Jusqu’au dernier de Deon Meyer

Écrivain né en Afrique du Sud (Paarl) en 1958 ayant, paraît-il, des origines alsaciennes; auteur de romans policiers écrits en afrikaans. Il a travaillé comme journaliste,  attaché de presse, webmaster, stratège en positionnement Internet; ses oeuvres reflètent la diversité culturelle de l’Afrique du Sud contemporaine, ses tensions et ses efforts pour vaincre le sous-développement. Actuellement l’écrivain vit dans une petite ville sur la côte Ouest, à 35 Kms du Cap.

Meyer est maître dans la création de personnages aux fêlures apparentes et des personnages à grande gueule; il est très attaché à la psychologie de ses anti-héros car il va fouiller au plus profond de leurs déviances pour nous livrer une image de l’homme universel. Ses intrigues sont construites avec une précision parfaite.

J’avais déjà lu de lui 13 heures dans la même collection que j’avais beaucoup apprécié car c’est un récit palpitant qui vous tient en haleine jusqu’à la fin, avec une séquence de poursuite digne du meilleur thriller. Le décor est le même : la nouvelle société afrikaneer avec une dose de violence urbaine très  forte, et des faits empreints de corruption. Je crois me souvenir que j’avais été gênée par la surabondance de personnages ce qui rendait la lecture un peu plus difficile, mais globalement j’avais beaucoup aimé.

Dans ce livre, Jusqu’au dernier ( en anglais Dead before dying), le titre en français est très bien trouvé car c’est l’histoire d’une vengeance en série. Ce serait mal venu de relater la trame de ce vrai polar car d’aucuns pourraient y perdre l’intérêt à la lecture et ce serait vraiment dommage. Les ingrédients y sont et on ne peut pas lâcher ce livre jusqu’à la fin; tout est parfaitement articulé avec une action rapide, écrite comme un script d’un  bon film du genre.  Ici l’inspecteur Mat Joubert de la brigade des Vols et Homicides, est chargé de démasquer un tueur en série d’une rare violence qui tue avec un vieux Mauser datant de la guerre des Boers. La police a du mal à trouver le lien entre les meurtres et toute la Police du Cap est mise à contribution pour la traque. En même temps il y a une autre affaire en cours qui brouille les pistes: celle d’un  braqueur de banque qui s’attaque toujours à la même banque.

Mat Joubert résoudra in extremis ce cas palpitant, mais épuisant pour lui et pour ses hommes. Il faut dire que l’inspecteur va très mal car il a perdu sa femme depuis deux ans, policier elle aussi et tuée dans l’exercice de sa fonction. Ceci permet d’approcher le milieu dans lequel travaille la police et de voir que le côtoiement de la mort au quotidien a des conséquences sur les personnes. Les hommes ont du mal à canaliser ce  stress permanent et cette pression que  l’on exerce sur eux, surtout de la part des médias, particulièrement de la télévision: de véritables hyènes affamées d’images et de sang. Ceci entraîne souvent des dépressions, de l’obésité par surcompensation, de l’alcoolisme, du tabagisme excessif, des problèmes de couple, des problèmes relationnels au sein de la police. De plus, la Brigade a un nouveau chef, le colonel De Wit qui veut mettre tout le monde à l’épreuve: les gros doivent maigrir, les fumeurs arrêter de fumer et les déprimés doivent aller chez le psychiatre !

Je cite, sur la fréquentation de la mort : …alors,  la mort ne s’écrivait pas avec une majuscule, c’était seulement quelque chose qui arrivait aux proches et aux amis des autres. Ce n’était qu’un phénomène, qu’une aberration ordinaire, qu’une source d’excitation qui marquait le début de la poursuite, qu’une sonnerie de trompette appelant la charge de la cavalerie…

Pour les amateurs de bons polars, un vrai régal.

JUSQU’AU DERNIER, Points ( Éditions du Seuil, 2002 ) N°1072,  ISBN 2-02-048879-5

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