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L’Adversaire d’Emmanuel Carrère

L'adversaire, Emmanuel Carrère - Réseau Canopé

Emmanuel Carrère est un écrivain, scénariste et réalisateur français (Paris 1957), diplômé de l’Institut d’Études Politiques. C’est le fils de la distinguée russologue française et académicienne Hélène Carrère d’Encausse qui a des origines russes,  ce qui explique en partie son engouement pour la Russie.

J’ai lu son livre Limonov (2011) qui a reçu plusieurs prix dont le Renaudot 2011, c’est  une biographie romancée du polyfacétique personnage russe réel Édouard Savenko, un livre très intéressant à lire.

L’Adversaire (2000) m’a été chaudement recommandé et je suis d’accord car c’est une lecture qui apporte un point de vue intéressant sur une affaire criminelle qui a commotionné la France en 1993, l’affaire Jean-Claude Romand, le quintuple assassin. C’est un livre-récit de non-fiction, considéré comme un rapport par l’auteur et aussi comme un livre jumeau de son autre livre La classe de neige (1995), qui a été écrit après l’abandon d’une première écriture de L’adversaire où Emmanuel Carrère intègre l’image de l’enfance de Jean-Claude Romand pour essayer de comprendre ce qui avait fait naître la personnalité du futur criminel et où il va éprouver une certaine empathie pour un enfant a qui l’on a enseigné le mensonge vis-à-vis d’une mère malade. L’adversaire est le résultat d’une enquête journalistique de plusieurs années et qui se veut fidèle à la réalité.

Le livre a été l’objet de 2 adaptations cinématographiques, la première par Laurent Contet en 2001  sous le titre L’emploi du temps  et la deuxième en 2002 par Nicole Garcia sous un titre  éponyme. Il y a eu aussi une adaptation pour le théâtre en 2016 conduite par Fréderic Cherbœuf.

L’écrivain E. Carrère a voulu travailler sur la part d’imposture qui existe en tout être humain mais qui prend rarement des proportions aussi monstrueuses, mais ce livre n’explique rien car l’auteur n’est pas arrivé à démêler la personnalité du criminel.

L’AFFAIRE CRIMINELLE: Jean-Claude Romand, natif du Jura, va assassiner épouse, enfants (2) et ses parents le 9 janvier 1993 et va rater son suicide. L’investigation va révéler très vite que Romand vivait dans le mensonge depuis 18 années! Jusqu’au dérapage il a pu mener une double vie dans une relative opulence. Il se disait médecin chercheur mais il n’avait pas fini ses études de Médecine abandonnées en deuxième année. Il s’installera à la frontière Suisse pour justifier d’un faux emploi à l’OMS. L’argent pour toute cette frime émanait de diverses escroqueries qu’il a perpétrées et froidement calculées au fil des années auprès des proches et de moins proches. Il a poussé le vice jusqu’à escroquer des gens dans le domaine de la santé!

Personne, pendant 18 années ne va le soupçonner de quoique ce soit et la Faculté de Médecine où il est resté inscrit pendant 12 années en deuxième année ne se montrera pas étonnée devant une telle bizarrerie…

L’explication du titre émane du nom donné au diable dans la Bible : l’adversaire, le menteur.

Ce quintuple meurtre prémédité est appelé « crime altruiste » par les psychiatres car Romand a tué les personnes qu’il aimait le plus au monde afin « de les protéger » de la vérité accablante sur lui. Nous sommes devant une pathologie narcissique grave avec mythomanie, froideur affective et investissement massif des apparences au détriment de la profondeur.

L’assassin a mené une double vie pendant 18 années. Côté face il était un bon mari et un père aimant, il avait des amis, certains très proches; il se déplaçait, il voyageait, il s’occupait de ses vieux parents. Côté pile, il n’était rien, il errait, il se terrait, il disparaissait pendant les heures de travail. Et il montait des escroqueries avec ses proches et non proches, sans l’ombre d’un remords. Un mensonge entraînait le suivant. En 1993 sa femme, pharmacienne de formation, a commencé à douter sur certains détails, ce qui a déclenché le drame.

