Archive | février 2016

La vengeance du Wombat de Kenneth Cook

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Kenneth Cook était un journaliste, écrivain, scénariste et réalisateur australien (1929-1987). Ses nouvelles sont d’une veine humoristique, très pince sans rire,  dans le style de PG Wodehouse et elles ont connu un réel succès.

La vengeance du wombat (Wombat Revenge, 1988) ce sont 14 nouvelles d’une totale drôlerie; des aventures farfelues dans le bush australien menées par un journaliste qui donne dans l’auto-dérision ( bush australien, terme anglo-saxon pour désigner quelque 800 000 km carrés de brousse, divisés en deux écorégions). Ces nouvelles commencent presque toujours par une phrase sentencieuse du genre « n’essayez jamais d’aider un kangourou« , puis le narrateur finit toujours dans un bar où il fera la connaissance d’un farfelu qui va l’embarquer dans une catastrophe annoncée. Il paraît qu’il ne faut pas lire ses recueils de nouvelles  les uns après les autres, car les blagues sont presque toujours les mêmes .

De cette lecture ressort que l’Australie est un vaste continent avec des régions très marquées et différentes, avec une faune tellement variée et effrayante que le Wild West Américain à l’air d’être les Champs Elysées pour la promenade. Cela m’enlève quelque peu l’envie d’aller faire du tourisme en Australie.

D’abord, j’ignorais ce qu’était un WOMBAT, ben, c’est un raton marsupial qui peut faire entre 15 et 40 kilos !

Les wombats sont les protagonistes du premier récit et c’est à mourir de rire. Ce premier récit nous vaut la description du narrateur sans concessions : …je dois préciser à ce stade que je suis légèrement en surpoids, que je n’ai jamais été très sportif et que, de plus, je n’étais pas dans une forme olympique. Pour tout dire, je suis un gros lard chronique … Et le narrateur des nouvelles ne veut surtout pas ébruiter le fait qu’il est écrivain car dans ces coins perdus, ils le soûlent tous avec les histoires assommantes de leurs vies, et ils l’autorisent à les utiliser en échange d’un modeste pourcentage sur les droits d’auteur. Dans ces cas, le narrateur se déclare chercheur de fossiles, une activité futile qui indique que vous n’êtes pas compétitif et ne valez pas le coup d’être dévalisé.

Dans ce continent où la temperature peut grimper jusqu’à 50 degrés Celsius, les hommes boivent sec. Presque toutes les nouvelles se passent dans un saloon lorsque les mecs ne sont pas dans le bush (aucune héroïne féminine dans le livre) et ça boit sec,  une dizaine de bières  le matin…(je reconnus l’ébauche des disputes débiles qui surviennent dans les pubs de l’Ouest sur le coup de midi, après les dix premières bières de la journée…). Dans l’ouest de la Nouvelle-Galles du Sud, l’abus d’alcool justifie tout ce qui se passe car tout le monde s’y cuite, en permanence. Il n’y a aucune autre activité. La Nouvelle-Galles du Sud a le côté ouest exclusivement constitué de pourpiers, de sable, de rocailles, de chaleur et de détresse – sauf en hiver, où il est exclusivement constitué de pourpiers, de sable, de rocailles, de froid et de détresse. Sauf aussi quand il pleut, ce qui arrive à peu près tous les dix ans. Il ne reste alors plus que l’eau et la détresse. Quand le narrateur rencontre Murphy, un rassembleur de cochons sauvages, il le rencontre au bar d’un des pubs cafardeux de Wilcannia en sirotant une bière avec la concentration soutenue et le manque de joie absolu qui caractérisent le buveur de l’outback. Il faisait partie d’un groupe de six ou sept hommes qui affichaient la même expression vide, morne, sur des visages d’une propreté douteuse.

Il y a quelques belles descriptions d’une nature luxuriante, par exemple en Australie-Méridionale : je m’assis dans l’herbe et regardai autour de moi. Cygnes, pélicans et canards flottaient sereinement sur le large flot brun-vert. Les grands eucalyptus rouges, au moins centenaires, écartaient leurs branches dans des poses ostentatoires. Les libellules fusaient en tous sens et les hirondelles poursuivaient leur chasse interminable aux insectes invisibles en de longues boucles périlleuses. Voici une description des marais Macquarie, à quelque cinq cents kilomètres à l’ouest de Sydney : …nous longions les marais. Le soleil vaporisait des extraits de ciel doré par l’aurore avec un effet des plus dramatiques. De charmants oiseaux aquatiques d’une diversité époustouflante voletaient à notre approche et un superbe cygne noir flottait avec orgueil sur l’eau vert doré des marais…

Lecture-détente à l’Indiana Jones, pleine de spontanéité et d’enseignements sur cette lointaine partie du monde riche en faune assez terrifiante, somme toute. Grand merci à toi, Catherine S. pour ce superbe cadeau de lecture.

