Archives

Les trois jours de Pompéi d’Alberto Angela

Résultat de recherche d'images pour "i tre giorni di pompei alberto angela" Alberto Angela est un paléontologue, écrivain, journaliste et présentateur d’émissions culturelles italien (Paris 1962).

Les trois jours de Pompéi (2017) s’est vendu a plus de 200 000 exemplaires en Italie, un énorme succès pour ce livre reconstituant la vie à Pompéi et alentours, quelques heures avant le cataclysme de l’année 79 de notre ère. Ce drame tellurique aurait eu lieu en octobre et non au mois d’août comme cela a été évoqué le plus souvent. Aussi, ce n’est pas le volcan Vesube qui serait à l’origine de l’éruption mais le volcan Somma qui était bien camouflé dans le relief. Autrement dit, les pompéiens ne savaient pas qu’ils étaient au pied d’un volcan mais ils le voyaient comme un simple mont, même si les signes avant coureurs d’une explosion étaient nombreux.

Déjà en l’an 62 de notre ère, un autre tremblement de terre avait touché cette région de la Campanie, à tel point que beaucoup d’habitants avaient déserté le lieu et vendu leur logement principalement aux nouveaux riches de l’époque, les affranchis.

Le livre reconstitue la vie de Pompéi et d’autres lieux proches avec une abondance de détails de tout genre, ce qui donne un aperçu très vivant de la vie avant le drame à travers divers personnages ayant existé et ayant appartenu a des différents couches sociales. Leur vie était déjà sophistiquée à cette époque avec, par exemple, l’interdiction de circuler la nuit pour les véhicules à roues, ils pouvaient circuler la nuit grâce à des rails le long de trottoirs pour ne pas gêner les piétons. La vie de tous les jours est remarquablement décrite, comme par exemple la production du pain sous forme de miches qui étaient épicées. Les blanchisseries utilisaient l’urine pour traiter le linge ce qui fait que les urines étaient ramassées gratuitement dans des amphores disponibles dans les rues avec l’inconvénient en ville de devoir supporter des odeurs fortes; c’est pour cette raison que l’empereur Vespasien a décidé de taxer l’urine utilisée par les fouleries (des esclaves foulent au pied des vêtements dans un mélange d’eau et de substances alcalines comme la soude et l’urine) et de cette époque émane la phrase célèbre de Vespasien à ceux qui rouspétaient pour la taxe « pecunia non olet » c’est à dire l’argent n’a pas d’odeur. A l’époque,  la principale source d’informations en tout genre se situait au Forum, ensuite les informations circulaient dans les bars qui existaient en très grand nombre.

C’est vraiment très intéressant et facile à lire, très documenté,  même si je dois avouer que le ton employé m’a quelque peu agacé car plus destiné à des élèves du secondaire qu’à des lecteurs aguerris.

Quelques informations sont précises comme par exemple la taille des gens à cette époque: les hommes mesuraient 1,66 et les femmes 1,50 avec une espérance de vie autour de 50 ans; il a fallu 2000 ans pour doubler cette espérance de vie…

La grande déflagration du 24 octobre 79 a été précédée de 43 séismes dont un fort tremblement de terre en 62, si fort que beaucoup d’habitants nantis avaient déjà abandonné les lieux, Pompéi et la campagne environnante où des somptueuses demeures existaient. Cela fait que la ville de Pompéi était partiellement en reconstruction.

Le volcan Somma a déversé en 20 heures suite à l’explosion 10 milliards de tonnes de magma sur 15 Km et sur une épaisseur de 3 mètres par endroits, avec un débit de magma de 70 000 tonnes par seconde! Cette catastrophe a fait plus de 20 000 morts, c’est inimaginable et c’était difficilement évitable. Il paraît que entre le moment de l’explosion et la fin, les gens n’avaient que très peu de temps pour échapper à la mort.

Les dégâts ont été très différents à Pompéi par rapport à Herculanum. Dans cette dernière petite ville les gens ont été tués de façon immédiate par l’onde de choc thermique qui a atteint quelques 500 degrés avec la vague silencieuse de magma qui s’est propagée en 6 couches à 100 Km/heure ! A cette température la boîte crânienne éclate et le corps est calciné de façon instantanée de telle façon que les gens ont gardé la posture qu’ils avaient à ce moment précis. Heureusement qu’ils n’ont pas eu le temps de souffrir.

Un livre saisissant qui décrit bien ce que fût l’apocalypse pour tant de gens.

Je suis toujours épatée par la facilité avec laquelle voyageaient certaines personnes dans l’Antiquité. Ils allaient d’un site à un autre avec une grande facilité essentiellement par voie de mer.

LES TROIS JOURS DE POMPÉI, Payot 2017 (AA 2014),  ISBN 9798-2-228-91863-3

Pamela de Stéphanie des Horts

Résultat de recherche d'images pour "stéphanie des horts pamela"

Stéphanie des Horts est une romancière française, journaliste et critique littéraire (Tours 1965) auteure de quelques 8 livres et  elle serait spécialisée en littérature anglo-saxonne (Shakespeare, Jane Austen).