Le livre est intéressant parce que Carrère est l’écrivain-narrateur de l’histoire de Jean-Claude Romand et aussi de la sienne, de celui qui doit colliger des informations; nous sentons les doutes qui l’assaillent, la terreur qu’il éprouve et la pitié aussi. Au fil du récit l’écrivain semble se détacher de l’histoire qu’il nous raconte et l’on sent très bien les hésitations dans le récit de la honte qui’il  ressent en tant qu’écrivain, en approchant un tel monstre.

Emmanuel Carrère mettra 7 années pour écrire ce livre;  il avait écrit une première lettre à l’assassin 6 mois après les faits, lettre restée sans réponse pendant 2 ans. Finalement le livre paraîtra 7 ans après les faits et 4 ans après le procès.

Jean-Claude Romand sera condamné à perpétuité (assortie de 22 années de réclusion) et sera détenu à Chateauroux,  il sera libéré après 23 années de réclusion. Actuellement il vit en liberté conditionnelle dans l’Indre depuis juillet 2019, il doit porter un bracelet électronique pendant une période probatoire de 2 ans et sera soumis à des contrôles pendant 10 ans.

Il paraît que ce « père aimant », « fils modèle », « ami intachable » et « détenu modèle » tombé en religion avait obtenu un 16/20 à l’épreuve philo du Bac 1976 sur le thème « La vérité existe-t-elle?

Peut-on croire dans la rédemption d’un tel personnage, calculateur froid et mythomane récidiviste ? Sincèrement je ne le pense pas. Pour moi c’est la vive incarnation d’un monstre sans rédemption possible.

 

L'Emploi du temps (2001), un film de Laurent Cantet | Premiere.fr ...          Affiche du film L'Adversaire - Affiche 1 sur 1 - AlloCiné

 

L’ADVERSAIRE, Folio N° 3520 (E.C. 2000),  ISBN 978-2-07-041621-9

Les trois jours de Pompéi d’Alberto Angela

Résultat de recherche d'images pour "i tre giorni di pompei alberto angela" Alberto Angela est un paléontologue, écrivain, journaliste et présentateur d’émissions culturelles italien (Paris 1962).

Les trois jours de Pompéi (2017) s’est vendu a plus de 200 000 exemplaires en Italie, un énorme succès pour ce livre reconstituant la vie à Pompéi et alentours, quelques heures avant le cataclysme de l’année 79 de notre ère. Ce drame tellurique aurait eu lieu en octobre et non au mois d’août comme cela a été évoqué le plus souvent. Aussi, ce n’est pas le volcan Vesube qui serait à l’origine de l’éruption mais le volcan Somma qui était bien camouflé dans le relief. Autrement dit, les pompéiens ne savaient pas qu’ils étaient au pied d’un volcan mais ils le voyaient comme un simple mont, même si les signes avant coureurs d’une explosion étaient nombreux.

Déjà en l’an 62 de notre ère, un autre tremblement de terre avait touché cette région de la Campanie, à tel point que beaucoup d’habitants avaient déserté le lieu et vendu leur logement principalement aux nouveaux riches de l’époque, les affranchis.

Le livre reconstitue la vie de Pompéi et d’autres lieux proches avec une abondance de détails de tout genre, ce qui donne un aperçu très vivant de la vie avant le drame à travers divers personnages ayant existé et ayant appartenu a des différents couches sociales. Leur vie était déjà sophistiquée à cette époque avec, par exemple, l’interdiction de circuler la nuit pour les véhicules à roues, ils pouvaient circuler la nuit grâce à des rails le long de trottoirs pour ne pas gêner les piétons. La vie de tous les jours est remarquablement décrite, comme par exemple la production du pain sous forme de miches qui étaient épicées. Les blanchisseries utilisaient l’urine pour traiter le linge ce qui fait que les urines étaient ramassées gratuitement dans des amphores disponibles dans les rues avec l’inconvénient en ville de devoir supporter des odeurs fortes; c’est pour cette raison que l’empereur Vespasien a décidé de taxer l’urine utilisée par les fouleries (des esclaves foulent au pied des vêtements dans un mélange d’eau et de substances alcalines comme la soude et l’urine) et de cette époque émane la phrase célèbre de Vespasien à ceux qui rouspétaient pour la taxe « pecunia non olet » c’est à dire l’argent n’a pas d’odeur. A l’époque,  la principale source d’informations en tout genre se situait au Forum, ensuite les informations circulaient dans les bars qui existaient en très grand nombre.