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LA VENGEANCE DU WOMBAT, Livre de Poche 34420, 2015,  ISBN 978-2-253-16179-0

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La ciudad ausente de Ricardo Piglia

 

Afficher l'image d'origineRicardo Emilio Piglia Renzi es el nombre completo del escritor y crítico literario argentino (Buenos Aires 1941) con estudios de Historia quién,  además, es un gran lector. Cité el nombre completo del escritor porque Emilio Renzi es un nombre recurrente en sus novelas,( ¿un alter ego?), un narrador.

He tratado de leer varios libros de este autor y la verdad es que, o no me han gustado, o no los he entendido. Formas breves (1999) es un ensayo en forma de relatos, algunos autobiográficos, otros sumamente intelectuales con mucha referencia a Borges y al psicoanálisis;  cita mucho a Mujica Laínez y a Macedonio Hernández que son otros literatos argentinos. El libro Plata quemada (1997) es una novela urbana sobre el lumpen, de una extrema violencia, relatando el asalto de un banco por un grupo de maleantes degenerados, capaces de la peor barbarie bajo el consumo de drogas; un libro de pura decadencia. Blanco nocturno  (2010) es una novela que se llevó varios premios y que me gustó porque la encontré de excelente estructura y de  buena escritura sin flaquezas : narra la vida en un pueblucho de la pampa de gente corrupta, con sus vicios, la malevolencia reinante, la implacabilidad de las cosas, la implicación del periodismo. Es la historia de una familia del  pueblo donde dos medios hermanos se lanzan en una aventura industrial que parece brillante, pero que fracasará. Y los justos pagarán por los pecadores. El último lector (2005) es un ensayo que no pude leer porque no encontré el hilo conductor aunque  el tema era interesante (la lectura).

La ciudad ausente fue publicado en 1992, es una ficción narrativa distópica de un género llamado novela de anticipación (emparentada con la ciencia ficción); La ciudad ausente incursiona en el terreno del ciberpunk  (asociación de cibernética con punk, muy aparentado a la distopía), utilizando personajes  raritos, realidades virtuales e inteligencia artificial. No es un género que me guste, es un género que me horripila porque el tema no me interesa y tengo la sensación desagradable de  perder el tiempo. Por esta misma razón no me gustó el libro Borneo de otro argentino, Oliverio  Coelho, otra distopía.

Es como en los divorcios, siento « incompatibilidad de caracteres » con ciertas lecturas o ciertos escritores.

La ciudad ausente inspiró también a su autor una opera en dos actos, escrita con Gerardo Gandini y estrenada nada menos que en el teatro Colón en 1995. También la novela inspiró una adaptación al formato de novela gráfica, ilustrada por Luis Scafati en 2008.

Es un libro  muy metaliterario con alusiones permanentes a otros escritores, en primer lugar a Macedonio Fernández que al parecer marcó mucho al escritor Piglia; pero también se menciona a Roberto Artl, Juan Carlos Onetti, Jorge Luis Borges. Otros personajes de la obra de Piglia reaparecen como Emilio Renzi o Lucía Joyce.

Se necesitan ciertas claves para leer el libro, no se puede leer con una estrategia tradicional porque rápidamente el texto se volverá ilegible si no se profundiza la estructura narrativa. Tenemos una prosa abstracta llevada al extremo.

Trataré de decorticar el libro para sacarle algún provecho. A ver…Hay tres historias en la novela : 1) la de Junior, un reportero del diario El Mundo que investiga en la ciudad una serie de grabaciones producidas por una máquina ubicada en un museo;  2) la del origen de la máquina ideada por Macedonio Fernández,  llevado a cabo por el ingeniero Emil Russo;  3) la historia política argentina. Estos temas se van a mezclar con otros microrrelatos formando un mosaico hiper complejo.

El contexto histórico de la novela abarca desde la dictadura de Videla (1976), hasta la guerra de las Malvinas (1982) época en que prevalecía la represión contra escritores e intelectuales contrarios al régimen, con las desapariciones forzadas de los opositores.

La máquina de Macedonio y de Russo representa la eternización del cerebro de la bienamada y difunta esposa de Macedonio, Elena, Así han logrado almacenar datos, memorias y conocimientos en esta máquina que no es otra cosa que una denominación metonímica de lo que es « pura energía » y que funciona como un espejo que refleja lo inverso de lo que está delante de ella. La máquina refleja la ausencia del ser querido, de la personalidad, del lenguaje, del tiempo, del espacio, de la felicidad y de la libertad.

La novela está llena de alusiones científicas, de citas de personajes de la teoría linguística, literaria, histórica y de la teoría de las ciencias naturales.