Pamela (2017) est une biographie romancée de Pamela Digby, fille du onzième baron Digby, une lignée de hobereaux désargentés du comté de Hampshire, au sud de l’Angleterre, une jeune fille de bonne famille devenue une courtisane de haut vol et qui a mené une vie trépidante et aventureuse à la « recherche du grand amour » si possible riche et glamoureux (pour employer un anglicisme). C’était une belle rousse intelligente avec un grain de peau magnifique et de bonnes manières, ayant le don des relations.

Pamela Digby se maria en premières noces avec le fils unique de Winston Churchill, Randolph Churchill, et ce fut un échec rapide et retentissant. De ce mariage très court naquit son seul enfant: Winston Jr. Randolph Churchill était alcoolique et joueur invétéré. En revanche, le beau père de Pamela, Winston Churchill, « dear papa« , l’appréciait beaucoup et recherchait sa compagnie. Cet homme politique a contribué à sa formation et ils sont restés en contact bien au delà du divorce.

Par la suite elle cumulera les amants aux noms prestigieux : Charles Fulke Greville, Ali Khan, Ed Murrow (son premier amant « pauvre »), Gianni Agnelli, Frank Sinatra, Maurice Druon, Stávros Niárchos, Porfirio Rubirosa, Élie de Rothschild, Leland Hayward qui l’a épousée, Averell Harriman (son dernier mari)…Elle a su garder le contact avec presque tous les hommes qu’elle a aimé car chaque fois elle croyait qu’elle tenait un vrai amour et se donnait entièrement avec chaque relation.

D’après le roman, l’homme qu’elle aurait le plus aimé ce serait Gianni Agnelli qui n’a pas voulu l’épouser.

A la fin de sa vie elle a réussi à se faire épouser par Averell Harriman et, devenue veuve à Washington, elle s’est montrée sans égal pour orchestrer des diners afin de récolter des fonds pour le parti démocrate. Elle a contribué ainsi à l’élection de Bill Clinton qui l’a nommée Ambassadeur des EEUU à Paris, en remerciement des services rendus.

Et c’est à Paris qu’elle est morte d’un AVC, dans la piscine du Ritz où elle se rendait chaque matin pour y faire ses longueurs…

Quel tempérament cette femme ! Quelle vie elle a mené ! Quelle ambition démesurée !

Le roman est dans un style assez télégraphique avec des phrases courtes et percutantes, c’est efficace pour raconter le personnage de Pamela Harriman, son dernier patronyme. Et l’on retrouve presque les mêmes personnages que dans le livre de Melanie Benjamin, Les cygnes de la Cinquième Avenue (2016).

PAMELA, Livre de Poche N° 35295, (SdH 2017),  ISBN 978-2-253-23799-0

Les trois saisons de la rage de Victor Cohen Hadria

Résultat de recherche d'images pour "les trois saisons de la rage victor cohen hadria"

Victor Cohen Hadria est un écrivain français (Tunis 1949), réalisateur pour la TV d’émissions médicales et de fictions.

Les trois saisons de la rage (2010) a été 3 fois primé : Prix du Premier Roman 2010 et Prix des Libraires + Prix Littéraire de la ville de Caen 2011.

C’est un livre que j’ai lu avec plaisir et pas mal d’émotion. C’est une étude de moeurs dans la France de 1859, essentiellement en Normandie mais aussi à Paris à une époque charnière du développement industriel dont l’avènement du train et d’autres progrès.

Le livre est monté de façon originale.

La première partie ou La rage de vivre est épistolaire. Deux médecins vont correspondre afin de  permettre à  Brutus Délicieux de garder le contact avec sa famille. Brutus est un conscrit de 20 ans parti faire la guerre en Italie du temps de Napoleon III. Ce Brutus Délicieux avait  tiré un bon numéro de la conscription, mais il l’a vendu à un autre paysan plus riche afin d’apporter un pécule à sa famille en difficulté. Il laisse au pays une fiancée, une pauvre fille malmenée et exploitée par un père cabaretier. Les deux médecins sont le Dr Charles Rochambaud, médecin militaire et le Dr Jean Baptiste Le Coeur (le bien nommé !), médecin de campagne à Rapilly dans la vallée de l’Orne. Brutus, sa fiancée et les familles respectives sont illettrés, d’où la nécessité de passer par un  scribe. Il se trouve que Brutus est l’ordonnance de Rochambaud et qu’au début de son service, il va s’avérer un subordonné attentif et exemplaire mais au gré de la campagne militaire, il va se révéler un être abjecte.

Rochambaud et Le Coeur se connaissent car le père de Charles Rochambaud avait fréquenté Jean Baptiste Le Coeur qui avait eu une aventure avec sa femme avant son mariage. Et si le Dr Rochambaud était en fait son fils? C’est tout dans l’air du temps jadis.

