Le problème avec Jane de Catherine Cusset

Écrivain français (Paris 1963), normalienne agrégée de lettres classiques avec une thèse sur le marquis de Sade. Elle a enseigné plus de 10 années à Yale la littérature française du XVII-ème siècle pour finalement abandonner sa carrière universitaire et se consacrer à l’écriture à plein temps. Elle vit aux EEUU.

Son plus grand succès de librairie,  pour le moment, a été Un brillant avenir en 2008 qui reçut le  Goncourt des lycéens.

 Le problème avec Jane, ce livre de 1999, a été le premier opus de Catherine Cusset à connaitre un succès commercial et une reconnaissance avec plusieurs prix: Grand Prix des lectrices d’Elle, finaliste du Médicis, etc…

C’est le premier livre que je lui lis, recommandé par Sylvie L, une bonne lectrice. C’est un livre qui se lit très bien, de lecture facile, bien écrit, aux rebondissements incessants, ce qui maintient l’intérêt de la lectrice. De plus, l’argument m’a paru très original : une enseignante  d’ une Université américaine de renom, appelée Jane,  trouve un jour un brouillon de livre  anonyme qui décrit par le menu sa vie amoureuse.

Mais alors, quelle vie amoureuse ! Cet ouvrage n’a pu être écrit que par quelqu’un qui la connait de près, donc il y a une trahison de lèse majesté autour d’elle ! Et au fur et  à mesure que Jane progresse dans la lecture de ce livre, elle progresse dans la compréhension du « voyeur/voyeuse » qui nous la livre en pâture; nous avons ici un bel exemple de mise en abîme soit deux histoires imbriquées comme des poupées russes. Belle construction.

La vie amoureuse de Jane, disséquée jusqu’au moindre détail, m’a quelque peu agacé. Il est impossible de ne pas se sentir « voyeuse » devant l’ étalage des turpitudes de cette enseignante. En même temps je reste admirative devant le temps libre que l’enseignement dans une fac prestigieuse laisse aux uns et aux autres (académiques et élèves) afin de mener une vie sexuelle et sentimentale trépidantes et principaux moteurs de leurs préoccupations !

J’ai apprécié particulièrement la description du milieu universitaire huppé  américain , avec leurs intrigues, jalousies, bassesses, rites, manies, la cherté de l’année académique (mentionnée deux fois:20 000 dollars /an, en fac de lettres) mais surtout la description d’un monde im-pi-to-ya-ble, pire que Dallas. No mercy for anyone.

L’écrivain est bien placée pour nous dépeindre ceci puisqu’elle a enseigné à Yale, faisant partie de l’ Ivy League. My Gosh! de la meilleure élite. Il n’est pas difficile d’imaginer que ce roman comporte des côtés autobiographiques, mais l’important n’est pas là. L’important c’est le résultat  et c’est un roman qui se lit d’une traite, avec une fin inattendue, même si les aventures sentimentales et les prouesses sexuelles de cette Jane nous agacent un tantinet.

 

LE PROBLEME AVEC JANE, Gallimard 1999,  ISBN 2-07-075656-4

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