En la novela abunda el número dos. Todo ocurre en dos horas, dos días, dos meses y dos años. La diferencia temporal es insignificante comparada con la eternidad de la narración. El número dos es un número par porque todo en la novela tiene su paralelismo, su réplica, su opuesto. El número dos es el reflejo pasivo de la unidad : los dos lados del espejo. Es considerado como la fuente de los errores mentales. Las referencias temporales del dos se mezclan con las del tres, número de la inteligencia infinita, la antítesis del dos, la unidad repetida tres veces.

La ciudad en la novela es más que el símbolo de la madre en el aspecto doble de protección y de límite. En este ámbito desaparece la personalidad propia y domina la alucinación, el delirio y el estado esquizofrénico.

¿qué diablos fui a buscar dans cette « galère »? Por ahí había leído que era una obra interesante. Bueno la leí, pero no me gustó. Vaya quilombo !

LA CIUDAD AUSENTE, Anagrama 2003,  ISBN 978-84-339-6841-8

Rosy & John de Pierre Lemaitre

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Pierre Lemaître est un scénariste et romancier français (Paris 1951) ayant une formation de psychologue; il connaît un grand succès depuis qu’il a obtenu  le Prix Goncourt 2013 avec un roman picaresque Au revoir là haut, un livre que j’ai écouté en version audio (au moins quatre heures) et qui m’a tellement plu, que je l’ai acheté; il attend sagement sur l’étagère, une lecture plusieurs fois remise à plus tard. Les livres de Pierre Lemaitre sont en cours de traduction dans plus de trente langues, quel succès ! Ses polars ont reçu au moins huit prix.  Il vit de sa plume depuis 2006.

J’ai commenté dans ce blog tous ses polars, sauf Travail soigné que je me dois de lire encore. Il est préférable quoique non indispensable de les lire dans l’ordre de parution. Ce qui m’épate  chez lui c’est sa diversité dans les thèmes abordés et cette approche si psychologique dans le profil de ses personnages. Aussi j’apprécie particulèrement ses traits d’humour, un humour qui puise dans la dérision et qui sonne juste !

Rosy & John est un opuscule de 140 pages, paru en 2014 qui reprend le délectable commissaire Camille Verhœven; ce serait un « demi livre » comme le qualifie le propre Pierre Lemaître. Car l’écrivain avait annoncé clairement une trilogie, et maintenant nous avons une trilogie et demie. Tant pis pour la logique, on s’en moque, l’important c’est que Verhœven réapparaisse, car il a beau mesurer 1 mètre 45 seulement et avoir un caractère de cochon,  il possède un charme fou et un cerveau d’une rare intelligence. Le titre de ce livre provient d’une chanson que Gilbert Bécaud chantait en 1964, Rosy and John.

Le suspens de cet opus démarre au quart de tour et avec cela, la sécrétion d’adrénaline du lecteur. On fait connaissance très vite avec un poseur de bombes un peu original, un être simple en apparence, mais obscur et complexe en profondeur, et têtu comme une mule. Il faudra tout le savoir faire du commissaire lilliputien avec tout son pouvoir intuitif, pour tirer les parisiens d’un bien mauvais pas…

Car l’histoire se passe à Paris intra-muros et par moments j’avais l’impression de lire du Modiano en accéléré avec la description de parisiens blasés, des squares qui ferment le soir, des agents, du métro, des concierges (en voie de disparition), des cafés, de la police toujours affairée et jamais présente quand il le faut et j’en passe…

Livre très sympa à lire, mais un peu bâclé. C’est normal puisque le commissaire va résoudre l’affaire en trois jours !

ROSY & JOHN, Livre de Poche 33423 (2014),  ISBN 978-2-253-17595-7

La isla del padre de Fernando Marías

Afficher l'image d'origineFernando Marías es un escritor y guionista de cine español (Bilbao 1958), licenciado en Ciencias de la Información. Es el fundador del colectivo artístico de Mary Shelley, una agrupación que imita la mítica noche del 16 de junio de 1816 en la que, en Suiza, un grupo de amigos se contaron historias de miedo. (Allí se le ocurrió a Mary Shelley la idea de escribir Frankenstein). Traté de leer el libro que le valió el Premio Nadal 2001, El niño de los coroneles, pero tuve que abandonar la lectura por ardua, pesada, un tanto hermética.

La isla del padre se inscribe en la corriente literaria llamada literatura del « yo », en la que un autor hace de su vida su material literario y se desnuda ante los lectores. Es la misma onda que el libro de Marcos Giralt Torrente Tiempo de vida que comenté en este blog en diciembre 2012. Es un ejemplo de la literatura utilizada como un instrumento de redención del pasado. Al parecer Fernando Marías  pudo escribir esta novela gracias al psicoanálisis , otro ejercicio de introspección. Es un libro sobre la fascinación que en los niños provoca la vida imaginada o imaginaria de los mayores.