C’est vraiment très intéressant et facile à lire, très documenté,  même si je dois avouer que le ton employé m’a quelque peu agacé car plus destiné à des élèves du secondaire qu’à des lecteurs aguerris.

Quelques informations sont précises comme par exemple la taille des gens à cette époque: les hommes mesuraient 1,66 et les femmes 1,50 avec une espérance de vie autour de 50 ans; il a fallu 2000 ans pour doubler cette espérance de vie…

La grande déflagration du 24 octobre 79 a été précédée de 43 séismes dont un fort tremblement de terre en 62, si fort que beaucoup d’habitants nantis avaient déjà abandonné les lieux, Pompéi et la campagne environnante où des somptueuses demeures existaient. Cela fait que la ville de Pompéi était partiellement en reconstruction.

Le volcan Somma a déversé en 20 heures suite à l’explosion 10 milliards de tonnes de magma sur 15 Km et sur une épaisseur de 3 mètres par endroits, avec un débit de magma de 70 000 tonnes par seconde! Cette catastrophe a fait plus de 20 000 morts, c’est inimaginable et c’était difficilement évitable. Il paraît que entre le moment de l’explosion et la fin, les gens n’avaient que très peu de temps pour échapper à la mort.

Les dégâts ont été très différents à Pompéi par rapport à Herculanum. Dans cette dernière petite ville les gens ont été tués de façon immédiate par l’onde de choc thermique qui a atteint quelques 500 degrés avec la vague silencieuse de magma qui s’est propagée en 6 couches à 100 Km/heure ! A cette température la boîte crânienne éclate et le corps est calciné de façon instantanée de telle façon que les gens ont gardé la posture qu’ils avaient à ce moment précis. Heureusement qu’ils n’ont pas eu le temps de souffrir.

Un livre saisissant qui décrit bien ce que fût l’apocalypse pour tant de gens.

Je suis toujours épatée par la facilité avec laquelle voyageaient certaines personnes dans l’Antiquité. Ils allaient d’un site à un autre avec une grande facilité essentiellement par voie de mer.

LES TROIS JOURS DE POMPÉI, Payot 2017 (AA 2014),  ISBN 9798-2-228-91863-3

Imposible equilibrio de Mempo Giardinelli

Mempo Giardinelli es un Escritor y periodista argentino (Resistencia 1947),  oriundo de la región del Chaco (norte de Argentina), una región a menudo incluida en sus escritos. Autor de novelas, ensayos y libros de cuentos; su obra ha sido traducida a más de 20 idiomas.

Lo descubrí con su libro Santo oficio de la memoria que me deslumbró: es una novela  que recibió  el Premio Rómulo Gallegos 1993 a la unanimidad y que fue distinguida por la revista colombiana Semana entre las 100 mejores novelas en lengua castellana de los últimos 25 años: el libro fue reseñado en este blog en enero 2012.  También reseñé su estupenda novela Visitas después de hora en junio del 2012,  Final de novela en Patagonia, otra novela galardonada, esta vez con el Premio Grandes Viajeros 2000 y que también encontré interesante, entretenida y fuertemente evocadora de recuerdos personales, y ¿Por qué prohibieron el circo?,  su primera novela, escrita a los 21 años, una novela de corte social y también comentada.

Imposible equilibrio (1995) es una novela que me ha encantado, muy adecuada en estos tiempos de calentamiento del planeta, con matices ecológicos/cómicos y que sucede en El Chaco.

Un grupo de contertulios de lo más truculento emite la idea de importar hipopótamos al Chaco para combatir un desastre ecológico que se avecina en los ríos de esta vasta provincia del norte argentino. La deforestación excesiva de la zona, en veinte años, ha convertido en desierto millones de hectáreas con las zonas más húmedas y fértiles convertidas en espejos de aguas podridas con abundancia de carrizales y camalotes. Y los ríos chaqueños se asfixian con la proliferación de yuyos, juncos y camalotes que impiden la navegación, el riego y la potabilidad. Los carrizales por miles de kilómetros cuadrados cubren ríos y lagunas, provocando la pérdida de oxígeno de las aguas, pudriendo los troncos de los árboles, formando tejidos gigantescos e indestructibles que empujan y rompen diques y defensas. Y en esas formaciones pululan todo tipo de bichos peligrosos.

