Archives de tags | roman urbain

La délicatesse de David Foenkinos

Résultat de recherche d'images pour "david foenkinos la délicatesse"

David Foenkinos est un romancier français (Paris 1974) avec des études de lettres à la Sorbonne, ayant une solide formation musicale (jazz). Dans ses livres il décline le thème de l’amour, surtout autour du couple, avec humour et pas mal de sensibilité, parfois loufoquerie; c’est un parisien fin observateur des comportements humains contemporains quelque peu névrosés et nombrilistes ; il traite de l’absurdité avec une certaine fascination pour la sensualité (cette dernière affirmation émane de lui). Il a déjà publié une quinzaine de romans qui ont été traduits dans une trentaine de langues, il a été plusieurs fois primé.

J’ai publié un billet en janvier 2014 sur son roman Le potentiel érotique de ma femme (2004) qui était fort divertissant, léger. Puis un billet en mars 2019 sur un court roman Le mystère Henri Pick (2016)  qui m’a beaucoup divertie; le film éponyme de Rémi Besançon (2018) m’a plu par sa légèreté gracieuse ( Ah! la scène du Club de lecture qui m’a fait éclater de rire, c’est une scène qui n’existe pas dans le livre, mais c’est une trouvaille très drôle).

La délicatesse (2009) a connu un grand succès de librairie; on lui a attribué une dizaine de prix, ce qui veut dire que le livre a touché pas mal de lectrices. Un film au titre éponyme est sorti en 2011, dirigé par David et Stéphane Foenkinos et avec Audrey Tautou dans le rôle de Nathalie. C’est un film assez fidèle au livre mais qui va trop vite sur les évènements, ce qui donne une impression quelque peu superficielle par rapport à la teneur du livre; il y a quelques jolies trouvailles dans le film comme par exemple les changements de plan ultra rapides pour suggérer le temps qui passe et quelques jolis gros plans comme la séquence longue sur les belles et fines jambes d’Audrey Tautou. Résultat de recherche d'images pour "la délicatesse affiche"

Le roman est plutôt court, environ 200 pages, et il raconte encore une histoire déjà maintes fois lue, sans grande originalité, mais qui accroche tout de même. Pourquoi?

D’abord c’est le ton: un drame de la vie mais sans pathos, bien au contraire, une histoire  bien ancrée dans la « vraie vie » avec des situations d’un naturel désarmant. La vie commune entre Nathalie et François va durer 7 ans, des années sans heurts et un bonheur simple. Nathalie commencera sa vie professionnelle dans une boîte suédoise et fera son chemin. Ceci jusqu’au drame.

Le milieu laboral est assez bien décrit: amitiés qui ne sont pas, rivalités, harcèlement, médisances, mesquineries. Rien de nouveau sous le soleil. Et une protagoniste qui essaie de maintenir une intégrité, une cohérence, une dignité.

Puis vient le temps de l’oubli et le réveil à la tendresse par là où on ne la sent pas venir. Un collaborateur d’origine suédoise et qui fonctionne de façon différente, va balayer tout sur son passage, même les certitudes.

Beau conte sur la tendresse, la délicatesse, le renouveau: espoir d’un peu d’air frais dans un monde de brutes.

LA DÉLICATESSE, Folio N° 5177, 2011 (DF 2009),  ISBN 978-2-07-044025-2

Histoire d’amour de Régis Jauffret

Écrivain français (Marseille 1955) qui publie depuis 1985, avec aujourd’hui une vaste bibliographie. L’ écrivain a fait parler de lui cette année après la publication du livre Rikers Island chez  Seuil, livre qui évoque l’affaire Strauss Kahn-Sofitel de New York; ceci lui a valu d’être attaqué en justice ainsi que l’éditeur.

Histoire d’amour est le deuxième livre publié par Régis Jauffret et le premier  livre que je lui lis . J’ai été aguichée par le titre et abusée par ce titre car si  il y a bien une histoire d’amour, cette histoire d’amour baigne dans un pathos effroyable.

J’ai été très mal à l’aise avec la lecture de ce livre qui nous relate par le menu la traque d’un psychopathe sadique (professeur d’anglais) qui s’imagine « bien sous tous rapports », envers une pauvre fille plantureuse qu’il va croiser un bon matin dans le métro parisien. Il va faire une obsession fétichiste sur les seins de cette fille plutôt simplette et  paumée dans la vie et qui ne saura pas se défendre de ce prédateur qui agit et pense pour elle et l’envahit dans son espace personnel. Il va la traquer dans sa vie intime et publique sans relâche, sans état d’âme et sans pudeur. Lorsqu’il la viole la première fois, elle portera plainte ce qui  vaudra une peine de prison de 2 mois au psychopathe/ sociopathe, mais ceci ne le découragera pas et il reviendra sur sa proie jusqu’à l’anéantissement de celle-ci et l’écœurement de la lectrice que je suis.

De plus, ce roman est écrit de façon crue et cruelle, sans fioritures et avec une économie de moyens considérable, ce qui rend le contexte encore plus ravageur .

Âmes sensibles s’abstenir, vraiment trop glauque.

HISTOIRE D’AMOUR, Verticales 1997,  ISBN 2-84335-099-9