La isla del padre es el mejor regalo póstumo que un padre pueda recibir de un hijo:  un canto de amor filial para paliar una ausencia. Un ejemplo hasta dónde puede llegar la buena metaliteratura (opinión de José Luis Muñoz). En la portada del libro tenemos una fotografía del padre y del hijo Fernando, aún pequeño que pueden apreciar más abajo.

La isla del padre recibió el Premio Biblioteca Breve 2015 y el título viene del hecho que con un padre navegante, éste dio el nombre de cada uno de sus tres hijos a unas islas frente a la costa mexicana. Así, Fernando tuvo « su » isla, la isla del padre.

El escritor escribe sobre  su padre, un mecánico de buques de la marina mercante, un padre que pasó la vida surcando  mares y marcando una ausencia lo que no permitió ver crecer a sus hijos, Fernando siendo el mayor de los tres. La columna vertebral del libro es el miedo mutuo que se profesan padre e hijo porque no se conocen y sin conocerse, se temen.

El libro es también un homenaje al cine, una vieja pasión de Fernando Marías, quien es un cinéfilo experimentado.

El hijo se sentirá autorizado para escribir su historia y en paralelo la historia de su padre, cuando éste morirá de un cancer al estómago. Escribirá la historia en el seno mismo de la casa familiar que los acogió a todos desde que sus abuelos se instalaron en el piso en 1912. Fernando Marías será el último morador de esta casa antes de que los nuevos propietarios tomen posesión de ella.

Es un libro que baña en un ansia de reencontrar al padre, de entenderlo, de proyectarse en cierto modo con él, de rencontrarse consigo mismo y con los recuerdos. Es un libro por el que navegan barcos y atraviesan trenes. Los barcos de la vida navegable del padre y los trenes de Fernando Marías que recorren la línea Bilbao-Madrid.

Para terminar, una citación de José Camilo Cela, de su libro Oficio de tinieblas 5 :ésto no es una novela, sino la purga de un corazón.Afficher l'image d'origine

LA ISLA DEL PADRE, Seix Barral 2015,  ISBN978-84-322-2465-2

Une odeur de gingembre d’Oswald Wynd

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Oswald Wynd était un écrivain écossais (Tokyo 1913-Dundee 1998) qui avait la double nationalité : écossaise et japonaise car il a vécu une grande partie de sa vie au Japon. Il est l’auteur de romans policiers écrits sous le nom de plume de Gavin Black.

Une odeur de gingembre (The Ginger Tree, 1977) est son roman le plus connu; c’est un roman historique, très fouillé avec beaucoup de détails, qui se déroule au Japon au début du XXè siècle et cette écriture prolixe m’a rappelé celle d’Honoré de Balzac pour nous dépeindre la vie courante de la fin du XIXè siècle dans son oeuvre La Comédie humaine.

Une série télévisée britannique en 4 épisodes a été tournée en 1989 et dirigée par Anthony Garner. Vous pouvez la regarder sur Youtube (en anglais) en 14 videos d’environ 15 minutes chacune en tapant The ginger tree- Youtube. Je la conseille vivement aux lecteurs ayant apprécié la lecture de ce roman. Mais je dois préciser que  la série me semble très en déça du livre, comme c’est souvent le cas. Ici nous avons une libre adaptation du roman avec des changements importants  et escamotage pur et simple d’autres choses.  La qualité des couleurs du film est très moyenne  , les couleurs sont très sombres. Il est important d’avoir lu le livre car le film va trop vite sur certains aspects de la vie de l’héroïne.

Une odeur de gingembre démarre en 1903 lorsque l’intrépide Mary Mackenzie, une jeune écossaise âgée  de 20 ans, part  rejoindre  son futur mari, Richard Collingsworth, militaire en poste en Chine, un homme d’un rang social supérieur au sien. La mère de Mary est une veuve d’une rigidité morale au dessus du commun. Le titre du livre provient de l’arbre que Mary aura dans le jardin de sa petite maison tokyoïte (après l’épisode chinois), un gingembre, un arbre qui pousse difficilement à Tokyo et qui possède de belles feuilles pointues qui rougissent en automne, et quand on froisse une de ces feuilles entre les doigts, il se dégage une légère odeur de gingembre. Lorsque Mary, des années plus tard, sera chassée du Japon, son dernier geste en abandonnant sa maison, sera de froisser une feuille de cet arbre aromatique qui a tant lutté pour s’acclimater, tout comme elle qui a tant lutté pour s’insérer dans ce pays.