Entonces la idea del contertulio que llaman El Negro Flores ( usan apodos de lo más divertidos) es de importar hipopótamos africanos porque estos bichitos se zampan « por nuca » unos 50 kilos de pasto y camalotes al día, a tal punto que por donde pasan el agua se pone clara. Y de esta manera ecológica los chaqueños limpiarían sus ríos.

En el grupo de contertulios no faltan los disidentes/chiflados que estiman que a estos animalitos no se les puede privar de libertad y organizan el robo de los 4 especímenes encargados a duras penas para dejarlos en una zona alejada, libre y caudalosa y para que sobrevivan « dignamente ».

Empieza aquí la parte del libro con una aventura a la Indiana Jones de lo más divertida y truculenta.

El final no es divertido ni truculento y cambia el estilo del libro, pasando al realismo mágico.

Un libro muy simpático.

El Chaco la provincia que ha más deforestado.

IMPOSIBLE EQUILIBRIO, Edhasa 2018 (MG 1995),  ISBN978-987-628-122-5

Frantumaglia d’Elena Ferrante

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Elena Ferrante est le pseudonyme d’un écrivain italien qui cultive l’énigme depuis 25 ans . On pense qu’Elena Ferrante est originaire de Naples et qu’elle  serait née vers 1940. Le journaliste italien Claudio Gatti a soulevé l’hypothèse qu’il pourrait s’agir de la traductrice romaine Anita Raja de 64 ans aujourd’hui, hypothèse basée sur l’explosion des revenus de Mme Raja ainsi que ceux de la maison d’édition E/O qui publie Mme Ferrante. Il faut dire que depuis 20 ans cet écrivain se cache et qu’elle avait prévenu son éditeur avec ces mots… »de tous vos écrivains, je serai celle qui vous importunera le moins. Je vous épargnerai jusqu’à ma présence ».

Le nom d’Elena Ferrante serait inspiré d’Elsa Morante, l’un des écrivains préférés d’Elena Ferrante (le jeu des boîtes chinoises en plus…). Cet auteur mystérieux est plébiscité dans le monde entier avec 10 millions (2 millions en France pour les 3 premiers volumes) d’exemplaires vendus et des traductions dans 42 pays… L’auteur reconnaît dans des entrevues données par écrit la part importante de l’autobiographie dans son oeuvre. Derrière ses livres on sent une grande sincérité, un ton viscéral, un regard sur la condition des femmes et une approche très psychologique des personnages et des situations.

Frantumaglia (2019) est une compilation d’entrevues et de courriers épistolaires choisis ou de mails, échangés entre Madame Ferrante et divers journalistes du monde entier ainsi que avec ses amis éditeurs  « E/O », gardiens de son anonymat, les époux Sandra Ozzola et Sandro Ferri.

Frantumaglia est une locution dialectale napolitaine trouvée par la mère de Ferrante pour décrire un état d’esprit lorsqu’on éprouve des impressions contradictoires qui tiraillent et déchirent, c’est à dire, un mal être inqualifiable autrement.

C’est probablement le sentiment ressenti par cette écrivaine littéralement harcelée sans relâche par les medias afin d’obtenir son vrai visage et son vrai nom, alors qu’elle proclame depuis des années son désir absolu d’anonymat pour que l’on puisse détacher son oeuvre de son image personnelle. Sa lutte fût longue et vaine puisque son identité a été dévoilée en 2016 par un journaliste italien de la façon la plus vile et indiscrète imaginable, tellement vile que je ne vais pas la raconter ici car cela m’écoeure. Que recherchaient ces journalistes après tout ? Le scoop médiatique coûte que coûte, l’appât du gain, le panem et circenses de la Roma antique?

Ce livre est donc assez répétitif, et Madame Ferrante répète sans cesse les mêmes choses afin de justifier son silence médiatique. Nous apprenons au passage quelques renseignements très intéressants sur son inspiration, son travail d’écriture, ses doutes, son vécu. J’ai été séduite par sa soif de lecture (vaste et éclectique) et sa connaissance en matière littéraire; c’est une vraie amoureuse de la littérature qui sait citer, par exemple quand elle cite Freud dans Totem et Tabou (1912-13) pour souligner le cas d’une patiente qui refusait de se servir de son nom, redoutant qu’on s’en empare pour lui dérober sa personnalité. Quelques interviews sont plus percutantes que d’autres, plus intelligentes; quelques unes frôlent l’insolence et d’autres la malveillance pure et dure.