La deuxième partie du livre ou La rage d’aimer est le journal que tient le Dr Le Coeur, entre janvier et juin 1859. Ici nous avons le détail minutieux de l’exercice de son art, avec des patients appartenant à toutes les classes sociales, les histoires incroyables des villageois, et l’importance du facteur humain dans ce milieu rural lors d’un exercice qui va bien plus loin que la pratique de la seule médecine; les rapports de force  avec les autres acteurs sont très forts comme avec le guérisseur, le curé, la sage-femme.  Cet exercice d’une médecine balbutiante est très intéressant, une médecine qui n’a rien de scientifique mais qui commence à se poser des questions sur l’hygiène; c’est un un monde en pleine mutation où l’on se sert du « stéthoscope de Mr Laënnec » (1816) et des « préservatifs de Mr Hutchinson »(1853). Dans ces notes le Dr Le Coeur fait état de sa pratique quotidienne (éreintante) mais aussi de sa sexualité. Après un mariage heureux, il perd sa femme de maladie et quatre années après, il est taraudé par le démon de midi. Le lecteur  connaitra toutes ses turpitudes malgré une condamnation sans appel de la sexualité par la religion. En outre le bon Dr Le Coeur écrit avec ses moyens de bord un traité sur la rage ce qui donne le titre du roman.

La fin du livre est surprenante et quelque peu abrupte. Elle m’a laissé perplexe.

L’écriture est élégante, pertinente, avec quelques longueurs dans la deuxième partie, le langage est quelque peu anachronique ce qui ajoute du charme au livre.

LES TROIS SAISONS, Albin Michel 2010,  ISBN 978-2-226-21515-4

Des Éclairs de Jean Echenoz

Résultat de recherche d'images pour "des eclairs jean echenoz"

Jean Echenoz est un écrivain français (Orange 1947) qui a fait des études de Sociologie et de Génie civil. On vient de lui décerner le huitième Prix BnF (2016) pour l’ensemble de son oeuvre. Sa technique d’écriture est particulière car il alterne les figures de style, les jeux de mots, l’ambiguïté et use d’un symbolisme autour des noms propres de personnages. On dit aussi qu’il écrit des romans géographiques car on voyage beaucoup en le lisant. Il a su décaler son univers romanesque vers la sotie ou vers les récits excentriques à la façon d’un Sterne ou d’un Diderot, d’un Perec ou d’un Queneau. C’est un romancier inventif, un champion de la toponymie, un « nouveau romancier » mais pas  un romancier nouveau.

C’est le sixième livre d’Echenoz dans ce blog, la lecture a été toujours un plaisir renouvelé, car ses sujets varient beaucoup.

Je commence à lui trouver une petite ressemblance avec Jean-Paul Dubois, tous les deux très éclectiques et pince-sans-rire, avec une petite nuance il me semble : Dubois approfondit un peu plus la psychologie de ses personnages. Je les apprécie énormément tous les deux.

Des Éclairs (2010) est le dernier volet du cycle romanesque de 3 vies : une biographie basée sur la vie de l’ingénieur serbo-croate Nikola Tesla et le troisième après Ravel (2006) et Courir (2008) (sur le coureur tchèque Emil Zátopek). Je n’ai pas lu ni le premier ni le deuxième mais le troisième m’a intéressé à cause du nom Tesla porté par la voiture Tesla Model 3 que j’ai eu la chance d’essayer aux USA. Étonnante voiture. Et ce nom, qui a été invoqué par le propriétaire de la voiture a piqué ma curiosité, je ne savais rien sur lui.

Mais attention, le lecteur est prévenu par le romancier, il s’agit d’une « fiction sans scrupules biographiques » ! Et pour commencer, Jean Echenoz l’a prénommé Gregor tout court à la place de Nikola.

Nikola Tesla est né au sein de l’empire austro-hongrois, en terre croate bien que de famille serbe en 1856  et il est mort en 1943 à New York. Il a été très tôt brillant et a initié des études d’ingénieur, jamais achevées pour des raisons d’argent. Il n’empêche qu’il a été très tôt repéré et a pu partir aux USA directement dans le laboratoire de Thomas A Edison, patron de la General Electric qui l’a mal utilisé. Ensuite, il a atterri chez Georges Westinghouse, patron de la Western Union, éternel rival d’Edison et richissime homme d’affaires qui va le prendre sous son aile pour aussi l’exploiter et, notamment devenir encore plus riche grâce aux retombées de l’application du courant alternatif développé par Tesla. Les épisodes où Edison essaie de se venger de Tesla sont d’un comique supérieur notamment la supposée invention de la chaise électrique par un coup de marketing publicitaire absolument génial.

Mais ce Tesla était un homme hors du commun, au physique comme au mental. Au plan physique, il mesurait 2 mètres et il était très bel homme. Au mental, c’était une intelligence supérieure, polyglotte, ayant le don de l’éloquence voire du baratin, inventeur-né mais un peu fou en plus d’antipathique, maniaque, mauvais caractère, asexué et dépensier. Aujourd’hui on le qualifierait de sociopathe (mais c’est le sort inéluctable de tout vrai génie, non?).

Il fût un inventeur incroyable, un concepteur du courant alternatif, un précurseur du tout électrique mais un piètre homme d’affaires. Il a déposé quelques 300 brevets, mais mal défendus et il se les a fait voler. On l’a traité de génie mais aussi d’imposteur car il excellait à parader et montait des numéros pour l’épate, dignes d’un cirque et loin de la science pure.

Il était bourré de manies et de phobies comme l’aversion aux microbes. Mais il était fasciné par les oiseaux et notamment par les pigeons qu’il nourrissait, chérissait, soignait.

Le livre fourmille d’anecdotes, de nature scientifique ou tout à fait pédestres. Celle qui m’a fait le plus fait rire mais en même temps presque pleurer de compassion, c’était lorsqu’il tombe amoureux d’une pigeonne, assez racée mais pigeonne quand même. Cela jouxte le pathétique.