Or Mary, malgré une apparence très conventionnelle et un manque d’expérience évident, va se montrer très vite plus que hardie . Son premier geste de révolte sera de se séparer du corset, sous-vêtement féminin indispensable à l’époque chez toute femme convenable. Elle enverra son corset au fond de la valise au cours de la longue traversée en bateau depuis la Grande Bretagne. Elle se mariera en Chine et aura très vite une fille, Jane; la famille s’installera dans une résidence qui correspond aux canons de confort de l’époque, c’est à dire ni plus ni moins que le Moyen Âge pour une écossaise en 1903. Son mari partira bientôt en campagne aux confins de la Chine, pendant de longs mois au cours desquels Mary retrouvera une connaissance,  un militaire japonais, le comte et capitaine Kurihama  croisé dans un dîner en ville chez des amis . Le comte Kurihama soigne ses blessures de guerre et en même temps  médite sur son rôle dans la mort de plusieurs de ses hommes au cours des combats. Lors d’une invitation pour prendre le thé (ce qui déjà est une transgression), Mary se donnera à lui et entamera une liaison qui se compliquera d’une grossesse. Alors qu’elle a la possibilité de pratiquer un avortement, Mary décide de garder cet enfant. Lorsque son mari rentrera de permission, la grossesse de Mary est évidente et elle sera répudiée et la garde de sa fille lui sera enlevée.

Mary ne sait pas quoi faire de sa vie et elle ne peut pas rentrer en Écosse parce que sa mère l’a banni de la maison familiale. C’est alors qu’elle se fait aborder par un émissaire du comte Kurihama et se voit proposer de s’installer à Tokyo aux frais du comte. Lorsque l’enfant naît et qu’il est âgé de quelques mois, il sera kidnappé et placé dans une famille dans le seul but de l’élever pour le marier plus tard à une fille de cette famille. Ceci serait une coutume ancestrale pratiquée au Japon : l’enfant adultérin d’un homme de classe aristocratique, et à condition que cet enfant ait les traits de la race nippone, serait enlevé à sa mère sans que celle-ci ait le moindre droit de regard. L’enfant est ainsi « placé » au sein d’une famille de rang élevé qui aurait une fille du même âge à marier, tout ceci afin de consolider une union plus tard entre deux familles de même importance. Voilà une coutume bien barbare à nos yeux d’occidentaux où les droits de la mère ne peuvent pas être aliénés avec autant de facilité.

Mary aura beaucoup de chagrin et aucune possibilité de rétorsion; elle va trouver un travail dans un grand magasin de Tokyo au rayon qui vend de la mode occidentale et petit à petit deviendra connue jusqu’à fonder un jour sa propre maison de couture. Elle deviendra riche , mais ne reverra jamais son fils. A la suite de l’attaque de Pearl Harbor, elle sera contrainte, en tant qu’étrangère, d’abandonner le Japon et de laisser tous ses biens.

Ce livre est très intéressant à lire parce qu’il y a foultitude de détails sur la vie en Chine vers 1903-1905 et sur la vie au Japon entre 1905-1944 . Mary Mackenzie compare les deux pays, du point de vue de l’hygiène :  « comparé à la Chine, le Japon est un paradis pasteurisé« , sic page 288.  Lorsque notre héroïne compare les caractères des chinois et des japonais, elle dit …Je dois admettre que les Chinois ont besoin de discipline, que ce soit de l’extérieur ou de l’intérieur, mais je ne vois pas en quoi les Japonais sont les gens qu’il faut pour la leur administrer. Je crains que ce ne soit des conquérants au coeur de pierre, qui exigent une soumission totale de ceux qu’ils ont conquis. J’ai parfois le sentiment que les Japonais sont d’une dureté totale envers tout ce qui ne concerne pas leurs îles, ni leur fameux « nationalisme ».

Dans le Japon de 1905 existaient déjà des habitudes d’aujourd’hui comme par exemple le fait que les magasins soient ouverts toute la nuit et que l’on puisse, soit faire des emplettes à n’importe quelle heure, soit payer les redevances aussi à n’importe quelle heure (gaz, électricité, téléphone, etc). Page 200 on lit (c’est Mary qui parle)…Tokyo me plaît, ce n’est pas beau à proprement parler, avec cette succession sans fin de petites maisons grises en bois à deux étages, mais c’est très animé et on y trouve bien plus de distractions populaires qu’en Chine, qui sont très bon marché quand ce n’est pas tout à fait gratuit. Je vais régulièrement dans les marchés de nuit qui sont ouverts chaque soir le long de la rue principale, Ginza, avec des étals portables éclairés par des lampes à acétylène et offrant tout ce que l’on peut trouver sur cette planète

