Jane Austen et l’Arlequin de Stéphanie Barron

Écrivain et journaliste américaine (État de New York 1963),  de son vrai nom Francine Stéphanie Barron, diplômée de l’Université de Princeton en Histoire européenne (avec une spécialité dans la France napoléonienne) et un Master d’ Histoire à Stanford. Son cursus est  intéressant et fort original car elle a intégré par la suite la CIA comme analyste à la cellule anti-terroriste. Après une première publication en 1992, elle quitta la CIA pour se consacrer exclusivement à l’écriture.

Elle publie aussi des thrillers contemporains sous le nom de plume de Francine Mathews.

La série avec Jane Austen comporte pour le moment 11 opus, publiés entre 1996 et 2011. Jane Austen et l’Arlequin (Jane and The wondering eye, 1998) est le troisième tome des aventures fictives de Miss Austen en tant que limier. Ce n’est pas du tout une mauvaise idée étant donné la compétence en matière d’analyse psychologique de la vraie Jane Austen

Je porte une véritable vénération à l’écrivain Jane Austen et  dès que je vois apparaitre un ouvrage faisant allusion à une quelconque  « austinerie », je craque et j’achète,  poussée par l’envie de « savoir » de quoi il retourne.  Ce n’est pas toujours une découverte intéressante.  Of course, j’ai tous les livres de Jane Austen (mais ils sont si peu nombreux…!) et je regarde les films (nombreux) d’après ses livres; il y a une belle collection de téléfilms produits récemment par ou pour la BBC, ils constituent une jolie palette de 6 tableaux dans 7 DVD si délicieusement british et d’une flamboyance romantique au sommet de son art. Ma préférence parmi tous le titres disponibles va au film Raison et sentiments d’ Ang Lee ( 1995) car une de mes actrices préférées, Emma Thompson, y joue.

Je m’amuse à un petit jeu littéraire, chaque fois que j’entame la lecture d’un livre de culture anglo-saxonne, je guette le moment où je vais tomber sur le nom de Jane Austen dans le texte. Et ce nom apparaît presque toujours! C’est LA RÉFÉRENCE en littérature anglo-saxonne, un summum dans la référence romantique, mais non seulement romantique, cela va au-delà du genre; il semblerait que pour les anglo-saxons elle soit incontournable, un point c’est tout..

Jane Austen et l’Arlequin en format poche c’est un achat que je ne regrette pas. Car contrairement à ce que j’ai éprouvé en lisant récemment le roman à gros tirage de  PD James, La mort s’invite à Pemberley, où l’écrivain reprend les personnages du best seller d’Austen,  Orgueil et préjugés, mais ce fut une lecture où je me suis ennuyéeL’idée était fort originale d’oser redonner vie à des personnages austiniens ineffables et avec un ton qui devrait rappeler le style si particulier de Miss Austen.  Dans le roman de Barron, il y a un excellent pastiche de l’univers austinien avec des notes en bas de page fort intéressantes qui nous situent bien  le contexte historique et/ou littéraire.

Le personnage central de Miss Austen comme détective ne correspond pas avec l’idée que je me suis faite de la vraie Jane Austen: une vieille fille prude et austère,  digne fille de clergyman, mais qui a su écrire admirablement sur les affres de la passion et sur les sentiments humains qui sont scrutés avec une psychologie si fine et si profonde, qu’elle n’a pas été égalée par d’autres écrivains. L’analyse sociale des mœurs de l’époque est rendue de façon remarquable avec toujours une touche d’ironie acérée et pertinente. Le personnage de Jane Austen inventé par Mme Barron, est beaucoup trop « américanisé » à mon goût, c’est à dire, trop pragmatique, trop libre, trop décidé, bref un tantinet trop moderne.

Le livre se lit bien car on fait souvent référence à l’oeuvre de Jane Austen ou à ses personnages. Le milieu temporel du roman est très bien rendu dans cette ville balnéaire de Bath, avec moult détails sur les activités bourgeoises de l’époque, les détails vestimentaires, les mœurs des différentes classes sociales. C’est foisonnant de détails et l’on sent très bien la qualité de la  recherche entreprise par l’historienne Stéphanie Barron.

Le roman m’a paru très bavard, et le tempo est très – très – lent. Toute l’action se déroule en une semaine, entre le 12 et le 19 décembre de 1804. Mais les adorateurs de Miss Austen seront comblés car elle arrive a récréer les ambiances de l’époque: les bals, les promenades, la vie sociale, les différences des classes sociales, la pratique de la religion, l’habillement, les us et coutumes divers (la chasse par exemple), les préséances, les mariages, la vie familiale, la vie sentimentale, le milieu des gens de théâtre (avec leur côté saltimbanque) et puisque nous sommes à Bath, la cure des Eaux et tout le tralala qui va avec.

Le titre du livre a rapport avec un bal masqué donné chez la duchesse douairière de Wilborough en l’honneur des principaux acteurs du Théâtre Royal de Bath , bal pendant lequel  se produira l’assassinat de Mr Richard Portal, le directeur de la troupe qui se produit à Bath. Ce fait est le point de départ de l’intrigue policière du livre à la façon d’un roman d’Agatha Christie, c’est à dire du pur raisonnement déductif et très peu d’action. En anglais, The wondering Eye fait allusion aux médaillons, fort prisés à l’époque parmi les élégantes, qui comportaient la peinture très ressemblante d’un oeil appartenant à une Belle, peinture qui était très reconnaissable car effectuée à la perfection. La victime aura sur lui le médaillon qui comporte l’oeil d’une belle dame, forcément impliquée dans ce crime so shocking parmi ce beau monde.  La trame est plus que emberlificotée, mais plaisante et pas sotte du tout compte tenu de la masse d’informations historiques et littéraires que nous livre Mme Barron. Je lirais bien un autre opus d’ici quelque temps ( je pense qu’il faut les déguster pour ne pas saturer).

 

JANE AUSTEN ET L’ARLEQUIIN, L.C.E. Hachette Livre 2000,  ISBN 2-7024-9606-7

2 réflexions sur “Jane Austen et l’Arlequin de Stéphanie Barron

  1. J’ai bien aimé les deux premiers tomes de cette série mais j’avoue que celui-ci m’a déplu; je le trouve trop loin de l’univers de Jane Austen, trop tapageur. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. J’ai bien envie de lire le suivant malgré tout.

    • Alice, lorsqu’on aime Miss Austen, on ne peut que refuser les scenari qui la mettent en action, car ce ne sera jamais aussi fin qu’avec elle. Néanmoins, j’ai trouvé que ce premier tome lu à l’historienne Barron, était pas mal documenté, fourmillant de détails sur cette époque romantique.Je sens que cette collection, on se doit de déguster les opus un par un, sinon on va saturer et s’agacer et cela va faire gâchis..

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