Le cinquième témoin de Michael Connelly

alt=Description de cette image, également commentée ci-aprèsMichael Connelly est un très grand auteur de polars nord-américain (Philadelphie 1956) ; c’est le « père »  du  detective de LAPD Hyéronimus Bosch, alias Harry Bosch, que j’affectionne particulièrement parce que sa personnalité taciturne me plait. Connelly est un écrivain très prolifique avec une publication par an et parfois jusqu’à deux.  Je crois qu’à la date d’aujourd’hui on arrive à quelques 28 publications depuis 1992.

Je les ai lus presque tous et j’en possède pas mal. Mes préférences vont au Poète de 1996, La blonde en béton de 1994, Créance de sang de 1998, et bien d’autres.

Dans ce blog, j’ai écrit un billet en juillet 2013 sur La lune était noire ( 2000), polar qui m’avait bien plu, palpitant et original car les protagonistes sont des truands et aussi parce que le personnage principal est une femme malfrat, Carrie Black.

Ce livre, Le cinquième témoin (The fifth witness, 2011) met en scène le peu sympathique avocat Mickey Haller qui est aussi demi frère de Harry Bosch; c’est le quatrième opus mettant l’avocat en vedette, mais depuis, il y a eu  deux autres publications où il apparaît,  notamment dans le tout dernier livre de 2015, non encore traduit en français, The crossing où Harry Bosch et Mickey Haller se partagent la vedette.

J’ai eu du mal au début avec ce livre alors que j’avais très envie de lire un bon polar pour me détendre ; j’ai  saisi celui-ci qui attendait lecture…Oh la la la, un gros livre de plus de 600 pages où le seul assassinat  a lieu dès le début, il met la machinerie judiciale en route et déclenche une avalanche d’informations sur la jurisprudence nord-américaine.

Non que le sujet soit inintéressant, bien au contraire, car nous apprendrons beaucoup de choses autour de la crise du subprime et les rouages de la justice made in USA . Mais le texte est trop fouillé et l’intrigue se noie dans les détails administratifs .

Vers la fin du roman il y a un très bon regain d’intérêt et la fin se lit avec plaisir. La fin est vraiment surprenante, cela vaut la peine de tenir jusqu’au bout.

Alors l’intrigue ? Ce serait un crime de lèse majesté que de donner la clef de ce roman policier;  je ferai donc un résumé en essayant de ne pas devenir spoiler…

Lisa Trammel est soupçonnée d’assassinat sur un haut personnage de la banque. En pleine crise du subprime elle perd son travail d’enseignante et du coup elle ne peut plus assumer ses traites; de plus son mari l’a abandonné avec leur fils. On la soupçonne car elle est très agressive dans la défense des emprunteurs devenus insolvables comme elle, elle est connue des médias. Il faut expliquer que les banques font appel à des sociétés privées de saisie qui gèrent les dossiers et redonnent les logements « clés en main » aux banques. Le circuit fonctionne à la perfection pour les organismes bancaires.

Le problème est qu’ il existe de vraies irrégularités dans la procédure d’expropriation des maisons et les organismes financiers en profitent.

Le descriptif sur le fonctionnement de la justice nord-américaine est détaillé et cela fait froid dans le dos : le one-men-show ( ou women show) des avocats, la mise en scène des procès, les manipulations à tous les niveaux, les intimidations psychologiques et/ou physiques, les mensonges éhontés, la manipulation des preuves, la toute puissance des juges,  les pressions de tout genre. Et j’en passe. Sans jamais oublier  que le nerf de la guerre dans cette société ultra libérale est L’ARGENT, le sale argent qui sert à tout, à corrompre et à racheter…

Une question pertinente est soulevée avec ce roman: est-ce que l’avocat doit être convaincu de l’innocence de son client pour assurer la défense ? En tout cas Mickey Haller dit que seule une stratégie en béton pour la défense est requise, mais il n’empêche qu’il se pose de vrais problèmes de conscience car il veut abandonner son métier d’avocat pour postuler à un poste d’attorney, c’est à dire de fonctionnaire.

Le cinquième témoin dans le roman est celui qui fait tout basculer : ici c’est le patron d’une petite société privée qui gère les saisies. Ce témoin est impliqué dans ce crime via la Mafia.

Polar longuet, mais pas idiot, qui nous livre dans le détail le mode d’emploi de la machine judiciaire made in USA dès les premières comparutions jusqu’au verdict final. Il nous donne les clefs pour comprendre le fameux « cinquième amendement »de la Constitution Américaine, c’est à dire l’amendement qui  vise à protéger contre les abus de l’autorité du gouvernement dans une procédure juridique. Il garantit la sécurité juridique, empêche d’être jugé deux fois pour le même crime, et empêche qu’une personne ait à témoigner contre elle-même.

LE CINQUIÈME TÉMOIN, Le livre de poche 33394 (2014), Calmann-Lévy 2013,  ISBN 978-2-253-17894-1

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