C’est un petit livre (175 p.) qui se lit très bien mais qui ne va pas en profondeur du personnage singulier que fut cet homme. En revanche c’est d’une grande drôlerie voire d’une cruauté certaine par moments. Un petit bijou.

Résultat de recherche d'images pour "tesla biographie"

Le beau et ténébreux Nikola Tesla. Quel regard.

DES ÉCLAIRS, L’Éditions de Minuit 2010,  ISBN 978-2-7073-2126-8

L’amant de Patagonie d’Isabelle Autissier

L'amant de PatagonieIsabelle Autissier est une navigatrice et écrivain française (Paris 1956), première femme a avoir accompli, en navigation, le tour du monde en compétition.

L’amant de Patagonie (2012) reçut le Prix Maurice Genevoix 2013. C’est un très joli livre, émouvant et très bien écrit et qui m’a fait revivre les fortes émotions ressenties courant mars dernier au cours d’une navigation dans ces contrées lointaines où la force de la houle, la solitude de la mer, la nature encore vierge balayée par des vents hurlants m’ont fait réaliser le peu de choses que nous sommes devant une Nature pareille (les quarantièmes rugissants, les cinquantièmes hurlants et les soixantièmes déconnants selon l’ami Jean Claude, du voyage).

Justement la Nature farouche de la Patagonie, du canal de Beagle et d’Ushuaia est décrite avec un grand réalisme et rend bien l’immense beauté des paysages et le chant des glaciers (en pleine capilotade).

L’histoire est belle, elle se situe vers 1880. Emily est une jeune écossaise d’à peine 16 ans avec déjà une âme de pionnière; elle est orpheline et sera envoyée au bout du monde pour assister la femme du pasteur d’Ushuaia qui s’en sort mal avec ses dures tâches ménagères et ses quatre enfants.

Ushuaia à cette époque, fin XIX, ce sont quatre ou cinq maisons et les huttes de quelques indiens yamanas. Autrement dit, rien.

Peu à peu, Emily va s’intéresser aux yamanas, leur mode de vie, leur langage. Elle fera la connaissance d’Aneki, un jeune yamana qui sert d’interprète au pasteur car il a appris des rudiments d’anglais. Au fil des années, naîtra un sentiment fort entre Emily et Aneki, devenu veuf, et la jeune écossaise envisagera même l’union officielle avec Aneki, union qui sera refusée vertement par les colons blancs d’Ushuaia.

Mais Emily est une maitresse-femme;  aidée par un fils du pasteur, elle fuira avec Aneki et vivra les plus beaux moments de sa vie en pleine nature, même si les conditions sont insurmontables pour quelqu’un comme elle. On dit que les blancs ont apporté microbes et virus aux autochtones; mais d’un autre côté, les blancs n’avaient pas un iota de la résistance physique qu’il fallait pour résister aux conditions climatiques australes (on m’a dit qu’un non indigène plongeant dans cette mer froide n’a que 3 minutes de résistance jusqu’au fatal engourdissement).

En tout cas, cette Emily va résister quelque temps, mais devra être rapatriée dans des conditions difficiles sur la base d’Ushuaia où elle sera sommée par le pasteur de suivre son plan ou c’est l’exil définitif et l’opprobre en Europe.

Quel amour forcené d’Emily pour cette Patagonie où elle restera et fera racine, tiraillée entre sa culture européenne et la culture indigène qu’elle respecte même si elle n’approuve pas tout.

Le livre nous renseigne sur les us et coutumes de ces peuplades finalement si adaptées aux conditions climatiques et qui vivent leur vie assez difficile dans leurs parages, sans rien demander à personne.

Le descriptif de la géographie locale, des conditions atmosphériques (les cieux les plus rapidement changeants jamais observés), les vents, les bruits, la flore et la  faune sont tellement proches de ce que je viens de vivre, que ce livre m’a fait ressentir les sensations d’un voyage ensorcelant, il y a moins d’un mois.

Un paragraphe sur le paysage (page 21): au coeur de l’été austral, le panorama est éblouissant. Au nord, s’élancent de grandes forêts qui s’interrompent brutalement à une certaine altitude, comme si on avait donné un coup de ciseaux dans la couverture sombre, pour laisser place  à des faces rocheuses parsemées de plaques de neige. Au sud, des collines plus avenantes alternent bois et prairies. A l’ouest, le canal se perd dans un mystère de pics et de sommets couverts de glaces. Le soleil, presque chaud, irradie l’ensemble, soulignant chaque détail avec une absolue netteté. Le paysage paraît briller de l’intérieur, habité de quelque âme sécrète. Il m’est presque venu l’envie de pleurer devant tant de beauté.

L’amant de Patagonie est un titre un peu mièvre pour ce livre, car pour Emily, Aneki était son mari pendant le temps qu’ils vécurent ensemble. Ce bref mais intense et tragique amour va la laisser marquée pour toujours.

