons est née en 1980, elle vit dans le Dorset, région rurale d’ Angleterre, avec son mari et prépare un PhD en poésie anglaise du XVIII.  Son premier livre «  Mr Rosenblum rêve en anglais  » connut un bon  succès (  » Mr Rosenblum’s list » ) et celui-ci a été encensé sur France Info par un libraire, ce qui m’a donné envie de l ‘acheter.

Cela a été une déception car si l ‘idée du livre était bonne, le personnage de la jeune fille juive, Elise Landau,  protagoniste de l’histoire, m’a paru manquant de consistance .Une famille juive autrichienne aisée et libérale se trouve en danger lors de l’Anchluss de l’Autriche avec l’Allemagne nazie en 1938. Les parents, Anna et Julien ont une très bonne position à Vienne: Anna est soprano de renom international et Julien un écrivain à succès. Ils ont deux filles: la fille aînée est mariée depuis peu et s’exilera avec son mari aux Etats Unis. La cadette, Elise sera envoyée comme servante en Angleterre. Comment imaginer que une famille juive aussi aisée que celle-ci avec un réseau de connaissances plus que probable, devra envoyer une jeune fille de 19 ans dans un pays étranger et comme servante…

Lorsque Elise parle de ses parents,  elle les appelle par leur prénom : Anna et Julien , jamais papa et maman. C’est d’une froideur dérangeante. De plus la fille ainée, mariée, part à New York avec son mari, comment ne pas imaginer qu’ils auraient pu emmener Elise…Et quand Elise apprendra la mort de sa mère dans un camp de concentration avec la mort du père par désespoir, elle , certes sera triste, mais cela manque de dramatisme.

Cette histoire est inspirée par des faits historiques : le village de Tyneham dans le Dorset fut confisqué par le War Office en 1943 afin d’utiliser les maisons comme cible pour les exercices de tir. Les habitants furent déplacés d’office et ne purent jamais retourner dans leurs maisons.  Aussi il est vrai que au  début de la Deuxième Guerre Mondiale et à partir des années 30, beaucoup de jeunes filles juives aisées arrivèrent en Angleterre avec un visa d’employées de maison.

Beaucoup trop de clichés dans ce livre, livre trop superficiel, on ne croit pas à l’histoire. Je regrette cet achat. Je me suis ennuyée.

La mère d’Elise Landau aimait composer des bouquets de fleurs dans sa cuisine en fredonnant le Duo des Fleurs de  Delibes ( pg 149 ), air qui est très beau à entendre et que je vous offre en version courte :

/www.youtube.com/watch?v=5Ek_VLRavGk

LE MANOIR DE TYNEFORD, Editions Calmann-Lévy 2012    ISBN 978-2-4314-8