Il y a un paragraphe très drôle sur les courbettes à la japonaise, ce qui me rappelle ce que racontait mon père qui avait résidé à Tokyo plus d’un an dans les années 70 : il fallait bien arrêter les courbettes à un moment donné parce que la politesse japonaise veut que ce soit le moins important des deux qui fasse la dernière; bref, l’exercice peut durer des heures… Page 246 on lit sur les courbettes…je commence à en savoir long sur les courbettes japonaises. On pourrait écrire un livre sur l’art des courbettes, qui est soumis à des règles encore plus strictes que la composition florale. Il y a des courbettes pour ceux qui vous sont socialement égaux, selon les circonstances de la rencontre, il y en a pour les supérieurs, pour les domestiques, pour les commerçants et même pour les conducteurs de tramways. Il y a les courbettes des hommes aux femmes, toujours légères, et celles des femmes aux hommes, toujours très profondes, plus une collection impressionnante de courbettes aux femmes entre elles, qui sont un langage en elles-mêmes. Sans prononcer un seul mot, une dame peut vous placer exactement au rang qu’elle estime être le vôtre, et vous ridiculiser parfaitement si vous n’avez pas compris le statut qui vous était assigné, ce qui est généralement le cas pour les nouveaux venus dans ce pays qui est le plus poli au monde…

En 1909 le Japon a déjà commencé une rapide industrialisation qui ne s’arrêtera plus, Mary Mackenzie voyage à Osaka et constate…le monde commence à recevoir des marchandises japonaises, les cotonnades bon marché d’Osaka inondent l’Inde, en taillant de véritables croupières aux fabriques britanniques. C’est dans une ville industrielle comme Osaka que l’on perçoit réellement cette volonté intense et tenace de conquérir le monde, ce qui est sans doute une des raisons de mon manque d’attrait pour cette ville, sans parler de sa laideur totale. Dans le nouveau Japon qui se profile, les étrangers n’auront aucun rôle à jouer. Il n’y aura aucun besoin d’une Révolte des Boxers pour chasser les Occidentaux par la force : ils ne trouveront tout simplement aucun intérêt à y rester. Il est impossible dans ce pays à un étranger d’arriver dans une communauté composée d’autres étrangers sans être précédé d’un rapport sur son compte.

Mary s’initiera non seulement à l’art subtil des courbettes, mais aussi devra subir les tremblements de terre et les tsunamis qui sont si nombreux dans l’archipel, où, quand il se passe quelques jours sans secousse tellurique, les habitants commencent à les désirer sous peine de devoir subir un cataclysme...il y a eu un tremblement de terre la nuit dernière. Le temps aurait dû m’alerter, car après la neige qui est tombée plus tôt ce mois-ci, il y a eu un redoux, presque chaud et humide, « un jour annonciateur de tremblement de terre » comme disaient mes servantes de Tsukiji. Il s’est produit vers une heure et demie la nuit, alors que j’étais couchée mais ne dormais pas. Il y a d’abord eu une accalmie, comme si tous les bruits nocturnes de la ville avaient été éteints, puis un grondement comme aurait pu en causer un train lourdement chargé passant sur un pont métallique. Dès que les secousses ont commencé, j’ai su que celui-ci allait être différent de tous les tremblements de terre que j’avais déjà subis. J’ai enfilé le kimono ouaté qui me sert de robe de chambre et je descendais le petit escalier raide quand cela s’est mis à cogner tant que l’on se serait cru dans un wagon de chemin de fer conduit par un mécanicien ivre. J’ai été projetée puis j’ai perdu l’équilibre et j’ai glissé sur une natte de paille où j’ai eu l’impression de rebondir dans une couverture. Je pouvais entendre, par dessus les craquements et les grognements de ma maison les cris de mes voisins déjà sortis dans leurs jardins. Mon jardinet me faisait courir le risque de recevoir une tuile sur la tête, mais il fallait quand même que je m’y réfugie. Je me suis frayée un chemin par la porte coulissante de la cuisine dans un grand fracas d’objets tombant des étagères, avec une lumière que j’avais allumée en route et qui a éclairé le seul élément décoratif de mon jardin, un grand buisson de camélias, en train de danser la gigue comme s’il avait tout à coup été possédé par un démon qui serait passé par là et l’aurait agité d’un tremblement jusqu’à la pointe de ses feuilles lustrées qui persistaient en hiver.

C’est une lecture très agréable que ce livre, mais  l’on sent bien que c’est un homme qui a écrit la vie de cette femme, de façon très fouillée avec beaucoup de détails, mais sans aucune sentimentalité ni développement quant aux états d’âme de l’héroïne, cette maîtresse femme que fut Mary Mackenzie, une véritable aventurière, femme de tête et « business woman » avant la lettre. Aucun échange tendre entre elle et son mari, ni entre elle et son amant.  Je n’ai pas compris pourquoi elle s’est donnée au capitaine japonais, car jamais il n’a été fait mention dans le roman d’une forte attirance entre elle et le militaire, ni d’un état d’âme quelconque.  Ce livre fut écrit par Oswald Wynd à l’âge de 74 ans, probablement en faisant l’amalgame de souvenirs et de faits divers remontant à son enfance et  au cours de sa vie d’adulte puisqu’il a vécu une grande partie de sa vie au Japon.