L’AMANT DE PATAGONIE, Livre de Poche N°33032 2013 (IA 2012),  ISBN 978-2-253-17352-6

L’ombre au tableau d’Hélène Bonafous-Murat

Résultat de recherche d'images pour "hélène bonafous-murat"

Hélène Bonafous-Murat est normalienne, agrégée d’anglais et écrivain français (Lesneven 1968), experte en estampes anciennes et modernes. Ses livres précédents ont été plusieurs fois primés, il faudra les lire car l’écriture est excellente et les sujets intéressants et documentés.

Son livre avancez masqués (2018) me l’a fait connaître et j’ai apprécié une écriture émaillée de connaissances sur le milieu de l’Art; le livre a été commenté ici en décembre 2018.

L’ombre au tableau (2009) a reçu le Prix François Mauriac 2010 (médaille de bronze) de l’Académie Française à un jeune auteur.

Dans la trame, nous avons deux histoires entrelacées. Une moderne et très pédestre, celle des frères Rataud fâchés et que tout oppose : Gérard, l’obèse morbide, malade et dépressif, terré dans son appartement et Gilbert, l’expert en Histoire de l’Art, beau et collectionneur de conquêtes féminines, reconnu dans son milieu. Les deux frères ne se sont pas vus depuis douze ans, depuis que Gilbert attribue la mort de leur mère à la nonchalance de Gérard…

L’autre histoire s’insère au XVII ème siècle, les années qui ont vu à Paris la réussite picturale des trois frères Le Nain qui en réalité étaient cinq. Le quatrième se serait voué à l’administration des biens de la famille, mais le cinquième, Isaac, a disparu de l’entourage familial sans laisser de traces. Et l’expert en Histoire de l’Art qui est Gilbert, découvrira un jour que ce frère, Isaac Le Nain, figure sur les tableaux d’Antoine, Louis et Mathieu Le Nain, mais comme une figure fantomatique…Alors il fait des recherches pour en retrouver la trace et expliquer pourquoi il avait disparu. En fait, après 13 années d’absence il reviendra au sein de la famille.

Douze années sans se côtoyer pour les frères Rataud et treize années pour les frères Le Nain. Deux histoires familiales tristes. C’est le pivot du livre de Madame Bonafous-Murat.

Le côté intéressant du livre, c’est l’évocation de la peinture des frères Le Nain car il persiste un mystère non élucidé jusqu’à nos jours : ils ne signaient pas leurs oeuvres individuellement, alors que les talents des trois frères étaient bien discriminés : ils signaient simplement Le Nain et sont connus comme les peintres de la paysannerie. Jacques Thuillier, grand expert de leur peinture dit que la clef de cette triple création pourrait nous échapper à jamais. C’est Champfleury, écrivain du XIX ème siècle qui va les tirer de l’oubli et louer leur attachement à leur sol natal : Laon.

Je me suis quelque peu ennuyée avec la lecture de ce livre et quelque peu perdue en lisant les notes prises pendant sa recherche par Gilbert Rataud car parfois c’est lui qui parle, parfois c’est Isaac Le Nain. Les flash backs incessants rendent cette lecture confuse par moments.

Et ceci m’a donné envie de revoir sur Internet leur peinture. La production fût colossale : on calcule environ 2000 peintures laissées par le trio dont seulement 75 toiles seraient reconnues actuellement. C’est une peinture extrêmement minutieuse, qui joue du clair obscur et qui restitue de vrais visages de ces gens du XVII. Ci-après un tableau représentatif pour se les rappeler:

Résultat de recherche d'images pour "Le Nain"

L’OMBRE AU TABLEAU, Le Passage 2009,  ISBN 978-2-84742-139-2

L’étrange univers du schizophrène de Sophie Chrizen

Résultat de recherche d'images pour "l'étrange univers du schizophrène" Sophie Chrizen est un nom d’emprunt, c’est un anagramme brillant avec le mot schizophrénie, un livre auto-biographique d’une auteure française (née à Cannes en 1977) dont la maladie mentale s’est révélée à 17 ans.

C’est un livre -témoignage fort intéressant- où l’auteure nous fait part de sa difficulté pour sortir du cadre stéréotypé de ce désordre psychique.

La schizophrénie, selon le psychiatre suisse Eugène Bleuler, évoque une séparation psychique entre pensées et émotions et la notion d’esprit divisé. C’est une maladie chronique multifactorielle et la plus répandue des psychoses de l’adulte; elle toucherait env. 1% de la population mondiale. Elle comporte des délires et des hallucinations (fausses croyances et perceptions), un repli affectif et social avec un comportement d’isolement.

Ce livre démontre à la perfection cette cassure de la personnalité aux limites insondables et peu clairs, ce qui rend l’appréciation difficile entre dérapage et normalité pour le non initié. Et il paraît évident que, pour le moment, les traitements chimiques proposés provoquent plus de perturbations que des moments de maitrise.

Puisque Sophie Chrizen a pu mener une vie normale jusqu’à l’âge de 17 ans, cela veut dire que le retour à la normalité du cerveau doit être possible. Il faut juste que la médecine avance  plus dans la connaissance de ce dérèglement. Pendant 20 années elle va lutter contre sa maladie, alternant les traitements et les internements.

Le récit du vécu vrai de Sophie alterne avec le vécu hallucinatoire, et par moments son compte-rendu est plein d’humour.

Un livre très intéressant et poignant à lire, instructif sur la maladie et doté de qualités humaines certaines.