Elena Ferrante a connu un grand succès avec sa tétralogie sur Naples et les trois ouvrages qui ont précédé la publication de cette tétralogie, bien qu’ayant connu un moindre succès, sont largement cités et expliqués dans ce livre. Des trois ouvrages j’ai seulement lu Les jours de mon abandon qui m’a semblé remarquable et que j’ai commenté en août 2016. Les autres ouvrages sont L’amour harcelant (1992)et Poupée volée (2006).

Quelques citations :

Et puis les véritables livres ne sont écrits que pour être lus. En revanche, l’activisme promotionnel des auteurs tend à effacer de plus en plus les ouvrages et la nécessité de les lire. Dans de nombreux cas, le nom de l’auteur, son image et ses opinions nous sont bien plus connus que ses textes, et cela vaut non seulement pour les contemporains, mais désormais aussi, hélas, pour les classiques….Je désire que mon espace d’écriture reste un lieu caché, sans surveillance ou urgence d’aucune sorte(page100).

Sur l’attachement atavique de Ferrante avec Naples l’ensorcelante : …avec Naples, de toute façon, les comptes ne sont jamais réglés, pas même si l’on s’en éloigne. J’ai séjourné pendant des périodes assez longues dans d’autres endroits, mais cette ville n’est pas un endroit quelconque, c’est un prolongement du corps, c’est une matrice de la perception, c’est le terme de comparaison de toute expérience. Tout ce qui a revêtu pour moi un sens durable s’est déroulé à Naples et s’exprime dans son dialecte. La ville où j’ai grandi m’est longtemps apparue comme le lieu de tous les dangers. C’était une ville de querelles subites, de coups, de larmes faciles, de petits conflits qui s’achevaient en insultes, en obscénités indicibles et en fractures inguérissables, de sentiments exhibés au point de devenir insupportablement faux. Ma Naples est la Naples « vulgaire » de gens toujours habités par la crainte de devoir toujours recommencer à vivre au jour le jour, pompeusement honnêtes, mais prêts en réalité à se livrer à de petites infamies pour éviter de faire mauvaise figure, tapageurs, bruyants, fanfarons, glorieux, mais aussi, sous certains aspects, stalinistes, noyés dans le dialecte le plus anguleux, criards et sensuels, encore privés de la dignité bourgeoise, mais désireux de se doter au moins de ses signe superficiels, convenables et potentiellement criminels, prêts à se sacrifier à l’occasion, ou à la nécessité de ne pas avoir l’air plus bêtes que les autres (page 76).

Un livre adressé à ceux qui s’intéressent de très près au travail littéraire de Madame Ferrante.

FRANTUMAGLIA, Gallimard 2019 (EF 2016),  ISBN 978-2-07-273467-0

La Reina del Sur de Arturo Pérez-Reverte

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Arturo Pérez-Reverte (Murcia 1951), es un valor  de las letras hispánicas, es el autor español de más tirada actualmente. Es un escritor, periodista y reporter de guerra. Hace parte de la RAE desde 2003.

Su estupenda novela El maestro de esgrima (1988), la comenté en este blog en diciembre 2012 y El francotirador paciente (2013) en enero 2014, una novela que no me sedujo porque la encontré underground, decadente. Por supuesto que le he leído otros libros, pero como en aquella época no hacía fichas de lectura, no me siento autorizada para argumentarlos.

Estoy siguiendo con interés su serie con Falcó (2016): el primer tomo de una serie  y me gustó mucho : el intento ficticio por parte del espía Falcó de liberar de la prisión a Primo de Rivera. Eva es la segunda entrega (2017), me ha gustado algo menos y me aburrí por momentos : sucede en Tánger y el cínico Falcó quiere recuperar un cargamento de oro de España que los republicanos quieren enviar a Rusia para ponerlo a salvo (vaya idea). El tercer tomo, Sabotaje (2018) ya fue publicado, pero aún no lo leo.

La Reina del Sur (2002) es una narconovela y una novela de aventuras de casi 600 páginas que deja estupefacta. Pérez-Reverte se habría inspirado de un personaje real, la sinaloense Sandra Ávila Beltrán, una narco conocida como la Reina del Pacífico, una de las primeras mujeres narcotraficantes a nivel de capo del cartel de droga mexicano.

