La vierge froide et autres racontars de Jørn Riel

Résultat de recherche d'images pour "jorn riel" Jørn Riel est un écrivain danois (Odense 1931) qui vécut 16 années au Groenland sur l’île d’Ella avec une mission scientifique. De ce séjour, il publiera une dizaine de tomes humoristiques sur l’Arctique. (Il est préférable de les lire dans l’ordre car les personnages sont introduits peu à peu et les aventures font allusion aux aventures précédentes).

Ce tome de la collection 10/18 est une compilation de 4 livres comportant chacun plusieurs histoires assez courtes. Je vais les lire en quatre fois car je crains de tout mélanger en les lisant d’un coup.

La vierge froide existe en version BD depuis 2011 avec des dessins d’Hervé Tanquerelle.

La vierge froide et autres racontars (1974) comprend 10 récits qui se lisent très bien car l’auteur va droit au but. Les personnages reviennent dans les histoires et il est vrai que peu à peu on les situe assez bien. Les dix histoires sont assez truculentes et les sujets assez variés. Il paraît incroyable que ces trappeurs puissent vivre dans des conditions aussi précaires, dures, risquées, extrêmes. Mais ils s’en sortent, même sans femmes. À propos des femmes, elles planent à l’état de rêves, de créatures imaginées pour chacun de ces rudes gars vivant sur la banquise. Et les gars arrivent à garder la raison, même si certains sont de vrais frappadingues. On arrive à comprendre  l’importance qu’ont les chiens isolés ou les meutes de chiens dans ces parages, de vrais compagnons pour ces humains un peu particuliers; par exemple Pjosker, le chien d’Herbert…Pjosker était le plus fort, le plus intelligent et le plus beau des chiens du nord-est du Groenland. Selon Herbert. Il était grand comme un loup blanc du Canada, avec une étoile noire sur le poitrail et des pattes larges comme des couvercles de margarine. Une oreille dressée, l’autre pendante. Pjosker était le seul chien d’Herbert. Il avait perdu les autres lors d’une descente du Glacier de Rie, peu de temps après le décès d’Alexandre…

Il n’y a aucune grivoiserie dans cette compilation, Jørn Riel est très fin et allusif avec ses histoires, et le lecteur doit ajouter de son imagination pour certaines situations. J’ai bien ri par moments, par exemple avec l’histoire Le vent du sud-est,  qui est une bise glaciale qui sert à calmer le rut de ces mâles : il suffit d’affronter cette bise de face et sans culotte, et ça marche…(pas d’engelures?).

Ou l’histoire désopilante du coq Alexandre qui vivait dans la cabane d’Herbert qui est une pipelette égrenant pendant des heures (solitude oblige) ses histoires écoutées stoïquement par Alexandre lequel ne résistera pas à la saison sans lumière du Groenland.

Ou l’histoire du tatoueur qui arrive à faire « fortune » dans les parages. Et comment tout le monde veut avoir un tatouage. Le tatoueur  fait son beurre en réclamant des peaux : de renard, de phoque « première classe », d’ours et selon un barème : un coeur avec le mot MAMAN dedans vaut une peau de renard ou 2 de phoque; une goélette à 2 mâts, 3 renards ou 2 de phoque; un 3- mâts carré,  5 renards, un demi-ours ou 10 phoques…

Ou l’histoire du lieutenant Hansen qui avait fait partie  des dragons du Jylland et qui arrive en « pays polaire » pour former une milice qui pourrait, rapide comme l’éclair, déferler n’importe où et contre n’importe qui et écraser l’intrus. Il rassemble presque tous les trappeurs et les emmène en campagne dans la banquise. Les gars vont se venger de la façon la plus drôle qui soit. Inénarrable: ils vont essayer de le congeler…

La vierge froide est un court récit qui donne le nom au recueil et il est excellent. Cette vierge froide est créée de l’imagination de Mad Madsen qui mit tout son imaginaire érotique pour créer une créature si fabuleuse que son « coturne » en tomba amoureux et veut la lui « racheter »…

Joyeuses funérailles est aussi désopilant…un gars meurt de crise cardiaque en revenant du dehors et son « coturne » doit lui organiser des funérailles dignes de lui; pour cela il va l’asseoir en l’attachant sur une chaise au dehors pour le congeler dans cette position afin qu’il puisse présider la beuverie. Le problème est qu’il décongèle au bout d’un certain temps; alors on le ressort pour qu’il recongèle et rebelote, la beuverie reprend. Cette beuverie est telle qu’un gars installé dans le douillet cercueil du mort afin de se reposer, est lancé par mégarde dans la mer gelée…heureusement que le bois flotte…La plus drôle et cruelle des histoires. J’en ris encore.

Toutes les histoires sont très bonnes, un régal de fraicheur, c’est le cas de le dire, on est dans la banquise.

LA VIERGE FROIDE, 10/18 2012 (JR 1974),  ISBN 978-2-264-05851-5

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