L’ÉTRANGE UNIVERS, Les Chemins du Hasard 2018,  ISBN 979-10-97547-17-2

La Reina del Sur de Arturo Pérez-Reverte

Résultat de recherche d'images pour "la reina del sur arturo perez reverte"

Arturo Pérez-Reverte (Murcia 1951), es un valor  de las letras hispánicas, es el autor español de más tirada actualmente. Es un escritor, periodista y reporter de guerra. Hace parte de la RAE desde 2003.

Su estupenda novela El maestro de esgrima (1988), la comenté en este blog en diciembre 2012 y El francotirador paciente (2013) en enero 2014, una novela que no me sedujo porque la encontré underground, decadente. Por supuesto que le he leído otros libros, pero como en aquella época no hacía fichas de lectura, no me siento autorizada para argumentarlos.

Estoy siguiendo con interés su serie con Falcó (2016): el primer tomo de una serie  y me gustó mucho : el intento ficticio por parte del espía Falcó de liberar de la prisión a Primo de Rivera. Eva es la segunda entrega (2017), me ha gustado algo menos y me aburrí por momentos : sucede en Tánger y el cínico Falcó quiere recuperar un cargamento de oro de España que los republicanos quieren enviar a Rusia para ponerlo a salvo (vaya idea). El tercer tomo, Sabotaje (2018) ya fue publicado, pero aún no lo leo.

La Reina del Sur (2002) es una narconovela y una novela de aventuras de casi 600 páginas que deja estupefacta. Pérez-Reverte se habría inspirado de un personaje real, la sinaloense Sandra Ávila Beltrán, una narco conocida como la Reina del Pacífico, una de las primeras mujeres narcotraficantes a nivel de capo del cartel de droga mexicano.

El libro de Pérez-Reverte fue adaptado para la TV española en una serie de 12 capítulos que salió al aire en 2011 con Kate del Castillo en el rol estelar, una serie que fue muy mal catalogada por el autor. Y en 2015 USA Network filmó otra serie de 63 episodios (!) bajo el título de The Queen of South con Alice Braga en el papel principal; anoche visioné dos capitulos de la serie norteamericana y ello bastará para no seguirla. En sólo dos capítulos han cambiado tantas cosas que me alejan del libro; además, para una serie norteamericana (saben filmar las series en general) la encontré mala si la comparo con El Chapo o Narcos. Me falta echar un vistazo sobre la serie española…

Esta lectura la integro con la de Don Winslow y su libro Cartel (2015) que abarca el período 2004-2014 cuando los carteles mexicanos de la droga están al máximo de su virulencia con un relato escalofriante. Visioné sur Netflix la excelente serie El Chapo (2017), un personaje inspirado por el traficante Joaquín Guzmán de Sinaloa, con 21 episodios. Y la serie Narcos, también en Netflix, basada en la vida de Pablo Escobar con 30 episodios en torno al cartel de Medellín. Esto da una idea precisa y espantosa de lo que son los carteles de la droga.

Tuve dificultades al comienzo de este libro porque el autor escribe con la jerga sinaloense del medio de los narcos, el estilo me resultó pesado aunque la historia era increíblemente aventurera y terrorífica. Es una novela mitad periodística narrada a la primera persona y mitad relato novelado narrado a la tercera persona. El narrador-investigador emplea un tono periodístico. Se nota que hubo un enorme trabajo de búsqueda, que debió ser peligrosa además.

El libro está dividido en capítulos inspirados en los « corridos », los corridos son canciones populares mexicanas que narran la gesta de los narcotraficantes. Se dice que Arturo Pérez-Reverte tuvo la idea del libro escuchando el narcocorrido de Camelia la Tejana en una cantina de Sinaloa.

Teresa Mendoza es la amante del Güero Dávila (en México llaman güero/a  a toda persona rubia), es un  piloto de Cessna que trabaja para el cartel de Sinaloa con el transporte de droga hacia los EEUU. Teresa es una muchacha joven, pobre, casi analfabeta, pero con un cerebro para las cifras. El Güero la ha iniciado al manejo de las armas y le ha dicho que si algún día lo matan, ella tendrá que huir lo más lejos posible y pedir ayuda a don Epifanio Vargas, el padrino de ambos, llevándole un cuaderno de tapa negra que Teresa no debe leer bajo ningún pretexto.

Cuando a Teresa le toca huir, parte hacia España y de ahí a Melilla donde se hará cargo de un bar y rápidamente sus dones con las cifras la harán subir en grado. Conocerá a un marino gallego que será su amante y la iniciará en el transporte de droga por el Mediterráneo, en el manejo y la reparación de lanchas. En un operativo de transporte de droga Teresa será apresada y cumplirá condena en una cárcel española. En la cárcel tendrá la protección de su co-detenida, Pati, una mujer de mundo, con estudios y educación y que la refina y educa.

Teresa Mendoza se aficionó a la lectura en la cárcel y leía todo el tiempo. Su lectura fetiche era El conde de Montecristo de Alejandro Dumas porque ella encontraba muchas similitudes con su propia vida : un encierro carcelario, el amparo de otra reclusa, un secreto, el descubrimiento de un tesoro, la transformación de un personaje en otro.