UNE ODEUR DE GINGEMBRE, Quai Voltaire 1977,  ISBN 2-7103-2722-8

Distintas formas de mirar el agua de Julio Llamazares

Conferencia de Julio Llamazares este jueves en el Ayto. de San Sebastián: “Distintas formas de mirar el agua”  Julio Llamazares es un escritor y periodista español (Vegamián 1955) , licenciado en Derecho. Actualmente reside en Madrid. Su literatura se caracteriza par un intimismo y el uso de un lenguaje preciso con una manera de escribir muy pegada a la tierra, de ahí le cayó el sambenito de « escritor rural ». Llamazares nació en Vegamián, un pueblo leonés donde su padre era maestro y que fue inundado por el embalse del Porma en 1968. Julio Llamazares tenía 2 años cuando sus padres  abandonaron el pueblo de Vegamián.

Julio Llamazares escribe para consolarse de la vida porque la literatura es un consuelo, dice. Leerla y escribirla. Y cita a Lobo Antunes con la frase la imaginación no es más que la memoria fermentada. Para Llamazares la literatura es un fin en si mismo, por eso se le puede tildar también de « escritor romántico ». Y recalca que escribir es un acto solitario y un vicio solitario.

Distintas formas de mirar el agua es un libro precioso y es la novela que más rápido ha escrito; una novela coral donde 15 personajes de la familia de Domingo cuentan, cada uno a su manera, la historia del patriarca Domingo quien decidió traer sus cenizas de vuelta al embalse que anegó al pueblo donde están sus raíces. Esta novela polifónica utiliza la narración de cada miembro de la familia como un todo para el cual la superficie del pantano sirve de espejo.

Llamazares se inspira del pueblo de Ferreras cuyos campesinos fueron realojados en Tierra de Campos en Palencia donde se construyó un « pueblo de colonización » cuando se completó la desecación de la laguna de la Nava. Y destaca el hecho que cuando la gente pasa de la montaña a la llanura tienen que aprender a mirar porque están perdidos sin puntos de referencia.

El título del libro emana de las palabras de Agustín, el hijo menor de Domingo que vivió siempre a la sombra del padre. Y aunque es un personaje al límite de débil mental, es el más feliz porque está lleno de la sabiduría que supo inculcarle el padre. Dice Agustín…hay distintas formas de mirar el agua, depende de cada uno y de lo que busque. Él lo sabía todo del agua, y del aire, y de la tierra…La forma de mirar el agua me la enseñó él también. Él me lo enseñaba todo.

Domingo y su mujer eran originarios del mismo pueblo y vivieron juntos setenta años hasta que Domingo no pudo trabajar más la tierra y tuvo que internarse junto con su mujer en una residencia para ancianos . Al poco tiempo perdió la cabeza y al cabo de también poco tiempo falleció, previo pedido a su mujer para que trajera sus cenizas al embalse. En esta ocasión se junta toda la familia, los hijos y los nietos, cada cual con sus recuerdos  sobre el desarraigo vivido por la familia, pero todos rinden homenaje al patriarca que fue un hombre rudo, derecho y trabajador infatigable. La abuela dice que cuando su esposo pidió que lo incineraran y que trajeran sus restos al pantano, esto debió costarle mucho con su mentalidad, pero lo pidió, lo hizo. Y aquí está lo que queda de él : un montoncito  de polvo gris, poco más que la ceniza de una hoguera o que la estela de una estrelle fugitiva, dispuesto a integrarse a la tierra de la que surgió. Como en las fincas de la laguna que trabajaba o en las de su pueblo antes, sus cenizas son ahora las semillas que germinarán un día cuando el pantano sea desecado.

Dice la nieta Raquel …esto es lo que hay, esto es una familia o lo que queda de una familia de campesinos arrojada de su territorio y transplantada a un lugar lejano, a una llanura en medio de la meseta, del ancho páramo que estas montañas les había ocultado hasta aquel momento.

Alex, uno de los nietos contempla el paisaje del embalse y piensa…definitivamente no me gusta nada esto. Mientras más contemplo este sitio, más fantasmal me parece, por mucho que a primera vista sea un lugar hermosísimo: el espejo del pantano, en el que se refleja el cielo, el verde puro de sus orillas, el gris de las altas peñas que rodean todo el valle no logran alejar de mí la impresión de estar ante un cementerio inmenso, una gran fosa común hecha con agua en lugar de tierra.

La nostalgia del pasado invade a los hijos, incluso cuarenta y un años después, la hija Virginia piensa…a lo largo de todos estos años, durante los cuarenta y uno que hace que me fui de casa he procurado seguir la lección que me dejó el padre para no sucumbir a esa otra niebla que es la melancolía, que siempre me ha acechado desde entonces. Ni siquiera el nacimiento de mis hijos me hizo olvidar a mis padres y aquel poblado creado desde la nada por ellos y otras personas como ellos en medio del desolado páramo palentino.