El libro de Pérez-Reverte fue adaptado para la TV española en una serie de 12 capítulos que salió al aire en 2011 con Kate del Castillo en el rol estelar, una serie que fue muy mal catalogada por el autor. Y en 2015 USA Network filmó otra serie de 63 episodios (!) bajo el título de The Queen of South con Alice Braga en el papel principal; anoche visioné dos capitulos de la serie norteamericana y ello bastará para no seguirla. En sólo dos capítulos han cambiado tantas cosas que me alejan del libro; además, para una serie norteamericana (saben filmar las series en general) la encontré mala si la comparo con El Chapo o Narcos. Me falta echar un vistazo sobre la serie española…

Esta lectura la integro con la de Don Winslow y su libro Cartel (2015) que abarca el período 2004-2014 cuando los carteles mexicanos de la droga están al máximo de su virulencia con un relato escalofriante. Visioné sur Netflix la excelente serie El Chapo (2017), un personaje inspirado por el traficante Joaquín Guzmán de Sinaloa, con 21 episodios. Y la serie Narcos, también en Netflix, basada en la vida de Pablo Escobar con 30 episodios en torno al cartel de Medellín. Esto da una idea precisa y espantosa de lo que son los carteles de la droga.

Tuve dificultades al comienzo de este libro porque el autor escribe con la jerga sinaloense del medio de los narcos, el estilo me resultó pesado aunque la historia era increíblemente aventurera y terrorífica. Es una novela mitad periodística narrada a la primera persona y mitad relato novelado narrado a la tercera persona. El narrador-investigador emplea un tono periodístico. Se nota que hubo un enorme trabajo de búsqueda, que debió ser peligrosa además.

El libro está dividido en capítulos inspirados en los « corridos », los corridos son canciones populares mexicanas que narran la gesta de los narcotraficantes. Se dice que Arturo Pérez-Reverte tuvo la idea del libro escuchando el narcocorrido de Camelia la Tejana en una cantina de Sinaloa.

Teresa Mendoza es la amante del Güero Dávila (en México llaman güero/a  a toda persona rubia), es un  piloto de Cessna que trabaja para el cartel de Sinaloa con el transporte de droga hacia los EEUU. Teresa es una muchacha joven, pobre, casi analfabeta, pero con un cerebro para las cifras. El Güero la ha iniciado al manejo de las armas y le ha dicho que si algún día lo matan, ella tendrá que huir lo más lejos posible y pedir ayuda a don Epifanio Vargas, el padrino de ambos, llevándole un cuaderno de tapa negra que Teresa no debe leer bajo ningún pretexto.

Cuando a Teresa le toca huir, parte hacia España y de ahí a Melilla donde se hará cargo de un bar y rápidamente sus dones con las cifras la harán subir en grado. Conocerá a un marino gallego que será su amante y la iniciará en el transporte de droga por el Mediterráneo, en el manejo y la reparación de lanchas. En un operativo de transporte de droga Teresa será apresada y cumplirá condena en una cárcel española. En la cárcel tendrá la protección de su co-detenida, Pati, una mujer de mundo, con estudios y educación y que la refina y educa.

Teresa Mendoza se aficionó a la lectura en la cárcel y leía todo el tiempo. Su lectura fetiche era El conde de Montecristo de Alejandro Dumas porque ella encontraba muchas similitudes con su propia vida : un encierro carcelario, el amparo de otra reclusa, un secreto, el descubrimiento de un tesoro, la transformación de un personaje en otro.

Saliendo de la cárcel Teresa Mendoza es otra persona y se lanzará con Pati en el transporte de droga por el Mediterráneo amasando una verdadera fortuna y una fama de capo. Al cabo de 12 años le pedirán que vuelva a Sinaloa a testimoniar contra Epifanio Vargas que desea ocupar alto cargo político. Arriesgará su vida y será capaz de defenderse con armas de fuego de una manera deslumbrante.