Saliendo de la cárcel Teresa Mendoza es otra persona y se lanzará con Pati en el transporte de droga por el Mediterráneo amasando una verdadera fortuna y una fama de capo. Al cabo de 12 años le pedirán que vuelva a Sinaloa a testimoniar contra Epifanio Vargas que desea ocupar alto cargo político. Arriesgará su vida y será capaz de defenderse con armas de fuego de una manera deslumbrante.

Una mujer secreta, con un cerebro reptiliano, capaz de matar fríamente a tiros y capaz de urdir y organizar sus cosas de manera increíblemente brillante. La justicia nunca pudo probar su participación en el transporte de la droga. En la novela no se sabe lo que sucede después del testimonio que acabó con las ambiciones del mafioso Vargas. En la vida real, a la narco Sandra Ávila Beltrán se le caucionaron 14 cuentas bancarias, 6 vehículos de lujo, 225 bienes inmobiliarios y 179 joyas excepcionales…

Esta gente de los carteles de la droga amasa, de triste manera, fortunas colosales, pero tienen una vida de perros con una lucha permanente por la sobrevida, escondiéndose en permanencia, rodeados de guardaespaldas y por lo general, mueren de muerte violenta.

LA REINA DEL SUR, Alfaguara 2002,  ISBN 978-1-61605-323-9

Un été au Kansai de Romain Slocombe

Résultat de recherche d'images pour "romain slocombe" Romain Slocombe est un écrivain, réalisateur, traducteur, illustrateur (BD) et photographe français (Paris 1953). Il est très impliqué avec le Japon qu’il connaît bien.

J’ai lu des critiques élogieuses sur Un été au Kansai et j’ai souhaité le lire. C’est une lecture intéressante , ne serait-ce que par l’originalité du point de vue. Je suis impressionnée mais non conquise.

C’est un roman épistolaire à sens unique, basé sur les lettres que Friedrich Kessler, citoyen du III Reich en poste diplomatique au Japon écrit à sa soeur Liese, journaliste, restée à Berlin. La période se situe entre 1941 et la débâcle de 1945. Si le frère travaillait à l’Ambassade d’Allemagne au Japon, il se devait d’être national-socialiste et pro-nazi comme tout fonctionnaire des Affaires Etrangères et l’on peut imaginer aisément que cela n’était pas « négociable » au sein de la Chancellerie allemande…Quant à la sœur elle travaillait dans les medias allemands.

Le livre commence quand le journaliste Roman Wojak part en Basse Silésie interviewer Mme Liese Würhmann née Kessler et soeur de Friedrich, qui vit dans la bourgade de Görlitz à la frontière polonaise. Madame Wührmann possède une liasse de lettres que lui a adressé son frère depuis le Japon et le journaliste Wojak voudrait comprendre le passé national-socialiste du Ministère des Affaires Étrangères du Reich, considéré par certains comme une « organisation criminelle ».

A travers ces lettres très affectueuses nous apprenons que Friedrich Kessler est un « planqué »; il a voulu éviter à tout prix d’aller sur le front et ainsi, âgé  d’à peine 24 ans il a pu partir comme attaché d’ambassade à Tokyo au Service de la Propagande où il a mené une joyeuse vie malgré l’étroitesse et les intrigues permanentes inhérentes au milieu diplomatique. De plus il va beaucoup voyager et s’enticher d’estampes japonaises d’Hiroshige qu’il va collectionner, surtout celles relatives à la route du Kisokai-dô; ce livre décrit de l’intérieur la découverte du Japon par un jeune diplomate en poste à Tokyo. Quant à la soeur Liese, elle est restée de son plein gré à Berlin parce qu’elle se sentait faire partie du peuple allemand et qu’elle jugeait normal de partager son destin même sous l’aspect de ce qui de plus en plus s’apparentait à une dictature. Friedrich Kessler sentait bien que Hitler était excessif puisqu’il l’appelait « le fureur ».

Ce roman laisse paraître la naïveté avec laquelle une fraction du peuple allemand a vécu cette guerre menée par le Führer aux ambitions démesurées et fanatiques. Slocombe fait un rapprochement entre le fanatisme du Japon et celui de l’Allemagne nazie, entre un Empereur et un Führer intouchables et entre leurs thèmes de pensée, bouddhisme zen d’une part et les sources païennes du national socialisme allemand d’autre part.

Ce qui est intéressant est de confronter la fin de la guerre avec la prise de Berlin par les russes et les bombardements de Tokyo par les américains. Kessler raconte à sa sœur comment le Japon était pris d’une frénésie paranoïaque en voyant dans chaque occidental un espion à la solde des américains. Tout cela a abouti à l’anéantissement d’un côté comme de l’autre:  la souffrance des tokyoïtes et des berlinois fut indescriptible. En outre, à la fin du roman le jeune Kessler veut fuir Tokyo et part vers le Kansai si bien dépeint par Hiroshige; au cours de cette pérégrination il sera à Hiroshima le 6 août 1945 lors du lancement de la bombe atomique. Le descriptif de ce que fût cette bombe sur Hiroshima, correspond à l’Apocalypse. C’est insoutenable, c’est dément. Rien que pour cela, ce livre nous donne un aperçu de ce qu’a pu être cette horreur.

