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L’homme chauve-souris (1) de Jo Nesbø

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  Jo Nesbø est un écrivain et scénariste norvégien (Oslo 1960), auteur de polars et de livres pour la jeunesse. Son héros récurrent est l’inspecteur Harry Hole, un stéréotype d’inspecteur entre ours-alcoolo-tabagique et loup solitaire qui utilise des méthodes peu orthodoxes pour résoudre les cas, mais qui néanmoins est le meilleur dans sa branche. Les épisodes peuvent se dérouler en Norvège ou à l’étranger.

L’auteur Jo Nesbø a vendu plus de 34 millions d’exemplaires de par le monde et il a été traduit dans plus de 50 langues. C’est tout à fait impressionnant.

Un film est sorti en novembre 2017 sur son livre Le Bonhomme de neige (2007) avec Michael Fassbinder dans le rôle d’Harry Hole; c’est le septième opus avec ce détective.

J’ai commenté en mars 2018 mon premier Harry Hole: La Soif, qui correspond au dernier tome paru, soit le 11ème de la série. Je dois dire que j’en suis restée passablement impressionnée et que je souhaitais en lire d’autres…Voilà, c’est fait et cette fois en commençant par le premier de la série qui date de 1997. En règle générale j’évite de lire deux livres du même auteur de façon rapprochée afin d’éviter les redites.

L’homme chauve-souris m’a surpris par le changement de style, ce n’est pas du tout le même style que dans La soif, mais 20 années sont passées par là et Nesbø, naturellement, a dû affiner un style que j’ai trouvé affuté au scalpel dans le 11ème de la série.

Dans L’homme chauve-souris l’inspecteur Harry Hole doit partir en Australie aider des collègues australiens afin de résoudre le meurtre d’une jeune norvégienne sauvagement assassinée.

Nous saurons que Hole sort d’un sérieux problème d’alcoolisme:  sa hiérarchie ne peut l’ignorer car Hole, ayant été passablement imbibé le jour d’une poursuite en voiture, fût à l’origine d’un accident ayant occasionné plusieurs morts dont un collègue et ami…Voilà une casserole plus que lourde à porter…De plus ce cher inspecteur sort meurtri d’une histoire d’amour avec celle qui fut la compagne de son meilleur ami…Oh la la la, too much pour un même mec.

D’où l’empressement de la hiérarchie à l’envoyer aux antipodes résoudre un cas qui implique une jolie compatriote. Imaginez du peu, envoyer un homme du grand froid dans une contrée très chaude, cela ne manque pas de conséquences…

A partir du moment où Harry Hole débarque en Australie, le livre se transforme plus ou moins en guide touristique avec force descriptions de lieux, des us et des coutumes locaux, des comparaisons en tout genre. Ce n’est pas du tout inintéressant, mais le polar est oublié au profit des informations en tout genre, et l’enquête devient quelque peu mollassonne.

Pour ceux qui seraient intéressés par l’Australie, je conseille vivement l’ouvrage de l’américain Bill Bryson Nos voisins du dessous qui charrie des tonnes d’informations sur l’Australie dans un ton par moments désopilant !

On va apprendre plus sur la vie et les états d’âme de ce pauvre Harry Hole que sur cette affaire de meurtre qui est en fait bien plus compliquée qu’elle ne semblait au début. Déjà on perçoit le talent de Nesbø pour brouiller les pistes au lecteur…

Il y a aussi par moments pas mal d’humour ce qui m’a paru délectable. Par exemple, la scène avec le marsupial appelé diable de Tasmanie, une race assez coriace, l’équivalent chez nous du rottweiler ou quelque chose comme ça et dont le propriétaire l’avait transformé en végétarien quoique gardant son naturel agressif. Ou quand Harry Hole se fait inviter dans un bon restaurant par un collègue australien qui lui explique que « les serveurs, ici, sont à l’instar de Pluton. Ils gravitent aux confins de l’espace, n’apparaissent que tous les vingt ans et, même à ce moment là, ils sont invisibles à l’oeil nu« . Il y a comme cela plusieurs situations ou des commentaires pleins de drôlerie.

Quand Nesbø écrit sur la Norvège il fait parler Hole et il règle ses comptes…Harry parla des fjords, des montagnes et des gens qui s’étaient installés quelque part entre les deux. D’unions, d’oppressions, d’Ibsen, de Nansen et de Grieg. De ce pays si septentrional qui se considérait comme un peuple industrieux et visionnaire mais qui faisait davantage penser à une république bananière. Ce pays qui possédait des forêts et des ports quand les Hollandais et les Anglais avaient besoin de bois, qui avait des chutes d’eau quand on avait découvert l’électricité, et où, pour couronner le tout, on trouvait du pétrole en creusant au petit bonheur (page 212)

Une lecture intéressante, pas tant sur le cas policier que sur les débuts de cet auteur talentueux que je continuerai à découvrir. Cap sur le tome 2 !

L’HOMME CHAUVE-SOURIS, Folio Policier 366 (2017)(JN 1997),  ISBN 978-2-07-270807-7