Una mujer secreta, con un cerebro reptiliano, capaz de matar fríamente a tiros y capaz de urdir y organizar sus cosas de manera increíblemente brillante. La justicia nunca pudo probar su participación en el transporte de la droga. En la novela no se sabe lo que sucede después del testimonio que acabó con las ambiciones del mafioso Vargas. En la vida real, a la narco Sandra Ávila Beltrán se le caucionaron 14 cuentas bancarias, 6 vehículos de lujo, 225 bienes inmobiliarios y 179 joyas excepcionales…

Esta gente de los carteles de la droga amasa, de triste manera, fortunas colosales, pero tienen una vida de perros con una lucha permanente por la sobrevida, escondiéndose en permanencia, rodeados de guardaespaldas y por lo general, mueren de muerte violenta.

LA REINA DEL SUR, Alfaguara 2002,  ISBN 978-1-61605-323-9

Noticia de un secuestro de Gabriel García Márquez

Résultat de recherche d'images pour "garcia marquez novela de un secuestro"  Gabriel García Márquez  fue un gran escritor colombiano (Aracataca 1927-México 2014),  también un guionista, periodista, editor y hombre político. Recibió el Premio Nobel de Literatura en 1982. Se le relaciona como el adalid del realismo mágico;  su obra más conocida es la novela Cien años de soledad (1967), uno de los grandes clásicos hispánicos de todos los tiempos.

Le he leído varias obras y todo me ha gustado. No las voy a enumerar porque resultaría fastidioso. Creo que el último que le leí fue Memoria de mis putas tristes (2004) un opúsculo simpaticón.

Noticia de un secuestro (1996) es un libro algo especial y bastante interesante porque combina reportaje periodístico con un buen estilo narrativo. Y nada de realismo mágico, sino un realismo pútrido sobre las guerrillas colombianas. Es un testimonio del período de violencia inaudita que vivió Colombia con secuestros y asesinatos por parte del narco-terrorismo de los años 90 con un grupo  que se hizo llamar Los Extraditables, un grupo que emanaba del cartel de Medellín con Pablo Escobar a la cabeza.

Los Extraditables eran capos de la droga que lucharon contra la extradición de colombianos a los EEUU porque eran juzgados de manera muy dura. Como medio de presión utilizaron a la clase política y a los periodistas con raptos y asesinatos. Colombia se convirtió en un estado de guerra contra la mafia con redes de corrupción y de colusión evidentes y a todo nivel.

Para darse una idea de la hecatombe colombiana, se dice que entre 1958 y 2012 unas 220 000 personas murieron asesinadas, unas 25 000 desaparecieron y más de 4 millones fueron desplazadas por causa de los conflictos armados (narcotráfico o guerrillas). De los 220 000 asesinatos documentados, el 82 % atañe a civiles y unos 48 000 a los combatientes.

Tristes cifras para un país.

Página 29 se lee…Colombia no había sido consciente de su importancia en el tráfico mundial de drogas mientras los narcos no irrumpieron en la alta política del país por la puerta de atrás, primero con su creciente poder de corrupción y soborno, y después con aspiraciones propias….El motivo principal de esa guerra era el terror de los narco-traficantes ante la posibilidad de ser extraditados a los EEUU, donde podían juzgarlos por delitos cometidos allí, y someterlos a condenas descomunales. Uno de los gremios más afectados por aquella guerra ciega fueron los periodistas, víctimas de asesinatos y secuestros, aunque también de deserción por amenazas y corrupción. Entre setiembre de 1983 y enero de 1991 fueron asesinados por los carteles de la droga 26 periodistas de distintos medios del país.

El libro de García Márquez se centra sobre el rapto de periodistas o allegados a periodistas, con meses de detención en pésimas condiciones, pero con relativo buen trato y que servía de moneda de cambio. Solo he retenido los detalles de los secuestros porque los nombres de la gente me dicen poco o nada. Pero el operativo es francamente increíble. Es también interesante el retrato que se hace de Pablo Escobar, un desalmado que se enriqueció con la droga de una manera abismante, pero que sabía comprar a la gente y era muy apegado a su familia. Al parecer fue un hombre de honor que siempre cumplió su palabra aunque no daba su confianza a nadie. Los secuestrados desarrollan, unos más y otros menos, el síndrome de Estocolmo.

Una vez leí en algún texto que el peor de los monstruos lleva en sí algo de humano cuando se le mira de cerca…

NOTICIA DE UN SECUESTRO, Grupo Editorial Norma 1996,  ISBN 958-04-3427-1