Après le suicide de Hitler un collègue de Kessler pense que « un grand homme est mort, c’est la seule chose dont je puis être certain aujourd’hui. Sans doute était-il mal entouré, cependant sa passion était sincère. Il aura marqué son époque et redonné sa fierté et son courage à notre peuple. Son but principal était de bâtir une Allemagne forte et indépendante, une forteresse contre le communisme. La catastrophe à laquelle tout cela a abouti, je ne puis l’en rendre entièrement responsable. Ce n’est pas la faute du Führer, ni des Allemands, si nos ennemis se sont révélés plus nombreux et plus forts que nous...(page 251)

Lorsque l’annonce de la mort de Hitler arrive à l’ambassade du Japon, l’ambassadeur fait mettre le drapeau en berne et invite la communauté allemande, le gouvernement japonais et amis à une « heure de commémoration pour le Führer Adolf Hitler tombé au combat pour l’Allemagne ».

Loin du Japon, Liese Kessler vécut l’horreur de Berlin et fût maintes fois violée par les russes.

On comprend l’accueil mitigé que l’on a reservé à ce livre en Allemagne. Exactement comme pour Une femme à Berlin, (d’auteur anonyme), autorisé de publication après la mort de l’auteure et qui décrit sous la forme d’un journal ce qu’elle a vécu jusqu’à l’entrée des russes. C’est le meilleur livre jamais lu sur cette part de la II Guerre. Hallucinant.

Résultat de recherche d'images pour "estampes hiroshige"

Estampe d’Hiroshige: les 53 étapes de la route du Tōkaidō.

UN ÉTÉ À KANSAI, Arthaud 2015,  ISBN  978-2-0813-0079-8

Una novela criminal de Jorge Volpi

Résultat de recherche d'images pour "una novela criminal jorge volpi"

Jorge Volpi Escalante es un escritor mexicano nacido en 1968, integrante del grupo literario  llamado del « crack mexicano », un grupo de escritores coetáneos  en ruptura con un tipo de escritura « light » y que tienden a cierto cosmopolitismo literario. Volpi acumula numerosos premios  y su estilo se interesa más al fondo que a la forma, con una neta predilección en su temática por la política y la ciencia. Se dice que Volpi hace de la « ciencia fusión » en sus libros.

Prácticamente cada uno de sus libros ha sido premiado. Recibió en Chile el Premio José Donoso 2009 por el conjunto de su obra. Por su libro En busca de Klingsor  ha recibido nada menos que 4 premios, de los cuales el Premio Biblioteca Breve 1999 : es su novela más difundida que hace parte de una « trilogía del siglo XX » junto con El fin de la locura y No será la tierra.

Una novela criminal (2018) es el octavo libro de este autor que comento en el blog, un autor interesante por lo bien  documentado y lo variopinto de sus temas, esta vez  habría necesitado unos 3 años de investigación y ha sido otro de sus libros premiado, esta vez con el Premio Alfaguara del mismo año; Volpi presentó el manuscrito bajo el pseudónimo de G. Fuchs.

Es una novela documental o no-ficcional que relata el caso mediático del mexicano Israel Vallarta y de la francesa Florence Cassez, ambos acusados de secuestros perpetrados en México en 2005, en plena guerra del gobierno contra los narcotraficantes y México sumido a una violencia ciudadana inaudita.

Para calmar a la población y encontrar un chivo expiatorio, el gobierno, la policía, los medios de la TV nacional armaron un montaje donde Vallarta y Cassez eran « los malos », los organizadores de secuestros en una filmación difundida a la mejor hora de escucha.

Pero Florence Cassez era francesa y fue apresada sin respetar la ley internacional, fue maltratada y condenada, sin juicio a casi 96 años de cárcel que fueron reducidos a 60.

En cuanto a Israel Vallarta, quien fuera un momento su pareja, aún sigue en la cárcel y aún no lo han juzgado…

La diferencia es que Cassez tuvo a los mejores defensores mexicanos y franceses y que el ex-presidente Sarkozy se interesó en su caso e hizo lo que pudo por liberarla. El Señor Vallarta no ha tenido defensores ni siquiera juicio y sigue en la cárcel así como otros parientes suyos.

Jurídicamente este caso es un verdadero desastre. Abundan las falsas noticias, las falsas declaraciones, los falsos testigos y un comportamiento decididamente bestial de la parte de las fuerzas del orden sin que jamás hayan sido juzgados por las múltiples vejaciones y la tortura sufridas por los supuestos secuestradores. Ambos han clamado siempre su inocencia.

Escribe Volpi página 38 que el sistema de justicia mexicano no sólo estaba (y está) dominado por una arquitectura institucional abstrusa e ineficiente, sino por una corrupción abismal y una aberrante manipulación política, así como por el uso indiscriminado de la tortura, todo lo cual impedía (e impide) cualquier aproximación a la verdad.

Hay aún partes totalmente oscuras en el caso Vallarta-Cassez. Y el escritor Volpi, que tiene una formación de abogado, las pasa al lector sin ninguna interpretación ni comentario. El libro es pesado en aclaraciones y expedientes y el lector se da cuenta de la monstruosidad de la falencia mexicana.

Un libro de casi 500 páginas que se lee como un thriller a pesar de la sobreabundancia de datos. Terrorífico.

UNA NOVELA CRIMINAL, Alfaguara 2018,  ISBN 978-84-204-3227-4