Es una novela sobre el destierro, la memoria y la nostalgia de lo perdido, es una novela dolorosa sobre el desarraigo, sobre la querencia a los orígenes. Es una novela triste aunque preciosa. Las dieciseis personas de la familia que componen esta polifonía constituyen un coro al estilo de las tragedias griegas recalcando el lado trágico de la historia familiar.

Aquí abajo una foto del embalse de Vegamián vaciado en 1986 por motivos estructurales de la presa y desecado, donde se ve lo que fue la aldea inundada donde muchas casas conservan todavía el tejado :

 

DISTINTAS FORMAS, Alfaguara 2015,  ISBN 978-84-204-1917-6

Amours de Léonor de Récondo

Afficher l'image d'origine Léonor de Récondo est né en 1976; c’est une violoniste de renom, spécialisée dans le baroque qui a fondé avec son mari, le tenor Cyril Auvity, l’ensemble baroque L’Yriade. C’est aussi un écrivain français qui connait un grand succès avec le style de son écriture, une écriture épurée et directe, mais toute en nuances et en sensibilité.

Elle publia en 2010 son premier roman La grâce du cyprès blanc. Amours est son quatrième roman, paru en 2015 et détenteur des prix RTL/Lire et du prix des Libraires; en 2016 elle s’est vu discerner en plus le prix des étudiants francophones.

Amours fait une référence d’entrée avec le chef d’oeuvre de Flaubert, Madame Bovary puisque dès la première page l’héroïne, Victoire, prend un livre sur ses rayonnages et c’est Madame Bovary, un livre qu’elle a pu lire seulement une fois mariée car sa mère le jugeait inconvenant pour une jeune fille : …un homme au moins est libre…Mais une femme est empêchée continuellement…Sa volonté, comme le voile de son chapeau retenu par un cordon, palpite à tous les vents; il y a toujours quelque désir qui entraîne, quelque convenance qui retient...

Amours se passe en  huis clos dans une demeure cossue du Berry, où Anselme de Boisvaillant est notaire. Il est marié en deuxième noces depuis cinq ans à Victoire, une jeune femme qu’il a épousé sans amour à travers les annonces du journal Le chasseur français; il l’a épousée pour perpétrer sa race et qui sait, transmettre un jour sa charge de notaire à un fils, mais il ne la désire pas, c’est un homme assez frustré. Victoire s’ennuie dans ce mariage, elle ne connait rien à l’amour et les accouplements avec son mari la dégoûtent sans qu’elle puisse en formuler la raison. De plus elle ne conçoit pas d’enfant au grand regret d’Anselme et de la belle mère.

Parmi les serviteurs il y a Céleste, une jeune fille transparente, insignifiante, mais fraîche avec ses dix-sept ans. Anselme exerce un droit de cuissage sur Céleste sans que celle-ci puisse se plaindre ou se rebeller. C’est courant à l’époque, où les murs cachaient des amours ancillaires. Un enfant sera conçu de cette relation adultère. Et brusquement la sage et assez soumise Victoire va décider de garder Céleste et son enfant au lieu de les chasser, comme il est d’usage à l’époque parce qu’elle veut s’approprier cet enfant qu’elle sait de son mari car pour elle c’est une façon  de se libérer du devoir conjugal.

 Victoire ne possède pas du tout l’instinct maternel, raison pour laquelle Céleste devra s’approcher de son enfant afin de lui sauver la vie. Ainsi, peu à peu, ces deux femmes malheureuses vont se rapprocher et vont découvrir l’amour, d’abord d’elles mêmes, puis de leurs corps qui se cherchent. Elles verront surgir ensemble toute une sensualité faite de douceur et de tendresse qu’elles ne connaissaient pas auprès du mâle, sans toute la violence autour de la possession charnelle.

C’est un texte à la gloire de l’amour de la féminité ;  je pense que ce texte véhicule une problématique de portée  universelle, ce qui explique l’accueil si unanimement dithyrambique auprès du lectorat. L’écrivain passe au peigne fin des existences troubles jusqu’au tréfonds de leur âme et tout est évoqué avec subtilité : les hontes sociales, les désirs intimes, les besoins physiologiques, les peurs ancestrales, les secrets de famille, une certaine bien-pensance, le carcan de la religion…L’amour maternel est peu évoqué dans ce livre, mais effleuré; le petit Adrien est comme un objet dont on s’en sert comme une monnaie d’échange afin de régler d’autres problèmes, même si Céleste comprend instinctivement que si elle ne le prend pas dans ses bras cet enfant va se laisser mourir…

C’est un véritable trésor que ce livre qui résonne comme une musique de chambre avec de parfaits legatos. Léonor de Récondo a dit à propos de son livre  : « chacun s’approprie le livre, à sa façon » et cela sonne juste.

AMOURS, Sabine Wespieser Éditeur 2015,  ISBN 978-2-84805-173-4